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LA RDC EST UNE DICTATURE À CIEL OUVERT

16 Fév

 

LA RDC EST UNE DICTATURE À CIEL OUVERT

Par Fweley Diangitukwa, politiste

www.fweley.wordpress.com

Aucune autorité politique ne jouit désormais d’un mandat électif. Tous les dirigeants sont illégaux et illégitimes et personne n’a jusqu’à présent démissionné pour manifester son désaccord avec l’irrégularité des institutions. Les Sénateurs et les députés provinciaux n’ont pas été élus depuis 2012, le chef de l’État n’a pas été élu en décembre 2016 suivant l’article 220 de la Constitution et selon la Résolution 2277 des Nations unies qui rappelait le respect de la Constitution congolaise. Les députés nationaux devraient renouveler leur mandat au courant de ce mois de février 2017 mais puisque la CENCO a mis la Constitution de côté dans son Accord anticonstitutionnel du 31 décembre 2016, ces derniers « glissent » publiquement comme les autres.

Les élections démocratiques au suffrage universel et aux échéances régulières ne sont plus une obligation dans cette République très démocratique du Congo. Alors qu’ils sont tous sans mandat électif, donc illégaux et illégitimes, aucune institution de la République ne lève la voix pour dénoncer cette situation inédite, même les députés de l’opposition ne disent rien car ils tirent tous profit du « glissement ». Oui, aucun député n’a démissionné jusqu’à présent pour prouver au peuple qu’il est de son côté. Au contraire, chacun d’eux trouve des arguments abscons pour justifier sa complicité avec la tyrannie. Kabila, Kengo, Minaku parlent toujours au nom de la République même s’ils n’en ont plus juridiquement le droit. Et que dire lorsqu’on sait que les deux derniers sont des juristes ? Alors, quand des juristes refusent de pratiquer le droit tout en demeurant président du Sénat et président de l’Assemblée nationale, que doit-on conclure ? N’est-ce pas que nous sommes dans une République bananière où la dictature sévit à ciel ouvert ? Où a-t-on déjà vu un pays qui se dit démocratique refuser l’organisation des élections qui assurent l’alternance au pouvoir ? Réponse : nulle part, sauf en RDC. À moins que MM. Lambert Mende, Omer Songo die Lema, Jean-Pierre Vununu et d’autres qui défendent le régime en place sans évoquer le droit nous apportent des arguments prouvant le contraire. Que ces compatriotes nous citent un article de la Constitution qui permet à M. Joseph Kabila d’être chef de l’État aujourd’hui alors que ce dernier refuse d’organiser l’élection présidentielle qui ouvrirait la voie à une alternance civilisée entre le nouveau président qui entre et l’ancien qui sort. Dans la situation actuelle, comment peut-on appeler un chef d’État sans mandat populaire qui tue des citoyens innocents ? N’est-ce pas un tyran fonctionnant dans une dictature à ciel ouvert ? Regardons ce qui se passe au centre du Kasaï. Que fait le gouvernement pour stopper les violences et les tueries ? Rien !

 Trois piliers pour demeurer au pouvoir ad aeternam

Monsieur Joseph Kabila – toujours président de la République par défi – s’appuie sur trois piliers pour prolonger sa présence à la tête de l’État congolais.

  1. Le refus d’organiser des élections

Sachant qu’il est impopulaire et qu’aucun Congolais de souche (même pas sa femme de ménage si celle-ci est une Congolaise) ne l’élirait, il refuse d’organiser les élections. Il a commencé par tester la réaction des Congolais en n’organisant pas les élections des Sénateurs et des députés provinciaux en 2012. Malgré notre cri d’alarme en 2012 dans lequel nous avons attiré l’attention de nos Compatriotes en leur disant que la non-élection des sénateurs est une anticipation à la non-élection présidentielle qui suivra en 2016, nous n’avons pas été compris car nous avons toujours été en avance, certainement grâce à notre formation en science politique et notre intérêt pour la prospective. Ce que nous avons dit en 2012 s’est réalisé en décembre 2016 dans les termes que avons exactement prévus.

Le refus d’organiser les élections en RDC est une volonté politique. Le manque d’argent n’est qu’un prétexte pour justifier cette absence de volonté politique du chef d’État, actuellement sans mandat populaire.

