« La thèse du complot contre l’Afrique ». Conférence à la Bibliothèque municipale de Vevey

9 Oct

http://ma-tvideo.france3.fr/video/iLyROoafZDiN.html

« La thèse du complot contre l’Afrique. Pourquoi l’Afrique ne se développe pas », Paris, L’Harmattan, mars 2010

Conférence à la Bibliothèque municipale de Vevey

Le 8 octobre 2010

Par Dr Fweley Diangitukwa

Remerciements

Je tiens d’abord à remercie M. Christian Graf et l’équipe qui travaille avec lui à cette bibliothèque qui nous accueille ce soir. La bibliothèque publique de notre ville a toujours présenté mes livres lorsque j’ai sollicité son concours et sa collaboration.

Je tiens à remercier les autorités de la ville de Vevey pour l’harmonie entre les cultures qu’elles encouragent dans cette ville.

Je ne suis pas Suisse. Je suis Congolais installé en Suisse depuis 1983. La plupart de mes livres ont donc été rédigés en Suisse et plus précisément dans cette magnifique ville qui avaient reçu auparavant des personnalités illustres venus du monde entier : des Polonais, Français, Américains, etc. Vivant dans un pays d’emprunt, je ne peux qu’exprimer ma reconnaissance aux autorités cantonales qui ont accepté mon séjour dans leur pays.

Et je remercie chacun de vous qui, au milieu de vos occupations, a trouvé un peu de temps pour venir échanger avec moi et entre nous d’un thème très préoccupant : l’Afrique dans le monde ou l’Afrique avec le reste du monde.

Ce soir nous parlons d’un livre : le voici : « La thèse du complot contre l’Afrique. Pourquoi l’Afrique ne se développe pas », paru en France aux éditions L’Harmattan, en mars 2010, et dont je suis l’auteur. Dans ce livre, il y a deux thèmes majeurs : la thèse du complot et le développement de l’Afrique. Je serai peu bavard pour nous donner le temps d’échanger et je compléterai ma pensée par le jeu de question-réponse.

Y a-t-il réellement un complot contre l’Afrique ?

Parmi plusieurs définitions du terme complot, retenons celle-ci. Le complot est une conduite secrète. Il consiste à mener une action contre un individu ou un Etat sans en donner publiquement la moindre impression.

1– Pour mettre en valeur le Nouveau Monde, c’est-à-dire l’Amérique, découvert accidentellement alors que Christoph Colomb voulait se rendre aux Indes, un prêtre catholique, le dominicain Bartolomé de Las Casa, interpella le roi, l’Eglise et l’opinion espagnole pour que les Indiens qui souffraient dans les plantations des colons et qui mourraient en masse soient remplacés par les Nègres venus d’Afrique. Sa proposition fut saluée à tel point que ce dominicain réussit même à faire lever l’interdiction limitant l’envoi des Nègres en Amérique.  Cette page d’histoire est bien connue. La décision d’envoyer des Noirs dans le Nouveau Monde fut prise secrètement à l’insu des intéressés. Ce fut un immense complot ourdi contre une race. Il n’y a jamais eu un procès contre ce crime contre l’humanité et contre les droits de l’homme.

2– Lorsque quelques siècles plus tard, pris de pitié pour les souffrances des Nègres, la traite négrière fut abandonnée, les puissances coloniales de l’époque se résolurent de se partager l’Afrique. Ce fut encore une décision secrète prise sans le consentement des intéressés : les Africains. C’est à Berlin, loin du continent africain, que les puissances coloniales se partagèrent le gâteau, en donnant à l’Afrique sa forme actuelle, partageant les familles, les clans et les ethnies entre deux pays, voire trois pays. Elles ont jeté les bases des conflits identitaires et frontaliers actuels. En colonisant l’Afrique, les pays occidentaux ont non seulement détruit les cultures locales, mais en plus ils ont massacré toutes les formes de résistance.

Il est démontré dans pratiquement tous les livres d’histoire honnêtes que jusqu’au XVIIe siècle, le développement de l’Afrique ressemblait à celle de l’Europe. Il était même dans certaines régions supérieur à celui de l’Europe, notamment en Egypte et dans la région de Tombouctou. Les livres de Cheik Anta Diop sont là pour nous le rappeler. Il existait dans la ville de Tombouctou l’université de Sankoré qui rassembla de nombreuses générations de savants négro-africains, dont Tarikh Es Soudan (1652). A l’est de l’Afrique vivait le philosophe Zora Yacob qui est contemporain de Descartes et dont la philosophie se rapproche du cartésianisme. En Afrique du Nord, la foi africaine avait été détruite depuis l’invasion des Arabes qui imposèrent l’islam et la langue arabe, puis en Afrique subsaharienne, l’Europe coloniale avait tout saccagé en détruisant la culture de cette partie de l’Afrique qui possédait de nombreux centres intellectuels d’une réputation mondiale comme justement Tombouctou.

