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Lu pour vous : Charles Onana : « Ce que je craignais pour la RDC est bel et bien arrivé »

27 Jan

 

Charles Onana : « Ce que je craignais pour la RDC est bel et bien arrivé »

Ce que je craignais pour la RDC est bel et bien arrivé. Ils se sont précipités à la soupe. Ils ont couru à la chasse aux sièges ou aux strapontins, humiliant le pays tout entier, foulant au pied la constitution de la RDC, ignorant les millions de morts Congolais, oubliant les sacrifices consentis depuis des années par la jeunesse de ce pays et par les Maï-Maï, que le communauté internationale avait traité de « forces négatives » alors qu’ils luttaient contre l’occupation de leur pays par le Rwanda et l’Ouganda.
 
A Kinshasa, il y a eu de l’effervescence ces derniers temps. On aurait discuté dans le dessein de sortir le pays d’une crise politique aiguë et certains se sont traînés ou ont été traînés dans de pseudo-négociations pour parvenir, au terme de prétendus débats houleux, au maintien de Kabila au pouvoir ; jetant à la poubelle la constitution et piétinant au passage la dignité et la souveraineté de la République Démocratique du Congo.
 
Et la date du 19 décembre qu’ils brandissaient aux Congolais ? « Vous verrez, il partira », martelaient-ils dans les médias et les forums sur internet à propos de Kabila. Il n’est pas parti. Pis, ils se sont tous rués à ses pieds, se battant ou se bousculant, pour le servir ou rester à ses côtés, lâchement, indignement et pitoyablement. Toute honte bue, jusqu’au mépris de soi et à l’aliénation de soi, ils ont affiché ce que l’Afrique a de laid et de servile.
 
Quand rendrez-vous au peuple congolais sa fierté et la justice pour : ses millions de morts, ses centaines de milliers d’enfants traumatisés, ses milliers de femmes violées, ses centaines de réfugiés, ses villages défigurés, ses forêts dévastées ? Quand oserez-vous tutoyer l’occupant qui, chaque jour, vous humilie, vous rabaisse, vous met plus bas que terre et se pavane dans vos rues, cherchant du regard celui ou celle qui osera le défier ? Avez-vous vraiment oublié les propos de Paul Kagame, votre bourreau arrogant ex-maquisard à la culture sommaire, celui qui empêche vos femmes et vos enfants de circuler librement à l’Est du pays, celui qui, depuis 2001, s’attelle au pillage de vos ressources naturelles et qui arrive le jour du cinquantenaire de l’indépendance du Congo avec deux heures de retard avant de s’affaler dans son fauteuil à la tribune pour feuilleter un journal sans intérêt sur son soldat Kabila, question de bien vous faire comprendre que vous n’êtes rien chez vous et que vous ne pouvez rien contre lui ?
 
C’est bien cet homme-là qui a choisi votre président périmé que vous avez indélicatement reconduit et qui vous roule dans la farine depuis 2001. C’est bien celui que vous appelez en privé « le taximan » qui vous épuise ou qui vous fait danser comme des marionnettes et qui a refusé de partir le 19 décembre 2016 (fin de son mandat) alors que vous parliez à qui voulait vous entendre du respect de la constitution.
 
Paul Kagame, dont vous avez peur de prononcer le nom à Kinshasa pousse, avec votre appui direct ou indirect, la RDC au suicide et ne cesse de tenir des propos désobligeants à l’égard des Congolais en soulignant notamment que la classe politique congolaise est incapable de régler ses problèmes ou ceux qu’il cause lui-même à la RDC. Et chaque fois, vous vous taisez, vous pliez, vous baissez le regard, vous lui donner raison.
 
L’ancien Premier ministre rwandais, Faustin Twagiramungu, écœuré de vous voir tourner en rond à la veille de Noël, a dit, à haute voix, que c’est Kagame qui a choisi votre président avant de se demander, en parlant de Kabila, « comment un aide de camp de Kabarebe, l’actuel ministre de la Défense du Rwanda, est devenu multimillionnaire et président de la RDC ».
 
Ce Kabarebe lui-même s’en était vanté dans la presse en disant : « Joseph a eu les pires difficultés à s’adapter à la vie de soldat. (…) Il ne savait pas quoi faire. Je lui ai donc tout appris ». Il ajoutait : « Joseph Kabila est incapable de regarder les gens en face. Je n’ai jamais perçu chez lui, une quelconque aptitude au commandement ». Pourtant, ce Joseph, votre « taximan », vous commande et dirige la RDC depuis 15 ans. Le peuple n’en veut plus mais vous le supportez en acceptant gloutonnement ce qu’il vous fait avaler. Vous avez frénétiquement relayé l’appel du 19 décembre 2016 du parlement européen avec le slogan « Kabila doit partir ». Il est toujours là et vous allez peut-être bientôt l’applaudir. Votre slogan est-il mort le 19 décembre ou l’avez-vous enterré ? La montagne a-t-elle accouché d’une souris au point que vous préférez cajoler cette bête disgracieuse ? Et les promesses au peuple congolais après le 19 décembre ? Que sont-elles devenues ? Et l’espoir de la jeunesse qui a manifesté dans la diaspora croyant que Kabila partira, vous en faites quoi ?
 
Et tous ces jeunes « combattants » qui, à Londres, Paris, Montréal, Bruxelles, essayent avec des moyens dérisoires de redresser l’honneur du Congo et de rendre à leur façon la dignité aux Congolais, vous en faîtes quoi ? Ils sont fichés les uns et autres à Kinshasa et ne peuvent rentrer passer des vacances chez eux. Avez-vous plaidé leur cause dans vos négociations ?
 
A Kinshasa, vous êtes « fiers » d’avoir négocié, un peu comme à Sun City, Naïrobi, Kampala, Lusaka, Addis-Abeba, … pour finalement gouverner avec Joseph, qui ne part pas, et avec Azarias & Co. Vous avez mobilisé la jeunesse congolaise sur internet, dans les associations et meeting pour rester finalement avec Joseph, le troisième œil de Kigali, et bredouiller aujourd’hui quelques phrases incohérentes ? Vous avez donc accepté que le dictateur rwandais et son réseau congolais vous dominent à nouveau et vous humilient chez vous en leur disant merci : tête baissée, visage bosselé et apeuré ? Non ! Vous n’allez tout même pas faire ça ? Vous n’allez pas vous constituer en esclaves volontaires à ce point et marcher piteusement sur vos millions de cadavres parce que vous pensez que l’occupant est « plus fort » que vous ? Vous n’allez pas infliger une telle infamie à votre peuple qui endure déjà beaucoup depuis la période coloniale ?
 
De toutes façons, si vous préférez courber l’échine au point de ne plus en avoir parce que vous croyez que ceux qui terrorisent votre peuple sont « plus forts » que vous, nul ne peut vous en dissuader ! Si vous êtes convaincus que vous avez bien « négocié » avec votre Joseph, nul ne peut prétendre que vous vous êtes peut-être trompés ; même s’il est établi que les multiples « négociations » de dupes sur la RDC depuis plus de dix ans participent de votre asservissement. Si vous croyez dur vraiment que vous avez raison, nul ne peut vous susurrer que vous manquez de cran.
 
Que n’avez-vous pas dit du maréchal Mobutu ? Qu’il était le serviteur des colons belges et américains, qu’il était le laquais de l’impérialisme, etc. Et vous, vous êtes les serviteurs et les laquais de qui pour ramper de la sorte et depuis (1998) tant d’années ?
 
