Deuxième réponse au Compatriote Daniel Makila

4 Août

Cher Compatriote Daniel Makila,

Les passages de vos postings sont en italique

Ne vous faites aucun cheveu blanc car j’ai calmement lu votre texte trois fois avant de me décider de réagir. Lire et écrire sont mes principales activités. Si vous avez l’habitude de me lire vous saurez que je m’oppose rarement aux Congolais de souche même lorsque je ne partage pas leur démarche. Mais en ce qui concerne votre prise de position ci-dessous, j’ai fait exception car vous avez dépassé la ligne rouge en écrivant ce qui risque de faire croire le contraire de ce qui doit être fait : le refus du glissement. Voilà pour quelle raison tout l’estime que j’avais pour vous est tombé comme un château construit sur du sable mouvant. Je vous suis depuis de nombreuses années et je sais que vous avez toujours fait malignement des « yeux doux » au pouvoir mais cette fois le masque est ouvertement tombé. Vous êtes un pion utilisé par le régime pour convaincre les Congolais. C’est une démarche que je ne peux pas soutenir et je vous le dis ouvertement, publiquement. Que les Congolais de souche jugent nos points de vue.

Avant d’apporter quelques éléments de réponse, permettez-moi de vous dire qu’aucune personne n’est irremplaçable. Le pape peut mourir aujourd’hui d’une crise cardiaque, l’église catholique lui trouvera un remplaçant. La situation est identique pour les présidents des États-Unis, de France, de Russie et d’ailleurs. Les Anglo-Saxons, sous le président George Bush, ont publiquement pendu Saddam Hussein, mais l’Irak existe. Ne dites pas aux Congolais que si les présidents Paul Kagame, Denis Sassou, Yoweri Kaguta Museveni, Pierre Nkurunzila, etc. mourraient subitement d’un arrêt cardiaque, leurs pays cesseraient d’exister. Les Rwandais de Paul Kagame ont tué Habyarimana mais leur pays existe. L’Occident, en passant par le Rwanda qui s’est appuyé sur le RCD-Goma a assassiné Laurent-Désiré Kabila et l’a remplacé par l’un de ses affidés, la RD Congo existe toujours. L’OTAN, avec le concours de la France sous Sarkozy, a tué Kadhafi, mais la Libye existe. Tous ces cas montrent clairement que tout chef d’État est remplaçable. Alors, s’il vous plaît, ne racontez pas de la salade aux Congolais de souche que nous sommes. Confucius a dit : « Que les dirigeants politiques autocrates cessent de se croire indispensables car le monde a commencé avant eux et survivra après leur disparition ». Il y a des hommes d’État compétents dans notre pays et qui ont des programmes cohérents pour le développement du Congo. Vous ne le connaissez probablement pas sinon vous les sous-estimez car toute votre attention et votre énergie sont portées sur un seul homme que vous appelez : « Kabila-désir totondi nano te ».

Le droit exige le respect des principes. La Constitution, à laquelle je me suis opposé dès son début, a été imposée aux Congolais par ceux qui gouvernent actuellement notre pays. En 2006, ceux-ci nous avaient fait comprendre que leur Constitution était la meilleure Loi fondamentale, mais à la surprise de tous, ils n’ont cessé de réviser cette Constitution. Avant 2006, ils ont supprimé avant le second tour le débat prévu entre les deux candidats (Bemba et Kabila). Avant 2011, ils ont supprimé le deuxième tour et ils ont ensuite refusé d’organiser l’élection des sénateurs. Nous avons ainsi un Sénat sans aucune légitimité et vous ne vous êtes jamais opposé à cette irrégularité législative et institutionnelle.

Gouverner, c’est prévoir, dit-on. Le régime qui gouverne actuellement la République est au pouvoir depuis fin 2011. Il n’a jamais pensé à organiser les élections de 2016 car il a prévu recourir à différentes stratégies lui permettant de rester au pouvoir. Vous connaissez toutes ces stratégies qui ont commencé avec le retard de la mise en place de la CENI, le déséquilibre (4 pour la mouvance présidentielle + 3 pour l’opposition et la société civile) dans la composition de cette institution et sa politisation, jusqu’au livre injurieux écrit par un professeur de droit nommé Boshab (voir les critiques très constructives de son collègue professeur Mbata) ; sans oublier les déclarations de plusieurs membres du pouvoir, notamment Aubin Minaku, président de l’Assemblée nationale, qui s’est exprimé en ces termes : « En 2016, nous nous maintiendrons au pouvoir comme nous l’avons fait en 2006 et 2011 ».Et, avec de tels propos, il se dit encore démocrate !

