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Lu pour vous : Jules Marchal, E.D. Morel contre Léopold II. L’histoire du Congo (1900-1910)

1 Oct
Comptes rendus
Ouvrages généraux

Jules Marchal, E.D. Morel contre Léopold II. L’histoire du Congo (1900-1910)

Paris, L’Harmattan, coll . Zaïre, histoire et société, 1996, 2 vol. in 8°, 364 et 463 p., ill.
Michel Van der Vennet
p. 222-223
Référence(s) :

Jules Marchal, E.D. Morel contre Léopold II. L’histoire du Congo (1900-1910). Paris, L’Harmattan, coll . Zaïre, histoire et société, 1996, 2 vol. in 8°, 364 et 463 p., ill.

Texte intégral

1Jules Marchal, ancien administrateur territorial au Congo belge, coopérant et diplomate, a publié depuis 1985 sept ouvrages relatifs à l’histoire de l’État Indépendant du Congo (E.I.C.). Parus en néerlandais sous le pseudonyme de A.M. Delathuy — devoir de réserve oblige — ces livres n’ont connu qu’une diffusion restreinte. Aussi notre auteur a-t-il entrepris la tâche de les traduire lui-même en français. E. D. Morel contre Léopold II. L’Histoire du Congo 1900-1910 que publient les éditions L’Harmattan est la version française mise à jour de son premier livre paru aux éditions EP0 en 1985 sous le titre E. D. Morel tegen Léopold II en de Kongostaat. Les autres traductions sont en bonne voie. (Jules Marchal a obstinément dénié à son éditeur le droit de faire relire le texte par un lecteur professionnel. La qualité de la rédaction s’en ressent.)

2Le livre de Jules Marchal est appelé à devenir un ouvrage de référence pour tous ceux qui s’intéressent à l’histoire de l’État Indépendant du Congo et à sa reprise par la Belgique en 1908 suite à la campagne menée par le journaliste anglais Edmund Morel pour dénoncer le système de travail forcé pratiqué dans l’E.I.C. et les atrocités que ce système de « mise en valeur » engendrait : mains coupées, prises d’otages et expéditions punitives.

3La méthode adoptée par l’auteur est particulièrement féconde ; l’ouvrage s’ordonne en courts chapitres aux contenus très délimités : « L’Affaire Rabinek », « La genèse de la Commission d’Enquête », « Morel contre la Compagnie du Kasaï », « Avec Arthur Conan Doyle contre Jules Renquin », etc. L’argumentation s’appuie sur de longues citations puisées aux sources originales. La matière étant particulièrement touffue, Jules Marchal nous pilote à travers le dédale des archives officielles et privées conservées à Bruxelles, Londres et Washington, les journaux du temps dont le fameux West African Mail — le journal de Morel —, les archives des congrégations missionnaires, des lettres et journaux de voyages restés inédits ou difficilement accessibles, et la masse de livres, pamphlets, libelles, textes de conférences auxquels ont donné naissance la campagne anti-congolaise et la vigoureuse contre-propagande que lui opposaient Léopold II et son entourage. Cela nous donne un ouvrage de plus de huit cents pages, en deux volumes, assorti d’un index de deux mille entrées, extrêmement précieux pour le lecteur désireux de situer précisément un événement, une publication ou le nom d’un protagoniste oublié. Parmi eux, nombre d’essayistes belges dont Arthur Vermeersch ou Charles Lemaire, Édouard Descamps ou Émile Vandervelde, Léon de Béthune ou Edmond Picard ; parmi les grands noms de la littérature étrangère, on retrouve ceux de Paul Claudel, de Joseph Conrad, de Pierre Mille, de Charles Péguy, d’Arthur Conan Doyle, etc.

4En refermant le livre, le lecteur aura le sentiment d’avoir été introduit à un pan non pas oublié, mais soigneusement occulté de notre histoire nationale. Si l’on excepte, en effet, le récit fait par Morel lui-même de son combat contre le « Roi-Souverain » (cf. W.R. Louis et J. Stengers, E. D. Morel’s History of the Congo Reform Movement. Oxford, 1968 ; après la Première Guerre mondiale, Morel avait jugé inopportun de publier sa propre relation des événements ; on en trouvera une interprétation dans l’édition critique qu’en donnent Louis et Stengers), le livre de S. Shaloff (Reform in Leopold’s Congo. Richmond, 1970), et le Rood Rubber de Daniel Vangroenweghe (Leopold II en zijn Kongo. Brussel en Amsterdam, 1985 ; traduction française : Du sang sur les lianes. Bruxelles, 1986), dont le projet était plus limité que celui de Jules Marchal mais qui, ayant été rapidement traduit en français, a eu plus de retentissement, il aura fallu près de cent ans et l’acharnement d’un historien non professionnel pour mettre à la disposition du public toutes les pièces d’un dossier qui a divisé la Belgique à l’aube de ce siècle et qui suscite encore les passions aujourd’hui.

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Pour citer cet article

Référence papier

Michel Van der Vennet, « Jules Marchal, E.D. Morel contre Léopold II. L’histoire du Congo (1900-1910) », Textyles, 15 | 1999, 222-223.

Référence électronique

Michel Van der Vennet, « Jules Marchal, E.D. Morel contre Léopold II. L’histoire du Congo (1900-1910) », Textyles [En ligne], 15 | 1999, mis en ligne le 19 juin 2012, consulté le 30 septembre 2017. URL : http://textyles.revues.org/1219

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Publication : « Quand les Africains se réveilleront, le monde changera »

29 Déc

Fweley Diangitukwa

 

 

QUAND LES AFRICAINS SE RÉVEILLERONT, LE MONDE CHANGERA

 

TRADITIONS ET DÉVELOPPEMENT

Préface du professeur Charles Binam Bikoi

 

Editions Monde Nouveau/Afrique Nouvelle

Nombre de pages : 276

Prix : 20 euros

Pour commander :

Fweley Diangitukwa

1, avenue Rolliez

1800 Vevey/Suisse

Téléphone : 00 41 78 898 54 84

afriquenouvelle@bluewin.ch

 

« À quoi bon embellir la vérité ? Au départ, la colonisation ne fut pas un acte civilisateur et ne releva pas d’un désir de civiliser. Ce fut un acte de force motivé par l’intérêt. Un épisode de la compétition vitale qui n’a cessé de s’envenimer entre personnes, entre groupes. Les peuples qui partaient s’emparer de colonies dans de lointains pays pensaient avant tout à eux-mêmes, et travaillaient à augmenter leurs richesses et accroître leur pouvoir ».

Albert Sarraut, secrétaire d’État aux Colonies en 1923, in Kwame Nkrumah, L’Afrique doit s’unir, Présence Africaine, 1994, p. 38.

 

« N’oublions pas seulement une chose, c’est qu’une partie de l’argent qui est dans d’autres porte-monnaies vient précisément de l’exploitation, depuis des siècles, de l’Afrique, pas uniquement, mais beaucoup, vient de l’exploitation de l’Afrique. Alors il faut avoir un peu de bon sens. Je ne dis pas de générosité, de bon sens, de justice, pour rendre aux Africains, je dirais, ce qu’on leur a pris, d’autant que c’est nécessaire si on veut éviter des pires convulsions ou difficultés avec les conséquences politiques que ça comporte dans la prochaine ère ».

Jacques Chirac (ancien président de la République française).

 

« Si je n’étais pas convaincu de la possibilité de chaque race de mener à bien sa réflexion intellectuelle, je me demande ce que nous faisons sur terre »

Extrait de la conférence de Cheikh Anta Diop à Niamey en 1984.

Cheikh Anta Diop, Les Voix de l’écriture,

UNESCO/RFI/KHEPERA/CNP-CAD-X, 1996.

