Archive | juillet, 2017

Ma réponse aux propos du président français, Emmanuel Macron, sur le nombre d’enfants par couple en Afrique

26 Juil

Ma réponse aux propos du président français, Emmanuel Macron, sur le nombre d’enfants par couple en Afrique

Tout au long de ma vie et de mes publications, j’ai détruit l’une des plus célèbres citations du premier président sénégalais, Léopold Sédar Senghor qui a dit que « l’émotion est nègre, la raison est hellène« . En réalité, l’émotion se trouve chez tous les peuples et chez toutes les races, c’est la façon de l’exprimer qui diffère. Elle n’est donc pas nègre. Senghor, qui était lui-même un nègre l’oubliait et s’arrangeait du côté de la raison. Ceux qui veulent en savoir plus peuvent lire mon ouvrage « Quand les Africains se réveilleront, le monde changera« , éditions Monde Nouveau/Afrique Nouvelle, janvier 2016. Le plan Marshall n’est pas à confondre avec le concept d’aide au développement. Lorsque les Etats-Unis mettaient en place le plan Marshall au sortir de la Seconde Guerre mondiale, ils cherchaient des partenaires pour relancer l’économie mondiale. Les Européens ne demandaient pas de l’aide auprès des Américains mais des échanges économiques. Les Africains ne nient pas l’existence du problème démographique dans leur continent et ils sont en train de le résoudre eux-mêmes. Dans les années 1950, nos parents avaient entre 6 et 8 enfants, cela n’est plus le cas aujourd’hui car cette moyenne a baissé. Les chiffres des démographes africains sont là pour le confirmer. Il n’est donc pas du devoir du chef de l’Etat français d’humilier publiquement les Africains alors que la question posée concernait le plan Marshall, c’est-à-dire la possibilité de créer un partenariat économique entre l’Occident et l’Afrique pour donner un nouvel élan à l’économie africaine, comme dans le contexte de la Seconde Guerre mondiale. Notez que l’Europe a aussi son propre problème démographique, qui est à l’opposé mais les chefs d’Etat africains n’humilient pas les Occidentaux sur la place publique en se moquant d’eux. Nous avons besoin que les Occidentaux nous respectent après nous avoir dénigrés depuis le XVe siècle. Soit nous le savons soit nous l’ignorons. Quant au reste, je vous renvoie à ce que j’ai écrit hier qui résume ma pensée sur la réponse donnée par le président Emmanuel Macron.