Les hommes de ce régime avaient la certitude que le glissement passerait sans difficulté, comme une lettre à la poste, sans savoir que la Nature a sa propre organisation des événements du monde. Est venue la réaction inattendue des Burkinabè entraînant la fuite de Compaoré. Est venue la révolte des Congolais du 19 au 23 janvier 2015. Ces deux événements ont profondément perturbé le calcul des hommes du pouvoir à Kinshasa, sans compter les déclarations des hommes politiques étrangers, notamment Obama et ses envoyés, Hollande et ses différentes déclarations sur le respect des mandats prévus par la Constitution de chaque pays. Ayant échoué dans leur démarche pour organiser juridiquement le glissement, ils passent maintenant à l’étape de manipulation en demandant à des personnes comme vous, comme Ne Muanda Nsemi, etc., de justifier la nécessité de soutenir la présence de M. Joseph Kabila au pouvoir après 2016. Voilà le contexte général dans lequel s’inscrit votre démarche.

Quoi que vous fassiez, les Congolais sont maintenant assez éveillés et ils ne se laisseront plus manipuler après avoir eu plus de 10 millions de morts (d’autres sources parlent de 14 millions). Je ne sais pas si vous avez vu les images des adeptes de Bundu dia Kôngo qui ont été massacrés à deux reprises par les soldats du pouvoir (Floribert Chebeya est mort à cause de ce dossier macabre). Je ne sais pas si vous avez vu les images de nos compatriotes massacrés régulièrement à la manchette par des Rwandais et des Ougandais à Beni dans la province Orientale sans que le gouvernement ne mène des recherches sérieuses allant jusqu’à arrêter et à condamner les coupables. Que dire des adeptes du pasteur Mukungubila massacrés à Lubumbashi et à Kinshsa ? Je ne sais pas si vous êtes au courant que des femmes congolaises sont continuellement violées à l’Est de la République, sans que le Gouvernement congolais ne cherche les coupables pour les juger et les condamner. Je ne sais pas si vous êtes au courant des conditions inhumaines de détention des prisonniers politiques, dont les prétendus assassins de Laurent-Désiré Kabila, Kouthino (sorti complètement détruit, il n’est plus qu’une épave humaine), Eugène Diomi, et de beaucoup d’autres parmi eux Christopher Ngoyi. Je ne sais pas si vous savez que la RD Congo est toujours classée à la queue des nations dans tous les domaines. Je ne sais pas si vous êtes au courant qu’il n’y a plus de frontière entre le Rwanda et la RD Congo, que les Rwandais entrent au Congo et sortent sans aucune formalité. J’ai reçu récemment chez moi un Compatriote qui, travaillant à Goma, est allé prendre son avion à Kigali pour venir en Europe, sans avoir rempli une seule formalité à la frontière (présentation d’un laissez-passer par exemple). Je ne sais pas si vous êtes au courant que des indigents sont enterrés nuitamment dans des fosses communes à Maluku et ailleurs à l’insu des Congolais. Je ne sais pas si vous savez que les jeunes Congolais qui terminent leurs études peinent à trouver du travail alors que notre pays regorge de ressources naturelles dont le monde entier a besoin, que notre pays est potentiellement l’un des plus riches sur la planète, mais sa population est la plus pauvre au plan matériel. Je ne sais pas … Je peux additionner des exemples à l’infini. Et avec tout ça, la seule idée que vous avez trouvée à transmettre aux Congolais est de soutenir publiquement le glissement. Vous avez écrit le 17 juillet 2015 ce qui suit : « Si joseph Kabila doit partir à la fin de son dernier mandat en 2016, notre pays va se retrouver avec un chef d’État inexpérimenté, immature, encerclé par des pairs rompus en matière de politique intérieur et de diplomatie, peut être incapable de gérer les contestations post-électorales et se mettant à organiser par vengeance la chasse à l’homme. [Vous leur prêtez des intentions car vous n’avancez aucune preuve ! Mais en accédant au pouvoir, quelle était l’expérience de Joseph Kabila alors que le pays était en guerre occupé par les mêmes pays voisins que vous dénoncez ?]

» Ceci va constituer un désavantage et un déséquilibre majeur sur l’échiquier des relations entre notre pays, ses voisins de l’Afrique Centrale et de la CIRGL, en ce que le traitement des dossiers sensibles que nous partageons avec ces pays respectifs vont en pâtir gravement.

»Rien que le temps d’observation pour construire une confiance mutuelle entre, d’une part, le nouveau Président rdcongolais élu en 2016, avec sa nouvelle équipe et d’autre part, ses collègues de ces 5 pays respectifs, aura un impact nuisible dans ce qui est déjà fait jusqu’ici concernant plusieurs dossiers en souffrance. »

Après cette prestation contre l’avenir immédiat du Congo, attendiez-vous vraiment que nous vous applaudissions avec nos deux mains ? Sur quelle planète vivez-vous Cher Compatriote Daniel Makila ? Les justifications de ce genre ne servent à rien. Vous perdez votre temps et plus vous vous efforcez à vendre l’homme que vous choisissez de maintenir au pouvoir en 2016, plus vous vous éloignez du peuple et plus vous détruisez le peu d’estime et de confiance que ce peuple pouvait encore porter sur vous. Le pouvoir de M. Kabila a assez détruit les Congolais et ces derniers rejettent son régime. Ils ne veulent plus en entendre parler.

