Lu pour vous : Aminata Traoré : « On a mondialisé l’injustice, le désespoir et le mépris »

13 Déc

Aminata Traoré : « On a mondialisé l’injustice, le désespoir et le mépris »

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Aminata Traoré : « On a mondialisé l’injustice, le désespoir et le mépris »

  • 07 Juin 2016

 

 

 

 

Aminata Traoré est une essayiste malienne qui lutte pour l’autonomisation des pays et des peuples d’Afrique, toujours dominés et pillés par les puissances occidentales. Ministre de la Culture et du Tourisme au Mali entre 1997 et 2000, l’infatigable militante choisira de poursuivre son combat contre le libéralisme sur le terrain et sera à l’origine de nombreux projets de proximité avec les femmes et les jeunes à Bamako. Sa candidature récente au poste de secrétaire générale de l’ONU est une bonne nouvelle pour tous les partisans de la paix.

Comment analysez-vous le phénomène terroriste qui sévit en Afrique et partout dans le Monde ?

Il faut d’abord en analyser rigoureusement les causes : Pourquoi maintenant ? Pourquoi partout ? Précisément parce que l’on a mondialisé l’injustice, le désespoir et le mépris.  Dans les années 90, face aux conséquences des politiques d’ajustement structurel, on a tiré la sonnette d’alarme en disant : « Chaque année dans la plupart de nos pays, il y a 100 000 à 200 000 jeunes diplômés qui viennent sur le marché du travail et le modèle économique ne crée pas d’emplois. » Au contraire, il en supprime. Que reste-t-il à faire ? Les jeunes n’ont souvent le choix qu’entre l’exil ou le fusil. Ces deux phénomènes contemporains et concomitants sont intrinsèquement liés à l’échec lamentable d’un modèle de développement économique que l’Occident ne veut pas remettre en question.

Pour beaucoup de médias et d’analystes, le djihadisme émanerait directement et principalement de la religion. Trouvez-vous cette explication suffisante ?

S’il en était ainsi, pourquoi cette pensée du radicalisme religieux n’est pas survenue plus tôt ? C’est à partir des décennies 80 et 90 que de nombreux laissés pour compte des politiques néolibérales sont allés chercher dans les mosquées et le Coran des réponses au chômage et à l’exclusion. S’il n’y avait pas eu l’Irak, des généraux de Saddam Hussein n’auraient pas rencontré, à Abu Ghraib, des islamistes pour jeter les bases de DAESH. Comment arrivent-ils à pénétrer les banlieues et les milieux pauvres ? Pourquoi fascinent-ils aussi  la « classe moyenne » ? Il y a un vide idéologique abyssal que l’on refuse d’admettre.

Si l’on reconnaît aujourd’hui que davantage de justice, davantage d’emplois, de respect des peuples, peuvent garantir la paix et la sécurité, cela implique que les dominants doivent renoncer à une partie de leurs avantages et privilèges. Ils ne le peuvent pas. C’est se faire Hara-Kiri que de dire : « on s’est trompé de modèle, on n’a pas créé d’emplois et notre modèle ne répond pas à la demande sociale ». A qui profite le crime de cette croissance, si ce n’est aux transnationales?  Ce sont elles qui se tirent également une balle dans le pied quand elles ne peuvent plus aller là où elles exploitent les ressources naturelles. Les djihadistes qui ont conscience de cet enjeu visent eux aussi les même ressources, notamment, le pétrole.

A force de faire la sourde oreille et de mettre en place des oppositions qui ne sont pas de véritables contre-pouvoirs capables et désireuses de prendre en charge les vraies questions, on se retrouve enlisé partout dans des questions institutionnelles et politiciennes de remplacement des acteurs sans changement de paradigme. Or pour avoir la paix aujourd’hui, une véritable paix durable et la sécurité humaine, que je ne confonds pas avec la sécurisation, il faut inscrire les enjeux miniers, pétroliers et autres dans le débat. Garantir  la sécurité humaine aux individus, à travers l’emploi, la santé, l’éducation, et d’autres services sociaux de base considérés comme des dépenses improductives.

Quel est le rôle de l’Union Africaine et quels sont ses principaux défis ?

L’Afrique a cruellement besoin de l’Union Africaine (UA), cette organisation qui est née en 2002 des cendres de l’OUA créée il y a 53 ans. Tout comme l’Union Européenne (UE) qui lui sert de modèle, elle suscite bien des interrogations auprès des peuples qui ne la voient pas là où ils l’attendent, c’est-à-dire auprès d’eux. Ce qui fait dire à ses détracteurs qu’elle n’est qu’un club des Chefs d’Etats. Le constat est accablant et préoccupant lorsqu’on sait que la décolonisation dont ses pères fondateurs ont voulu en faire l’instrument n’est pas finie et que le continent est même en voie de « recolonisation » dans le cadre de la mondialisation capitaliste. Les défis sont à la dimension de la violence multiforme de ce système.

Pour jouer pleinement son rôle dans la défense des intérêts des peuples d’Afrique, il faudrait que l’Union Africaine (UA) appréhende la nature de la mondialisation et celle des rapports de force. Or, elle souffre des tares originelles de la division, de l’extraversion et de la dépendance. Nous avons souvent tendance à oublier que l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA) dont elle est issue est née dans la douleur du déchirement entre deux groupes qui avaient une approche et une vision opposées de l’avenir du continent.

Il a fallu de nombreuses rencontres et de longues négociations pour que le 25 mai 1963, 32 États nouvellement indépendants créent l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA) à Addis-Abeba en Éthiopie, sur la base d’un Accord minima. La rédaction de sa charte a été confiée au  président malien Modibo Keita l’un des leaders du groupe des progressistes de Casablanca et au président togolais Sylvius Olympio du camp des « anti- fédérationistes »). C’est la vision du groupe de Monrovia qui a pris le dessus sur celle des progressistes du groupe de Casablanca.

Quel bilan peut-on tirer de ses activités ?

Mise à part la gestion de la décolonisation, aucun projet ni aucune stratégie de développement autonome et émancipatrice n’a été initiée et  menée à bien par l’Organisation panafricaine. Les deux décennies 80 et 90 ont été marquées par des orientations tracées par Elliot Berg que la Banque mondiale a substituées aux perspectives africaines de développement du plan d’action de Lagos (PAL), patiemment élaboré par les Etats africains, et adopté en 1980 dans la capitale nigériane. Ces orientations ont aggravé les difficultés du continent : blocage des salaires, coupes dans les budgets des services sociaux de base: éducation, santé, approvisionnement en eau potable et assainissement.

Conscient du coût social et politique élevé des Programmes d’Ajustement Structurel (PAS), des dirigeants africains ont proposé différentes orientations : le Président Thabo Mbeki, le Plan d’Action du Millénaire (PAM), conjointement élaboré par le Président sud-africain, le Président Obasanjo et le Président Bouteflika ainsi que le Plan Omega d’Abdoulaye Wade. Leur fusion a donné lieu à la « Nouvelle initiative africaine (NIA) » devenue le Nouveau Partenariat pour le Développement en Afrique (NEPAD) ainsi que le Mécanisme Africain d’Évaluation par les Pairs en 2003 : le Parlement Panafricain PP institué le 18 mars 2004 avec son siège à Midrand, en Afrique du Sud.

L’Union Africaine (UA) se félicite des politiques et stratégies macro-économiques « saines »  qui ont permis à de nombreux pays membres de l’Organisation d’enregistrer une croissance sans précédent ainsi que la réduction significative des conflits, le renforcement de la paix et de la stabilité, ainsi que les progrès en matière de gouvernance démocratique. Elle table pour le XXIème siècle sur l’émergence d’une classe moyenne croissante et d’un changement dans l’architecture financière internationale, avec la montée des BRICS et l’amélioration des flux des investissements directs.

Cette augmentation significative de la croissance va-t-elle de pair avec une amélioration des conditions de vie des populations ?

Des réalisations matérielles palpables mais très peu d’amélioration des conditions de vie des populations.  Plus on avance et plus il y a du chômage. C’est dans ce contexte là que ce que l’Europe appelle « crise migratoire » a surgi. Cela ne date pas de 2015. La notion de « migrant économique », à distinguer de celle de « réfugié », signifie qu’ « il y a du travail dans les pays d’origine où il suffirait selon les technocrates d’investir davantage et de lutter contre la corruption ». Mais il n’y a pas de travail, et la corruption est inhérente au système.

Selon vous, le processus de démocratisation resterait superficiel ?

J’ai du mal à me retrouver dans un paysage politique marqué par 150 à 250 partis. L’Europe sait parfaitement qu’il ne s’agit pas de  démocratie avec un tel émiettement du champ électoral sans contenu idéologique véritable. Comment sortir de cette « démocratie », téléguidée, financée et supervisée de près selon les pays et les enjeux par Bruxelles, Paris et Washington ?

A ce propos justement, la Chine supplante progressivement l’Occident dans l’économie africaine. Faut-il accueillir les Chinois comme les nouveaux « Imposteurs » pour reprendre le titre de l’un de vos derniers  livres?