Tout a radicalement changé à partir de la révolution industrielle qui a permis aux Européens de voyager, de fabriquer des armes sophistiquées, de piller les ressources naturelles des autres peuples et de développer leur continent.

3– Lorsque pendant la Seconde Guerre mondiale, l’armée d’Hitler s’empare de toute l’Europe occidentale, la panique est générale. Les pays colonisateurs décident alors de faire venir des soldats africains, qu’ils trouvent subitement forts et résistants, pour lutter contre les Nazis. La décision a été prise secrètement, à l’insu des premiers concernés : les soldats africains. C’était encore un autre complot. Pendant la guerre, ceux-ci découvrent finalement que l’Occident qui se targue de supérieur sur le continent noir ne l’est pas en réalité car il n’a pas été capable de résister contre l’envahisseur hitlérien. De retour dans leur pays, ils revendiquent leur autonomie en demandant l’indépendance. Mais les conditions d’octroi de cette indépendance sont définies en secret, souvent sans impliquer les intéressés, c’est-à-dire les Africains.

Que se passe-t-il à l’indépendance ?

4– A l’indépendance, les nouveaux dirigeants africains sont choisis par les pays colonisateurs dans une logique de représentation, comme cela se passe en économie : un holding avec des succursale dans le monde. Certains députés au Parlement français ont été choisis par la France pour représenter son pouvoir dans les colonies nouvellement indépendantes, en réalité nouvellement séparée de l’administration française. Les nouveaux dirigeants africains étaient placés à la tête des Etats sans au préalable être minutieusement préparés à leurs nouvelles fonctions, car le but était de bâclé l’accession à l’indépendance.

La colonisation prend simplement une nouvelle forme, elle devient représentative. Ce sont désormais les Senghor et les Houphouët Boigny qui vont représenter le pouvoir français en Afrique. Là où les nationaux deviendront des nationalistes, les colonisateurs s’arrangeront pour assassiner le leader (c’est le cas de Patrice Lumumba) ou ils vont punir celui qui a osé se séparer du pouvoir français (c’est le cas du guinéen Sékou Touré).

Pendant longtemps, l’Afrique a été gouvernée par des représentants qui recevaient les ordres de Washington, Paris, Londres, Lisbonne, Bruxelles. Qui étaient Mobutu, Bongo, Bokassa, etc. ? N’est-ce pas de simples représentants ? Cette situation a duré jusqu’au moment de la chute du mur de Berlin qui a sonné la fin du communisme dans le monde. Les anciennes républiques soviétiques ont revendiqué leur autonomie, la Russie s’est retiré de l’Afrique et les Africains se sont mis à revendiquer l’indépendance qu’ils n’avaient jamais acquise.

Dans l’élan de modernisation, les pays africains se sont séparés du parti unique pour aspirer au multipartisme. Mais que s’est-il passé ? Les mêmes anciennes puissances coloniales, incapables d’abandonner leurs privilèges, ont mis en place un nouveau système d’élections bidon, une forme de mascarade électorale où le candidat est choisi longtemps auparavant par l’ancienne métropole et les élections ne servent qu’à confirmer ce choix. On assiste aujourd’hui à la consolidation des monarchies au Gabon, au Togo et ailleurs et peut-être bientôt au Sénégal et en Egypte. Si ce n’est plus l’Etat occidental qui s’impose en Afrique, on assistance à l’action des réseaux et des think tanks (ou des boîtes à idées) qui réfléchissent en prenant une avance sur les stratégies des Africains et qui parviennent ainsi à imposer leur choix dans le pays où ils ont des intérêts.

Je pense que ces quelques exemples montrent clairement qu’il existe bel et bien un complot contre l’Afrique. Cette évidence nous conduit à parler du second thème développé dans le livre, à savoir « Pourquoi l’Afrique ne se développe pas ».

Il existe un livre d’histoire, déjà vieux certes, mais très indispensable qui mérite d’être cité et surtout lu par tous ceux qui s’intéresse à la question du développement du continent africain. C’est celui du Guyanais Rodney Walter, Et l’Europe sous-développa l’Afrique. L’auteur,  qui fut un professeur d’Université, a démontré faits et chiffres à l’appui, comment le colonialisme a bloqué le développement du continent africain.