Non ! Je crois sincèrement que le maréchal, avec tous ses défauts, n’aurait jamais accepté ce que vous acceptez actuellement en RDC et ce depuis Sun City. Même Laurent-Désiré, que les Rwandais avaient porté au pouvoir, avait refusé d’être traité comme un chien chez lui par Kagame et ses hommes. Il a dit Non et s’est battu comme un lion. Quant à Patrice Lumumba, il doit se retourner dans tous les sens là où il est en se demandant ce qui s’est passé pour que son Congo tombe si bas. Patrice, pardonne leur, « ils ne savent pas ce qu’ils font », peut-être qu’ils sont trop faibles pour porter très haut la flamme que tu as si noblement porté pour le Congo et pour l’Afrique jusqu’à accepter dans la dignité le sacrifice suprême. Que dire de Mgr Munzihirwa, l’archevêque de Bukavu, lâchement assassiné par les hommes de Kagame ? Il a vaillamment défendu son peuple et vous n’osez même plus prononcer son nom ! Vous avez peur de quoi ? Vous craignez qui pour demander vérité et justice sur sa mort ? Avec de si grands hommes morts pour le Congo et défendant le peuple congolais, votre capitulation et votre défaite souillent leur mémoire et trahissent leurs espoirs.
 
Ce propos que certains jugeront précipitamment comme un réquisitoire n’en est pas un. C’est un simple appel à vos consciences ou ce qu’il en reste, un encouragement à assumer vos responsabilités dans la dignité pour ceux qui pensent en avoir, un recours à l’imagination pour ceux qui pourraient encore la réveiller. La RDC ne doit pas tomber si facilement alors que de dignes fils et filles de ce pays continuent de mourir, à la suite de Munzihirwa, comme Chebeya et Tungulu et des milliers d’autres à l’Est pour que la RDC reste debout. Et elle est debout depuis 1998 par la force, la volonté et le courage de millions de Congolais que Kinshasa ne respecte pas. Cette résistance congolaise doit continuer partout car ce pays mérite mieux que ce qui s’y passe en ce moment. C’est ce que pense d’ailleurs l’ancien Premier ministre rwandais lorsqu’il lance dans un tweet du 26 décembre : « il est temps que les jeunes Congolais de l’intérieur et de l’extérieur se mobilisent pour sauver leur beau pays du néocolonialisme ». Il connaît votre bourreau, il l’a côtoyé de près et vous invite au combat pas à la résignation.
 
Bonne année au peuple Congolais qui, en cette période trouble et pleine d’incertitudes, doit continuer à chanter « indépendance Tcha Tcha » pour signifier qu’il comprend le sens du retour d’Azarias Ruberwa au premier plan et les prolongations non constitutionnelles de Joseph après la défaite des Clinton aux USA. Seuls les aveugles ne voient pas et seuls les sourds n’entendent pas. Si l’on décide d’être à la fois sourd, aveugle et muet, par dessus tout, il est préférable de quitter Kinshasa et de s’exiler au Rwanda, on y sera bien reçu.
 
Charles Onana
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RDC: IL S´APPELLE L´INCLUSIVITÉ…C´EST MOI OU RIEN !

1 Nov
Echanges avec le Compatriote Jean-Pierre Vununu sur l’après-Dialogue et l’Accord Politique
Cher Compatriote Jean-Pierre Vununu,
 
Merci de me relire calmement. Je suis clair et précis.
 
Vous avez certainement une très mauvaise appréciation de moi car je n’ai jamais cherché à dévier un quelconque débat mais je refuse les redites qui ne nous font pas avancer.    C’est probablement un défaut de formation mais dans le monde entier, les politologues et les hommes de droit qui travaillent sur l’Etat s’intéressent en priorité au chef de l’Etat et au parti qui gouvernent la République car ils ont la responsabilité du destin national. Vous êtes probablement le seul à faire exception et je ne peux malheureusement pas vous suivre pour ne pas aller à l’encontre de ma formation. M. Etienne Tshisekedi ne dirige pas l’Etat congolais et il n’est pas responsable de la crise actuelle voulue par le chef de l’Etat et son gouvernement. Soyons cohérents et respectons le droit afin que les générations futures nous respectent. Intéressons-nous à la cause et non aux effets de cette cause.
Je répète que je ne dévie pas car il n’y a aucune raison pour cela. Mais je refuse de ressembler à un poisson mort qui suit la direction du courant d’eau. Un poisson vivant reste logique et suit le bon sens. La science politique et le droit ont des principes qui doivent être respectés. La loi est dure mais c’est la loi. Celui qui a saboté le fonctionnement normal de nos institutions doit être sanctionné. Vous ne pouvez pas accorder un séjour supplémentaire dans votre maison au voleur qui vous a cambriolé quel que soit l’argument qu’il avance pour se justifier. Or, c’est cette absurdité que vous soutenez et vous me demandez de vous suivre. Ma réponse est NON. Je voudrais rester droit et je vous prie de ne pas me demander autre chose car j’ai une conscience qui m’interroge chaque jour et à tout instant.
Quant à vous, suivez librement la ligne que votre conscience trouve juste. Je répète : un politologue s’intéresse principalement à celui qui dirige le pays (chef de l’Etat et gouvernement) car il a le destin des citoyens entre ses mains. Aujourd’hui, M. Etienne Tshiseke n’est pas aux commandes de la République. Les Congolais qui manifestent leurs mécontentements ne s’adressent jamais à M. Etienne Tshisekedi. J’espère que vous vous intéresserez désormais à celui qui détient le destin des Congolais et ne dévierez plus jamais de cette ligne de conduite. Si vous êtes d’accord avec ce principe, alors nous pouvons continuer à débattre, dans le cas contraire, c’est une peine perdue, car je ne vous suivrai pas.
Je vous souhaite une bonne journée.
 
Fweley Diangitukwa
 

—-Message d’origine—-
De : kivu_avenir@yahoogroupes.fr
Date : 01/11/2016 – 06:46 (PM)
À : lecrisdesopprimes@yahoogroupes.fr
Cc : congovirtuel@yahoogroupes.fr, congo@yahoogroupes.fr, lecridesopprimes@yahoogroupes.fr, lafraco@yahoogroups.com, kivu_avenir@yahoogroupes.fr, congocitizen@yahoogroupes.fr
Objet : [Kivu-Avenir] (réponse 2 au Prof. Fweley) RDC: IL S´APPELLE L´INCLUSIVITÉ…C´EST MOI OU RIEN !

Cher Mbuta et Prof. Fweley,
 
Je vous ai bien répondu mais au retour, je constate comme je l´ai affirmé dans ma précédente réaction, la persistance de votre manque de sincérité car en me répondant vous ne tenez  même pas  compte du débat sous examen en la déviant volontairement vers la personne de Kabila.
 
Qui plus est, vous ne voulez pas répondre en reprenant   le même passage ci-dessous auquel pourtant j´avais réservé une réponse. 
 
Il est triste que vous êtes trop à l´aise  à critiquer nos gouvernants. Mais, dès qu´on ouvre le débat sur les dirigeants de l´opposition, subitement vous devenez moins intéressé et peu bavard alors que vous ne cessez de parler de l´alternance démocratique pour des gens considérés comme in-critiquables et irréprochables sur la manière dont ils gèrent leurs partis respectifs alors qu´ils ne sont  mêmes pas exemplaires en matière de démocratie. Cette attitude n´est pas du tout sérieux de votre part.
 
Vous ne pouvez pas chercher à vendre au peuple congolais un chat dans un sac.  Oui, c´est votre droit de critiquer ceux qui gèrent le pays, personne ne vous condamne en faisant cela.
 
Sur ce, ayez le courage  d´assumer un débat contradictoire avec ceux qui critiquent aussi votre camp  et surtout,  ayez  aussi la sincérité de ne pas jouer le flou en déviant à chaque fois le débat vers votre thème de prédilection : Kabila,  au moment où le thème principal est consacré à autre chose que Kabila.  
 
