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Lu pour vous : Charles Onana : « Ce que je craignais pour la RDC est bel et bien arrivé »

27 Jan

 

Charles Onana : « Ce que je craignais pour la RDC est bel et bien arrivé »

Ce que je craignais pour la RDC est bel et bien arrivé. Ils se sont précipités à la soupe. Ils ont couru à la chasse aux sièges ou aux strapontins, humiliant le pays tout entier, foulant au pied la constitution de la RDC, ignorant les millions de morts Congolais, oubliant les sacrifices consentis depuis des années par la jeunesse de ce pays et par les Maï-Maï, que le communauté internationale avait traité de « forces négatives » alors qu’ils luttaient contre l’occupation de leur pays par le Rwanda et l’Ouganda.
 
A Kinshasa, il y a eu de l’effervescence ces derniers temps. On aurait discuté dans le dessein de sortir le pays d’une crise politique aiguë et certains se sont traînés ou ont été traînés dans de pseudo-négociations pour parvenir, au terme de prétendus débats houleux, au maintien de Kabila au pouvoir ; jetant à la poubelle la constitution et piétinant au passage la dignité et la souveraineté de la République Démocratique du Congo.
 
Et la date du 19 décembre qu’ils brandissaient aux Congolais ? « Vous verrez, il partira », martelaient-ils dans les médias et les forums sur internet à propos de Kabila. Il n’est pas parti. Pis, ils se sont tous rués à ses pieds, se battant ou se bousculant, pour le servir ou rester à ses côtés, lâchement, indignement et pitoyablement. Toute honte bue, jusqu’au mépris de soi et à l’aliénation de soi, ils ont affiché ce que l’Afrique a de laid et de servile.
 
Quand rendrez-vous au peuple congolais sa fierté et la justice pour : ses millions de morts, ses centaines de milliers d’enfants traumatisés, ses milliers de femmes violées, ses centaines de réfugiés, ses villages défigurés, ses forêts dévastées ? Quand oserez-vous tutoyer l’occupant qui, chaque jour, vous humilie, vous rabaisse, vous met plus bas que terre et se pavane dans vos rues, cherchant du regard celui ou celle qui osera le défier ? Avez-vous vraiment oublié les propos de Paul Kagame, votre bourreau arrogant ex-maquisard à la culture sommaire, celui qui empêche vos femmes et vos enfants de circuler librement à l’Est du pays, celui qui, depuis 2001, s’attelle au pillage de vos ressources naturelles et qui arrive le jour du cinquantenaire de l’indépendance du Congo avec deux heures de retard avant de s’affaler dans son fauteuil à la tribune pour feuilleter un journal sans intérêt sur son soldat Kabila, question de bien vous faire comprendre que vous n’êtes rien chez vous et que vous ne pouvez rien contre lui ?
 
C’est bien cet homme-là qui a choisi votre président périmé que vous avez indélicatement reconduit et qui vous roule dans la farine depuis 2001. C’est bien celui que vous appelez en privé « le taximan » qui vous épuise ou qui vous fait danser comme des marionnettes et qui a refusé de partir le 19 décembre 2016 (fin de son mandat) alors que vous parliez à qui voulait vous entendre du respect de la constitution.
 
Paul Kagame, dont vous avez peur de prononcer le nom à Kinshasa pousse, avec votre appui direct ou indirect, la RDC au suicide et ne cesse de tenir des propos désobligeants à l’égard des Congolais en soulignant notamment que la classe politique congolaise est incapable de régler ses problèmes ou ceux qu’il cause lui-même à la RDC. Et chaque fois, vous vous taisez, vous pliez, vous baissez le regard, vous lui donner raison.
 
L’ancien Premier ministre rwandais, Faustin Twagiramungu, écœuré de vous voir tourner en rond à la veille de Noël, a dit, à haute voix, que c’est Kagame qui a choisi votre président avant de se demander, en parlant de Kabila, « comment un aide de camp de Kabarebe, l’actuel ministre de la Défense du Rwanda, est devenu multimillionnaire et président de la RDC ».
 
