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La logique de faire perdre du temps à l’opposition

25 Juil

À mes compatriotes Congolais de souche,

Je vous informe que tout ce que le pouvoir actuel fait s’inscrit dans la logique de gagner du temps. J’ai commencé à le dire depuis l’annonce des concertations nationales. Je me suis énergiquement opposé à la nécessité de participer au dialogue national du facilitateur Edem Kondjo, sans être écouté. Les dirigeants actuels anticipent les événements pour contraindre l’opposition à perdre son temps à rouspéter et à ne pas faire des propositions en sa faveur. Les deux dialogues ainsi que la nomination de M. Tshibala et celle de M. Olenga Nkoy s’inscrivent dans cette logique de distraction et de division pour conserver le pouvoir et régner. C’est du machiavélisme. L’avons-nous finalement compris ? Je doute fort.

Nous sommes au mois de juillet, nous serons bientôt en décembre et les hommes du pouvoir diront à l’opposition que la République a perdu du temps (alors que ce sont eux qui font volontairement perdre du temps à l’opposition), ils doivent continuer à gouverner. Le pouvoir actuel est capable de nommer un autre Premier ministre avant fin décembre pour obliger l’opposition à continuer de discuter inutilement. Un vrai leader est celui qui prend de l’avance et qui anticipe les événements. Nous ne sommes pas collectivement dans cette logique malgré nos différents appels. À cause de notre distraction collective, nous avons maintenant des autorités illégitimes et illégales à tous les niveaux des institutions. Les évêques de la CENCO se sont laissé entraîner dans la même logique de distraction en accordant gracieusement une année à un candidat qui n’avait plus de mandat. Ceci ne se passe que dans une République bananière comme la nôtre. Et dire que nous avons des juristes et de surcroît constitutionnalistes dans ce pays ! Quelle honte !

Il est temps de mettre en place une stratégie qui permet au peuple d’entrer dans la transition et d’avoir ensuite un gouvernement dans lequel notre pays aura un président qui ne mentira pas sur son identité et ne pillera pas les ressources du pays avec l’appui de sa fratrie. Il faut dire que les dirigeants actuels (militaires et civils) sont complices de toutes les tractations malhonnêtes (magouilles) car ils ont fermé les yeux sur toutes les malversations commises par la famille Kabila et Cie. Beaucoup d’entre eux en ont profité. Ils sont donc responsables et devront s’expliquer demain.

Fweley Diangitukwa

http://www.fweley.wordpress.com

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Que nous réservent les mois qui viennent ?

13 Juil

Que nous réservent les mois qui viennent ?

Par Fweley Diangitukwa

24 mai 2017

 L’actuel président, sans légalité et sans légitimité, n’acceptera pas que l’élection présidentielle soit organisée en décembre 2017 et il ne quittera pas le pouvoir sans être contraint par le peuple. Les scènes macabres du Kasaï s’inscrivent dans cette stratégie sordide. Par une réforme constitutionnelle, le PPRD cherchera à organiser l’élection de son autorité morale en recourant au scrutin indirect, précédé d’un référendum, c’est-à-dire en passant par le Parlement où il détient une majorité. Voilà hélas ce qui attend les Congolais si nous ne nous mobilisons pas pour changer cet ordre pprdien.

 À partir du 19 décembre 2016, la RDC est entrée dans l’impasse car la Constitution n’a pas été respectée à cause de la CENCO qui a naïvement décidé d’accorder un bonus d’une année au chef d’Etat sortant. Depuis ce choix anticonstitutionnel, la confusion règne dans notre pays. Les évêques ont voulu trouver à l’amiable une solution de sortie de l’anarchie sans se rendre compte qu’ils plongeaient le pays dans une impasse indescriptible à laquelle ils ne peuvent malheureusement pas remédier. Las d’attendre la nomination d’un Premier ministre issu de leur Accord du 31 décembre 2017, ils ont fini par abandonner le dialogue sans résoudre les dossiers clés : la nomination d’un Premier Ministre sorti du Rassemblement et le calendrier des élections.

En appelant les évêques à piloter le dialogue, le président sortant voulait gagner du temps afin de prolonger son mandat, non plus en s’appuyant sur la Constitution qui ne le lui autorisait plus mais sur un consensus basé sur une simple promesse non signée de sa main. Là, les hommes de Dieu se sont fait avoir. Proprement. Alors que nous les avons prévenus. Avec son nouveau bail gratuit d’une année, le peuple congolais a assisté, complètement médusé, à un théâtre comique, le mercredi 5 avril 2017, au cours duquel un chef d’Etat sans mandat du peuple, donc illégal et illégitime, s’est adressé aux députés sans mandat depuis la fin du mois de février 2017 – et donc eux aussi illégitimes, et aux Sénateurs sans mandat depuis 2012 – eux aussi illégitimes. Malgré cette illégalité et cette illégitimité généralisées, les gouvernants font croire aux citoyens qu’ils agissent dans un contexte légal. Cela s’appelle : « faire du théâtre sur un lieu public : une comédie burlesque ». Il leur arrive même qu’ils évoquent la Constitution [lorsque cela les arrange] qu’ils ont mise de côté en décembre 2016. Au lieu d’avancer, la République marque les pas, comme des élèves devant leur salle de classe. Quel gâchis politique !

Chers Compatriotes, celui qui se dit chef d’Etat de la RDC est sans mandat légal et sans légitimité. La promesse qu’il a reçue d’un groupe apolitique a été signée le 19 décembre 2016, c’est-à-dire 4 jours après la fin du mandat présidentiel. Cette promesse n’est donc pas constitutionnelle. Le peuple congolais ne doit pas se sentir concerné par l’accord de la CENCO qui lui a offert une année supplémentaire sans, au préalable, consulter le peuple que nous sommes. Les discours que le chef d’Etat sans mandat populaire a prononcés à l’Assemblée nationale ou ailleurs ne doivent pas intéresser les Congolais. Nous devons savoir que notre pays est juridiquement sans chef d’Etat depuis le 17 décembre 2016. Voilà pourquoi j’invite mes compatriotes Congolais de souche à ne plus utiliser les termes Excellence et Honorable, car dans la situation actuelle, le chef d’Etat, les députés et les Sénateurs sont tous hors mandat. Le gouvernement actuel n’est pas légitime car il a été formé sans s’appuyer sur un texte légal [la Constitution n’ayant pas été respectée en décembre 2016].

Il est important de dire au peuple congolais que le PPRD est dans une dynamique d’affaiblissement de l’opposition en la désorganisant. Il s’emploie à distraire l’opposition pour qu’elle ne s’occupe pas de son avenir. C’est bien ce qui a toujours motivé l’autorité morale de ce parti. C’est dans ce but que le président Joseph Kabila avait débauché les cadres dirigeants du MLC après l’incarcération de leur chef au CPI. MM. Kamitatu, Mwamba et Thomas Luhaka ont rejoint la mouvance présidentielle. Le premier nommé a fini par la quitter. C’est maintenant au tour de l’UDPS d’être dépecée. L’opération devient facile car M. Étienne Tshisekedi qui était la référence du parti n’est plus de ce monde. Connaissant la légèreté des Congolais et leur amour de l’argent facile par la corruption, le chef d’Etat sans mandat électif débauche maintenant sans état d’âme dans la famille politique de l’UDPS pour semer le désordre et gagner davantage du temps. Le choix de Samy Badibanga et de Bruno Tshibala entre dans la stratégie de distraire l’opposition afin qu’elle ne s’organise pas et ne prépare pas les échéances futures, notamment les élections à tous les niveaux qui n’auront pas lieu en décembre 2017, contrairement au discours officiel. En passant leur temps à se quereller et à attendre d’être nommés par celui qui n’a plus de mandat électif et qui n’est plus constitutionnellement chef d’Etat, les opposants perdent leur chance de gagner les élections futures qui seront, du reste, maquillées si elles ont lieu. En effet, le but principal du PPRD est de distraire continuellement l’opposition en la poussant à passer son temps à protester alors que, pendant ce même temps, le PPRD prépare les prochaines échéances avec l’argent du Trésor public, c’est-à-dire en utilisant les moyens de l’Etat. Les membres de ce parti mènent la propagande à la télévision nationale au vu et au su de tout le monde, pour leur maintien au pouvoir. Il me semble que l’opposition ne voit pas le côté nuisible de cette stratégie pourtant bien visible. À qui appartient la télévision nationale ? Aux seuls membres du PPRD ? Devant un tel scénario macabre, l’opposition qui bénéficie du soutien du peuple doit se distinguer par une contre stratégie qui lui permettra de mettre fin au cynisme actuel. Le pouvoir actuel s’appuie sur les rapports de force qui lui sont favorables car l’armée congolaise a été désarmée au profit des milices présidentielles soutenues par le Rwanda et l’Ouganda. Les moyens financiers sont entre les mains de caciques du régime et ceux qui sont dans l’opposition n’ont rien pour agir et imposer l’alternance au pouvoir.

L’évolution politique dans notre pays montre que l’élection présidentielle n’aura pas lieu en décembre 2017, contrairement à la promesse de la CENCO. Le drame qui se passe dans le Kasaï s’inscrit dans cet objectif. La CENI trouve dans ce désordre affreux le prétexte de ne pas continuer le recensement dans cette province afin de justifier, dans une étape ultime, l’impossibilité d’organiser les élections parlementaires sinon l’élection présidentielle en décembre de cette année [nous l’avons affirmé anticipativement en mai de cette année avant que M. Nangaa ne s’exprime publiquement dans ce même sens].

Après avoir trompé le peuple en 2006 et en 2011, le chef d’Etat sans mandat cherche une autre solution pour se maintenir au pouvoir. Comme il ne peut plus se représenter à un troisième mandat ni organiser de nouvelles concertations nationales ou un nouveau dialogue national, il cherche une autre solution plus douce et plus rassurante. Il me semble que son élection au Parlement par les députés corrompus l’emporte sur les autres scénarios. Vu sous cet angle, il est probable qu’il encourage une élection au suffrage universel indirect en forçant la révision de la Constitution ou en organisant un référendum afin qu’il soit élu au Parlement où il détient déjà une majorité. C’est pour contrer cette stratégie que j’ai affiché, il y a quelques mois, un articlé que j’ai précédemment publié et dans lequel je dis clairement que les Etats unitaires organisent les élections au suffrage universel (scrutin direct) pour permettre au chef d’Etat élu d’avoir une majorité au niveau national et une légitimité populaire  alors qu’il est juridiquement admis que le chef d’Etat soit élu par les députés au Parlement (scrutin indirect) dans les Etats fédéraux. La RDC n’étant pas un Etat fédéral mais unitaire, l’élection présidentielle au suffrage universel direct s’impose. Donc, l’idée d’organiser un référendum sert à autoriser l’actuel chef d’Etat, sans légalité et sans légitimité, à demeurer encore au pouvoir par la voie du scrutin indirect. Nous sommes tous avertis. Comme la Constitution a été mise à l’écart en décembre 2016, ceux qui dirigent notre pays sans mandat n’ont pas le droit d’évoquer cette même Constitution pour organiser un référendum qui conduira au choix du scrutin indirect. Comme ce sont des hommes immoraux, imbus d’eux-mêmes et faibles à l’argent qui sont à la tête de la République, ils sont capables de forcer la note au mépris du peuple en s’appuyant sur les rapports de force en leur faveur. D’où la nécessité que le peuple s’appuie, à son tour, sur le nombre (plus de 70 millions) pour imposer l’alternance. Une minorité gouvernementale sans légitimité ne peut pas s’imposer à une majorité détentrice de la souveraineté populaire. M. Joseph Kabila ne doit pas se moquer du peuple indéfiniment.