Je vous invite à relire l’histoire du Ghana (président Jerry John Rawlings) afin que vous revoyiez vos affirmations à la baisse, du genre : « Je n’ai pas vu en Afrique ou ailleurs une révolution qui n’ait pas été piégée et rattrapée par le cercle vicieux ou vertueux qui veut qu’une révolution soit absolument conduite par un homme fort, ou un groupe d’hommes forts qui se cache derrière ». Avez-vous lu le livre du président du Ghana, Kwame Nkrumah L’Afrique doit s’unir ? Si non, faites-le, je vous prie et suivez attentivement la politique de ce pays qui est un exemple vivant pour l’Afrique tout entière. Vous avez raison de dire qu’il y a eu une récupération au Burkina Faso mais l’Afrique est en marche. Les Burkinabè ne s’arrêteront pas là, ne les sous-estimez pas. L’histoire est dynamique.

Au lieu de croire que les autres fantasment, pensez plutôt que vous fantasmez vous-même sans vraiment vous en rendre compte, en croyant que seul le maintien au pouvoir de l’homme que vous avez choisi sauvera la RD Congo du chaos alors qu’il est déjà pleinement dans le chaos.

Si vous estimez que vous êtes le Congolais le plus intelligent et le plus instruit en matière de science électorale, alors on vous laisse la chaire sans étudiant !!! Vous avez une lecture très singulière du texte constitutionnel lorsque vous parlez de « … cette conviction que la limitation arbitraire de nombre des mandats visait des objectifs de concurrence politique et non l’optimalisation du système constitutionnel ». Pour vous, cette limitation n’a aucune valeur juridique. Ce propos étonne de votre part. Soyons modestes et prudents dans nos affirmations publiques car c’est par le raisonnement que l’on juge le sérieux d’un homme.

Si vous avez raison lorsque vous dites clairement : « l’alternance politique en démocratie s’entend être une mouvance charriant un faisceau d’idées politiques novatrices », soyez alors à l’écoute d’autres voix, car le Congo n’appartient pas à vous seul. Il est aussi mon Congo, aussi le Congo de Mulumba et de Mulongo.

Votre démarche est un aveu d’impuissance et vous le faites sans vous en rendre compte. Vous dites : « Mais voilà que visiblement, Joseph Kabila est en train de construire une légitimité politique durable autour de ses actions. En face de lui, un vide politique béant. Pas de porte-parole constitutionnel depuis deux mandats, Pas de projet de société, pas de programme de gouvernement. Rien que des injures, de l’intox, de la désinformation, de la démagogie….Etc. Vous conviendrez avec moi qu’à ce jour il n’y a pas d’alternative crédible et perceptible à l’actuelle majorité pour 2016. En dehors du slogan Kabila dégage, c’est maintenant notre tour, il y a quoi d’autre? Rien du tout. Où est donc l’intérêt ponctuel du peuple dans le verrou constitutionnel de nombre des mandats présidentiels. » Quelle est votre propre contribution après ce constat ? Où sont le projet de société et le programme de gouvernement que vous proposez ? Rien, mais absolument rien. Tout ce que vous faites, c’est de rejoindre le camp de M. Kabila. Un vrai leader est celui qui fait des propositions constructives pour sortir le pays de l’impasse. Puisque vous ne faites aucune suggestion à part le soutien au régime ignoble, ne pensez-vous pas que vous ressemblez vous aussi étrangement à tous ceux que vous critiquez ?

Vous m’invitez à discuter le contenu de l’article 220, moi je vous invite au respect de cet article de la Constitution car les lois sont faites pour être respectées. C’est ainsi que l’on parle d’un État de droit. Toute la différence est là entre vous et nous. Nous pouvons discuter si vous jugez cette loi ambiguë or tel n’est pas le cas. Le reste de vos arguments n’ont hélas aucune valeur juridique. La loi est dure mais c’est la loi. Elle doit être respectée. En plus, c’est le régime actuel qui a proposé cette Constitution, alors qu’il l’applique avec rigueur au lieu de tergiverser et de chercher à ouvrir un débat inutile.

