Le Congo (RDC) est-il un pays démocratique ?

10 Nov

Par Fweley Diangitukwa, politologue

http://www.fweley.wordpress.com

Ecoutez, dans ce lien, la réponse précise donnée par les Congolais eux-mêmes : http://www.congonumber1.com/v1/videos/?id=&a=3065

En règle générale, les pays qui affichent l’étiquette « démocratique » dans leur appellation ne le sont pas. A commencer par la République démocratique allemande (ex-RDA) avant sa réunification avec la République fédérale allemande. Partant de ce constat, la réponse à notre question de départ est donc NON. La République du Congo-Kinshasa n’est pas un Etat démocratique car la démocratie est un idéal qui ne sera jamais atteint. Il faut donc être bêtes et ignorants pour reprendre l’adjectif « démocratique » dans le nom d’un pays. Jean-Jacques Rousseau a écrit, je cite : « A prendre le terme dans la rigueur de l’acception, il n’a jamais existé de véritable démocratie, et il n’en existera jamais. Il est contre l’ordre naturel que le grand nombre gouverne et que le petit soit gouverné », in Du contrat social, Paris, Garnier-Flammarion, 1966, p. 107.

La démocratie (du grec ancien δημοκρατία / dēmokratía, « souveraineté du peuple », de δῆμος / dêmos, « peuple » et κράτος / krátos, « pouvoir », « souveraineté ») est le régime politique dans lequel le peuple est souverain. Apparue à Athènes il y a bien longtemps, la démocratie signifie gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple (Lincoln). Il s’agit d’un idéal auquel on doit tendre, plutôt que de la description réaliste d’une activité structurée.  Dans ces variantes, il se réfère principalement au gouvernement à participation directe et au gouvernement représentatif.

La classification des régimes passe du gouvernement d’un seul (monarchie), de quelques-uns (aristocratie) et de beaucoup (démocratie)[1]. Aujourd’hui, les deux précédents sont rares et la plupart des pays se réfèrent à la démocratie.


[1] Cette classification est différente de celle proposée par Aristote en six points.

Dans le monde antique, il y a eu de grands auteurs qui ont écrit sur le modèle de gouvernement parmi lesquels il y a Platon, Aristote, Polybe, Cicéron, Saint Augustin, etc. Dans leurs écrits, le meilleur modèle qui émerge est « celui de l’idéal d’une constitution mixte, où les dirigeants seraient subordonnés à la vertu ou à la loi, ou les uns aux autres, grâce à un système de contrôle mutuel. Cet idéal place le gouvernement de la vertu et de la loi au-dessus de celui des hommes » (Dictionnaire de la pensée politique), Paris, édition Hatier, 1989, pp. 163-164.

Les hommes qui ont écrit après les premiers cités plus haut, comme Montesquieu (Esprit des Lois), Rousseau (Du contrat social), Tocqueville (De la démocratie en Amérique), différencient le responsable de l’établissement de la loi fondamentale dans une souveraineté démocratique et le responsable de l’exécution quotidienne de la loi dans un gouvernement démocratique. Jean-Jacques Rousseau est allé très loin dans les exigences au point d’écrire que la démocratie est « un régime qui convient mieux aux anges qu’aux hommes » (op. cit., p. 164). Faisant un écho à cette conclusion de Rousseau, Jacques Maritain a écrit dans son livre Christianisme et démocratie ce qui suit : « La tragédie des démocraties modernes est qu’elles n’ont pas réussi encore à réaliser la démocratie ». La démocratie reste un idéal que chaque peuple doit rechercher continuellement à réaliser et auquel il doit tendre résolument et inlassablement. Mais cet idéal ne sera jamais atteint par les Etats. A chaque fois qu’on s’y approche, les exigences des citoyens éloignent l’horizon démocratique. Certes, il y a des pays plus avancés que d’autres mais, dans l’absolu, aucun pays n’est démocratique. Inscrire cet adjectif dans l’appellation d’un Etat relève donc de l’ignorance. Sur la ligne menant à l’horizon démocratique, certains Etats sont plus avancés que d’autres.

L’idéal démocratique incarné par l’esprit du contrat social est à l’origine de la nouvelle forme de légitimité politique. Dans la théorie du contrat social, la source ultime de l’autorité gouvernementale provient des individus qui sont dotés de la liberté naturelle et des droits naturels. En RDC, les Congolais ne sont pas dotés de la liberté naturelle ni des droits naturels (lire rapport Mapping). Cette réalité contredit l’idée de voir dans l’Etat du Congo une association avec la démocratie.