Du vivant de M. Katumba Mwanke, Jeune Afrique avait publié un très long article pour dire aux Congolais que celui-ci avait détourné des fonds importants qu’il avait placés dans le paradis fiscal de l’île Caïman[1]. À l’époque, aucun magistrat, aucun Sénateur et aucun député n’avaient dit mot ou initier une enquête afin que l’argent volé soit restitué au pays. L’Américain Richard Minitel a révélé des fonds détournés par le chef de l’État Joseph Kabila et placé dans les paradis fiscaux et il a publiquement demandé aux autorités congolaises de porter plainte contre lui si elles estimaient que ses révélations étaient fausses, aucun magistrat, aucun Sénateur et aucun député n’ont dit mot ou initier une enquête afin que l’argent volé soit restitué au pays. De même, Panama Paper a révélé le détournement de fonds publics par celle qui s’appelle Janet Kabila, aucun magistrat, aucun Sénateur et aucun député n’ont dit mot ou initier une enquête afin que l’argent volé soit restitué au pays. Tout ceci pour dire deux choses : (1) le Congo ne manque pas d’argent pour organiser les élections mais l’argent de la République est régulièrement détourné par les dirigeants (les petits dirigeants imitent ce que font les grands dirigeants), (2) nos magistrats de la République, nos sénateurs et nos députés sont des autorités complaisantes car aucun d’entre eux n’a initié une enquête allant dans le sens de rétablir les faits au profit de la République.

  1. L’organisation de l’insécurité au niveau national

L’insécurité au niveau national est entretenue par les hommes du pouvoir dans le but de le garder pendant longtemps. Il faut lire Machiavel pour se laisser convaincre par nos propos. Dans son livre Le Prince, Machiavel a écrit au chapitre XVII :

« L’histoire de notre temps enseigne que seuls ont accompli de grandes choses les princes qui ont fait peu de cas de leur parole et su adroitement endormir la cervelle des gens. […] C’est pourquoi un seigneur avisé ne peut, ne doit respecter sa parole si ce respect se retourne contre lui et que les motifs de sa promesse soient éteints. […] Et les hommes ont tant de simplesse (ancien français), ils se plient si servilement aux nécessités du moment que le trompeur trouvera toujours quelqu’un qui se laisse tromper […] mais tu dois avoir entraîné ton cœur à être exactement l’opposé, si les circonstances l’exigent. […] Il (le prince) doit donc disposer d’un esprit en mesure de tourner selon les vents de la fortune, selon les changements des situations. […] D’une façon générale, les hommes jugent plus souvent d’après leurs yeux [et leurs oreilles, c’est nous qui précisons] que d’après leurs mains : chacun est en mesure de voir [et d’entendre, c’est nous qui précisons], bien peu sont en mesure de toucher [et de comprendre, c’est nous qui précisons]. »[2]

Puis, Machiavel a précisé sa pensée en disant : « N’importe qui peut voir ce que tu sembles être ; quelques rares seulement peuvent tâter [comprendre] ce que tu es. Et ces derniers n’osent contredire l’opinion du grand nombre, renforcée par toute la majesté de l’État. »[3]

Le Gouvernement n’a jamais donné des moyens suffisants à l’armée pour mener une guerre contre les envahisseurs rwandais et ougandais dans le but d’entretenir l’insécurité qui, non seulement justifier la présence du régime actuel au pouvoir mais il empêche ainsi la Commission électorale nationale indépendante (CENI) de réaliser le recensement dans le délai. Le principe émis par Machiavel est simple et il est connu mais personne ne prête souvent attention à sa très célèbre maxime : « C’est la fin qui justifie les moyens. » Nous pouvons dire sans nous tromper que la CENI ne sera pas prête avant décembre 2017. Elle évoquera le manque d’argent et l’insécurité pour justifier l’impossibilité de finir son travail à temps et permettre ainsi l’organisation des élections. Donc, l’accord de la CENCO du 31 décembre 2016 consistant à promettre publiquement que le président Kabila ne se représentera pas est une arnaque, car celui-ci compte sur la non-organisation des élections, comme en 2016, pour garder son fauteuil. Le ministre du budget l’a ouvertement déclaré la semaine dernière.

S’inscrivant dans la logique de Machiavel qui conseillait au prince de faire les choses les plus difficiles : « Songer à toutes les cruautés qu’il lui est besoin de faire et à toutes les pratiquer d’un coup […] »[4], le président sans mandat populaire – Joseph Kabila – tue pour faire peur et garder ainsi le pouvoir par la violence. Malgré le nombre toujours croissant d’assassinats, de massacres, de tueries, d’emprisonnement arbitraire, de femmes violées et de Congolais égorgés comme des animaux sauvages, aucun Sénateur, aucun député national n’a rédigé une motion ou une interpellation pour dénoncer le terrorisme d’État sur les paisibles citoyens congolais. Alors, en quoi sont-ils des élus (en fait des anciens élus) du peuple s’ils ne peuvent le défendre valablement ?