Ce Kabarebe lui-même s’en était vanté dans la presse en disant : « Joseph a eu les pires difficultés à s’adapter à la vie de soldat. (…) Il ne savait pas quoi faire. Je lui ai donc tout appris ». Il ajoutait : « Joseph Kabila est incapable de regarder les gens en face. Je n’ai jamais perçu chez lui, une quelconque aptitude au commandement ». Pourtant, ce Joseph, votre « taximan », vous commande et dirige la RDC depuis 15 ans. Le peuple n’en veut plus mais vous le supportez en acceptant gloutonnement ce qu’il vous fait avaler. Vous avez frénétiquement relayé l’appel du 19 décembre 2016 du parlement européen avec le slogan « Kabila doit partir ». Il est toujours là et vous allez peut-être bientôt l’applaudir. Votre slogan est-il mort le 19 décembre ou l’avez-vous enterré ? La montagne a-t-elle accouché d’une souris au point que vous préférez cajoler cette bête disgracieuse ? Et les promesses au peuple congolais après le 19 décembre ? Que sont-elles devenues ? Et l’espoir de la jeunesse qui a manifesté dans la diaspora croyant que Kabila partira, vous en faites quoi ?
 
Et tous ces jeunes « combattants » qui, à Londres, Paris, Montréal, Bruxelles, essayent avec des moyens dérisoires de redresser l’honneur du Congo et de rendre à leur façon la dignité aux Congolais, vous en faîtes quoi ? Ils sont fichés les uns et autres à Kinshasa et ne peuvent rentrer passer des vacances chez eux. Avez-vous plaidé leur cause dans vos négociations ?
 
A Kinshasa, vous êtes « fiers » d’avoir négocié, un peu comme à Sun City, Naïrobi, Kampala, Lusaka, Addis-Abeba, … pour finalement gouverner avec Joseph, qui ne part pas, et avec Azarias & Co. Vous avez mobilisé la jeunesse congolaise sur internet, dans les associations et meeting pour rester finalement avec Joseph, le troisième œil de Kigali, et bredouiller aujourd’hui quelques phrases incohérentes ? Vous avez donc accepté que le dictateur rwandais et son réseau congolais vous dominent à nouveau et vous humilient chez vous en leur disant merci : tête baissée, visage bosselé et apeuré ? Non ! Vous n’allez tout même pas faire ça ? Vous n’allez pas vous constituer en esclaves volontaires à ce point et marcher piteusement sur vos millions de cadavres parce que vous pensez que l’occupant est « plus fort » que vous ? Vous n’allez pas infliger une telle infamie à votre peuple qui endure déjà beaucoup depuis la période coloniale ?
 
De toutes façons, si vous préférez courber l’échine au point de ne plus en avoir parce que vous croyez que ceux qui terrorisent votre peuple sont « plus forts » que vous, nul ne peut vous en dissuader ! Si vous êtes convaincus que vous avez bien « négocié » avec votre Joseph, nul ne peut prétendre que vous vous êtes peut-être trompés ; même s’il est établi que les multiples « négociations » de dupes sur la RDC depuis plus de dix ans participent de votre asservissement. Si vous croyez dur vraiment que vous avez raison, nul ne peut vous susurrer que vous manquez de cran.
 
Que n’avez-vous pas dit du maréchal Mobutu ? Qu’il était le serviteur des colons belges et américains, qu’il était le laquais de l’impérialisme, etc. Et vous, vous êtes les serviteurs et les laquais de qui pour ramper de la sorte et depuis (1998) tant d’années ?
 
Non ! Je crois sincèrement que le maréchal, avec tous ses défauts, n’aurait jamais accepté ce que vous acceptez actuellement en RDC et ce depuis Sun City. Même Laurent-Désiré, que les Rwandais avaient porté au pouvoir, avait refusé d’être traité comme un chien chez lui par Kagame et ses hommes. Il a dit Non et s’est battu comme un lion. Quant à Patrice Lumumba, il doit se retourner dans tous les sens là où il est en se demandant ce qui s’est passé pour que son Congo tombe si bas. Patrice, pardonne leur, « ils ne savent pas ce qu’ils font », peut-être qu’ils sont trop faibles pour porter très haut la flamme que tu as si noblement porté pour le Congo et pour l’Afrique jusqu’à accepter dans la dignité le sacrifice suprême. Que dire de Mgr Munzihirwa, l’archevêque de Bukavu, lâchement assassiné par les hommes de Kagame ? Il a vaillamment défendu son peuple et vous n’osez même plus prononcer son nom ! Vous avez peur de quoi ? Vous craignez qui pour demander vérité et justice sur sa mort ? Avec de si grands hommes morts pour le Congo et défendant le peuple congolais, votre capitulation et votre défaite souillent leur mémoire et trahissent leurs espoirs.
 