En guise de rappel, l’anarchie que nous vivons actuellement ressemble à celle des années 1990, après la Conférence nationale non souveraine. Dans l’intention de bloquer l’alternance démocratique, le maréchal Mobutu a procédé au débauchage des acteurs de l’opposition en les nommant au poste de Premier Ministre sans respecter ce qui a été décidé à la conférence nationale. C’est bien ce que fait l’actuel chef d’Etat sans mandat. On se souvient de la nomination de MM. Birindwa, Mungul Diaka, etc. Ces nominations anarchiques s’inscrivaient dans la volonté de gagner du temps, comme cela se passe actuellement. S’il n’y avait pas eu l’AFDL avec son lot de Rwandais, les Congolais auraient souffert pendant longtemps car, le but de Mobutu était de mourir au pouvoir et de laisser sa place aux ressortissants de son ethnie ngbandi majoritaires dans le MPR, dans l’armée et la DSP. Si vous remplacez les Ngbandi par les Rwandais, vous obtiendrez le même résultat. Nous ne pouvons plus être naïfs une seconde fois.

Pour toutes ces raisons, je demande aux membres de l’opposition de ne pas s’attendre à ce que l’un de leurs soit nommé Premier Ministre par un chef d’Etat illégal et illégitime (car c’est un non-sens écœurant) qui, de plus, n’a jamais respecté ses promesses. La conservation du pouvoir – quel qu’en soit le prix – est sa seule ambition. Préparons-nous autrement pour assurer la transition avec un personnel politique autre que celui qui a trahi la nation en acceptant de composer avec un chef d’Etat sans mandat populaire.

Depuis son arrivée au Congo dans les bagages de l’AFDL, Monsieur Joseph Kabila a toujours pensé que les Congolais sont incapables de se libérer par eux-mêmes, car, ne cesse-t-il de dire, sans les Rwandais, les Zaïrois seraient encore sous la domination du MPR. Nous avons l’obligation de démentir cela et de lui prouver que nous voulons avoir des dirigeants qui participent au développement de notre pays et pas ceux qui utilisent le pouvoir pour leur enrichissement personnel.

En tout cas, M. Bruno Tshibala n’a pas les mains libres et ne gouverne pas le pays. Il est malheureusement devenu un otage au service de celui qui l’a nommé à la Primature. S’il n’a pas obtenu la possibilité de composer librement son gouvernement, que pourra-t-il faire d’autre, à part se contenter de son salaire ? D’un côté le pouvoir nomme des ressortissants du Kasaï à la Primature et de l’autre le même pouvoir tue sans répit dans leur province d’origine. Quel cynisme !

Peuple congolais, préparons-nous car les mois qui viennent seront incertains, voire très incertains.

 

Fweley Diangitukwa

www.fweley.wordpress.com

Dernière publication : « Comment mettre fin à une dictature solidement installée », Paris, éditions L’Harmattan, février 2017.

LA CENCO A CONDUIT LA REPUBLIQUE DANS L’IMPASSE (suite et fin)

1 Avr

LA CENCO A CONDUIT LA REPUBLIQUE DANS L’IMPASSE

Par Fweley Diangitukwa, politiste

http://www.fweley.wordpress.com

« Vox Dei, vox populi » ou, inversement, « vox populi, vox Dei » disaient les Romains. Au lieu de suivre la voix de Dieu et la voix du peuple qui voulait le respect de la Constitution ainsi que la Résolution 2277 des Nations unies qui exigeaient également le respect de la Constitution, les prêtres de la CENCO ont préféré écouter et suivre la voix de celui qui a financé leurs travaux. Hélas, elle n’a résolu aucun problème social, à par le fait d’avoir réussi à sauver le président sortant qui demeure toujours au pouvoir après la date fatidique du 19 décembre 2016. En tout cas, la CENCO a bloqué momentanément l’évolution de la politique dans notre pays. Maintenant qu’elle vient de découvrir la face cachée de celui avec qui elle croyait ouvrir un vrai dialogue au profit de tous, que fera-t-elle pour sauver publiquement son honneur déjà souillé ?

Si la CENCO avait lu et intégré les propos testamentaires de Mgr Etsou (se référer à mon livre paru en 2007 aux éditions L’Harmattan et intitulé Les fraudes électorales. Comment on recolonise la RDC), elle aurait été beaucoup plus prudente. Hélas, elle a oublié qu’au XVe siècle, avec Nicolas Machiavel, il y a eu une séparation entre le pouvoir spirituel et le pouvoir temporel et que la morale et l’éthique des religieux ne sont pas toujours partagées par les politiciens cyniques qui se moquent éperdument des profanes en politique qu’ils jugent faibles.

Tout montre que l’alternance n’est pas à l’ordre du jour dans le camp du président Kabila. Malgré un bilan largement négatif, le PPRD s’impose par la violence et il continuera à s’imposer par ce moyen aussi longtemps qu’il ne trouvera pas un mur devant lui car ce parti au pouvoir s’inscrit pleinement dans la logique des rapports de force face à un peuple démuni.

Il est étonnant de constater que, malgré le fait que le président Kabila a perdu sa légalité constitutionnelle depuis le 19 décembre 2016 et sa légitimité populaire depuis longtemps, l’opposition se comporte toujours, face à lui, comme s’il a encore la légalité et la légitimité déjà perdues. Est-ce par naïveté ou par ignorance ? Selon la même logique, il est étonnant de constater que la CENI, qui est publiquement soutenue par le pouvoir en place et qui est pilotée par le copain de l’abbé Malu Malu (l’ex-expert en fraudes électorales pour le compte de l’homme au pouvoir depuis 2001), bénéficie encore d’un large crédit de la part des candidats de l’opposition alors que tout montre clairement que cette CENI organisera de nouvelles fraudes électorales si le pouvoir lui en donne l’autorisation ; dans le cas contraire, elle prendra l’insécurité dans le Kasaï comme prétexte pour ne pas organiser lesdites élections, faute d’avoir achevé le recensement de la population à temps. En tout cas, l’évolution de la situation ne rassure pas que les élections auront lieu à la fin de cette année, sinon elles seront simplement et volontairement bâclées, et le cycle des protestations et de mise en scène recommencera de plus belle. Alors, est-il indiqué de participer à ces élections refusées par le pouvoir en décembre 2016 sous prétexte que le gouvernement Matata manquait de l’argent et maintenant réclamées par le même pouvoir pour décembre 2017 ? Un piège est dressé devant l’opposition. Il est temps d’y réfléchir sérieusement et d’opérer un bon choix. Le monde entier nous observe.

Tant de sacrifices pour si peu !

J’ai été le premier à suggérer la gestion du conflit par la CENCO (cfr. mes deux articles affichés sur mon blog :

Mais, prudence oblige, j’ai demandé à la CENCO de rendre publique leur décision avant le 16 décembre 2016 pour ne pas « glisser » comme le souhaitait la « majorité présidentielle » (qui a cessé d’être une majorité numérique depuis le départ du G7). En ne respectant pas le délai constitutionnel fixé au 19 décembre 2016 à minuit (fin de mandat du président Joseph Kabila), la CENCO a entraîné la République dans une longue impasse d’où il nous sera difficile de nous en sortir car les Congolais n’ont plus de point de repère servant de dead line. À cause de la CENCO (selon l’avis du peuple) ou grâce à la CENCO (pour les membres du pouvoir actuel), tout est maintenant permis : la République est gouvernée par des autorités sans légalité et sans légitimité, c’est-à-dire ne jouissant d’aucun mandat électif. Tous nos dirigeants sont concernés par ce manque de légalité et de légitimité, depuis le chef de l’Etat, les députés nationaux (qui seront fin mandat à la fin de ce mois de février 2017 et qui sont censés se représenter auprès de leurs électeurs pour renouveler leur mandat) jusqu’aux députés provinciaux. En n’exigeant pas la conformité aux prescriptions de la Constitution, la CENCO a tout brouillé. Tout est maintenant permis. Personne ne parle de députés nationaux qui sont fin mandat, de sénateurs et de députés provinciaux qui le sont depuis 2012, du chef d’Etat qui ne jouit d’aucune légalité et d’aucune légitimité depuis le 19 décembre 2016. La situation que la CENCO a créée est une première dans l’histoire de la République.

Auparavant, de nouvelles provinces ont été mises en place dans une indifférence totale et les populations concernées ne se reconnaissent pas dans leurs autorités. L’anarchie a pris place au sommet des institutions républicaines. Pour combien de temps ? La CENCO ne répondra jamais avec exactitude, car elle conduit les négociations hors délai constitutionnel et sans rien maîtriser. Un immense danger plane au-dessus de la Républicaine car notre avenir immédiat est non seulement flou mais en plus incertain. Quel moyen dispose la CENCO pour contraindre les signataires de la mouvance présidentielle (qui ont signé sous réserve selon les dires de Lambert Mende) lorsque ceux-ci feront comprendre au peuple congolais qu’il est impossible d’organiser les élections (présentielle, sénatoriales et législatives) en décembre 2017 (car on s’achemine inéluctablement vers ce résultat) ? Après tant de sacrifices, d’assassinats, de prisonniers politiques, de femmes violées, de Congolais égorgés comme des bêtes sauvages à Beni et ailleurs, de jeunes gens tombés en janvier 2015 et en septembre 2016, de milliers d’enfants traumatisés, de millions de Congolais partis en exil, de villages et de parcs nationaux saccagés et détruits, de forêts dévastées, de ressources naturelles pillées, etc. comment pouvons-nous nous contenter d’un si maigre résultat se résumant en une simple promesse ? Nous ne sommes pas dignes de nos morts et nous oublions que nous leur sommes redevables. Par notre capitulation commune, nous souillons publiquement leur mémoire et trahissons leurs espoirs. Nous ne manifestons aucun respect et aucune dignité à leur égard, car nous nous laissons manipuler comme des moutons de Panurge.

Un manque total de lucidité politique

À mon avis, la CENCO n’a pas suffisamment pesé le danger de négocier et de signer l’Accord du 31 décembre dans l’irrespect total de la Constitution, car le moment venu, la « majorité » fera comprendre à la même CENCO que l’Accord du 31 décembre 2016 n’est pas constitutionnel. Au lieu de rester ferme et intransigeante quant au délai du 19 décembre 2016, la CENCO s’est fait avoir en acceptant de négocier au-delà de la date fatidique, grâce à l’argent sale du pouvoir qui a financé les négociations. En cela, la CENCO n’est pas éloignée des positions défendues par Mgr Marini Bondo au nom de l’Eglise protestante (je suis protestant et je sais de quoi je parle). « En maintenant Joseph Kabila au pouvoir, en jetant à la poubelle la Constitution et en piétinant au passage la dignité et la souveraineté de la République Démocratique du Congo » (Charles Onana), nous dirons, en termes sibyllins, que la CENCO a sauvé la dictature de Kabila contre la colère populaire. En tout cas, elle a désamorcé cette « bombe » car le peuple voulait en finir avec la dictature en date du 19 décembre 2016.

En situation normale, la CENCO aurait dû tout simplement constater l’impossibilité pour le pouvoir de respecter l’article 220 de la Constitution et se limiter strictement à cela. Si elle a fait ce choix, tout le monde saurait que Kabila est sans mandat, qu’il n’est plus officiellement président de la République et qu’il gouverne par défi et sans aucune protection juridique. Hélas, la CENCO ne l’a pas fait, préférant brouiller les Congolais par la lecture d’une simple promesse. Comment mobiliser maintenant ce peuple – ou cette grosse machine – pour qu’il se remette en mouvement ? Que doit-il maintenant exiger puisque la Constitution a déjà été violée par le pouvoir actuel, par la CENCO et par les membres du Rassemblement ?

Dans mon livre Qui gouverne le Zaïre ? La République des copains, publié aux éditions L’Harmattan en 1997, je disais que les Zaïrois (Congolais aujourd’hui) savent discuter longuement sur les conflits de leur pays mais ils prennent toujours de mauvaises décisions. Ma prédiction n’a pas été démentie depuis la Conférence « nationale souveraine ». Nos discussions ont toujours été longues dans les multiples « négociations » de dupes : dialogue inter congolais à Sun City en Afrique du Sud, à Nairobi, à Kampala, à Lusaka, à Addis-Abeba, inutiles Concertations nationales en 2013, dialogue national sous l’égide du Togolais Edem Kodjo et le dialogue national sous la direction de la CENCO qui vient de prendre fin dans un imbroglio total. Le résultat est toujours le même : l’Etat dépense beaucoup d’argent pour un résultat nul (pour le peuple). Rien n’a changé, la dictature est toujours là, arrogante et têtue. Il n’y a jamais eu un changement de système mais uniquement de changement dans le système. La révolution-pardon de l’AFDL est venue tout simplement poursuivi la dictature de Mobutu et Cie. L’anarchie règne en maîtresse dans tout le pays.