Pourquoi avez-vous  toujours l´habitude de fausser le débat ?
 
Comme dites vous que la politique est une discipline appartenant aux sciences économiques et sociales,  cela vous empêche t-il de parler du comportement antidémocratique  de certains leaders  de l´opposition surtout  des  manières dictatoriales de Tshisekedi dont il est question ici ?
 
Est-ce  comme ça ailleurs et chez-vous en Suisse, on ne critique que ceux qui sont au pouvoir ?
 
Pour terminer, revenons à mes griefs formulés contre Tshisekedi et débattons sur ça. Dites-nous si cela est vrai ou faux.  Le reste, ne sera qu´une fuite en avant de votre part qui ne vous honore pas en tant qu´un homme de science.
 
Mes salutations fraternelles et patriotiques
 
JP-Vununu
« ‘afriquenouvelle@bluewin.ch’ afriquenouvelle@bluewin.ch [congocitizen] » <congocitizen@yahoogroups.ca> schrieb am 19:35 Montag, 31.Oktober 2016:

La politique est une discipline appartenant aux sciences économiques et
  sociales , ceci signifie que tout dirigeant qui gouverne une République a l’obligation de   placer le social au devant de toute politique à mener . Or, on n’apprend ceci dans le texte ci-dessous, signé par l’un des laudateurs : «  Le comble, en 15 ans de pouvoir, il (Kabila) n´a pas mis un accent sur le social du peuple congolais. Qu´il s´engage au cours de cette transition à apporter et donner une nouvelle touche personnelle au social du peuple. Là, il  bouclera la boucle . » Une accusation publique gravissime de la part d’un laudateur. Toutefois, cette accusation publique gravissime conforte ce que Monsieur tout le monde sait et dit chaque jour. Les deux mandats de M Kabila sont largement négatifs. Malgré ce courage de reconnaître que le social a été absent de l’exercice du pouvoir pendant 15 ans (s’il vous plaît !), le même laudateur trouve légitime qu’on accorde encore quelques années supplémentaires sous forme de transition afin que le président sortant fasse ce qu’il n’a pu faire pendant 15 ans pour qu’il (Kabila)  » donne une nouvelle touche personnelle au social du peuple « . Dois-je me demander si l’auteur a bien pesé ses mots ? De qui se moque-t-il ? En tout cas, il vient de ternir son image auprès de son chef et de renforcer l’opinion des Congolais sur le régime actuel qui a complètement négligé le social.
Fweley Diangitukwa
Le Lundi 31 octobre 2016 6h25, « Jean-Pierre Vununu jpvununu@yahoo.de [congovirtuel] » <congovirtuel@yahoogroupes.fr> a écrit :

Cher Mbuta et Prof. Fweley,
1. En rapport avec votre réaction au point 1 sur l´emploi du mot inclusivité, vos éclaircissements confortent bien ma position pour avoir fait usage de ce mot.
Car,  j´ai écrit que Tshisekedi se croit être l´ensemble (inclusivité) de tous les politiciens ainsi que du peuple Congolais. Il  croit  que sa présence seule donne l´inclusivité à tous et qu´il représentait tout le monde.
Donc, c´est lui qui constitue l´ensemble et que par là, le caractère inclusive doit impérativement passer par sa présence ou encore sa signature. Sans cela, tout est faux soit caduc, ce qui justifie le moi ou rien. Je n´ai pas dit que le mot inclusivité signifiait moi ou rien, loin s´en faut !
En outre, dans mon texte, je suis allé même puiser un verset de Jean 10:3 :  » Moi et le père, nous sommes un  » pour démontrer dans le cas Tshisekedi  que ce dernier a toujours cru (sans référendum ni vote) que lui et le peuple sans exception font un, lui et tous les autres politiciens congolais font un et lui et son parti font un, et que, sa position doit être imposée à tous !
Quant au mot exclusivité, il n´a pas de sens dans mon article au vu des éclaircissements ci-dessus.
2. Pour ce qui est de votre deuxième volet, je parie et parierai toujours sur votre manque de sincérité. En tant qu´un homme de science et Professeur de votre état, il n´est pas sérieux que dans ce long article de 3 pages pour lequel vous réagissez ici, de vous attarder uniquement sur ce qui n´a pas constitué le thème du texte pour limiter ou dévier ce débat sur la personne de Kabila. Quel est le volet que vous avez consacré aux griefs contre Tshisekedi ?
En effet, 3/4 du thème a été consacré sur le caractère dictatorial de Tshisekedi, chose étonnante, vous ne pipez aucun mot là-dessus ni même un petit commentaire pour réagir sur ce qui constitue le 1/4 du thème !
Êtes-vous un homme de la science pour ne juger ou ne condamner que le pouvoir de Kabila soit Kabila lui-même ( seulement) en ménageant toutes les fautes et mauvais agissements de votre candidat Tshisekedi en particulier et de l´opposition en générale ? L´autocritique n´est pas votre lot ?
Mon texte a démontré que Tshisekedi est un vrai dictateur pour lequel je dis bien qu´il faut barrer coûte que coûte la route de manière à ce qu´il n´accède pas au pouvoir en RDC, prouvez-moi le contraire soit contredisez mes affirmations.
Pour ses adeptes, il est considéré comme zéro faute tandis que de notre part, personne n´a affirmé que Kabila serait un zéro faute, une sorte de demi dieu, irréprochable et in critiquable à l´instar de Tshisekedi.
Ce qui justifie mon constat sur le volet social en lui demandant de faire plus malgré tout ce qu´il a fait, constat que vous transformez en accusation alors que même au sein de la majorité, plusieurs personnalités reconnaissent cela publiquement sans s´attendre à la foudre de la part de Kabila. Est-ce le cas à l´UDPS ?
Quant au bilan de Kabila que vous qualifiez de largement négatif,  c´est pas vous à votre niveau qui irez limiter ce bilan rien qu´en rapport à l´action sociale tout en éludant sciemment tous ses autres efforts pour la réunification du pays, la fin à la guerre, la défense de l´intégrité territoriale du pays et le progrès dans plusieurs secteurs du pays.
Si Kabila quittait le pouvoir aujourd´hui, il ne laissera pas un pays détruit et pillé comme il le fut au 17 mai 1997.
D´ailleurs, pour certains qui disaient qu´il fallait d´abord libérer le pays de son occupation, leur langage a changé, ils parlent maintenant du respect de la constitution et des élections en lieu et place d´aller libérer le pays militairement. Ce qui conclus que le pays n´a jamais été occupé. Oui, il y a eu la guerre et occupation d´une partie du territoire du pays.
Et, il a tout fait pour terminer cette occupation en boutant hors du pays les rebelles du M23 malgré les tueries de Béni qui continuent à endeuiller le pays, un dossier qui nécessite la clarification de la forte présence des troupes de la Monusco à l´Est et de sa mission en RDC au vu des termes du chapitre VII de la Charte de l´ONU. Quand bien même c´est à l´armée national d´assurer la sécurité des personnes et de leurs biens mais que font  22 000 hommes super équipés depuis plus de 17 ans en RDC ? Sont-ils en villégiature en RDC ?
Vous me qualifiez de laudateur tout en sachant que dans mes multiples interventions je ne me limite pas à faire des éloges soit à louer Kabila. J´ai toujours fustigé le salaire de misère du peuple congolais. Et, c´est pas la première fois que j´insiste sur un accent supplémentaire à mettre ou à consacrer au social en disant  que Kabila puisse  boucler la boucle de manière que son œuvre au bénéfice de la nation soit vraiment  complète sans discussion. Car, en ce qui concerne d´autres volets, il a bien prouvé sa capacité.
Bon début de semaine
Mes salutations fraternelles et patriotiques
JP-Vununu

Un commentaire en deux volets s’impose.