Historiquement l’Afrique n’est pas dans les mêmes types de rapports avec la Chine qu’avec l’Occident. La Chine n’est pas arrogante. Dans l’imaginaire des Africains, c’est un moindre mal parce que l’on sait qu’ils sont là parce qu’ils ont d’énormes besoin de matières premières à satisfaire. Cette relation n’en est pas moins un piège si nos Etats se maintiennent dans la logique de régions exportatrices de matières premières au lieu d’en profiter pour jeter les bases de  l’industrialisation du continent. En d’autres termes, s’ils ne développent pas leur propre secteur privé, les Etats africains ne seront pas en mesure de s’émanciper de cette relation de dépendance.

C’est la notion même d’émergence qui est problématique. Elle se traduit par une croissance qui ne profite pas aux peuples. Dans les pays dits « émergents », le panier de la ménagère n’enregistre aucune amélioration. La Chine émergente a servi de source d’inspiration aux pays africains qui ne se disent pas qu’un continent émietté et divisé est une proie facile dans le cadre actuel de l’ensauvagement du monde. La Chine n’a pas libéralisé à tout-va. Elle a progressé à son rythme et en fonction de ses intérêts.

Quels sont à votre avis les défis de la société civile et des intellectuels africains du 21ème siècle ?

Il faut aller plus loin dans le travail de déconstruction des idées reçues et de dépollution des esprits sur la croissance, l’émergence, et autres histoires à dormir debout. Si le système marchait si bien, pourquoi l’Europe se retrouverait dans cette crise existentielle qui est en train de la bouleverser ? Selon moi, les solutions d’emprunt ont révélé leurs limites à la lumière de nos expériences, de nos vécus, de nos aspirations. Malheureusement  une grande partie de ce que l’on appelle la « société civile » n’ose pas soulever les questions qui fâchent les « donateurs ». Localement elles ne peuvent rien faire sans l’aide de la « communauté internationale ».

Pourtant l’Afrique a connu des grands penseurs intellectuels comme Julius Nyerere et ses idées motrices en faveur du droit au développement. Pouvons-nous « compter sur nos propres forces » ?

Bien sûr, l’Afrique n’a pas eu que des corrompus et des dictateurs comme ses détracteurs le laissent entendre. De nombreux hommes qui auraient pu et voulu faire des choses en ont été empêchés. L’assassinat de Patrice Lumumba a été l’acte fondateur du chaos politique congolais. Les assassinats politiques tout le long des années 60-70 ont traumatisé et dissuadé bien des dirigeants qui voulaient faire corps avec leurs peuples. Plus récemment, il y eu le cas de Laurent Gbagbo qui passe aujourd’hui devant la CPI et dont le tort est d’avoir touché à des questions qui fâchent. Ce qui est vrai pour les dirigeants, l’est dans une large mesure pour la société civile.

Aujourd’hui, quand on parle de la société civile, celle qui est sollicitée est souvent formatée, prudente, et même frileuse. Actuellement, un sentiment de révolte intérieure et une forme d’humiliation apparaissent face à la seconde recolonisation du continent qui ne laisse pas les Africains indifférents. Les efforts de remise en question doivent être capitalisés pour développer notre capacité de proposition, d’anticipation et d’actions transformatrices de nos économies et de nos sociétés dans le sens de l’intérêt commun.

Source : Journal de l’Afrique n°22, Investig’Action

Photos: ©  Elodie Descamps

 

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Ensemble, mettons fin à l’actuel pouvoir ignoble

12 Déc

Ensemble, mettons fin à l’actuel pouvoir ignoble

Dura lex sed lex, disaient les Romains. « La loi est dure mais c’est la loi. » Les pays les plus stables sont ceux qui respectent les lois que les citoyens se sont données. Nous avons voulu nous donner une Constitution et quelle que soit son imperfection, nous sommes obligés de la faire respecter contre ceux qui se sont malicieusement organisés pour la violer au su et au vu de tous les Congolais et du monde entier pris à témoins.

Tout au long du règne de M. Kabila, la violence a été omniprésente. Le pouvoir a massacré, tué, assassiné. Il a laissé les soldats rwandais séropositifs violer les femmes, les filles voire les fillettes congolaises ; il a laissé les soldats rwandais intégrés dans notre armée égorger nos citoyens à Beni et ailleurs. L’horreur a atteint son comble à tel point que les images des égorgés qui sont présentes en nous nous torturent jour et nuit. Le pouvoir a organisé l’assassinat de nombreux opposants et a emprisonné des innocents au seul motif qu’ils ont librement exprimé ce qu’ils pensaient de la mauvaise manière de gérer les biens publics. Cette violence, avons-nous observé en essayant de la comprendre, a été volontairement et sciemment organisée et canalisée par ceux qui gouvernent la République afin de s’imposer au peuple et de s’enrichir rapidement et illicitement par le pillage des ressources naturelles, en travaillant en complicité avec des firmes étrangères.

Le 19 décembre 2016 sera le dernier jour de règne du président Joseph Kabila et quelle que soit sa manière de nous distraire pour garder le pouvoir, nous avons l’obligation de lui signifier que son second et dernier mandat ne pourra, en aucun cas, être prolongé car la Constitution – sur laquelle il a prêté serment – doit être scrupuleusement respectée. Si nous prenons peur et laissons M. Kabila – qui sait pertinemment bien que son mandat arrive à la fin le 19 décembre 2016 – demeurer au pouvoir après cette date, non seulement il rira sous cape en prenant les Congolais pour des naïfs mais en plus, la communauté internationale nous qualifiera des complaisants et n’appuiera plus jamais notre combat pour la démocratie. Pour ces deux raisons et surtout pour assurer un retour à la paix, à la stabilité et à l’intégrité territoriale, nous avons l’obligation de tourner la page du règne de Kabila le 19 décembre 2016 à minuit. En coupant le Rwanda de son représentant à la tête de l’État congolais, nous aurons les mains libres pour apporter la paix et la sécurité à nos compatriotes vivant à l’Est de la République.

L’ancien président Laurent-Désiré Kabila a clairement dit aux Congolais que les Rwandais qui l’ont accompagné dans sa lutte pour la « libération » – qui en réalité n’en était pas une – formaient un conglomérat d’aventuriers. M. Joseph Kabila et ceux qui ont gouverné notre pays avec lui ont donné la preuve de ce qu’avait affirmé Laurent-Désiré Kabila. Ils ont tous brillé par l’aventurisme en utilisant le pouvoir comme un butin de guerre ou un appât pour s’enrichir, à tel point que notre pays qui, potentiellement, compte parmi les nations les plus riches au monde est aujourd’hui l’un des plus pauvres, car l’argent du Congo est constamment détourné par ceux qui gouvernent notre pays. Nous avons tous lu les révélations faites par les journalistes étrangers auxquelles les gouvernants de la RDC n’ont jamais apporté un seul démenti. Souvenons-nous de l’Américain Richard Minitel qui a accusé le président Joseph Kabila de détournement et de Panama Papers qui a accusé sa tante Janet Kabila également de détournement. Voudrions-nous que ces individus poursuivent leur œuvre satanique en les tolérant encore à la tête de l’État et des institutions ? Depuis Léopold II, le Congo est considéré comme une vache à lait au service de ceux qui gouvernent notre pays[1]. Le temps de nous réapproprier le Congo est venu. C’est pourquoi nous avons l’obligation de contraindre ceux qui considèrent les Congolais comme leurs Nègres de service à quitter définitivement le pouvoir. La chute du régime actuel sera une victoire nationale sur la corruption et sur la mauvaise gouvernance. Elle sera surtout la naissance d’un nouvel espoir pour le peuple car ce régime est complètement sclérosé et ne doit pas être sauvé. Pour le dire en d’autres termes, les Congolais ne doivent pas donner à M. Kabila un instant de plus car chaque jour qui passe notre pays perd des millions à cause de la cupidité de ceux qui ont institutionnalisé la corruption et l’impunité au sommet de l’État. Il est temps de mettre fin à l’ignominie.