 

Préface

L’Afrique s’éveille ? Non. L’Afrique se réveille. Un géant éveillé qui s’est endormi ne peut plus que se réveiller, l’éveil acquis. Son alchimie des Forces en sommeil a-t-elle abouti ? On attend, on observe. On agit aussi. On pense. On élabore et pose les conditions. On planifie aussi sans doute, des stratégies pour contrôler et au besoin contrer le réveil étant inévitable et d’ailleurs stimulant pour les véritables acteurs de la transformation. Peut-être entrevoit-on déjà la pierre philosophale ?

Encore faut-il savoir avec quel regard on cherche à voir l’avenir, question centrale, névralgique et irréductible de la problématique du crépuscule de la narcose africaine. Est-ce celui d’Anubis, de l’école kémite qui, bilanciel, établit sans appel les mérites avec lesquels on entre en latence et grâce auxquels on en sort ? Ou alors celui, perçant de l’aigle royal qui explore et anticipe sur ces bases ? Ou peut-être celui, économiciste et consumériste, du philistin contemporain qui ne juge de tout qu’en termes de valeur marchande. Puisqu’il faut bien aussi convaincre en toutes perspectives, y compris philistinistes, une question ne saurait être éludée : l’Afrique a-t-elle complété sa phase de déclin dans le cycle de la roue de la fortune ? On l’attend, peut-être la voit-on déjà sur sa pente remontante : vers le sommet ?

Les signes sont innombrables. Les observations et témoignages nombreux. Les statistiques sont prometteuses. À leur suite, les études académiques, les évaluations institutionnelles et autres travaux d’experts amorcent un tournant. Les titres fleurissent : Le Temps de l’Afrique ; Africa’s Turn?; Africa Rising: How 900 Million African Consumers Offer More than You Think Perspectives sur l’Afrique : futur géant économique ou non ? ; Chindiafrique : la Chine,l’Inde et l’Afrique feront le monde de demain Emerging Africa: How 17 Countries Are Leading the Way ; etc.

De cas humanitaire incurable, désespéré et désespérant, l’Afrique est de plus en plus reconnue comme futur moteur de la croissance économique mondiale, peut-être successeur de la Chine dans le rôle de principal centre manufacturier mondial à main-d’œuvre abondante et bon marché. Expliquant la nouvelle ruée vers l’Afrique, divers facteurs et opinions persistants suggèrent que le reste du monde le sait mieux que l’Afrique. D’où l’urgence de se saisir du discours pour mettre en perspective ces tendances et possibilités : c’est le premier mérite de l’ouvrage de Fweley Diangitukwa

S’il part des humanités kémites pour asseoir la Renaissance afin d’envisager un réveil de l’Afrique susceptible d’impacter le monde à sa dimension maximale, c’est bien parce que ce réveil doit s’enraciner dans son sous-sol. Il doit aller le plus loin possible dans ses fondations les plus solides, pour en envisager l’appropriation dans les deux sens : celui de l’adéquation à son milieu et celui de la prise de propriété par les dépositaires authentiques et les ayants droit. On en vient aux enjeux de l’endogénéité et de l’endogénéisation de l’émergence de l’Afrique et ses discours, la dominante exogène actuelle étant compromettante à plus d’un titre […]

4ème page de couverture

Ce livre est un projet pour l’avenir de l’Afrique. S’inscrivant dans la droite ligne des penseurs panafricanistes qui l’ont précédé dans la voie de l’unité africaine, l’auteur démontre qu’un autre avenir est possible à l’Afrique et qu’un autre monde est aussi possible à l’humanité tout entière : une voie plus sociale, plus juste et plus humaine.

Tout en cherchant à maîtriser les modèles de développement économique retenus par les pays développés, l’Afrique doit réfléchir à son propre modèle qui correspond à son histoire, à ses atouts, à ses attentes, à ses traditions et à ses cultures, pour ne pas reproduire servilement des modèles importés – même s’ils ont déjà fait leur preuve dans les pays où ils ont été initiés – parce qu’ils n’ont aucune emprise avec la réalité africaine. Si le modèle de l’État-nation occidental importé en Afrique a lamentablement échoué, il est à croire que le modèle de développement importé de l’étranger qui ne répond pas aux attentes des Africains échouera également. D’où la nécessité d’innover, de créer un modèle original et endogène.

L’Afrique ne saurait demeurer dans une imitation servile qui renforce sa dépendance envers les pays étrangers, elle doit parvenir à trouver sa propre voie en s’appuyant sur ses traditions et ses cultures qui ne doivent pas être vues comme un obstacle à son développement mais plutôt comme de véritables atouts qui l’enrichissent et la distinguent des autres.

Fweley Diangitukwa est Docteur en Sciences Économiques et sociales de l’Université de Genève. Professeur de Science Politique et de Sciences de Gestion. Il a enseigné au département de Science Politique de l’Université de Genève, à l’Université Omar Bongo à Libreville et à l’Université panafricaine (Yaoundé II-Soa). Il est l’auteur de plusieurs publications et de plusieurs articles scientifiques.

ISBN :978-2-9701040-2-5

 

Vient de paraître

Fweley Diangitukwa

 

L’AFRIQUE DOIT RENAÎTRE

Préface de Mbelu Babanya Kabudi

 

Editions Monde Nouveau/Afrique Nouvelle

Nombre de pages : 268

Prix : 20 euros

Pour commander

Fweley Diangitukwa

1, avenue Rolliez

1800 Vevey/Suisse

Téléphone : 00 41 78 898 54 84

afriquenouvelle@bluewin.ch

« Les puissances coloniales ne se retirent jamais de leur plein gré de quelque territoire que ce soit, sur lequel elles exercent un contrôle politique. Avant de partir, elles font des efforts surhumains pour créer des schismes et des rivalités qu’elles espèrent exploiter ensuite ».

Kwame Nkrumah, L’Afrique doit s’unir, éditions Présence Africaine 1994 [Payot, 1964], p. 78.

 

« Chaque génération doit, dans une relative opacité, découvrir sa mission, la remplir ou la trahir ».

Frantz Fanon, Les Damnés de la Terre, Paris, éditions Maspero en 1961.

 

« Le manque de constitutionnalisme en Afrique a miné le processus d’intégration régionale de plusieurs façons. Autant l’habitude du partage du pouvoir a servi d’appui à l’intégration régionale en Europe en facilitant la transition à des modes de direction supranationaux, autant son absence a, en Afrique, miné le processus. La concentration du pouvoir dans les mains des seuls chefs d’État a particulièrement compliqué le partage du pouvoir étant donné la jalousie avec laquelle chaque dirigeant a voulu protéger la souveraineté de son propre territoire »

Omoniyi Adewoye, « Constitutionnalisme et l’intégration économique », in Réal Lavergne (dir.), Intégration et coopération régionales en Afrique de l’Ouest, Paris, éditions Karthala, 1996, p. 379.

 

Préface

 Avant sa mauvaise rencontre avec les Arabes et les Européens, l’Afrique fut grande, puissante et souveraine. Cette affirmation n’est pas une idéalisation d’un passé mythique dont se réclameraient quelques élites africaines confrontées à une Afrique impuissante dans un monde multipolaire. Non. Lire ce livre de Fweley Diangitukwa permet d’aller à la rencontre de plusieurs historiens, sociologues, hommes politiques, philosophes, politologues, Africains ou Occidentaux, pouvant aider à l’étayer. L’une des questions que pourrait poser cette affirmation est la suivante : « Comment cette grande, puissante et souveraine Afrique n’a-t-elle pas pu résister à la conquête, à l’esclavage, à la traite négrière et à la colonisation européenne ? » Cette question soulève une autre : « Quels sont les outils auxquels l’Europe conquérante a-t-elle pu recourir pour conquérir l’Afrique ? »

Prétendre que l’Afrique-mère n’a pas pu résister à la conquête coloniale européenne est une contre-vérité. Soutenir que l’Europe conquérante a eu recours aux armes de destruction massive, à la religion et à l’imposition de sa culture à l’Afrique pour détruire les Africains et leurs espaces de vie permet de comprendre l’avantage qu’elle conserve dans la gestion des rapports de force avec ce ‘‘continent-mère’’. Voler ses terres et ses matières naturelles fut l’une des préoccupations des conquérants. À ce sujet, Fweley Diangitukwa note : « Le développement de l’Afrique s’arrêta lorsque notre continent perdit son autonomie et son indépendance politique à cause des guerres d’occupation menées par les Arabes, via l’idéologie islamique, et par les Européens pour prendre possession des terres africaines par la colonisation. »

Sera-t-il possible que la gestion de ces rapports de force puisse tourner un jour à l’avantage de l’Afrique ? Ce continent peut-il, dans un avenir plus ou moins proche, construire un partenariat multilatéral avec lequel les grands ensembles tels les États-Unis d’Amérique, les États-Unis d’Europe (c’est-à-dire l’Union européenne), les Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine et la République Sud-Africaine) peuvent compter ? Dans ce livre, L’Afrique doit renaître, Fweley Diangitukwa estime que répondre positivement à toutes ces questions est impératif pour les Africains.