Il ne suffit pas de proclamer haut et fort que « l’actuel chef de l’Etat ne briguera pas un troisième mandat » pour croire que les élections auront bel et bien lieu en décembre 2017 et penser que cela se fera ainsi. Dans son agir, la CENCO a superbement ignoré que la mouvance présidentielle est un conglomérat d’aventuriers (dixit Laurent-Désiré Kabila) qui cherche à gagner du temps pour rester plus longtemps au pouvoir. Comme nous l’avons déjà affirmé, l’Accord du 31 décembre 2016 n’a servi à rien. Le gouvernement de Samy Badibanga refuse de rendre le tablier pour piller le peu d’argent qui passe sous les yeux des ministres et la désignation du Premier ministre issu de l’opposition traîne à voir le jour. Or, la transition est limitée dans le temps. Elle a une durée très courte de 12 mois. Nous sommes déjà en février (suivant la première publication de cet article) et nous sommes encore loin d’entrer dans la transition. Que cela veut-il dire ? En voulant composer avec un tyran qui n’a jamais respecté ses engagements, la CENCO a plombé l’avenir de notre pays. Maintenant tout le monde sait, y compris le compatriote Jean-Pierre Vununu, que nous avons eu raison de manifester publiquement notre inquiétude en février dernier.

Une République où rien n’est respecté

Notre République n’a jamais été une res publica (une chose appartenant à tous) car certains individus croient avoir plus de droits que d’autres. Ceux qui pratiquent le droit au quotidien sont les premiers à le violer. La plupart des concepts partagés par les élites ont cessé d’avoir le même contenu selon qu’on appartienne à la mouvance présidentielle ou à l’opposition. Ainsi, par exemple, les concepts de démocratie et de gouvernance ne signifient pas la même chose chez les uns et chez les autres, alors qu’ils vivent les mêmes réalités dans le même pays. Pour ceux qui dirigent, le Congo est une République « démocratique » pendant que tout le monde sait qu’il ne l’est pas. En principe, lorsqu’on entend le mot « démocratie », on se représente un régime politique dont les dirigeants sont élus à des échéances régulières par le peuple et ces élus sont responsables devant lui ; on se représente un régime dans lequel tous ont les mêmes droits, tels le droit à la libre expression, l’accès équitable à la justice, etc. Au Congo, les dirigeants ont plus de droits que les citoyens, même les fils de Boshab et d’Adolphe Muzito ont plus de droit que les professeurs d’université sans fonction politique [leurs enfants ont été exfiltrés de la justice après avoir causé la mort dans un accident de voiture parce qu’ils étaient simplement les fils de deux dignitaires de la République]. Au Congo, les concepts ont déjà perdu leur contenu ou leur signification car ils se déclinent selon la volonté de celui qui les utilise. Dans un contexte mouvant et incertain, il devient difficile, voire impossible, de définir le décideur en politique congolaise. Est-il celui qui fait, interprète et met en vigueur les règles du système politique ou celui qui influence et manipule la fabrication des lois à l’Assemblée Nationale ? Qui sont au Congo les décideurs politiques qui jouissent pleinement de l’appui de leurs concitoyens ? Qui peuvent être élus sans corrompre ? Comment devient-on décideur dans une société comme la nôtre où des Sénateurs sans mandat siègent depuis 2012 sans aucun souci de solliciter le renouvellement de leurs mandants électifs. Et ils ne se cachent pas car ils s’expriment en public en tant que Sénateurs, sans honte. M. Léon Kengo wa Dondo est toujours président du Sénat, sans mandat depuis 2012 et cela ne dérange personne. Minaku sera sans mandat à la fin de ce mois et il continuera à présider à la tête de l’Assemblée nationale, sans honte. Dans une République bananière, tout est permis, dit-on.

En tout cas, pour ceux qui gouvernent la République, la gouvernance est une réalité et ils en parlent sans pudeur et sans remords alors que ce concept est une utopie dans notre pays pour tous ceux qui connaissent et enseignement le contenu de la gouvernance politique.

Notre avenir commun est incertain. Il est en danger. Vous êtes avertis. Un tyran ne quitte pas le pouvoir par des négociations interminables mais sous la contrainte ou sous la pression populaire. La CENCO vient de quitter la table de négociation sans donner au peuple congolais le gouvernement de transition qu’elle lui a promis le 31 décembre 2016 ?

Les Congolais méritent mieux que cet Accord honteux sans issue.

Février 2017, relu le 1 avril 2017.

LA RDC EST UNE DICTATURE À CIEL OUVERT

16 Fév

 

LA RDC EST UNE DICTATURE À CIEL OUVERT

Par Fweley Diangitukwa, politiste

www.fweley.wordpress.com

Aucune autorité politique ne jouit désormais d’un mandat électif. Tous les dirigeants sont illégaux et illégitimes et personne n’a jusqu’à présent démissionné pour manifester son désaccord avec l’irrégularité des institutions. Les Sénateurs et les députés provinciaux n’ont pas été élus depuis 2012, le chef de l’État n’a pas été élu en décembre 2016 suivant l’article 220 de la Constitution et selon la Résolution 2277 des Nations unies qui rappelait le respect de la Constitution congolaise. Les députés nationaux devraient renouveler leur mandat au courant de ce mois de février 2017 mais puisque la CENCO a mis la Constitution de côté dans son Accord anticonstitutionnel du 31 décembre 2016, ces derniers « glissent » publiquement comme les autres.

Les élections démocratiques au suffrage universel et aux échéances régulières ne sont plus une obligation dans cette République très démocratique du Congo. Alors qu’ils sont tous sans mandat électif, donc illégaux et illégitimes, aucune institution de la République ne lève la voix pour dénoncer cette situation inédite, même les députés de l’opposition ne disent rien car ils tirent tous profit du « glissement ». Oui, aucun député n’a démissionné jusqu’à présent pour prouver au peuple qu’il est de son côté. Au contraire, chacun d’eux trouve des arguments abscons pour justifier sa complicité avec la tyrannie. Kabila, Kengo, Minaku parlent toujours au nom de la République même s’ils n’en ont plus juridiquement le droit. Et que dire lorsqu’on sait que les deux derniers sont des juristes ? Alors, quand des juristes refusent de pratiquer le droit tout en demeurant président du Sénat et président de l’Assemblée nationale, que doit-on conclure ? N’est-ce pas que nous sommes dans une République bananière où la dictature sévit à ciel ouvert ? Où a-t-on déjà vu un pays qui se dit démocratique refuser l’organisation des élections qui assurent l’alternance au pouvoir ? Réponse : nulle part, sauf en RDC. À moins que MM. Lambert Mende, Omer Songo die Lema, Jean-Pierre Vununu et d’autres qui défendent le régime en place sans évoquer le droit nous apportent des arguments prouvant le contraire. Que ces compatriotes nous citent un article de la Constitution qui permet à M. Joseph Kabila d’être chef de l’État aujourd’hui alors que ce dernier refuse d’organiser l’élection présidentielle qui ouvrirait la voie à une alternance civilisée entre le nouveau président qui entre et l’ancien qui sort. Dans la situation actuelle, comment peut-on appeler un chef d’État sans mandat populaire qui tue des citoyens innocents ? N’est-ce pas un tyran fonctionnant dans une dictature à ciel ouvert ? Regardons ce qui se passe au centre du Kasaï. Que fait le gouvernement pour stopper les violences et les tueries ? Rien !

 Trois piliers pour demeurer au pouvoir ad aeternam

Monsieur Joseph Kabila – toujours président de la République par défi – s’appuie sur trois piliers pour prolonger sa présence à la tête de l’État congolais.

  1. Le refus d’organiser des élections

Sachant qu’il est impopulaire et qu’aucun Congolais de souche (même pas sa femme de ménage si celle-ci est une Congolaise) ne l’élirait, il refuse d’organiser les élections. Il a commencé par tester la réaction des Congolais en n’organisant pas les élections des Sénateurs et des députés provinciaux en 2012. Malgré notre cri d’alarme en 2012 dans lequel nous avons attiré l’attention de nos Compatriotes en leur disant que la non-élection des sénateurs est une anticipation à la non-élection présidentielle qui suivra en 2016, nous n’avons pas été compris car nous avons toujours été en avance, certainement grâce à notre formation en science politique et notre intérêt pour la prospective. Ce que nous avons dit en 2012 s’est réalisé en décembre 2016 dans les termes que avons exactement prévus.

Le refus d’organiser les élections en RDC est une volonté politique. Le manque d’argent n’est qu’un prétexte pour justifier cette absence de volonté politique du chef d’État, actuellement sans mandat populaire.

Du vivant de M. Katumba Mwanke, Jeune Afrique avait publié un très long article pour dire aux Congolais que celui-ci avait détourné des fonds importants qu’il avait placés dans le paradis fiscal de l’île Caïman[1]. À l’époque, aucun magistrat, aucun Sénateur et aucun député n’avaient dit mot ou initier une enquête afin que l’argent volé soit restitué au pays. L’Américain Richard Minitel a révélé des fonds détournés par le chef de l’État Joseph Kabila et placé dans les paradis fiscaux et il a publiquement demandé aux autorités congolaises de porter plainte contre lui si elles estimaient que ses révélations étaient fausses, aucun magistrat, aucun Sénateur et aucun député n’ont dit mot ou initier une enquête afin que l’argent volé soit restitué au pays. De même, Panama Paper a révélé le détournement de fonds publics par celle qui s’appelle Janet Kabila, aucun magistrat, aucun Sénateur et aucun député n’ont dit mot ou initier une enquête afin que l’argent volé soit restitué au pays. Tout ceci pour dire deux choses : (1) le Congo ne manque pas d’argent pour organiser les élections mais l’argent de la République est régulièrement détourné par les dirigeants (les petits dirigeants imitent ce que font les grands dirigeants), (2) nos magistrats de la République, nos sénateurs et nos députés sont des autorités complaisantes car aucun d’entre eux n’a initié une enquête allant dans le sens de rétablir les faits au profit de la République.

  1. L’organisation de l’insécurité au niveau national

L’insécurité au niveau national est entretenue par les hommes du pouvoir dans le but de le garder pendant longtemps. Il faut lire Machiavel pour se laisser convaincre par nos propos. Dans son livre Le Prince, Machiavel a écrit au chapitre XVII :

« L’histoire de notre temps enseigne que seuls ont accompli de grandes choses les princes qui ont fait peu de cas de leur parole et su adroitement endormir la cervelle des gens. […] C’est pourquoi un seigneur avisé ne peut, ne doit respecter sa parole si ce respect se retourne contre lui et que les motifs de sa promesse soient éteints. […] Et les hommes ont tant de simplesse (ancien français), ils se plient si servilement aux nécessités du moment que le trompeur trouvera toujours quelqu’un qui se laisse tromper […] mais tu dois avoir entraîné ton cœur à être exactement l’opposé, si les circonstances l’exigent. […] Il (le prince) doit donc disposer d’un esprit en mesure de tourner selon les vents de la fortune, selon les changements des situations. […] D’une façon générale, les hommes jugent plus souvent d’après leurs yeux [et leurs oreilles, c’est nous qui précisons] que d’après leurs mains : chacun est en mesure de voir [et d’entendre, c’est nous qui précisons], bien peu sont en mesure de toucher [et de comprendre, c’est nous qui précisons]. »[2]

Puis, Machiavel a précisé sa pensée en disant : « N’importe qui peut voir ce que tu sembles être ; quelques rares seulement peuvent tâter [comprendre] ce que tu es. Et ces derniers n’osent contredire l’opinion du grand nombre, renforcée par toute la majesté de l’État. »[3]

Le Gouvernement n’a jamais donné des moyens suffisants à l’armée pour mener une guerre contre les envahisseurs rwandais et ougandais dans le but d’entretenir l’insécurité qui, non seulement justifier la présence du régime actuel au pouvoir mais il empêche ainsi la Commission électorale nationale indépendante (CENI) de réaliser le recensement dans le délai. Le principe émis par Machiavel est simple et il est connu mais personne ne prête souvent attention à sa très célèbre maxime : « C’est la fin qui justifie les moyens. » Nous pouvons dire sans nous tromper que la CENI ne sera pas prête avant décembre 2017. Elle évoquera le manque d’argent et l’insécurité pour justifier l’impossibilité de finir son travail à temps et permettre ainsi l’organisation des élections. Donc, l’accord de la CENCO du 31 décembre 2016 consistant à promettre publiquement que le président Kabila ne se représentera pas est une arnaque, car celui-ci compte sur la non-organisation des élections, comme en 2016, pour garder son fauteuil. Le ministre du budget l’a ouvertement déclaré la semaine dernière.