  1. La corruption des gouvernants et des « intellectuels »

Comme sous le président Mobutu qui disait publiquement à ses ministres « soki olingi koyiba, yiba moke », la corruption est une pratique courante sous le règne du président Kabila. Il a même été publiquement dit, il y a quelques années, que la présidence de la République était l’institution la plus corrompue.

L’organisation des négociations régulières sans résultat est une volonté de corrompre les participants afin de désamorcer la colère populaire contre les détenteurs du pouvoir. À quoi a servi l’argent dépensé pour organiser les Concertations nationales ? « Avant les concertations nationales sera égal à après les concertations » disais-je en 2013 à M. Omer Songo die Lema qui ne me croyait pas mais la réalité a fini par me donner raison et celui-ci n’est jamais revenu sur lesdites concertations. À quoi a servi l’argent dépensé pour organiser le dialogue national sous l’égide du Togolais Edem Kodjo, envoyé par l’Union africaine ? À quoi sert l’argent dépensé pour organiser l’actuel dialogue sous la direction de la CENCO, sinon à distraire le peuple et à gagner du temps ? Le président Kabila et le Gouvernement sortent l’argent du Trésor public pour assurer le per diem des participants pour les distraire, s’enrichir eux-mêmes et gagner du temps.

Depuis l’entrée de l’AFDL au Zaïre – devenu la République démocratique du Congo (sans être une démocratie) –, notre pays n’a pas avancé ; au contraire, il a reculé. Malgré cette réalité, à cause de la misère sans nom, les « intellectuels » sont toujours nombreux à participer à ces concertations nationales ou à ces dialogues pour gagner un peu d’argent et espérer trouver un poste ministériel de courte durée (quelques mois à peine), le temps de vider les caisses de l’État avant de disparaître. Quelle République sommes-nous devenus ?

[1] Qui, après son assassinat, a bénéficié de son enrichissement rapide et illicite placé dans l’île Caïman et de ses avoirs en Afrique du Sud ?

[2] Machiavel, Le Prince, Paris, Librairie Générale française, 1983, chapitre XVIII, lire pp. 91-95.

[3] Ibid., p. 94.

[4] Machiavel, Le Prince, cité par Carol Kennedy, Toutes les théories du management, Paris, Maxima, 2002, pp. 9-10.

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Contre discours au discours du chef de l’Etat sur l’état de la nation

1 Jan

Aux Congolais opposés à l’ordre injuste établi dans notre pays

Chers Compatriotes,

En ce 1er jour de l’An 2015, au nom de « Le Congo en Légitime Défense » (CLD), nous vous adressons tous nos vœux de bonheur, de prospérité et d’espoir.

Nous nous adressons à vous avec la sincérité et la résolution que réclame la situation actuelle de notre pays. En ce début d’année, c’est l’occasion de nous dire la vérité, toute la vérité avec franchise, sur l’état réel de la nation. Contrairement à tout ce que racontent le Gouvernement, le Parlement et le Sénat, la situation de notre pays est critique, voire dramatique. Notre nation traverse des moments difficiles qui ressemblent à ce que nous n’avons cessé de vivre depuis 1996. L’autorité de l’État n’est toujours pas rendue effective sur l’ensemble du pays, les conditions sociales des populations ne sont pas toujours améliorées. L’État de droit est inexistant, le rôle des chefs coutumiers est toujours méconnu. Le système de rétrocession et le mécanisme national de péréquation qui assurent une répartition équitable des investissements entre les provinces sont ignorés par le Gouvernement central. La déclaration du chef de l’État sur l’état réel de la nation ne correspond pas à l’état réel. Il s’agit d’un tissu de mensonges. C’est pourquoi nous ne devons plus fermer les yeux aux conditions qui sont celles que nous vivons quotidiennement dans notre pays. Si depuis des décennies, nous avons supporté la misère sous une dictature ignoble, à partir d’aujourd’hui, nous devons faire face à notre réalité et refuser de supporter les injustices indescriptibles que nous avons vécues jusqu’à présent. Il est maintenant temps d’y mettre fin en sortant de notre peur congénitale, irraisonnée, injustifiée et inexprimable qui paralyse tous nos efforts à changer notre quotidien.