(1) L’inclusivité (qui vient du nom « inclusion ») a une définition claire. Il ne s’agit ni de « moi ou rien » mais de l’ensemble. L‘exclusivité est l e contraire de l’inclusivité. Soit on est inclus soit on est exclus. C’est une évidence qui ne nécessite pas une longue dissertation.

(2) La politique est une discipline appartenant aux sciences économiques et sociales, ceci signifie que tout dirigeant qui gouverne une République a l’obligation de placer le social au devant de toute politique à mener. Or, on n’apprend ceci dans le texte ci-dessous, signé par l’un des laudateurs : « Le comble, en 15 ans de pouvoir, il (Kabila) n´a pas mis un accent sur le social du peuple congolais. Qu´il s´engage au cours de cette transition à apporter et donner une nouvelle touche personnelle au social du peuple. Là, il  bouclera la boucle. » Une accusation publique gravissime de la part d’un laudateur. Toutefois, cette accusation publique gravissime conforte ce que Monsieur tout le monde sait et dit chaque jour. Les deux mandats de M Kabila sont largement négatifs. Malgré ce courage de reconnaître que le social a été absent de l’exercice du pouvoir pendant 15 ans (s’il vous plaît !), le même laudateur trouve légitime qu’on accorde encore quelques années supplémentaires sous forme de transition afin que le président sortant fasse ce qu’il n’a pu faire pendant 15 ans pour qu’il (Kabila) « donne une nouvelle touche personnelle au social du peuple« . Dois-je me demander si l’auteur a bien pesé ses mots ? De qui se moque-t-il ? En tout cas, il vient de ternir son image auprès de son chef et de renforcer l’opinion des Congolais sur le régime actuel qui a complètement négligé le social.

Fweley Diangitukwa
 

—-Message d’origine—-
De : congocitizen@yahoogroups.ca
Date : 30/10/2016 – 19:26 (PM)
À : lecridesopprimes@yahoogroupes.fr
Cc : congocitizen@yahoogroups.ca, congovirtuel@yahoogroupes.fr, lafraco@yahoogroups.com, kivu_avenir@yahoogroupes.fr, congo@yahoogroupes.fr
Objet : [congocitizen] RDC: IL S´APPELLE L´INCLUSIVITÉ…C´EST MOI OU RIEN !

RDC: IL S´APPELLE L´INCLUSIVITÉ…C´EST MOI OU RIEN !

 

En RDC, de tous les hommes politiques de tous les temps, il y a un seul qui apparaît comme étant un homme providentiel. Il a le droit de donner le caractère inclusif à toute discussion politique et à n´importe quelle rencontre politique de tout genre.

 

S´il ne prend pas part à une rencontre politique, celle-ci est d´office déclarée sans objet. S´il n´est pas cosignataire d´un document, celui-ci est déclaré sans valeur. Si ses revendications ne sont pas prises en compte, celles des autres doivent être renvoyées aux calendes grecques. Son opinion doit toujours être imposée et considérée comme étant au dessus de celles des autres.

 

Même sans un référendum auprès du peuple, sa position semble être celle de tout le peuple congolais. Lorsqu´il parle de ses prises de position, d´après lui, c´est le peuple qui parle soit la volonté de tout le peuple congolais. Comme dans la Bible dans Jean 10:3 Jésus dit : « Moi et le Père nous sommes un » , lui et le peuple font un.

 

Au sein de son parti, sa position est irrévocable sans oublier qu´il a toujours raison sur tout. Ses erreurs et autres bourdes politiques sont transformées en stratégies du parti. Tous ceux qui essayent de protester sont vites accusés de trahison et  sommés de quitter le parti illico presto à quelques exceptions près. Il n´a pas droit à justifier sa gérance du parti. Même l´argent récolté à travers la diaspora pour son « impérium » ne peut être justifié parce que le bénéficiaire  fait corps ensemble avec le peuple. Il peut modifier les statuts du parti à sa guise même sans l´aval du congrès et sans rendre compte à qui que ce soit, personne ne peut dire mot parce qu´ici aussi, lui et le parti font un. Il est indissociable du parti. Quand on parle du parti, on voit son image et le parti c´est lui. Sans lui, personne d´autre peut hausser le ton et parler au nom du parti. Sa famille s´ingère dans la gestion quotidienne du parti avec son approbation. Pour ses adeptes, il est in-critiquable et serait sans faute d´où le surnom de « Zéro faute », une sorte de demi-dieu.

 
Et, c´est depuis longtemps que ça dure. En outre, dans son parcours politique rempli de plusieurs rebondissements, tout ne pourra pas être évoqué ici. Cela nécessitera tout un bouquin de plusieurs pages.
 
Quoi qu´il en fût, l´histoire nous rappelle que malgré ses qualités autoritaires, il fut aussi aimé par ses adversaires politiques qui n´ont pas manqué de le considérer comme incontournable pour l´intérêt supérieur de la nation afin de sortir le Congo ex- Zaïre du gouffre mais…
 
Ce qui fait que dans la nuit du vote historique à la Conférence Nationale Souveraine, qui dura de 17 heures du 14 août 1992 à 5 heures du matin du 15 août dans l´ hémicycle du palais du peuple bondé des Mobutistes du MPR,  la majorité des délégués constitués de ses « ennemis politiques » qui n´avaient pas d´autres choix, votèrent massivement pour lui. Même l´argent soit les « Mikomboso » mis à contribution par Mobutu pour corrompre les participants à ses assisses pour se choisir un autre candidat, n´avait pas suffit. Il emporta par 71 % de voix contre  27 %  au candidat du statu quo, Thomas Kanza.
 
Mais bien après, la suite était connue. Ne pouvant comprendre le jeu des alliances politiques après cette élection historique devant une assemblée pourtant à la solde de Mobutu, il s´est embrouillé comme toujours avec tout le monde pour le motif connu car c´est lui qui dicte. Avec lui, pas question de négociation. Sa position vaut son pesant d´or et elle est toujours irrévocable.

 
En lisant ces lignes, il est bien évident que certains, assurément, viendront comme toujours avec des accusations de tout genre pour nous taxer d´antipathie envers la personne de Monsieur l´Inclusivité autrement dit Étienne Tshisekedi, parce que c´est de lui qu´il s´agit. 
 

Mais, ce qu´ils ne savent pas en ce qui nous concerne, nous avons toujours l´habitude de privilégier l´intérêt supérieur de la nation à l´inverse de sa méthode, qui elle, privilégie d´abord sa personne car trop imbu de lui même.

 

C´est pourquoi comme ceux du  camp opposé au sien qui l´ont plébiscité le 15 août 1992 à la Conférence Nationale Souveraine,CNS,  nous l´avons aussi fait d´une autre manière dans le passé plus précisément en 2011. Ainsi, nous ne pouvons déroger à raconter une anecdote.

 
En effet, avant l´élection présidentielle de 2011, une rencontre était programmée aux États Unis entre quelques membres du directoire de son parti et ceux de mon ancien parti, l´UNC. Deux hauts cadres de mon ex-parti vivant en occident, – membres de nos fora qui se reconnaîtront et dont nous taisons les noms expressément-, déjà présent sur le sol américain pour la circonstance,  nous ont demandé de faire un mémo pour cette rencontre. Et là, bien qu´étant membre de ce parti à l´époque, nous n´avions pas hésité un seul instant dans notre analyse de conclure, ce, au prix du patriotisme et de l´intérêt commun, que le Président National de notre ex -parti, Vital Kamerhe devait s´effacer pour soutenir le leader Maximo.

