Il est temps de prendre place dans la locomotive

14 Mai

Il est temps de prendre place dans la locomotive

La seule réflexion qui vaille la peine à l’heure actuelle est la question suivante : comment faire en sorte que l’opposition soit dans un rapport de forces équivalent à celui du pouvoir, si pas militairement mais au moins contextuellement ? Cette question prioritaire est jusqu’à présent négligée par cette partie de l’opposition qui accepte d’aller à un dialogue déjà boutiqué dans lequel le pouvoir en place connaît déjà l’issue ou, en d’autres termes, a déjà anticipé ce que sera l’issue du dialogue.

En guise de rappel, le maréchal Mobutu avait tout simplement ignoré les conclusions de la CNS qu’il a fermée lorsqu’elle a commencé à traiter des dossiers qui ne lui plaisait pas (question de rapport de forces) et l’opposition de l’époque n’avait pu rien faire au-delà des protestations. Il a fallu attendre l’arrivée de l’AFDL pour changer, hélas en mal, l’avenir du Congo. De la même façon, M. Joseph Kabila et l’équipe qui l’entoure ont simplement ignoré les conclusions des concertations nationales et l’opposition actuelle n’a rien fait pour imposer l’exécution des conclusions desdites concertations (question de rapport de forces).

Le pouvoir actuel a ignoré l’appel au dialogue lancé en 2012 par l’UDPS et il a fallu attendre la fin du mandat présidentiel pour que le même pouvoir accepte, en 2015, l’idée du dialogue non pas avec la feuille de route de l’UDPS mais avec sa propre feuille de route. Comme je l’ai déjà dit à maintes reprises, le pouvoir de M. Kabila a voulu utiliser le dialogue pour organiser le glissement en entraînant l’UDPS, à  son insu, dans son choix de demeurer au pouvoir au-delà du mandat présidentiel. La direction de l’UDPS a mordu, malgré nos multiples appels à la prudence, parce qu’elle croyait qu’il était possible d’utiliser ce dialogue pour imposer ses points de vue et récupérer le pouvoir qu’elle n’a pas eu en 2011. L’espoir a duré l’espace d’un jour. Entre-temps, un médiateur a été désigné non pas par la Communauté internationale comme le souhaitait l’UDPS mais par l’Union Africaine (UA). Néanmoins, l’espoir a été entretenu jusqu’au milieu de la journée. Puis, dans l’après-midi, l’ONU est venue avec sa résolution 2277 imposant l’élection présidentielle dans le respect de la Constitution.  Depuis la publication de cette résolution, on a vu la mouvance présidentielle accélérer à plus de 180 km l’heure jusqu’ à obtenir à l’arrachée la décidions inique de la Cour constitutionnelle (nommée par le chef de l’Etat lui-même) qui permet au président en exercice de rester au pouvoir aussi longtemps qu’il refusera d’organiser l’élection présidentielle pour se voir remplacé par le président élu. L’article 220 de la Constitution est tout simplement ignoré car le pouvoir en place s’appuie sur sa force pour dicter et imposer sa volonté à l’opposition et au peuple qu’il croit être à genoux. Il a y a là une violation flagrante de l’ordre constitutionnel, malgré l’épée de Damoclès qui pèse désormais sur le pouvoir car le droit international public s’impose au droit national (résolution 2277 de l’ONU versus décision de la Cour constitutionnelle).

Devant une telle mauvaise foi du partenaire dans le futur dialogue, faut-il vraiment  se donner tant de peine d’à aller à un dialogue dont l’issue est déjà connue pour les membres du pouvoir actuel qui montrent clairement qu’ils vont rester au pouvoir en violant explicitement la Constitution ? Ma réponse à cette question est éternellement la même : on ne dialogue pas avec une dictature. Il faut mettre en place une stratégie bien réfléchie qui obligera le pouvoir en place de freiner son élan  pour ne pas cogner le mur que l’opposition va placer en face de lui. Voilà la solution. Et si maintenant on nous écoutait un peu ! Oui, il est temps de prendre place dans la locomotive. Il n’y a plus rien à attendre de ce pouvoir qui a bien montré son mépris pour le peuple.

Pour mieux connaître ma pensée sur cette question, j’invite les lecteurs à lire mon livre publié sur Internet en version PDF  et intitulé : « Comment mettre fin à une dictature solidement installée » : www. http://www.editions-mondenouveau.com/#!boutique/kzdtu

Fweley Diangitukwa

http://www.editions-mondenouveau.com

Le 14 mai 2016.

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