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Lu pour vous : Charles Onana : « Ce que je craignais pour la RDC est bel et bien arrivé »

27 Jan

 

Charles Onana : « Ce que je craignais pour la RDC est bel et bien arrivé »

Ce que je craignais pour la RDC est bel et bien arrivé. Ils se sont précipités à la soupe. Ils ont couru à la chasse aux sièges ou aux strapontins, humiliant le pays tout entier, foulant au pied la constitution de la RDC, ignorant les millions de morts Congolais, oubliant les sacrifices consentis depuis des années par la jeunesse de ce pays et par les Maï-Maï, que le communauté internationale avait traité de « forces négatives » alors qu’ils luttaient contre l’occupation de leur pays par le Rwanda et l’Ouganda.
 
A Kinshasa, il y a eu de l’effervescence ces derniers temps. On aurait discuté dans le dessein de sortir le pays d’une crise politique aiguë et certains se sont traînés ou ont été traînés dans de pseudo-négociations pour parvenir, au terme de prétendus débats houleux, au maintien de Kabila au pouvoir ; jetant à la poubelle la constitution et piétinant au passage la dignité et la souveraineté de la République Démocratique du Congo.
 
Et la date du 19 décembre qu’ils brandissaient aux Congolais ? « Vous verrez, il partira », martelaient-ils dans les médias et les forums sur internet à propos de Kabila. Il n’est pas parti. Pis, ils se sont tous rués à ses pieds, se battant ou se bousculant, pour le servir ou rester à ses côtés, lâchement, indignement et pitoyablement. Toute honte bue, jusqu’au mépris de soi et à l’aliénation de soi, ils ont affiché ce que l’Afrique a de laid et de servile.
 
Quand rendrez-vous au peuple congolais sa fierté et la justice pour : ses millions de morts, ses centaines de milliers d’enfants traumatisés, ses milliers de femmes violées, ses centaines de réfugiés, ses villages défigurés, ses forêts dévastées ? Quand oserez-vous tutoyer l’occupant qui, chaque jour, vous humilie, vous rabaisse, vous met plus bas que terre et se pavane dans vos rues, cherchant du regard celui ou celle qui osera le défier ? Avez-vous vraiment oublié les propos de Paul Kagame, votre bourreau arrogant ex-maquisard à la culture sommaire, celui qui empêche vos femmes et vos enfants de circuler librement à l’Est du pays, celui qui, depuis 2001, s’attelle au pillage de vos ressources naturelles et qui arrive le jour du cinquantenaire de l’indépendance du Congo avec deux heures de retard avant de s’affaler dans son fauteuil à la tribune pour feuilleter un journal sans intérêt sur son soldat Kabila, question de bien vous faire comprendre que vous n’êtes rien chez vous et que vous ne pouvez rien contre lui ?
 
C’est bien cet homme-là qui a choisi votre président périmé que vous avez indélicatement reconduit et qui vous roule dans la farine depuis 2001. C’est bien celui que vous appelez en privé « le taximan » qui vous épuise ou qui vous fait danser comme des marionnettes et qui a refusé de partir le 19 décembre 2016 (fin de son mandat) alors que vous parliez à qui voulait vous entendre du respect de la constitution.
 
Paul Kagame, dont vous avez peur de prononcer le nom à Kinshasa pousse, avec votre appui direct ou indirect, la RDC au suicide et ne cesse de tenir des propos désobligeants à l’égard des Congolais en soulignant notamment que la classe politique congolaise est incapable de régler ses problèmes ou ceux qu’il cause lui-même à la RDC. Et chaque fois, vous vous taisez, vous pliez, vous baissez le regard, vous lui donner raison.
 
L’ancien Premier ministre rwandais, Faustin Twagiramungu, écœuré de vous voir tourner en rond à la veille de Noël, a dit, à haute voix, que c’est Kagame qui a choisi votre président avant de se demander, en parlant de Kabila, « comment un aide de camp de Kabarebe, l’actuel ministre de la Défense du Rwanda, est devenu multimillionnaire et président de la RDC ».
 