Nous invitons chaque Congolais à exprimer ouvertement son inquiétude et à se préoccuper de l’avenir du Congo qui est mis en mal par la volonté et l’indifférence de ceux qui dirigent la République. En matière de sécurité, de paix et de démocratie, rien ne va. L’Exécutif fait le travail du Législateur et le Judiciaire est sous les ordres de l’Exécutif. Il nous suffit de penser aux Concertations nationales qui ont été convoquées par le président de la République alors que ce travail est réservé au Parlement où se trouvent les représentants du peuple réunis en Assemblée. Il nous suffit de rappeler le discours du chef de l’État sur l’état de la nation. Au sommet de l’État, c’est l’anarchie et la confusion des rôles entre les trois principales institutions de la République. L’équilibre normal entre les trois pouvoirs – à savoir exécutif, législatif et judiciaire – n’est plus apte à relever la tâche âpre de reconstruction qui attend notre nation. À cause des révisions intempestives, notre système constitutionnel est devenu instable et il ne rassure plus les citoyens. Certes, le Cadre Permanent de Concertation Economique est le lieu privilégié d’échanges, entre pouvoirs publics et secteur privé, en vue de cerner, ensemble, les obstacles sur lesquels notre économie bute encore, ainsi que les pistes de solution à même de faciliter la pratique des affaires mais ce cadre est réglé par l’État seul sans associer le secteur privé et les milieux associatifs (ONG).

Comme c’est devenu une tradition, l’État congolais s’inquiète de la présence des FDLR sur le sol congolais mais pas du Rwanda et de l’Ouganda qui exécutent les plans des puissances étrangères qui organisent le pillage des ressources naturelles du Congo. Que doivent penser les Congolais et les victimes des atrocités des soldats rwandais dans les deux Kivu ?

Chers Compatriotes,

L’indifférence de nos gouvernants a mis à mal les valeurs morales qui se sont effondrées à des niveaux incroyables. La corruption est devenue maîtresse à tous les niveaux. Rien ne peut s’obtenir sa recourir à la corruption. Le chômage a augmenté de façon vertigineuse et le pouvoir d’achat a dramatiquement chuté. Les fraudes électorales sont collées dans l’agir des membres de la CEI/CENI comme une crotte de chien collée à la chaussure. Depuis 2006, il n’y a pas d’élection sans fraude. Les Sénateurs et les gouverneurs de provinces n’ont pas été élus en 2011 mais ils exercent leurs fonctions comme s’ils étaient normalement élus. C’est le règne de l’anarchie. Avoir en permanence de l’électricité et de l’eau chez soi est un luxe alors que notre pays est traversé par l’un des plus longs et denses fleuves du monde, alors que nous avons un barrage qui transporte l’électricité à l’étranger jusqu’en Afrique du Sud. Les petites et moyennes industries (PMI) et les petites et moyennes entreprises (PME) sont abandonnées à elles-mêmes. Pendant ce temps, l’État s’élance dans une politique énergétique ambitieuse et inutile car les seuls barrages d’Inga et de Zongo peuvent résoudre la demande de toutes les industries, de toutes les entreprises et de tous les foyers. Malgré cela, le Gouvernement a élaboré un programme de construction et de réhabilitation de centrales hydro-électriques, afin d’augmenter l’offre d’énergie de manière à répondre, de façon soutenue, aux besoins de croissance de la production minière. Tout l’accent est mis sur l’exportation de produits miniers et on oublie l’exportation de produits agricoles et du savoir intellectuel des Congolais. L’électrification de nos centres urbains et de nos localités devra être une priorité de futurs dirigeants du Congo. Malgré le discours officiel, les routes de desserte agricole sont partout défectueuses sinon inexistantes de sorte que les paysans ne trouvent pas de marché pour leurs produits qui pourrissent dans leurs champs. Les jeunes sont sans espoir car ils ne trouvent pas du travail. Les personnes âgées vivent dramatiquement leur vieillesse car elles n’ont pas de quoi vivre. Elles doivent dépendre de leurs enfants qui n’ont pas de travail régulier. Tout le monde fait face au dur problème de survie pendant que les membres du gouvernement, du Parlement et du Sénat ont tous les avantages. Le député a un salaire de plus de 6 mille dollars avec des avantages liés à cette fonction alors que l’infirmier, le personnel administratif et le soldat le moins gradé ont un salaire de moins de 100 dollars, alors que plus de la moitié de Congolais sont sans revenu. Nous ne pouvons soutenir ces injustices criardes et suivre les autorités politiques dans cette fausse voie. Par leur agir, elles montrent qu’elles n’ont aucune vision, or sans vision, il n’y a pas d’avenir et le peuple périt de désespoir. L’état de nos hôpitaux et des centres de santé est piteux. Ces lieux sont devenus des mouroirs. Le niveau de la formation du corps médical est très bas. Le niveau scolaire laisse à désirer car les enseignants sont non seulement mal payés mais en plus ils ne bénéficient d’aucune considération de la part des autorités politiques. Il suffit de comparer le budget réservé à l’éducation nationale avec celui réservé à la présidence de la République ou au service de renseignement pour s’en rendre compte de la place qu’occupe l’enseignement dans la pensée des dirigeants politiques de notre pays. La parité entre hommes et femmes a été promise mais jamais respectée. C’est un slogan creux car hypocrite et démagogique. La place de la femme est médiocre et le pouvoir ne fait rien pour l’améliorer. Tout son travail se limite à multiplier des déclarations sans lendemain.