Vous avez la liberté de choisir clairement M. Kabila (po botondi nano te) parce que vous jugez que son camp a plus d’ « idées novatrices » que vous-même. Comme c’est triste et pitoyable ! Voilà comment les Congolais de souche tuent le Congo. Après toutes les scènes que nous avons vues en 2011 : des enfants de moins de 10 ans sur les listes électorales, des bulletins remplis avant la date de l’élection présidentielle, plus de 100 % d’électeurs dans certains bureaux comme Malemba Nkulu, des bulletins électoraux déchirés et volontairement égarés par la CENI du pasteur Daniel Ngoy Mulumba, un article de la Constitution revu tard la nuit par les députés de la seule majorité présidentielle soutenus par des Sénateurs sans légitimité, vous tirez la conclusion suivante : « Joseph Kabila est en train de construire une légitimité politique durable autour de ses actions. » Qu’est-ce que les Congo doivent penser de vous. Qu’est-ce que la légitimité pour vous ? Quel lien établissez-vous entre légitimité populaire et action ? Un tyran qui pose des actions devient-il automatiquement légitime par ce fait ? Et quelles actions s’il vous plaît ?

Pour quelle raison le régime actuel n’a-t-il a pas initié le recensement au début de son mandat sachant qu’il prendrait beaucoup de temps, pour quelle raison n’a-t-il pas initié la décentralisation à temps ? Pourquoi avoir attendu la toute dernière année ?

Si vous réclamez vous appartenir au camp des « Congolais qui réfléchissent avec leur cerveau », avec quoi les autres Congolais réfléchissent-ils alors ? Avec leurs pieds ou avec leur ventre ? Pouvez-vous précisez ? S’il vous plaît, ayez un peu de retenue et un peu de respect pour les Congolais.

Si vous êtes un homme sérieux (je le suppose), montrez-nous des preuves irréfutables que « ces politiciens (de l’opposition) ont été obligés de recruter des casseurs pour perpétrer le pillage …[que] Le 19-20 janvier, des jeunes ont été entrainés dans une démarche insurrectionnelle empêchant le débat devant permettre aux populations de juger d’elles même le tenant et les aboutissants de la controverse…». Non. Vous planez carrément !

Pour votre information, je n’ai pas écrit que vous avez énervé TOUS les Congolais mais vous avez énervez les Congolais dont je fais partie. Sachons bien lire entre les lignes avant de réagir. Vous comprenez au moins que mes propos ne nécessitent pas de procéder à un sondage d’opinion. Je ne suis pas partisan de la pensée unique car je suis un chercheur qui met le débat et la critique au centre de mes préoccupations.

Pour finir, je ne suis pas contre votre personne, je combats les idées rétrogrades que vous développez dans vos postings. Que Dieu nous prête vie, les Congolais sortiront un jour votre présent soutien au glissement pour vous confondre en public. Ce jour-là, je l’espère, viendra.

Je vous remercie parce que vous avez clarifié ouvertement votre soutien à la tyrannie et au glissement. Maintenant tous les Congolais savent à quel camp appartient Daniel MAKILA et quelles sont les idées que vous défendez. Nous avons compris que vous n’accordez aucune importance au texte constitutionnel, que la discussion oiseuse à laquelle vous m’invitez l’emporte sur la rigueur du droit, alors qu’en droit, on dit : dura lex, sed lex.

Tout en vous saluant, je vous souhaite une bonne journée.

Fweley Diangitukwa (sous la direction de), Les Congolais rejettent le régime de Kabila, éditions Monde Nouveau/Afrique Nouvelle, juin 2015, 346 pages, avec la contribution de treize Congolais.

http://www.fweley.wordpress.com

 

—-Message d’origine—-
De : makila_daniel@yahoo.fr
Date : 03/08/2015 – 15:32 ()
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Objet : Re: LA RDC POURRAIT SUBIR UN DÉSÉQUILIBRE DIPLOMATIQUE EN AFRIQUE CENTRALE, SI JOSEPH KABILA QUITTE LA PRÉSIDENCE DE LA RDC EN 2016.

Cher Compatriote Fweley Diangitukwa,

 

J’ai lu avec étonnement votre questionnement suite à mon posting ci-dessus. Ma première impression c’est que vous vous êtes bornés à passer en diagonale le titre sans vous donner la peine d’analyser son contenu.

 

Voici ma réaction :

 

  1. La plus part des pays africains, dont la RDC, doit encore compter sur la force des hommes au pouvoir pour bâtir progressivement des institutions fortes de leur jeune démocratie respective. On ne peut pas encore parler d’institution forte s’imposant sur une population à maturité politique moyenne et une classe politique incivique. C’est une réalité avec laquelle il faut faire pendant longtemps encore, n’en déplaise aux pseudos intellectuels qui croient recourir à une révolution pour espérer renverser les hommes forts au pouvoir et prétendre instaurer des institutions fortes immédiatement par la suite.