La pratique démocratique repose sur le recours à l’extension du droit de vote. C’est par l’usage du suffrage universel direct que les hommes – quelle que soit leur classe sociale – réalisent leur condition d’égalité naturelle en tant qu’êtres humains. En RDC, l’expérience de 2006 et celle de 2011 montre que le suffrage universel direct n’est pas la condition de l’égalité naturelle des êtres humains. Au Congo, ce sont les plus riches qui paient 50’000 dollars pour être élus (candidats à l’élection présidentielle = vote censitaire). Le rôle des pauvres est réduit à élire les riches mais jamais à être élus ni à représenter les leurs à l’Assemblée nationale et au Sénat. L’argent qui a pris une part considérable dans les élections dénature et déprécie la classe politique parce que les dirigeants « achètent » les postes qu’ils occupent. En plus, ils vivent sous la tyrannie de l’incompétence au sommet de l’Etat. A cause du recours à l’argent et aux fraudes électorales, la gouvernance a beaucoup de peine à faire ses premiers pas. C’est là une preuve qu’il n’y a pas de démocratie en RDC car les postes politiques sont réservés aux plus fortunés et aux plus violents (1+4 entre 2003 et 2006) mais jamais aux plus compétents, aux plus honnêtes et aux plus méritants.

En 2006, sans consulter le peuple, le Parlement a révisé la Constitution pour l’adapter à l’âge du candidat Joseph Kabila à l’élection présidentielle. La Constitution exigeait 40 ans, les députés constituant la majorité de l’époque ont ramené cet âge à 30 ans parce que M. Joseph Kabila n’était âgé que de 30 ans. Puis, sans consulter le peuple, le Parlement a encore révisé la Constitution pour supprimer les deux tours de l’élection présidentielle initialement prévus dans la Constitution à un seul tour parce que M. Joseph Kabila ne voulait pas affronter son adversaire au cours d’un débat contradictoire à la télévision. Maintenant, pour la prochaine élection présidentielle prévue en décembre 2016, le chef d’Etat, M. Joseph Kabila, qui est à la fin de son deuxième et dernier mandat constitutionnel, a demandé en décembre 2015, dans son discours à la nation, que le mode de scrutin ne soit plus direct mais indirect, afin d’être directement élu par le Parlement dans lequel il a sa majorité et qu’il n’a cessé de corrompre pour la soumettre à sa volonté. Un pays où la peur, le caprice et les désirs d’un chef d’Etat deviennent automatiquement des obligations devant être exécutées par le Parlement, le Sénat et la Cour constitutionnelle, n’est pas un tel Etat de démocratie.Or, tel est le cas de la République « démocratique » du Congo. Donc, la réponse à la question posée plus haut est évidemment NON. La RD Congo n’est pas une démocratie, mais une autocratie, une dictature qui ne dit pas son nom. La révision des lois est faite sur la base de la corruption des députés sans solliciter l’approbation des citoyens qui sont régulièrement méprisés par les députés qu’ils ont élus et qui devraient normalement défendre leurs intérêts.

Dans une République démocratique, c’est le peuple qui gouverne. Or, en RDC, ce sont les hommes les plus forts qui gouvernent après un coup d’État. Cela n’a jamais changé depuis le 24 novembre 1965.

Dans une République démocratique, la durée du mandat présidentiel est clairement limitée dans le temps et au-delà de ce mandat, le chef de l’État ne peut plus gouverner. Or, en RDC, la limitation n’a jamais été respectée. Pour preuve, Joseph Kabila est au pouvoir depuis 2001 et il est prêt à y rester aussi longtemps que son camp organisera des fraudes électorales en sa faveur et aussi longtemps que le peuple congolais ne se révoltera pas contre les injustices devenues monnaie courante.

Le mandat du président actuel prendra fin en 2016 mais depuis son élection en 2011, rien n’a été entrepris par la CENI pour organiser les élections prévues 3 mois avant la fin du mandat. Pire, la Cour constitutionnelle s’est dernièrement prononcée sur l’interprétation de l’article 70 de la Constitution dans le but d’autoriser le maintien au pouvoir du président sortant au cas il n’aurait pas d’élection. Tout montre qu’il devient pratiquement impossible d’organiser l’élection présidentielle dans le délai constitutionnel. Ceci revient à dire que la Cour Constitutionnelle à cautionner le glissement que souhaite la mouvance présidentielle. Ce choix compliquera l’avenir de la République car le peuple est complètement opposé à l’idée de violer la Constitution.

Plusieurs autres exemples peuvent être évoques pour démontrer que la RD Congo n’est pas un Etat démocratique.