L’exemple le plus intéressant se trouve dans la conduite du roi des Belges,

Après avoir admiré les Pays-Bas qui se développaient rapidement grâce à ses colonies en Asie, Léopold II s’est mis à chercher lui aussi une colonie pour s’enrichir et enrichir son pays, la Belgique. Il a vainement cherché en Asie, il a négocié avec les Portugais, avec les Français, il a cherché en Amérique du Sud dans le désordre argentin, il a négocié avec les Espagnols mais les espaces à coloniser étaient déjà partout tous occupés. Coloniser les autres peuples pour assurer son propre développement était à la mode en Occident. C’est alors que Léopold II a décidé d’envoyer des émissaires en Afrique noire, parmi lesquels il y avait un sujet anglais du nom de Stanley qui lui a trouvé une colonie immense au cœur de l’Afrique, au Congo. Il devint propriétaire à titre personnel ou individuel de cet immense espace qui représente un tiers des Etats-Unis. Un tiers des Etats-Unis actuels à lui seul ! Vous imaginez ? Devenant propriétaire du Congo, Léopold II s’est mis à exploiter le caoutchouc dont la demande mondiale était en hausse. L’appétit de son enrichissement rapide et illicite entraîna la mort de dix millions de Congolais. Il n’a jamais été condamné pour ses crimes contre l’humanité et contre les violations des droits de l’homme alors qu’il prétendait civiliser, au nom de Dieu, la race noire. Au contraire, on l’admirait et l’applaudissait. Les pays démocratiques du Nord, qui envoyaient des missionnaires en Afrique noire pour civiliser les Nègres qui étaient jugés sans âme, soutenaient l’œuvre satanique de Léopold II. Entre 1885 et 1908, le roi des Belges infligea des souffrances terribles au peuple congolais. Les bras des Congolais qui refusaient la récolte du caoutchouc ou qui ne rapportaient pas assez furent coupés, les femmes et les enfants des fuyards étaient pris en otages pour contraindre les époux à revenir travailler pour leurs bourreaux. Des villages entiers furent brûlés. En peu d’années, la population congolaise était passée de vingt millions à dix millions. Toute la richesse produite au Congo était acheminée en Belgique et le roi des Belges s’est construit une des plus belles fortunes du monde, à coup de tortures, de massacres et de mensonges. Du point de vue des Congolais, le roi Léopold II n’est pas différent d’Adolf Hitler. Donc, la fortune de la famille royale belge a pour origine un génocide, qui est aujourd’hui oublié. Mais il existe un livre qui décrit cette période. Le voici : Adam Hochschild : Les fantômes du roi Léopold. Un holocauste oublié, Belfond, 1998). En 1908, le roi passa la main à la Belgique qui exploita le Congo en poursuivant la même logique d’exploitation économique. Si le roi n’a jamais été condamné pour ses crimes, à l’indépendance, la Belgique quitta le Congo en emportant le coffre-fort de son ancienne colonie, sans rien restituer. Pendant la colonisation, la Belgique a dépouillé tout le patrimoine culturel du Congo qu’elle a déposé dans son musée à Tervuren. Ce qui s’est passé au Congo ressemble à ce qui s’est passé ailleurs, au Congo-Brazzaville, au Tchad, en Côte-d’Ivoire, au Nigeria, en Afrique du Sud et ailleurs. J’ai  décrit longuement le cas de la Somalie qui a été divisé en cinq Etats pour mieux l’affaiblir parce que ce pays est situé en un point géostratégique. Nous pouvons y revenir si vous le voulez.

La guerre actuelle dans les Grands Lacs est un complot ourdi contre le Congo par les grandes puissances, notamment les Etats-Unis de Bill Clinton, la Grande Bretagne de Tony Blair, le Canada et la Belgique de Louis Michel, pour mettre la main sur le pactole minier congolais. Le Congo n’ayant pas une armée après la chute du maréchal Mobutu, ces grandes puissances ont décidé de s’appuyer sur les Etats de la région pour mener la guerre contre le Congo. Comme du temps de Léopold II, cette guerre a causé la mort de plus de six millions de victimes. Après une indifférence de la communauté internationale, on semble enfin s’intéresser à cette guerre silencieuse. Espérons que les auteurs des crimes contre l’humanité et des violations des droits de l’homme seront entendus devant un Tribunal pénal international.

