POURQUOI NOUS AVONS CHOISI LA LEGITIME DEFENSE ?

11 Nov

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http://congojustice.org/le-conflit-au-congo-la-verite-devoilee/

POURQUOI NOUS AVONS CHOISI LA LEGITIME DEFENSE ?

Par Fweley Diangitukwa (Politologue et écrivain)

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Au stade où se trouve notre pays et à considérer le silence des autorités gouvernementales face aux drames que vit au quotidien notre peuple, nous ne pouvons rien à attendre de ce régime qui se maintient en recourant à la violence physique. Le territoire congolais est continuellement violé par les soldats rwandais et ougandais qui entrent et sortent comme ils veulent et comme s’ils se trouvaient à l’intérieur de leur propre pays. Les femmes et les jeunes filles sont quotidiennement violées mais le gouvernement ne répond pas en mettant en place des mesures efficaces pour les protéger. Les violeurs ne sont ni poursuivis ni punis. Rien n’est fait pour intimider et empêcher de nouveaux viols et de nouvelles violations des droits de l’homme.

Depuis 2006, nous assistons à une valse des décisions qui n’honore pas notre République. Les magistrats ont été limogés sans être jugés alors qu’ils étaient accusés de corruption, portant atteinte à leur dignité et à leur honneur. Les adeptes de Bundu dia Kongo ont été sauvagement massacrés mais les auteurs n’ont jamais été poursuis, jugés et punis. Une série de massacres et d’assassinats de journalistes et des défenseurs des droits de l’homme, à Kinshasa et ailleurs, se poursuit comme s’il n’y avait pas une autorité politique dans notre pays. Floribert Chebeya a été assassiné mais le Parlement et le Sénat n’ont pas protesté au point de suspendre leurs travaux pour exiger la condamnation des auteurs de ce crime odieux. La communauté internationale n’a pas non plus protesté, allant jusqu’à demander la tête de l’auteur de cet assassinat crapuleux. Le gouvernement congolais a profité de l’accalmie qui a suivi l’assassinat de Floribert Chebeya pour fêter tranquillement le 50e anniversaire de l’indépendance du Congo, comme si les Congolais étaient réellement indépendants ! Les derniers événements en date concernent la mort de M. Armand Tungulu et la tuerie d’un roulage à Kinshasa parce que celui-ci n’a pas vite libéré la voie où se trouvait le très protégé Zoé, frère d’un chef d’Etat élu frauduleusement en 2006. L’Etat dirigé par M. Joseph Kabange (Kabila) a failli. Celui-ci a prouvé son incompétence notoire depuis le temps qu’il trône inutilement à la tête de notre pays. Puisqu’il a prouvé aux Congolais qu’il est incapable d’apporter le bonheur aux Congolais, il est temps de l’obliger à partir parce qu’il ne sait pas se donner les moyens de quitter paisiblement le pouvoir.

La publication du Rapport Mapping par le Haut Commissariat des Nations Unies à Genève, le 1er octobre dernier, n’a pas empêché le président de la RD Congo – qui est l’un des principaux auteurs des crimes de guerres et crimes contre l’humanité cités dans ledit rapport – de se promener librement à l’étranger, comme s’il n’avait commis aucun crime sur le territoire congolais. Il a été royalement accueilli à Montreux pendant les travaux de la francophonie.

Pendant que les uns ont un salaire faramineux de six mille dollars auquel s’ajoutent des avantages sociaux liés à leurs fonctions, les fonctionnaires et les enseignants triment et se débattent. Ils n’ont pas un salaire dépassant les 100 dollars par mois. Les accord de Mbudi n’ont jamais été respectés et plus personne n’en parle. Alors que les uns et les autres vivent dans le même pays.

Les dirigeants ont  atteint un degré d’indifférence et d’irresponsabilité qui ne peut plus être accepté. Après avoir organisé les fraudes électorales en 2006, ils s’apprêtent à  organiser de nouvelles fraudes qui leur donneront le droit de se maintenir au pouvoir et de jouir de leurs fonctions comme ils l’ont fait jusqu’à présent, en ignorant le peuple. Tous les observateurs objectifs savent et disent ouvertement que les élections de 2006 n’étaient pas démocratiques et elles ne doivent pas être considérées comme une référence. Lorsque l’on observe ce qui a été fait au Togo, au Gabon, au Kenya, au Zimbabwe, au Congo-Brazzaville, au Rwanda et ailleurs, ainsi que les préparatifs qui précèdent l’organisation de prochaines élections, nous concluons que le pouvoir de Kinshasa se prépare à organiser de nouvelles fraudes électorales en 2011. Cela se décèle dans le déséquilibre que l’on découvre dans la composition de la CENI où la coalition au pouvoir s’offre 4 membres et l’opposition n’a que 3 membres. La société civile est complètement ignorée de cette structure. Le fonctionnement du pouvoir en Afrique montre que notre continent n’a pas encore intégré la culture de l’alternance au pouvoir. Du reste, il faut qu’un chef d’Etat ait une formation claire – je vais dire un métier précis – pour qu’il envisage l’idée de quitter le pouvoir (c’est le cas du Sénégal depuis le départ de Senghor). Dans le cas contraire, le putschiste se pérennise au pouvoir. On n’a jamais vu dans l’histoire un groupe qui s’empare du pouvoir d’Etat par la violence l’abandonner de gaieté de cœur, sans y être contraint par la force.

