Concertations nationales (suite). Prise de position du CLD (Le Congo en légitime défense)

22 Juil

Concertations nationales, Dialogue politique, Dialogue national

 

Après avoir organisé les fraudes électorales et détruit toutes les preuves, le pouvoir de Kinshasa, qui est présentement aux abois, initie les concertations nationales pour se donner la légitimité qu’il n’a pas depuis le 28 novembre 2011. Le chef d’Etat actuel, qui s’est auto-proclamé et qui a prêté serment loin du peuple, réalise toutes les difficultés de diriger un pays par défi, sans le consentement du peuple. Pour trouver une solution à cette situation d’impasse, celui qui se fait passer pour le chef de l’Etat de la RDC s’est rendu à Brazzaville pour rencontrer le président Denis Sassou Ngouesso. C’est aussi dans le même sens que le Cardinal Monsengwo s’est lui aussi rendu à Brazzaville pour rencontrer le même chef de l’Etat du Congo. A son tour, le président Blaise Camparoe du Burkina Faso est allé à Brazzaville pour la même raison. Ce ballet diplomatique permet de mesurer le gouffre dans lequel se trouve notre pays à cause du gangstérisme et de la voyoucratie d’une bande de maffieux qui s’est appropriée la res publica aux dépens du peuple.

Les détenteurs du pouvoir par défi réalisent maintenant la complexité de la situation qu’ils ont librement créée en s’emparant du pouvoir par la force, après avoir corrompu les membres de la CENI dirigée par le « pasteur » Daniel Ngoy Mulunda et les juges de la Cour Suprême de justice.

Tout en cherchant la solution pour débloquer la situation présente, le pouvoir de Kinshasa bloque simultanément l’avenir du pays en se lançant dans une folle fuite en avant. Il a remplacé l’ancienne mauvaise CENI par une nouvelle mauvaise CENI et a placé à sa tête l’abbé Malu Malu qui était le premier à organiser les fraudes électorales en 2006. C’est lui qui a inspiré les fraudes futures dans la mesure où le « pasteur » Daniel Ngoy Mulunda n’a fait qu’imiter bêtement les stratégies mises en place par son prédécesseur.

A cause des fraudes électorales qui ont été publiquement reconnues par l’actuel chef de l’Etat lui-même, notre pays traverse une longue période d’instabilité. L’illégitimité du pouvoir en est la cause. Puisqu’un président illégitime ne peut pas engager toute une République, la solution idéale dans cette situation de blocage est de consulter le peuple (qui est le souverain primaire) via ses représentants. Or, certains députés qui siègent à l’Assemblée nationale n’ont pas été élus mais nommés. Ceux-ci ne peuvent pas ipso facto représenter le peuple ni surtout l’engager.

Voilà comment notre « République » se retrouve dans une impasse totale. Les dirigeants actuels ont oublié de lire et de relire Jean-Jacques Rousseau avec son contrat social et sa théorie sur la volonté générale.

Le pouvoir de Kinshasa sollicite les concertations nationales et le dialogue politique national parce qu’il s’est finalement rendu compte qu’il n’a pas la légitimité de décider souverainement à la place du peuple congolais. En réalité, en organisant les concertations nationales et le dialogue national, il cherche simplement à récupérer ce qui lui manque mais le peuple n’est plus dupe.

Devant cette situation de blocage et de prise en otage de nos institutions, la véritable solution se trouve dans le retour à la case de départ. Les concertations nationales ne doivent pas être « ordonnées » par l’institution « Président de la République » mais par une autre entité dans laquelle se reconnaît le peuple. Mais laquelle ? Aucune à l’heure actuelle parce que la République est gouvernée par défi. Les Sénateurs fonctionnent sans aucune légitimité depuis 2011 (tous les laudateurs le savent mais ils se taisent pour ne pas déplaire à leurs amis du pouvoir). Les gouverneurs sont sans mandat populaire, à part ceux de trois provinces, à savoir : Bas-Congo, Province Orientale et Equateur (clientélisme politique). D’où la nécessité de solliciter l’intelligence humaine pour sortir la République de l’impasse. D’aucuns pensent à la formule d’une conférence nationale véritablement souveraine. Il est urgent d’ouvrir le débat si les « intellectuels » (je n’aime pas ce terme qui fait snob et hautain) congolais le souhaitent. Le recours à un médiateur extérieur, comme le président Denis Sassou Ngouesso, peut être une solution provisoire mais cette solution ne remplacera jamais celle venue du peuple lui-même. Les hommes de l’actuel chef d’Etat doivent se rendre finalement compte que l’arrogance a des limites et ils doivent se dire que le meilleur pouvoir est celui qui vient du peuple. Nous avons l’obligation de dire que le président Sassou Ngouesso, quelle que soit sa volonté, ne parviendra pas à résoudre le problème de la RDC car le conflit, qui est non seulement profond mais aussi multidimensionnel, nécessite la contribution du peuple dans son ensemble.

Toute fuite en avant par la révision de la loi électorale, la nomination de nouveaux membres de la CENI, la révision de l’article 220 de la Constitution ou encore l’organisation des concertations nationales et du dialogue politique national par le « Président » ou par un médiateur retardera la véritable sortie de l’impasse et elle compliquera davantage l’avenir de notre nation.