 
Ici aussi, comme au bon vieux temps du Mobutisme, il a retrouvé ses vielles habitudes. Ainsi, s´enfermant dans son carcan dictatorial habituel, le leader Maximo avait déjà une position arrêtée, figée et fixée de ne rien donner ou céder en échange. D´où, l´inutilité de la rencontre car on ne vient pas négocier en ne voulant faire aucune concession tout en ayant une position ferme que l´on doit imposer à l´autre camp. Avec lui c´est comme ça, il impose et vous dit, c´est à prendre ou à laisser soit vous suivez ma position ou bien vous foutez le camp !
 
Même Kengo qui a fait le déplacement de Kinshasa jusqu´à Bruxelles pour lui tendre la main, s´est buté devant la même attitude. D´ailleurs, cette attitude ne s´est pas limitée qu´au niveau des tractations politiques avec ses pairs car, dans une interview  accordée durant la même période à la journaliste du soir, Colette Braeckmann, il n´ y pas allé par quatre chemins pour manifester publiquement son mépris à leurs égards
 

Qui a oublié l´appel qu´il avait lancé au peuple pour qu´on lui amène le Président Joseph Kabila ligoté ? Quel mépris !

 

Pour l´actualité de l´heure et, avant même le début du dialogue qui vient de se terminer à Kinshasa, il fut d´accord de rencontrer la Majorité Présidentielle. Il nous revient que les cadres de son parti se sont rencontrés à plusieurs reprises avec les cadres de la Majorité Présidentielle. Et, pendant tout ce temps, les autres qui ne furent pas associés à ces rencontres ne devaient pas qualifier cet acte de haute trahison car c´est lui qui « représente » l´inclusivité de tous les politiciens ainsi que du peuple congolais. On parlerait même d´un accord qui fut prêt à être conclu.

 

Mais, depuis la rencontre de Genval, il semble que la Majorité Présidentielle n´a pas su mettre la main plus profondément dans sa poche pour se laisser duper par Katumbi, lui, plus offrant. Là aussi, le silence est de mise car Mr l´Inclusivité a droit sur tout sauf aux critiques !

 

Là où le bât blesse et chose très étonnante, c´est lorsque ce fut le tour des autres d´accepter de rencontrer la Majorité Présidentielle étant donné que, ceux-ci, sans autre forme de procès furent accusés de trahison parce que cette accusation est venue de la part de celui qui détient l´inclusivité de tout en RDC.
 

Comme on vient de le constater, tout sans lui n´a aucun sens en RDC. Les opinions des autres ne comptent pas. En somme, c´est un vrai dictateur dont il faut coûte que coûte barrer la route en RDC. Il est question de privilégier l´intérêt national que de vouloir satisfaire sa boulimie du pouvoir.

 

In fine, quoiqu´on pourrait dire sur Kabila, ce dernier du moins, dans son parcours politique a su démontrer sa capacité à négocier, à écouter, à faire des alliances utiles, à dialoguer, à partager le pouvoir…le tout au nom de l´intérêt national.

 

En 15 ans de pouvoir, il a  travaillé et travaille encore presqu´avec toutes les sensibilités politiques du pays sans oublier qu´il n´a ménagé aucun effort pour  la réunification du pays, l´unité, la défense de l´intégrité territoriale et le progrès. Ce qui justifie notre choix en sa faveur car il s´agit de l´intérêt supérieur de la nation à travers ces étapes.

 
Le comble, en 15 ans de pouvoir, il n´a pas su travailler sur son image comme il le fallait en rapport avec toutes ces étapes citées et n´a pas mis un accent sur le social du peuple congolais. Qu´il s´engage au cours de cette transition à apporter et donner une nouvelle touche personnelle au social du peuple. Là, il  bouclera la boucle.
 

JP-Vununu, le 30 octobre 2016.

Crise congolaise : la voie de sortie

20 Oct

Crise congolaise : la voie de sortie

Par Fweley Diangitukwa

L’Accord Politique de MM. Edem Kodjo et Vital Kamerhe n’a aucune valeur car il n’a ni base juridique, ni base populaire, du fait que le quorum de juges n’a pas été atteint conformément à l’article 90 de la Loi organique de cette institution qui dispose : « La Cour ne peut valablement siéger et délibérer qu’en présence de tous ses membres, sauf empêchement temporaire de deux d’entre eux au plus dûment constaté par les autres membres ». Or, seuls cinq juges ont siégé au lieu de sept au minimum. Le Congo est maintenant entré dans une impasse totale et le pouvoir actuel n’a plus que la force pour s’imposer car il vient d’épuiser toutes les voies juridiques. Le rapport de l’Accord Politique est donc bon pour les archives car les juristes et les politologues sérieux n’y accordent aucune importance. Une page vient d’être tournée. Tout le monde a maintenant découvert le but cynique poursuivi par ceux qui ont bénéficié de largesses du Trésor public par un per diem substantiel. Comme pour les Concertations nationales, le peuple a encore été floué.

Nous avons déjà dit que les principaux concernés ne sont pas signataires dudit Accord Politique, à savoir le chef de l’Etat et la Commission Electorale  Nationale Indépendante. N’étant pas liés par leur signature, ils peuvent ou ne pas respecter le contenu de cet Accord et changer d’avis en annonçant, par exemple dans une année, l’impossibilité d’organiser les élections en avril 2018.

En prévoyant de nommer un Premier ministre issu de l’opposition, l’Accord Politique a subtilement mis fin à la Constitution actuelle et appelle à la rédaction d’une nouvelle Constitution. L’Accord Politique est un piège à dénouer rapidement. Ce document ne peut pas et doit pas rencontrer l’assentiment du peuple congolais qui n’a pas été associé au dialogue (principe d’inclusivité).

Les politologues et les sociologues (spécialistes de la sociologie politique) ne parlent plus de rationalité absolue qui a été abondamment critiquée mais de rationalité limitée. Or, dans le cas du présent Accord Politique, les deux niveaux de rationalité n’ont pas été atteints (se référer aux auteurs suivants pour en savoir plus : Herbert A. Simon, Cyert et March, Charles Linblom, Gigerenzer, etc.).

Il reste deux voies de sortie : une mauvaise et une bonne.

La mauvaise consiste à voir le pouvoir actuel recourir à la force pour imposer l’Accord Politique qui n’a ni base juridique ni base populaire et obtenir ce qu’il n’a pas obtenu par la voie légale mais, en recourant à ce mauvais choix, il va renforcer son impopularité et son rejet par le peuple congolais. La bonne voie consiste à organiser un autre dialogue – inclusif cette fois – qui regroupera les membres du Rassemblement de l’Opposition et la Mouvance présidentielle (ainsi que ses nouveaux adhérents présents à la Cité de l’OUA) et la Société civile.

Pour éviter une perte de temps, la direction du dialogue inclusif sera confiée à une Organisation qui maîtrise le dossier congolais et qui sera assistée par des représentants de trois ou quatre Organisations internationales. Elle aura pour tâche principale de faire respecter la Constitution actuelle (article 220) et la Résolution 2277 de l’ONU et de tracer la voie de l’avenir pour éviter l’anarchie actuelle voulue par le pouvoir sortant. L’Eglise catholique serait un bon choix. La durée du dialogue doit, dans un tel cas, être réduite à plus ou moins deux semaines. D’une façon ou d’une autre, les acteurs qui ont été la cause du conflit ne peuvent pas être une solution au problème, ceci revient à dire qu’ils ne peuvent pas diriger la période de transition qui devra être courte.