Ce Kabarebe lui-même s’en était vanté dans la presse en disant : « Joseph a eu les pires difficultés à s’adapter à la vie de soldat. (…) Il ne savait pas quoi faire. Je lui ai donc tout appris ». Il ajoutait : « Joseph Kabila est incapable de regarder les gens en face. Je n’ai jamais perçu chez lui, une quelconque aptitude au commandement ». Pourtant, ce Joseph, votre « taximan », vous commande et dirige la RDC depuis 15 ans. Le peuple n’en veut plus mais vous le supportez en acceptant gloutonnement ce qu’il vous fait avaler. Vous avez frénétiquement relayé l’appel du 19 décembre 2016 du parlement européen avec le slogan « Kabila doit partir ». Il est toujours là et vous allez peut-être bientôt l’applaudir. Votre slogan est-il mort le 19 décembre ou l’avez-vous enterré ? La montagne a-t-elle accouché d’une souris au point que vous préférez cajoler cette bête disgracieuse ? Et les promesses au peuple congolais après le 19 décembre ? Que sont-elles devenues ? Et l’espoir de la jeunesse qui a manifesté dans la diaspora croyant que Kabila partira, vous en faites quoi ?
 
Et tous ces jeunes « combattants » qui, à Londres, Paris, Montréal, Bruxelles, essayent avec des moyens dérisoires de redresser l’honneur du Congo et de rendre à leur façon la dignité aux Congolais, vous en faîtes quoi ? Ils sont fichés les uns et autres à Kinshasa et ne peuvent rentrer passer des vacances chez eux. Avez-vous plaidé leur cause dans vos négociations ?
 
A Kinshasa, vous êtes « fiers » d’avoir négocié, un peu comme à Sun City, Naïrobi, Kampala, Lusaka, Addis-Abeba, … pour finalement gouverner avec Joseph, qui ne part pas, et avec Azarias & Co. Vous avez mobilisé la jeunesse congolaise sur internet, dans les associations et meeting pour rester finalement avec Joseph, le troisième œil de Kigali, et bredouiller aujourd’hui quelques phrases incohérentes ? Vous avez donc accepté que le dictateur rwandais et son réseau congolais vous dominent à nouveau et vous humilient chez vous en leur disant merci : tête baissée, visage bosselé et apeuré ? Non ! Vous n’allez tout même pas faire ça ? Vous n’allez pas vous constituer en esclaves volontaires à ce point et marcher piteusement sur vos millions de cadavres parce que vous pensez que l’occupant est « plus fort » que vous ? Vous n’allez pas infliger une telle infamie à votre peuple qui endure déjà beaucoup depuis la période coloniale ?
 
De toutes façons, si vous préférez courber l’échine au point de ne plus en avoir parce que vous croyez que ceux qui terrorisent votre peuple sont « plus forts » que vous, nul ne peut vous en dissuader ! Si vous êtes convaincus que vous avez bien « négocié » avec votre Joseph, nul ne peut prétendre que vous vous êtes peut-être trompés ; même s’il est établi que les multiples « négociations » de dupes sur la RDC depuis plus de dix ans participent de votre asservissement. Si vous croyez dur vraiment que vous avez raison, nul ne peut vous susurrer que vous manquez de cran.
 
Que n’avez-vous pas dit du maréchal Mobutu ? Qu’il était le serviteur des colons belges et américains, qu’il était le laquais de l’impérialisme, etc. Et vous, vous êtes les serviteurs et les laquais de qui pour ramper de la sorte et depuis (1998) tant d’années ?
 