S’inscrivant dans la logique de Machiavel qui conseillait au prince de faire les choses les plus difficiles : « Songer à toutes les cruautés qu’il lui est besoin de faire et à toutes les pratiquer d’un coup […] »[4], le président sans mandat populaire – Joseph Kabila – tue pour faire peur et garder ainsi le pouvoir par la violence. Malgré le nombre toujours croissant d’assassinats, de massacres, de tueries, d’emprisonnement arbitraire, de femmes violées et de Congolais égorgés comme des animaux sauvages, aucun Sénateur, aucun député national n’a rédigé une motion ou une interpellation pour dénoncer le terrorisme d’État sur les paisibles citoyens congolais. Alors, en quoi sont-ils des élus (en fait des anciens élus) du peuple s’ils ne peuvent le défendre valablement ?

  1. La corruption des gouvernants et des « intellectuels »

Comme sous le président Mobutu qui disait publiquement à ses ministres « soki olingi koyiba, yiba moke », la corruption est une pratique courante sous le règne du président Kabila. Il a même été publiquement dit, il y a quelques années, que la présidence de la République était l’institution la plus corrompue.

L’organisation des négociations régulières sans résultat est une volonté de corrompre les participants afin de désamorcer la colère populaire contre les détenteurs du pouvoir. À quoi a servi l’argent dépensé pour organiser les Concertations nationales ? « Avant les concertations nationales sera égal à après les concertations » disais-je en 2013 à M. Omer Songo die Lema qui ne me croyait pas mais la réalité a fini par me donner raison et celui-ci n’est jamais revenu sur lesdites concertations. À quoi a servi l’argent dépensé pour organiser le dialogue national sous l’égide du Togolais Edem Kodjo, envoyé par l’Union africaine ? À quoi sert l’argent dépensé pour organiser l’actuel dialogue sous la direction de la CENCO, sinon à distraire le peuple et à gagner du temps ? Le président Kabila et le Gouvernement sortent l’argent du Trésor public pour assurer le per diem des participants pour les distraire, s’enrichir eux-mêmes et gagner du temps.

Depuis l’entrée de l’AFDL au Zaïre – devenu la République démocratique du Congo (sans être une démocratie) –, notre pays n’a pas avancé ; au contraire, il a reculé. Malgré cette réalité, à cause de la misère sans nom, les « intellectuels » sont toujours nombreux à participer à ces concertations nationales ou à ces dialogues pour gagner un peu d’argent et espérer trouver un poste ministériel de courte durée (quelques mois à peine), le temps de vider les caisses de l’État avant de disparaître. Quelle République sommes-nous devenus ?

[1] Qui, après son assassinat, a bénéficié de son enrichissement rapide et illicite placé dans l’île Caïman et de ses avoirs en Afrique du Sud ?

[2] Machiavel, Le Prince, Paris, Librairie Générale française, 1983, chapitre XVIII, lire pp. 91-95.

[3] Ibid., p. 94.

[4] Machiavel, Le Prince, cité par Carol Kennedy, Toutes les théories du management, Paris, Maxima, 2002, pp. 9-10.

LA CENCO CONDUIT LA REPUBLIQUE DANS L’IMPASSE

11 Fév

LA CENCO CONDUIT LA REPUBLIQUE DANS L’IMPASSE

Par Fweley Diangitukwa, politiste

http://www.fweley.wordpress.com

« Vox Dei, vox populi » ou, inversement, « vox populi, vox Dei » disaient les Romains. Au lieu de suivre la voix de Dieu et la voix du peuple qui voulait le respect de la Constitution ainsi que la Résolution 2277 des Nations unies qui exigeaient le respect de la Constitution, les prêtres de la CENCO ont préféré écouter et suivre la voix de celui qui a financé leurs travaux.

Tant de sacrifices pour si peu !

J’ai été le premier à suggérer la gestion du conflit par la CENCO (cfr. mes deux articles affichés sur mon blog :

Mais, prudence oblige, j’ai demandé à la CENCO de rendre publique leur décision avant le 16 décembre 2016 pour ne pas « glisser » comme le souhaitait la « majorité présidentielle » (qui a cessé d’être une majorité numérique depuis le départ du G7). En ne respectant pas le délai constitutionnel fixé au 19 décembre 2016 à minuit (fin de mandat du président Joseph Kabila), la CENCO a entraîné la République dans une longue impasse d’où il nous sera difficile de nous en sortir car les Congolais n’ont plus de point de repère servant de dead line. À cause de la CENCO (selon l’avis du peuple) ou grâce à la CENCO (pour les membres du pouvoir actuel), tout est maintenant permis : la République est gouvernée par des autorités sans légalité et sans légitimité, c’est-à-dire ne jouissant d’aucun mandat électif. Tous nos dirigeants sont concernés par ce manque de légalité et de légitimité, depuis le chef de l’Etat, les députés nationaux (qui seront fin mandat à la fin de ce mois de février 2017 et qui sont censés se représenter auprès de leurs électeurs pour renouveler leur mandat) jusqu’aux députés provinciaux. En n’exigeant pas la conformité aux prescriptions de la Constitution, la CENCO a tout brouillé. Tout est maintenant permis. Personne ne parle de députés nationaux qui sont fin mandat, de sénateurs et de députés provinciaux qui le sont depuis 2012, du chef d’Etat qui ne jouit d’aucune légalité et d’aucune légitimité depuis le 19 décembre 2016. La situation que la CENCO a créée est une première dans l’histoire de la République.

Auparavant, de nouvelles provinces ont été mises en place dans une indifférence totale et les populations concernées ne se reconnaissent pas dans leurs autorités. L’anarchie a pris place au sommet des institutions républicaines. Pour combien de temps ? La CENCO ne répondra jamais avec exactitude, car elle conduit les négociations hors délai constitutionnel et sans rien maîtriser. Un immense danger plane au-dessus de la Républicaine car notre avenir immédiat est non seulement flou mais en plus incertain. Quel moyen dispose la CENCO pour contraindre les signataires de la mouvance présidentielle (qui ont signé sous réserve selon les dires de Lambert Mende) lorsque ceux-ci feront comprendre au peuple congolais qu’il est impossible d’organiser les élections (présentielle, sénatoriales et législatives) en décembre 2017 (car on s’achemine inéluctablement vers ce résultat) ? Après tant de sacrifices, d’assassinats, de prisonniers politiques, de femmes violées, de Congolais égorgés comme des bêtes sauvages à Beni et ailleurs, de jeunes gens tombés en janvier 2015 et en septembre 2016, de milliers d’enfants traumatisés, de millions de Congolais partis en exil, de villages et de parcs nationaux saccagés et détruits, de forêts dévastées, de ressources naturelles pillées, etc. comment pouvons-nous nous contenter d’un si maigre résultat se résumant en une simple promesse ? Nous ne sommes pas dignes de nos morts et nous oublions que nous leur sommes redevables. Par notre capitulation commune, nous souillons publiquement leur mémoire et trahissons leurs espoirs. Nous ne manifestons aucun respect et aucune dignité à leur égard, car nous nous laissons manipuler comme des moutons de Panurge.

Un manque total de lucidité politique

À mon avis, la CENCO n’a pas suffisamment pesé le danger de négocier et de signer l’Accord du 31 décembre dans l’irrespect total de la Constitution, car le moment venu, la « majorité » fera comprendre à la même CENCO que l’Accord du 31 décembre 2016 n’est pas constitutionnel. Au lieu de rester ferme et intransigeante quant au délai du 19 décembre 2016, la CENCO s’est fait avoir en acceptant de négocier au-delà de la date fatidique, grâce à l’argent sale du pouvoir qui a financé les négociations. En cela, la CENCO n’est pas éloignée des positions défendues par Mgr Marini Bondo au nom de l’Eglise protestante (je suis protestant et je sais de quoi je parle). « En maintenant Joseph Kabila au pouvoir, en jetant à la poubelle la Constitution et en piétinant au passage la dignité et la souveraineté de la République Démocratique du Congo » (Charles Onana), nous dirons, en termes sibyllins, que la CENCO a sauvé la dictature de Kabila contre la colère populaire. En tout cas, elle a désamorcé cette « bombe » car le peuple voulait en finir avec la dictature en date du 19 décembre 2016.

En situation normale, la CENCO aurait dû tout simplement constater l’impossibilité pour le pouvoir de respecter l’article 220 de la Constitution et se limiter strictement à cela. Si elle a fait ce choix, tout le monde saurait que Kabila est sans mandat, qu’il n’est plus officiellement président de la République et qu’il gouverne par défi et sans aucune protection juridique. Hélas, la CENCO ne l’a pas fait, préférant brouiller les Congolais par la lecture d’une simple promesse. Comment mobiliser maintenant ce peuple – ou cette grosse machine – pour qu’il se remette en mouvement ? Que doit-il maintenant exiger puisque la Constitution a déjà été violée par le pouvoir actuel, par la CENCO et par les membres du Rassemblement ?

Dans mon livre Qui gouverne le Zaïre ? La République des copains, publié aux éditions L’Harmattan en 1997, je disais que les Zaïrois (Congolais aujourd’hui) savent discuter longuement sur les conflits de leur pays mais ils prennent toujours de mauvaises décisions. Ma prédiction n’a pas été démentie depuis la Conférence « nationale souveraine ». Nos discussions ont toujours été longues dans les multiples « négociations » de dupes : dialogue inter congolais à Sun City en Afrique du Sud, à Nairobi, à Kampala, à Lusaka, à Addis-Abeba, inutiles Concertations nationales en 2013, dialogue national sous l’égide du Togolais Edem Kodjo et actuel dialogue national sans fin sous la direction de la CENCO. Le résultat est toujours le même : l’Etat dépense beaucoup d’argent pour un résultat nul (pour le peuple). Rien n’a changé, la dictature est toujours là, arrogante et têtue. Il n’y a jamais eu un changement de système mais uniquement de changement dans le système. La révolution-pardon de l’AFDL est venue tout simplement poursuivi la dictature de Mobutu et Cie. L’anarchie règne en maîtresse dans tout le pays.

Il ne suffit pas de proclamer haut et fort que « l’actuel chef de l’Etat ne briguera pas un troisième mandat » pour croire que les élections auront bel et bien lieu en décembre 2017 et penser que cela se fera ainsi. Dans son agir, la CENCO a superbement ignoré que la mouvance présidentielle est un conglomérat d’aventuriers (dixit Laurent-Désiré Kabila) qui cherche à gagner du temps pour rester plus longtemps au pouvoir. On voit que les discussions se poursuivent indéfiniment comme si aucun Accord n’a été signé le 31 décembre 2016. Le gouvernement de Samy Badibanga refuse de rendre le tablier pour piller le peu d’argent qui passe sous les yeux des ministres et la désignation du Premier ministre issu de l’opposition traîne à voir le jour. Or, la transition est limitée dans le temps. Elle a une durée très courte de 12 mois. Nous sommes déjà en février et nous sommes encore loin d’entrer dans la transition. Que cela veut-il dire ? En voulant composer avec un tyran qui n’a jamais respecté ses engagements, la CENCO a plombé l’avenir de notre pays. On nous dira dans le futur si nous avons raison de manifester publiquement notre inquiétude ou non.

