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Les propos de Riccardo Petrella sur les guerres occidentales dans les pays pauvres

13 Déc

L’Italien Riccardo Petrella, professeur à l’Université de Louvain, a déclaré ce qui suit pour expliquer les guerres occidentales dans les pays pauvres :

« Nous (Occidentaux), on est riches parce que nous sommes en train d’appauvrir l’Afrique de nouveau, l’Amérique latine et l’Asie. Nous sommes, nous, responsables de ces millions de morts […] Les Guerres qu’on est en train de faire, c’est quoi ? Ce n’est pas parce qu’ils nous ont attaqués ? Qui ? Quand Sarkozy a bombardé la Libye, aucun Libyen n’avait attaqué la France. Quand les Américains ont bombardé Bagdad ou l’Irak, parce que c’était l’ennemi du mal. Et tous ces millions qui sont morts et tous ces millions de réfugiés syriens, irakiens, etc. ! Est-ce que ce sont eux qui l’ont voulu ? Et nous (Européens), on a le courage de dire : « je veux t’aider pour rester chez toi » alors qu’on leur a créé des conditions pour qu’ils fuient (leur pays) et nous on va dire : je donne six milliards à la Turquie, deux milliards aux Libyens pour pouvoir retenir les gens qui viennent d’Afrique où on est en train d’alimenter les guerres. Mais il faut arrêter de raconter des balivernes ici. Il faut arrêter. Et nous sommes en train de créer la guerre […] La guerre ne se fait plus parce qu’on tue l’ennemi. La guerre est devenue, grâce à la technologisation – elle l’était aussi avant – elle est devenue l’activité économique la plus rentable après l’industrie pharmaceutique et l’industrie informatique. On fait la guerre parce que c’est rentable. Et si nous ne changeons pas nos dirigeants […] on fera la guerre […] D’ici quelques années, si vous éliminez la guerre, le PIB mondial chutera, d’après le système dominant. Il ne chutera pas si on est dans un autre système. Au contraire, la disparition de la guerre sera une source de richesse. C’est pour cela que les dominants, à l’heure actuelle, ne veulent pas réduire les armements et les occasions de guerre parce que […] imaginer la France sans la guerre, que serait l’économie de ce pays, imaginer les États-Unis sans la guerre, ce serait un pays pauvre. Donc, aujourd’hui, on est dans une phase où l’on fait la guerre, parce que c’est rentable et vous n’aurait aucun dirigeant actuel du monde qui arrêtera la guerre parce qu’il sera crucifié, parce qu’il sera lapidé du fait qu’il va contre la logique [générale]. La guerre fait augmenter le PIB mondial, la guerre permet la croissance économique (des pays riches). Et on suppose que si on fait la guerre (aux pays pauvres), on augmente la création d’emplois chez nous (en Occident) »[1].

Toutes les guerres que les grandes puissances mènent contre les pays d’Asie et d’Afrique répondent à la même logique d’enrichissement économique rapide et illicite. Là où les pays occidentaux ne peuvent pas eux-mêmes mener directement la guerre pour ne pas perdre leurs propres soldats, ils passent par leurs affidés, comme dans le cas du Congo-Kinshasa où la mission de piller les ressources naturelles a été confiée aux mercenaires rwandais Paul Kagame et ougandais Museveni. Le monde entier sait que les Africains des Grands Lacs entre-tuent à l’Est de la RDC pour défendre les intérêts des grandes puissances et des firmes multinationales impliquées dans le pillage de ce pays mais rien n’est fait pour arrêter cette sale guerre. Même  les Nations unies défendent les intérêts des Occidentaux contre ceux des Congolais. D’une année à l’autre, les atrocités et le nombre de victimes augmentent. Depuis décembre 2016, la RDC est dirigé par un chef d’Etat sans légalité et sans légitimité parce que celui-ci est arrivé à la fin de son mandat, Malgré cela, toutes les Organisations internationales ferment les yeux pour ne pas déplaire aux puissances occidentales qui pillent la RDC.