En dialoguant avec les différents historiens d’hier et d’aujourd’hui, surtout avec Aimé Césaire, Cheikh Anta Diop, Kwame Nkrumah, Joseph Ki-Zerbo, Théophile Obenga, etc., Fweley Diangitukwa nous partage une conviction. Pour lui, si l’Afrique veut recouvrer sa grandeur et sa souveraineté perdues, elle doit absolument s’unir. C’est-à-dire réaliser le rêve des Pères et Mères des indépendances africaines, des patriotes et panafricanistes. Comment peut-elle procéder pour réaliser cette unité ?

L’auteur de L’Afrique doit renaître propose des mécanismes d’intégration pluriels pouvant aider à réaliser rationnellement et sagement cette unité indispensable à la renaissance de l’Afrique. L’étude détaillée de ces mécanismes d’intégration constitue, à n’en point douter, l’un des apports importants du livre. Mais cette intégration ne peut réussir que si elle est conjuguée avec un effort permanent de réécriture de l’histoire africaine depuis l’Égypte antique jusqu’à ce jour. Pourquoi ? Parce qu’une bonne partie de l’histoire africaine écrite par l’Occident esclavagiste et colonialiste est, à quelques exceptions près, cyniquement falsifiée et négationniste. Elle est emprunte d’un ton moralisateur et culpabilisant pour les Africains […].

 

4ème page de couverture

 

L’Afrique est un continent extrêmement riche car elle a tout ce qu’il lui faut pour assurer son développement. Ce continent est un véritable scandale géologique parce qu’il contient toutes les formes de ressources connues. Rien ne lui manque : ni les minerais, ni la faune et la flore, ni les ressources humaines, ni les ressources financières qui sont continuellement placées dans les banques occidentales et dans les paradis fiscaux par les ennemis du continent, ni l’eau douce, ni les réserves énergétiques (hydraulique, éolienne et solaire).

Convoitée pendant longtemps, l’Afrique a été appauvrie pour empêcher, sinon retarder, son développement. La destruction de l’Afrique avait commencé avec Alexandre le Macédonien qui s’empara de la Bibliothèque d’Alexandrie, puis poursuivie sous l’empire romain avec Scipion Émilien qui décida, en 146 avant notre ère, de détruire Carthage. Avec la même hargne, la Libye fut détruite en 2011 par l’OTAN et la France pour mettre la main sur le pactole pétrolier de ce pays. Les époques changent mais les desseins, les moyens et les buts sont restés les mêmes : détruire l’Afrique pour la dominer.

Les matières premières de l’Afrique ne doivent plus faire le bonheur des autres nations au détriment des Africains eux-mêmes. Kwame Nkrumah l’a déjà dit :l’Afrique doit s’unir.Mais comment doit-elle procéder ? L’auteur apporte des éléments de réponse qui permettront à l’Afrique de renaître en ce siècle.

 

Fweley Diangitukwa est docteur en Sciences Économiques et Sociales de l’Université de Genève. Professeur de Science Politique et de Sciences de Gestion. Il a enseigné au département de Science Politique de l’Université de Genève, à l’Université Omar Bongo à Libreville au Gabon et à l’Université panafricaine à Yaoundé au Cameroun. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages et de plusieurs articles publiés dans des revues scientifiques.

 

ISBN : 978-2-9701040-1-8

Pillage du Congo-Kinshasa par la Belgique, un Belge sincère dénonce

11 Sep

Pillage du Congo-Kinshasa par la Belgique, un Belge sincère dénonce. Ecoutez :

http://www.youtube.com/watch?v=ftvwHiY7Qy8&feature=share

L’Afrique a déjà beaucoup souffert. Ne la blessez pas davantage par vos propos

9 Juin

 

L’Afrique a déjà beaucoup souffert. Ne la blessez pas davantage par vos propos

 

J’ai eu quelques échanges avec Monsieur André Clavareau, sujet belge. Le contenu de nos échanges intéresse plus que lui et moi. Pour cette raison, je me permets de rendre ces messages publics. Je présente d’abord les siens que je fais suivre par les miens. Bonne lecture.

 

Le premier message ci-dessous de M. André Clavareau a été suscité par la lecture sur mon blog (www.fweley.wordprress.com) de ma conférence à Essen (Allemagne) sur les fraudes électorales de 2011 en RD Congo.

clavareau
andreclavareau@hotmail.com
80.201.212.21

Envoyé le 08/06/2014 à 2:29  

très intéressant comme leçon d’histoire…

Il est bien évident que la colonisation belge, comme toutes les colonisations de l »époque, n’avait pas comme object l’humanitaire mais l’économique..

Mais attention de en pas s’oublier avec des termes à mon sens ‘exagérés’ comme le terme de pillage..comment qualifier de pillages l’exploitation de richesses dont les indigènes ne tiraient pas profit? Et ne pas non plus oublier que si l’esclavage a existé en afriqie c’est aussi parce que les puissances comme l’arabie et les américains sur la côte ouest et espagnol sur la cote ouest achetaient les prisonniers de guerre chez les tribus vainqueurs, prisonnière qui auraient été exécutés…

En bref difficile de juger un fait historique sans se mettre dans le contexte de l’époque.

Ma première réponse à Monsieur André Clavareau,

 

Dites-moi, si vous avez un objet précieux dans votre maison que vous n’utilisez pas, dois-je m’autoriser de venir le prendre pour la simple raison que vous ne l’utilisez pas ? Qu’appelez-vous « commettre une infraction  et un vol » ?

L’esclavage a toujours existé. À l’époque romaine, les Anglais avaient été rendus esclaves. Ils étaient forcés de travailler au pourtour de la mer Méditerranée pour le compte des Romains. Les colonies ont toujours existé à travers le temps. Pratiquement tous les empires avaient des colonies. La Gaule antique était soumise sous l’empire romain. Vous le savez.

Ce qui a changé avec l’Afrique, c’est l’ampleur de la violence et la destruction de l’homme  par l’homme ; c’est le nombre (quantité) d’êtres humains rendus esclaves et pris de force par des inconnus venus de loin (Européens). L’humanité n’avait jamais connu le commerce de l’homme par l’homme. Les Européens étaient les premiers à l’introduire dans les relations humaines. Avec la traite négrière, l’Africain au Sud du Sahara est devenu une marchandise ordinaire dont le prix pouvait, voire devait, être discuté et négocié ouvertement et publiquement comme on négocie le prix d’une sardine au marché.  L’humanité n’avait jamais connu le déplacement d’autant d’hommes rendus esclaves à une si longue distance (de l’Afrique jusqu’au nouveau monde qu’était l’Amérique), jetés à la mer par mauvais temps comme des fruits abîmés, utilisés dans des champs de canne à sucre comme des animaux de somme, etc. Voilà ce que l’Occident a fait en Afrique et à l’Africain et il n’a jamais demandé pardon pour ces crimes. L’Allemagne a payé très cher pour les crimes commis en Europe par Hitler. Mais le même Occident n’a ni payé ni regretté pour les crimes contre l’humanité qu’il a commis en Afrique et partout dans le monde. Il n’a rien versé en Afrique de l’argent qu’il a reçu de l’Allemagne nazie alors que sans les tirailleurs « sénégalais », l’Europe aurait été colonisée par Hitler et les siens. Au lieu de regretter ses crimes contre l’Humanité, l’Europe s’enorgueillit.