Pour développer les treize colonies britanniques, l’Occident avait recouru à la traite négrière, c’est-à-dire qu’il avait eu besoin d’enfants nés des ventres de femmes africaines. Pour développer l’Europe pendant la colonisation, la métropole avait besoin de bras des Africains en grand nombre, c’est-à-dire des ventres de femmes africaines. Lorsque Adolph Hitler avec les nazis ont envahi l’Europe pendant les deux guerres mondiales, la France a sollicité les soldats nègres sortis des ventres de femmes africaines pour sauver l’Europe. Pour construire des métros en France, en Grande Bretagne, aux Etats-Unis et ailleurs, l’Occident s’est appuyé sur la main-d’œuvre noire sortie des ventres de femmes africaines, etc. Oui, les ventres de femmes africaines ont tout donné à l’Europe pour contribuer à son développement. Mais, après avoir tout reçu, le président Macron, dans une ingratitude déroutante, nous donne une réponse méprisante pour humilier publiquement l’Afrique. Il nous dit que le problème africain est d’ordre « civilisationnel ». Mais d’où est venue la civilisation en Occident, n’est-ce pas de la Grèce antique qui avait pillé la culture de l’Egypte antique ? N’est-ce pas du soldat Alexandre de Macédoine qui avait pillé la bibliothèque des savants égyptiens qu’il confia à son ami Aristote qui publia cette sagesse égyptienne en son nom ? Soit on ignore l’histoire et on se permet de dire n’importe quoi, soit on connaît l’histoire et on respecte les races et les femmes africaines. Je ne vois pas une race qui se régénère en refusant de procréer. Pour se développer, une entreprise ou un pays a toujours besoin de bras. C’est l’intelligence des hommes qui fabrique des machines et pas l’inverse. Quant à la limitation du nombre d’enfants, c’est une question privée qui regarde chaque couple et chaque peuple. Or, aucun couple africain (même pas le journaliste qui lui a posé la question) n’a écrit au président français pour lui demander de l’argent afin de subvenir aux besoins de ses enfants. Le journaliste a posé la question sur un possible partenariat entre l’Europe et l’Afrique (plan Marshall). Au lieu de répondre à la question, le président Macron en a profité pour humilier publiquement les Africains. Enfin, nous devons dire que la France n’a jamais aidé l’Afrique. Alors jamais. Elle renvoie une partie du bénéfice qu’elle réalise sur le pillage des ressources naturelles de ce continent. L’aide au développement consentie par les pays occidentaux est un grand mensonge car elle n’a jamais existé. Ce concept est un slogan creux, sinon où l’Occident trouve-t-il l’argent avec lequel il prétend aider l’Afrique ? A travers l’histoire, c’est l’Occident qui a toujours eu besoin de l’Afrique, depuis les guerres puniques, et jamais le contraire car l’Afrique se suffit à elle-même. Les Africains doivent refuser de se laisser humilier sur la place publique car ils ont déjà assez subi. Sarkozy a dit au Sénégal que l’Afrique n’est jamais sortie de l’Histoire alors que l’Histoire de l’Humanité vient justement de l’Afrique. Qui donc est un ignorant ? Je demande aux Occidentaux de construire l’avenir avec les Africains, car le développement n’est pas une question « civilisationnnelle », comme le pense par ignorance le président Macron, il est cyclique. Après l’Occident (du XVe siècle au XXIe siècle), ce sera l’Asie (de la fin du XXIe siècle à ???), puis, ce sera le tour de l’Afrique. C’est écrit. Ne l’oublions pas.

Le problème de l’Afrique n’est pas « civilisationnel » comme le prétend Macron, il est d’abord d’ordre culturel (c’est-à-dire l’ignorance des autres cultures et les stratégies des grandes puissances) et il est ensuite d’ordre stratégique (c’est-à-dire comment renverser les rapports de force entre dominants et dominés). Il appartient aux Africains de poursuivre le travail commencé par N’Krumah, Cheik Anta Diop, poursuivi par Obenga et les autres. C’est notre « intelligence collective » et notre constance qui libéreront l’Afrique. Malheureusement, de nombreux Africains vivent sans comprendre qu’ils ont une mission à remplir pendant leur séjour sur terre.

Fweley Diangitukwa

24 juillet 2017

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La logique de faire perdre du temps à l’opposition

25 Juil

À mes compatriotes Congolais de souche,

Je vous informe que tout ce que le pouvoir actuel fait s’inscrit dans la logique de gagner du temps. J’ai commencé à le dire depuis l’annonce des concertations nationales. Je me suis énergiquement opposé à la nécessité de participer au dialogue national du facilitateur Edem Kondjo, sans être écouté. Les dirigeants actuels anticipent les événements pour contraindre l’opposition à perdre son temps à rouspéter et à ne pas faire des propositions en sa faveur. Les deux dialogues ainsi que la nomination de M. Tshibala et celle de M. Olenga Nkoy s’inscrivent dans cette logique de distraction et de division pour conserver le pouvoir et régner. C’est du machiavélisme. L’avons-nous finalement compris ? Je doute fort.

