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Lu pour vous « RDC : ‘Qu’on le veuille ou non, on arrivera à la confrontation’ « 

15 Sep

RDC: « Qu’on le veuille ou non, on arrivera à la confrontation »

RDC: « Qu’on le veuille ou non, on arrivera à la confrontation »

 Entretien: Marie-France Cros
Alors que le dernier mandat constitutionnel du président Joseph Kabila est venu à échéance en décembre dernier, l’Accord de la Saint-Sylvestre, le 31 décembre 2016, le prolongeait d’un an, à certaines conditions: partage du pouvoir avec l’opposition et organisation des élections pour décembre 2017. Or, il a tenu l’opposition à l’écart et tous les signaux émis par le pouvoir indiquent que les scrutins n’auront pas lieu. Où va la République démocratique du Congo? Pour le comprendre, La Libre Afrique a interviewé le politologue Jean Omasombo, professeur à l’Université de Kinshasa et chercheur au Musée royal d’Afrique centrale de Tervueren.
Les élections n’auront pas lieu cette année. Vers quoi se dirige-t-on?
Le recours aux évêques catholiques survenu il y a un an, qui a débouché in extremis sur l’Accord de la Saint-Sylvestre, favorisait déjà Kabila, avec lequel on se résignait à négocier et à qui – plus grave – on laissait beaucoup d’espaces de pouvoir. Il est allé ainsi au-delà de son mandat. Et il tient à le prolonger tant qu’il pourra. Il n’organisera jamais les élections qui signeront sa fin. Le recensement en cours est destiné à distraire l’opinion. On n’aura les élections qu’après le départ de Kabila, à moins qu’il parvienne à changer la constitution. C’est à ça qu’il travaille.
Qu’est-ce qui permet de croire qu’un départ de Kabila est possible?
Kabila quittera le pouvoir comme il y est arrivé, suite à un coup du hasard, l’assassinat de son père. Aujourd’hui, comme Mobutu, le président Kabila est un homme “pourri”, une autorité déconnectée du pays. Sa survie tient à la structure militaire et sécuritaire qu’il a installée pour casser toute révolte. Comme Mobutu, qui avait sa garde, la DSP, à laquelle s’ajouteront les “hiboux” tueurs, des unités spécialisées dans la contre-manifestation de rue. Mais à la différence de Mobutu, qui a compté sur ses frères de la province de l’Equateur, Kabila n’a plus l’illusion de pouvoir s’appuyer sur le Katanga.
Kabila n’a pas de groupe autour de lui, seulement des individus disparates. Politiquement, c’est un mourant; il est condamné. Mais il veut survivre, alors il fait venir à son chevet “médecins”, “sorciers”, “guérisseurs” pour empêcher sa mort. Mais, qu’on le veuille ou non, on arrivera, à un moment, à la confrontation.
Certains évoquent un “troisième Dialogue” pour sortir de l’impasse…
Malgré les échecs passés, l’idée de voir organiser un référendum pour modifier la Constitution n’a jamais quitté le camp Kabila. Mais là, il s’agit d’un point non négociable pour l’opinion congolaise. Quel que soit son contenu, un nouveau dialogue affaiblirait davantage les chances d’arriver à une issue légitime. On détruirait davantage la force de la Constitution. Au Congo, l’idée d’un dialogue évoque une ouverture sans fin. On l’a vu avec la sécession katangaise en juillet 1960: son leader Moïse Tshombe revoyait sans cesse ses exigences une fois celles-ci obtenues; cela a duré deux ans et demi pour résoudre finalement la sécession après deux semaines de combats. On l’a revu avec Mobutu qui, d’ouverture au multipartisme (1990) en négociation sans fin, s’est maintenu encore sept années, avant d’être “dégagé” en sept mois par la rébellion AFDL. Joseph Kabila est au pouvoir depuis 16 ans sans qu’il ne parvienne à stabiliser le pays. Cela ne l’empêche pas de s’accrocher au pouvoir, quitte à détruire les maigres acquis – dont cette Constitution qu’il a déclarée inviolable. On voit rééditer la prédiction de Mobutu : il organise le chaos.