Non ! Je crois sincèrement que le maréchal, avec tous ses défauts, n’aurait jamais accepté ce que vous acceptez actuellement en RDC et ce depuis Sun City. Même Laurent-Désiré, que les Rwandais avaient porté au pouvoir, avait refusé d’être traité comme un chien chez lui par Kagame et ses hommes. Il a dit Non et s’est battu comme un lion. Quant à Patrice Lumumba, il doit se retourner dans tous les sens là où il est en se demandant ce qui s’est passé pour que son Congo tombe si bas. Patrice, pardonne leur, « ils ne savent pas ce qu’ils font », peut-être qu’ils sont trop faibles pour porter très haut la flamme que tu as si noblement porté pour le Congo et pour l’Afrique jusqu’à accepter dans la dignité le sacrifice suprême. Que dire de Mgr Munzihirwa, l’archevêque de Bukavu, lâchement assassiné par les hommes de Kagame ? Il a vaillamment défendu son peuple et vous n’osez même plus prononcer son nom ! Vous avez peur de quoi ? Vous craignez qui pour demander vérité et justice sur sa mort ? Avec de si grands hommes morts pour le Congo et défendant le peuple congolais, votre capitulation et votre défaite souillent leur mémoire et trahissent leurs espoirs.
 
Ce propos que certains jugeront précipitamment comme un réquisitoire n’en est pas un. C’est un simple appel à vos consciences ou ce qu’il en reste, un encouragement à assumer vos responsabilités dans la dignité pour ceux qui pensent en avoir, un recours à l’imagination pour ceux qui pourraient encore la réveiller. La RDC ne doit pas tomber si facilement alors que de dignes fils et filles de ce pays continuent de mourir, à la suite de Munzihirwa, comme Chebeya et Tungulu et des milliers d’autres à l’Est pour que la RDC reste debout. Et elle est debout depuis 1998 par la force, la volonté et le courage de millions de Congolais que Kinshasa ne respecte pas. Cette résistance congolaise doit continuer partout car ce pays mérite mieux que ce qui s’y passe en ce moment. C’est ce que pense d’ailleurs l’ancien Premier ministre rwandais lorsqu’il lance dans un tweet du 26 décembre : « il est temps que les jeunes Congolais de l’intérieur et de l’extérieur se mobilisent pour sauver leur beau pays du néocolonialisme ». Il connaît votre bourreau, il l’a côtoyé de près et vous invite au combat pas à la résignation.
 
Bonne année au peuple Congolais qui, en cette période trouble et pleine d’incertitudes, doit continuer à chanter « indépendance Tcha Tcha » pour signifier qu’il comprend le sens du retour d’Azarias Ruberwa au premier plan et les prolongations non constitutionnelles de Joseph après la défaite des Clinton aux USA. Seuls les aveugles ne voient pas et seuls les sourds n’entendent pas. Si l’on décide d’être à la fois sourd, aveugle et muet, par dessus tout, il est préférable de quitter Kinshasa et de s’exiler au Rwanda, on y sera bien reçu.
 
Charles Onana
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Critique de l’Accord Politique proposé par le Facilitateur Edem Kodjo

19 Oct

Chers Compatriotes Congolais de souche,

Notre pays traverse une période très difficile qui est semblable au passage de la Colonisation à l’Indépendance, de la Dictature à la Démocratie. Un tel passage historique nécessite l’implication de Tous les Fils du pays pour trouver un Accord Politique dans un Dialogue Inclusif qui cimente l’avenir pour de longues années [cfr. : Table ronde à Bruxelles, Conférence nationale, Sun City en Afrique du Sud]. Malheureusement, l’Accord Politique trouvé par le Facilitateur de l’Union Africaine, en la personne du Togolais Edem Kodjo, viole plusieurs articles de la Constitution. De ce fait, cet Accord ne résout pas le conflit congolais ; au contraire, il l’envenime car l’ancien locataire du Palais du peuple restera en fonction jusqu’en avril 2018.

Sur la forme

  1. Les dialogueurs n’ont pas respecté le temps qui leur a été imparti.
  2. Le Dialogue n’a pas été inclusif car plusieurs partis de l’opposition et des membres de la société civile ont soit boycotté ledit dialogue soit quitté en cours des travaux.
  3. Les principaux concernés de cet Accord Politique ne sont pas signataires, à savoir : le chef de l’Etat sortant, la CENI, les partis politiques de l’opposition (représentée par une fraction partisane), la société civile (représentée par une fraction partisane).