Il est de notoriété publique que la confiance a déjà péri dans notre pays. Or, sans confiance, il n’y a pas de progrès. C’est bien ce qui arrive au peuple congolais. Pour cette raison, il nous faut rompre la confiance et revendiquer le respect de nos droits. Les dirigeants oublient que le bonheur ne se trouve pas dans la possession de biens matériels, dans la recherche effrénée de profits rapides et illicites mais dans le bonheur collectif, dans la réussite collective. Il nous faut mettre fin au comportement cynique et égoïste de nos dirigeants.

La composition du gouvernement dit d’union ou de cohésion nationale ne répond pas aux attentes des Congolais. À la place d’un gouvernement de cohésion nationale, on a offert aux Congolais un gouvernement de confusion nationale dans lequel les intérêts des particuliers l’emportent sur l’intérêt commun. Notre Compatriote Sakaz a écrit : « L’analyse numérique de cette équipe gouvernementale met en lumière la prédominance de certains groupes, parmi lesquels figurent des Katangais qui comptent 8 représentants et des Ressortissants de Bandundu qui alignent 7 membres. En outre, les membres de l’opposition dite républicaine et dont le chef de file n’est autre que Léon Kengo-wa-Dondo (président du Sénat) se taille aussi une part belle avec 7 membres dans cette équipe. Enfin, Il convient de souligner la montée en force de certains fidèles du parti présidentiel, tel qu’Evariste Boshab, secrétaire général du PPRD. Il y a aussi la montée de Thomas Luhaka, ancien secrétaire général du MLC et de Willy Makiashi, secrétaire permanent du Palu. Les ministères occupés par les trois personnalités ont été hissés au rang de vice-primature. »

Trois partis politiques – à savoir le PPRD, le PALU et le parti de M. Kengo – occupent la moitié du Gouvernement sur plus de 400 partis politiques qui existent en RDC. Peut-on dès lors parler de cohésion nationale ? Non. Trois provinces sur onze sont privilégiées, à savoir le Katanga, le Bandundu et le Maniema. Peut-on dès lors parler de cohésion nationale ? Non. À l’intérieur de ces provinces, certains districts sont favorisés tandis que d’autres ne le sont pas. C’est le cas de la province du Bandundu où le Kwango rafle tout et ne laisse rien à Mai-Ndombe, pour ne citer que cet exemple. Or, la province du Bandundu compte en plus le président du Parlement et, pendant tout l’exercice 2006-2011, le Gouvernement a été dirigé par deux ressortissants d’une même famille biologique de la province du Bandundu, à savoir Gizenga et son neveu Muzito. La province du Maniema compte un Premier Ministre et un vice-Premier Ministre, sans ignorer que la mère du chef de l’État (selon la version officielle) est originaire du Maniema. Dans le précédent gouvernement, la province du Katanga comptait à lui seul 10 ministres sur 36. Or, le président de la République est affiché,   comme originaire du Katanga, selon la version officielle. Le précédent et l’actuel Gouverneur de la Banque centrale sont du Katanga. Peut-on dès lors parler de cohésion nationale ? Non. Cette répartition des postes montre clairement que la RDC n’est pas dans la logique de cohésion nationale mais de distribution de postes suivant l’appartenance partisane (partis de Kabila, Gizenga, Kengo), régionale (Katanga, Maniema et Bandundu) ou selon le degré de débauchage (MLC) pour affaiblir l’opposition. Ce sont des fautes graves que les hommes d’État qui auront à diriger demain le Congo éviteront afin de privilégier l’intérêt national car la cohésion nationale vient entre autres de l’équilibre dans le partage des postes ministériels.