Dans quelle partie du pays trouve-t-il encore des soutiens?
Début 2011, lors du congrès des Balubakat à Kamina, ses frères ethniques l’ont admonesté pour manque de développement de leur région; aujourd’hui, il a perdu cette base qui l’avait pourtant porté aux élections de novembre 2011 en espérant voir, cette fois, des résultats concrets. Kabila s’est contenté de distribuer des postes de pouvoir à quelques frères d’ethnie. Dès lors, le rejet s’est implanté. Des foyers de troubles éclatent dans des régions réputées stables. Des révoltes sévissent au Kasaï depuis fin 2016; une forte agitation sévit chez les Nandes au Kivu; des Twas se soulèvent contre les Lubakats. Il y a quelques jours, un camion d’armes a été intercepté à Lubumbashi, etc. Toutes ces tensions sont exacerbées par la crise économique. Avec Kabila, aucun progrès ne semble plus possible pour le pays: soit on stagne, soit on s’enfonce.
L’opposition ne semble pas assez forte pour imposer une solution. Peut-on éviter une longue agonie du régime, qui serait catastrophique pour le Congo?
On a déjà consommé une année, avec la rallonge octroyée à Joseph Kabila par l’Accord de la Saint-Sylvestre, obtenu sous l’égide des évêques catholiques. Mais, contrairement à ce qui s’est passé sous Mobutu, il y a maintenant un élément qui bloque le chef de l’Etat: la Constitution. Kabila compte sur sa Garde républicaine, une armée dans l’armée. On va vers une explosion pour faire partir Kabila, avant la mise en place d’autres structures. C’est Kabila qui est responsable du blocage, à cause de sa détermination à garder le pouvoir coûte que coûte. Dès qu’on visera à le sortir du champ du pouvoir, la situation s’éclaircira.
Mais rien n’unit l’opposition, hormis le rejet de Kabila.
Comme du côté Kabila, l’opposition est constituée d’individus qui veulent le pouvoir et l’argent. Sa présence est nécessaire mais la solution ne viendra pas de ses membres. C’est le mal du Congo: le chef dit “j’y suis, j’y reste”. Ce n’est pas l’idéologie qui a uni l’UDPS, c’est l’aura d’Etienne Tshisekedi. L’opposition ne tient aujourd’hui que sur le rejet de Kabila. Et encore ! Mais c’est parce qu’à chaque fois les élections sont confisquées par le régime en place, alors qu’elles seules ont la capacité de renouveler la représentation politique. Faute d’élections régulières, les acteurs deviennent assujettis à l’individu Président qui tient l’Etat. Une longue agonie du régime Kabila équivaudrait à faire de la Monusco une institution permanente. L’opinion congolaise croit que la communauté internationale constitue une partie du problème du pays.
Alors comment débloquer la marche du pays, enlisé?
Le scrutin dont le pays a besoin de toute urgence, c’est celui pour la Présidence qui, comme en 2006, débloquerait les autres élections. Mais Kabila ne veut pas: il ne va pas organiser son enterrement!
Comment sort-on du cercle vicieux?
Les scrutins de 2006 et la Constitution actuelle – obtenus après 16 ans de transition! – ont été très importants. Il faut se battre sur les principes. On avait le cadre, Kabila l’a détruit. La faute de la communauté internationale et des évêques qui ont donné leur onction à l’Accord de la Saint-Sylvestre est de n’avoir pas tenu Joseph Kabila pour responsable de l’absence d’élections. Il ne fallait pas lui permettre de rester; on voyait depuis 2013 qu’il voulait se prolonger au pouvoir.
Peut-être parce que tout le monde craignait une conflagration…
On n’a fait que la reporter. En attendant, on enracine le mal.