Sur le fond

  1. L’Accord Politique viole l’« Exposé des motifs » contenu dans la Constitution de 2006 qui dit : « En vue de mettre fin à cette crise chronique de légitimité et de donner au pays toutes les chances de se reconstruire, les délégués de la classe politique et de la Société civile, forces vives de la Nation, réunis en Dialogue intercongolais, ont convenu, dans l’Accord Global et Inclusif signé à Pretoria en Afrique du Sud le 17 décembre 2002, de mettre en place un nouvel ordre politique, fondé sur une nouvelle Constitution démocratique sur base de laquelle le peuple congolais puisse choisir souverainement ses dirigeants, au terme des élections libres, pluralistes, démocratiques, transparentes et crédibles» [ce n’est pas le cas à la fin de ce second et dernier mandat du chef de l’Etat sortant].
  2. L’Accord Politique viole plusieurs articles de la Constitutions, entre autres (voir ce qui est en italique) :

Article 64 :

Tout Congolais a le devoir de faire échec à tout individu ou groupe d’individus qui prend le pouvoir par la force ou qui l’exerce en violation des dispositions de la présente Constitution. Toute tentative de renversement du régime constitutionnel constitue une infraction imprescriptible contre la nation et l’Etat. Elle est punie conformément à la loi.

Article 70 Le Président de la République est élu au suffrage universel direct pour une durée de cinq ans renouvelable une seule fois. A la fin de son mandat, le Président de la République reste en fonction jusqu’à l’installation effective du nouveau Président élu [la durée de cinq ans arrive à la fin le 19 décembre 2016].

Article 73 :

Le scrutin pour l’élection du Président de la République est convoqué par la Commission électorale nationale indépendante, quatre-vingt-dix jours avant l’expiration du mandat du Président en exercice.

Article 78 :

Le Président de la République nomme le Premier ministre au sein de la majorité parlementaire après consultation de celle-ci. Il met fin à ses fonctions sur présentation par celui-ci de la démission du Gouvernement. Si une telle majorité n’existe pas, le Président de la République confie une mission d’information à une personnalité en vue d’identifier une coalition. La mission d’information est de trente jours renouvelable une seule fois [cet accord ne respecte pas la Constitution car il est dit que le Premier ministre sera choisi dans l’opposition].

Article 158, alinéa 1 :

La Cour constitutionnelle comprend neuf membres nommés par le Président de la République dont trois sur sa propre initiative, trois désignés par le Parlement réuni en Congrès et trois désignés par le Conseil supérieur de la magistrature [Seulement cinq juges ont siégé au cours de cette audience dirigée par Lwamba Bindu. Quatre de ses membres étaient absents. Siéger à cinq sans avoir atteint le quorum est un manquement grave pour les juges de la Cour constitutionnelle. Il y a eu violation de l’article 90 de la Loi organique de cette institution qui dispose : « La Cour ne peut valablement siéger et délibérer qu’en présence de tous ses membres, sauf empêchement temporaire de deux d’entre eux au plus dûment constaté par les autres membres ». Le non-respect de cette disposition enlève toute la validité à l’Accord Politique]. De ce fait, l’Accord Politique n’a aucune valeur juridique. Tout le travail qui a été fait à la Cité de l’OUA tombe à l’eau.

Article 211, alinéa 3 :

Elle [la CENI] assure la régularité du processus électoral et référendaire [cette régularité n’a pas été respectée].

Article 220, alinéa 1 :

La forme républicaine de l’Etat, le principe du suffrage universel, la forme représentative du Gouvernement, le nombre et la durée des mandats du Président de la République, l’indépendance du pouvoir judiciaire, le pluralisme politique et syndical, ne peuvent faire l’objet d’aucune révision constitutionnelle.

  • La Résolution 2277 des Nations unies n’a pas été respectée car elle a clairement stipulé que les conclusions de l’Accord Politique devaient être conformes à la Constitution. En violant la Constitution a été violée [voir articles cités ci-dessous], les dialogueurs n’ont pas respecté la Résolution 2277.