[1] L’intégralité de cette interview se trouve sur le site « pour écrire la liberté » : https://www.pour.press/trois-questions-a-riccardo-petrella/

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Lu pour vous : CINQ SCENARIOS POLITIQUES AU MATIN DU 1er JANVIER 2018 EN RDC…

5 Oct

CINQ SCENARIOS POLITIQUES AU MATIN DU 1er JANVIER 2018 EN RDC…

Ce samedi 30 septembre 2017 était la date prévue par l’Accord de la Saint Sylvestre pour convoquer officiellement les élections si du moins les congolais voulaient réellement la passation pacifique et démocratique du pouvoir en décembre prochain. Sur le terrain la réalité a été bien différente… Au seuil de ce mois d’octobre 2017, il ne reste plus que trois mois avant l’expiration du délai butoir au-delà duquel le peuple congolais naviguera dans l’illégalité la plus totale, en dehors du cadre constitutionnel et de l’Accord de la Saint Sylvestre, rendant du coup toute institution congolaise illégitime en plus d’être déjà illégale.

En termes clairs, au cas où rien n’est fait selon les dernières prévisions de l’Accord de la dernière chance, celui du 31 décembre 2016, cette étude s’emploiera à explorer anticipativement les différents scénarios que pourra vivre notre peuple dès le 1er janvier de l’année 2018. 

  1. Les élections organisées démocratiquement et un nouveau président pour succéder à J. Kabila. 

Le premier schéma est celui de l’avènement d’un président nouvellement élu conformément aux prescrits de l’Accord de la Saint Sylvestre prévoyant les élections pour avant décembre 2017 prochain. Dans ce cas Kabila, le président sortant, céderait pacifiquement le pouvoir à son successeur qui prendrait les rênes du pays. 

L’on a observé que les tractations de la dernière Assemblée de l’ONU appuyaient ce schéma et ont préconisé la mise sur pied d’un cadre international qui fonctionnerait en appui aux travaux de la CENI. L’organisme américain basé à Washington « Enough Project »  a également proposé le mercredi dernier “un plan pour la conduite d’élections et d’une transition politique conformément à l’accord du 31 décembre et/ou le manifeste récent de la société civile, et où il est admis que Kabila devra quitter ses fonctions avant les élections.”[1] Ce plan prévoit un la nomination d’un médiateur africain idoine et l’implication des groupes des sociétés civiles. 

Toutefois, quand bien même les élections arrivaient à être organisées dans le respect du délai, elles courront immanquablement le risque de se faire dans la grande précipitation. Étant donné qu’il ne reste plus que trois mois sans que l’enrôlement n’ait encore pris fin dans le Kasaï, que  le calendrier ne soit publié et qu’aucun candidat ni aucun programme politique ne soit connu par les électeurs, dans le cas où Kabila acceptera de céder le tablier, le régime de Kinshasa mettra à profit cette précipitation pour pouvoir manœuvrer en vue de placer un élu de la MP très proche de Kabila ou encore un ressortissant du Rassop qui serait en réalité un pion fabriqué de longue date aux fins d’infiltrer l’opposition et de l’asphyxier de l’intérieur lorsque celle-ci cherchera à vouloir imposer une alternative politique. 

Dans un cas comme dans un autre, dans la possibilité d’élection au suffrage universel d’un cadre de la MP ou même d’un de leurs pions du Rassop, un autre danger se pointera à l’horizon : Joseph Kabila, tant qu’il n’est pas mis hors d’état de nuire, agira bel et bien dans l’ombre de ce nouveau pouvoir et pire encore, en gardant mains basses sur tous les leviers de commandement des services de renseignement, des forces militaires et des régies financières à la tête desquels il a placé ses hommes de confiance, il détiendra un immense pouvoir de faire ou de défaire le nouveau magistrat suprême congolais quand bon lui semblera de vouloir réinstaurer son pouvoir avec une nouvelle loi constitutionnelle élaborée à sa guise. 