Ce propos que certains jugeront précipitamment comme un réquisitoire n’en est pas un. C’est un simple appel à vos consciences ou ce qu’il en reste, un encouragement à assumer vos responsabilités dans la dignité pour ceux qui pensent en avoir, un recours à l’imagination pour ceux qui pourraient encore la réveiller. La RDC ne doit pas tomber si facilement alors que de dignes fils et filles de ce pays continuent de mourir, à la suite de Munzihirwa, comme Chebeya et Tungulu et des milliers d’autres à l’Est pour que la RDC reste debout. Et elle est debout depuis 1998 par la force, la volonté et le courage de millions de Congolais que Kinshasa ne respecte pas. Cette résistance congolaise doit continuer partout car ce pays mérite mieux que ce qui s’y passe en ce moment. C’est ce que pense d’ailleurs l’ancien Premier ministre rwandais lorsqu’il lance dans un tweet du 26 décembre : « il est temps que les jeunes Congolais de l’intérieur et de l’extérieur se mobilisent pour sauver leur beau pays du néocolonialisme ». Il connaît votre bourreau, il l’a côtoyé de près et vous invite au combat pas à la résignation.
 
Bonne année au peuple Congolais qui, en cette période trouble et pleine d’incertitudes, doit continuer à chanter « indépendance Tcha Tcha » pour signifier qu’il comprend le sens du retour d’Azarias Ruberwa au premier plan et les prolongations non constitutionnelles de Joseph après la défaite des Clinton aux USA. Seuls les aveugles ne voient pas et seuls les sourds n’entendent pas. Si l’on décide d’être à la fois sourd, aveugle et muet, par dessus tout, il est préférable de quitter Kinshasa et de s’exiler au Rwanda, on y sera bien reçu.
 
Charles Onana

Lu pour vous : L’église catholique refuse toute forme de révision constitutionnelle

4 Juil
PROTEGEONS NOTRE  NATION
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Pour un processus électoral apaisé et porteur d’un avenir meilleur
 

Message de la 51ème Assemblée Plénière des Evêques membres de la  Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO).

1.    A l’ occasion du 54ème anniversaire de l’indépendance de notre pays la RD Congo, Nous, Cardinal, Archevêques et Evêques, membres de la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO), réunis en session ordinaire de l’Assemblée plénière du 23 au 27 juin 2014 à Kinshasa, adressons un message de paix et d’espérance au Peuple congolais. Cet anniversaire qui intervient au moment où le processus électoral 2013-2016 est lancé, nous offre l’occasion de rappeler à tous, le devoir sacré de protéger la Nation et de sauvegarder la paix acquise au prix de mille sacrifices.

2.    Protéger la Nation , c’est, comme l’ont rêvé les pères de l’indépendance, travailler à bâtir un Congo plus beau qu’avant et assurer sa grandeur. La République est un patrimoine qu’on ne peut se permettre de léguer de manière quelconque aux générations futures[1]. A cet effet, nous saluons tous les efforts de reconstruction de notre pays entrepris par le Gouvernement de la République, notamment, la maîtrise de l’inflation, l’augmentation du taux de croissance, l’assainissement du climat des affaires. Il en est de même de l’amélioration des infrastructures, en particulier la construction des écoles, des routes et l’équipement des hôpitaux. Le chemin est encore long et les efforts doivent être poursuivis pour une effective amélioration des conditions de vie de la population congolaise.

3.    Protéger la Nation, c’est  travailler à ramener la paix dans le pays. A ce sujet, nous observons une dynamique positive pour stabiliser le pays. Grâce à la vaillance de nos Forces Armées et à l’appui de la Brigade d’intervention de la MONUSCO, des progrès sont enregistrés dans la lutte contre les groupes armés, mais beaucoup reste encore à faire pour garantir la sécurité des personnes et de leurs biens sur toute l’étendue du territoire national. Nous rendons hommage à ceux qui ont versé leur sang pour la patrie.