Une République où rien n’est respecté

Notre République n’a jamais été une res publica (une chose appartenant à tous) car certains individus croient avoir plus de droits que d’autres. Ceux qui pratiquent le droit au quotidien sont les premiers à le violer. La plupart des concepts partagés par les élites ont cessé d’avoir le même contenu selon qu’on appartienne à la mouvance présidentielle ou à l’opposition. Ainsi, par exemple, les concepts de démocratie et de gouvernance ne signifient pas la même chose chez les uns et chez les autres, alors qu’ils vivent les mêmes réalités dans le même pays. Pour ceux qui dirigent, le Congo est une République « démocratique » pendant que tout le monde sait qu’il ne l’est pas. En principe, lorsqu’on entend le mot « démocratie », on se représente un régime politique dont les dirigeants sont élus à des échéances régulières par le peuple et ces élus sont responsables devant lui ; on se représente un régime dans lequel tous ont les mêmes droits, tels le droit à la libre expression, l’accès équitable à la justice, etc. Au Congo, les dirigeants ont plus de droits que les citoyens, même les fils de Boshab et d’Adolphe Muzito ont plus de droit que les professeurs d’université sans fonction politique [leurs enfants ont été exfiltrés de la justice après avoir causé la mort dans un accident de voiture parce qu’ils étaient simplement les fils de deux dignitaires de la République]. Au Congo, les concepts ont déjà perdu leur contenu ou leur signification car ils se déclinent selon la volonté de celui qui les utilise. Dans un contexte mouvant et incertain, il devient difficile, voire impossible, de définir le décideur en politique congolaise. Est-il celui qui fait, interprète et met en vigueur les règles du système politique ou celui qui influence et manipule la fabrication des lois à l’Assemblée Nationale ? Qui sont au Congo les décideurs politiques qui jouissent pleinement de l’appui de leurs concitoyens ? Qui peuvent être élus sans corrompre ? Comment devient-on décideur dans une société comme la nôtre où des Sénateurs sans mandat siègent depuis 2012 sans aucun souci de solliciter le renouvellement de leurs mandants électifs. Et ils ne se cachent pas car ils s’expriment en public en tant que Sénateurs, sans honte. M. Léon Kengo wa Dondo est toujours président du Sénat, sans mandat depuis 2012 et cela ne dérange personne. Minaku sera sans mandat à la fin de ce mois et il continuera à présider à la tête de l’Assemblée nationale, sans honte. Dans une République bananière, tout est permis, dit-on.

En tout cas, pour ceux qui gouvernent la République, la gouvernance est une réalité et ils en parlent sans pudeur et sans remords alors que ce concept est une utopie dans notre pays pour tous ceux qui connaissent et enseignement le contenu de la gouvernance politique.

La CENCO a tout brouillé et empêche les candidats aux élections provinciales, législatives, sénatoriales et à l’élection présidentielle de briguer le mandat au cours d’une compétition électorale saine ? Jusqu’à quand contribuera-t-elle à bloquer les institutions en complicité avec le pouvoir et la CENI ? Seule la CENCO elle-même pourrait répondre à cette question mais je pense que dans le contexte actuel, elle n’est pas prête à fournir une réponse précise car elle ne contrôle rien et n’a aucun moyen de pression. Dans ces conditions, il vaut mieux qu’elle abandonne la politique aux professionnels pour se mettre à s’occuper de ce que les prélats savent mieux faire afin de ne pas se laisser ridiculiser par celui qui les emploie à distance et qui ne poursuit qu’un seul intérêt : se maintenir au pouvoir à tout prix.

Notre avenir commun est incertain. Il est en danger. Vous êtes avertis. Un tyran ne quitte pas le pouvoir par des négociations interminables mais sous la contrainte ou sous la pression populaire. Où est-il le gouvernement de transition que la CENCO a promis au peuple depuis le 31 décembre 2016 ?

Les Congolais méritent mieux que ce que l’église catholique a concocté avec le pouvoir actuel.

Février 2017.

Lu pour vous : Charles Onana : « Ce que je craignais pour la RDC est bel et bien arrivé »

27 Jan

 

Charles Onana : « Ce que je craignais pour la RDC est bel et bien arrivé »

Ce que je craignais pour la RDC est bel et bien arrivé. Ils se sont précipités à la soupe. Ils ont couru à la chasse aux sièges ou aux strapontins, humiliant le pays tout entier, foulant au pied la constitution de la RDC, ignorant les millions de morts Congolais, oubliant les sacrifices consentis depuis des années par la jeunesse de ce pays et par les Maï-Maï, que le communauté internationale avait traité de « forces négatives » alors qu’ils luttaient contre l’occupation de leur pays par le Rwanda et l’Ouganda.
 
A Kinshasa, il y a eu de l’effervescence ces derniers temps. On aurait discuté dans le dessein de sortir le pays d’une crise politique aiguë et certains se sont traînés ou ont été traînés dans de pseudo-négociations pour parvenir, au terme de prétendus débats houleux, au maintien de Kabila au pouvoir ; jetant à la poubelle la constitution et piétinant au passage la dignité et la souveraineté de la République Démocratique du Congo.
 
Et la date du 19 décembre qu’ils brandissaient aux Congolais ? « Vous verrez, il partira », martelaient-ils dans les médias et les forums sur internet à propos de Kabila. Il n’est pas parti. Pis, ils se sont tous rués à ses pieds, se battant ou se bousculant, pour le servir ou rester à ses côtés, lâchement, indignement et pitoyablement. Toute honte bue, jusqu’au mépris de soi et à l’aliénation de soi, ils ont affiché ce que l’Afrique a de laid et de servile.
 
Quand rendrez-vous au peuple congolais sa fierté et la justice pour : ses millions de morts, ses centaines de milliers d’enfants traumatisés, ses milliers de femmes violées, ses centaines de réfugiés, ses villages défigurés, ses forêts dévastées ? Quand oserez-vous tutoyer l’occupant qui, chaque jour, vous humilie, vous rabaisse, vous met plus bas que terre et se pavane dans vos rues, cherchant du regard celui ou celle qui osera le défier ? Avez-vous vraiment oublié les propos de Paul Kagame, votre bourreau arrogant ex-maquisard à la culture sommaire, celui qui empêche vos femmes et vos enfants de circuler librement à l’Est du pays, celui qui, depuis 2001, s’attelle au pillage de vos ressources naturelles et qui arrive le jour du cinquantenaire de l’indépendance du Congo avec deux heures de retard avant de s’affaler dans son fauteuil à la tribune pour feuilleter un journal sans intérêt sur son soldat Kabila, question de bien vous faire comprendre que vous n’êtes rien chez vous et que vous ne pouvez rien contre lui ?
 
C’est bien cet homme-là qui a choisi votre président périmé que vous avez indélicatement reconduit et qui vous roule dans la farine depuis 2001. C’est bien celui que vous appelez en privé « le taximan » qui vous épuise ou qui vous fait danser comme des marionnettes et qui a refusé de partir le 19 décembre 2016 (fin de son mandat) alors que vous parliez à qui voulait vous entendre du respect de la constitution.
 
Paul Kagame, dont vous avez peur de prononcer le nom à Kinshasa pousse, avec votre appui direct ou indirect, la RDC au suicide et ne cesse de tenir des propos désobligeants à l’égard des Congolais en soulignant notamment que la classe politique congolaise est incapable de régler ses problèmes ou ceux qu’il cause lui-même à la RDC. Et chaque fois, vous vous taisez, vous pliez, vous baissez le regard, vous lui donner raison.
 
L’ancien Premier ministre rwandais, Faustin Twagiramungu, écœuré de vous voir tourner en rond à la veille de Noël, a dit, à haute voix, que c’est Kagame qui a choisi votre président avant de se demander, en parlant de Kabila, « comment un aide de camp de Kabarebe, l’actuel ministre de la Défense du Rwanda, est devenu multimillionnaire et président de la RDC ».
 
Ce Kabarebe lui-même s’en était vanté dans la presse en disant : « Joseph a eu les pires difficultés à s’adapter à la vie de soldat. (…) Il ne savait pas quoi faire. Je lui ai donc tout appris ». Il ajoutait : « Joseph Kabila est incapable de regarder les gens en face. Je n’ai jamais perçu chez lui, une quelconque aptitude au commandement ». Pourtant, ce Joseph, votre « taximan », vous commande et dirige la RDC depuis 15 ans. Le peuple n’en veut plus mais vous le supportez en acceptant gloutonnement ce qu’il vous fait avaler. Vous avez frénétiquement relayé l’appel du 19 décembre 2016 du parlement européen avec le slogan « Kabila doit partir ». Il est toujours là et vous allez peut-être bientôt l’applaudir. Votre slogan est-il mort le 19 décembre ou l’avez-vous enterré ? La montagne a-t-elle accouché d’une souris au point que vous préférez cajoler cette bête disgracieuse ? Et les promesses au peuple congolais après le 19 décembre ? Que sont-elles devenues ? Et l’espoir de la jeunesse qui a manifesté dans la diaspora croyant que Kabila partira, vous en faites quoi ?
 
Et tous ces jeunes « combattants » qui, à Londres, Paris, Montréal, Bruxelles, essayent avec des moyens dérisoires de redresser l’honneur du Congo et de rendre à leur façon la dignité aux Congolais, vous en faîtes quoi ? Ils sont fichés les uns et autres à Kinshasa et ne peuvent rentrer passer des vacances chez eux. Avez-vous plaidé leur cause dans vos négociations ?
 
A Kinshasa, vous êtes « fiers » d’avoir négocié, un peu comme à Sun City, Naïrobi, Kampala, Lusaka, Addis-Abeba, … pour finalement gouverner avec Joseph, qui ne part pas, et avec Azarias & Co. Vous avez mobilisé la jeunesse congolaise sur internet, dans les associations et meeting pour rester finalement avec Joseph, le troisième œil de Kigali, et bredouiller aujourd’hui quelques phrases incohérentes ? Vous avez donc accepté que le dictateur rwandais et son réseau congolais vous dominent à nouveau et vous humilient chez vous en leur disant merci : tête baissée, visage bosselé et apeuré ? Non ! Vous n’allez tout même pas faire ça ? Vous n’allez pas vous constituer en esclaves volontaires à ce point et marcher piteusement sur vos millions de cadavres parce que vous pensez que l’occupant est « plus fort » que vous ? Vous n’allez pas infliger une telle infamie à votre peuple qui endure déjà beaucoup depuis la période coloniale ?
 
De toutes façons, si vous préférez courber l’échine au point de ne plus en avoir parce que vous croyez que ceux qui terrorisent votre peuple sont « plus forts » que vous, nul ne peut vous en dissuader ! Si vous êtes convaincus que vous avez bien « négocié » avec votre Joseph, nul ne peut prétendre que vous vous êtes peut-être trompés ; même s’il est établi que les multiples « négociations » de dupes sur la RDC depuis plus de dix ans participent de votre asservissement. Si vous croyez dur vraiment que vous avez raison, nul ne peut vous susurrer que vous manquez de cran.
 
Que n’avez-vous pas dit du maréchal Mobutu ? Qu’il était le serviteur des colons belges et américains, qu’il était le laquais de l’impérialisme, etc. Et vous, vous êtes les serviteurs et les laquais de qui pour ramper de la sorte et depuis (1998) tant d’années ?
 
Non ! Je crois sincèrement que le maréchal, avec tous ses défauts, n’aurait jamais accepté ce que vous acceptez actuellement en RDC et ce depuis Sun City. Même Laurent-Désiré, que les Rwandais avaient porté au pouvoir, avait refusé d’être traité comme un chien chez lui par Kagame et ses hommes. Il a dit Non et s’est battu comme un lion. Quant à Patrice Lumumba, il doit se retourner dans tous les sens là où il est en se demandant ce qui s’est passé pour que son Congo tombe si bas. Patrice, pardonne leur, « ils ne savent pas ce qu’ils font », peut-être qu’ils sont trop faibles pour porter très haut la flamme que tu as si noblement porté pour le Congo et pour l’Afrique jusqu’à accepter dans la dignité le sacrifice suprême. Que dire de Mgr Munzihirwa, l’archevêque de Bukavu, lâchement assassiné par les hommes de Kagame ? Il a vaillamment défendu son peuple et vous n’osez même plus prononcer son nom ! Vous avez peur de quoi ? Vous craignez qui pour demander vérité et justice sur sa mort ? Avec de si grands hommes morts pour le Congo et défendant le peuple congolais, votre capitulation et votre défaite souillent leur mémoire et trahissent leurs espoirs.
 