En Conclusion

  1. En Afrique, la révision ou la modification constitutionnelle et les Accords Politiques servent à faciliter le maintien du chef de l’Etat au pouvoir.
  2. L’Accord Politique proposé par le Facilitateur Edem Kodjo s’inscrit dans la logique ci-dessus. C’est un document fantaisiste qui ne respecte pas la Constitution et qui bloque sciemment le principe de l’alternance politique à la fin du second et dernier mandat du chef de l’Eta sortant. De ce fait, cet Accord ne concerne que leurs auteurs et ceux qui ont pris part aux concertations de la Cité de l’OUA.
  3. Cet Accord Politique est un coup d’Etat constitutionnel déguisé car il viole le préambule de la Constitutions de 2006 qui stipule : « […] Condamne le coup d’Etat, l’exercice tyrannique du pouvoir et l’usage de la violence politique, sous toutes ses formes, comme moyens d’accession au pouvoir ou de sa conservation ».
  4. À cause de leur manquement grave au non-respect de la Constitution, le chef de l’Etat et le Gouvernement doivent être sanctionnés en ne dirigeant pas la période transitoire ; aussi la CENI ne doit pas organiser les élections. Cette sanction est indispensable pour éviter que les mêmes fautes soient commises dans le futur par d’autres dirigeants. Aucune entorse ne doit être faite à la Constitution afin qu’elle soit continuellement respectée [nécessité de créer une tradition].
  5. J’invite les Congolais de souche à ne pas respecter cet Accord Politique inspiré par des considérations politiques et à exiger le départ du Locataire du Palais de la Nation en date du 19 décembre à nuit, car il n’a pas été le garant de notre Constitution. Il a trahi les institutions de la Républiques en ne se soumettant pas au délai [voir cas de Haïti].
  6. À s’investir dans un Nouvel Accord politique plus inclusif qui ouvrira les portes du Congo de demain.
  7. À ne pas abandonner la lutte non violente qui nous conduira à la Victoire. Nos martyrs tombés les 19, 20, 21, 22, 23 janvier 2015 et le 19 septembre 2016 doivent être honorés par notre détermination à créer un Etat de droit en RD Congo.
  8. Suivez cette vidéo : http://www.radiookapi.net/2016/10/18/emissions/dialogue-entre-congolais/la-cour-constitutionnelle-accepte-le-report-des

Fait à Vevey (Suisse), le 19 octobre 2016

Dr Fweley Diangitukwa

Politiste

http://www.fweley.wordpress.com

DELAIS CONSTITUTIONNELS, PARLONS-EN

7 Jan

Excellence Monsieur le Ministre Kin Key Mulumba,

 

Dans un de vos précédents e-mails, vous avez traité les Congolais qui échangent avec vous dans nos réseaux sociaux de « cons ». Veuillez donc considérer que je n’ai pas de niveau car à vos yeux j’appartiens au camp des « cons » face à vous qui appartenez au camp des laudateurs « intelligents ». Quel orgueil ! À croire que vous êtes la seule personne intelligente dans notre pays !!! Vous avez un orgueil qui va au-delà des limites.

Quelques compatriotes et moi avons procédé pendant longtemps à une étude comparative entre les longs textes de M. Pascal Debré Mpoko et les longs textes du Ministre Kin Key Mulumba et nous sommes parvenus à la conclusion suivante : en considérant le style et le centre d’intérêts des thèmes traités, les deux individus sont la même personne.

Vous me lisez souvent comme moi je vous lis régulièrement sous vos deux identités – l’un (Pascal Debré Mpoko) fait pour injurier les compatriotes via facebook et l’autre (Kin Key Mulumba) pour soutenir le chef de l’Etat. Comme, avec votre nom authentique, vous ne pouvez pas traiter les Congolais que nous sommes avec mépris (j’ai isolé quelques termes dans votre message ci-dessous pour montrer votre état d’esprit, les voici : niaiseries, diabolisation, disqualification, piège, emmerdement, sombrer dans des attaques ad hominem, attaques, camoufler, etc.), vous vous êtes fabriqué un nom d’emprunt avec lequel vous vous donnez la liberté d’injurier vos compatriotes en les traitant d’imbéciles, de cons, d’ignorants (voir vos précédents e-mails avec entre autres Mme Ntumba Kabisa). Ce n’est pas parce que nous ne sommes pas tous ministres que vous devez vous sentir obligé de nous traiter de minables en nous regardant d’en haut. La vie ressemble à une roue qui tourne. N’oubliez jamais cela.