4.    Protéger la Nation , c’est  défendre et promouvoir les droits, la dignité et le bien-être de tous les Congolais contre les maux qui détruisent l’homme créé à l’image et à la ressemblance de Dieu[2]. C’est pour cela que nous exprimons notre compassion à l’égard de nos compatriotes expulsés du Congo Brazzaville. En même temps, nous disons notre indignation sur la manière dont ces expulsions ont été conduites et sur les conditions précaires de vie de ces compatriotes.

5.    Protéger la Nation , c’est valoriser nos ressources naturelles et ne pas les aliéner sans contrepartie équitable par égoïsme ou dans le but d’accéder ou de conserver le pouvoir.

6.    Protéger la Nation , c’est consolider la démocratie par l’organisation des élections libres, crédibles et transparentes. Nous savons que la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) s’emploie à relever ce grand défi et nous l’encourageons à sauvegarder son indépendance et à demeurer dans l’impartialité, la transparence et le respect des prérogatives à lui imparties par la Loi. En effet, c’est à travers les élections que le Peuple congolais est appelé à exercer dans la liberté et avec un discernement requis son droit de choisir ses gouvernants à tous les échelons et ses représentants dans les Assemblées provinciales et dans les deux chambres du Parlement. De ce fait, nous désapprouvons tout mode de scrutin qui priverait le souverain primaire de son droit de désigner ses gouvernants et de participer directement à la gestion de la cité. Comme nous l’avons dit dans notre Communiqué de presse à l’issue de notre Comité permanent de février 2014, nous soutenons les élections des députés provinciaux et même des maires et des bourgmestres par mode de scrutin direct[3].

7.    Protéger la Nation , c’est respecter la Loi fondamentale qui constitue le socle de la nation. C’est pourquoi, nous ne nous lasserons pas de rappeler au peuple congolais et à nos gouvernants la position de la CENCO contenue dans le Mémorandum adressé au Chef de l’Etat au sujet de la non modification de la Constitution, en particulier en ses articles verrouillés qui échappent à toute révision[4]. Tel est le cas de l’article 220 qui stipule :

 

« La forme républicaine de l’Etat, le principe du suffrage universel, la forme représentative du Gouvernement, le nombre et la durée des mandats du Président de la République, l’indépendance du pouvoir judiciaire, le pluralisme politique et syndical ne peuvent faire l’objet d’aucune révision constitutionnelle » .

 

Nous désapprouvons également toute sorte d’initiative qui, sans modifier directement l’Article 220, viserait à le vider de son contenu essentiel.

8.    Il est important que les acteurs politiques ainsi que toute la population congolaise comprennent l’enjeu majeur de cette disposition constitutionnelle, fruit d’un large  consensus, pour assurer la stabilité du pays. Cette disposition constitutionnelle traduit et protège les options fondamentales relatives : à la nature de l’Etat congolais qui est une République et non une Monarchie ; à la forme de l’Etat Congolais ;  à la nature de la démocratie congolaise qui demeure une démocratie représentative et fondée sur le suffrage universel ; à la nature du pouvoir politique en RD Congo[5]. Ce pouvoir ne peut être ni personnalisé, ni absolu et non redevable devant personne c’est-à-dire autocratique et dictatorial. Ces options fondamentales sont également relatives :au pluralisme politique et à l’alternance démocratique au pouvoir garantie par l’irréductibilité des droits et libertés de la personne humaine ainsi que la limitation de la durée du mandat présidentiel à 5 ans renouvelable une seule fois ; à l’indépendance de la justice,  condition sine qua non de l’instauration de l’Etat de droit et de la lutte contre l’impunité[6].

9.    Comme l’affirme l’exposé des motifs de la Constitution elle-même,  ces options fondamentales sont le produit de l’histoire de la RD Congo et des expériences politiques malheureuses de la 1ère et de la 2ème Républiques. Elles ont pour finalité non seulement de mettre fin à la crise de légitimité des institutions et de leurs animateurs ainsi qu’aux guerres civiles qui ont jalonné le parcours de la RD Congo depuis son indépendance, le 30 juin 1960, mais aussi de donner au pays toutes les chances de se reconstruire sur des bases nouvelles et solides.

10.                     Faut-il le rappeler, ces options sont par ailleurs la somme des acquis inaliénables de la lutte par étapes successives du Peuple congolais pour l’indépendance, la liberté et, de manière générale, la démocratie.