Tout au long de ce règne abject, j’ai multiplié des articles pour refuser les concertations nationales et le dialogue national prétendument inclusif en rappelant à mes compatriotes que ces rencontres voulues tardivement par le pouvoir servaient uniquement à nous distraire et à gagner du temps. Combien d’argent le Trésor public a-t-il sorti pour rien ? J’ai été le premier à critiquer le dialogue organisé à la Cité de l’OUA par le Togolais Edem Kodjo en qualifiant l’Accord politique de « document bon pour les archives » car cet Accord est illégal. À cette même occasion, j’ai aussi été celui qui a montré une voie de sortie en demandant un Nouveau Dialogue – inclusif cette fois – sous la direction de la CENCO afin de gagner du temps mais, prudence oblige, j’ai exigé deux conditions à la CENCO : le respect de l’article 220 de la Constitution et le respect de la résolution 2277 des Nations unies. Les articles auxquels je fais allusion sont sur mon blog : www.fweley.wordpress.com

Aujourd’hui, en tournant mon regard vers le passé, je peux me permettre de dire que j’ai toujours été sur la bonne voie car j’ai vu juste sur tous les plans. Toutes les rencontres organisées par le pouvoir n’ont abouti à rien, comme pour confirmer qu’on ne dialogue pas avec un tyran mais on l’oblige à quitter le pouvoir. Le Togolais Edem Kodjo est reparti comme il était venu, sans donné aux Congolais ce qu’ils attendaient dans le dialogue qu’il a organisé. Finalement, la sortie de la crise a été confiée à la CENCO, comme je l’ai suggéré. Nous arrivons ainsi à la fin de l’aventure de M. Joseph Kabila et Cie au Congo. Si celui-ci reste au pouvoir après le 19 décembre 2016, ce sera notre faute car, après avoir pillé nos ressources naturelles et nous avoir publiquement humiliés, les Américains, les Britanniques et les Français nous ont donné le coup de main que nous attendions d’eux. Ils ne peuvent pas se substituer à nous pour chasser M. Kabila du pouvoir. Ce travail est une responsabilité des Congolais qui veulent être indépendants et souverains. Le président Obama a fait ce qu’il pouvait et devait faire. Il nous appartient maintenant de pousser M. Kabila vers la porte de sortie car le Congo n’est pas sa propriété privée.

Je demande avec insistance aux délégués du Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement, qui semblent admettre le fait accompli en acceptant le glissement, de renoncer à cette prise de position car, si nous ne faisons pas respecter la Constitution, il sera difficile voire impossible d’exiger le même respect de la Constitution à l’avenir. Je leur dis : ne devenez pas ceux qui seront cités demain comme étant à l’origine du maintien au pouvoir du président sortant. Vous ne pouvez demander à la fois le départ de M. Kabila et son maintien au pouvoir. C’est une position contradictoire à laquelle je vous invite à renoncer. Il faut espérer que les délégués du Front pour le respect de la Constitution resteront intransigeants sur cette question.

Il y a dans notre pays des Congolais très compétents qui ont déjà longuement réfléchi à l’avenir du Congo et qui sont prêts à prendre les commandes de la République pour mettre en place les politiques publiques qui permettront la création des emplois décents et pour initier un développement harmonieux. Il n’est plus permis de tergiverser sur le départ de M. Kabila car la Constitution est claire.

Pour éviter toute confusion, je demande à la CENCO qui organise et dirige le présent Dialogue voulu inclusif d’agir en deux temps : (1) se prononcer rapidement et clairement, avant le 19 décembre 2016, sur le respect de l’article 220 de la Constitution et sur le respect de la Résolution 2277 de l’ONU ; (2) de réfléchir sur la transition qui suivra et qui sera dirigée sans ceux qui ont mis le Congo dans l’abîme. La CENCO doit se prononcer urgemment sur la non-reconduction du président sortant, autrement son silence sur cette question sera qualifié de complicité avec Kabila. Cette annonce doit absolument être faite avant le 16 décembre 2016 pour fixer l’esprit des Congolais qui placent actuellement leur dernier espoir sur cette église qu’ils jugent neutre et apolitique. Si elle n’agit pas dans ce sens, les fidèles et le peuple congolais concluront sans l’ombre d’un doute que la Haute hiérarchie de l’église catholique a été corrompue. Il lui sera difficile voire impossible de rétablir la confiance avec le peuple et avec ses fidèles. Elle perdra alors toute sa crédibilité comme l’église protestante qui l’a déjà perdue à cause de la position pro pouvoir de Monseigneur Marini Bondo.

Dans la recherche d’une solution appropriée à la crise qui frappe la République non démocratique du Congo, la Haute hiérarchie de l’église catholique est devant un dilemme : ou elle gagne le pari ou elle perd définitivement la face. Elle doit sauver la nation car elle a librement accepté de trouver une solution pacifique avant l’expiration du second et dernier mandat du président Kabila. Sa mission de bons offices en dirigeant le présent dialogue inclusif doit donner satisfaction au peuple qui l’observe et qui attend. Parviendra-t-elle à aboutir à un compromis politique global qui sortira notre pays de la crise actuelle ? Il faut l’espérer. En choisissant, à la dernière heure, de confier cette mission délicate de conduire le dialogue national inclusif à l’église catholique, Monsieur Joseph Kabila l’a sciemment piégée en la rendant responsable de l’anarchie qui suivra en cas d’échec. Elle a donc l’obligation de réussir or réussir cette mission revient à faire respecter l’article 220 de la Constitution.

Le président sortant a publiquement déclaré qu’« il ne se passera rien le 19 décembre 2016 ». Montrons-lui qu’il s’est lamentablement trompé et qu’il n’a pas le droit de narguer, sur leur sol, les descendants de Kimpa Vita, Simon Kimbangu et Patrice Lumumba. Des jeunes Congolais ont été massacrés par le pouvoir du 19 au 23 janvier 2015 et du 19 au 20 septembre 2016 parce qu’ils voulaient voir leur pays entrer dans la démocratie. Ils ne sont pas morts pour rien. Là où ils sont, ils nous regardent et attendent notre réaction. Allons-nous ignorer leur combat en accordant une prime par le glissement à celui qui les a inutilement sacrifiés ? Soyons conscients des enjeux et de notre passé récent.

Les soldats et les policiers congolais de souche ont la responsabilité d’aider le peuple à réussir cette sortie de la tyrannie, en barrant la route aux mercenaires qui viendront à la rescousse de M. Kabila et de son régime. Ils doivent protéger les manifestants qui cherchent entre autres l’amélioration des conditions de vie des hommes en arme.

Ensemble, mettons fin à l’actuel pouvoir ignoble. Montrons que nous sommes un peuple mûr et responsable.

Fweley Diangitukwa

www.fweley.wordpress.com

Le 12 décembre 2016.

[1] Nous avons donné suffisamment des preuves dans notre livre collectif, Fweley Diangitukwa (sous la direction de), Les Congolais rejettent le régime de Kabila, éditions Monde Nouveau/Afrique Nouvelle, juin 2015.

Libérez Eugène Diomi Ndongala

1 Nov

Libérez Eugène Diomi Ndongala

Par Fweley Diangitukwa

À vous, femmes et hommes de droit et à vous qui gouvernez la République,

Avez-vous perdu le sens de la morale, de la justice, du droit et de l’équité ? Comment pouvez-vous permettre que le criminel Gédéon Kyungu qui a tué soit libéré, reçu avec les honneurs non liés à son rang, présenté en public avec une effigie du chef de l’Etat et en même temps accepter que Diomi soit gardé en prison ? C’est vraiment abscons, abstrus. Mais où va la République non démocratique du Congo ? Mais quelle est encore la valeur de la justice au Congo ? Nous devons tous nous indigner.

Dans le cas de Diomi, la culpabilité n’a jamais été établie car aucun médecin ne s’est jamais prononcé sur la véracité du viol, tandis que pour celui de Gédéon Kyungu, la culpabilité a été juridiquement établie. Que les juristes qui croient encore à la supériorité du droit et les Hommes de Dieu qui ont encore un peu de bon sens se penchent sur ce dossier et plaisent pour la libération de Diomi. Cet homme a trop souffert à cause de la méchanceté des hommes, qui sont ses semblables. Avons-nous seulement compris que l’injustice doit avoir des limites pour construire un avenir commun meilleur ?

Je demande au peuple congolais de mener une campagne de sensibilisation pour la libération du fils de Gaston Diomi, l’un des Pères de l’indépendance de notre pays, qui est journellement détruit en prison à cause du soutien qu’il a apporté à Étienne Tshisekedi au lendemain des fraudes électorales de 2011. Il a assez payé pour cela et il est temps de le libérer avant que la mort ne survienne. Ne cultivons pas l’injustice et ne la rendons pas étatique. C’est une question d’éthique qui interroge le droit.

En plaidant pour la cause de Diomi, je plaide en même temps pour tous les prisonniers innocents qui sont incarcérés dans les prisons de notre pays. Ayons une pensée pour chacun d’eux dans nos prières jusqu’au jour où ils seront libérés.

Les nombreux scandales financiers et l’enrichissement sans cause de certains hommes politiques ne sont pas instruits par les tribunaux, mais le pouvoir préfère maintenir des opposants innocents en prison. Soyons utiles à nos semblables en défendant leur cause lorsque nous estimons qu’ils ont été accusés injustement. Puisque l’homme n’a qu’une vie, ses semblables ne doivent pas se donner un vilain plaisir de nuire à la vie d’autrui.

Sans se rendre compte, le pouvoir actuel fabrique des « monstres » qui risquent de radicaliser leur position ou de se retourner contre les auteurs de leurs peines après leur sortie de prison.

Soyons lucides. Plaidons pour la libération de Diomi Ndongala. Il est temps, avant qu’il ne soit trop tard.

Fweley Diangitukwa

www.fweley.wordpress.com

le 01.11.2016

RDC: IL S´APPELLE L´INCLUSIVITÉ…C´EST MOI OU RIEN !