Ce que vous dites est faux. C’est le résultat d’une sous-information. Les Africains ne vendaient jamais des innocents. Alors jamais. Seuls les fautifs étaient punis et éloignés du milieu où ils avaient commis la faute.  Avec la traite négrière, et pour la première fois dans l’Histoire de l’Humanité, l’Europe s’est mise à acheter des femmes et des hommes qui n’avaient commis aucun crime. Cela ne s’était jamais passé nulle part au monde.

Lorsque le missionnaire  apprenait à l’homme noir de ne pas voler – ce qu’il savait déjà – le colon, c’est-à-dire le complice du missionnaire dans le mal – passait son temps à voler et à piller les ressources naturelles des Africains parce que, d’après vous, les hommes noirs ne les utilisaient pas (ce qui est faux). Alors ma question déjà posée plus haut : si je viens prendre chez vous un objet qui vous appartient mais que vous n’utilisez pas, porterez-vous plaindre contre moi, m’accuserez-vous de vol ? Si votre réponse est oui, admettez que l’Europe a volé et pillé l’Afrique, qu’elle a commis des crimes pour lesquels elle doit payer. Pour quelle raison l’Europe ne devrait-elle pas être poursuivie, jugée et punie pour ses crimes contre l’Humanité, comme cela a été le cas de l’Allemagne nazie ? Je vous pose la question.

Je vous invite à lire le livre du Belge Michel Collon intitulé « Bush le cyclone », éditions Oser Dire, 2006. La lecture ne vaudra pas plus de deux heures mais vous apprendrez beaucoup. À la fin de la lecture, vous relirez le message que vous venez de m’adresser et réfléchirez à ce que vous avez écrit.

L’Afrique a déjà beaucoup souffert. Ne la blessez pas davantage par vos propos.

Fweley Diangitukwa  

Le 09 juin 2014

—-Message d’origine—-
De : andreclavareau@hotmail.com
Date : 08/06/2014 – 20:07 ()
A : f.diangitukwa@bluewin.ch
Objet : RE: L’Afrique a déjà beaucoup souffert. Ne la blessez pas davantage par vos propos

cher monsieur

je prendrai plaisir à converser avec vous si je en percevai pasd cette pointe d’agressivité…

J’ai à mon actif lus de 15 années en afrique centrale, dans la région des grands lacs, la RDC  et le Congo Brazzaville et j’ai passé les plus belles années de ma vie en Afrique.

mais je trouve inconvenant de mettre tout les misères de l’afrique sur le dos de l’occident, et notamment sur la colonisation..

Est ce la faute des Belges si la RDC est dans cet état; malgré tout ces ressources? Alors que son président se fait une fortune estimée en dizaines de milliars d dollars pendant que la population vit dans la misère? Je vous rappellerai que lors de l’indépendance la RDC avait un réseaud e rotue permettant de joindre Bukavu à Kinshasa en voiture, même si c’était pas des routes goudronnés , c’était des pistes en lateritte tout à fait praticable à l’époque.

attention: je ne cherche pas non plus à dédouaner la responsabiltié des multi nationales dans ce qui se passe (et entre parenthèse la belgique ne peut être tenu des agissements de leopold II lors de la période pré coloniale, avant que la RDC soit donné à la belgique) mais je tiens à souligner que dénigrer la colonisation n’est en find ecomtpe que un échappatoire pour ne pas regarder en face ses propres responsabilités… Laz RDC a voulu mettre sur le dos du rwanda le amrasme économique.. si on se développe pas c’est à cause de la guerre ‘cruelle et injuste’ (je cite des journeaux) imposées par le rwanda).. donc ce serai à la faute du rwanda si les ressources minières du Katanga sont détournées? et de la faute du rwanda si les ressources minières sont bradés par le gouvernement en place?

Le même raisonnement se tient aussi sur la colonisation… il y a 6 mois à Matadi j’ai croisé un congolais agressif eme disant « tu es belge, tout cela est de ta faute, tu me dois.’ Je lui ai rien dis, mais cependant juste rappeler que ce n’étais pas moi mais mon grand père..

Et encore une fois il faut aussi bien ce dire que l’esclavage exitait aussi bien en afrique, notamment par les arabes, qui en faisait un trafic constant.. d’ailleurs les belges ont arrêté ce trafic et même tué Tipo-Tipo dans la ville de Kasongo je crois, dans la province de maniema (j’ai d’ailleurs vécu 1 an et demi à Kindu)

J’ia beucoup aimé le livre de david Van reybouck ‘Congo une histoire’.

Mais encore une fois mettre tout els malheurs du Congo sur le dos de la colonisiation, des belges, des rwandais.. ce n’est en fin de compte que une échappatoire, tout les partis doivent reconnaitre ses erreurs..

Et n’oubliez pas non plus une chose: si le Leopold II a effectivement construit’ le congo en tant que nation (effectivement il existait des royaumes indépendants qui ont été effectivement démembrés par la colonisation, comme le royaume du rwanda qui s’étendait jusqu’au Nord Kivu par exemple), il a cependant mis sa fortune personnel pour la construction des infrastructures du Congo, et à l’indépendance les belges avaient aussi laissé des infrastructures brillantes… il ne faut pas non plus émettre celà..

L’histoire doit être vu dans sa  globalité..considérer le négatif mais aussi le positif..essayer de discréditer la colonisation de manière purement négatif sans se mettre dans le contexte de l’époque, et sans non plus voir les choses positives faites (par notamment des générations de religieux qui ont construit des hospitaux et écoles) ce n’est pas objectif.

Donc restons objectif, pas haineux…

En résumé j’ai rencontré plusieurs fois des congolais agressives disant « tout ce qui nous arrive c’est la faute des belges.’ Je ne me risque même pas de répondre à ce type d’individus qui ne sont pas intéressants et pas raisonnables//

Mais à vous lire je pense que vous être quelqu’un de cultivé et donc que vous ne tomberez pas dans ce travers infantile.

Je reste à votre disposition pour tout échange et qui sait? pour vous rencontrer..

j’habite vers Namur, mais en faisant de temps en temps des mission à l’étranger, soit RDC ces temps ci.

Cordialement

 

—-Message d’origine—-
De : andreclavareau@hotmail.com
Date : 08/06/2014 – 20:09 ()
A : f.diangitukwa@bluewin.ch
Objet : RE: L’Afrique a déjà beaucoup souffert. Ne la blessez pas davantage par vos propos

rebonjour

je vois ai bien répondu précédemment .. mais n’oubliez pas que les premiers esclavagistes c’étaient des arabes, pas des euroopéens…

Ma réponse groupée à Monsieur André Clavareau,

Je découvre que vous êtes Belge. Je m’en réjouis. Je ne suis ni agressif ni haineux, loin de là et je vous prie de ne pas me prêter des intentions négatives, tout en vous demandant de ne pas m’obliger à lire et relire l’Histoire selon vos attentes. 