Vous savez parfaitement bien que je n’injurie personne, ne diabolise personne et n’emmerde personne, comme vous le faites.

Dans le dernier long texte de Kin Key Mulumba que j’ai lu vous avez soutenu que l’actuel chef d’Etat sera le candidat unique de la mouvance présidentielle et vous avez demandé aux juristes du PPRD et alliés de préparer un texte pour trouver les arguments juridiques pouvant justifier la candidature de l’actuel chef d’Etat qui n’a pourtant plus le droit de se représenter. Dans l’actuel long texte signé sous votre nom d’emprunt Pascal Debré Mpoko, vous êtes revenu sur le même thème avec quelques arguments et quelques références prises dans la Constitution. Malheureusement tous vos arguments ne tiennent pas la route. Je vous informe que la Constitution est sur ma table de chevet. N’ayez donc aucune inquiétude à ce sujet. Je la lis régulièrement. Par ailleurs, je suis les débats politiques au pays et je sais que le PPRD et alliés se sont emparés de tous les postes de Gouverneurs et Commissaires provinciaux. Ce qui revient à dire que, sur le plan politique, tout le pays appartient uniquement au PPRD et alliés car vous gérez toutes les provinces et vous êtes à la tête de toutes les institutions de la République. Quel égoïsme ! Vous faites du mobutisme sans le dire tout haut.

Quant à la question liée à la convocation des scrutins, je dois vous dire que la stratégie du PPRD et alliés date des élections précédentes de 2011. C’est en 2012 que j’ai commencé à dire autour de moi que le président, le Gouvernement et la CENI n’organiseront pas l’élection présidentielle en 2016 (vous connaissez les conditions de prestation de serment de 2011). Le fait de ne pas organiser l’élection des Sénateurs était pour moi un indice pour conclure que le pouvoir voulait tester les Congolais sur ce qui allait se passer en 2016. Le pouvoir actuel s’est dit : si les Congolais acceptent des Sénateurs sans légitimité, ils accepteront également, après 2016, un chef d’Etat sans légitimité. Pressentant cela à temps, j’avais dénoncé les Sénateurs qui siègent sans aucune légitimité. Comme l’impunité règne en maîtresse dans le pays, personne ne peut agir contre eux. Puis, est venu le livre du prof. Boshab critiqué vertement par son Collègue prof. Mbata. Puis, est venue la volonté de modifier la loi électorale et les événements des 19, 20, 21, 22 et 23 avec les morts que cela a entraînés. Dans un pays qui se dit « démocratique », les jeunes qui sont descendus dans la rue pour exprimer leur ras-le-bol ont été « canardés », oui massacrés. Vous et moi avons suivi les images. Regrettable, vraiment regrettable car l’homme n’a qu’une vie. Quel respect avons-nous de la vie humaine dans notre pays ? Je vous pose la question.

Pour faciliter la tricherie à l’élection présidentielle de 2016, vous avez proposez, – pince-sans-rire – mais surtout sans honte, le scrutin indirect afin que le président soit élu par le Parlement où le PPRD et alliés ont déjà une majorité écrasante. J’ai fait comprendre à l’opinion publique, en me référant aux textes de constitutionnalistes de renom que le scrutin indirect est pratiqué à l’élection présidentielle dans les pays fédéraux tandis que le scrutin direct est nécessaire dans les pays unitaires parce que le chef de l’Etat a grandement besoin d’une large légitimité. Depuis, vous n’y êtes plus revenu mais vous n’avez pourtant pas abandonné votre désir – « votre association ne s’appelle-t-elle pas ‘Kabila-désir, totondi nano te’ » – de voir l’actuel chef d’Etat rempiler pour un troisième mandat. C’est bien ce que vous faites maintenant en utilisant deux voies : avec votre vrai nom et avec votre nom d’emprunt. Dans les deux cas, votre combat est le même : hélas, le style et la manière d’argumenter vous trahissent dans les longs textes car ils sont les mêmes.

