M. Joseph Kabila fait honte à la RDC et à l’Afrique tout entière

29 Nov

Par Fweley Diangitukwa

M. Joseph Kabila n’est pas un grand homme et il ne le sera jamais alors qu’il est à la tête d’un grand pays et qu’il a un immense pouvoir. Il n’est pas un grand homme politique et il ne le sera jamais parce qu’il lui manque une chose importante : le génie qui fait d’un dirigeant un leader qui fascine des foules entières, comme Mandela, Obama, etc.

Au lieu de séduire le peuple congolais qui l’a accueilli en 1996 en venant du Rwanda dans les bagages de l’AFDL, il passe son temps à mentir (diplôme obtenu dans une université américaine qui n’a pas pignon sur rue), à tricher (fraudes électorales en 2006 et 2011), à corrompre (CEI, CENi et CSJ), à terroriser tout un pays (de l’Est à l’Ouest), à humilier de paisibles citoyens et toute la race noire. S’il y a un qualificatif qui doit lui convenir, c’est bien celui de « génie du mal ».

M. Joseph Kabila n’est pas un grand homme et il ne le sera jamais car son bilan à la tête de l’Etat est largement négatif. Les Congolais, qui ont été décimés (plus de six millions de morts), tués, assassinés, massacrés, emprisonnés, violés, violentés, humiliés, blessés dans leur dignité, n’accorderont jamais une quelconque grandeur à l’homme qui incarne leur mal.

Avec M. Joseph Kabila à la tête de l’Etat, les Congolais vivent une expérience directe de la médiocrité semblable à l’expérience macabre vécue sous Léopold II qui coupa les bras des Congolais et massacra plus de dix millions de nôtres pour son enrichissement personnel. Non seulement M. Joseph Kabila est incompétent en tant que chef d’Etat mais il est aussi médiocre en tant qu’orateur. A part la cruauté et la traîtrise, l’homme n’a aucune qualité qui puisse attirer l’attention sur lui et susciter de l’admiration. Sur le plan oratoire, sa voix a un ton désagréable qui sonne faux dans les oreilles. Il est desservi par une langue non encore maîtrisée malgré le nombre d’années de pratique, soit quinze ans (de 1997 à 2012). Son anglais n’est ni académique ni raffiné. Lorsqu’il ne lit pas un texte officiel rédigé par des professionnels de la communication, son discours reste plat et sans grand intérêt.

Taciturne à souhait et méprisant comme s’il ignorait complètement les exigences de la fonction présidentielle. Dès qu’il parle en public, il n’arrête pas d’évoquer les « forces négatives » pour désigner – sans les nommer – les FDLR, c’est-à-dire les Hutu vivant à l’Est du Congo, non loin de la frontière avec le Rwanda. En agissant ainsi, il ne s’est jamais rendu compte qu’il rappelle régulièrement ses origines tutsi et la haine viscérale que manifestent les Tutsi envers les Hutu qu’ils accusent de tous les maux et qu’ils prennent sans distinction d’âge et de sexe pour des FDLR.

Ceux qui le suivent l’applaudissent sans conviction pour se maintenir au pouvoir et profiter de son incompétence.

Avec M. Joseph Kabila à la tête de l’Etat, le Congo est entré dans une sorte de course à l’abîme, la fièvre de partition succédant à la rage de destruction massive. La RDC n’avance plus, elle recule dans les ténèbres abyssales. Comment, Congolais lucides que nous sommes, avons-nous permis cela ?

La question qui mérite d’être maintenant posée et qui reste hélas sans réponse est celle de savoir comment sommes-nous en arrivés là et comment un homme sans charisme, dépourvu des qualités de leader parvient-il à dominer tout un peuple et à survivre à la tête de l’Etat sans ni convaincre ni séduire ni drainer des foules ?

En tout cas, M. Joseph Kabila n’a jamais suscité une adhésion populaire à sa personne et à sa politique rétrograde. A la place de l’enthousiasme qu’exprime un peuple envers son chef, c’est le mépris que les Congolais ont à son endroit. S’il y a un homme dans l’Histoire qui peut lui ressembler, c’est assurément Joseph Staline qui était, comme lui, sans charisme et plein de terreur. Joseph Staline était le produit d’un système : la bureaucratie communiste qui précéda son accession au pouvoir et qui survécut après sa mort. M. Joseph Kabila est aussi le produit d’un système. L’AFDL, le CPP (Congo pasi na pasi) et le soutien ougando-rwandais qui servent de soubassement à son pouvoir sont antérieurs à sa prise du pouvoir.

Quatre principaux objectifs étaient poursuivis en déclenchant l’actuelle guerre : a) détourner l’attention des Congolais afin qu’ils cessent de parler de fraudes électorales (et considérer M. Joseph Kabila comme celui qui aura mis fin à la guerre à l’Est – un héros en quelque sorte mais c’est raté), b) faire disparaître définitivement Bosco Ntaganda de la scène (il doit déjà être au Rwanda), c) faire entrer plus de Rwandais au Congo et enfin d) contraindre les Congolais à négocier publiquement avec les agresseurs en leur accordant des postes politiques (les accords de mars 2009 ont permis de verser des soldats rwandais dans l’armée nationale congolaise, il est maintenant question de verser les officiers et les acteurs politiques dans des postes politiques comme cela s’était passé à Sun City, en Afrique du Sud avec les Ruberwa et consorts). Ce sont des enjeux que les Congolais ne doivent pas ignorer.

Cette guerre est un piège à cons dans lequel les Congolais ne doivent pas tomber. Une guerre inutile menée pour contraindre les Congolais à accepter ceux qui la mènent. M. Joseph Kabila et ses commanditaires connaissaient l’issue de cette guerre. N’a-t-il pas cherché à faire disparaître définitivement Bosco Ntaganda afin qu’il échappe à son arrestation ? Qui sont dupes et qui sont dupés ? L’Américain Randolph Bourne nous rappelle que « la santé de l’Etat, c’est la guerre »[1].

Après tant de souffrance, le peuple congolais doit mettre fin à sa misère. L’aventure d’un homme sans qualités requises pour diriger un grand Etat comme la RDC bourré de femmes et d’hommes bien formés a montré ses limites. Que l’heure vienne de donner la chance à un homme plein de charisme qui ouvrira les portes d’un futur commun plus beau qu’avant, comme l’ont voulu les Pères de notre indépendance. Ne nous laissons plus prendre au piège de ceux qui tiennent un discours populiste, démagogique pour résoudre leur conflit avec le pouvoir de M. Joseph Kabila.

Peuple congolais, le danger est devant nous, il faut dès à présent écarter celui qui l’incarne afin que la paix revienne au pays de Kimbangu, Kasa-Vubu et Lumumba.

M. Joseph Kabila fait honte à la RDC et à l’Afrique tout entière, à part le Rwanda et l’Ouganda qui sont les parrains directs de son pouvoir.

 Fweley Diangitukwa

http://www.fweley.wordpress.com

29 novembre 2012


[1] Randolph Bourne,  La santé de l’Etat, c’est la guerre, éditions Le passager clandestin, 2012, p. 42, 45, 58. Présentation de Jean Bricmont.

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