1 Nov
Echanges avec le Compatriote Jean-Pierre Vununu sur l’après-Dialogue et l’Accord Politique
Cher Compatriote Jean-Pierre Vununu,
 
Merci de me relire calmement. Je suis clair et précis.
 
Vous avez certainement une très mauvaise appréciation de moi car je n’ai jamais cherché à dévier un quelconque débat mais je refuse les redites qui ne nous font pas avancer.    C’est probablement un défaut de formation mais dans le monde entier, les politologues et les hommes de droit qui travaillent sur l’Etat s’intéressent en priorité au chef de l’Etat et au parti qui gouvernent la République car ils ont la responsabilité du destin national. Vous êtes probablement le seul à faire exception et je ne peux malheureusement pas vous suivre pour ne pas aller à l’encontre de ma formation. M. Etienne Tshisekedi ne dirige pas l’Etat congolais et il n’est pas responsable de la crise actuelle voulue par le chef de l’Etat et son gouvernement. Soyons cohérents et respectons le droit afin que les générations futures nous respectent. Intéressons-nous à la cause et non aux effets de cette cause.
Je répète que je ne dévie pas car il n’y a aucune raison pour cela. Mais je refuse de ressembler à un poisson mort qui suit la direction du courant d’eau. Un poisson vivant reste logique et suit le bon sens. La science politique et le droit ont des principes qui doivent être respectés. La loi est dure mais c’est la loi. Celui qui a saboté le fonctionnement normal de nos institutions doit être sanctionné. Vous ne pouvez pas accorder un séjour supplémentaire dans votre maison au voleur qui vous a cambriolé quel que soit l’argument qu’il avance pour se justifier. Or, c’est cette absurdité que vous soutenez et vous me demandez de vous suivre. Ma réponse est NON. Je voudrais rester droit et je vous prie de ne pas me demander autre chose car j’ai une conscience qui m’interroge chaque jour et à tout instant.
Quant à vous, suivez librement la ligne que votre conscience trouve juste. Je répète : un politologue s’intéresse principalement à celui qui dirige le pays (chef de l’Etat et gouvernement) car il a le destin des citoyens entre ses mains. Aujourd’hui, M. Etienne Tshiseke n’est pas aux commandes de la République. Les Congolais qui manifestent leurs mécontentements ne s’adressent jamais à M. Etienne Tshisekedi. J’espère que vous vous intéresserez désormais à celui qui détient le destin des Congolais et ne dévierez plus jamais de cette ligne de conduite. Si vous êtes d’accord avec ce principe, alors nous pouvons continuer à débattre, dans le cas contraire, c’est une peine perdue, car je ne vous suivrai pas.
Je vous souhaite une bonne journée.
 
Fweley Diangitukwa
 

—-Message d’origine—-
De : kivu_avenir@yahoogroupes.fr
Date : 01/11/2016 – 06:46 (PM)
À : lecrisdesopprimes@yahoogroupes.fr
Cc : congovirtuel@yahoogroupes.fr, congo@yahoogroupes.fr, lecridesopprimes@yahoogroupes.fr, lafraco@yahoogroups.com, kivu_avenir@yahoogroupes.fr, congocitizen@yahoogroupes.fr
Objet : [Kivu-Avenir] (réponse 2 au Prof. Fweley) RDC: IL S´APPELLE L´INCLUSIVITÉ…C´EST MOI OU RIEN !

Cher Mbuta et Prof. Fweley,
 
Je vous ai bien répondu mais au retour, je constate comme je l´ai affirmé dans ma précédente réaction, la persistance de votre manque de sincérité car en me répondant vous ne tenez  même pas  compte du débat sous examen en la déviant volontairement vers la personne de Kabila.
 
Qui plus est, vous ne voulez pas répondre en reprenant   le même passage ci-dessous auquel pourtant j´avais réservé une réponse. 
 
Il est triste que vous êtes trop à l´aise  à critiquer nos gouvernants. Mais, dès qu´on ouvre le débat sur les dirigeants de l´opposition, subitement vous devenez moins intéressé et peu bavard alors que vous ne cessez de parler de l´alternance démocratique pour des gens considérés comme in-critiquables et irréprochables sur la manière dont ils gèrent leurs partis respectifs alors qu´ils ne sont  mêmes pas exemplaires en matière de démocratie. Cette attitude n´est pas du tout sérieux de votre part.
 
Vous ne pouvez pas chercher à vendre au peuple congolais un chat dans un sac.  Oui, c´est votre droit de critiquer ceux qui gèrent le pays, personne ne vous condamne en faisant cela.
 
Sur ce, ayez le courage  d´assumer un débat contradictoire avec ceux qui critiquent aussi votre camp  et surtout,  ayez  aussi la sincérité de ne pas jouer le flou en déviant à chaque fois le débat vers votre thème de prédilection : Kabila,  au moment où le thème principal est consacré à autre chose que Kabila.  
 
Pourquoi avez-vous  toujours l´habitude de fausser le débat ?
 
Comme dites vous que la politique est une discipline appartenant aux sciences économiques et sociales,  cela vous empêche t-il de parler du comportement antidémocratique  de certains leaders  de l´opposition surtout  des  manières dictatoriales de Tshisekedi dont il est question ici ?
 
Est-ce  comme ça ailleurs et chez-vous en Suisse, on ne critique que ceux qui sont au pouvoir ?
 
Pour terminer, revenons à mes griefs formulés contre Tshisekedi et débattons sur ça. Dites-nous si cela est vrai ou faux.  Le reste, ne sera qu´une fuite en avant de votre part qui ne vous honore pas en tant qu´un homme de science.
 
Mes salutations fraternelles et patriotiques
 
JP-Vununu
« ‘afriquenouvelle@bluewin.ch’ afriquenouvelle@bluewin.ch [congocitizen] » <congocitizen@yahoogroups.ca> schrieb am 19:35 Montag, 31.Oktober 2016:

La politique est une discipline appartenant aux sciences économiques et
  sociales , ceci signifie que tout dirigeant qui gouverne une République a l’obligation de   placer le social au devant de toute politique à mener . Or, on n’apprend ceci dans le texte ci-dessous, signé par l’un des laudateurs : «  Le comble, en 15 ans de pouvoir, il (Kabila) n´a pas mis un accent sur le social du peuple congolais. Qu´il s´engage au cours de cette transition à apporter et donner une nouvelle touche personnelle au social du peuple. Là, il  bouclera la boucle . » Une accusation publique gravissime de la part d’un laudateur. Toutefois, cette accusation publique gravissime conforte ce que Monsieur tout le monde sait et dit chaque jour. Les deux mandats de M Kabila sont largement négatifs. Malgré ce courage de reconnaître que le social a été absent de l’exercice du pouvoir pendant 15 ans (s’il vous plaît !), le même laudateur trouve légitime qu’on accorde encore quelques années supplémentaires sous forme de transition afin que le président sortant fasse ce qu’il n’a pu faire pendant 15 ans pour qu’il (Kabila)  » donne une nouvelle touche personnelle au social du peuple « . Dois-je me demander si l’auteur a bien pesé ses mots ? De qui se moque-t-il ? En tout cas, il vient de ternir son image auprès de son chef et de renforcer l’opinion des Congolais sur le régime actuel qui a complètement négligé le social.
Fweley Diangitukwa
Le Lundi 31 octobre 2016 6h25, « Jean-Pierre Vununu jpvununu@yahoo.de [congovirtuel] » <congovirtuel@yahoogroupes.fr> a écrit :