Vous me demandez d’argumenter mais, Excellence Monsieur le Ministre, on argumente lorsque les termes sont ambigus or, dans le cas de la Constitution congolaise, il n’y a aucune nécessité d’argumenter ou de démontrer quoi que ce soit car les articles sont clairs. En guise de rappel :

Article 64 Tout Congolais a le devoir de faire échec à tout individu ou groupe d’individus qui prend le pouvoir par la force ou qui l’exerce en violation des dispositions de la présente Constitution. Toute tentative de renversement du régime constitutionnel constitue une infraction imprescriptible contre la nation et l’Etat. Elle est punie conformément à la loi.

Article 70 Le Président de la République est élu au suffrage universel direct pour un de cinq ans renouvelable une seule fois. À la fin de son mandat, le Président de la République reste en fonction jusqu’à l’installation effective du nouveau Président élu.

Article 73 Le scrutin pour l’élection du Président de la République est convoqué par la Commission électorale nationale indépendante, quatre-vingt-dix jours avant l’expiration du mandat du Président en exercice.

Dans la Constitution, le délai a été précisé dans l’article 73. Dépassé ce délai de quatre-vingt-dix jours, le détenteur du pouvoir tombe dans l’illégitimité et c’est l’article 64 qui s’applique.

Je vous rappelle que l’article 70 auquel vous faites allusion doit être lu en parallèle avec l’article 73. Si le pouvoir exécutif, en accord avec la CENI, n’organise pas les élections quatre-vingt-dix jours avant l’expiration du mandat du Président en exercice, il doit assumer sa responsabilité. Si le Gouvernement ne trouve pas le budget nécessaire pour couvrir tous les frais y relatifs, il doit également assurer sa responsabilité car il a eu quatre ans pour préparer les élections et ce n’est pas à la veille de l’élection présidentielle qu’il doit chercher des arguments pour endormir le peuple congolais. C’est là un comportement enfantin et donc inacceptable et indéfendable. Même si vous nous traitez de « cons », nous avons un peu d’intelligence pour comprendre vos stratégies.

Si vos ambitions personnelles ne comptaient pas, vous soutiendriez la Constitution sans chercher à l’interpréter ni à demander aux juristes du PPRD et alliés de trouver des arguments juridiques pour justifier la candidature de l’actuel chef d’Etat pour un troisième mandat. Prétendre que « c’est l’intérêt de la RDC qui compte et non mes ambitions personnelles » est un argument faux qui vous sert à faire croire le contraire.

Si, en réalité, vous « veniez dans le débat avec l’intention de rencontrer vos compatriotes congolais », vous ne nous traiteriez pas de « cons », autant plus que nous ne nous connaissons pas physiquement. Si vous traitez vos compatriotes avec respect, ils vous le rendront avec élégance. L’élévation dans le débat appelle l’élévation dans le comportement, l’intelligence appelle l’intelligence. En revanche, l’indifférence et le mépris appelle l’indifférence et le mépris. Je vous invite donc à relire l’article 66 de la Constitution :

Article 66 Tout Congolais a le devoir de respecter et de traiter ses concitoyens sans discrimination aucune et d’entretenir avec eux des relations qui permettent de sauvegarder, de promouvoir et de renforcer l’unité nationale, le respect et la tolérance réciproques. Il a, en outre, le devoir de préserver et de renforcer la solidarité nationale, singulièrement lorsque celle-ci est menacée.

Vous êtes Congolais, je vous invite au respect de vos compatriotes et au respect de la Constitution. Le Congo n’appartient pas uniquement à votre seul camp. Comme je ne cesse de le dire : il est le seul bien qui appartient à tous les Congolais. Nous devons le gérer dans l’intérêt de TOUS.

Vos articles sur le glissement et/ou sur le troisième mandat de celui qui est arrivé à la fin de son second et dernier mandat ne m’intéressent pas et n’intéressent pas les Congolais qui tiennent au respect de la Constitution.

Ne vous cachez plus car les Congolais savent qui vous êtes.