L’observation de la journée ville morte décrétée par le Rassemblement de l’Opposition, le mercredi 19 octobre 2016, massivement suivie sur l’ensemble du territoire national et respectée même par les acteurs de la Mouvance présidentielle, est la preuve irréfutable du rejet du régime actuel par le peuple (lire notre livre publié en 2015 et intitulé Les Congolais rejettent le régime de Kabila, sous la direction de Fweley Diangitukwa, éditions Monde Nouveau/Afrique Nouvelle).

Cette seconde voie est la seule et unique solution pour sortir le pays de l’impasse actuelle. Il n’est pas sûr que ceux qui cherchent à se maintenir au pouvoir par la force aient gain de cause car, tôt ou tard, ils seront emportés par le vent populaire qui vient. Dans l’histoire, les armes (violence) n’ont toujours pas eu raison sur le choix du peuple. Le Congo d’aujourd’hui n’est plus celui d’hier et le nombre de morts, de femmes et d’hommes arrêtés et emprisonnés arbitrairement, a aidé le peuple à mûrir et à être plus exigeant, plus déterminé et plus revendicatif. Il veut l’alternance le 19 décembre 2016 et rien d’autre. Qu’on la lui donne conformément à l’article 220 de la Constitution. C’est l’unique voie de sortie qui garantit le retour à la paix.

Nous devons placer, à la tête de la République, des femmes et des hommes qui ont véritablement le sens de l’Etat, qui respectent scrupuleusement la Constitution et qui savent rendre compte aux citoyens. Pour que la paix revienne, il est nécessaire que ceux qui n’ont pas voulu organiser les élections assument leur responsabilité en quittant pacifiquement le pouvoir le 19 décembre 2016 pour sauver la République.

Fweley Diangitukwa

Le 20 octobre 2016

Est-il vraiment nécessaire de dialoguer avec une dictature ?

8 Fév

Est-il vraiment nécessaire de dialoguer avec une dictature ?

Confrontés à deux reprises à des régimes tyranniques, les Congolais se sont installés dans une attitude de soumission passive voire de servilité. D’autres parmi nous, habitués à jongler avec la dictature depuis le temps du maréchal Mobutu, ont vite conclu qu’il était, pour eux, plus utile de composer avec la nouvelle dictature, en espérant qu’en redevenant des caciques de l’autre dictature qu’ils n’ont pas eux-mêmes créée, il leur sera possible de cacher leur passé et de bénéficier des avantages du nouveau régime. Faute d’alternatives réalistes, cette option a particulièrement séduit les anciens Mobutistes et beaucoup d’autres jeunes intellectuels qui ont vite adhéré au PPRD (parti au pouvoir) et dans d’autres partis qui gravitent autour de la mouvance présidentielle. D’autres ont préféré restés fidèles à leur idéal de lutter pour une réelle libération démocratique de notre pays. Puis, les années ont passé, quelques partis qui se disaient de l’opposition ont finalement rejoint le régime tyrannique dans lequel ils ont occupé des postes importants, créant ainsi un doute dans le rang de ceux qui sont restés fermes dans leur choix de société.

Mais voilà, la mouvance présidentielle qui a triché aux élections de 2006 et à celles de 2011 n’arrive pas à gouverner la République à cause de son impopularité grandissante ; elle n’arrive pas à mettre fin au viol des femmes ni aux massacres à Beni, Lubero, Butembo et ailleurs. Pour gagner un peu en crédibilité et élargir le peu de légitimité qui lui reste, le régime tyrannique a organisé des concertations nationales à coût de millions. Mais, au lieu de respecter les recommandations faites par les concertateurs, le pouvoir a préféré les ignorer.

Se rendant compte qu’il arrive à la fin de son deuxième et dernier mandat, le chef de l’Etat a convoqué un dialogue national inclusif pour, dit-il, résoudre la crise. Mais de quelle crise s’agit-il et, s’il en existe une, qui en est à l’origine ? Suffira-t-il de participer au dialogue pour que la crise disparaisse comme par miracle ?

D’autres Congolais s’interrogent sérieusement en se disant : ne pourrions-nous pas être raisonnables et accepter d’aller au dialogue pour trouver des moyens de discuter, de négocier des solutions pour contraindre le pouvoir à abdiquer ? Il y a beaucoup de compatriotes qui croient naïvement qu’une dictature peut accepter de se retirer après des accusations proliférées contre elle pendant le dialogue, parce que, pensent-ils, elle aura reconnu publiquement la situation difficile à laquelle le pays est confronté. Ceux qui pensent ainsi connaissent mal la façon de raisonner des tyrans. Ils oublient qu’on n’a jamais vu dans l’histoire un régime tyrannique qui quitte le pouvoir parce que des dialogueurs lui ont demandé de démissionner. Un tel raisonnement frise la naïveté. Un tyran n’est jamais un homme de bonne foi. Il n’abdique que sous une très forte pression qui le mettra en danger s’il s’entête de garder le pouvoir. Donc, le dialogue n’aura de sens que si M. Joseph Kabila annonce officiellement qu’il respectera la Constitution en ne briguant pas un troisième mandat. Le reste n’est que perte de temps.

La négociation est utile et elle est vivement recommandée dans certaines situations qui ne portent pas sur des questions fondamentales et sur lesquelles un compromis est acceptable, comme régler une grève, une mutinerie, etc. Pour ce genre de conflit, il est possible de trouver un point d’accord situé entre les propositions présentées par les parties prenantes en présence. Mais pour des questions de partage de pouvoir avec un régime tyrannique – questions étroitement liées à la vie et à la survie politique du régime tyrannique –, le dialogue et/ou la négociation est loin de régler ce genre de conflit parce que l’enjeu de la négociation concerne l’existence même des cruautés commises par la dictature et, en filigrane, la revendication  des familles de victimes. Ce genre de dialogue tourne vite au procès lorsque le régime qui le convoque perd le contrôle.

En tout cas, la fin du mandat présidentiel prévu dans la Constitution est un sujet qui n’est pas négociable. Puisqu’il en est ainsi et puisque le détenteur du pouvoir a refusé jusqu’à présent de déclarer publiquement qu’il ne briguera pas un troisième mandat à la fin de son dernier mandat constitutionnel, le dialogue qui s’annonce est en réalité inutile. Il servira à amuser la galerie, certainement à justifier la nécessité d’accorder un troisième mandat au titulaire sortant et à brûler inutilement l’argent public. Donc, devant l’enjeu fondamental, d’une très grande importance, qui affecte le développement futur de la nation congolaise, aucune solution acceptable ne peut être trouvée par le dialogue, car cette question-là relève exclusivement du respect de la Constitution. Et, pour cette question, aucun compromis n’est possible car la Constitution y a déjà répondu.

La participation à un vrai dialogue s’obtient par le respect du droit. Or, dans le cas d’espèce, la Constitution n’est pas respectée – du moins jusqu’à présent. D’où l’inutilité du dialogue qui ne traitera pas la question la plus préoccupante, à savoir la fin du mandat présidentiel et l’organisation de futures élections, sans la candidature du président sortant. C’est cela l’enjeu, qu’on ne l’oublie pas.

L’opposition doit se rendre compte que la négociation ou le dialogue n’a jamais été un moyen réaliste pour renverser une puissante dictature lorsque celle-ci a pris l’habitude de ne pas respecter ses engagements et de réviser régulièrement la Constitution en sa faveur.

Si le régime était sincère dans sa démarche, il aurait d’abord libéré les prisonniers politiques, organiser des procès contre ceux qui ont massacré la population, arrêter les opérations policières, reconnaître des erreurs comme les fraudes électorales antérieures. C’est après cette démarche que le dialogue allait être convoqué et accepté par tous. Or, rien de tout cela n’a été fait. Le pouvoir est resté dans son arrogance et dans son indifférence d’antan. À quoi servira donc le dialogue ? À imposer la volonté gouvernementale aux dialogueurs ?