Cher Mbuta et Prof. Fweley,
1. En rapport avec votre réaction au point 1 sur l´emploi du mot inclusivité, vos éclaircissements confortent bien ma position pour avoir fait usage de ce mot.
Car,  j´ai écrit que Tshisekedi se croit être l´ensemble (inclusivité) de tous les politiciens ainsi que du peuple Congolais. Il  croit  que sa présence seule donne l´inclusivité à tous et qu´il représentait tout le monde.
Donc, c´est lui qui constitue l´ensemble et que par là, le caractère inclusive doit impérativement passer par sa présence ou encore sa signature. Sans cela, tout est faux soit caduc, ce qui justifie le moi ou rien. Je n´ai pas dit que le mot inclusivité signifiait moi ou rien, loin s´en faut !
En outre, dans mon texte, je suis allé même puiser un verset de Jean 10:3 :  » Moi et le père, nous sommes un  » pour démontrer dans le cas Tshisekedi  que ce dernier a toujours cru (sans référendum ni vote) que lui et le peuple sans exception font un, lui et tous les autres politiciens congolais font un et lui et son parti font un, et que, sa position doit être imposée à tous !
Quant au mot exclusivité, il n´a pas de sens dans mon article au vu des éclaircissements ci-dessus.
2. Pour ce qui est de votre deuxième volet, je parie et parierai toujours sur votre manque de sincérité. En tant qu´un homme de science et Professeur de votre état, il n´est pas sérieux que dans ce long article de 3 pages pour lequel vous réagissez ici, de vous attarder uniquement sur ce qui n´a pas constitué le thème du texte pour limiter ou dévier ce débat sur la personne de Kabila. Quel est le volet que vous avez consacré aux griefs contre Tshisekedi ?
En effet, 3/4 du thème a été consacré sur le caractère dictatorial de Tshisekedi, chose étonnante, vous ne pipez aucun mot là-dessus ni même un petit commentaire pour réagir sur ce qui constitue le 1/4 du thème !
Êtes-vous un homme de la science pour ne juger ou ne condamner que le pouvoir de Kabila soit Kabila lui-même ( seulement) en ménageant toutes les fautes et mauvais agissements de votre candidat Tshisekedi en particulier et de l´opposition en générale ? L´autocritique n´est pas votre lot ?
Mon texte a démontré que Tshisekedi est un vrai dictateur pour lequel je dis bien qu´il faut barrer coûte que coûte la route de manière à ce qu´il n´accède pas au pouvoir en RDC, prouvez-moi le contraire soit contredisez mes affirmations.
Pour ses adeptes, il est considéré comme zéro faute tandis que de notre part, personne n´a affirmé que Kabila serait un zéro faute, une sorte de demi dieu, irréprochable et in critiquable à l´instar de Tshisekedi.
Ce qui justifie mon constat sur le volet social en lui demandant de faire plus malgré tout ce qu´il a fait, constat que vous transformez en accusation alors que même au sein de la majorité, plusieurs personnalités reconnaissent cela publiquement sans s´attendre à la foudre de la part de Kabila. Est-ce le cas à l´UDPS ?
Quant au bilan de Kabila que vous qualifiez de largement négatif,  c´est pas vous à votre niveau qui irez limiter ce bilan rien qu´en rapport à l´action sociale tout en éludant sciemment tous ses autres efforts pour la réunification du pays, la fin à la guerre, la défense de l´intégrité territoriale du pays et le progrès dans plusieurs secteurs du pays.
Si Kabila quittait le pouvoir aujourd´hui, il ne laissera pas un pays détruit et pillé comme il le fut au 17 mai 1997.
D´ailleurs, pour certains qui disaient qu´il fallait d´abord libérer le pays de son occupation, leur langage a changé, ils parlent maintenant du respect de la constitution et des élections en lieu et place d´aller libérer le pays militairement. Ce qui conclus que le pays n´a jamais été occupé. Oui, il y a eu la guerre et occupation d´une partie du territoire du pays.
Et, il a tout fait pour terminer cette occupation en boutant hors du pays les rebelles du M23 malgré les tueries de Béni qui continuent à endeuiller le pays, un dossier qui nécessite la clarification de la forte présence des troupes de la Monusco à l´Est et de sa mission en RDC au vu des termes du chapitre VII de la Charte de l´ONU. Quand bien même c´est à l´armée national d´assurer la sécurité des personnes et de leurs biens mais que font  22 000 hommes super équipés depuis plus de 17 ans en RDC ? Sont-ils en villégiature en RDC ?
Vous me qualifiez de laudateur tout en sachant que dans mes multiples interventions je ne me limite pas à faire des éloges soit à louer Kabila. J´ai toujours fustigé le salaire de misère du peuple congolais. Et, c´est pas la première fois que j´insiste sur un accent supplémentaire à mettre ou à consacrer au social en disant  que Kabila puisse  boucler la boucle de manière que son œuvre au bénéfice de la nation soit vraiment  complète sans discussion. Car, en ce qui concerne d´autres volets, il a bien prouvé sa capacité.
Bon début de semaine
Mes salutations fraternelles et patriotiques
JP-Vununu

Un commentaire en deux volets s’impose.

(1) L’inclusivité (qui vient du nom « inclusion ») a une définition claire. Il ne s’agit ni de « moi ou rien » mais de l’ensemble. L‘exclusivité est l e contraire de l’inclusivité. Soit on est inclus soit on est exclus. C’est une évidence qui ne nécessite pas une longue dissertation.

(2) La politique est une discipline appartenant aux sciences économiques et sociales, ceci signifie que tout dirigeant qui gouverne une République a l’obligation de placer le social au devant de toute politique à mener. Or, on n’apprend ceci dans le texte ci-dessous, signé par l’un des laudateurs : « Le comble, en 15 ans de pouvoir, il (Kabila) n´a pas mis un accent sur le social du peuple congolais. Qu´il s´engage au cours de cette transition à apporter et donner une nouvelle touche personnelle au social du peuple. Là, il  bouclera la boucle. » Une accusation publique gravissime de la part d’un laudateur. Toutefois, cette accusation publique gravissime conforte ce que Monsieur tout le monde sait et dit chaque jour. Les deux mandats de M Kabila sont largement négatifs. Malgré ce courage de reconnaître que le social a été absent de l’exercice du pouvoir pendant 15 ans (s’il vous plaît !), le même laudateur trouve légitime qu’on accorde encore quelques années supplémentaires sous forme de transition afin que le président sortant fasse ce qu’il n’a pu faire pendant 15 ans pour qu’il (Kabila) « donne une nouvelle touche personnelle au social du peuple« . Dois-je me demander si l’auteur a bien pesé ses mots ? De qui se moque-t-il ? En tout cas, il vient de ternir son image auprès de son chef et de renforcer l’opinion des Congolais sur le régime actuel qui a complètement négligé le social.

Fweley Diangitukwa
 

—-Message d’origine—-
De : congocitizen@yahoogroups.ca
Date : 30/10/2016 – 19:26 (PM)
À : lecridesopprimes@yahoogroupes.fr
Cc : congocitizen@yahoogroups.ca, congovirtuel@yahoogroupes.fr, lafraco@yahoogroups.com, kivu_avenir@yahoogroupes.fr, congo@yahoogroupes.fr
Objet : [congocitizen] RDC: IL S´APPELLE L´INCLUSIVITÉ…C´EST MOI OU RIEN !

RDC: IL S´APPELLE L´INCLUSIVITÉ…C´EST MOI OU RIEN !

 

En RDC, de tous les hommes politiques de tous les temps, il y a un seul qui apparaît comme étant un homme providentiel. Il a le droit de donner le caractère inclusif à toute discussion politique et à n´importe quelle rencontre politique de tout genre.

 

S´il ne prend pas part à une rencontre politique, celle-ci est d´office déclarée sans objet. S´il n´est pas cosignataire d´un document, celui-ci est déclaré sans valeur. Si ses revendications ne sont pas prises en compte, celles des autres doivent être renvoyées aux calendes grecques. Son opinion doit toujours être imposée et considérée comme étant au dessus de celles des autres.

 

Même sans un référendum auprès du peuple, sa position semble être celle de tout le peuple congolais. Lorsqu´il parle de ses prises de position, d´après lui, c´est le peuple qui parle soit la volonté de tout le peuple congolais. Comme dans la Bible dans Jean 10:3 Jésus dit : « Moi et le Père nous sommes un » , lui et le peuple font un.

 

Au sein de son parti, sa position est irrévocable sans oublier qu´il a toujours raison sur tout. Ses erreurs et autres bourdes politiques sont transformées en stratégies du parti. Tous ceux qui essayent de protester sont vites accusés de trahison et  sommés de quitter le parti illico presto à quelques exceptions près. Il n´a pas droit à justifier sa gérance du parti. Même l´argent récolté à travers la diaspora pour son « impérium » ne peut être justifié parce que le bénéficiaire  fait corps ensemble avec le peuple. Il peut modifier les statuts du parti à sa guise même sans l´aval du congrès et sans rendre compte à qui que ce soit, personne ne peut dire mot parce qu´ici aussi, lui et le parti font un. Il est indissociable du parti. Quand on parle du parti, on voit son image et le parti c´est lui. Sans lui, personne d´autre peut hausser le ton et parler au nom du parti. Sa famille s´ingère dans la gestion quotidienne du parti avec son approbation. Pour ses adeptes, il est in-critiquable et serait sans faute d´où le surnom de « Zéro faute », une sorte de demi-dieu.

 
Et, c´est depuis longtemps que ça dure. En outre, dans son parcours politique rempli de plusieurs rebondissements, tout ne pourra pas être évoqué ici. Cela nécessitera tout un bouquin de plusieurs pages.
 
Quoi qu´il en fût, l´histoire nous rappelle que malgré ses qualités autoritaires, il fut aussi aimé par ses adversaires politiques qui n´ont pas manqué de le considérer comme incontournable pour l´intérêt supérieur de la nation afin de sortir le Congo ex- Zaïre du gouffre mais…
 
Ce qui fait que dans la nuit du vote historique à la Conférence Nationale Souveraine, qui dura de 17 heures du 14 août 1992 à 5 heures du matin du 15 août dans l´ hémicycle du palais du peuple bondé des Mobutistes du MPR,  la majorité des délégués constitués de ses « ennemis politiques » qui n´avaient pas d´autres choix, votèrent massivement pour lui. Même l´argent soit les « Mikomboso » mis à contribution par Mobutu pour corrompre les participants à ses assisses pour se choisir un autre candidat, n´avait pas suffit. Il emporta par 71 % de voix contre  27 %  au candidat du statu quo, Thomas Kanza.
 