L’autre condition est l’égalité devant la loi. Ce principe n’a jamais été respecté. Il suffit pour cela de rappeler que les fils de l’ex-Président du Parlement, M. Evariste Boshab et de l’ex-Premier ministre, M Adolphe Muzito, qui ont tué des Congolais dans un accident de circulation, n’ont jamais été concernés par la loi (ils ont été rapidement extirpés et envoyés en catimini en Belgique pour les soustraire de la justice qui, depuis lors, a fermé le dossier les concernant) ou encore des hommes politiques qui détournent l’argent de l’Etat et qui ne sont pas poursuivis par la justice (voir l’argent de la SNEL versé par le Congo-Brazzaville).

La justice congolaise a été politisée et elle est, en plus, complaisante. Il suffit pour le prouver de rappeler le dossier de l’assassinat de Laurent-Désiré Kabila. Ceux qui ont été condamnés n’ont jamais été concernés ni de près ni de loin par le meurtre crapuleux. Ce sont des innocents qui ont été mis en prison à Makala. Yeroda Ndombasi l’a dit ouvertement et il n’a jamais été poursuivi parce qu’il a dit la vérité. Dans un pays démocratique, la justice ne condamne pas un innocent.

A part Joseph Kasa-Vubu, les chefs d’Etat qui trônent à la tête du pays n’ont jamais été choisis par le peuple. M. Joseph Kabila est issu d’une révolution de palais entraînant l’assassinat de Laurent-Désiré Kabila par le réseau tutsi (soutenu par des puissances étrangères). Ce réseau a placé le sien à la tête de l’Etat congolais. Le monde entier sait que Joseph Kabila était venu dans les bagages de l’AFDL avec James Kabarebe. Le monde entier connaît ses origines.

Joseph-Désiré Mobutu organisait régulièrement des élections même s’il était toujours candidat unique. Joseph Kabila a toujours compté sur les fraudes électorales pour se faire élire. Avant l’élection présidentielle de 2011, il a officiellement déclaré, en parlant de l’opposition : « unie ou pas, je battrai l’opposition ». Il savait que le pasteur Daniel Ngoy Mulunda lui donnera la victoire quelles que soient les conditions.

Les fraudes électorales organisées par l’abbé Malu Malu et par le pasteur Daniel Ngoy Mulunda enlèvent toute possibilité de considérer la RDC comme une démocratie car la transparence est la loi cardinale dans une République démocratique. Les pays démocratiques respectent la loi et insistent sur la valeur des droits électoraux et civiques car la liberté formelle et l’égalité fondent le système politique.

Dans un pays démocratique, tout contrevenant à la loi est remis à la justice quel que soit le degré de la violation. Ainsi, celui qui a tenté à la vie du Pape Jean-Paul II, à la vie de Jacques Chirac ou celui qui a voulu frapper Nicolas Sarkozy au visage n’ont pas été tués, de la même façon le juif qui a assassiné le Premier ministre israélien n’a pas été tué mais jugé et condamné. Au Congo, il n’y a aucun respect de la vie humaine. Armand Tungulu qui a manifesté sa colère en jetant une pierre contre le convoi présidentiel a été tué sans procès. L’activiste Floribert Chebeya et son chauffeur Bazana ont été assassinés par les hommes du pouvoir qui sont toujours en liberté et ne sont pas inquiets du sort qui leur sera réservé.

Dans une République démocratique, c’est le peuple qui gouverne la République. En RDC, ce sont les hommes les plus forts et les plus fous qui gouvernent après un coup d’Etat. Cela n’a jamais changé depuis le 24 novembre 1965.

Dans une République démocratique, la durée du mandat est clairement limitée dans le temps et au-delà de ce mandat, le chef de l’Etat ne peut plus gouverner. La limitation n’a jamais été respectée en RDC. Pour preuve, Joseph Kabila est au pouvoir depuis 2001 et il est prêt à y rester aussi longtemps que son camp organisera des fraudes électorales en sa faveur et aussi longtemps que le peuple congolais ne se révoltera pas contre les injustices devenues monnaie courante.

Dans une République démocratique, les finalités sont éclairement définies en entente avec le secteur privé et la société civile (gouvernance). En RDC, le gouvernement tâtonne à tout moment et avance sans bien savoir où il conduit le peuple.

Dans une République démocratique, le gouvernement se donne les moyens nécessaires pour répondre aux demandes (inputs) des citoyens. Il crée plus d’emplois et encourage le secteur privé d’en créer autant afin d’augmenter les recettes fiscales de l’Etat. En RDC, le gouvernement a un budget dérisoire qui correspond à celui d’une ville occidentale ou d’une grande université publique. Entre-temps, les deniers publics sont détournés par des officiers qui ont des salaires sans commune mesure avec leur train de vie quotidien.