J’ai été formé par des Suédois, des Anglais et des Belges. Mon professeur de latin habite Namur : Michel Liard (j’espère qu’il vit encore). Mon professeur de français habite près de Bruxelles : Guy Tordeur et je peux continuer la liste. Je dois à la Belgique une grande partie de ma formation mais je n’ai jamais aimé l’histoire coloniale belge, car Léopold II a massacré plus de 10 millions de Congolais innocent pour s’enrichir et enrichir sa Belgique. De nombreux Congolais ont été amputés parce qu’ils ne ramenaient pas assez de caoutchouc. N’oubliez jamais cela. Le traumatisme des Congolais a commencé à cette époque alors qu’auparavant le Royaume du Congo était un exemple de développement. Qu’était la Belgique au milieu de l’Europe avant la colonisation du Congo ? Dites-le à vous-même (pas à moi) avec sincérité. Qui a assassiné Lumumba, qui a placé Mobutu au pouvoir, qui soutient le pouvoir actuel, qui pille actuellement le Congo ? Pourquoi le Congo ne peut pas prendre son envol ? 

Pour se justifier et s’imposer, l’Occident a diffusé beaucoup de mensonges en Afrique et dans le monde, comme celui que vous reprenez ci-dessous. Les Arabes n’étaient pas les premiers à « esclavagiser » les Africains. Les Romains étaient arrivés en Afrique avant les Arabes. Qui était Scipion l’Africain ? N’est-ce pas un Romain ? Où allait-il guerroyer ? Où se trouvait Carthage qui était le grenier des Romains ? N’est-ce pas en Libye en Afrique ? Qui recrutait les soldats africains pour en faire des canons à chair dans les guerres puniques menées par les Romains ? N’est-ce pas l’empire romain (c’est bien ce que l’Occident a fait pendant la première et la Seconde guerre mondiales) ? Il a fallu que les ennemis des Romains détruisent d’abord Carthage pour que l’empire romain tombe au profit de nouvelles puissances asiatiques. Ne lisons pas l’Histoire universelle de travers mais lisons-la avec objectivité, sans parti pris.

Je ne vous connais pas et je n’ai aucune raison d’être agressif avec vous mais je n’ai aussi aucune raison d’être complaisant avec vous.

Je répondrai plus calmement à votre premier e-mail qui est plus fécond. Les jeunes Européens sont victimes des mensonges de leurs aînés qui ont falsifié l’Histoire universelle à leur seul avantage. Je vous invite à lire le livre de votre compatriote Belge Michel Collon, « Bush le cyclone », éditions Oser Dire, 2006 et le livre de Rodney sur la comparaison du développement entre l’Afrique et l’Europe au XVIIe, XVIIIe siècles. L’Occident a colonisé l’Afrique pour permettre son propre développement. L’enrichissement de l’Europe est le résultat d’un pillage organisé du monde. Les Européens sont des pilleurs patentés. C’est bien l’idée que défend brillamment votre compatriote Michel Collon, en fournissant des preuves pris dans l’Histoire. En quoi suis-je agressif si votre propre compatriote est beaucoup plus sévère avec les Européens (les Belges y compris) que moi ? Malgré ce passé négatif, ils veulent encore donner des leçons aux Africains. Non, Monsieur André Clavareau. 

Quel est le premier pays occidental qui a annoncé l’assassinat de Laurent-Désiré Kabila ? = la Belgique par la bouche de Louis Michel. Quel est le pays occidental qui a pleinement participé à l’organisation des fraudes électorales en 2006 et 2011 ? = la Belgique. Quel a été le rôle de ZETES dans ces fraudes en 2011 ? Quel est le premier et seul pays occidental qui a reconnu le nouveau pouvoir après l’organisation des fraudes en 2006 et en 2011 ? = C’est encore et toujours la Belgique. Et pour cause ? La Belgique vit sur le dos du Congo. Que deviendra votre pays si on lui enlève aujourd’hui tous les avantages qu’il a au Congo ? Ces questions ne nécessitent pas une réponse de votre part mais elles doivent vous pousser à reconnaître le rôle négatif de votre pays au Congo depuis Léopold II. Plus de 10 millions de Congolais ont été massacrés et des milliers ont été amputés. Cupide, la Belgique n’a jamais rien payé au Congo pour l’argent de l’uranium qu’elle a vendu aux Américains et qui a servi à la fabrication de la bombe atomique larguée sur le Japon (Nagasaki et Hiroshima). Et c’est tant mieux car le Congo n’a pas sur sa conscience la mort de tant de Japonais pendant la Seconde Guerre mondiale. Malgré ce passé négatif, les Européens (les Belges y compris) veulent encore donner des leçons aux Africains. Non, Monsieur André Clavareau. 

L’Afrique a déjà tant souffert, ne la blessez pas davantage.

Bonne journée.

Fweley Diangitukwa

Le 09 juin 2014

—-Message d’origine—-
De : andreclavareau@hotmail.com
Date : 09/06/2014 – 07:35 ()
A : f.diangitukwa@bluewin.ch
Objet : RE: L’Afrique a déjà beaucoup souffert. Ne la blessez pas davantage par vos propos

 

Très intéressant…

Mais encore une fois, même si l’histoire coloniale n’est pas rose (et je suis d’accord avec vous: la colonisation n’était pas une entreprise philantropique masi pour s’enrichir), l’afrqie ne doit pas non plus rejeter tout ces malheurs sur les occidentaux, mais aussi prendre ces responsabilités.

Il est vrai que en Congo Brazaville Sassou Nguesso a été mis au pouvoir par la franc et particulièrement elf aquitaine pour le pétrole, il est vrai que des entreprises minières se servent tout en donnant des pots de vin à gauche et à droite, dont les proches de J.K mais n’oublisons pas non plus le manque de corruption et mauvaise gestion des gouvernement s africains, dont la RDC…La responsabiltié est partagé…

Et n’oubliez pas non plus le rôle des chinois qui sont aussi les permiers à piller ..je les ai assez croisé en RDC, congo, rwanda et Burundi.

Enfin n’oubliez pas non plus que, malgré le négatif de la colonisiation, les belges par example ont construit des infrastructures ainsi que un système médical exemplaire…des maladies comme le choléra ou la lèpre avaient disparus à l’époque de la colonisation..pour reparaitre maintenant suite à la vestusité des mêmes infrastructures.

Donc tout non plus n’est pas négatif par la colonisation et vous devez aussi reconnaitre la responsabilité des hommes d’état africains dans la situation actuelle de l’afrique, plus prompt à s’enrichir eux et leurs clans plutôt qu’à penser à leur population (je pourrai citer Gombo et d’autres…, avec la complicité des occidentaux, chinois, et autres qui les corrompent pour des marché juteux il est vrai..mais cela ne retire pas non plus leur responsabilité..)

Bonne journée

PS lisez le livre ‘Congo Une histoire’ de David Van Reybrouck…il a écrit un chapitre

« leopold II, une immonde saloperie’ sur la triste époque de leopold II mais en même temps il a écrit que le problème du caoutchouc rouge et des mains coupées étaient fortement exagérés, par les détracteurs de la RDC qui étaient plus jaloux de la réussite diplomatique de leopold II que autre chose..croyez vous que les anglais étaient plus gentils en Inde? ET n’oubliez pas non plus que le plus gros génocide de l’histoire c’est les américans qui l’ont fait et qui ont quasi exterminé toute la population des amérindiens…Il y a pas eu de géncide en masse comme celà durant la période coloniale en Afrique..quoique tout le monde est aussi d’accord sur la responsabilité des français à l’époque de Mitterand durant le génocide rwandais de 94, ce qui est vrai…mais c’est une autre histoire.

Enfin sur la période romaine je ne connais pas assez, c’est vrai que il y a eu de l’esclavage mais il me semble que vous cherchez à dédouaner la responsabilité des arabes dans l’esclavage …

 

Ma réponse à André Clavareau,

Je vous remercie beaucoup de ces échanges entre un « neveu » et son « oncle ». Les linges sales se lavent en famille, dit-on.

Vous dites tout sur le mal des autres mais rien sur ceux de votre Belgique. C’est très étrange de votre part. Votre raisonnement est très intéressant pour une étude psychologique. Les Français ont…, les Chinois ont…. Et les Belges n’ont rien fait de mal au Congo ? Vous dites : « les Chinois sont les premiers à piller… ». Et qu’est-ce que les Européens (les Belges y compris) ont fait avant les Chinois, que font-ils alors en Afrique ? Soyez honnête avec vous-même en disant la vérité, c’est-à-dire en reconnaissant les fautes des uns et des autres. En agissant ainsi, vous participerez au développement du monde et à la communion des humains.