Ce propos que certains jugeront précipitamment comme un réquisitoire n’en est pas un. C’est un simple appel à vos consciences ou ce qu’il en reste, un encouragement à assumer vos responsabilités dans la dignité pour ceux qui pensent en avoir, un recours à l’imagination pour ceux qui pourraient encore la réveiller. La RDC ne doit pas tomber si facilement alors que de dignes fils et filles de ce pays continuent de mourir, à la suite de Munzihirwa, comme Chebeya et Tungulu et des milliers d’autres à l’Est pour que la RDC reste debout. Et elle est debout depuis 1998 par la force, la volonté et le courage de millions de Congolais que Kinshasa ne respecte pas. Cette résistance congolaise doit continuer partout car ce pays mérite mieux que ce qui s’y passe en ce moment. C’est ce que pense d’ailleurs l’ancien Premier ministre rwandais lorsqu’il lance dans un tweet du 26 décembre : « il est temps que les jeunes Congolais de l’intérieur et de l’extérieur se mobilisent pour sauver leur beau pays du néocolonialisme ». Il connaît votre bourreau, il l’a côtoyé de près et vous invite au combat pas à la résignation.
 
Bonne année au peuple Congolais qui, en cette période trouble et pleine d’incertitudes, doit continuer à chanter « indépendance Tcha Tcha » pour signifier qu’il comprend le sens du retour d’Azarias Ruberwa au premier plan et les prolongations non constitutionnelles de Joseph après la défaite des Clinton aux USA. Seuls les aveugles ne voient pas et seuls les sourds n’entendent pas. Si l’on décide d’être à la fois sourd, aveugle et muet, par dessus tout, il est préférable de quitter Kinshasa et de s’exiler au Rwanda, on y sera bien reçu.
 
Charles Onana

Réponse des étudiants du prof. André Mbata à M. Nsongo die Lema

13 Oct

ProfMbata

Réponse du berger à la bergère: le Prof André Mbata corrige le journaliste Omer Nsongo die Lema

OCT 13 • NEWS & ALERTES, POLITIQUE & SOCIÉTÉNO COMMENTS

Lettre ouverte de l’équipe du professeur Mbata.

Dans un article publié à la fois dans Forum des As et La Prospérité, dans leur édition du lundi 6 octobre 2014, Mr Omer Nsongo die Lema, bien connu dans les milieux journalistiques de notre pays, réagissait à l’interview donnée par le Prof André Mbata au journal Le Phare du 30 septembre 2014 dans laquelle le Prof prévenait que le renversement du régime constitutionnel à travers la révision des dispositions constitutionnelles verrouillées ou le référendum était une haute trahison, un crime imprescriptible contre la Nation et l’Etat. Le Journaliste Omer Nsongo lui avait alors conseillé de « dégager la scène politique » s’il tenait à « rester 100% scientifique ». Comme il fallait s’y attendre, l’on ne pouvait pas s’attaquer à celui que d’aucuns considèrent comme l’un de grands constitutionnalistes africains et donc aussi du pays sans laisser des plumes. Ainsi qu’il l’avait fait pour la lettre ouverte de Mr Omer Nsongo, sans commentaires ni préjugés, dans le respect strict de la déontologie de notre profession, votre journal publie ici, dans son intégralité et sans ajoutes, le texte que l’ un des Assistants du Prof André Mbata, Mr Mbomb Molok Yayi, doctorant en droit à l’ Université de’ Abomey Calavi à Cotonou au Bénin, nous a fait parvenir avec son autorisation à titre de droit de réponse et qu’ il a lui-même intitulé : « Le Prof André Mbata corrige le Journaliste Omer Nsongo die Lema ».

 

Cher Monsieur Omer Nsongo die Lema,

L’équipe du Prof André Mbata a lu avec beaucoup d’intérêt votre lettre ouverte lui adressée dans Forum des As et La Prospérité et reprise par plusieurs réseaux sociaux le lundi 6 octobre 2014 en réaction à l’interview qu’il avait donnée au journal Le Phare du 30 septembre 2014 dans laquelle le Prof prévenait que toute tentative de renversement du régime constitutionnel à travers la révision des dispositions constitutionnelles verrouillées ou le référendum était une haute trahison, un crime imprescriptible contre la Nation et l’Etat. Comme le veut un adage populaire, « qui se sent morveux se mouche ». Il était donc clair que vous vous retrouviez dans l’autre camp et nous avions compris parfaitement votre « émotion ».

Compte tenu de son emploi de temps très chargé et de son niveau de responsabilité qui ne le lui permettent pas, le Professeur des universités n’est malheureusement pas en mesure de vous répondre directement comme vous l’auriez souhaité. Il va de soi que sa réaction aurait été différente si votre lettre qui se réfère à plusieurs personnes que vous appelez « juristes-politiques » émanait de l’un des scientifiques de haut niveau de la Majorité Présidentielle (MP) qui se sont refusés de s’en prendre à ses arguments qu’ils partagent volontiers avec lui en privé ou à l’université mais qu’ils ne peuvent plus soutenir dès lors qu’ils se retrouvent à l’Hôtel du Fleuve, à la ferme présidentielle ou de Bukangalonzo, dans des palais, des bars et des restaurants en raison de différentes casquettes qu’ impose la politique du ventre.

Sur instruction de l’Assistant principal du Prof André Mbata et en communion avec lui, je suis donc chargé de vous répondre en son nom à partir des éléments de son interview et de votre propre lettre après quelques recherches entreprises sur l’internet pour tenter de vous identifier étant donné votre nom seul qui nous était jusque-là inconnu ne nous permettait pas de savoir qui vous étiez. Je suis moi-même doctorant en droit à l’Université d’Abomey Calavi et vous écris à partir de Cotonou au Bénin, ce pays qui est l’un des berceaux du constitutionnalisme et de la démocratie en Afrique. Le peuple béninois est ce peuple merveilleux dont le génie avait donné naissance à la Conférence nationale. Ce pays est régi par  une constitution adoptée en 1990 et qui n’a pas connu le moindre amendement depuis plus de 20 ans. Cette Constitution pluraliste prévoit que le Président de la République est élu pour un mandat de 5 ans renouvelables une seule fois.

Depuis 20 ans, cette disposition a été scrupuleusement respectée et face aux critiques qui fusaient de toute part, le Président Yayi Boni ne s’est pas fait prier ou supplier pour annoncer qu’il s’en ira en 2016. Il ne s’est pas trouvé de charlatans et autres thuriféraires dans son parti politique, les médias, les universités ou les églises pour lui inventer des théories et des prophéties pour lui dire qu’il devrait régner ad infinitum. Je vous écris du Bénin, ce pays plein d’intellectuels véritables que la Nation honore et respecte. Professeur ordinaire dans la plus grande université de votre pays, l’Université de Kinshasa (UNIKIN), Professeur de recherche au Collège de Droit de l’Université d’Afrique du Sud qui est classée parmi les 10eres universités africaines, Professeur invité à la Faculté Jean Monnet de l’Université Paris Sud, l’une des premières universités françaises et européennes, André Mbata, le promoteur de ma thèse doctorale, est chez-nous l’équivalent de Professeur titulaire et Agrégé des Universités dans un pays où il ne suffit pas d’avoir un diplôme de doctorat pour être appelé « Professeur ».

Ce que nous avons compris au Bénin, c’est que la grandeur d’un peuple se mesure au respect qu’il accorde à ses plus grands intellectuels. L’avenir des nations est également fonction de la place que leurs peuples réservent à la pensée et à ses penseurs ou ses intellectuels, peu importe que l’on soit d’accord ou non car ils sont l’élite de la nation.

 

La grandeur d’un peuple se mesure au respect qu’il accorde à ses plus grands intellectuels. L’avenir des nations est également fonction de la place que leurs peuples réservent à la pensée et à ses penseurs ou ses intellectuels, peu importe que l’on soit d’accord ou non car ils sont l’élite de la nation.

 

Cher Monsieur Nsongo,

Avant de vous éclairer sur la pensée du Prof André Mbata qu’il vous était sans nul doute difficile de comprendre, j’en conviens, en raison de la densité du style et de sa sophistication, je dois vous avouer que j’ai éprouvé de sérieuses difficultés à rédiger l’entête de ma lettre d’autant plus que contrairement au Prof André Mbata que l’on ne présente plus, votre lettre ouverte ne donne aucune indication sur vos qualités, votre niveau académique et votre affiliation professionnelle. Etait-ce par gêne ou par souci de cacher quelque chose ? J’ai donc dû recourir aux informations publiées par vous ou sur vous sur le net et je me suis trouvé comblé sur votre parcours professionnel, vos préoccupations et motivations profondes qui sont des éléments déterminants de votre identité.

C’est sans surprise que j’ai appris, en mettant vos noms sur le moteur Google, que vous êtes effectivement un journaliste politique (ancien ou toujours actuel ?) de Digital Congo et de l’Avenir qui sont bien connus au Congo comme des médias du régime. Pendant plusieurs années, vous avez servi comme un journaliste de la presse présidentielle. Vous faites un journalisme de louange aux hommes au pouvoir et c’est un choix que nous nous devons de respecter. L’un de rares livres que vous avez écrits est intitulé « De LD Kabila à J Kabila ». Il chante le « dia lelo » de nouveaux-maîtres du Congo. Vous en êtes co-auteur avec Mr Mova Sakanyi, Ambassadeur de la RDC en Belgique dont vous avez été un correspondant ou attaché de presse et un ancien Chef de  Travaux de l’Université de Lubumbashi qui a décroché récemment son doctorat.

Le web va plus loin dans la présentation du journaliste Omer Nsongo die Lema. Selon le site web de Réveil FM, vous feriez partie de l’équipe de gens comme « Julien Afala… et  Papy Tamba…et d’autres thuriféraires qui ne jurent que par Kabila ».

D’après un autre site (sankurunews2.blogspot.com/2008/02), « Il n’y a que Omer Nsongo die Lema, le très kabiliste journaliste du magazine L’Avenir qui voit du blanc partout où les Congolais dans la grande majorité ne voient que du noir ».

Sur un autre site, Une nouvelle Afrique voit le jour,  un internaute se demandait le 27 mars 2012, « quelle crédibilité peut avoir un journaliste comme Omer Nsongo die Lema, qui, est un employé de la presse présidentielle congolaise ? ».

Dans son Edition no 0039/11 du jeudi 10 novembre 2011, le journal La Colombe rapporte vos propos méprisants et injurieux au sujet d’Etienne Tshisekedi que vous semblez pourtant louer dans votre lettre ouverte. La Colombe reprend des extraits de votre article « Ni coup de colère, ni coup de folie, Tshisekedi a peur de voir son incompétence établie au grand jour ». Et vous écriviez : « C’est un fainéant (…) Son passage à la tête de l’Ecole nationale de droit et d’administration (ENDA) fut marqué par une telle incurie que Mobutu fut forcé de la fermer ». Pour La Colombe, vos propos étaient« un montage grossier d’autant que Tshisekedi, élu député national et nommé Ministre de l’Intérieur, avait quitté l’ENDA en 1966 ; alors que la fermeture de cette école était intervenue 5 ans après, en juillet 1971 à la suite de la création de l’Université nationale du Zaïre (UNAZA) qui avait intégré les universités de Kinshasa, de Kisangani et de Lubumbashi y compris l’ENDA ». La Colombe concluait : « par ce fait, le journaliste Omer Nsongo die Lema se rend coupable de violation des articles 2, 5 et 11 du code de déontologie des journalistes congolais ».

Un autre site consulté, CongoNet radio, présente Omer Nsongo die Lema comme « le propagandiste mangecrate de Kabila » alors même que vous auriez écrit en 2011 que « Kabila est politiquement mort » !