Chers Compatriotes,

Les injustices qui sont devenues criardes ne créent pas un sentiment de paix sociale et d’équilibre régional. Monsieur Kabila et son équipe ont volontairement créé le fléau de la division pour enflammer la haine parmi les Congolais. Nous devons résister et refuser de tomber dans son plan de balkanisation de notre pays. Les leaders régionalistes qui prôneraient l’autodétermination ou la sécession tombent, sans s’en rendre compte, dans le scénario de M. Kabila et Cie qui cherchent à mettre le Congo à feu et à sang pour justifier leur présence au pouvoir. Depuis 1996, la RDC est en guerre et c’est la guerre qui a toujours permis à M. Kabila et Cie de se maintenir au pouvoir. Ce n’est pas parce qu’un individu venu de l’extérieur sème du désordre dans la maison commune que le père, qui a âprement contribué à la construction de son foyer, doit choisir de quitter la maison commune. C’est une grosse erreur. Au contraire, il doit tout entreprendre pour aider l’anarchiste à quitter la maison afin que la paix y revienne. J’appelle les Ne Kôngo de ne pas quitter la maison commune qu’est le Congo mais de travailler pour sauver l’union qui leur permettra de jouer pleinement le rôle qu’ils ont toujours joué.

La province de Kimpa Vita, Simon Kimbangu, Nzeza Landu, Kasa-Vubu, Diomi, etc. qui sont les pionniers de l’indépendance du Congo, ne doit pas tomber dans une spirale de violence. Les Ne Kôngo ont toujours été des non-violents. Ils doivent s’appuyer sur d’autres moyens pour faire entendre leur voix. Ils ne doivent pas donner des arguments d’agir aux puissances du monde qui, en complicité avec leurs affidés locaux, veulent broyer la RDC en mille morceaux comme l’a décrit clairement François Thual dans son livre La planète émiettée. Morceler et lotir. Un nouvel art de dominer, Paris, Arléa, 2002. Les ressortissants du Kivu, de la Province Orientale et de l’Équateur ont assez souffert de l’indifférence du pouvoir, il n’est pas nécessaire de créer de nouveaux espaces de violence. Nos vaillants soldats (Mbunza Mabe, Mamadou Ndala et Cie) sont assassinés par les ennemis du Congo sans que l’État congolais ne réagisse. La frustration de ne pas avoir des ressortissants du Bas-Congo dans le présent Gouvernement doit plutôt réjouir les Ne Kôngo au lieu de s’en offusquer. Dès à présent, ils doivent se mettre à préparer des lendemains qui chantent en travaillant avec les Congolais de toutes les provinces qui refusent les injustices. Il faut inscrire la République dans l’idéal qui avait motivé Kasa-Vubu, Lumumba, Bolikango à se mettre en ensemble, malgré leur divergence, afin de sauver le Congo. Le gouvernement actuel n’est pas la fin du Congo, il n’est qu’une étape dans la longue histoire de notre nation. Il faut nous projeter dans le futur en nous appuyant sur les Congolais qui ont l’auréole d’hommes d’État afin que la République ne subisse plus les mêmes affres. Et ces hommes existent.

Plusieurs dossiers sont toujours sans réponse, parmi lesquels, il y a : les massacres de Beni restés sans réponse pour sécuriser les populations civiles en danger, le viol des femmes qui continue sans que les auteurs de ces viols soient punis, les assassinats des civils innocents. Bref, l’état de la nation congolaise est globalement négatif.

Chers Compatriotes,

Aujourd’hui, la seule chose dont nous devons avoir peur, c’est de croire que nous sommes incapables d’opérer le changement par nous-mêmes alors qu’en réalité nous en sommes très capables. Les Congolais n’ont rien perdu de leur ardeur de 1959. Il suffit de nous mettre d’accord sur l’idée de changement maintenant et sur une équipe de transition. Il faudra s’appuyer sur le peuple pour trouver le soutien nécessaire et indispensable à l’action à mener pour mettre fin à la tyrannie. Il faudra s’appuyer sur le peuple pour trouver auprès de lui la compréhension nécessaire et indispensable à l’action à mener pour mettre fin à notre misère pérenne.