 

Je n’ai pas vu en Afrique ou ailleurs une révolution qui n’ait pas été piégée et rattrapée par le cercle vicieux ou vertueux qui veut qu’une révolution soit absolument conduite par un homme fort, ou un groupe d’hommes forts qui se cache derrière. Je ne vous apprends pas qu’au Burkina Faso, c’est saint Pierre qui a carrément pris la place de saint Paul. Arrêter donc de fantasmer. La démocratisation est un long processus. On ne la décrète pas pour en faire un schéma parfait derrière des manuels de traité des sciences politiques. C’est ce que l’opposant burundais Agathon Rwasa a compris, que Etienne TSHISEKEDI ne comprendra jamais jusqu’à l’éternité.

 

La constitution ne règle pas tous les problème d’un pays. Il n’y a pas que le déséquilibre diplomatique qui nous guette en 2016, MAIS AUSSI LE GROS RISQUE D’UNE EXPÉRIENCE INÉDITE « D’ALTERNANCE MÉCANIQUE ».
D’entrée de jeu, il sied de fixer l’intelligence du lecteur sur le concept « alternance mécanique ». Son évocation entre guillemet donne déjà l’idée de sa nature péjorative. A première vue, on ne peut concevoir l’alternance en matière de gouvernance politique comme simple mutation de charge politique à la suite d’opération électorale. Il y a bien plus, car, l’alternance politique en démocratie s’entend être une mouvance charriant un faisceau d’idées politiques novatrices, assis sur une organisation cohérente, propageant des alternatives de gouvernance crédible à audience populaire perceptible, quantifiable, corrigible et compétitive, en vue de conquérir le pouvoir d’État.

Cette approche, bien qu’approximative, a le mérite de créer une nette démarcation entre l’alternance politique et la présidence tournante en tant que principe d’accession au pouvoir d’État.

 

L’accession au pouvoir par le mécanisme de présidence tournante n’est pas nécessairement porteur d’alternance en tant que mode de passation de pouvoir entre des personnes préalablement désignées par les textes qui l’organise. La constitution de la RDC du 18 février 2006 n’a pas donné une définition de l’alternance démocratique, telle qu’évoqué au à son préambule. Le constituant a-t-il voulu placer la démocratie congolaise sur la même orbite que les démocraties des vielles nation, en renvoyant la compréhension de ce concept à sa définition classique. C’est l’erreur de croire que la démocratie n’est pas un luxe pour certains pays africains. Pourtant la lecture qui se dégage en lisant l’esprit caché dans la lettre de cet extrait du préambule laisse perplexe.

 

La constitution du 18 Février a laissé l’impression de n’avoir pas donné de contenu politique à l’alternance se bornant à la décrire comme une simple opération de succession au pouvoir par un nombre limité des mandats présidentiels à l’effet de contrer les abus de pouvoir. L’article 220 de notre constitution renforce cette conviction que la limitation arbitraire de nombre des mandats visait des objectifs de concurrence politique et non l’optimalisation du système constitutionnel. Le dialogue inter-congolais de Sun City a simplement voulu réglé les équations d’ambitions égoïstes. Tel qu’après x se sera le tour de y quel que soit les donnes en présence.

 

Mais voilà que visiblement, Joseph Kabila est en train de construire une légitimité politique durable autour de ses actions. En face de lui, un vide politique béant. Pas de porte-parole constitutionnel depuis deux mandats, Pas de projet de société, pas de programme de gouvernement. Rien que des injures, de l’intox, de la désinformation, de la démagogie….Etc. Vous conviendrez avec moi qu’à ce jour il n’y a pas d’alternative crédible et perceptible à l’actuelle majorité pour 2016.  En dehors du slogan Kabila dégage, c’est maintenant notre tour, il y a quoi d’autre? Rien du tout. Où est donc l’intérêt ponctuel du peuple dans le verrou constitutionnel de nombre des mandats présidentiels.
S’il n’y avait pas le recours systématique à la violence et autres méthodes antidémocratiques comme mode de débat politique dans l’opposition, le débat sur l’inutilité de l’article 220 serait largement ouvert. Pour réussir à imposer l’article 220 concernant les nombre des mandats, il aura fallu laisser les l’expérience constitutionnelle elle-même se réguler dans le temps. En France, il n’y a pas de limitation de nombre de mandat ou même un verrou du type de l’article 220. C’est la coutume constitutionnelle qui a créé l’alternance. La RDC n’a jamais expérimenté l’alternance au sens moderne et démocratique du terme pour mieux la contrôler.

