DÉCLARATION DES BAKONGO DE L’INTÉRIEUR ET DE LA DIASPORA

22 Août

DÉCLARATION DES BAKONGO DE L’INTÉRIEUR ET DE LA DIASPORA

Nous, membres de la Communauté Kongo, après avoir consulté des Bakongo à l’intérieur comme à l’extérieur de la RDC, relativement aux prises de position publiques du député Muanda Nsemi ;

Vu le caractère répétitif des prises de position politiques et publiques du précité depuis la fin de l’année 2014 et tout au long de l’année 2015 (voir Kongo-Dieto n°1850, 1851 ; 1852… et le discours du 22 juillet 2015 à l’occasion du 53ème anniversaire de la création de la province du Kongo Central …) incitant les Bakongo à chasser les Baluba, les Bangala, les Baswahili de Kinshasa et du Kongo Central ;

Que Muanda Nsemi n’a aucune conscience du choc que ses déclarations provoquent sur les intéressés, particulièrement sur les parents et sur les enfants nés des couples mixtes : Kongo-Swahili, Kongo-Luba, Kongo-Ngala…;

Vu la gravité de ses déclarations en termes de xénophobie et de haine tribale, d’atteinte à la sécurité intérieure et à la paix nationale, mettant du même coup en danger les Bakongo du Kongo Central et ceux vivant dans d’autres provinces ;

Se souvenant du sort tragique réservé aux membres de son mouvement politico-religieux BDK qu’il a exposés aux tueries du régime Kabila en 2002, 2007 et 2008 à cause de certains actes violents et déclarations irresponsables inspirés par son leadership ;

Que ces tueries s’étendirent au-delà des membres de BDK sur tous les Bakongo trouvés sur la route de la police et de l’armée congolaises envoyées au Kongo Central sous prétexte de « rétablir l’autorité de l’Etat » ;

Que le bilan de ces massacres fit état de plus de 5.000 Bakongo tués (hommes, femmes et enfants) et de la destruction méchante de plusieurs biens : maisons des villageois brûlées, églises et écoles brûlées, récoltes brûlées ;

Qu’en plus de charniers où des victimes furent entassées, certains corps furent jetés dans le fleuve Congo ;

Qu’un régime de terreur s’installa à Luozi et dans tout le Manianga et dans le chef des paisibles Bakongo ;

Qu’à la suite de ces massacres et destruction des biens, la scolarité des enfants ou élèves connut un grand retard ainsi que le retour à la vie normale de toute la population traumatisée ;

Que jusqu’à ce jour, aucune enquête n’a été faite et aucune justice n’a été rendue à ces victimes et à leurs familles ;

Que beaucoup d’adeptes de BDK arrêtés arbitrairement à l’issue de ces évènements tragiques, croupissent encore en prison au Kongo Central comme à Kinshasa, adeptes qui, à l’instar du prisonnier politique Diomi Ndongala, auraient dû être relaxés depuis longtemps ;

Qu’en date du 22 juillet 2015, Muanda Nsemi s’est autoproclamé Vice-président de la République, dictateur divin à qui tous les acteurs politiques Bakongo doivent totale fidélité, a révoqué le Gouverneur élu du Kongo Central et a nommé à sa place un nouveau Gouverneur de son choix devant une foule de membres de son mouvement et de sympathisants ;

Que pareils actes constituent des violations à la Constitution – Loi fondamentale de la République – que tous les Congolais tiennent à respecter et pour laquelle des jeunes ont payé de leur vie en janvier 2015, en vue d’empêcher le glissement que prône Muanda Nsemi aujourd’hui ;

Que le fait, pour Muanda Nsemi, de prôner un glissement ou un maintien de 3 ans supplémentaires en faveur de l’actuel président dont le mandat expire en décembre 2016, a provoqué, le 18 août dernier, la colère de plus d’un dans le Kongo Central, dans la ville côtière de Muanda (Moanda) précisément, où la jeunesse lui a lancé des pierres qui ont ainsi interrompu son discours ;

