Une autre révolution est-elle en marche au Congo-Kinshasa ?

28 Juin
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Une autre révolution est-elle en marche au Congo-Kinshasa ?

14/04/2007

Celui qui croit en l’avenir de son pays défend la cause de son peuple et il le protège contre toute agression extérieure.

Beaucoup d’observateurs et d’analystes sont aujourd’hui convaincus que plusieurs opposants figurent en bonne place sur la liste noire des personnes à abattre. Ceci explique la fuite précipitée et l’exil de nombreux leaders politiques dont Joseph Olenga-Nkoy actuellement au Gabon, Jean-Pierre Bemba actuellement au Portugal et, probablement, Etienne Tshisekedi éventuellement en Afrique du Sud. Mais cette fuite n’est-elle pas le début d’une nouvelle histoire ?

Après l’arrestation des journalistes et l’assassinat des certains d’entre eux (Franck Ngyke et Mwamba Bapuwa), des adeptes de Bundu dia Kongo dans le Bas-Kongo qui protestaient contre le recours à la corruption lors des élections sénatoriales, après l’assassinat en pleine ville de Kinshasa des soldats du MLC, d’autres opposants connaîtront bientôt le sort réservé au pasteur Kouthino et à l’avocate Marie-Thérèse N’Landu. Tout indique que le pouvoir actuel à Kinshasa ne s’arrêtera pas à mi-chemin afin de permettre au nouveau « Timonier » de rester le seul crocodile dans le marigot. La RD Congo paie déjà lourdement cher la révolution lui apportée par l’AFDL et son cortège de mercenaires venus du Rwanda. Dans cette révolution, l’Est du Congo a perdu plus de cinq millions et il perdra encore d’autres car l’action déstabilisatrice menée par l’impuni Laurent Nkunda, jouissant d’un statut spécial et facilitant la sortie vers l’extérieur des minerais pillés au Congo, bat encore son plein dans cette partie du pays à cause de nombreuses richesses minières qui s’y trouvent.

Malgré les fraudes électorales aujourd’hui reconnues par ceux qui soutenaient hier la transparence des urnes, le peuple congolais, qui a déjà rêvé à la liberté, n’est plus dupe. Il n’est pas prêt à se laisser intimider. Il a des convictions et il est prêt à se battre pour faire triompher la démocratie. Ceux qui soutiennent encore aveuglément la tyrannie n’ont rien compris au vent de l’histoire. Qu’ils se souviennent au moins de circonstances de la mort de Ceaucescu et de raisons qui avaient poussaient le peuple roumain à se révolter, qu’ils se souviennent de la fuite, dans de conditions indignes, du maréchal Mobutu après un long règne. Ils n’ont surtout pas compris qu’il est aujourd’hui impossible de taire la vérité.

 

Le pouvoir actuel à Kinshasa veut tout imposer et il pense qu’il peut tout contrôler. Il oublie que cette attitude est totalement rétrograde à l’heure de l’Internet, car plus rien ne peut plus passer inaperçu et plus rien ne peut arrêter le flux d’informations. Les sbires à la solde du tyran arrêteront tous les opposants, il restera toujours quelqu’un pour dénoncer. Ceux qui soutiennent une politique rétrograde et qui acceptent de tuer et de tirer ainsi la société tout entière vers le bas afin de mettre les Congolais au rythme des desiderata de leur chef oublient hélas que la RD Congo est aujourd’hui reliée en temps réel au reste de la planète, que les Congolais n’ont plus peur, qu’ils ne peuvent plus être indéfiniment intimidés quelle que soit la méthode utilisée par le tyran et par ses hommes de main. Il suffit pour s’en convaincre de regarder le nombre de gens branchés sur Internet ou recevant les chaînes de télévision par satellite. Comment encore imaginer que le pouvoir congolais parvienne à taire la vérité ? Comment encore croire que les Congolais puissent accepter de se soumettre à la tyrannie et à la barbarie venue des ténèbres ?

Il est sûr que le pouvoir risquera toujours à arrêter, à torturer et à pousser d’autres leaders d’opinion à l’exil sinon à se taire. Il tentera toujours à confisquer la voix des sans voix en intimidant les plus récalcitrants – il y a déjà des journalistes qui, pris de peur, se taisent ou modèlent leurs propos suivant les attentes du pouvoir (ceux-là se trompent, car aucun peuple ne s’est libéré en se taisant). Mais plus le pouvoir de Kinshasa agit dans la direction de la violence plus il précipite sa fin. Le stratège chinois, Sun Tzu, écrivit, avant notre ère, dans son livre L’art de la guerre, je cite : « La guerre est semblable au feu ; ceux qui ne veulent pas déposer les armes périssent par les armes ». Depuis la fin du communiste, la  violence aveugle et la torture ont cessé d’être le refuge d’un pouvoir despotique en mal d’idées neuves et d’assurance.

Aujourd’hui, une chose est certaine. La maturité politique des Congolaise de l’intérieur et des Congolais de la diaspora va faire reculer toute forme d’autoritarisme. Voyons. Ceux qui ont cru à une ouverture démocratique après les élections ont déjà perdu espoir. Les Congolais qui aiment le Congo  militent avec ardeur pour l’érection d’une vraie démocratie dans leur pays, ils veulent soutenir un chef d’Etat qui cherche à convaincre et pas celui qui se contente de vaincre ses adversaires par la violence.

Pour ma part, je suis convaincu que le jour où la RD Congo devra inévitablement recouvrer sa liberté est en route. La République va amorcer la réforme politique avec un chef d’Etat enclin à protéger la vie de chaque Congolais, car il est absurde de sacrifier continuellement la vie d’un peuple et vouloir ensuite imposer le pouvoir aux survivants mécontents. C’est absurde. Comment penser que des gens qui voient mourir les leurs sous les balles comme de simples gibiers dans la forêt se soumettent après ? Comment croire que les Congolais qui voient une classe politique minoritaire s’enrichir scandaleusement chaque jour face à un peuple démuni et clochardisé, qui pis est, incapable d’accéder à la consommation, ne se révoltent pas pour revendiquer ses droits ?

Au vu de l’évolution de la politique en RD Congo, il est permis de dire que la révolution est proche. Elle est en route et elle s’exprime déjà chaque jour. Il suffit d’être attentif ou de lire la presse pour se rendre compte. Son extériorisation prendra peut-être un peu de temps, mais le mouvement pour un nouveau Congo, débarrassé de ses tyrans et de ses bourreaux, est en marche et il est inéluctable.

Tous le signes sont là réunis. A chacun de savoir les lire, les comprendre et les interpréter.

 

Peuple congolais, soyons tous confiants et solidaires. Les hommes du pouvoir qui tirent sur nos frères et nos soeurs, sur nos pères et nos mères n’ont pas une vie plus précieuse que celle des nôtres. Ils peuvent encore tout nous faire, mais ils n’arrêteront jamais en chacun de nous le désir de construire un Congo indépendant, un grand pays au coeur de l’Afrique, un pays digne, respectable et respecté par tous

 

 

les pays limitrophes. Bref un pays libéré de la tyrannie. Le pouvoir actuel à Kinshasa peut nous priver de tout, il peut nous supprimer encore davantage, mais nous n’avons plus le droit de nous taire et de nous soumettre, car la vie vaut plus que tout le reste. Résistons ensemble afin que nous puissions dire demain à nos enfants et aux générations futures que nous nous sommes battus pour défendre la liberté et la République.

Dr Fweley Diangitukwa, politologue et écrivain, Suisse.

 
 

 

 

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