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Ils se disent « intellectuels » mais ils sont incapables de respecter la Constitution

10 Juil

Ils se disent « intellectuels » mais ils sont incapables de respecter la Constitution

Certains « intellectuels » congolais, qui ont inscrit leur vie dans la logique de la politique du ventre (lire Jean-François Bayart, « L’Etat en Afrique : la politique du ventre », Fayard 1989 et « La politique par le bas en Afrique noire », Karthala, 2008), sont incapables de faire une lecture correcte de la Constitution parce qu’ils excellent dans le culte de la personnalité. Tout ce qu’ils font et écrivent se limite à « la politique du ventre ». Ils ne se projettent jamais dans le futur mais passent leur temps à dénigrer l’opposition parce qu’ils pensent que c’est la meilleure façon d’assurer des lendemains qui chantent à leur régime. Erreur !, c’est par l’observation des textes légaux qu’un régime se fait respecter.

Ils nous disent qu’ils ne peuvent pas organiser les élections à cause de la situation dans le Kasaï alors qu’ils disaient en 2016 que le pays manquait d’argent pour les élections.

Nous savions depuis longtemps que les élections ne seront pas organisées en 2016 et en 2017 car nous l’avons dit en 2015 dans notre livre collectif Fweley Diangitukwa (sous la direction de) « Les Congolais rejettent le régime de Kabila », éditions Monde Nouveau/Afrique Nouvelle, 2015. Tout le monde sait que les massacres dans le Grand Kasaï n’est qu’un prétexte pour justifier la volonté de ne pas organiser les élections afin de s’enrichir davantage en tirant en longueur la présence des décideurs au pouvoir et des organisateurs de la CENI en charge des élections, face à un peuple démuni et sans défense.

Ils sont au pouvoir depuis 2011 et ils ne cessent de radoter car ils croient qu’ils ont à faire à un peuple crédule. Ils se mettent à réunir des arguments pour justifier leur incapacité à respecter ce que dit la Constitution (article 220). Et ils ont le culot de se dire « intellectuels ». Ils font pitié ! Demain, le peuple les regardera droit dans les yeux. C’est alors qu’ils comprendront leur tort. La roue de l’histoire tourne. Personne n’est capable de l’arrêter.

 

Fweley Diangitukwa

http://www.fweley.wordpress.com

Congolais : que pouvons-nous apprendre de la dernière élection présidentielle en Afghanistan ?

26 Juin

 

Congolais : que pouvons-nous apprendre de la dernière élection présidentielle en Afghanistan ?

Par Fweley Diangitukwa, le 25 juin 2014

Je suis revenu hier d’Afghanistan où je suis resté pendant deux mois pleins, c’est-à-dire du 24 avril au 24 juin. Pendant mon séjour académique, j’ai eu le privilège d’observer, en homme averti, le comportement politique des Afghans. J’avoue ouvertement que j’ai eu beaucoup d’admiration pour ce peuple qui fait preuve d’une grande maturité malgré la situation de guerre et de pauvreté qui perturbe sa vie quotidienne.

Plusieurs compatriotes ont eu à comparer le processus électoral dans le monde en le mettant en parallèle avec le cas congolais qui nous intéresse au premier chef. Dans la plupart des cas, les comparaisons étaient malheureuses parce qu’elles étaient prises dans des cas différents au lieu qu’elles se fassent dans des cas similaires. La dernière élection présidentielle en Afghanistan est, à mon avis, le cas de comparaison qui est le plus approprié parce qu’elle ressemble mieux au cas congolaise, et c’est pour plusieurs raisons.

Le pays du commandant Massoud est pauvre, comme la RD Congo, souvent classé en dernière place dans les différents classements internationaux en matière des droits humains, d’indice de développement humain (IDH), etc. Comme la RDC et plus que la RD Congo, l’Afghanistan a connu la guerre pendant plus de trente ans et il est encore en guerre, avec une présence massive des soldats étrangers. C’est un pays divisé entre tribus (ethnies) et entre provinces, entre la RD Congo.

Après la chute des talibans, à la fin de 2001, le président Hamid Karzaï a été porté au pouvoir par la communauté internationale qui l’a ensuite soutenu par l’envoi des soldats étrangers dans le pays. De la même façon, après l’assassinat de Laurent-Désiré à Kabila, le jeune président Joseph Kabila Kabange a été porté au pourvoir par la communauté internationale qui l’a ensuite soutenu par l’envoi des soldats de l’ONU dans le pays. En 2006, des soldats de l’Union européenne ont été envoyés au Congo pour assurer la sécurité pendant l’élection présidentielle. Dans le cas afghan comme dans le cas du Congo-Kinshasa, le gouvernement ne pouvait fonctionner sans le soutien extérieur et l’aide financière extérieur. Tous ces éléments permettent une comparaison facile et crédible.