Au regard de ce qui précède, je m’adresserai donc à vous comme à « Monsieur le Journaliste ».

Omer Nsongo die Lema: A l’heure du digital, il est devenu impossible de cacher son identité, ses incohérences, ses perfidies, son opportunisme ou même son ventre. Je comprends aussi pourquoi dans votre lettre vous ne vouliez pas entendre parler de la « politique du ventre.

Monsieur le Journaliste,

Vous comprendrez qu’à l’heure du digital, il est devenu impossible de cacher son identité, ses incohérences, ses perfidies, son opportunisme ou même son ventre. Je comprends aussi pourquoi dans votre lettre vous ne vouliez pas entendre parler de la « politique du ventre ». Au départ, j’étais loin de m’imaginer que le qualificatif de « propagandiste mangecrate » avait été utilise pour vous présenter sur le net.

Mais devrait-on vous le reprocher parce que les médias congolais sont malheureusement peuplés de « propagandistes mangecrates » qui ne se recrutent pas seulement parmi les anciens étudiants des écoles congolaises de journalisme mais aussi parmi ceux qui y enseignent et arrivent à déifier le « désir » au détriment de la raison.

Monsieur le Journaliste,

Nos recherches sur le web révèlent que vous n’en êtes pas à votre première lettre ouverte ni à votre première attaque contre tous ceux qui de près ou de loin commettent selon vous le crime de s’en prendre à vos idoles du moment. Le 17 octobre 2012, vous aviez écrit une autre lettre ouverte à Christophe Boisbouvier et à Marie-France Cros, journalistes de la Radio France Internationale à cause de leur reportage du sommet de la Francophonie. Le 10 mai 2014, vous vous adressiez aux combattants de la Diaspora.

Nous notons également qu’alors que tout le monde déplorait les fraudes, vous étiez parmi les rares personnes à affirmer que les élections de 2011 avaient été libres et transparentes. Ce « reportage du ventre » avait attiré la réaction de Dr Fweley Diangitukwa qui écrivait ce qui suit : « J’espère que vous aurez des idées positives pour l’avenir de notre pays après m’avoir lu. Autrement, veuillez continuer allègrement votre chemin en soutenant consciencieusement la tyrannie ».

Monsieur le Journaliste,

Je compatis sincèrement avec vous. Par ces temps qui courent dangereusement jusqu’à 2016, le Professeur des Universités doit faire mal et très mal aux « révisionnistes », aux artisans de la « politique du ventre » et de l’ « inanition de la nation ». Vous ne le saviez sûrement pas, l’expression « politique du ventre » d’un scientifique (François Bayart) et il n’est que normal que les scientifiques comme le Prof André Mbata l’utilisent pour décrire le comportement de plusieurs personnes dans un pays comme la RDC.

Pour revenir à votre première ligne d’attaque, je me permets de vous informer que le Prof André Mbata est professeur des droits et constitutionnaliste. Il lui arrive souvent d’utiliser un langage scientifique de haut niveau et sophistiqué difficilement compréhensible par les profanes. Aussi, suis-je dans l’obligation de préciser à votre intention et celle du public ce qu’il avait dit dans son interview au journal Le Phare du 30 septembre 2014. Selon lui, la Constitution actuelle était promulguée par le 18 février2006 sous le régime de la Constitution de transition de 2003 vulgairement appelée « régime 1 + 4 ». Cette Constitution est bel et bien l’œuvre du peuple congolais et non une constitution étrangère ou des belligérants. Elle est l’œuvre du peuple congolais parce que le Sénat et l’Assemblée nationale qui l’avaient adoptée pour être soumise au référendum étaient constitués de citoyens congolais. C’est le peuple congolais qui l’avait au finish approuvée par référendum avant sa promulgation par le Président de la République.

Affirmer le contraire et prétendre que c’est une constitution des étrangers seraient une insulte au peuple congolais, au Parlement et au Président de la République surtout que c’est le même peuple qui détient la souveraineté. Je ne voudrais pas que vous perdiez votre position à la Présidence. Le Président reste le même et les autres institutions de la République sont engagées au nom de la continuité des services publics de l’Etat. Même l’allusion au parlement comme un organe des belligérants serait inexacte dans la mesure où l’Assemblée nationale, le Sénat et la présidence de la transition étaient constitués d’autres composantes comme l’opposition politique et la société civile que l’on aurait tort de considérer comme des belligérants. Les nombreux étudiants et interlocuteurs du Professeur des Universités au pays et à l’étranger sont bien édifiés à ce sujet et nous ne pouvons nullement vous en tenir rigueur dans la mesure où la bonne compréhension de la pensée du Prof exigeait des connaissances élémentaires de droit constitutionnel et de science politique qui ne s’acquièrent pas du jour au lendemain.

C’est dans ce sens que se comprend aussi votre usage des expressions telles que « juristes-politiques » qui n’existe que dans votre terminologie journalistique tout comme votre référence à plusieurs personnalités que vous appelez « juristes-constitutionnalistes ». Plusieurs intellectuels congolais n’ont même pas la décence d’interdire aux journalistes de les appeler «  constitutionnalistes » alors que tous les juristes ne sont pas constitutionnalistes de la même manière que tous les médecins ne sont pas des gynécologues ni tous les infirmiers des accoucheuses. L’expérience dans plusieurs pays démontre que l’âge ne saurait constituer un frein et qu’il n’est jamais tard pour nous tous de continuer à apprendre, particulièrement le droit constitutionnel en cette période où tout le monde se proclame constitutionnaliste.

 

 

Tout ce qui concerne la marche de la société est politique. De là, une société civile absolument « apolitique » dans laquelle on place pêle-mêle les églises, les universités, et les ONG n’existe nulle part. Tout citoyen doit s’intéresser à la politique car comme le disait si bien l’un de nos aînés, Joseph Ki-Zerbo, “si vous ne faites pas la politique, la politique vous fera”.

Monsieur le Journaliste,

Une lecture attentive de votre lettre laisse clairement apparaître qu’elle était rédigée à la hâte comme le justifiaient les impératifs du ventre. Que de redites et de contradictions ! Le Prof des universités qui se positionne clairement dans le camp du changement et du peuple congolais ne s’est pas attribué les initiatives de la CENCO et des groupes parlementaires UDPS et UNC à l’Assemblée nationale, mais il les soutient dans la mesure où elles se situent en droit ligne de ses idées politiques et constitutionnelles.

En outre, vous êtes journaliste à la présidence et un moindre effort de recherche vous aurait permis de savoir que le Prof André Mbata a pris une part active au Dialogue inter-congolais et dans l’avènement de l’ordre constitutionnel actuel.

Par ailleurs, je tiens à déplorer le mélange de genre dans le style consistant à présenter comme des constitutionnalistes des juristes qui ne le sont pas et à les louer comme des « cracks » (expression assez bizarre dans un échange avec une sommité de la trempe du Prof André Mbata) avant de les ridiculiser. Vous écrivez, par exemple « Entrés dans l’arène politique par la porte des nominations ou des élections, ces brillants juristes-constitutionnalistes ( ?) ont fait preuve ou font preuve de réalisme en  sachant s’ adapter à la politique dont la caractéristique première ( ???) … est d’être dynamique…». Plus loin, vous dites que ce que « vos » constitutionnalistes savent faire depuis les années 1960, c’est « arrondir les angles. D’où leur longévité aux affaires ». Si tel est votre appréciation des constitutionnalistes qui est du reste erronée et qui ne plaira pas à vos « brillants juristes-constitutionnalistes », sans être sorti de la cuisse de Jupiter, le Prof André Mbata n’est pas des leurs. Jamais il n’acceptera de sacrifier les principes sur l’autel des intérêts matériels égoïstes de pouvoir et d’argent. Jamais il ne « mouillera le maillot » dans la marre puante de la corruption morale et matérielle.

Plus loin, vous affirmez péremptoirement, sans aucune preuve scientifique -et cela se comprend bien- que «  dans les grands démocraties occidentales, rares sont les scientifiques qui rejoignent la classe politique. Ils préfèrent agir dans la société civile, et encore la société civile apolitique. Je persiste et signe : APOLITIQUE ».  Une telle affirmation appelle plusieurs commentaires. D’abord, politique et science ne sont pas diamétralement opposées comme je vais vous le démontrer par la suite. Pourquoi alors lui conseiller de « dégager la scène politique »  même comme étant dans la catégorie des exceptions ? Ensuite, vous acceptez ici que les « brillants juristes-constitutionnalistes » que vous évoquiez maladroitement avaient cessé d’être des scientifiques.  Enfin, le fait pour vous de signer et de persister au sujet de la « société civile apolitique » dont les scientifiques feraient partie me pousse à vous recommander de renouer avec les bibliothèques et les universités pour vous faire une meilleure compréhension du concept de politique comme substantif et adjectif. Au bas mot, tout ce qui concerne la marche de la société est politique. De là, une société civile absolument « apolitique » dans laquelle on place pêle-mêle les églises, les universités, et les ONG  n’existe nulle part. Tout citoyen doit s’intéresser à la politique car comme le disait si bien l’un de nos aînés, Joseph Ki-Zerbo, « si vous ne faites pas la politique, la politique vous fera ». Pendant que comme des Caligula, certains membres de la MP s’apprêtent à mettre le feu à la cité après avoir menacé la Nation d’ «inanition », menace qu’ils recherchent à mettre en exécution, vous ne pouvez pas interdire aux églises de se taire parce qu’elles seraient apolitiques et devraient toujours « être au milieu du village » que vous tenez à brûler. Ce serait de leur part une démission coupable, une trahison. La politique est une chose trop précieuse pour être laissée entre les mains des politiciens, surtout lorsqu’ ils ressemblent à ceux de la MP. Sans être des partis politiques, les églises et les hommes et femmes d’églises  ne peuvent pas ne pas intervenir dans ce cas. Ils ont l’obligation de le faire. Il en est de même des universités, des universitaires et d’autres scientifiques que l’on ne peut pas sommer de « dégager la scène politique ».  Si vous ne le saviez peut-être pas comme le laisse comprendre votre sommation, la mission de l’université à laquelle le Prof Mbata appartient est triple : enseigner, faire la recherche fondamentale et sur le développement de la société, et rendre service à la communauté locale, nationale et universelle. De ce triple point de vue, l’université et l’universitaire ou le scientifique ne sauraient être apolitiques au sens noble du terme « politique ».

La mission de l’université à laquelle le Prof Mbata appartient est triple : enseigner, faire la recherche fondamentale et sur le développement de la société, et rendre service à la communauté locale, nationale et universelle. De ce triple point de vue, l’université et l’universitaire ou le scientifique ne sauraient être apolitiques au sens noble du terme “politique”.

Monsieur  le Journaliste,

A trois reprises, vous enjoignez au Prof Mbata de « dégagez la scène politique si vous tenez à rester 100% scientifique ». Il s’en dégage un manque criant de maîtrise des concepts « politique » et des relations synchrones qui existent entre eux. Vous devriez savoir trois choses. Premièrement, la politique est une science, la science du gouvernement de la cité ou de l’Etat qui est enseignée à l’Université par des scientifiques qui peuvent aussi la pratiquer. Il n’y a qu’un pays comme la RDC où un journaliste congolais peut demander à un universitaire de dégager le champ politique s’il veut demeurer 100% scientifique.

Ensuite, il est curieux qu’une personne qui n’est pas elle-même scientifique puisse évaluer les scientifiques et savoir quand ils le sont à 20, 40, 60, 80 ou 100%.  Troisièmement, comment un « journaliste-non scientifique » – car il y en a qui sont aussi des scientifiques – peut-il parler de scientifique ou de politique à 100% ? Peut-on rester un scientifique 24 heures sur 24, enfermé dans sa bibliothèque ou son laboratoire, interdit de manger ou de  s’adonner aux activités de loisirs ou encore de s’intéresser aux problèmes de sa famille et de sa société ? Peut-on également imaginer, même à la MP,  un politique à 100% dont le travail serait de faire la politique 24 heures sur 24 sans s’occuper des siens, aller danser même de nuit à l’Hôtel du Fleuve ou d’autres hôtels et bars ou s’ amuser avec les animaux de la basse-cour de nombreuses fermes en construction en RDC ? Vous nous apprenez par-là, Cher Journaliste, au risque de vous faire lyncher et d’être vous-même obligé de « dégager de la MP », que le Secrétaire général du parti présidentiel et de nombreux autres universitaires et scientifiques de la MP ont cessé depuis longtemps de l’être, ce que nous ne savions pas. Les prises de position de l’Association des professeurs de l’Université de Kinshasa (APUKIN) contre la révision des matières constitutionnelles verrouillées ou tout référendum à ce sujet constituent malheureusement une réponse collective et négative des universitaires congolais à votre conseil de les voir « dégager ».