Vous avez raison, « les Africains ne doivent pas rejeter tous leurs malheurs sur les Occidentaux, mais aussi assumer leurs responsabilités », mais en même temps, les Occidentaux sont incapables de laisser les Africains s’assumer. Ils s’accrochent à l’Afrique comme un bébé avec le sein de sa mère.

S’agissant de la corruption. Les Occidentaux disent que les Africains sont pauvres. Quelqu’un qui n’a pas d’argent, peut-il corrompre ? Si votre réponse est NON, qui donc corrompent les chefs d’Etat africains ? Qui vendent les armes avec lesquelles les chefs d’Etat africains organisent la tyrannie ? Les Africains ou les Occidentaux ? Qui sont donc responsables, en premier, de la mauvaise gouvernance en Afrique ?

Si vous ne le savez pas, les Belges avaient construit des infrastructures non pour le bien des Congolais mais uniquement pour faciliter l’évacuation des ressources naturelles et minières dont ils avaient besoin pour développer leur pays. En matière d’éducation, la Belgique avait refusé de former les Congolais. L’enseignement s’arrêtait en 4ème année primaire. Ils disaient à l’époque : « pas d’élite, pas d’ennui ». Le système médical était « exemplaire » dans le but d’avoir des hommes costauds capables de produire pour l’intérêt de la Belgique, non pas pour plaire aux Congolais.

Vous avez raison « tout n’est pas négatif en ce qui concerne la colonisation » mais il y a plus du négatif que du positif en commençant par le traumatisme que la colonisation a causé chez les Noirs qui se sentent aujourd’hui inférieurs aux Européens. Par exemple, pour se croire belle, la femme noire blanchit sa peau par imitation à la peau de l’Européen. Cet état mental retarde le développement du continent (lisez mon livre, Fweley Diangitukwa, « La thèse du complot contre l’Afrique. Pourquoi l’Afrique ne se développe pas », Paris, L’Harmattan, 2010). Je reconnais la responsabilité des hommes d’Etat africains dans la situation actuelle de l’Afrique, tout en admettant celle des Européens dans leur soutien aux tyrans africains. Pensez-vous que sans le soutien des Occidentaux, les dictateurs africains resteraient au pouvoir pendant si longtemps ? Si ceux-ci sont prompts à s’enrichir et à enrichir leurs clans plutôt qu’à penser à leur population (comme vous le dites), c’est parce qu’ils sont soutenus par les Etats occidentaux et par les firmes transnationales qui pillent les ressources naturelles de l’Afrique et qui paient très mal les Africains qui travaillent pour eux.

Croyez-moi. Le jour où l’Afrique sortira de la dictature occidentale, elle se développera. Les 13 colonies britanniques se développèrent lorsqu’elles cessèrent d’être sous la domination de l’empire britannique. C’est une question de prise de conscience et de temps.

Le livre de M. David Van Reybrouck n’est pas une recherche sociologique. C’est un témoignage et c’est son témoignage. En revanche, je vous exhorte de lire « Congo. 100 ans d’histoire » écrit par un historien belge aujourd’hui disparu. Il dit clairement que c’est le Congo qui a fait la Belgique.

Vous dédouanez les Belges par tous les moyens mais vous êtes sévères avec les Français au Congo-Brazza, au Rwanda (Mitterrand) et au Burundi. Vous êtes sévères avec les Chinois. Pour vous, les Belges ont été des angles au Congo !!! Les Congolais ne sont pas de votre avis si vous ne le savez pas. Vous écrivez : « le problème du caoutchouc rouge et des mains coupées étaient fortement exagérés par les détracteurs de la RDC qui étaient plus jaloux de la réussite diplomatique de Léopold II que autre chose… ». Mais pourquoi ne dites-vous pas que les Belges n’ont commis aucun crime crapuleux au Congo ? Les Belges étaient mauvais au Congo comme les Anglais étaient mauvais en Inde. Toute colonisation est condamnable. Aucune n’est justifiable.

Je rectifie, le plus gros génocide de l’Histoire a été commis par les Européens qui ont immigré en Amérique et qui ont exterminé les Amérindiens. Qui était Christophe Colomb ? Ne dédouanez pas les vôtres en distinguant les Européens des Américains. Les Européens pauvres qui ont immigré dans le Nouveau Monde ont fait ce qu’ils ne pouvaient faire en Europe : piller les ressources des pauvres Indiens en les infectant (syphilis) et en les exterminant. Michel Collon dit : les Européens sont des pilleurs/voleurs patentés. Les Européens et les Américains sont, à l’origine, un même peuple. Vous avez une drôle façon de lire l’Histoire du monde. Et pour cause ?

Toute colonisation ou toute domination de l’homme par l’homme est mauvaise : qu’elle soit d’origine arabe, occidentale ou d’ailleurs. Toute violence est condamnable. L’esclavage est inhumain.

Je vous laisse et bonne journée.

Fweley Diangitukwa

Le 09 juin 2014

 


—-Message d’origine—-
De : andreclavareau@hotmail.com
Date : 09/06/2014 – 07:49 ()
A : f.diangitukwa@bluewin.ch
Objet : RE: L’Afrique a déjà beaucoup souffert. Ne la blessez pas davantage par vos propos

rebonjour

Je vous ai déjà répondu.. mais juste une remarqee: d’où tirez vous un chiffre exorbitant de 10 millions de congolais massacré par les belges? La population de la RDC actuellement fait 60 millions et donc à l’époque ce serai la moitié ou le tiers de la population massacrée?

A mon connaissance il n’y a jamais eu de génocides de masse organisée par la Belgique que je sache en RDC.

De plus n’oubliez pas que il n’y avait pas d’internet à l’époque et que, suite aux distances, la moindre nouvelle prenait 6 mois pour arriver à la métroplole…d’où possibilité de déformation massive..

 

—-Message d’origine—-
De : f.diangitukwa@bluewin.ch
Date : 09/06/2014 – 09:14 ()
A : andreclavareau@hotmail.com
Objet : Re: RE: L’Afrique a déjà beaucoup souffert. Ne la blessez pas davantage par vos propos

Monsieur André Claraveau,

 

Ces chiffres de 10 millions de Congolais massacrés par le roi belge Léopold II sont dans les manuels sérieux d’Histoire économique. J’ai étudié les sciences économiques et sociales (avec spécialisation en science politique) à l’Université de Genève. Les universités belges n’enseignent pas l’histoire des crimes commis par les colons belges au Congo. D’où votre ignorance. Ce n’est pas une question de distance. Si vous cherchez, vous trouverez et serez terriblement horrifié de ce que la Belgique coloniale a fait au Congo. Intéressez-vous à l’histoire économique de votre pays. Lisez le Suisse Paul Bairoch, ancien professeur d’histoire économique à l’Université de Genève, déjà décédé.

Au début de la colonisation belge au Congo, la population du Congo était évaluée à 21 millions. A la fin de la colonisation, il n’y a plus eu que 11 millions sur toute l’étendue du Congo, malgré l’introduction des Rwandais à l’Est du Congo pour travailler dans les concessions des Belges au Kivu.

Oui, je vous comprends. Vous êtes dans la situation d’un enfant qui défend ses parents.

Bonne journée.