Notre destin commun n’est pas de nous laisser endormir, mais de nous dresser contre les injustices, de travailler pour la paix afin de soulager nos populations de l’Est qui connaissent des massacres à répétition et des viols de femmes depuis plusieurs décennies.

À partir d’aujourd’hui, il nous faut trouver la solution de sortir la République de cette instabilité et de cette impasse en mettant hors d’état de nuire les auteurs qui sont à la base de cette situation dramatique, en empêchant de façon concrète notre tragédie. Notre nation a besoin de l’action et de l’action immédiate pour sauver notre bien commun, stimuler et réorganiser l’utilisation de nos ressources naturelles. C’est ensemble que nous devons réussir.

Pendant de longues années, nous avons mené un travail de sensibilisation pour une prise de conscience, mais jamais notre objectif ne sera atteint si nous nous limitons à ce travail, si nous nous contentons d’en parler uniquement. Il nous faut maintenant agir afin de changer notre avenir commun. Cet objectif doit devenir notre principale ligne d’attaque. Au doute et à la peur, nous devons répondre par le courage et le dévouement qui conviennent en ce moment.

Tout en lançant un appel pressant au peuple congolais à être vigilant et actif et à se prendre en charge pour assurer son avenir selon ses attentes, nous vous présentons tous nos vœux. Que 2015 soit l’année de tous nos espoirs. Que Dieu bénisse et protège notre nation, qu’Il nous guide.

Fweley Diangitukwa

Politologue et écrivain

Président de « Le Congo en Légitime Défense » (CLD)

M. Joseph Kabila fait honte à la RDC et à l’Afrique tout entière

29 Nov

Par Fweley Diangitukwa

M. Joseph Kabila n’est pas un grand homme et il ne le sera jamais alors qu’il est à la tête d’un grand pays et qu’il a un immense pouvoir. Il n’est pas un grand homme politique et il ne le sera jamais parce qu’il lui manque une chose importante : le génie qui fait d’un dirigeant un leader qui fascine des foules entières, comme Mandela, Obama, etc.

Au lieu de séduire le peuple congolais qui l’a accueilli en 1996 en venant du Rwanda dans les bagages de l’AFDL, il passe son temps à mentir (diplôme obtenu dans une université américaine qui n’a pas pignon sur rue), à tricher (fraudes électorales en 2006 et 2011), à corrompre (CEI, CENi et CSJ), à terroriser tout un pays (de l’Est à l’Ouest), à humilier de paisibles citoyens et toute la race noire. S’il y a un qualificatif qui doit lui convenir, c’est bien celui de « génie du mal ».

M. Joseph Kabila n’est pas un grand homme et il ne le sera jamais car son bilan à la tête de l’Etat est largement négatif. Les Congolais, qui ont été décimés (plus de six millions de morts), tués, assassinés, massacrés, emprisonnés, violés, violentés, humiliés, blessés dans leur dignité, n’accorderont jamais une quelconque grandeur à l’homme qui incarne leur mal.

Avec M. Joseph Kabila à la tête de l’Etat, les Congolais vivent une expérience directe de la médiocrité semblable à l’expérience macabre vécue sous Léopold II qui coupa les bras des Congolais et massacra plus de dix millions de nôtres pour son enrichissement personnel. Non seulement M. Joseph Kabila est incompétent en tant que chef d’Etat mais il est aussi médiocre en tant qu’orateur. A part la cruauté et la traîtrise, l’homme n’a aucune qualité qui puisse attirer l’attention sur lui et susciter de l’admiration. Sur le plan oratoire, sa voix a un ton désagréable qui sonne faux dans les oreilles. Il est desservi par une langue non encore maîtrisée malgré le nombre d’années de pratique, soit quinze ans (de 1997 à 2012). Son anglais n’est ni académique ni raffiné. Lorsqu’il ne lit pas un texte officiel rédigé par des professionnels de la communication, son discours reste plat et sans grand intérêt.

Taciturne à souhait et méprisant comme s’il ignorait complètement les exigences de la fonction présidentielle. Dès qu’il parle en public, il n’arrête pas d’évoquer les « forces négatives » pour désigner – sans les nommer – les FDLR, c’est-à-dire les Hutu vivant à l’Est du Congo, non loin de la frontière avec le Rwanda. En agissant ainsi, il ne s’est jamais rendu compte qu’il rappelle régulièrement ses origines tutsi et la haine viscérale que manifestent les Tutsi envers les Hutu qu’ils accusent de tous les maux et qu’ils prennent sans distinction d’âge et de sexe pour des FDLR.