Monsieur  le Journaliste,

Vous citez plus d’une fois les noms des leaders politiques comme Etienne Tshisekedi et Vital Kamerhe que vous aviez insultés dans le passé. J’admire votre réalisme et votre flair journalistique à l’approche de 2016 et du « sauve-qui-peut » général qui va ébranler la MP malgré les apparences actuelles de cohésion et le discours officiel de ses membres pour la simple consommation de l’Autorité morale qu’ils veulent endormir. J’apprécie ce flair qui est tout à fait à votre honneur et caractéristique de votre journalisme. Cependant, mon conseil est qu’il serait imprudent pour le moment de chercher un poste de conseiller politique ou en communication auprès d’Etienne Tshisekedi et de Vital Kamerhe. J’ai compris que vous avez senti qu’à défaut de Tshisekedi, le Président de 2016 serait Vital Kamerhe. Vous voulez déjà adhérer à  l’UNC ou à l’UDPS et aux Forces sociales comme personnalité indépendante.  Il faudra cependant faire très attention à la machine de diabolisation qui fonctionne actuellement à plus de 100% et qui dirigée par le Secrétaire général et constituée de tous les communicateurs de la MP. Demandez au Premier Ministre, aux Présidents de MSR et SCODE, ou à votre confrère de la RNTC. Ils vous en diront plus. Aussi, il n’est pas évident qu’Etienne Tshisekedi et Vital Kamerhe qui ont vu passer des oiseaux de différents plumages et des « juristes-politiques » les uns plus excellents que d’autres dans l’art de la prostitution politique et intellectuelle puissent à ce stade accepter les services même gratuits d’un tambourinaire du pouvoir dont les mains seraient encore très chaudes à force de battre le tam-tam de la MP et qui risquent de vous demander de « dégager » en attendant votre « dégraissages » ou une cure sérieuse d’ amaigrissement après une consommation désordonnée des œufs de la ferme.

Monsieur le Journaliste,

Le Prof André Mbata en bon démocrate reconnaît à tout citoyen, y compris vous-même, la liberté d’expression, le droit à la contradiction, le droit à la différence -, quitte à débattre des enjeux dans les règles de l’art comme je le fais à présent avec vous. Ce qui est déplorable, c’est qu’en dehors de vos monologues radiotélévisés ou dans vos différentes fermes, il ne s’ est jusque-là trouvé personne au sein de la MP pour réfuter les arguments scientifiques du Prof lorsqu’il affirme depuis plus d’ un an que toute tentative de déverrouillage des matières intangibles par révision constitutionnelle ou même par référendum même sur base d’une pétition de 100 millions de congolais vivants et morts serait un renversement de l’ordre constitutionnel, un acte de haute trahison et  un crime prescriptive contre la Nation et l’ Etat. Comme vous l’avez reconnu, nous sommes bien en présence d’un « éléphant scientifique ».

Il n’y a aucun caporalisme de la part de l’église catholique. Le problème, c’est plutôt dans votre camp, celui de la MP qui vilipende à longueur des journées cette église  par l’entremise des médias publics privatisés pour cette fin alors que vous applaudissez des hommes d’églises de votre obédience qui préconisent même que l’on jette déjà la poubelle la Constitution qui fait pourtant de son Autorité morale le chef de l’Etat congolais et sans laquelle il perdait toute légalité au moment le problème de légitimité n’a jamais été résolu. Autrement, sans adhérer vous-mêmes à l’Eglise Kimbanguiste qui attend toujours de vous baptiser à Nkamba, vous faites la propagande sur une prophétie attribuée au Prophète Kimbangu selon laquelle le troisième président resterait très longtemps et même règnerait…pour toujours alors que cette prophétie n’était jamais entendue sous la Seconde République lorsque cette même église alors unie soutenait la dictature mobutisme.

Le problème, Monsieur le Journaliste, c’est votre MP avec la pensée unique que vous voulez instituer en vue de l’établissement d’une monarchie présidentielle. L’intolérance que vous regrettez, elle vient de vous-même et vous l’exprimez si bien lorsque fatigués d’insulter l’opposition et après avoir annoncé le bannissement de l’Eglise catholique, vous en arrivez à présent à sommer les scientifiques de « dégager ». Un « conseil » que nous prenons comme une menace et nous vous tenons déjà responsable de ce qui pourrait arriver en mal au Prof André Mbata, digne fils du Congo à qui on donnerait plusieurs nationalités s’il le voulait et qui fait l’honneur de notre continent. Je tiens particulièrement à insister là-dessus pour signifier à vous-même et à tous ceux qui complotent dans l’ombre derrière vous nous prenons très au sérieux cette menace qui n’est pas loin d’une menace de mort. C’est du moins de cette manière qu’elle est reçue par l’ensemble de la communauté intellectuelle africaine.

Monsieur le Journaliste,

Je ne comprends pas votre position lorsque vous désapprouvez la conclusion du Prof Mbata suivant laquelle  « Quelques soient les problèmes, je reste optimiste pour le futur de l’Etat de droit démocratique dans notre pays. J’espère que la MP entendra finalement la voix de la raison pour apporter sa contribution à la protection de la Nation comme recommandée par la CENCO et s’abstenir de violer la Constitution ». Selon vous, il s’agit d’« une recommandation plutôt politiquement que scientifiquement motivée » et c’est avec la plus grande déception d’apprendre indirectement d’un membre influent de la MP que la majorité au pouvoir chercherait simplement à s’y accrocher mais qu’elle ne voudrait pas de l’Etat de droit démocratique en RDC ou qu’ elle serait incapable d’entendre la voix de la raison et resterait à réaliser son projet d’ «  inanition » de la Nation.

Après l’opposition politique et l’église catholique par le biais de la CENCO, voici à présent le tour des universitaires d’être sommés de “dégager”. Nous ne serions pas surpris demain que vous demandiez au peuple souverain lui-même de “dégager”…

Monsieur le Journaliste,

A partir du Bénin, nous constatons avec stupeur et aussi avec pitié qu’après plus de 30 ans de régime dictatorial, au lieu de se préparer elle-même à « dégager » en 2016 comme le veut la Constitution, votre MP qui nous semble le successeur légal et légitime du MPR, Parti-Etat, est par contre en train de demander à tout le monde de « dégager » de la voie vers la monarchisation du pouvoir. Après l’opposition politique et l’église catholique par le biais de la CENCO, voici à présent le tour des universitaires d’être sommés de « dégager ».  Nous ne serions pas surpris demain que vous demandiez au peuple souverain lui-même de « dégager » comme vous le faites déjà en rejetant la Constitution qu’il avait approuvée à plus de 80% par référendum il y a de cela moins d’une décennie. Après avoir réussi à caporaliser les médias, vous voulez imposer un silence de cimetière au Congo en vous servant au besoin du pouvoir judiciaire qui ne rend pas justice et est capable d’inventer des infractions et des peines contre tous ceux qui semblent se dresser sur votre voie ou vous prodiguent simplement des conseils. Nous avons bien peur que cette « démocratie » qui se construit au RDC soit une « démocratie sans le peuple » pour emprunter les mots de Maurice Duverger.

C’est l’Afrique toute entière qui a droit de s’inquiéter d’une démocratie que vous voulez construire sans débat, dialogue ou réconciliation, dans l’exclusion totale des intelligences, une démocratie dans laquelle on réfléchit plus avec le ventre qu’avec la tête et où les têtes pensantes du pays n’auraient de choix qu’entre « dégager » et se taire ou mourir.  On observe malheureusement que le successeur du MPR, son presque homonyme MP se comporte sur le champ politique à la fois comme un joueur et l’arbitre  unique, capable de marquer des buts par hors-jeu et de les avaliser, un arbitre également en mesure de donner des cartons rouges à toute l’équipe adverse. Après l’opposition, la CENCO, et la véritable société civile interdites de se prononcer sur les questions politiques, votre dernière trouvaille aura été ce carton rouge donné aux scientifiques et aux universitaires par le biais de l’une des sommités intellectuelles congolaises et africaines que nous avons vu à l’œuvre à Abuja, Accra, Alger, Cap Town, Caire, Cotonou, Dakar, Djibouti, Douala, Kinshasa, Ouagadougou, Paris, Pretoria, Windhoek, et Yaoundé pour ne citer que ces villes.

Monsieur le Journaliste,

Vous terminiez votre lettre ouverte par ces mots : « vous cherchez à vous faire un nom, mais vous avez choisi la mauvaise voie, celle de défier la communauté juridique congolaise ». J’espère qu’il n’y a plus de doute chez vous qu’André Mbata est déjà professeur des universités plus célèbres en Afrique et en dehors du continent. Il n’a donc aucun nouveau nom à se faire en RDC où en tant que professeur ordinaire, il détient  déjà le grade académique les plus élevé (Professeur ordinaire) dans la plus grande université de votre pays (UNIKIN). Ce qui étonne, c’est que sans être juriste ni scientifique, vous estimez qu’il a choisi une mauvaise voie, « celle de défier la communauté juridique congolaise ». Laissez la communauté juridique congolaise réagir et si elle ne réagit pas, ce n’est pas parce qu’elle est défiée mais dans sa grande majorité, cette communauté n’est pas avec votre mouvance. Elle est plutôt d’accord avec le prof et soutient la Constitution en considérant que même adoptée durant la transition, elle est l’œuvre du peuple congolais lui-même qui l’avait approuvée par référendum et toute tentative de renversement à travers la révision des dispositions intangibles ou le référendum tels qu’envisagés par votre MP est une trahison, un crime imprescriptible contre la Nation et l’Etat.

A ce moment précis de l’histoire de la RDC, comme le Prof André Mbata l’avait bien souligné dans sa dernière conférence à Abuja en août dernier, il n’existe plus que deux camps : le camp de ceux qui veulent l’« inanition » de la Nation, de ceux qui cherchent à renverser le régime constitutionnel et acceptent ainsi consciemment de devenir des « traîtres » de la Nation congolaise d’une part, et celui de ceux qui se battent pour « protéger » Nation, les « nationalistes » qui s’opposent au renversement du régime constitutionnel de l’autre.

Cher Journaliste,

Je vous prie de « dégager » de ce premier camp que vous aviez toujours servi et de ne pas entrer dans l’histoire de votre pays comme un « traître » à votre propre Nation en tombant sous le coup du crime de haute trahison tel que défini par la Constitution de la RDC (Art 64, alinéa 2). Cessez donc, vous et votre camp actuel, de « défier » toute la communauté nationale et internationale et de menacer l’Opposition, l’Eglise catholique et les universitaires comme le Prof André Mbata dont le crime est de  n’avoir jamais « mouillé le maillot » de l’incohérence, de la compromission et de la prostitution politique et intellectuelle en pratiquant un droit constitutionnel du ventre que vous adorez autant que le journalisme du ventre. Comme vous aimez tout de même des conseils, ce qui me semble bien louable, puis-je enfin terminer cette correction en vous réitérant ce conseil qui vous avait été prodigué l’année dernière par votre compatriote Dr Fweley Diangitukwa lorsque vous étiez l’une des rares personnes même à la MP à affirmer que les élections de 2011 avaient été libres et transparentes : « J’espère que vous aurez des idées positives pour l’avenir de notre pays après m’avoir lu. Autrement, veuillez continuer allègrement votre chemin en soutenant consciencieusement la tyrannie ».

 

Cordialement,

Bomb Molok Yayi, Doctorant en Droit, Université d’Abomey Calavi, Cotonou, Bénin.

 

 

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