Fweley Diangitukwa

—-Message d’origine—-
De : andreclavareau@hotmail.com
Date : 09/06/2014 – 08:11 ()
A : f.diangitukwa@bluewin.ch
Objet : RE: L’Afrique a déjà beaucoup souffert. Ne la blessez pas davantage par vos propos

Extrait d’un article de presse..
effectivement on parle de diminutiond emoitié de la population entre 1880 et 1920 suite à différentes causes (pas nécessairement non plus des massacres généralisés) mais toutes reliés aux conditiosn d’exploitation de l’emprire de leopold II..
Personelmnt cesz chiffres me sembles énromes… il faudrai recouper avec d’autres données mais je en suis pas historiens


La mortalité

Quant au caoutchouc, il rapporta annuellement entre 1900 et 1908, la somme de 25 millions de francs principalement à l’état et donc au roi. Pour ces millions de francs et la conquête du Congo, le régime colonial « Léopoldien » a entraîné la mort de centaines de milliers voire de millions de Congolais. Le « mouvement civilisateur » mis en place par le roi des belges avait frappé fort. Jan Vansina, professeur émérite d’Histoire et d’Anthropologie à l’Université du Wisconsin, estime que la population du Congo a diminué de moitié entre 1880 et 1920. En 1924, la population du Congo était estimée à 10 millions d’habitants.

Les causes de cette mortalité sont la famine (lors des défections et des fuites, lors des emprisonnements prolongés, lors des déportations, dans les camps et les colonies…); l’épuisement dû aux mauvaises conditions de travail; les incarcérations; les guerres et les massacres; les effets de l’environnement (sur les populations amenées à fuir les villages) les accidents (construction du chemin de fer); les conditions sanitaires précaires dans les camps lors des déportations; et bien entendu les maladies comme la variole, les dysenteries et la maladie du sommeil.

A ce propos, il est bien établi qu’outre la variole, maladie contre laquelle la production locale d’un vaccin a débuté à partir de 1895, la maladie du sommeil a fait de terribles ravages. Apparemment, de nombreuses épidémies de Trypanosomiase, l’agent de la maladie du sommeil, ont éclaté dans diverses régions du bassin du fleuve Congo dans les années 1890. Elles peuvent être attribuées aux mouvements de population engendrés par la machine coloniale. P.G.Janssens, Professeur émérite de l’Université de Gand et spécialiste de la Trypanosomiase africaine écrivait que: « …Il semble dès lors logique d’admettre la présence sur les territoires de l’EIC, du Congo français et de l’Angola, d’un certain nombre de foyers permanents[de Trypanosomiase] qui ont été réactivés par les changements brutaux des conditions et modes de vie ancestraux qui ont accompagné l’occupation accélérée des territoires…Celles-ci [les régions touchées] ont connu une morbidité et une mortalité effarantes, des villages entiers ont été décimés, la maladie du sommeil a connu une impressionnante extension. Quoiqu’il en soit, l’EIC a laissé au Congo belge et au Zaïre un problème médico-social majeur… »

 

—-Message d’origine—-
De : f.diangitukwa@bluewin.ch
Date : 09/06/2014 – 09:40 ()
A : andreclavareau@hotmail.com
Objet : Re: RE: L’Afrique a déjà beaucoup souffert. Ne la blessez pas davantage par vos propos

Monsieur André Clavareau,

Enfin, vous reconnaissez, via l’extrait d’un article, que plus de 10 millions de Congolais sont morts sous la colonisation belge, non pas de mort naturelle mais à cause des conditions de travail inhumaines. Qu’à fait la Belgique pour dédommager les familles ? Rien. Qui peut donc donner des leçon de morale aux Congolais ?

Intéressez-vous davantage à l’histoire de votre pays au Congo. Vous serez horrifié.

Les Belges ont pitoyablement pillé/saigné le Congo. Il n’y a pas que les Chinois qui pillent. Que fait FORREST au Congo ? Vous parlez du Français Bolloret, pour quelle raison ne parlez-vous pas de Forrest ? Parce qu’il est Belge ?

Bonne journée.

Fweley Diangitukwa


—-Message d’origine—-
De : andreclavareau@hotmail.com
Date : 09/06/2014 – 09:59 ()
A : f.diangitukwa@bluewin.ch
Objet : RE: L’Afrique a déjà beaucoup souffert. Ne la blessez pas davantage par vos propos

Bonjour

C’est intéressant mais quel est le but de votre blog en fin de compte?

Il y aurai des tas de sujets à discuter sur l’afrique, comme la nécessité de développement des énergies renouvelables, conséquence des effets climatiques du à la déforestation, on peut aussi dire la pollution des nappes dûs aux activités des activités d’extraction de ressources minières au katanga…et enfin la problématique du développement qui pour moi reste une responsabilité partagée entre les acteurs tant du côté du Nord que du Sud…

si votre blog s’occupe de ce type de problèmes, cela serai très constructif, et je pourrai même y envoyer des articles..par exemple actuellement je reviens d’une mission sur l »‘évaluation des impacts de changement climatique sur les infrastructures hydrauliques en RDC (j’ai été jsuqu’au bandundu) par exemple on enregistre une réduction drastique des pluies moyennes dans le katanga, d’où donc assèchement de sources d’eau et obligation de la population d’aller s’approvisionner en eau non potable comme marigots…

 

 

Ma réponse à Monsieur André Clavareau,

 

Les sujets que vous proposez sont très intéressants. Je construis une école supérieure dans le Bas-Congo. Les finances font défaut mais je me bats pour avancer. Vous pourriez intervenir le moment venu sur le management des ressources naturelles, sur les conditions climatiques ou sur la question du développement, en mettant en relation la responsabilité des uns et des autres afin de construire un avenir commun et harmonieux. Je pense ouvrir cette Ecole en octobre.

Mon blog a une prétention simple : échanger mes idées et le contenu de mes publications avec les lecteurs potentiels, comme avec vous aujourd’hui. Je suis entre trois disciplines : la littérature, la science politique et les sciences de gestion (leadership/management) qui correspondent à mes trois formations.

Je vous souhaite une excellente journée tout en espérant que nous garderons contact et construirons l’avenir ensemble. Si le passé a été mauvais, nous pouvons préparer l’avenir en l’améliorant. Cela commence par une prise de conscience réciproque de notre aujourd’hui commun.

Je suis lié à la Belgique par la formation que j’ai reçue aux humanités littéraires et par notre passé commun qui n’a pas été glorieux. Hélas !

Je suis en ce moment dans un pays asiatique où j’enseigne à l’université.

Bonne journée et au plaisir de vous relire.

Fweley Diangitukwa

—-Message d’origine—-
De : andreclavareau@hotmail.com
Date : 09/06/2014 – 11:09 ()
A : f.diangitukwa@bluewin.ch
Objet : RE: L’Afrique a déjà beaucoup souffert. Ne la blessez pas davantage par vos propos

C’est intéressant

dans le cadre d’une mission avec la Snel, j’ai fait une mission sur le Bas Congo depuis Boma, Matadi jusqu’à Lukula et Tchela, justement pour l’évaluation de la possibilité d’implantation de petites centrales hydroélectriques.

Il faut dire que j’ai deux pôles d’intérêt principale, à savoir 

– l’électrification rurale via des infrastructures décentralisés et exploitant les énergies renouvelables (comme Micor Centrale Hydroélectriques)

– l’hydraulique t l’alimentation en eau potable

Ces deux aspects peuvent se faire en synergie, vu que dans des cadres ‘plats’, faire un réseau gravitaire comme au Nord Kivu n’est pas nécessairement possible et donc un réseau requier une source d’énergie, qui peut être produit par des centrales hydo électriques ou solaire par exemple.

Finalement il y a plus de points en commun entre nous, ne fut ce que par l’intérêt que nous avons pour l’Afrique en général, la RDC en particulier, que de divergences.

Actuellement je suis pris par des rapports et aussi préparation d ‘un module de formation, que je devrai présenter à Kinshasa. mais par la suite nous pourrions nous rencontrer à bxl par exemple.

je suis d’accord avec vous: je en suis pas fan de la Belgique et certainement pas de Léopold II et donc ne dénie pas les erreurs et exploitation des ressources (qui ne le sont pas seulement par la Belgique mais par actuellement toute la communauté international, dont les US, cela dépasse de loin maintenant la petite Belgique qui n’a plus que une influence en fin de compte minime par rapport à l’influence des américains). Et effectivement c’est regrettable que ce soit la population qui souffre du soif de pouvoir de ces institution, qui donnent ensuite, comme la Belgique, quelques millions de euros dans la coopération bilatérale plus à mon sens pour se donner mais bonne conscience..