Il est malsain de cocufier un peuple entier et de l’appeler ensuite au dialogue pendant que l’origine du conflit n’a pas été résolue. Voilà la situation dans laquelle se trouve notre pays.

Prise de position du CLD (Le Congo en légitime défense)

Au CLD (Le Congo en légitime défense), nous avons toujours eu l’avantage d’anticiper. En 2011, nous avons prévenu le peuple congolais sur la capacité des membres du PPRD de réviser l’article 220 de la Constitution (la réalité nous donne raison) et nous avons initié une pétition pour exiger l’élection des Sénateurs et des Gouverneurs de provinces au suffrage universel direct, c’est-à-dire par le peuple, afin d’éviter non seulement les fraudes à ce niveau mais aussi toute forme de clientélisme. Nous n’avons pas été compris parce que nous étions trop en avance par rapport au temps. Si, aujourd’hui, nous ne prenons pas le taureau par les cornes, le Ministre de l’Intérieur et la CENI – en appliquant la loi sur la décentralisation – vont placer dans toutes les provinces du pays des gouverneurs du PPRD ou proches de ce parti présidentiel afin de conserver le pouvoir (voir le cas récent dans la province d’Equateur). Ils vont, pour cela, recourir à de nouvelles fraudes électorales.

La fraude et l’approche clientéliste se trouvent déjà dans la restructuration de la Commission électorale Nationale Indépendante (CENI) où la majorité présidentielle, foulant au pied les règles de l’indépendance de la CENI, s’est octroyée 6 sièges et a accordé 4 sièges à l’opposition et 3 à la société civile. En comptant sur l’appui de leurs clients dans la société civile et dans l’opposition, le PPRD et alliés se sont assurés le contrôle du fonctionnement de la CENI à 95 %. Faut-il, à partir de là, accepter ce que le pouvoir impose au peuple, via l’institution dirigée par l’abbé fraudeur Malu Malu ? Non, il faut sortir de cette logique qui compromet notre avenir commun.

A peine placé à la tête de  la CENI, l’abbé Malu Malu vient de signer la première ordonnance dans laquelle il renvoie TOUT le personnel qui a travaillé avec l’équipe précédente car il ne voudrait travailler qu’avec ceux qui vont se soumettre aux stratégies qu’il mettra en place pour d’abord séduire et amadouer les Congolais et les surprendre ensuite en 2016. Qui vivra verra.
Si le président Joseph « Kabila », qui a été directement et profondément affaibli par les fraudes électorales à ciel ouvert et à grande échelle en 2011, décide ne pas se représenter (comme en Russie il y a quelques années) ou s’il est subitement voire brutalement écarté du pouvoir, le PPRD et ses alliés vont sans état d’âme organiser de nouvelles fraudes électorales en s’appuyant sur les gouverneurs qu’ils auront entre-temps placés partout. Ils ne s’en priveront pas car les fraudes électorales leur collent à la peau depuis 2006 comme la crotte d’un chien collée à chaussure. Pour cette raison et pour la paix sociale dans le pays, le CLD invite le peuple congolais à exiger la convocation d’une nouvelle conférence nationale véritablement souveraine et l’élection des Sénateurs et des Gouverneurs (qui sont actuellement sans mandat) au suffrage universel direct. Serons-nous compris pour éviter de nouvelles crises de légitimité ? Nous le souhaitons.

Notre pays serait mieux gouverné s’il y avait au sommet de l’Etat des nationalistes compétents et de bons stratèges. Hélas, depuis son indépendance, la RDC n’a eu que des leaders par défaut, des Patriarches et des leaders de type Winner. La présence de ce type de leaders explique le mal congolais et notre sous-développement. Il est maintenant question de promouvoir des leaders de type Chef d’équipe, Créateur ou Sage. L’expérience vécue dans les pays étrangers montre que les leaders appartenant à ce second groupe constituent une garantie pour la stabilité et le développement d’une nation.

 

Fweley Diangitukwa

Président du CLD (Le Congo en légitime défense)

http://www.fweley.wordpress.com

Pour les fraudes électorales de 2006 organisées par l’abbé Malu Malu, lire Fweley Diangitukwa, Les fraudes électorales. Comment on recolonise la RDC, Paris, L’Harmattan, 2007.

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Une Réponse to “Concertations nationales (suite). Prise de position du CLD (Le Congo en légitime défense)”

  1. badze barth-fessau juillet 24, 2013 à 10:04 #

    Cher ami Fweley, Bonjour, Oui, notre patrie est menace plus que jamais… Dans cet Ocan de misres sciemment imposs « notre peuple chosifi » – dont on se sert pour assouvir les fantasmes des forts de ce monde sans foi ni loi et leurs relais locaux -, ta voix, disons que « le timbre de ta voix » prophtique ne cesse de nous rveiller… Digne hritier spirituel de Ntumwa, Tata Simon KIMBANGU « ya liputa », tu l’es incontestablement.Puisse le Dieu de nos anctres te bnir, afin que notre peuple meurtri soit de plus en plus nourri et clair par la lumire de tes rflexions…Salutations amicales et patriotiques N.-F. Badze

    Date: Mon, 22 Jul 2013 18:18:16 +0000 To: barth-fessau.badze@hotmail.com

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