 

  1. M. Fweley Diangitukwa, comme observé plus haut, vous êtes un fervent partisan de la méthode insurrectionnelle pour accéder au pouvoir. Mais, vous devriez vous gêner de revendiquer la sympathie des évènements du 19, 20 et 21 janvier 2015. Vous faites exactement comme tous les autres opposants ou supposés tels. Lorsqu’ils sont à court d’arguments, ce qui arrive le plus souvent, ils recourent systématiquement à l’intox, à la victimisation et à la désinformation. Je vous mets, vous Monsieur Fweley Diangitukwa, au défi de me démontrer combien parmi la bande des manifestants des regrettables journées du 19 au 21 janvier 2015 avaient la parfaite intelligence de la disposition du projet de loi électorale querellée pour en contester la signification juridique et politique. Si déjà au niveau du débat intellectuel lié à cette loi en discussion au parlement la controverse était à son comble, combien de fois, des jeunes marginaux qui ont entrepris de casser les boutiques de chinois avaient conscience de défendre une position politique, une cause juste, en parfaite connaissance de la lettre et de l’esprit du texte en discussion.

Pendant les 3 jours, personne n’a vu des calicots, des affiches ou banderoles diffusant des messages de revendication politique. Rien du tout. La raison est simple. Le problème n’était nullement dans cette disposition normale de la loi électorale qui veut que le fichier d’identification nationale fonde l’élaboration du fichier électorale. Ce qui pourtant est d’application partout dans le monde. Encore que Malgré que le texte ne liait nulle part les élections à venir à la fin du recensement administratif, le Directeur Général de l’ONIP avait bien déclaré, le plus officiellement du monde, en décembre 2014 que les opérations de recensement administratif n’allait pas prendre plus de 6 mois, comme l’ont été celui de l’enrôlement des électeurs.

 

Ce sont plutôt des politiciens véreux qui ont fabriqué le délai de 3 à 5 ans d’opérations de recensement pour asseoir les messages d’intoxication et de désinformation de la population. Ces politiciens véreux ont poussé le jeunes kulunas et inculques à la faute, au risque et péril de leur vie, en prétendant faussement que le Président KABILA s’apprêtait à instaurer une présidence à vie comme Mobutu. Aujourd’hui la vérité a rattrapée le mensonge honteux par la nécessité absolue de recenser la population pour une meilleure gouvernance électorale, notamment en ce qui concerne la répartition des sièges des incontournables élections à la base.

Les politiciens véreux ont fait croire aux congolais que Joseph KABILA voulait d’un pouvoir éternel. La vérité, c’est que ce message mensonger n’a pas convaincu les congolais qui réfléchissent avec leurs cerveaux, qui sont restés chez eux à la maison ces journées-là, laissant les politiciens dans leur salle besogne avec des pilleurs. Faute d’avoir obtenu l’adhésion populaire à leur cause macabre, ces politiciens ont été obligés de recruter des casseurs pour perpétrer le pillage, seul langage que les politiciens maitrisent pour faire chanter les gouvernants ou faire triompher leur point de vue. Comme toujours, le débat politique est pollué par des méthodes anti démocratiques comme l’intox, la victimisation, la désinformation, des invective envers les personnalités au pouvoir. Le 19-20 janvier, des jeunes ont été entrainés dans une démarche insurrectionnelle empêchant le débat devant permettre aux populations de juger d’elles même le tenant et les aboutissants de la controverse. Les controverses sont créées de toutes pièces parce que l’opposition n’a pas de programme de gouvernant comme alternative.

 

  1. Vous prétendez sans le démontrer que par mes propos, j’ai provoqué délibérément les Congolais. Mais, à quel moment vous avez fait un sondage pour savoir que les 70 millions des congolais ont été énervés par mes propos. Non Mon Frère Fweley Diangitukwa, ne prenez pas vos fantasmes pour des réalités. Les populations congolaises sont politiquement et sociologiquement multiculturelles et  intellectuellement multidimensionnelles. Dans la population, il y a des partisans de la majorité, ceux de l’opposition et des personnes sans position politique. Celles-ci sont d’ailleurs les plus nombreuses. Il n’y a que des partisans de la pensée unique, comme vous, pour croire que tous les congolais doivent réfléchir et penser comme vous rêvez. C’est du mobutisme que nous avons enterré depuis 1990.

 

Daniel MAKILA 

 

Le Lundi 3 août 2015 2h44, « afriquenouvelle@bluewin.ch » <afriquenouvelle@bluewin.ch> a écrit :

 

Cher Compatriote Daniel Makila,

 

Pardonnez-moi de vous interroger de façon abrupte : qu’avez-vous bu et fumé avant de balancer vos propos irréfléchis ? Un Etat n’a jamais été dirigé par un seul individu. Celui qu’on appelle chef de l’Etat n’est que le représentant d’une combinaison d’intelligence venant du Gouvernement, des conseillers, de l’administration publique, des services de renseignement, des  think tanks, des chercheurs et professeurs d’université, etc.

Quelles compétences avait Joseph Kabila lorsqu’il a accédé au pouvoir en 2001 ?