11.                     Pour toutes ces raisons, le Constituant les a rendus intangibles à l’article 220 afin de les « préserver contre les aléas de la vie politique et les révisions intempestives »[7] . Dès lors, chercher à violer ces dispositions, serait un dangereux précèdent sur le long chemin de la paix, de la cohésion nationale et une voie ouverte au règne de l’arbitraire.

12.                      Considérant les responsabilités qui sont les nôtres dans cette société, nous lançons un appel pressant à toute la classe politique pour ne pas remettre en cause ce compromis fondateur de l’Etat congolais actuel.  Le Peuple congolais ne doit pas être pris en otage par des pratiques politiciennes qui sacrifient l’intérêt supérieur de la Nation.

 

Pour un avenir meilleur de la Nation, l’Eglise catholique utilisera des moyens appropriés pour sensibiliser la population sur l’importance capitale de cet article verrouillé et défendra les options fondamentales qui sauvegardent notre jeune démocratie  et la stabilité du pays.

13.                      Pour un processus électoral apaisé et porteur d’avenir meilleur, l’Assemblée Plénière de la CENCO invite les acteurs politiques congolais et toutes les parties prenantes au processus électoral à s’appliquer avant tout à la réalisation d’un consensus aussi large que possible.

14.                     Aussi pour contribuer efficacement à la consolidation de la gouvernance démocratique et à l’assainissement de l’environnement électoral en RD Congo, la CENCO recommande :

1° Au Gouvernement de la République

– De garantir aux parties prenantes un environnement électoral serein et harmonieux ;

– De redoubler d’efforts dans la mobilisation des ressources matérielles et financières afin de garantir la tenue effective des élections dans le respect du délai constitutionnel ;

2° Au Parlement

– De s’abstenir de voter des modifications constitutionnelles susceptibles de rompre un vouloir-vivre collectif et des valeurs fondamentales acceptées par l’ensemble du peuple ;

– De veiller en tant qu’autorité budgétaire à la dotation par le gouvernement des moyens nécessaires à une bonne organisation des scrutins électoraux ;

– D’élaborer des lois nécessaires au processus électoral dont la loi portant répartition  des sièges aux différentes élections des organes délibérants ;

 

3° Aux Partis politiques

– D’amener leurs membres à s’imprégner et à respecter les lois essentielles au processus électoral et de s’atteler à l’éducation civique et électorale de leurs militants ;

– D’organiser, à temps, l’observation par leurs témoins, des opérations pré-électorales, électorales et post-électorales ;

– De promouvoir la culture démocratique et le « leadership éthique » en privilégiant la construction d’un ordre social juste et la gestion communautaire du « bien-vivre-ensemble » ;

– De faire du débat politique un débat d’idées et non un lieu d’attaques des personnes sur  des  considérations ethniques ;

 

4° A la CENI

– De s’acquitter avec conscience et honorabilité de la mission qui lui a été confiée par la République  afin de mériter la confiance du peuple ;

– De poursuivre le dialogue avec toutes les parties prenantes pour  garantir l’organisation en toute indépendance, neutralité et impartialité, des scrutins libres, démocratiques, crédibles et transparentes ;

– De respecter les exigences du cycle électoral, les lois et réglementations essentielles au processus électoral ;

 

5° Aux Organisations de la Société civile

– De contribuer à la vulgarisation des textes légaux, à l’éducation et à l’observation électorales ;

– De mobiliser les électeurs et les électrices congolais à chaque étape du processus électoral.

 

6° A la Population congolaise

– De faire preuve de vigilance pour s’opposer par tous les moyens légaux et pacifiques à toute tentative de modification des articles verrouillés ;

– D’interpeller leurs élus en leur demandant de dire leur claire option en ce qui concerne la question constitutionnelle ;

– A nos fidèles catholiques en particulier, de se rappeler que, comme « sel de la terre et lumière du monde »[8],ils ont une grave responsabilité de participer activement au processus électoral et de s’engager pour sa réussite ;

7° Aux Partenaires de la RD Congo

De s’impliquer davantage dans l’appui financier, la logistique et l’accompagnement du processus électoral pour soutenir le Gouvernement congolais dans l’organisation des élections libres, démocratiques et transparentes ;

 

 8° Aux Ecclésiastiques en RD Congo

– D’accompagner la population congolaise dans la réussite du processus électoral ;

– De ne faire allégeance à aucun parti politique et, comme nous l’avons déjà dit, « de ne pas participer activement aux partis politiques et associations à caractère politique, ainsi qu’à la direction des institutions étatiques, quel qu’en soit le niveau, chargées d’organiser les élections »[9].