N’oublions pas que ce sont les rapports de force entre les parties prenantes qui déterminent l’issue d’un dialogue ou d’une table ronde et jamais les bonnes intentions des acteurs en concertation.

Ne perdons jamais de vue que le candidat Joseph Kabila n’a pas respecté les résultats des élections de 2006 face au candidat Jean-Pierre Bemba et qu’en 2011, le même, Joseph Kabila, n’a pas respecté les résultats face au candidat Etienne Tshisekedi. À chaque étape, il a utilisé ses forces sur le terrain pour agir unilatéralement de manière non conforme aux résultats. Quels sont les moyens dont disposent les opposants pour faire respecter leurs revendications essentielles à l’issue du dialogue ? Que va-t-il se passer si M. Joseph Kabila refuse encore le résultat du dialogue ? Ces exemples pris dans un passé récent montrent, si besoin est, l’inutilité d’aller au dialogue.

Le président Kabila et ses acolytes ne sont pas prêts à abandonner le pouvoir et la richesse sans cause qu’ils accumulent. Ils savent que rien de tout cela ne restera s’ils perdent leur position envieuse de gouvernants. Alors, ils seront prêts à corrompre et à tout promettre pourvu qu’ils gardent le pouvoir, car ils sont habitués à violer effrontément tous leurs engagements. Ils pensent que tout leur est permis dans notre pays en recourant à la violence. Mais ils se trompent car il y a au final la loi du nombre (= peuple) qui n’est inscrite dans aucune constitution. Vox populi vox Dei. Lorsque le peuple dira son dernier mot, prêt ou pas, ils tomberont !

Le médiateur international que l’on réclame tant pourra venir avec une seule intention : rouler les opposants dans la farine et repartir aussitôt, tout en étant heureux d’avoir réussi sa mission. Le médiateur international n’est donc pas une garantie sûre. Déjà la MONUSCO, qui est présente au Congo depuis plusieurs années, n’a jamais résolu la crise congolaise.

Tout montre que la dictature, qui se croit encore très forte et capable de contrôler tous les rouages du pouvoir, voudrait se servir du dialogue pour obtenir la soumission de l’opposition sous le fallacieux prétexte de résoudre la crise. Pour certains, le dialogue est indispensable parce que notre société est bloquée. Pour eux, il faut aller au dialogue pour préparer la transition. Ceux qui pensent ainsi se trompent car ils oublient que ce dialogue cache de graves dangers : le « glissement » et le maintien au pouvoir des acteurs qui convoquent le dialogue.

Ce manque de clarté m’a obligé de m’opposer, dès son annonce, à l’idée de dialogue, de la même façon que je m’étais opposé à l’idée de concertations nationales avant leur organisation. Et l’histoire m’a donné raison car les concertations nationales ont été une véritable arnaque, un vol organisé, un simple moyen de faire sortir de l’argent du Trésor public.

La négociation est utile lorsque les partis qui voudraient y participer se trouvent dans une position de force et que la dictature est aux abois et cherche une porte de sortie. Dans ce cas, le tyran et son régime négocient pour éviter la prison et pour sauver le maximum de leurs biens. Nous ne sommes pas encore dans ce cas d’espèce. C’est pourquoi les Congolais qui sont meurtris et soumis ne doivent pas aider le dictateur et ses acolytes à atteindre leurs buts de se maintenir au pouvoir. C’est pourquoi aussi, j’invite mes compatriotes à se méfier du piège qui nous est tendu par le régime tyrannique actuel par le biais du dialogue inclusif qu’il convoque. C’est tout simplement une ruse du dictateur qui vise à obtenir un sursis en obtenant l’accord de l’opposition, alors que la violation des droits humains se perpétue. Le seul dialogue qui mérite notre attention est celui qui interviendra lorsque toutes les conditions seront réunies et lorsque le tyran, aux abois, cherchera un couloir de sécurité pour négocier réellement sa sortie. À l’heure actuelle, un compromis est impossible avec une dictature.

Fweley Diangitukwa

http://www.fweley.wordpress.com

Congolais : évitons le piège qui nous est tendu par le pouvoir

21 Jan

CONGOLAIS: ÉVITONS LE PIÈGE QUI NOUS EST TENDU…

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CONGOLAIS: ÉVITONS LE PIÈGE QUI NOUS EST TENDU…

Par Fweley Diangitukwa

Je lance un appel à tous les Congolais de souche. Ne tombons pas bêtement dans le piège nous tendu par le pouvoir.

J’invite mes Compatriotes congolais de souche à se ressaisir rapidement afin de ne pas rester prisonniers du piège que le pouvoir nous a tendu. M. Tshisekedi accepte le dialogue alors que les concertations nationales n’ont rien produit, alors que c’est le pouvoir en place qui le convoque et non la communauté internationale qui, du reste, peine à résoudre le problème congolais. L’idée du dialogue n’est pas mauvaise mais il faut chercher à découvrir les intentions de celui qui l’a initié pour s’en éloigner aussitôt.

M. Ngbanda s’est attaqué à M. Tshisekedi sinon aux Tshisekedi (père et fils) sans vraiment se rendre compte qu’il a ouvert ainsi une crise inutile voulue par le pouvoir afin de gagner du temps et de rendre les Congolais responsables de la mauvaise gouvernance du pays.

Heureusement que M. Muanda Nsemi, qui s’en est pris aux ba Ngala, ba Luba, ba Swahili qui « peuplent » la ville de Kinshasa sans vraiment se rendre compte que la capitale du pays doit être habitée par tous les Congolais sans exception car c’est le centre de la vie publique (politique et économique) nationale, a décidé de se retirer de la vie politique pour ne pas se salir inutilement [Hélas, il est vite revenu pour soutenir les mêmes idées et revendiquer publiquement le salaire pour les services qu’il a rendus à son chef. Quelle misère !]

Toutes les querelles entre véritables fils du pays font désordre et ouvrent la porte aux stratèges étrangers qui cherchent à maintenir leurs affidés au pouvoir car, disent- ils : « les Congolais sont incapables de s’entendre, il faut s’appuyer sur un Rwandais devenu Congolais sans au préalable obtenir formellement la nationalité pour avoir notre mainmise sur les ressources du Congo ».

Entre-temps, des Congolais d’origine étrangère (excusez cette expression qui ne vient pas de moi mais de M. Pele Ndume Nzogu) s’emparent du débat et nous laissent croire qu’eux seuls peuvent Unir la Nation Congolaise pendant que les hommes au pouvoir se frottent les mains : heureux d’avoir réussi leur coup.

Toutes les querelles entre véritables fils du pays font désordre et ouvrent la porte aux stratèges étrangers qui cherchent à maintenir leurs affidés au pouvoir car, disent- ils : «Les Congolais sont incapables de s’entendre, il faut s’appuyer sur un Rwandais devenu Congolais sans au préalable obtenir formellement la nationalité pour avoir notre mainmise sur les ressources du Congo».

Tout cela fait désordre et nous éloigne du but à atteindre.

J’invite les Compatriotes congolais à plus de lucidité, à plus de raison et à ne pas tomber dans le piège que nous tend ceux qui dirigent le Congo pour leurs propres comptes et qui ne veulent pas organiser les futures élections.

Je m’oppose fermement au culte de la personnalité car l’expérience avec Mobutu a été très négative. Nous devons nous appuyer sur un leadership collectif, collégial ou encore consensuel, sur les idées de progrès et jamais sur des hommes miracles qui ont déjà causé beaucoup de torts aux Congolais dans un passé récent.