Je vous prie de laisser parler la conscience des Congolais qui réfléchissent et qui travaillent au changement de paradigme pour que notre demain ne soit plus comme hier. Museveni, Kagame et Kabila ne sont que des exécutants des ordres venant de loin, de ceux qui les ont placés au pouvoir. D’eux-mêmes, ils n’ont pas de pouvoir. Ce sont des serviteurs.

Jusqu’à ce jour, j’ai eu beaucoup de respect pour vous mais avec cette sortie déplaisante, je ne sais pas quelle sera mon attitude à votre égard.

Le malheur du Congo, ce sont les Congolais eux-mêmes, dit-on. Vous venez de le prouver. Apprenons à regarder dans le rétroviseur avant de démarrer ou d’accélérer !

Monsieur Daniel Makila,

Quelle importance accordez-vous à la Constitution et au droit ? Etes-vous en train de dire aux Congolais qu’on doit revoir l’actuelle Constitution pour le maintien de Monsieur Kabila au pouvoir, comme au Burundi et au Rwanda ? Vous a-t-on promis un poste ministériel pour avancer de telles idées ? Vous a-t-on corrompu ? Avez-vous approché quelques stratèges congolais ? Sur quelle étude sérieuse avez-vous fondé votre affirmation ? Par vos propos, vous provoquez délibérément les Congolais.

Commençons à être sérieux et exigeant avec nous-mêmes. Respectons les Congolais car beaucoup ont perdu des membres de famille ou des amis, beaucoup sont sans travail et attendent des jours meilleurs.

Le Gouvernement actuel a eu cinq ans pour préparer les élections mais il ne l’a pas fait parce qu’il pensait que les Boshab, Minaku, etc. et toute la clique de laudateurs contribueraient pour faire taire la volonté populaire de changement. On voit que les hommes du pouvoir n’ont pas prévu ce qui s’est passé au Burkina Faso avec le départ précipité du président Compaoré sous la contrainte populaire, qu’ils n’ont pas prévu la sortie des jeunes congolais dans les rues en janvier de cette année. Les voici coincés et sans argent pour organiser les élections en 2015 et 2016. Diriger, c’est prévoir. Ils n’ont pas prévu, qu’ils assument ! Les Congolais attendent. Le pouvoir s’est trop moqué d’eux.

Je vous invite à plus d’introspection, à plus de retenue et au respect des Congolais. Mais trop tard, vous avez fait tomber votre masque.

Dommage. Je suis profondément déçu et déconcerté.

 

Fweley Diangitukwa (sous la direction de),  Les Congolais rejettent le régime de Kabila, éditions Monde Nouveau/Afrique Nouvelle, juin 2015 avec treize contributions.

http://www.fweley.wordpress.com

 

—-Message d’origine—-
De : makila_daniel@yahoo.fr
Date : 17/07/2015 – 16:04 ()
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Objet : LA RDC POURRAIT SUBIR UN DÉSÉQUILIBRE DIPLOMATIQUE EN AFRIQUE CENTRALE, SI JOSEPH KABILA QUITTE LA PRÉSIDENCE DE LA RDC EN 2016.

LA RDC POURRAIT SUBIR UN DÉSÉQUILIBRE DIPLOMATIQUE EN AFRIQUE CENTRALE, SI JOSEPH KABILA QUITTE LA PRÉSIDENCE DE LA RDC EN 2016.

 

Que va valoir l’un des prescrits de l’article 220 de notre constitution, si à cause du blocage impertinent de la non-modification de nombre de mandat présidentiel (c’est mon point de vue), l’instabilité est de nouveau créée derrière nos frontières à travers les pays voisins, profitant du flottement et de l’inexpérience d’une nouvelle équipe au pouvoir après 2016?
Entre 1998 et 2003, profitant de l’isolement international dans lequel nous avons évolué, la jeune diplomatie de la RDC  a souffert énormément suite à la guerre d’agression que nous a imposé les puissances impérialistes via leurs sous-traitants locaux, se recrutant parmi nos principaux voisin.
En effet, cinq (5) pays voisins de la RDC avec lesquels nous entretenons depuis lors des relations très sensibles, verrons leur chef d’État actuellement en fonction rester au commande au-delà de 2016. Je note à leur avantage, si des bouleversements n’interviennent pas par la suite, le maintien de la stabilité au plan politique et diplomatique pour leur pays respectif.

Yoweri KAGUTA MUSEVENI ne quittera pas le pouvoir avant longtemps encore. Il est certain qu’Edouardo DOS SANTOS reste à la tête de l’Angola après cette échéance. De même pour le Burundi, Pierre NKURUNZIZA, doté d’une majorité sociologique incontestable, sera réélu aux prochaines présidentielles. Le Rwanda dont le parlement est favorable pour un troisième mandat de Paul KAGAME, aura encore celui-ci comme président après 2017, autant qu’on s’achemine lentement, mais surement au maintien de Denis SASSOU NGESSO comme Chef de l’Etat au Congo au-delà de 2016.