Les prêts d’argent et la politique d’ajustement structurel

Après l’accession des pays africains à l’indépendance, les Etats manquaient des finances pour initier des projets de développement, les conseillers de nouveaux Etats – souvent des étrangères – demandèrent alors les chefs d’Etat de recourir au développementalisme : il faillait donner une direction unique dans le pays pour initier la construction de l’Etat-nation à partir duquel le développement allait trouver un fondement. C’est ainsi qu’était né le parti-Etat. Mais quel était en réalité le but de cette initiative apparemment louable ? Le but était de concentrer la prise de décision dans une seule main afin de faciliter le contrôle du pouvoir dans les Etats prétendument souverains. Ainsi, lorsque dans les années 1970, avec la crise pétrolière, les pays pétroliers asiatiques ont placé le surpris de leurs bénéfices dans les banques occidentales – surtout britanniques et américaines – à un taux très faible, de 3 à 5 %, les Etats occidentaux ont prêté ce même argent aux Etats africains à un taux très élevé, allant jusqu’à 40 %. Les chefs d’Etats africains ont ainsi engagé leurs pays dans des dettes colossales. Devant le détournement de ces capitaux et devant l’impossibilité de rembourser les dettes, les institutions financières de Bretton Woods ont inventé le programme d’ajustement structurel, c’est-à-dire elles prêtaient encore de l’argent aux Etats endettés pour leur permettre de payer les anciennes dettes. Puis, elles se sont mises à contrôler les économies nationales en imposant des productions qui ne servent pas nécessairement au développement des pays africains, car les matières premières étaient exploitées par des firmes transnationales, transformées à l’étranger et commercialisées dans des circuits que ne contrôlaient pas les pays africains qui étaient ainsi devenus des otages.

L’Afrique est dans le contexte d’une économie extravertie. Les firmes étrangères et les pays étrangers qui prêtent de l’argent aux Africains, tirent plus de bénéfice que les propriétaires des ressources naturelles.

L’Afrique se débat dans une misère épouvantable parce qu’elle a été volée dans ses ressources humaines (avec la traite négrière) et dans ses ressources naturelles (avec les pillages répétitifs). Je suis loin de dire que les étrangers sont les seuls responsables de la misère africaine. Nous, Africains, sommes en partie coresponsables, du moins, les décideurs politiques. Mais il y a eu des cas où quelques leaders ont pris conscience et ont eu un discours nationaliste et africaniste. Quel sort a-t-on réservé à des leaders comme Lumumba, Kwame Nkrumah, Sékou Touré ? Les infidèles étaient assassinés ou incarcérés (comme Lumumba et Mandela). Autrement, il y a eu des guerres pour freiner les initiatives locales : Biafra, Congo, Angola, encore RD Congo, Congo-Brazzaville, Sierra Léone, Liberia, etc. Contrairement à ce qu’affirme les médias, les guerres en Afrique servent les intérêts des firmes et puissances étrangères qui ont toujours besoin de matières premières achetées à vil prix, des vendeurs d’armes qui veulent écoulées les armes démodées.

Les nouvelles stratégies du sous-développement

Après la longue série de conflits armés, l’Afrique a semblé entrer dans une période de paix au lendemain des conférences nationales. Nous sommes dans les années 1990. Mais là encore, les réseaux mafieux internationaux qui ne peuvent pas se passer de l’Afrique parce qu’ils vivent sur le dos de l’Afrique, ont trouvé une nouvelle méthode : les élections bidon. Les Etats puissants et les think tanks du Nord imposent leur homme à la tête de la République pour assurer l’exploitation du pays. Les élections ne sont qu’une mascarade car le candidat est toujours choisi longtemps avant les échéances. Les élections ne sont qu’une formalité pour donner l’impression d’une ouverture démocratique. Ce n’est qu’une simple apparence. Il n’y a pas de démocratie en Afrique non par la faute des Africains mais à cause des systèmes d’exploitation pervers mis en place depuis l’époque coloniale. Or sans démocratie, le développement est difficile voire impossible. Ce système pernicieux a évolué et on le retrouve dans le Conseil de sécurité des Nations Unies, dans le G7/G8, dans le monopole d’armement et des médias, dans la technologie de pointe, dans l’imposition d’une langue universelle (la francophonie par exemple) etc. Dans le livre, je parle longuement de ces nouvelles stratégies ou de ces nouvelles formes de complot contre l’Afrique.

Mao-Tse Toung disait : « Pour qu’un pays reste indéfiniment dans le sous-développement, il suffit que l’étranger mette en permanence à sa disposition une technologie toute faite » et Guy Hennebelle disait : « Les hommes étant par définition, et par credo, égaux devant la nature, l’arriération sociale des uns ne pouvait venir que de leur asservissement par les autres ». N’oublions pas le développement des uns est le résultat du sous-développement des autres. A ce propos, Alain Pellet a écrit ce qui suit : « Le sous-développement des uns n’existe et s’explique que par le (sur-)développement des autres, qui n’en nourrit ».

On tentera encore d’étouffer l’Afrique mais ce continent finira par se développer parce que les Africains ont compris comment fonctionne le monde et d’où vient leur misère. Le développement de l’Afrique n’est donc plus qu’une question de temps.

J’ai trop parlé. Je m’arrête là. Je vous donne la parole. La discussion est ouverte et je vous remercie d’ores et déjà pour votre écoute et pour l’échange que nous allons avoir.

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