Dans une République démocratique, les gouvernants donnent des moyens aux citoyens – notamment par l’éducation – pour s’autogouverner. En RDC, l’éducation nationale est le secteur le moins doté. Moins éduqué et peu informé, le peuple est assujetti à l’élite qui choisit de servir le pouvoir aux dépens de la population. Le consentement populaire n’est jamais sollicité. Il est continuellement ignoré alors que Jean-Jacques Rousseau a fait de la volonté générale la condition sine qua non de la démocratie. La révision des lois est faite sur la base de la corruption des députés sans solliciter l’approbation des citoyens qui sont régulièrement méprisés par les députés qu’ils ont élus et qui devraient normalement les défendre. Depuis 2006, aucune loi n’a été prise en faveur du peuple. Si les députés ont toujours discuté et obtenu l’augmenté de leur salaire, jamais ils n’ont cherché à revendiquer la révision des salaires des enseignants (accord de Mbudi), des fonctionnaires, des infirmiers, etc. Dans une République démocratique, l’intérêt de la majorité doit primer sur l’intérêt de la minorité. Cet intérêt est normalement exprimé par le gouvernement qui est l’instrument d’un ensemble de citoyens capables de réaliser le bien public. En RDC, le gouvernement est un instrument réservé aux hommes du pouvoir (privilégiés) qui l’utilisent pour réaliser leur bonheur. Il n’est jamais au service des intérêts du peuple.

Dans une République démocratique, la loi de la majorité l’emporte sur la minorité. En RDC, c’est le contraire, c’est-à-dire la loi de la minorité s’impose sur la majorité parce que les hommes politiques pensent que la loi de la majorité est dangereuse pour la réalisation de leurs intérêts égoïstes.

La démocratie est forte lorsque le gouvernement s’appuie sur la vigoureuse participation des citoyens (démocratie participative) qui discutent régulièrement les grandes orientations. C’est cette organisation qui différencie la démocratie de la tyrannique où l’Etat est une entité occupée par une catégorie d’individus qui imposent leurs vues en s’appuyant sur la violence et exclusivement sur la violence, comme en République du Congo-Kinshasa.

Aujourd’hui, la démocratie représentative est en difficulté dans les pays du Nord car les citoyens sont devenus plus exigeants. Ils recourent de plus en plus aux dispositifs participatifs dans lesquels ils prennent une grande part de responsabilité dans la gouvernance du pays ; en RDC, la démocratie représentative est l’unique mode de gouvernement imposé au peuple.

Sans chercher à m’attarder sur les différentes théories des élites (Pareto, Mosca, Michels, etc.) qui pensent que les dispositifs représentatifs risquent d’élargir le fossé qui existe entre ceux qui gouvernent et qui, par leur connaissance, sapent la démocratie, le but de cet article est de montrer simplement qu’en RDC le recours au concept de démocratie est une forme de camouflage pour les tendances oligarchiques du pouvoir. Dans notre pays, la démocratie représentative ne garantit pas beaucoup la circulation des élites au pouvoir car les conditions d’accès sont draconiennes et celles-ci excluent les moins nantis. Il faut payer 50 mille dollars américains pour être candidat à la députation. Cette exigence est une condition de l’ancienne démocratie censitaire et pas celle de la démocratie moderne. Aujourd’hui, l’argent, le clientélisme, la propriété et le soutien des puissances étrangères (voir le rôle de Louis Michel et de la Belgique sous le règne de Joseph Kabila depuis 2001) permettent de manipuler le fonctionnement des institutions au profit des hommes au pouvoir qui ne sont pas hélas tous des élites.

Tous les arguments développés ci-dessus montrent clairement que le Congo-Kinshasa n’est pas une République démocratique, car le consensus, la volonté générale, la tolérance, le respect de la loi, l’égalité devant la justice, la paix, etc. manquent. L’impunité et l’injuste gouvernent la République. C’est la jungle dans le sens que c’est la loi du plus fort qui règne. Le concept même de République (res publica) doit être remis en cause. Le Congo-Kinshasa est-il une chose publique appartenant réellement à tous les Congolais selon la gestion actuelle du pays ? La transparence y règne-t-elle ? Rend-on compte aux citoyens de la gestion des ressources naturelles ? Punit-on tous les fautifs de la même façon et avec la même rigueur ? Récompense-t-on les bons citoyens de la même façon ? Bref, le Congo-Kinshasa est-il une République gouvernée par le peuple et pour l’intérêt du peuple ? Comme dit plus haut, la réponse à cette question est NON.