Nous sommes au mois de juillet, nous serons bientôt en décembre et les hommes du pouvoir diront à l’opposition que la République a perdu du temps (alors que ce sont eux qui font volontairement perdre du temps à l’opposition), ils doivent continuer à gouverner. Le pouvoir actuel est capable de nommer un autre Premier ministre avant fin décembre pour obliger l’opposition à continuer de discuter inutilement. Un vrai leader est celui qui prend de l’avance et qui anticipe les événements. Nous ne sommes pas collectivement dans cette logique malgré nos différents appels. À cause de notre distraction collective, nous avons maintenant des autorités illégitimes et illégales à tous les niveaux des institutions. Les évêques de la CENCO se sont laissé entraîner dans la même logique de distraction en accordant gracieusement une année à un candidat qui n’avait plus de mandat. Ceci ne se passe que dans une République bananière comme la nôtre. Et dire que nous avons des juristes et de surcroît constitutionnalistes dans ce pays ! Quelle honte !

Il est temps de mettre en place une stratégie qui permet au peuple d’entrer dans la transition et d’avoir ensuite un gouvernement dans lequel notre pays aura un président qui ne mentira pas sur son identité et ne pillera pas les ressources du pays avec l’appui de sa fratrie. Il faut dire que les dirigeants actuels (militaires et civils) sont complices de toutes les tractations malhonnêtes (magouilles) car ils ont fermé les yeux sur toutes les malversations commises par la famille Kabila et Cie. Beaucoup d’entre eux en ont profité. Ils sont donc responsables et devront s’expliquer demain.

Fweley Diangitukwa

http://www.fweley.wordpress.com

Que nous réservent les mois qui viennent ?

13 Juil

Que nous réservent les mois qui viennent ?

Par Fweley Diangitukwa

24 mai 2017

 L’actuel président, sans légalité et sans légitimité, n’acceptera pas que l’élection présidentielle soit organisée en décembre 2017 et il ne quittera pas le pouvoir sans être contraint par le peuple. Les scènes macabres du Kasaï s’inscrivent dans cette stratégie sordide. Par une réforme constitutionnelle, le PPRD cherchera à organiser l’élection de son autorité morale en recourant au scrutin indirect, précédé d’un référendum, c’est-à-dire en passant par le Parlement où il détient une majorité. Voilà hélas ce qui attend les Congolais si nous ne nous mobilisons pas pour changer cet ordre pprdien.

 À partir du 19 décembre 2016, la RDC est entrée dans l’impasse car la Constitution n’a pas été respectée à cause de la CENCO qui a naïvement décidé d’accorder un bonus d’une année au chef d’Etat sortant. Depuis ce choix anticonstitutionnel, la confusion règne dans notre pays. Les évêques ont voulu trouver à l’amiable une solution de sortie de l’anarchie sans se rendre compte qu’ils plongeaient le pays dans une impasse indescriptible à laquelle ils ne peuvent malheureusement pas remédier. Las d’attendre la nomination d’un Premier ministre issu de leur Accord du 31 décembre 2017, ils ont fini par abandonner le dialogue sans résoudre les dossiers clés : la nomination d’un Premier Ministre sorti du Rassemblement et le calendrier des élections.

En appelant les évêques à piloter le dialogue, le président sortant voulait gagner du temps afin de prolonger son mandat, non plus en s’appuyant sur la Constitution qui ne le lui autorisait plus mais sur un consensus basé sur une simple promesse non signée de sa main. Là, les hommes de Dieu se sont fait avoir. Proprement. Alors que nous les avons prévenus. Avec son nouveau bail gratuit d’une année, le peuple congolais a assisté, complètement médusé, à un théâtre comique, le mercredi 5 avril 2017, au cours duquel un chef d’Etat sans mandat du peuple, donc illégal et illégitime, s’est adressé aux députés sans mandat depuis la fin du mois de février 2017 – et donc eux aussi illégitimes, et aux Sénateurs sans mandat depuis 2012 – eux aussi illégitimes. Malgré cette illégalité et cette illégitimité généralisées, les gouvernants font croire aux citoyens qu’ils agissent dans un contexte légal. Cela s’appelle : « faire du théâtre sur un lieu public : une comédie burlesque ». Il leur arrive même qu’ils évoquent la Constitution [lorsque cela les arrange] qu’ils ont mise de côté en décembre 2016. Au lieu d’avancer, la République marque les pas, comme des élèves devant leur salle de classe. Quel gâchis politique !