Qu’il est ainsi évident que le comportement politique du député Muanda Nsemi, élu de Kinshasa-Funa, est un non-respect flagrant de ses devoirs de membre du pouvoir législatif de la République et met en danger, non seulement la cohésion nationale, mais aussi l’ordre public et les vies innocentes à Kinshasa, dans le Kongo Central et sur toute l’étendue de la RDC où les communautés Kongo peuvent être victimes de représailles ;

De ce qui précède :

Les signataires déclarent ce qui suit :

  1. Tout en reconnaissant le combat de Muanda Nsemi en ce qu’il dénonce les injustices dont souffrent les Bakongo au Kongo Central, les Bakongo dénient toute qualité à Muanda Nsemi de parler en leur nom car n’ayant reçu aucun mandat de leur part ;
  2. Les ressortissants d’autres provinces doivent se considérer en paix au Kongo Central et à Kinshasa ; que toute exaction éventuelle allant dans le sens attendu par Muanda Nsemi soit signalée à temps et que la police rétablisse l’ordre conformément aux lois de la République, sans disproportion, sa mission étant de protéger les personnes et leurs biens ;
  3. Que les non-Kongo vivant au Kongo Central sont invités à respecter la langue, la culture et le peuple Kongo ;
  4. Les Bakongo rendent responsables les gouvernants de la RDC, principalement le Président Joseph Kabila, le président de l’Assemblée nationale Aubin Minaku, le Gouverneur du Kongo Central Jacques Mbadu, pour tout dérapage éventuel de Muanda Nsemi et de ses partisans, c’est-à-dire, pour tout trouble qui adviendrait au Kongo Central ou à Kinshasa ayant pour cause la xénophobie et la haine tribale insufflées par le député Muanda Nsemi ;
  5. Les Bakongo attendent qu’il y ait création d’emplois chez eux et demandent au pouvoir de Kinshasa la suppression de toute injustice spécifique due à la recherche d’emploi chez eux en tant que Kongo, sur une terre Kongo, comme s’ils étaient dans un pays étranger ;
  6. Les Bakongo déclarent que Monsieur Muanda Nsemi est seulement leader de son église BDK et de son parti BDM. Même sa qualité de parlementaire ne lui donne ni le droit, ni le mandat de s’autoproclamer le leader des Bakongo et, de ce fait, le peuple Bakongo lui dénie toute légitimité de parler en son nom et le rend seul responsable des conséquences éventuelles de ses déclarations qui n’engagent que lui seul ;
  7. Les signataires des présentes tiennent à l’unité nationale et à l’intégrité du territoire dans ses frontières héritées de la colonisation ;
  8. Les signataires tiennent aussi au respect de la Constitution et invitent tous les acteurs politiques Kongo et de la société civile à se retrouver en vue d’une concertation portant sur des problèmes Kongo en RDC.

Fait, en commun, le 20 août 2015 :

En Suisse

Aux Etats-Unis

En Grande-Bretagne

En France

En Belgique

Aux Pays-Bas

En RDC

Liste des signataires

Fweley Diangitukwa (Suisse), Pasteur Roger Puati Buangi (Suisse), Pélage Nzeza (Suisse), Marie-Thérèse Nlandu (Grande-Bretagne), Noël Mbala (Grande-Bretagne), Nabi Lukombo (Grande-Bretagne), Romain Matondo (Grande-Bretagne), Florent Ndongisila Pumu (Grande-Bretagne), André Mpika (Etats-Unis), Césarine Ngoma (Etats-Unis), Salomon Valaka (Etats-Unis), José Lebila (Grande-Bretagne), Barthe Ngoma (Grande-Bretagne), Edgar Vayemba (Grande-Bretagne), Dorcas Kuikila (Grande-Bretagne), Nono Mbwaki (France), Michel Mbondo (France), Dali Mbala (Belgique), Albert Bweya (Belgique), Anderson Mayemba (Pays-Bas).

Les noms des Bakongo résidant au Kongo Central et dans les autres provinces de la RD Congo ne sont pas repris sur cette liste.

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