Ceux qui le suivent l’applaudissent sans conviction pour se maintenir au pouvoir et profiter de son incompétence.

Avec M. Joseph Kabila à la tête de l’Etat, le Congo est entré dans une sorte de course à l’abîme, la fièvre de partition succédant à la rage de destruction massive. La RDC n’avance plus, elle recule dans les ténèbres abyssales. Comment, Congolais lucides que nous sommes, avons-nous permis cela ?

La question qui mérite d’être maintenant posée et qui reste hélas sans réponse est celle de savoir comment sommes-nous en arrivés là et comment un homme sans charisme, dépourvu des qualités de leader parvient-il à dominer tout un peuple et à survivre à la tête de l’Etat sans ni convaincre ni séduire ni drainer des foules ?

En tout cas, M. Joseph Kabila n’a jamais suscité une adhésion populaire à sa personne et à sa politique rétrograde. A la place de l’enthousiasme qu’exprime un peuple envers son chef, c’est le mépris que les Congolais ont à son endroit. S’il y a un homme dans l’Histoire qui peut lui ressembler, c’est assurément Joseph Staline qui était, comme lui, sans charisme et plein de terreur. Joseph Staline était le produit d’un système : la bureaucratie communiste qui précéda son accession au pouvoir et qui survécut après sa mort. M. Joseph Kabila est aussi le produit d’un système. L’AFDL, le CPP (Congo pasi na pasi) et le soutien ougando-rwandais qui servent de soubassement à son pouvoir sont antérieurs à sa prise du pouvoir.

Quatre principaux objectifs étaient poursuivis en déclenchant l’actuelle guerre : a) détourner l’attention des Congolais afin qu’ils cessent de parler de fraudes électorales (et considérer M. Joseph Kabila comme celui qui aura mis fin à la guerre à l’Est – un héros en quelque sorte mais c’est raté), b) faire disparaître définitivement Bosco Ntaganda de la scène (il doit déjà être au Rwanda), c) faire entrer plus de Rwandais au Congo et enfin d) contraindre les Congolais à négocier publiquement avec les agresseurs en leur accordant des postes politiques (les accords de mars 2009 ont permis de verser des soldats rwandais dans l’armée nationale congolaise, il est maintenant question de verser les officiers et les acteurs politiques dans des postes politiques comme cela s’était passé à Sun City, en Afrique du Sud avec les Ruberwa et consorts). Ce sont des enjeux que les Congolais ne doivent pas ignorer.

Cette guerre est un piège à cons dans lequel les Congolais ne doivent pas tomber. Une guerre inutile menée pour contraindre les Congolais à accepter ceux qui la mènent. M. Joseph Kabila et ses commanditaires connaissaient l’issue de cette guerre. N’a-t-il pas cherché à faire disparaître définitivement Bosco Ntaganda afin qu’il échappe à son arrestation ? Qui sont dupes et qui sont dupés ? L’Américain Randolph Bourne nous rappelle que « la santé de l’Etat, c’est la guerre »[1].

Après tant de souffrance, le peuple congolais doit mettre fin à sa misère. L’aventure d’un homme sans qualités requises pour diriger un grand Etat comme la RDC bourré de femmes et d’hommes bien formés a montré ses limites. Que l’heure vienne de donner la chance à un homme plein de charisme qui ouvrira les portes d’un futur commun plus beau qu’avant, comme l’ont voulu les Pères de notre indépendance. Ne nous laissons plus prendre au piège de ceux qui tiennent un discours populiste, démagogique pour résoudre leur conflit avec le pouvoir de M. Joseph Kabila.

Peuple congolais, le danger est devant nous, il faut dès à présent écarter celui qui l’incarne afin que la paix revienne au pays de Kimbangu, Kasa-Vubu et Lumumba.

M. Joseph Kabila fait honte à la RDC et à l’Afrique tout entière, à part le Rwanda et l’Ouganda qui sont les parrains directs de son pouvoir.

 Fweley Diangitukwa

http://www.fweley.wordpress.com

29 novembre 2012


[1] Randolph Bourne,  La santé de l’Etat, c’est la guerre, éditions Le passager clandestin, 2012, p. 42, 45, 58. Présentation de Jean Bricmont.