Chers Compatriotes, celui qui se dit chef d’Etat de la RDC est sans mandat légal et sans légitimité. La promesse qu’il a reçue d’un groupe apolitique a été signée le 19 décembre 2016, c’est-à-dire 4 jours après la fin du mandat présidentiel. Cette promesse n’est donc pas constitutionnelle. Le peuple congolais ne doit pas se sentir concerné par l’accord de la CENCO qui lui a offert une année supplémentaire sans, au préalable, consulter le peuple que nous sommes. Les discours que le chef d’Etat sans mandat populaire a prononcés à l’Assemblée nationale ou ailleurs ne doivent pas intéresser les Congolais. Nous devons savoir que notre pays est juridiquement sans chef d’Etat depuis le 17 décembre 2016. Voilà pourquoi j’invite mes compatriotes Congolais de souche à ne plus utiliser les termes Excellence et Honorable, car dans la situation actuelle, le chef d’Etat, les députés et les Sénateurs sont tous hors mandat. Le gouvernement actuel n’est pas légitime car il a été formé sans s’appuyer sur un texte légal [la Constitution n’ayant pas été respectée en décembre 2016].

Il est important de dire au peuple congolais que le PPRD est dans une dynamique d’affaiblissement de l’opposition en la désorganisant. Il s’emploie à distraire l’opposition pour qu’elle ne s’occupe pas de son avenir. C’est bien ce qui a toujours motivé l’autorité morale de ce parti. C’est dans ce but que le président Joseph Kabila avait débauché les cadres dirigeants du MLC après l’incarcération de leur chef au CPI. MM. Kamitatu, Mwamba et Thomas Luhaka ont rejoint la mouvance présidentielle. Le premier nommé a fini par la quitter. C’est maintenant au tour de l’UDPS d’être dépecée. L’opération devient facile car M. Étienne Tshisekedi qui était la référence du parti n’est plus de ce monde. Connaissant la légèreté des Congolais et leur amour de l’argent facile par la corruption, le chef d’Etat sans mandat électif débauche maintenant sans état d’âme dans la famille politique de l’UDPS pour semer le désordre et gagner davantage du temps. Le choix de Samy Badibanga et de Bruno Tshibala entre dans la stratégie de distraire l’opposition afin qu’elle ne s’organise pas et ne prépare pas les échéances futures, notamment les élections à tous les niveaux qui n’auront pas lieu en décembre 2017, contrairement au discours officiel. En passant leur temps à se quereller et à attendre d’être nommés par celui qui n’a plus de mandat électif et qui n’est plus constitutionnellement chef d’Etat, les opposants perdent leur chance de gagner les élections futures qui seront, du reste, maquillées si elles ont lieu. En effet, le but principal du PPRD est de distraire continuellement l’opposition en la poussant à passer son temps à protester alors que, pendant ce même temps, le PPRD prépare les prochaines échéances avec l’argent du Trésor public, c’est-à-dire en utilisant les moyens de l’Etat. Les membres de ce parti mènent la propagande à la télévision nationale au vu et au su de tout le monde, pour leur maintien au pouvoir. Il me semble que l’opposition ne voit pas le côté nuisible de cette stratégie pourtant bien visible. À qui appartient la télévision nationale ? Aux seuls membres du PPRD ? Devant un tel scénario macabre, l’opposition qui bénéficie du soutien du peuple doit se distinguer par une contre stratégie qui lui permettra de mettre fin au cynisme actuel. Le pouvoir actuel s’appuie sur les rapports de force qui lui sont favorables car l’armée congolaise a été désarmée au profit des milices présidentielles soutenues par le Rwanda et l’Ouganda. Les moyens financiers sont entre les mains de caciques du régime et ceux qui sont dans l’opposition n’ont rien pour agir et imposer l’alternance au pouvoir.