Avant qu’on y arrive, les congolais sont invités à avoir leurs deux pieds sur terre. Car, malgré l’insistance des uns et des autre Kabila reste vraisemblablement le maître de l’agenda électoral congolais.  Toutes les clefs de solution ou de blocage se trouvent entre ses mains. Et dans sa tête donc, publier le calendrier et organiser des élections équivaudrait à signer son arrêt de mort politique. Voilà pourquoi il a choisi un autre subterfuge de recours à l’art. 220 qui stipule de ne céder le pouvoir qu’à un autre président élu. Sa méthode pour perdurer consistera donc à repousser le plus loin possible l’arrivée de ce nouveau président pour ne pas procéder à la passation du pouvoir. 

Au regard des nombreux facteurs endogènes et exogènes, ce premier scénario est le moins plausible de cinq. Outre l’acharnement de Kabila à s’accrocher au pouvoir, il faut aussi tenir compte des soutiens qu’il reçoit de l’Union Africaine et même des puissances européennes qui nous ont habitués à taper du poing sur la table contre Kabila tout en négociant avec lui en secret.[2] 

C’est suivant cette hypocrisie diplomatique des occidentaux qu’il faut comprendre l’actuelle bataille diplomatique de Kabila via ses émissaires en France, aux USA, en Chine et en Russie pour s’attirer les faveurs de puissants décideurs de ce monde. A ce titre, il est prêt à brader les richesses du pays pour obtenir en échange de garder son pouvoir. Ce n’est donc pas en vain que lors de son séjour aux USA, il a reçu en audience  à huis clos les hommes d’affaires américains, proches de Trump, avec des contrats d’affaire en perspective. 

Ce cas est loin d’être isolé. Les contacts secrets de Frank Paris et Rémi Maréchaux, deux émissaires d’Emmanuel Macron allés rencontrer à Lubumbashi Néhémie Mwilanya et Léonard She Okitundu[3] deux très proches de Kabila puis les récents échanges secrets à Bruxelles des proches collaborateurs de Kabila avec des émissaires du président de la commission européenne et les rumeurs persistantes sur la nomination d’un nouveau premier ministre pour contenter ses partenaires occidentaux, ces trois facteurs mis ensemble doivent mettre un frein à l’immense aspiration béate des congolais à l’exercice de leur droit souverain d’élire un nouveau président. Ce, pour la simple raison que ces faits ci-haut énumérés démontrent que Kabila n’a pas perdu du vent en poupe et que les lobbies euro-américains qui l’ont placé là en 2001 ne sont peut-être pas encore prêts à le lâcher… 

  1. Les élections non organisées et « une transition sans Kabila ». 

Le deuxième schéma est celui dans lequel le peuple congolais atterrit au soir du 31 décembre 2018 sans jamais avoir pu organiser les élections libres et démocratiques. 

C’est le schéma annoncé sans ambages par le Rassemblement de l’opposition à Moussa Faki, le président de la Commission de l’Union Africaine lors de sa visite à Kinshasa le jeudi 28 septembre dernier. En résumé, la délégation du Rassop conduite par Martin Fayulu lui a dit les points ci-après : la démission obligatoire de Kabila de ses fonctions présidentielles avant le 31 décembre 2017, le départ immédiat de Naanga de la CENI ; la dissolution de toutes les institutions à mandat électif et la mise en place d’un gouvernement de transition.[4] 

C’est de cette manière que le Rassop entend mettre en exécution son plan de sauvetage de la Nation  consistant à imposer une transition sans Joseph Kabila pour la simple raison que lui et son exécutif auraient failli à la tâche d’organiser les élections et que pour cette raison, ils auraient perdu toute crédibilité devant l’opinion publique congolaise et devant les partenaires internationaux. 

Si cela se produisait de cette manière, il importera d’envisager deux pistes. 

La première piste verrait le président du Rassop automatiquement investi président de la transition. Ce qui n’ira pas de soi au regard des ambitions démesurées des politiciens congolais et des risques sérieux que les partenaires de cette plate-forme s’empoignent dans une guerre fratricide et intestine portant chacun à vouloir prendre le commande de la transition. Les conséquences collatérales de ce choix, c’est de voir se réveiller les vieux démons de l’opposition congolaise encline à ne jamais porter dans la durée un idéal patriotique commun. C’est en ce moment précis que pourront passer à la contre-attaque, les forces négatives préparées de longue date par Kabila, infiltrées dans le rang de l’opposition et se rendant prêtes à opérer en faveur de leur maître. 