Mais bien après, la suite était connue. Ne pouvant comprendre le jeu des alliances politiques après cette élection historique devant une assemblée pourtant à la solde de Mobutu, il s´est embrouillé comme toujours avec tout le monde pour le motif connu car c´est lui qui dicte. Avec lui, pas question de négociation. Sa position vaut son pesant d´or et elle est toujours irrévocable.

 
En lisant ces lignes, il est bien évident que certains, assurément, viendront comme toujours avec des accusations de tout genre pour nous taxer d´antipathie envers la personne de Monsieur l´Inclusivité autrement dit Étienne Tshisekedi, parce que c´est de lui qu´il s´agit. 
 

Mais, ce qu´ils ne savent pas en ce qui nous concerne, nous avons toujours l´habitude de privilégier l´intérêt supérieur de la nation à l´inverse de sa méthode, qui elle, privilégie d´abord sa personne car trop imbu de lui même.

 

C´est pourquoi comme ceux du  camp opposé au sien qui l´ont plébiscité le 15 août 1992 à la Conférence Nationale Souveraine,CNS,  nous l´avons aussi fait d´une autre manière dans le passé plus précisément en 2011. Ainsi, nous ne pouvons déroger à raconter une anecdote.

 
En effet, avant l´élection présidentielle de 2011, une rencontre était programmée aux États Unis entre quelques membres du directoire de son parti et ceux de mon ancien parti, l´UNC. Deux hauts cadres de mon ex-parti vivant en occident, – membres de nos fora qui se reconnaîtront et dont nous taisons les noms expressément-, déjà présent sur le sol américain pour la circonstance,  nous ont demandé de faire un mémo pour cette rencontre. Et là, bien qu´étant membre de ce parti à l´époque, nous n´avions pas hésité un seul instant dans notre analyse de conclure, ce, au prix du patriotisme et de l´intérêt commun, que le Président National de notre ex -parti, Vital Kamerhe devait s´effacer pour soutenir le leader Maximo.

 
Ici aussi, comme au bon vieux temps du Mobutisme, il a retrouvé ses vielles habitudes. Ainsi, s´enfermant dans son carcan dictatorial habituel, le leader Maximo avait déjà une position arrêtée, figée et fixée de ne rien donner ou céder en échange. D´où, l´inutilité de la rencontre car on ne vient pas négocier en ne voulant faire aucune concession tout en ayant une position ferme que l´on doit imposer à l´autre camp. Avec lui c´est comme ça, il impose et vous dit, c´est à prendre ou à laisser soit vous suivez ma position ou bien vous foutez le camp !
 
Même Kengo qui a fait le déplacement de Kinshasa jusqu´à Bruxelles pour lui tendre la main, s´est buté devant la même attitude. D´ailleurs, cette attitude ne s´est pas limitée qu´au niveau des tractations politiques avec ses pairs car, dans une interview  accordée durant la même période à la journaliste du soir, Colette Braeckmann, il n´ y pas allé par quatre chemins pour manifester publiquement son mépris à leurs égards
 

Qui a oublié l´appel qu´il avait lancé au peuple pour qu´on lui amène le Président Joseph Kabila ligoté ? Quel mépris !

 

Pour l´actualité de l´heure et, avant même le début du dialogue qui vient de se terminer à Kinshasa, il fut d´accord de rencontrer la Majorité Présidentielle. Il nous revient que les cadres de son parti se sont rencontrés à plusieurs reprises avec les cadres de la Majorité Présidentielle. Et, pendant tout ce temps, les autres qui ne furent pas associés à ces rencontres ne devaient pas qualifier cet acte de haute trahison car c´est lui qui « représente » l´inclusivité de tous les politiciens ainsi que du peuple congolais. On parlerait même d´un accord qui fut prêt à être conclu.

 

Mais, depuis la rencontre de Genval, il semble que la Majorité Présidentielle n´a pas su mettre la main plus profondément dans sa poche pour se laisser duper par Katumbi, lui, plus offrant. Là aussi, le silence est de mise car Mr l´Inclusivité a droit sur tout sauf aux critiques !

 

Là où le bât blesse et chose très étonnante, c´est lorsque ce fut le tour des autres d´accepter de rencontrer la Majorité Présidentielle étant donné que, ceux-ci, sans autre forme de procès furent accusés de trahison parce que cette accusation est venue de la part de celui qui détient l´inclusivité de tout en RDC.
 

Comme on vient de le constater, tout sans lui n´a aucun sens en RDC. Les opinions des autres ne comptent pas. En somme, c´est un vrai dictateur dont il faut coûte que coûte barrer la route en RDC. Il est question de privilégier l´intérêt national que de vouloir satisfaire sa boulimie du pouvoir.

 

In fine, quoiqu´on pourrait dire sur Kabila, ce dernier du moins, dans son parcours politique a su démontrer sa capacité à négocier, à écouter, à faire des alliances utiles, à dialoguer, à partager le pouvoir…le tout au nom de l´intérêt national.

 

En 15 ans de pouvoir, il a  travaillé et travaille encore presqu´avec toutes les sensibilités politiques du pays sans oublier qu´il n´a ménagé aucun effort pour  la réunification du pays, l´unité, la défense de l´intégrité territoriale et le progrès. Ce qui justifie notre choix en sa faveur car il s´agit de l´intérêt supérieur de la nation à travers ces étapes.

 
Le comble, en 15 ans de pouvoir, il n´a pas su travailler sur son image comme il le fallait en rapport avec toutes ces étapes citées et n´a pas mis un accent sur le social du peuple congolais. Qu´il s´engage au cours de cette transition à apporter et donner une nouvelle touche personnelle au social du peuple. Là, il  bouclera la boucle.
 

JP-Vununu, le 30 octobre 2016.

Crise congolaise : la voie de sortie

20 Oct

Crise congolaise : la voie de sortie

Par Fweley Diangitukwa

L’Accord Politique de MM. Edem Kodjo et Vital Kamerhe n’a aucune valeur car il n’a ni base juridique, ni base populaire, du fait que le quorum de juges n’a pas été atteint conformément à l’article 90 de la Loi organique de cette institution qui dispose : « La Cour ne peut valablement siéger et délibérer qu’en présence de tous ses membres, sauf empêchement temporaire de deux d’entre eux au plus dûment constaté par les autres membres ». Or, seuls cinq juges ont siégé au lieu de sept au minimum. Le Congo est maintenant entré dans une impasse totale et le pouvoir actuel n’a plus que la force pour s’imposer car il vient d’épuiser toutes les voies juridiques. Le rapport de l’Accord Politique est donc bon pour les archives car les juristes et les politologues sérieux n’y accordent aucune importance. Une page vient d’être tournée. Tout le monde a maintenant découvert le but cynique poursuivi par ceux qui ont bénéficié de largesses du Trésor public par un per diem substantiel. Comme pour les Concertations nationales, le peuple a encore été floué.

Nous avons déjà dit que les principaux concernés ne sont pas signataires dudit Accord Politique, à savoir le chef de l’Etat et la Commission Electorale  Nationale Indépendante. N’étant pas liés par leur signature, ils peuvent ou ne pas respecter le contenu de cet Accord et changer d’avis en annonçant, par exemple dans une année, l’impossibilité d’organiser les élections en avril 2018.

En prévoyant de nommer un Premier ministre issu de l’opposition, l’Accord Politique a subtilement mis fin à la Constitution actuelle et appelle à la rédaction d’une nouvelle Constitution. L’Accord Politique est un piège à dénouer rapidement. Ce document ne peut pas et doit pas rencontrer l’assentiment du peuple congolais qui n’a pas été associé au dialogue (principe d’inclusivité).

Les politologues et les sociologues (spécialistes de la sociologie politique) ne parlent plus de rationalité absolue qui a été abondamment critiquée mais de rationalité limitée. Or, dans le cas du présent Accord Politique, les deux niveaux de rationalité n’ont pas été atteints (se référer aux auteurs suivants pour en savoir plus : Herbert A. Simon, Cyert et March, Charles Linblom, Gigerenzer, etc.).

Il reste deux voies de sortie : une mauvaise et une bonne.

La mauvaise consiste à voir le pouvoir actuel recourir à la force pour imposer l’Accord Politique qui n’a ni base juridique ni base populaire et obtenir ce qu’il n’a pas obtenu par la voie légale mais, en recourant à ce mauvais choix, il va renforcer son impopularité et son rejet par le peuple congolais. La bonne voie consiste à organiser un autre dialogue – inclusif cette fois – qui regroupera les membres du Rassemblement de l’Opposition et la Mouvance présidentielle (ainsi que ses nouveaux adhérents présents à la Cité de l’OUA) et la Société civile.