L’évolution politique dans notre pays montre que l’élection présidentielle n’aura pas lieu en décembre 2017, contrairement à la promesse de la CENCO. Le drame qui se passe dans le Kasaï s’inscrit dans cet objectif. La CENI trouve dans ce désordre affreux le prétexte de ne pas continuer le recensement dans cette province afin de justifier, dans une étape ultime, l’impossibilité d’organiser les élections parlementaires sinon l’élection présidentielle en décembre de cette année [nous l’avons affirmé anticipativement en mai de cette année avant que M. Nangaa ne s’exprime publiquement dans ce même sens].

Après avoir trompé le peuple en 2006 et en 2011, le chef d’Etat sans mandat cherche une autre solution pour se maintenir au pouvoir. Comme il ne peut plus se représenter à un troisième mandat ni organiser de nouvelles concertations nationales ou un nouveau dialogue national, il cherche une autre solution plus douce et plus rassurante. Il me semble que son élection au Parlement par les députés corrompus l’emporte sur les autres scénarios. Vu sous cet angle, il est probable qu’il encourage une élection au suffrage universel indirect en forçant la révision de la Constitution ou en organisant un référendum afin qu’il soit élu au Parlement où il détient déjà une majorité. C’est pour contrer cette stratégie que j’ai affiché, il y a quelques mois, un articlé que j’ai précédemment publié et dans lequel je dis clairement que les Etats unitaires organisent les élections au suffrage universel (scrutin direct) pour permettre au chef d’Etat élu d’avoir une majorité au niveau national et une légitimité populaire  alors qu’il est juridiquement admis que le chef d’Etat soit élu par les députés au Parlement (scrutin indirect) dans les Etats fédéraux. La RDC n’étant pas un Etat fédéral mais unitaire, l’élection présidentielle au suffrage universel direct s’impose. Donc, l’idée d’organiser un référendum sert à autoriser l’actuel chef d’Etat, sans légalité et sans légitimité, à demeurer encore au pouvoir par la voie du scrutin indirect. Nous sommes tous avertis. Comme la Constitution a été mise à l’écart en décembre 2016, ceux qui dirigent notre pays sans mandat n’ont pas le droit d’évoquer cette même Constitution pour organiser un référendum qui conduira au choix du scrutin indirect. Comme ce sont des hommes immoraux, imbus d’eux-mêmes et faibles à l’argent qui sont à la tête de la République, ils sont capables de forcer la note au mépris du peuple en s’appuyant sur les rapports de force en leur faveur. D’où la nécessité que le peuple s’appuie, à son tour, sur le nombre (plus de 70 millions) pour imposer l’alternance. Une minorité gouvernementale sans légitimité ne peut pas s’imposer à une majorité détentrice de la souveraineté populaire. M. Joseph Kabila ne doit pas se moquer du peuple indéfiniment.

En guise de rappel, l’anarchie que nous vivons actuellement ressemble à celle des années 1990, après la Conférence nationale non souveraine. Dans l’intention de bloquer l’alternance démocratique, le maréchal Mobutu a procédé au débauchage des acteurs de l’opposition en les nommant au poste de Premier Ministre sans respecter ce qui a été décidé à la conférence nationale. C’est bien ce que fait l’actuel chef d’Etat sans mandat. On se souvient de la nomination de MM. Birindwa, Mungul Diaka, etc. Ces nominations anarchiques s’inscrivaient dans la volonté de gagner du temps, comme cela se passe actuellement. S’il n’y avait pas eu l’AFDL avec son lot de Rwandais, les Congolais auraient souffert pendant longtemps car, le but de Mobutu était de mourir au pouvoir et de laisser sa place aux ressortissants de son ethnie ngbandi majoritaires dans le MPR, dans l’armée et la DSP. Si vous remplacez les Ngbandi par les Rwandais, vous obtiendrez le même résultat. Nous ne pouvons plus être naïfs une seconde fois.