Mais encore une fois à éviter les amalgames: il y a eu des personnalités extraordinaires dans la colonisation qui se sont vraiment mobilisés vis-à-vils de la population locale, par exemple des missionnaires qui partaient avec une espérance de survie de 5 ans, suite aux conditions tropicales, il y avait pas encore de vaccin de la fièvre jaune au 19eme siècle il me semble.., et  qui ne partaient pas avec des idées enrichissement personnel ou avec des idées d’exploitation de la population…même si certains de ces missionnaires avaient des clichés comme ‘le brave petit noir qu’il faut aider’ mais aussi il y a un principe de base dans l’histoire:

 on doit juger les faits selon le contexte de l’époque; et pas selon notre filtre d’aujourd’hui…

au plaisir j’espère de pouvoir vous rencontrer un jour ou l’autre

là je suis à wepion, j’aurai j’espère un autre départ à Kinshasa pour la fin de juin et j’espère aussi pour début de aout. Et dites vous bien que j’apprécie le Congo et les congolais, tout en déplorant la situation précaire dans lequel la population vit…mais nous avons amplement débattu des causes et problèmes…

De vous à moi, je pense que personne, que ce soit dans le Nord mais aussi dans le clan JK qui a réellement envie que la population se développe, car cela irai contre les intérêts économiques de beaucoup de monde et cela est réellement déplorable.

 

Ma réponse à Monsieur André Clavareau, 

 

J’apprécie sincèrement vos aveux lorsque vous dites : « … je suis d’accord avec vous : je en suis pas fan de la belgique et certainement pas de leopold II et donc ne dénie pas les erreurs et exploitation des ressources (qui ne le sont pas seulement par la belgique mais par actuellement toute la communauté international, dont les US, cela dépasse de loin maintenant la petite Belgique qui n’a plus que une influence en fin de compte minime par rapport à l’influence des américains). Et effectivement c’est regrettable que ce soit la population qui souffre du soif de pouvoir de ces institution, qui donnent ensuite, comme la belgique, quelques millions de euros dans la coopération bilatérale plus à mon sens pour se donner mais bonne conscience..

« […] De vous à moi, je pense que personne, que ce soit dans le Nord mais aussi dans le clan JK qui a réellement envie que la population se développe, car cela irai contre les intérêts économiques de beaucoup de monde et cela est réellement déplorable. »

Les malheurs du Congo viennent d’abord de la convoitise des grandes puissances et cela avait commencé avec Léopold II. Merci de l’avoir admis. Ce sont des grandes et ces firmes qui sont à l’origine de la mauvaise gouvernance au Congo. Sans ce soutien extérieur massif, la tyrannie aurait beaucoup de peine à durer. Avec cette nouvelle compréhension, nous pouvons maintenant avancer.

Je vous remercie et vous souhaite une bonne journée.

Fweley Diamgitukwa

Nous avons eu un autre échange en date du 13 juin 2014

 

—-Message d’origine—-
De : andreclavareau@hotmail.com
Date : 13/06/2014 – 10:11 ()
A : f.diangitukwa@bluewin.ch
Objet : powerpoint

interessant…

c’est un problème complexe: le pillage des ressources de la RDC implique de nombreux multi nationales et puissances, dont ausis des acteurs gouvernementaux qui en profitent…

Une fois de plus c’est la population qui en souffre…

 

Monsieur André Clavareau,

Vous avez raison à 100 % mais j’ajoute que les autorités congolaises en profitent parce qu’elles se sentent soutenues et protégées par les grandes puissances occidentales et les firmes transnationales qui pillent les ressources du Congo. Sans ce soutien extérieur massif, les autorités congolaises ne pourront rien car elles auront la masse congolaise contre elles. Elles ne pourront que se plier à la volonté du peuple et appliquer la démocratie. La démocratie n’existe pas en Afrique parce que les grandes puissances n’en veulent pas pour mieux piller les ressources du continent.

Pour quelle raison les soldats européens, Belges y compris, sont-ils allés avec leurs armes protéger les élections au Congo en 2006 ? N’est-ce pas parce que leurs États ont des intérêts immenses en RDC ? L’Ambassadeur d’Allemagne fédérale de l’époque l’avait ouvertement avoué. Lire Fweley Diangitukwa, « Les fraudes électorales. Comment on recolonise la RDC », Paris, L’Harmattan, 2007.

Ce sont les grandes puissances qui organisent le désordre dans le monde, tout en parlant de paix, de sécurité, de souveraineté et de justice. En réalité, les grandes puissances n’aiment pas la paix et la sécurité dans le monde car s’il y a la paix et la sécurité elles ne pourront plus vendre leurs armes qui leur rapportent gros. Elles ne sont pas pour la souveraineté des nations car si elle existe effectivement elles n’auront plus de prétexte pour s’ingérer dans les affaires intérieures des Etats faibles. En réalité, elles sont (sans le dire) contre la justice internationale car dans un monde juste elles seront les premières à être sanctionnées et à être envoyées à la cour pénale internationale de La Haye où, jusqu’à présent, , il n’y a que des Africains qui y sont envoyés comme si les autres étaient des saints alors que les Africains ne sont que leurs affidés.

Le monde est injuste. Qui a puni les puissances qui sont allées détruire l’Irak et qui ont tué plus que Saddam Hussein ? L’ONU ne peut pas jouer le rôle d’arbitre car non seulement elle est dominée par les Etats qui y ont le droit de véto, majoritairement à l’Ouest, et pire l’ONU dépend entièrement des subventions payées par ces puissances qui pillent le monde. Sans leurs subventions, l’ONU arrête de fonctionner. L’ONU est donc victime de sa propre organisation, c’est pour cette raison que je plaide pour une réforme de l’ONU mais qui peut m’écouter ? Lire Fweley Diangitukwa, « Qu’est-ce que le pouvoir ? », Paris, L’Harmattan, 2004 et « Gouvernance, action publique et démocratie participative », Dictus Publishing (Allemagne), 2012.

Plus de 30 millions de Noirs ont été esclavagisés et emportés dans le Nouveau Monde puis éparpillés dans toutes les colonies où l’Europe coloniale devait produire son enrichissement ; plus de 10 millions de Congolais ont été massacrés et amputés par le Roi des Belges Léopold II pour s’enrichir et s’enrichir sa Belgique ; plus de 8 millions (voir plus) de Congolais ont été massacrés parce qu’il y a du coltan, de la cassitérite, de l’or, etc. dans leur pays, etc. (la liste est longue) ; malgré tous ces crimes commis par les puissants contre les faibles, personne, dans les pays développés occidentaux – qui enseignent la religion et la justice aux pauvres d’Afrique – n’a levé son doigt pour protester et condamner.  Les États puissants sont cyniques et les plus faibles de la planète sont sans défense. Les missionnaires de l’époque étaient complices des colons. À quoi puis-je encore croire aujourd’hui ? À rien. À qui puis-je encore faire confiance ? En personne. Notre monde n’est pas juste, n’aime pas la justice et n’œuvre pas pour la justice. On fait croire pour paraître (Machiavel) et soumettre les faibles à l’obéissance du droit international qui n’est pas respecté par l’Occident qui l’a édicté. Les plus justes sont assassinés et les plus criminels sont protégés par les armées des puissants. À quoi puis-je encore croire aujourd’hui ? À rien. À qui puis-je encore faire confiance ? En personne.

Merci beaucoup pour le point power que vous m’avez envoyé qui confirme mon amertume de la politique internationale qui profite uniquement aux riches de la planète (résultat du pillage organisé) aux dépends des pauvres.

Bonne soirée.

Fweley Diangitukwa