Contrairement aux Congolais qui restent complaisants en matière de démocratie et de gouvernance et qui parlent plus qu’ils n’agissent, les Afghans mènent la transition vers la démocratie avec un degré de responsabilité qui force l’admiration. La Constitution afghan prévoit une élection présidentielle à deux tours et, malgré la pauvreté du pays, les Afghans ont maintenu les deux tours en conformité avec la Constitution. Le premier tour de l’élection présidentielle afghane s’est déroulé le 5 avril 2014 ; le second tour a eu lieu le 14 juin. La Constitution afghane prévoit deux mandats présidentiels qui ont été respectés par le président Hamid Karzai. Celui-ci n’a pas été éligible du fait de la limitation du nombre des mandats et il n’a pas eu l’idée de réviser la Constitution pour se maintenir au pouvoir. Il faut dire qu’à chaque fois que celui-ci se trouvait un dauphin pour lui succéder, les Afghans faisaient un vide autour de lui en éliminant physiquement le favori. À la veille de l’élection, le président Hamid Karzai a trouvé un homme pour lui succéder. Il a tenté de « vendre » cet homme en utilisant quelques subterfuges, mais les Afghans ont refusé de tomber dans le piège. Zalmaï Rassoul, un proche du président Hamid Karzaï, considéré comme le candidat du pouvoir sortant, n’a obtenu que 11,5 % lors du premier tour, selon les résultats diffusés par la Commission électorale indépendante qui n’a subi aucune influence du pouvoir en place parce que le candidat du chef de l’État en exercice a été battu dès le premier tour. Deux hommes sont donc restés en lice parmi ceux qui peuvent mieux représenter l’avenir du pays et assurer son développement : l’ex-chef de la diplomatie, Dr Abdullah Abdullah (médecin), 53 ans, ancien porte-parole du commandant Massoud, arrivé largement en tête du premier tour, avec 44,9 % des suffrages exprimés et Dr Ashraf Ghani, un économiste de 65 ans et ex-cadre de la Banque mondiale, avec 31,6 % des voix. Ce sont ces deux hommes, progressistes et modérés, Afghans de souche, qui se sont affrontés au second tour du scrutin. Ils se sont engagés à lutter contre la corruption endémique et ont promis d’assurer le développement économique de leur pays dépendant de l’aide internationale (comme la RD Congo).

Le président Hamid Karzaï a beaucoup contribué à ramener la paix, il s’est investi pour ouvrir l’Afghanistan au monde et s’est efforcé de rendre la ville propre, malgré le maque de moyens financiers. Tous ces points positifs n’ont pas été évoqués pour trouver les raisons suffisantes qui justifieraient son maintien au pouvoir par l’ouverture d’un troisième mandant qui aurait débuté par la révision de la Constitution, comme d’autres chefs d’État folkloriques le font dans certaines Républiques bananières. Les Afghans ont tenu à respecter la Constitution et ont montré qu’il existe dans le pays d’autres nationalistes qui sont compétents et capables de poursuivre l’œuvre commencée par le président Karzaï. Ils ont surtout compris que le développement commence par le respect des textes juridiques et par l’alternance au pouvoir, car le pays n’appartient ni à un individu, ni à un réseau, ni à un groupe ethnique ni encore aux hommes d’une province mais au peuple tout entier. Ils respectent ainsi le sacro saint principe du pouvoir du peuple par le peuple et pour le peuple (président Lincoln).

Lors de la dernière élection présidentielle, ils ont montré que leurs forces militaires sont capables d’assurer la sécurité du pays. Un important dispositif de sécurité avait été mis en place dans les rues de la capitale, quadrillées par des forces afghanes déterminées à déjouer toute tentative d’attaque. Au total, quelque 400 000 soldats et policiers avaient été déployés dans tout le pays.

Le scrutin de juin marque définitivement la fin de l’ère Karzaï, au pouvoir depuis 2001. Il est le seul homme à avoir dirigé l’Afghanistan depuis la fin du régime taliban. Il va quitter le pouvoir parce que la Constitution lui interdit de briguer un troisième mandat.