Pour toutes ces raisons, je demande aux membres de l’opposition de ne pas s’attendre à ce que l’un de leurs soit nommé Premier Ministre par un chef d’Etat illégal et illégitime (car c’est un non-sens écœurant) qui, de plus, n’a jamais respecté ses promesses. La conservation du pouvoir – quel qu’en soit le prix – est sa seule ambition. Préparons-nous autrement pour assurer la transition avec un personnel politique autre que celui qui a trahi la nation en acceptant de composer avec un chef d’Etat sans mandat populaire.

Depuis son arrivée au Congo dans les bagages de l’AFDL, Monsieur Joseph Kabila a toujours pensé que les Congolais sont incapables de se libérer par eux-mêmes, car, ne cesse-t-il de dire, sans les Rwandais, les Zaïrois seraient encore sous la domination du MPR. Nous avons l’obligation de démentir cela et de lui prouver que nous voulons avoir des dirigeants qui participent au développement de notre pays et pas ceux qui utilisent le pouvoir pour leur enrichissement personnel.

En tout cas, M. Bruno Tshibala n’a pas les mains libres et ne gouverne pas le pays. Il est malheureusement devenu un otage au service de celui qui l’a nommé à la Primature. S’il n’a pas obtenu la possibilité de composer librement son gouvernement, que pourra-t-il faire d’autre, à part se contenter de son salaire ? D’un côté le pouvoir nomme des ressortissants du Kasaï à la Primature et de l’autre le même pouvoir tue sans répit dans leur province d’origine. Quel cynisme !

Peuple congolais, préparons-nous car les mois qui viennent seront incertains, voire très incertains.

 

Fweley Diangitukwa

www.fweley.wordpress.com

Dernière publication : « Comment mettre fin à une dictature solidement installée », Paris, éditions L’Harmattan, février 2017.

Ils se disent « intellectuels » mais ils sont incapables de respecter la Constitution

10 Juil

Ils se disent « intellectuels » mais ils sont incapables de respecter la Constitution

Certains « intellectuels » congolais, qui ont inscrit leur vie dans la logique de la politique du ventre (lire Jean-François Bayart, « L’Etat en Afrique : la politique du ventre », Fayard 1989 et « La politique par le bas en Afrique noire », Karthala, 2008), sont incapables de faire une lecture correcte de la Constitution parce qu’ils excellent dans le culte de la personnalité. Tout ce qu’ils font et écrivent se limite à « la politique du ventre ». Ils ne se projettent jamais dans le futur mais passent leur temps à dénigrer l’opposition parce qu’ils pensent que c’est la meilleure façon d’assurer des lendemains qui chantent à leur régime. Erreur !, c’est par l’observation des textes légaux qu’un régime se fait respecter.

Ils nous disent qu’ils ne peuvent pas organiser les élections à cause de la situation dans le Kasaï alors qu’ils disaient en 2016 que le pays manquait d’argent pour les élections.

Nous savions depuis longtemps que les élections ne seront pas organisées en 2016 et en 2017 car nous l’avons dit en 2015 dans notre livre collectif Fweley Diangitukwa (sous la direction de) « Les Congolais rejettent le régime de Kabila », éditions Monde Nouveau/Afrique Nouvelle, 2015. Tout le monde sait que les massacres dans le Grand Kasaï n’est qu’un prétexte pour justifier la volonté de ne pas organiser les élections afin de s’enrichir davantage en tirant en longueur la présence des décideurs au pouvoir et des organisateurs de la CENI en charge des élections, face à un peuple démuni et sans défense.

Ils sont au pouvoir depuis 2011 et ils ne cessent de radoter car ils croient qu’ils ont à faire à un peuple crédule. Ils se mettent à réunir des arguments pour justifier leur incapacité à respecter ce que dit la Constitution (article 220). Et ils ont le culot de se dire « intellectuels ». Ils font pitié ! Demain, le peuple les regardera droit dans les yeux. C’est alors qu’ils comprendront leur tort. La roue de l’histoire tourne. Personne n’est capable de l’arrêter.