Pour éviter une perte de temps, la direction du dialogue inclusif sera confiée à une Organisation qui maîtrise le dossier congolais et qui sera assistée par des représentants de trois ou quatre Organisations internationales. Elle aura pour tâche principale de faire respecter la Constitution actuelle (article 220) et la Résolution 2277 de l’ONU et de tracer la voie de l’avenir pour éviter l’anarchie actuelle voulue par le pouvoir sortant. L’Eglise catholique serait un bon choix. La durée du dialogue doit, dans un tel cas, être réduite à plus ou moins deux semaines. D’une façon ou d’une autre, les acteurs qui ont été la cause du conflit ne peuvent pas être une solution au problème, ceci revient à dire qu’ils ne peuvent pas diriger la période de transition qui devra être courte.

L’observation de la journée ville morte décrétée par le Rassemblement de l’Opposition, le mercredi 19 octobre 2016, massivement suivie sur l’ensemble du territoire national et respectée même par les acteurs de la Mouvance présidentielle, est la preuve irréfutable du rejet du régime actuel par le peuple (lire notre livre publié en 2015 et intitulé Les Congolais rejettent le régime de Kabila, sous la direction de Fweley Diangitukwa, éditions Monde Nouveau/Afrique Nouvelle).

Cette seconde voie est la seule et unique solution pour sortir le pays de l’impasse actuelle. Il n’est pas sûr que ceux qui cherchent à se maintenir au pouvoir par la force aient gain de cause car, tôt ou tard, ils seront emportés par le vent populaire qui vient. Dans l’histoire, les armes (violence) n’ont toujours pas eu raison sur le choix du peuple. Le Congo d’aujourd’hui n’est plus celui d’hier et le nombre de morts, de femmes et d’hommes arrêtés et emprisonnés arbitrairement, a aidé le peuple à mûrir et à être plus exigeant, plus déterminé et plus revendicatif. Il veut l’alternance le 19 décembre 2016 et rien d’autre. Qu’on la lui donne conformément à l’article 220 de la Constitution. C’est l’unique voie de sortie qui garantit le retour à la paix.

Nous devons placer, à la tête de la République, des femmes et des hommes qui ont véritablement le sens de l’Etat, qui respectent scrupuleusement la Constitution et qui savent rendre compte aux citoyens. Pour que la paix revienne, il est nécessaire que ceux qui n’ont pas voulu organiser les élections assument leur responsabilité en quittant pacifiquement le pouvoir le 19 décembre 2016 pour sauver la République.

Fweley Diangitukwa

Le 20 octobre 2016

Critique de l’Accord Politique proposé par le Facilitateur Edem Kodjo

19 Oct

Chers Compatriotes Congolais de souche,

Notre pays traverse une période très difficile qui est semblable au passage de la Colonisation à l’Indépendance, de la Dictature à la Démocratie. Un tel passage historique nécessite l’implication de Tous les Fils du pays pour trouver un Accord Politique dans un Dialogue Inclusif qui cimente l’avenir pour de longues années [cfr. : Table ronde à Bruxelles, Conférence nationale, Sun City en Afrique du Sud]. Malheureusement, l’Accord Politique trouvé par le Facilitateur de l’Union Africaine, en la personne du Togolais Edem Kodjo, viole plusieurs articles de la Constitution. De ce fait, cet Accord ne résout pas le conflit congolais ; au contraire, il l’envenime car l’ancien locataire du Palais du peuple restera en fonction jusqu’en avril 2018.

Sur la forme

  1. Les dialogueurs n’ont pas respecté le temps qui leur a été imparti.
  2. Le Dialogue n’a pas été inclusif car plusieurs partis de l’opposition et des membres de la société civile ont soit boycotté ledit dialogue soit quitté en cours des travaux.
  3. Les principaux concernés de cet Accord Politique ne sont pas signataires, à savoir : le chef de l’Etat sortant, la CENI, les partis politiques de l’opposition (représentée par une fraction partisane), la société civile (représentée par une fraction partisane).

Sur le fond

  1. L’Accord Politique viole l’« Exposé des motifs » contenu dans la Constitution de 2006 qui dit : « En vue de mettre fin à cette crise chronique de légitimité et de donner au pays toutes les chances de se reconstruire, les délégués de la classe politique et de la Société civile, forces vives de la Nation, réunis en Dialogue intercongolais, ont convenu, dans l’Accord Global et Inclusif signé à Pretoria en Afrique du Sud le 17 décembre 2002, de mettre en place un nouvel ordre politique, fondé sur une nouvelle Constitution démocratique sur base de laquelle le peuple congolais puisse choisir souverainement ses dirigeants, au terme des élections libres, pluralistes, démocratiques, transparentes et crédibles» [ce n’est pas le cas à la fin de ce second et dernier mandat du chef de l’Etat sortant].
  2. L’Accord Politique viole plusieurs articles de la Constitutions, entre autres (voir ce qui est en italique) :

Article 64 :

Tout Congolais a le devoir de faire échec à tout individu ou groupe d’individus qui prend le pouvoir par la force ou qui l’exerce en violation des dispositions de la présente Constitution. Toute tentative de renversement du régime constitutionnel constitue une infraction imprescriptible contre la nation et l’Etat. Elle est punie conformément à la loi.

Article 70 Le Président de la République est élu au suffrage universel direct pour une durée de cinq ans renouvelable une seule fois. A la fin de son mandat, le Président de la République reste en fonction jusqu’à l’installation effective du nouveau Président élu [la durée de cinq ans arrive à la fin le 19 décembre 2016].

Article 73 :

Le scrutin pour l’élection du Président de la République est convoqué par la Commission électorale nationale indépendante, quatre-vingt-dix jours avant l’expiration du mandat du Président en exercice.

Article 78 :

Le Président de la République nomme le Premier ministre au sein de la majorité parlementaire après consultation de celle-ci. Il met fin à ses fonctions sur présentation par celui-ci de la démission du Gouvernement. Si une telle majorité n’existe pas, le Président de la République confie une mission d’information à une personnalité en vue d’identifier une coalition. La mission d’information est de trente jours renouvelable une seule fois [cet accord ne respecte pas la Constitution car il est dit que le Premier ministre sera choisi dans l’opposition].

Article 158, alinéa 1 :

La Cour constitutionnelle comprend neuf membres nommés par le Président de la République dont trois sur sa propre initiative, trois désignés par le Parlement réuni en Congrès et trois désignés par le Conseil supérieur de la magistrature [Seulement cinq juges ont siégé au cours de cette audience dirigée par Lwamba Bindu. Quatre de ses membres étaient absents. Siéger à cinq sans avoir atteint le quorum est un manquement grave pour les juges de la Cour constitutionnelle. Il y a eu violation de l’article 90 de la Loi organique de cette institution qui dispose : « La Cour ne peut valablement siéger et délibérer qu’en présence de tous ses membres, sauf empêchement temporaire de deux d’entre eux au plus dûment constaté par les autres membres ». Le non-respect de cette disposition enlève toute la validité à l’Accord Politique]. De ce fait, l’Accord Politique n’a aucune valeur juridique. Tout le travail qui a été fait à la Cité de l’OUA tombe à l’eau.

Article 211, alinéa 3 :

Elle [la CENI] assure la régularité du processus électoral et référendaire [cette régularité n’a pas été respectée].

Article 220, alinéa 1 :

La forme républicaine de l’Etat, le principe du suffrage universel, la forme représentative du Gouvernement, le nombre et la durée des mandats du Président de la République, l’indépendance du pouvoir judiciaire, le pluralisme politique et syndical, ne peuvent faire l’objet d’aucune révision constitutionnelle.

  • La Résolution 2277 des Nations unies n’a pas été respectée car elle a clairement stipulé que les conclusions de l’Accord Politique devaient être conformes à la Constitution. En violant la Constitution a été violée [voir articles cités ci-dessous], les dialogueurs n’ont pas respecté la Résolution 2277.