Si la démocratie est le pouvoir du peuple par le peuple et pour le peuple (Abraham Lincoln), l’Etat congolais exclut le peuple dans l’exercice du pouvoir. Cela prouve à suffisance que la RDC n’est pas une démocratie mais une dictature, une tyrannie.

En RDC, la place des citoyens ordinaires en démocratie n’existe pas. L’espace politique est occupé par les seigneurs de guerre, les riches, les mafieux, les téméraires, les fraudeurs et les fous du pouvoir. Les citoyens honnêtes et intègres sont exclus des postes politiques. Leur rôle se limite à élire ceux qui vont les représenter, c’est-à-dire les députés. Ils n’ont même pas le droit d’élire leurs propres gouverneurs de provinces et les sénateurs car ce devoir a été confié aux « grands électeurs », c’est-à-dire aux députés (qui se laissent facilement corrompre par le pouvoir), sous prétexte que les citoyens ordinaires ne sont pas assez intelligents et lucides pour choisir de bons gouverneurs et de bons sénateurs ! C’est une aberration qui doit être vite réparée. L’Etat congolais ne doit pas traiter les citoyens comme des enfants ou des ignorants. Dans chaque province, les citoyens qui connaissent bien le personnel politique de leur région doivent impérativement élire leur gouverneur. Ils ne peuvent plus être tenus en dehors des décisions à prendre à l’échelle régionale qui ont des implications directes dans leur vie quotidienne et qui engagent leur avenir. Donc, à l’avenir, l’élection présidentielle ne devra plus avoir lieu le même jour que les élections législatives car les deux ne répondent pas aux mêmes enjeux et ne poursuivent pas le même but. Certes, le couplage a été pensé ainsi pour favoriser les fraudes électorales et fabriquer ainsi plus facilement – dans la confusion – une majorité parlementaire au nouveau président de la République, en réalité choisi avant les élections par les milieux internationaux qui vivent sur le dos de la RDC. Tout cela doit changer pour construire une démocratie.

En 2006, la ville de Kinshasa avait massivement voté contre le PPRD mais, grâce au recours à  la corruption des « grands électeurs », la ville-capitale s’est retrouvée avec un gouverneur du PPRD, le parti au pouvoir. Toujours en 2006, la province du Bas-Congo a voté massivement MLC, le parti de Jean-Pierre Bemba, mais elle s’est retrouvée avec un gouverneur du PPRD, le parti au pouvoir. Des exemples peuvent être multipliés pour démontrer que le Congo-Kinshasa est loin d’être une République démocratique. La corruption est devenue maîtresse des enjeux politiques.

Lorsque des chefs incompétents entourés de conseillers tout aussi incompétents se mettent à gouverner des citoyens compétents, le résultat ne peut être que ce que nous vivons en RDC : anarchie, confusion de rôle, désobéissance civile et conflits. Comment un civil, devenu général par la seule volonté du chef, peut-il diriger un militaire de carrière ? Comment un civil, devenu militaire par la seule volonté du chef, peut-il commander une armée pleine d’officiers formés dans les grandes académies militaires et dans les écoles de guerre ? Le Congo n’est pas une démocratie mais une dictature aveugle, impitoyable et irresponsable. Oui, une tyrannie qui ne dit pas son nom. Le Congo n’est pas indépendant, nous avons simplement l’illusion d’être indépendants car ce sont les puissances étrangères qui dirigent le Congo à travers leur représentant ou leur affidé placé au pouvoir par eux.

Pour conclure, je dis que le Congo est un paradis sur terre mais dirigé par des escrocs et par des voyous qui croient avoir les compétences nécessaires pour gouverner le pays. Le peuple doit se mobiliser pour que ledit paradis devienne une réalité. Cela sera possible si les Congolais le veulent. Et nous devons le vouloir.

Fweley Diangitukwa

http://www.fweley.wordpress.com

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4 Réponses to “Le Congo (RDC) est-il un pays démocratique ?”

  1. William mars 31, 2014 à 7:51 #

    Merci beaucoup pour se partage de connaissance.

  2. billygambuy juillet 23, 2015 à 9:04 #

    Un très bon article: A recommander.

  3. Nobody octobre 18, 2015 à 1:37 #

    Les sources ?

    • afriquenouvelle octobre 18, 2015 à 3:27 #

      Vous demandez les sources ? Je vous réponds : l’enquête de terrain, l’observation et le témoignage des Congolais. Voulez-vous que je vous cite les sources grecques ou occidentales pour que soyez satisfait et finissiez par croire ? Parmi les approches méthodologiques, les méthodes que j’ai utilisées ont toujours été au centre de la recherche.

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