 

Fweley Diangitukwa

http://www.fweley.wordpress.com

« Après moi, c’est le déluge », dixit le maréchal Mobutu

10 Juil

« Après moi, c’est le déluge », dixit le maréchal Mobutu

Celui qui ne connaît pas son passé commettra, dans l’avenir, les mêmes erreurs commises par ses prédécesseurs. Voilà pour quelle raison l’histoire continue à occuper une place importante dans les programmes scolaires.

La destruction actuelle de notre pays a un passé, elle a une histoire et cette histoire doit être connue pour que les générations futures ne commettent pas les mêmes erreurs.

En disant : « Après moi, c’est le déluge », le maréchal Mobutu confirmait, par ces propos, le déluge que lui et son régime avaient préparé pendant trente-deux ans de règne. Il ne pouvait en être autrement car l’armée nationale zaïroise avait été dépouillée au bénéfice de la DSP (Division spéciale présidentielle).

Bénéficiant de la guerre froide, M. Joseph-Désiré Mobutu avait tous les atouts pour construire, au cœur de l’Afrique, un pays viable sur le plan militaire, économique, énergétique et politique. Mais, au lieu de s’investir dans ces différents secteurs, il a préféré s’entourer des siens, jouir du pouvoir et se pavaner à travers le monde. C’est lui qui a affaibli l’armée nationale congolaise car il a préféré s’appuyer sur sa milice privée par peur d’un coup d’Etat qui viendrait de l’armée. C’est sous son régime que les Rwandais ont commencé à infiltré les services secrets et les services de renseignement dans notre pays en complicité avec les ressortissants de sa tribu ngbandi qui dirigeaient tous ces service, parce qu’il croyait que les étrangers, notamment les Rwandais, étaient moins nocifs que ses propres compatriotes. Qui ne se souvient pas de Bisengimana qui était le Directeur de Cabinet de Mobutu ? N’était-il pas Rwandais. C’est lui qui avait nommé des généraux de l’Equateur, spécialement de sa tribu ngbandi, au détriment des officiers des autres provinces du Zaïre (RDC). C’est encore lui et son régime qui pillaient, pour leur propre compte, les ressources naturelles du pays en complicité avec les réseaux étrangers qui soutenaient son régime. Ce qui se passe aujourd’hui dans notre pays, à une ampleur beaucoup plus grande, ne serait jamais arrivé si le maréchal Mobutu et Cie avaient accepté et appliqué les résolutions de la conférence nationale (non souveraine), si les officiers de l’armée n’avaient pas vendu les armes et les munitions pendant la guerre dans le Kivu. C’est en partie avec nos propres armes vendues aux réseaux rwandais cachés dans la forêt et dans les montagnes du Kivu, que les soldats banyamulenge, soutenus par Paul Kagamé et mués en AFDL, avec Laurent-Désiré Kabila en leur tête, ont mené la guerre contre notre pays. En prenant en considération tous ces éléments, on conclut aisément que Mobutu et ses hommes avaient, de façon irresponsable, préparé le déluge que nous connaissons. Certains anciens compagnons de Mobutu qui crient aujourd’hui dans les réseaux sociaux ne devaient pas avoir le droit de parler de l’infiltration rwandaise en RDC car ils en sont les premiers responsables. Bisengimana et beaucoup d’autres Rwandais ont préparé le lit des Rwandais qui nous gouvernent aujourd’hui. L’étranger qui dirige la RD Congo ne serait jamais venu dans les bagages de l’AFDL si le maréchal Mobutu et les hommes qui l’entouraient et le conseillaient travaillaient pour défendre l’intérêt de notre pays en dotant l’armée nationale zaïroise des équipements militaires modernes et en facilitant la transition démocratique. Que les Congolais d’aujourd’hui et de demain ne répètent pas les mêmes erreurs commises par certains Zaïrois qui crient très fort dans la diaspora et qui font des révélations à n’en pas finir mais qui, en réalité, ne le sont. Qu’on se le dise publiquement.

 

Fweley Diangitukwa, dernière publication : « Comment mettre fin à une dictature solidement installée », Paris, L’Harmattan, février 2017.

www.fweley.wordpress.com