Bonne année et tous mes vœux.

Patriotiquement vôtre.

 

Fweley Diangitukwa

http://www.fweley.wordpress.com

 

—-Message d’origine—-
De : lecridesopprimes@yahoogroupes.fr
Date : 07/01/2016 – 16:03 (PM)
À : Congo@yahoogroupes.fr
Cc : tnpinfos@yahoogroupes.fr, congocitizen@yahoogroupes.fr, lecridesopprimes@yahoogroupes.fr, congovirtuel@yahoogroupes.fr
Objet : [lecridesopprimes] Re: [Congo] Re: [TnpInfos] DELAIS CONSTITUTIONNELS, PARLONS-EN

Monsieur Fweley,
Je pensais que vous au moins, avec le niveau que je vous connais, vous
ne tomberiez pas dans ces niaiseries de collage des noms et
d’identités inappropriées à des tiers pour des fins de diabolisation
et, finalement, de disqualification d’un adversaire ou un
contradicteur. Pour ma part, je ne tomberais pas dans ce piège qui ne
relève de la stratégie d’emmerdement maximum.
Je ne sais pas si vous avez bien lu notre constitution ou bien si vous
suivez le débat politique en RDC. Sinon vous auriez compris que la
convocation des scrutins n’est pas dans la préoccupation de ceux qui
s’accrochent aux premiers alinéas des articles 64 et 70.
Il ne suffit pas de prétendre qu’une réflexion est échevelée. Le plus
important, dans le genre de nos échanges, c’est d’en faire la
démonstration pratiques au lieu de sombrer dans des attaques ad
hominem qui n’éclairent personne en termes de réflexion.
J’ai compris que ce genre d’attaques est une tactique utilisée pour
camoufler une sorte de gêne face à des évidences qui ébranlent même
les fondements d’un combat que l’on mène. Mais moi, si je me retrouve
face à ce genre de situation, je m’incline sportivement, puisque, dans
le fonds, c’est l’intérêt de la RDC qui compte et non mes ambitions
personnelles.
En venant dans ce genre d’échanges, je me dis simplement que je vais à
la rencontre des Congolais. Le fait que l’on ne se connait vraiment
pas tous physiquement devrait en rajouter au caractère sublime de nos
réflexions qui sont censées faire rencontrer des intelligences qui se
respectent. Dommage qu’il n’en soit pas le cas pour tous…
Pascal Debré Mpoko

Le 07/01/2016, ‘afriquenouvelle@bluewin.ch’ afriquenouvelle@bluewin.ch
[Congo]<Congo@yahoogroupes.fr> a écrit :
> Excellence Monsieur le Ministre Kin Key Mulumba,
> Votre article repris dans le lien ci-dessous est malheureusement échevelé et
> partiel. Il serait souhaitable de faire relire la copie à un juriste
> constitutionnaliste tout en se référant aux articles 64 et 73.
> Le peuple congolais sait que vous cherchez par tous les moyens des arguments
> pour justifier le maintien au pouvoir du chef de l’Etat mais la Constitution
> est claire. Elle doit être respectée. Le retard a été volontairement causé
> par le pouvoir depuis la publication du livre du prof. Boshab et les
> tentatives de changer la loi électorale qui ont suivi, dans le but de
> justifier le « glissement ». Tous les Congolais le savent. Vos arguments ne
> pèsent pas. Le reste n’est que perte de temps.
> Fweley Diangitukwa
> http://www.fweley.wordpress.com
> —-Message d’origine—-
> De : tnpinfos@yahoogroupes.fr
> Date : 07/01/2016 – 13:17 (PM)
> À : congovirtuel@yahoogroupes.fr, congo@yahoogroupes.fr,
> congocitizen@yahoogroupes.fr, tnpinfos@yahoogroupes.fr,
> lecridesopprimes@yahoogroupes.fr
> Objet : [TnpInfos] DELAIS CONSTITUTIONNELS, PARLONS-EN
>
> Bonjour à tous et bonne lecture
http://psacaldebre.canalblog.com/archives/2016/01/07/33175839.html
>