En Conclusion

  1. En Afrique, la révision ou la modification constitutionnelle et les Accords Politiques servent à faciliter le maintien du chef de l’Etat au pouvoir.
  2. L’Accord Politique proposé par le Facilitateur Edem Kodjo s’inscrit dans la logique ci-dessus. C’est un document fantaisiste qui ne respecte pas la Constitution et qui bloque sciemment le principe de l’alternance politique à la fin du second et dernier mandat du chef de l’Eta sortant. De ce fait, cet Accord ne concerne que leurs auteurs et ceux qui ont pris part aux concertations de la Cité de l’OUA.
  3. Cet Accord Politique est un coup d’Etat constitutionnel déguisé car il viole le préambule de la Constitutions de 2006 qui stipule : « […] Condamne le coup d’Etat, l’exercice tyrannique du pouvoir et l’usage de la violence politique, sous toutes ses formes, comme moyens d’accession au pouvoir ou de sa conservation ».
  4. À cause de leur manquement grave au non-respect de la Constitution, le chef de l’Etat et le Gouvernement doivent être sanctionnés en ne dirigeant pas la période transitoire ; aussi la CENI ne doit pas organiser les élections. Cette sanction est indispensable pour éviter que les mêmes fautes soient commises dans le futur par d’autres dirigeants. Aucune entorse ne doit être faite à la Constitution afin qu’elle soit continuellement respectée [nécessité de créer une tradition].
  5. J’invite les Congolais de souche à ne pas respecter cet Accord Politique inspiré par des considérations politiques et à exiger le départ du Locataire du Palais de la Nation en date du 19 décembre à nuit, car il n’a pas été le garant de notre Constitution. Il a trahi les institutions de la Républiques en ne se soumettant pas au délai [voir cas de Haïti].
  6. À s’investir dans un Nouvel Accord politique plus inclusif qui ouvrira les portes du Congo de demain.
  7. À ne pas abandonner la lutte non violente qui nous conduira à la Victoire. Nos martyrs tombés les 19, 20, 21, 22, 23 janvier 2015 et le 19 septembre 2016 doivent être honorés par notre détermination à créer un Etat de droit en RD Congo.
  8. Suivez cette vidéo : http://www.radiookapi.net/2016/10/18/emissions/dialogue-entre-congolais/la-cour-constitutionnelle-accepte-le-report-des

Fait à Vevey (Suisse), le 19 octobre 2016

Dr Fweley Diangitukwa

Politiste

http://www.fweley.wordpress.com

Lu pour vous : RD Congo : souvent Vital Kamerhe varie…

23 Sep
JUENE AFRIQUE

RD Congo : souvent Vital Kamerhe varie…

Publié le 22 septembre 2016 

Il se voyait déjà leader de l’opposition. Las ! Sentant que Tshisekedi et Katumbi risquaient de l’évincer, il a finalement accepté de prendre part au dialogue avec le pouvoir censé préparer la transition. Cet article d’analyse a été publié le 11 septembre dans le n°2905 de Jeune Afrique.

«Si l’on tente de toucher à la Constitution, je serai le premier à quitter cette salle. » Le 5 septembre, au soir de l’une des premières journées de dialogue avec le pouvoir, Vital Kamerhe continuait de bomber le torse.

On ne se refait pas. Du moins pas aussi vite. Pendant plusieurs années, ce tribun-né a été l’un des opposants les plus critiques au président Joseph Kabila. Mais cette ultime rodomontade ne suffit pas à masquer son revirement : pendant des mois, Kamerhe s’est vigoureusement opposé au dialogue proposé par le chef de l’État, y voyant « un piège ». Non seulement il a finalement accepté d’y participer, mais il le fait en plus en tant que « comodérateur ».

Des positions changeantes

Ce n’est pas la première fois que Vital Kamerhe, 57 ans, change ainsi de posture. Avant de passer à l’opposition, en 2009, il était l’un des principaux soutiens de Kabila : membre cofondateur de son Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) en 2002, il a été un porte-parole du gouvernement très offensif contre l’opposition. Il a ensuite pris la direction du parti, puis la présidence de l’Assemblée nationale.

À ce poste, cet ambitieux se permet une certaine autonomie vis-à-vis du chef de l’État. Jusqu’à oser critiquer deux de ses décisions : une série de contrats signés avec la Chine et l’entrée des troupes rwandaises dans l’est du Congo. Piqué au vif, Kabila le contraint à la démission en 2009. Kamerhe fonde alors son propre parti, l’Union pour la nation congolaise (UNC), et rejoint l’opposition.

Cette propension à retourner sa veste – qu’il partage avec de très nombreux hommes politiques congolais – lui a valu un surnom dans les dîners de La Gombe : le « Kamerhéon ». Lequel décrit tout aussi bien son extra­ordinaire capacité d’adaptation. Natif de Walungu, dans la province du Sud-Kivu, Kamerhe a passé son enfance dans différentes villes du Zaïre, au gré des mutations de son père fonctionnaire.

Résultat, il parle sept langues : le français, l’anglais, le lingala, le swahili, le kikongo, le tshiluba et le mashi. Pratique quand il s’agit de soulever les foules et de toucher les cœurs. Mais Vital Kamerhe sait aussi parler le langage des journalistes, qu’il abreuve de formules chocs, et même celui des diplomates, admiratifs de ses analyses politiques.

Une partie d’entre eux a d’ailleurs discrètement applaudi sa nouvelle stratégie : jouer l’apaisement. Les incertitudes sur la stabilité de cet immense pays inquiètent en effet tous ceux qui y ont des intérêts… Or le redouté scénario du « glissement » est devenu inévitable : la Commission électorale nationale indépendante n’aura pas le temps d’organiser un scrutin présidentiel d’ici à décembre.

C’est pourtant à cette date que doit s’achever, si l’on en croit la Constitution, l’ultime mandat de Joseph Kabila. Du coup, plaide l’entourage de Kamerhe, mieux vaut négocier pour éviter le chaos. Quand l’élection aura-t-elle finalement lieu ? Qui dirigera le pays dans l’intervalle ? et avec qui ? Ce sont ces questions que doit trancher le fameux dialogue national.

L’opposition se sent trahie

Pour le Rassemblement de l’opposition, en revanche, la soudaine ouverture de Vital Kamerhe est vécue comme une trahison. Cette structure regroupe notamment l’opposant historique, Étienne Tshisekedi (83 ans, dont plus de trente passés à lutter contre tous les pouvoirs congolais successifs), et l’ancien gouverneur du Katanga Moïse Katumbi, qui a rompu avec Kabila en 2015.

Pour eux, il n’y a rien à négocier : le prétendu « dialogue » n’est qu’une manœuvre du chef de l’État pour se maintenir au pouvoir ; il doit se retirer et laisser un gouvernement de transition prendre le relais jusqu’au scrutin.

Il y a encore quelques semaines, Kamerhe était du même avis. Il faisait tout pour s’ériger en leader de l’opposition. Jusqu’en 2015, il avait même des raisons d’y croire. Ses deux rivaux d’alors étaient entravés pour des raisons diverses : Tshisekedi était affaibli par l’exil, l’âge et la maladie et Jean-Pierre Bemba, jugé à la Cour pénale inter­nationale, paraissait en mauvaise posture – il a depuis été condamné à dix-huit ans de prison.

Kamerhe était convaincu qu’un boulevard s’ouvrait devant lui et, qui sait, qu’il pourrait le mener jusqu’au palais de la Nation. L’arrivée du populaire Moïse Katumbi dans l’opposition a changé la donne.

Celui-ci a débarqué avec sept partis anciennement membres de la majorité, le « G7 ». Et il dispose d’un atout qui fait cruellement défaut à Kamerhe : la fortune, véritable nerf des batailles politiques congolaises.

Dans un premier temps, Kamerhe semble jouer le jeu de l’unité. On peut encore trouver, sur internet, les vestiges de cette époque révolue : dans une vidéo tournée en février, Katumbi, Kamerhe et Félix Tshisekedi, le fils d’Étienne, s’embrassent à tour de rôle en répétant « pasi na yo, pasi na nga » (« ton souci est le mien », en lingala). Presque un slogan de campagne pour une cause commune.

Mise à distance progressive de l’opposition

Mais lorsque le G7 investit Katumbi pour la présidentielle, Kamerhe voit rouge et critique publiquement cette initiative. En privé, l’entourage de Katumbi s’étrangle : il pensait un accord en bonne voie.

En juin, l’opposition se réunit à Genval, dans la banlieue de Bruxelles, pour lancer son « Rassemblement ».

Kamerhe est invité, mais flaire une initiative des réseaux katumbistes pour sceller une alliance avec Tshisekedi. Il ne vient pas. Dès lors, cet homme habituellement très volubile évite les médias. Sans doute commence-t-il à mûrir son changement de stratégie. Le retour triomphal de Tshisekedi à Kinshasa, le 27 juillet, ne peut que le convaincre de sauter le pas.

Le « vieux » se révèle en effet en meilleure forme que ce que beaucoup pensaient. Surtout, il est accueilli par des centaines de milliers de partisans. Un bain de foule comme le pays n’en avait plus connu depuis des années, peut-être même des décennies. Cruel pour Kamerhe, qui, malgré ses efforts, n’a jamais réussi à se forger une popularité comparable à Kinshasa. C’est désormais une évidence : dans l’opposition, il sera cantonné aux seconds rôles.

Perte de soutiens

Et dans la majorité ? Le gouvernement lui fait des appels du pied. Le 19 août, sa chaîne de télévision, Canal Futur, est de nouveau autorisée à émettre (celle de Jean-Pierre Bemba aussi, mais pas celles de Moïse Katumbi). Kamerhe accepte de participer au dialogue.

À Kinshasa, l’image des drapeaux de son parti, l’UNC, accolés à ceux du PPRD, détruit en quelques heures une réputation d’opposant bâtie durant des années. Ses deux principaux lieutenants, Jean-Bertrand Ewanga et André-Claudel Lubaya, quittent leur poste.

Une grande partie de son fief du Sud-Kivu continue malgré tout de le soutenir. Le 23 août, Bukavu n’a pas suivi l’appel de l’opposition à une journée « ville morte » dans tout le pays. Reste que Kamerhe, qui n’a pas souhaité répondre à nos questions, se retrouve un peu seul à la table de dialogue…

Pierre Boisselet