La seconde piste serait d’attribuer la direction de la transition à un homme de la société civile, n’appartenant à aucune famille politique et qui ne nourrit d’aucune ambition politique pour se porter candidat à la magistrature suprême. Ce serait alors l’application du schéma centrafricain avec madame Catherine Samba-Panza qui était tenue de se retirer du pouvoir après la tenue des élections présidentielles. 

Admettons que dans le cas de figure, le choix tombait sur le docteur Denis Mukwege comme le suggèrent beaucoup de stratèges de l’élite intellectuelle congolaise (cfr. Patrick Mbeko) ou de nombreux dirigeants de l’Union européenne ou différentes ONGS nationales et internationales. 

Cet homme jugé intègre et œuvrant au milieu d’un peuple traumatisé dont il panse les plaies et « répare » les femmes violées, s’avère du reste un acteur crédible de la société civile congolaise qui de surplus bénéficie de l’appui de grands de ce monde. Un facteur important qui le rend capable de recueillir l’adhésion tant nationale qu’internationale tout comme un atout de taille pour pouvoir rassembler des moyens financiers suffisants pour la gestion économique du scrutin électoral. De par son expertise, son expérience de terrain et sa maîtrise de la roublardise des rwandais voisins dont il sait contourner les pièges, Denis Mukwege donne mieux que tout autre congolais, toutes les garanties de réussite de la noble et grande mission de la transition qui pourra lui être impartie en vue de porter le Congo de Lumumba vers un État de droit. 

J’attire cependant l’attention des congolaises et des congolais sur le fait que le docteur Denis Mukwege ne pourra réussir cette mission qu’à quatre conditions préalables. 

Primo, qu’il se rende capable de nettoyer les écuries d’Augias de la Ceni qu’il doit commencer par auditer et rendre apolitique et indépendante. 

Deuxième condition : discuter avant tout du statut de l’ex-président Kabila qui risque de constituer une force négative et un danger permanent pour la démocratie en RDC et, par voie de conséquence, exiger le contrôle total des forces policières et militaires durant la transition pour assurer un climat serein et pacifique au processus électoral. 

Troisième condition : commencer dès maintenant à prendre contact avec la matière grise de la société civile de toutes les provinces de la RDC pour avoir le temps de mûrir sa décision et de s’informer sur l’itinéraire de ses éventuels collaborateurs pour parer à toute surprise désagréable. Cette méthodologie lui permettra de former, le moment venu, un gouvernement de transition fort équilibré, ne comportant aucun acteur politique traînant derrière lui des casseroles ou ayant déjà collaboré avec des ennemis du Congo. Le critère de ce gouvernement de transition .devant être uniquement l’aptitude à travailler uniquement pour l’amour de la patrie. 

Quatrième condition : La manière dont Denis Mukwege aura à gérer le rapport avec les puissants de ce monde qui lui ont décerné des prix  à travers les grandes capitales de l’Occident afin de ne pas se laisser instrumentaliser par eux. C’est d’ailleurs avec raison que Jean-Pierre Mbelu émettait ses réserves à ce sujet et attirait l’attention de Denis Mukwege sur les pièges des ultralibéraux mondialistes qui ont l’art de se servir des états comme proxies (…) ou des individus en qui une frange importante de la population place sa confiance[5]. Ces avertissements valent leur pesant d’or. Le conseil que je peux prodiguer à Denis Mukwege, c’est de savoir et de pouvoir jouer au plus malin pour se rendre capable de défendre l’intérêt supérieur de la Nation envers et contre tout. 

