Je m’oppose au Compatriote Albert Kisonga qui souhaite la recolisation des Africains (suite)

17 Mai

Monsieur Nzita na Nzita,

Comme je l’ai déjà dit en répondant à l’aîné Albert Kisonga via Monsieur Mastaki Bayange, nous ne sommes plus en 1960 lorsque Lumumba (et l’ABAKO) réclamait la participation des colons à la construction du Congo qui manquait des cadres du fait de la colonisation. La réalité n’est plus la même en 2016.

Quels que soient les arguments que vous utiliserez, vous ne me convaincrez jamais sur la nécessité d’accepter le retour à la colonisation. À travers l’histoire – puisque vous êtes historien – aucun peuple n’a voulu vivre éternellement dans la colonisation ou qui a réclamé à cor et à cri le retour à la colonisation après y être sorti. Si vous en connaissez un, citez-le pour organiser une discussion (échange) utile, c’est-à-dire sans querelle ni injure volontaire. La colonisation est un système abject qui ne s’améliore pas et elle basée sur l’exploitation servile de l’autre que le colon considère comme un esclave bon à tout faire. Le colonisé travaille pour l’amélioration des conditions de vie du colon et jamais pour l’amélioration de ses propres conditions de vie.

Vous dites : « Monsieur Fweley DIANGITUKWA, Vous êtes un académicien, vous devriez faire une recherche empirique sur ce sujet ».  Mais je vous livre le résultat de mes recherches documentaires, pour quelle raison m’invitez-vous à mener d’autres recherches pendant que vous ne vous êtes pas encore prononcé sur mes précédentes conclusions ? J’ai décrit les méfaits de la colonisation dans notre livre collectif Les Congolais rejettent le régime de Kabila, éditions Monde Nouveau/Afrique Nouvelle, 2015, lisez mon article : « Le roi des Belges Léopold II et l’origine du mal congolais », pages 19-65. Lisez le livre de Mbaya J. Kankwenda, L’économie politique de la prédation au Congo Kinshasa. Des origines à nos jours (1885-2003), 2005.

Je m’oppose à la colonisation, qu’elle soit physique, sociale, psychologique ou mentale car la colonisation nie l’autre en sa qualité d’être humain.

Les Etats-Unis ont été formés par des Européens venants de Grande-Bretagne, en particulier des Irlandais pendant la période de la Grande famine, mais aussi des Anglais, et des Ecossais, des Allemands, des Scandinaves, des Italiens, des Russes, etc. Pour en savoir plus, lisez mon récent livre, Fweley Diangitukwa, L’Afrique doit renaître, éditions Monde Nouveau/Afrique Nouvelle, janvier 2016, pp. 242-ss. Les Américains et les Européens sont, à l’origine, un seul et même peuple. Du reste, les treize colonies à partir desquelles les Etats-Unis ont été formés étaient une colonie britannique. Vous le savez. Donc, en matière de colonisation, vous ne pouvez pas comparer la situation des « Etats membres de l’UE [qui] sont des Etats vassaux des USA (c’est votre expression) » avec ce qu’était la vie des Congolais sous l’administration coloniale belge. Les colons belges coupaient les bras des Congolais qui ne rapportaient pas assez  de caoutchouc, pour ne prendre que cet exemple. Ils prenaient leurs femmes et leurs enfants en otages. Où avez-vous vu de telles atrocités dans l’UE sous l’administration de l’OTAN créé à la suite de Seconde Guerre mondiale ? L’OTAN est une organisation américaine en Europe qui travaille avec des partenaires à qui il impose ses points de vue exigés dans le contexte de rapports de force nés de la guerre froide.

J’admets qu’ « il y a plusieurs formes de colonisation et recolonisation » mais je rejette toutes les formes car aucune n’est humainement bonne. Lisez Franz Fanon, Les damnés de la terre ou encore Peau noire, masques blancs, Albert Memmi, Portrait du colonisé, Aimé Césaire, Discours sur le colonialisme, pour vous laisser convaincre ou encore la préface de Jean-Paul Sartre Orphée noir, le titre de la belle préface que Jean-Paul Sartre donna à l’Anthologie de la nouvelle poésie sur la Négritude de Senghor, Césaire et Cie. Lisez le livre de Walter Rodney, Et l’Europe sous-développa l’Afrique, éditions Caribéennes, Paris, 1972.

Je défends le point de vue selon lequel l’aîné Albert Kisonga Mazakala n’a pas raison lorsqu’il dit : « Ce n’est qu’avec les Blancs de bonne volonté que nous pourrons construire notre pays. Nous-mêmes, nous n’en avons pas la capacité ». Son idée n’est pas défendable parce qu’elle est abjecte, saugrenue. Pour lui, il y a des Blancs de bonne volonté mais il n’y a pas de Noirs de bonne volonté, c’est-à-dire que même lui-même ne se définit pas comme un homme de bonne volonté (il faut donc supposer qu’il ne l’est effectivement pas).

C’est le degré de connaissance et l’état d’esprit qui expliquent la soumission des uns et l’insoumission des autres (Simon Kimbangu, Mandela, Lumumba, etc.). Je suis donc très surpris que vous défendiez bec et ongle la résistance de Kimpa Vita soyez arrangé aux côtés de l’aîné Albert Kisonga pour souhaiter la recolonisation des Africains.

À votre question : « Qui a protégé les terres africaines contre la prédation et la spéculation ? », je vous réponds que ce sont les Africains eux-mêmes qui doivent protéger leurs terres (et leur esprit) contre la prédation et la spéculation. Oui, je suis très choqué par la proposition de M. Albert Kisonga Mazakala parce que toutes les recherches empiriques ont déjà montré et démontré le côté négatif de la colonisation, autrement, il n’y aurait pas eu des mouvements d’indépendance à travers le monde, en Amérique latine, en Asie et en Afrique. Le rejet de la colonisation n’est plus à prouver. Il est un fait historique déjà abondamment falsifié ou validé.

Je ne discute pas les propos de Donald Trump mais l’assertion de mon aîné Albert Kisonga qui confond les époques car la situation de 1960 et l’état mental des Congolais d’aujourd’hui ne sont pas comparables.

Je vous transmets mes salutations en vous invitant à ne jamais soutenir le retour à la colonisation au Congo car vous ne mesurez pas les effets négatifs dont les pillages de nos ressources à l’Est et les assassinats à Beni, Ituri, Butembo et ailleurs sont des préludes.

Pour finir, je vous suggère la lecture de mon plus récent livre, Quand les Africains se réveilleront, le monde changera, éditions Monde Nouveau/Afrique Nouvelle, janvier 2016, 277 pages, avec une préface de l’éminent professeur camerounais Charles Binam Bikoi qui dirige le CERDOTOLA à Yaoundé.
Fweley Diangitukwa

www.editions-mondenouveau.com

http://www.fweley.wordpress.com

le 18 mai 2016.

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