Sortons rapidement de cette mauvaise passe. Le dialogue – comme les concertations nationales et la décentralisation qui n’ont rien produit – est une longue distraction qui sert à nous diviser, à gagner du temps et à ne pas organiser les élections dans le temps prévu. Ne nous laissons pas duper par les plus cyniques. Mais soyons des femmes et des hommes responsables prêts à gérer le destin du Congo dans la transparence et dans l’intérêt de tous les Congolais. Les petits calculs égoïstes des uns et des autres et le culte de la personnalité tuent l’avenir de notre nation.

Fweley Diangitukwa (sous la direction de), Les Congolais rejettent le régime de Kabila, éditions Monde Nouveau/Afrique Nouvelle, juin 2015, 346 pages.

http://www.fweley.wordpress.com

Ce texte a déjà été publié dans le journal Ingeta en août 2015.

Congolais : évitons le piège qui nous est tendu…

1 Sep

Congolais : évitons le piège qui nous est tendu…

Par Fweley Diangitukwa.

La lucidité et le sens de responsabilité doivent guider nos actions.

Je lance un appel à tous les Congolais de souche. Ne tombons pas bêtement dans le piège nous tendu par le pouvoir. J’invite mes Compatriotes congolais de souche à se ressaisir rapidement afin de ne pas rester prisonniers du piège que le pouvoir nous a tendu. M. Tshisekedi accepte le dialogue alors que les concertations nationales n’ont rien produit, alors que c’est le pouvoir en place qui le convoque et non la communauté internationale qui, du reste, peine à résoudre le problème congolais. L’idée du dialogue n’est pas mauvaise mais il faut chercher à découvrir les intentions de celui qui l’a initié pour s’en éloigner aussitôt. M. Ngbanda s’attaque à M. Tshisekedi sinon aux Tshisekedi (père et fils) sans vraiment se rendre compte qu’il ouvre ainsi une crise voulue par le pouvoir afin de gagner du temps et de rendre les Congolais responsables de la mauvaise gouvernance du pays. M. Muanda Nsemi s’en prend aux ba Ngala, ba Luba, ba Swahili qui « peuplent » la ville de Kinshasa sans vraiment se rendre compte que la capitale du pays doit être habitée par tous les Congolais sans exception car c’est le centre de la vie publique (politique et économique) nationale. Toutes ces querelles entre véritables fils du pays font désordre et ouvrent la porte aux stratèges étrangers qui cherchent à maintenir leurs affidés au pouvoir car, disent- ils : « les Congolais sont incapables de s’entendre, il faut s’appuyer sur un Rwandais devenu Congolais sans au préalable obtenir formellement la nationalité pour avoir notre mainmise sur les ressources du Congo ». Entre-temps, des Congolais d’origine étrangère (excusez cette expression qui ne vient pas de moi) s’emparent du débat et nous laissent croire qu’eux seuls peuvent Unir la Nation Congolaise pendant que les hommes au pouvoir se frottent les mains : heureux d’avoir réussi leur coup. Tout cela fait désordre et nous éloigne du but à atteindre. J’invite les Compatriotes congolais à plus de lucidité, à plus de raison et à ne pas tomber dans le piège que nous tend ceux qui dirigent le Congo pour leurs propres comptes et qui ne veulent pas organiser les futures élections. Je m’oppose fermement au culte de la personnalité car l’expérience avec Mobutu a été très négative. Nous devons nous appuyer sur un leadership collectif, collégial ou encore consensuel, sur les idées de progrès et jamais sur des hommes miracles qui ont déjà causé beaucoup de torts aux Congolais dans un passé récent. Sortons rapidement de cette mauvaise passe. Le dialogue – comme les concertations nationales et la décentralisation – est une longue distraction qui sert à nous diviser, à gagner du temps et à ne pas organiser les élections dans le délai prévu. Ne nous laissons pas duper par les plus cyniques. Mais soyons des femmes et des hommes responsables prêts à gérer le destin du Congo dans la transparence et dans l’intérêt de tous les Congolais. Les petits calculs égoïstes des uns et des autres et le culte de la personnalité tuent l’avenir de notre nation.

Fweley Diangitukwa

Cet article vient d’être publié dans le Journal « Ingeta » de Septembre 2015 Numéro 8, Vol. 2 .

Je lance un appel à tous les Congolais de souche

9 Juil

Je lance un appel à tous les Congolais de souche

Ne tombons pas bêtement dans le piège nous tendu par le pouvoir

J’invite mes Compatriotes congolais de souche à se ressaisir rapidement afin de ne pas rester prisonniers du piège que le pouvoir nous a tendu. M. Tshisekedi accepte le dialogue alors que les concertations nationales n’ont rien produit, alors que c’est le pouvoir en place qui le convoque et non la communauté internationale qui, du reste, peine à résoudre le problème congolais. L’idée du dialogue n’est pas mauvaise mais il faut chercher à découvrir les intentions de celui qui l’a initié pour s’en éloigner aussitôt. M. Ngbanda s’attaque à M. Tshisekedi sinon aux Tshisekedi (père et fils) sans vraiment se rendre compte qu’il ouvre ainsi une crise voulue par le pouvoir afin de gagner du temps et de rendre les Congolais responsables de la mauvaise gouvernance du pays. M. Muanda Nsemi s’en prend aux ba Ngala, ba Luba, ba Swahili qui « peuplent » la ville de Kinshasa sans vraiment se rendre compte que la capitale du pays doit être habitée par tous les Congolais sans exception car c’est le centre de la vie publique (politique et économique) nationale.

Toutes ces querelles entre véritables fils du pays font désordre et ouvrent la porte aux stratèges étrangers qui cherchent à maintenir leurs affidés au pouvoir car, disent- ils : « les Congolais sont incapables de s’entendre, il faut s’appuyer sur un Rwandais devenu Congolais sans au préalable obtenir formellement la nationalité pour avoir notre mainmise sur les ressources du Congo ». Entre-temps, des Congolais d’origine étrangère (excusez cette expression qui ne vient pas de moi) s’emparent du débat et nous laissent croire qu’eux seuls peuvent Unir la Nation Congolaise pendant que les hommes au pouvoir se frottent les mains : heureux d’avoir réussi leur coup.

Tout cela fait désordre et nous éloigne du but à atteindre.

J’invite les Compatriotes congolais à plus de lucidité, à plus de raison et à ne pas tomber dans le piège que nous tend ceux qui dirigent le Congo pour leurs propres comptes et qui ne veulent pas organiser les futures élections.

Je m’oppose fermement au culte de la personnalité car l’expérience avec Mobutu a été très négative. Nous devons nous appuyer sur un leadership collectif, collégial ou encore consensuel, sur les idées de progrès et jamais sur des hommes miracles qui ont déjà causé beaucoup de torts aux Congolais dans un passé récent.

Sortons rapidement de cette mauvaise passe. Le dialogue – comme les concertations nationales et la décentralisation – est une longue distraction qui sert à nous diviser, à gagner du temps et à ne pas organiser les élections dans le temps prévu. Ne nous laissons pas duper par les plus cyniques. Mais soyons des femmes et des hommes responsables prêts à gérer le destin du Congo dans la transparence et dans l’intérêt de tous les Congolais. Les petits calculs égoïstes des uns et des autres et le culte de la personnalité tuent l’avenir de notre nation.

Fweley Diangitukwa (sous la direction de), Les Congolais rejettent le régime de Kabila, éditions Monde Nouveau/Afrique Nouvelle, juin 2015, 346 pages.

http://www.fweley.wordpress.com