Vu qu’au stade actuel, aucun congolais  ne peut avoir un début de contrôle du destin de ce grand pays (qui a fonctionné comme une colonie internationale depuis 1885) sans des alliances solides parmi les antiques décideurs sur le sort de ce pays, le problème résiderait dans la capacité de celui qui préside aux destinées du Congo de savoir identifier clairement les intérêts vitaux de ce pays à moyen et à long terme et de savoir manœuvrer au milieu des caïmans pour faire avancer le navire Congo. Cette question sera cruciale et pour le président sensé conduire la transition et pour celui qui sera élu dans la suite au suffrage universel. Pour ce faire, les deux acteurs-clé de l’avenir du Congo-Kinshasa auront tout intérêt à s’entourer des services précieux d’un Think Tank aguerri en géopolitique, travaillant en synergie avec les services de renseignement qui lui fourniraient des informations précises en temps réel pour devenir véritablement une officine de stratèges commis à conseiller les mandataires de l’État et à les aider à prendre la bonne direction. 

  1. Les élections non organisées mais assorties d’un glissement sous Kabila 

Il s’agit à ce stade du refus de Kabila pour une passation pacifique du pouvoir et de l’application en territoire congolais, du schéma de Nkurunzinza au Burundi. 

Le constat actuel est que les nombreuses promesses de Kabila en vue d’organiser les élections en RDC ressemblent à un enfumage parce que le concerné refuse catégoriquement de se soumettre à l’article 220 de la Constitution qui lui interdit d’aller au-delà de deux mandats constitutionnels. Ayant essayé par tous les moyens de contourner la loi, Kabila se sent coincé de toute part. Ses grandes réticences à se prononcer là-dessus tout comme son refus de nommer un dauphin pour représenter sa famille politique au prochain scrutin présidentiel conforte les craintes d’ Herman Cohen qui lui a rendu visite à New York (sur invitation de Kabila) et à qui il a fait comprendre, entre les lignes, sa volonté de glissement pour longtemps[6]. 

Dans ce contexte, deux voies  plausibles s’ouvrent. 

Soit Joseph Kabila se décide de diriger la RDC par défi selon le schéma qui a été appliqué au Burundi soit alors, dans une stratégie consistant à couper l’Est de l’Ouest, il se résoudrait à créer une zone-tampon tant pour y créer un petit état indépendant avec l’option de reconquérir la RDC que pour s’en servir comme une base-arrière en vue de relancer le projet cynique de la reconquête du Congo de Lumumba. C’est aussi dans ce contexte qu’il faut comprendre les efforts diplomatiques de Kabila pour s’attirer les faveurs de la France moyennant des grandes concessions à caractère économique[7] et ce, en vue de pouvoir diviser les cinq membres du Conseil de Sécurité de l’ONU vis-à-vis de son futur projet politique. 

L’analyste politique, Christophe Habonimana, nous informe qu’au mois de février 2017, le patron du Service de Renseignement (SNR en sigle) au Burundi a apposé sa signature sur un mémorandum d’entente entre le mouvement rebelle des maï-maï Yakutumba et l’État du Burundi afin de collaborer ensemble en s’accaparant tout l’Est de la RDC quitte à mettre des bâtons dans les roues de tout mouvement rebelle burundais.[8] 

Les Maï-Maï s’en mordront bien les doigts quand ils s’apercevront que l’État burundais joue un double jeu avec Kinshasa. Il y a comme une conspiration entre eux ou l’exécution en cours d’un plan macabre qui permettrait au Président Joseph Kabila de demeurer dans son fauteuil présidentiel. Cette connivence de longue date entre Kabila et Nkurunzinza, entre Bujumbura et Kinshasa pourra donner une tournure inattendue à la crise congolaise dans le prochain avenir. 

Dans cette première hypothèse où Kabila se serait décidé de diriger le Congo par défi, les congolais devront s’attendre à découvrir un Kabila doublement plus cruel que dans le passé. Tous les préparatifs en termes d’achat des armes sophistiquées, des alliances avec des nombreuses milices étrangères déjà en place au Congo, des forces spéciales sans parler de l’installation des bataillons rwandais dans les zones chaudes et réfractaires à son pouvoir, allaient dans le sens de parer à pareille  éventualité. Tous ces gros moyens sont prêts pour perpétrer des massacres en masse pour pouvoir bâillonner les velléités de libération de tout un peuple. Mais cette violence extrême peut devenir pour Kabila un couteau à double tranchant.  Elle peut tourner en sa faveur tout comme en sa défaveur au point où l’opinion internationale s’y mêlait et l’accusait de crimes contre l’humanité. 