Compte tenu de notre situation actuelle et de l’indifférence des autorités politiques quant à la vie misérable de nos citoyens, nous n’avons plus que le choix de soutenir tout compatriote qui cherche à trouver la voie qui nous permettra de recouvrer notre dignité car nous avons l’obligation de défendre légitimement notre Congo contre les envahisseurs et les infiltrés. Défendre légitimement le Congo est un devoir patriotique reconnu dans la Charte des Nations Unies. C’est à ce prix qu’il y aura un changement dans notre pays et c’est à ce seul prix que nous recouvrirons notre liberté et notre fierté nationale. Dans cette voie, nous soutenons et soutiendrons sans faille tout patriote qui, s’appuyant sur les princes de légitime défense, défendra les intérêts de la nation et nous demandons et demanderons à tous les patriotes congolais, épris de paix et d’amour pour leur patrie, de le suivre. Nous avons l’obligation de prouver au monde entier que le peuple congolais est capable de se prendre en charge et de définir librement son destin. Les ennemis du Congo se sont trop longtemps moqués du peuple congolais, cela doit maintenant finir. Réveillons-nous et prenons ensemble notre destin en main. Demain, nous serons définitivement libres et indépendants et nous construirons une grande nation au cœur de l’Afrique.

En guise de rappel, le coup de force de Jerry Rawlings au Ghana fut un coup de grâce. Par lui et grâce à lui, le Ghana est entré dans une ère nouvelle de développement, au point de sortir de la liste des pays pauvres hautement endettés. Il fut un homme de génie qui posa un acte de grandeur. Avant l’arrivée du capitaine Rawlings au pouvoir, le Ghana fut un pays incertain en proie à la corruption et à l’anarchie. La corruption était reine et les hommes forts se succédaient au pouvoir pour se servir comme on se succède dans un taxi, jusqu’au jour où cet homme d’Etat vint mettre de l’ordre. Lors du premier coup d’Etat de Rawlings, le 4 juin 1979, plusieurs dirigeants furent exécutés. La violence extrême de ce coup de force témoignait de l’indignation publique devant la vénalité et la corruption devenues emblématique du régime militaire. Le nouveau régime militaire dirigé par le capitaine Jerry Rawlings confia la gestion publique à des élites très qualifiées. Le gouvernement du Parti national du peuple (PNP) fut confié au Dr Hilla Limann. Dans sa « remise en ordre », le Conseil révolutionnaire des forces armées (CRFA) exécuta huit officiers militaires de haut rang, dont notamment trois anciens chefs d’Etat, en condamna plusieurs autres à la peine de mort in absentia, en incarcéra un certain nombre d’officiers militaires ainsi que de civils ou confisqua leurs biens. Son deuxième coup d’Etat en 1981 a marqué le début d’une période de croissance. Après l’action insurrectionnelle de Rawlings, le taux de pauvreté a été réduit de moitié entre 1991 et 2006. Aujourd’hui, le Ghana a atteint le principal Objectif du Millénaire pour le développement (OMD) avant la date limite fixée.

En nous basant sur ce cas concret, nous demandons à vous soldats congolais, fils authentiques du pays, de ne plus obéir aux ordres donnés par ceux qui vous oppriment et qui n’améliorent pas vos conditions de vie. Désormais, pointez vos armes contre les ennemis du Congo et contre leurs complices. Organisez la résistance là où vous êtes contre les envahisseurs.

Mbandaka n’était qu’une étape. Demain, nous construirons ensemble un pays plus beau qu’avant comme les Pères de l’indépendance nous l’ont demandé.

Fweley Diangitukwa

Auteur de nombreuses publications aux éditions L’Harmattan, notamment « Le règne du mensonge politique en RDCongo. Qui a tué Kabila ? », 2006, « Les fraudes électorales. Comment on recolonise la RDC », 2007, « Qu’est-ce que le pouvoir ?« , 2004.

Ø      Dernière publication, « La thèse du complot contre l’Afrique. Pourquoi l’Afrique ne se développe pas », Paris, L’Harmattan, mars 2010.

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