 

Notre engagement

15. Redisant notre ferme volonté d’apporter notre contribution pour protéger la Nation et travailler au bien-être intégral de la population congolaise, nous accompagnerons ce processus électoral par l’éducation civique et électorale. Nous organiserons à cet effet, des moments de prière dans tous les diocèses de notre pays. Nous veillerons à sauvegarder la liberté de l’Eglise en évitant toute forme de récupération.

16. Nous souhaitons que la célébration du 54ème anniversaire de l’indépendance de notre pays apporte à tous un sursaut  patriotique et un réel engagement pour réussir le pari de bâtir un pays plus beau qu’avant et d’assurer la grandeur de la RD Congo.

17. Nous confions la réussite du processus électoral à l’intercession de la Vierge Marie et de la Bienheureuse Marie Clémentine Anuarite en cette année du 50ème anniversaire de son martyre. Que Dieu prenne en grâce notre peuple  et bénisse notre pays[10].

Fait à Kinshasa, le 27 juin 2014


[1]Cf. CENCO,  « Il est temps de nous réveiller » (Rm 13,11b) Message de la Conférence Episcopale Nationale du Congo aux fidèles catholiques et aux hommes de bonne volonté à l’occasion du 48ème anniversaire de l’indépendance, Kinshasa, Editions du Secrétariat Général de la CENCO 2009, n° 15.

[2]Cf. Gn 1,26.

[3]Cf. Communiqué du Comité permanent  de la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO) sur le cycle électoral2013-2016, 28 février 2014. n° 8.

[4]
Cf. Mémorandum du Comité permanent de la Conférence Episcopale Nationale du Congo au Président de la République sur l’état actuel de la Nation, le 22 février 2014, n° 18.

[5]
Cf. Constitution de la République Démocratique du Congo, Exposé des motifs de la Constitution du 18 février 2006, dansJournal Officiel de la République Démocratique du Congo, 52eme Année, Kinshasa, 5 février 2011, p.82.

[6]
Ibidem.

[7]
Ibidem. 

[8]
Mt 5,13.14.

[9]
CENCO, « Année électorale : Que devons-nous faire ? » (Ac 2,37). Exhortation du Comité permanent de la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO) aux fidèles catholiques, aux hommes et aux femmes de bonne volonté, Editions du Secrétariat Général de la CENCO, 2011, n° 21.

[10]
Cf. Ps 66, 2.
Publié Mardi, le 01 Juillet 2014, par Abbé Jean Marie B .
RDC : l’église catholique demande à Kabila de partir en 2016
Olivier Ribouis
La Nouvelle Tribune, 2 juillet 2014
«Protégeons notre nation». C’est l’invitation que la conférence épiscopale congolaise a, par une déclaration du même nom, adressé à tous les Congolais de la République démocratique du Congo en marge de la célébration du 54ème anniversaire de l’indépendance du pays.
Une invitation qui s’adresse particulièrement au président de la Rdc, Joseph Kabila dont le dernier mandat constitutionnel arrive à terme en 2016. A cet effet, disent les évêques de la conférence épiscopale du Congo, « Protéger la nation, c’est respecter la loi fondamentale, le socle de la Nation ». Ceci, relativement à l’article 220 limitant le nombre de mandats présidentiels, dont la modification est en vue pour permettre au président Joseph Kabila de se représenter à la prochaine élection pour laquelle il n’est plus éligible pour l’instant.
« Nous désapprouvons également toute sorte d’initiative qui, sans modifier directement l’Article 220, viserait à le vider de son contenu essentiel » ont affirmé les évêques soucieux de l’avenir du pays.
L’article 220 en question, selon la conférence épiscopale, affirme que « la nature de l’état congolais qui est une république et non une monarchie. » Dans sa déclaration, l’église catholique en Rdc, a aussi indiqué clairement qu’elle se met dans la bataille de la sensibilisation des Congolais afin de faire barrière à toute tentative de révision constitutionnelle. Et son objectif, c’est que de réussir à empêcher les pratiques politiciennes qui sacrifient l’intérêt supérieur de la Nation de prendre le peuple congolais en otage.