Les votes du second tour sont en cours de dépouillement à Kaboul. Des résultats préliminaires doivent être annoncés le 2 juillet et les résultats définitifs le 22 juillet. En tout cas, les Afghans, dans leur ensemble, montrent plus de maturité politique que les Congolais. Non seulement ils ont maintenu l’élection présidentielle à deux tours malgré le manque de moyens financiers, mais en plus, ils ont refusé une réforme de la Constitution pour ne pas ouvrir la voie à un troisième mandat au président sortant.

Pour la première fois dans l’histoire de l’Afghanistan, le pouvoir sera transféré démocratiquement à un autre chef d’État. Ce pays pourra ainsi consolider progressivement la voie vers la paix et la stabilité. Un tel chemin commence par une sérieuse prise de conscience de la part des élites dans le pays.

Le cas afghan peut-il servir d’exemple ou de leçon aux Congolais ?

Pour rappel :

Le programme des Nations unies pour le développement (PNUD) a publié, le rapport sur l’indice du développement humain (IDH/2011).

Ce rapport classe la RDC en dernière position sur 187 pays examinés.

L’indice du développement humain se base sur l’espérance de vie, le niveau d’éducation dont le taux d’alphabétisation et le taux brut de scolarisation et le niveau de vie.

2001 : RDC 142e sur 162 pays évalués
2002 : RDC 155e sur 173 pays évalués
2003 : RDC 167e sur 175 pays évalués
2004 : RDC 168e sur 177 pays évalués
2005 : RDC 167e sur 177 pays évalués
2006 : RDC 167e sur 177 pays évalués
2007/08 : RDC 168e sur 177 pays évalués
2009 : 176e sur 177 pays évalués
2010 : 168e sur 169 pays évalué
2011 : 187eme SUR 187 PAYS ÉVALUÉS (derrière Haïti, l’Iraq et l’Afghanistan)

En réalité, la RDC n’est pas un pays pauvre mais mal géré. Rappelons par exemple que le potentiel du secteur minier de la RDC est estimé à 24.000 milliards USD (source : “Congo the curse of coltan” New Afican Magazine, 2010).
Avec 80 millions d’hectares de terres arables, la RDC pourrait nourrir 2 milliards d’habitants (source : Food and Agriculture Organisation des Nations unies – 2008) »

Fweley Diangitukwa

http://www.fweley.wordpress.com

 

Monsieur Pierre Lutumba,

En cas de doute persistant, la sagesse indique de ne pas se précipiter mais de bien réfléchir pour choisir la bonne décision et la bonne voie à suivre.
Contrairement aux fraudes électorales de 2011 en RDC où la CENI a préféré détruire une grande partie de votes des électeurs, où le chef d’Etat sortant à préférer s’autoproclamer en organisant sa « fête » loin des électeurs qui l’auraient élu plongeant ainsi le pays dans une impasse totale puis, devant l’impossibilité de gouverner le pays par défi, il s’est lancé dans la recherche d’une solution à travers les concertations nationales – solution qui tarde à venir –, l’Afghanistan a choisi la voie de la sagesse et de la patience. Le pays a procédé au re-comptage des voix pour avoir la certitude de la personne qui a réellement gagné. Les Afghans négocient maintenant âprement pour trouver la solution qui évitera une nouvelle guerre au pays. Le gagnant va-t-il gouverner seul ou proposer quelques postes au perdant ?
Entre la précipitation de la RDC qui a abouti à l’impasse et la sagesse du peuple afghan, quelle est la bonne solution ? Je repose la question : qu’est-ce que la RDC peut apprendre du cas afghan ?
J’ai eu la chance de rencontrer Monsieur Ashrat Ghani à deux reprises. Je présume qu’il sera le prochain chef d’Etat du peuple afghan. Il est très posé. Il a été professeur d’université et fonctionnaire international, ancien directeur de la Banque mondiale. Il est âgé et sage. Cela est un atout pour gouverner un Etat. Notre monde a besoin de leaders sages qui savent mesurer le degré de leurs responsabilités et prendre le recul nécessaire avant d’agir.
Mon article n’a pas été une appréciation précipitée comme vous le dites mais plutôt une appréciation réfléchie. Le long terme nous donnera la réponse sur les choix des uns et des autres.
Rappelez-vous que mon article est une question et non une proposition pour la RDC qui a déjà gâché son avenir immédiat à cause de la précipitation et de l’égoïsme.
Je vous salue patriotiquement.
Fweley Diangitukwa