La RDC a grandement besoin de ses 9 voisins pour sa stabilité et sa sécurité. Déjà, il n’est pas sure que notre pays organise actuellement des élections présidentielles qui verraient un perdant féliciter sportivement le gagnant. Ce qui conduira inéluctablement à des contestations facteurs constitutifs d’instabilité à l’intérieur.
Si joseph Kabila doit partir à la fin de son dernier mandat en 2016, notre pays va se retrouver avec un chef d’État inexpérimenté, immature, encerclé par des pairs rompus en matière de politique intérieur et de diplomatie, peut être incapable de gérer les contestations post-électorales et se mettant à organiser par vengeance la chasse à l’homme.
Ceci va constituer un désavantage et un déséquilibre majeur sur l’échiquier des relations entre notre pays, ses voisins de l’Afrique Centrale et de la CIRGL, en ce que le traitement des dossiers sensibles que nous partageons avec ces pays respectifs vont en pâtir gravement.

Rien que le temps d’observation pour construire une confiance mutuelle entre, d’une part, le nouveau Président rdcongolais élu en 2016, avec sa nouvelle équipe et d’autre part, ses collègues de ces 5 pays respectifs, aura un impact nuisible dans ce qui est déjà fait jusqu’ici concernant plusieurs dossiers en souffrance.

C’est trop facile de transposer en RDC des exemples venus d’ailleurs, de lors que des observateurs honnêtes savent que la RDC est un pays avec ses spécificités qui se construit progressivement sur tous les plans et qui a grandement besoin d’une stabilité sur plusieurs années encore. Ce que l’article 220 de notre constitution n’a pas prévu de régler comme difficulté particulière.

Justement, parce que les politiciens n’ont pas aidé les rdcongolais à faire le bon choix et comprendre ce qu’est l’intérêt de la nation dans les circonstances si complexes. Si la RDC subit une agression militaire en juillet 2016, tous les regards des  congolais seront tournés vers celui qui incarne la république en ce moment-là, à savoir, Joseph Kabila, que l’on aime ou pas.

Si l’agression est le fait d’une puissante coalition comparable à celle que nous avons connu le 2 août 1998, je reste convaincu que les congolais vont momentanément oublier la fameuse alternance, dont les contours ne sont d’ailleurs pas bien assimilés par le citoyen moyen.

Mais, la RDC est bien un pays en guerre permanente. Pas en 2016, pas seulement aujourd’hui, mais depuis 1960, notre pays est dans les collimateurs des faiseurs de conflits, sous ses diverses formes, si les armes ne crépitent pas quelque part en forme d’affrontement militaire, à l’instar de ce que nous vivons encore au Nord Kivu. Nous sommes l’un des rares pays africains dans ce cas de figure.
Hier, notre pays s’est vu impliqué au plus haut niveau, sans le vouloir, dans l’opposition des blocs Est-Ouest, aujourd’hui, nous nous sommes invités, mondialisation oblige, dans ce qui oppose l’occident et les BRIC. Rappelons-nous ce que nous a coûté la guerre civile en Angola avec l’implication ouverte de Mobutu sous la tutelle impérialiste des USA. L’opération turquoise en 1994 et ses conséquences désastreuse reste bien l’expression de la faiblesse de notre politique internationale, quand Mobutu a voulu faire plaisir à ses maitre pour se remettre en selle.
Dans la région des Grands Lacs, il n’est pas sure que la hache de guerre soit définitivement enterrée par le Rwanda et l’Ouganda, là où notre diplomatie régionale devra rester un facteur de stabilité ou d’instabilité selon que nous la manœuvrions à bon escient où la subissions à cause de nos faiblesses internes.

A côté de ces enjeux diplomatiques, il faut faire face au front intérieur. La guerre contre la pauvreté, Le combat pour la stabilité et la consolidation des acquis des progrès enregistrés jusqu’ici. Raison pour laquelle nous n’aurions pas, dans un premier temps, servilement copier les schémas constitutionnels des autres, lorsqu’il s’agit de gérer un difficile processus de reconstruction d’une nation, après 40 ans de chaos.

La RDC a d’abord besoin de bâtir solidement et dans la durée son propre standard de démocratie sur base de laquelle pourraient s’adapter les autres mécanismes sensibles qui lui sont subordonnés.
L’exemple patent, c’est celui de l’Afrique du Sud postapartheid qui expérimente avec succès son propre modèle de démocratie, en ne copiant rien des maitres occidentaux.

 

Daniel MAKILA 

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