« Le paradis violé », éditions Afrique Nouvelle, 1996

28 Juin

Livre : «Le Paradis violé» de Fweley Diangitukwa 

Kinshasa, 11/10/2004 / Culture

Pour l’auteur, la première cause de la décadence de la vie politique, actuelle réside dans le dilettantisme

Dans ce livre, l’auteur fait savoir qu’attribuer toutes les difficultés des pays sous-développés au colonialisme, ŕ l’impérialisme, envisagés comme une force extérieure, c’est participer au camouflage du rôle essentiel que les privilégiés autochtones ont joué depuis la conquête coloniale, depuis l’indépendance et qu’ils jouent de plus en plus aujourd’hui.

La seule façon de lutter contre l’impérialisme est, dans le cadre de chaque Etat, de chaque nation, de lutter pour se débarrasser des minorités privilégiées qu’il soutient et sans lesquelles il ne peut pas grand chose. Pour l’auteur, la première cause véritable de la décadence de la vie politique actuelle réside dans le dilettantisme.

Quiconque est un raté dans n’importe quelle autre profession croit réussir en politique. Dans toutes les conversations, écrit l’auteur, les mêmes gens, qui n’oseraient pas parler d’algèbre ou de chimie sans les avoir étudiées, discourent ŕ jet continu de politique sans pour autant s’être jamais donné la peine de l’approfondir.

A en croire l’auteur, ce roman est sans doute le plus actuel, le plus lucide et le plus révolutionnaire que nous ait donné la littérature zaïroise ces dix dernières années. Mwana, héros principal, est un penseur, mais son double, sa presque conscience, Zoa est un homme d’action. Incompris des siens, Zoa parle aux mouettes et aux pigeons et on le prend pour un fou. Qu’importe! C’est depuis la rue qu’il regarde la décrépitude de son pays, ajoute l’auteur avant d’indiquer que lorsqu’il descend dans l’arène, c’est la panique.

Craint par le pouvoir, il inspire le respect, car il y a de la constance dans sa démarche. Avec Zoa, sortir de la dictature devient possible. Si l’on veut comprendre les revendications du peuple de Kinshasa et les mutations actuelles des sociétés africaines qui luttent pour se séparer de la tyrannie, il faut lire ce terrible roman. On y retrouve la même verve, le même amour passionné de la terre natale et la même condamnation des rigueurs de la dictature que dans les autres textes de Fweley. Bref, ce roman est un témoignage émouvant et très fort.

Retraçant des souvenirs de ce roman, l’auteur écrit qu’avant de se coucher, Mwana regarde tranquillement les feuilles que Mena lui a envoyées qu’il a déposées sur la table de chevet. Il cherche ŕ comprendre la raison pour laquelle Mena a décidé de lui écrire au lieu de lui parler. Au lieu de continuer ŕ se poser des questions sur le pourquoi de la lettre, il ramasse les feuilles et se met ŕ lire. Une ébauche d’un vrai roman.

Parlant de l’autre coté de la barrière, l’auteur fait savoir que rien jusque-là ne trouble la vie de Mwana, si ce n’est sa visite dans les collines abruptes de la ville et quelques escapades d’oiseaux en route vers des plages désertiques, fuyant la chaleur torride de la saison et l’indifférence des gens. Là-bas, us forment des cercles et se baignent, loin de toute turbulence urbaine. Le sentiment d’avoir trouvé la tranquillité et l’envie de vivre. Mwana n’arrête plus de réfléchir parce qu’il se sent incapable de démissionner devant ses responsabilités. La pitié poignarde son coeur.

Dans ce roman plein d’images, l’auteur poursuit en indiquant qu’un jour de juillet, Mwana décida de rentrer dans son pays qu’il n’avait jamais cessé d’aimer. De ce pays, il connaissait les villes, les foręts, les rivières, les routes, le comportement des gens et pendant toute la durée de sa longue errance qui l’avait conduit ŕ travers tant d’autres pays étrangers, il se souvenait du paysage pittoresque de sa contrée natale. Quand Mwana quitta son pays, il y a plusieurs années déjà, Kinshasa entrait lentement mais sûrement dans une phase de relance économique, la politique de croissance venait d’être lancée et l’espérance était au rendez-vous.

A cette époque, l’homme politique parlait d’objectif 80. Une échéance en quelque sorte. Tout le peuple avait les yeux tournés vers une année magique. Une année promise ŕ la réussite nationale, et l’esprit des affaires était en hausse. Des sa descente, dans les fula-fula bourrés de monde, des foules entières cheminent ŕ pied vers le centre ville. Il écoute attentivement le discours des passants afin de mieux connaître la réalité sociale et la réaction des gens face ŕ la misère qui sévit depuis plusieurs années. Dans la foule, il écoute des plaintes : « absorbés ŕ réfléchir sur l’existence, nous n’avons pas vu passer la vie, avons-nous réellement vécu »?

L’auteur soulève un autre point important qui est celui de la rencontre. A ce niveau, il écrit qu’un vent violent balaie toutes les rues de la ville. Mwana questionne l’orgueil du temps maussade et souhaite que l’harmattan nettoie aussi les ambitions égoïstes des hommes véreux de Kinshasa. Il accepte d’épouser la révolte de la grande rue, son sépulcre sera sans aucun doute dans la voie publique comme le tombeau de sa tante qui trôna pendant quelque temps sur la route qui menait ŕ l’estuaire.

De Mfumu Untu, roi des cercueils ŕ la révolte eu passant autant de titres dont au gouvernement; les copains d’abord, l’auteur déclare que: « La révolte et la révolte seule est créatrice de lumière, et cette lumière ne peut emprunter que trois voies, la poésie, la liberté et l’amour ».

Ce roman est écrit par Fweley Diangitukwa. Il est de nationalité congolaise. Ce livre est publié aux éditions Afrique Nouvelle. Il a 165 pages. Quelques publications de l’auteur sont vendues aux éditions Cedi à Kinshasa Gombe.

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