Dans la deuxième hypothèse de créer une zone-tampon, des informations persistantes venant des sources fiables donnent à Kabila le projet de délimiter sur le Sud Kivu via la plaine de Ruzizi, Uvira et Fizi, un territoire de plus de 300 kilomètres carrés à l’Est du Congo. Territoire où il compte s’établir comme président, y emportant les 15.000 militaires de sa Garde Républicaine. 

C’est dans cette optique qu’il faille inscrire les récentes gesticulations de la fausse rébellion du Mai Mai Yakutumba. Dans la vidéo diffusée sur la toile à partir de Makobola,  le colonel porte-parole nomme cette rébellion comme le Coalition AA64, à savoir la Coalition de l’Alliance pour l’Article 64 ayant pignon sur rue à Uvira, à Rutsuru, à Masisi et à Beni, cette aire géographique là même où justement se profile la délimitation de cette nouvelle républiquette. 

D’autre part, il faut bien se méfier des déclarations incendiaires de ce colonel contre Kabila dont il promet de renverser le pouvoir. Le Mouvement du 23 mars, en sigle M23, (remarquez des similitudes dans la dénomination) prétendait lui aussi en 2012 « rétablir la vérité des urnes en faveur du candidat Etienne Tshisekedi alors que l’ex-CNDP dont ses combattants étaient issus avait fusionné avec la plate-forme politique de Joseph Kabila et l’avaient fortement soutenu pendant ces mêmes élections contre le même Tshisekedi »[9] qu’ils prétendaient soutenir. 

Les événements militaires d’Uvira font étalage de la stratégie de mensonge et de diversion propre aux rwandais et aux héritiers de l’AFDL en poste à Kinshasa. Tenez ! Le meneur de mouvement AA64, répondant au nom de William Amuri Yakutumba est un un ex-officier des FARDC et, bien curieusement, il n’est personne d’autre que le cousin de Néhémie Mwilanya, l’actuel Directeur de cabinet de  Kabila en  même temps qu’il s’avère être un très proche du président Kabila et de Kalev Mutond. Au dire de plusieurs sources, cet officier supérieur aurait été chargé par la kabilie d’infiltrer les milieux Mai Mai et donc dans ces conditions, l’on n’ a pas besoin d’être intelligent pour comprendre que cet officier agit « en service commandé » à Uvira. 

Cette masse d’informations sur l’identité de cet officier supérieur illustre la complexité dudit dossier dès lors que l’on sait que ce groupe Mai Mai dont se réclame William Yakutumba, possède, tout comme Joseph Kabila, sa base-arrière au Burundi. Bref, et les Mai Mai et Kabila traitent avec un seul et même allié burundais. Trop de convergences parallèles pour ne pas y voir une énième rébellion fabriquée juste pour ruser l’opinion congolaise qui louerait le sens patriotique de ces faux rebelles là où le commanditaire de ce derniers qui tire les ficelles vise simplement à bloquer les élans congolais à leur libération à l’approche du délai butoir du régime de Kinshasa. 

Devant le refus catégorique du peuple congolais de le voir rempiler, d’autres sources concordantes basées à l’Est affirment que « Joseph Kabila tiendrait en réserve des troupes dans la région de Bujumbura, au Burundi, pour attaquer l’est de la RDC et qu’il aurait choisi le pays de Nkurunziza (le Burundi) comme arrière-base de l’invasion à partir de laquelle il envisage lancer  des attaques sur le Sud-Kivu via la plaine de Ruzizi, Uvira et Fizi pour en faire un état indépendant. Ce qui du coup nous fournit un faisceau de lumière sur le déplacement au mois d’août dernier à Bujumbura, de la jeunesse PPRD dans le cadre d’échange stratégique avec la milice du pouvoir Burundais nommée « Imbonerakure »[10] et sur d’éventuels préparatifs en cours avant le jour J. 

  1. Une révolution de palais ou un coup d’état militaire 

La courbe descendante de Joseph Kabila, pourtant resté loyal avec le système de prédation du Tutsi Power qui l’a fabriqué et fait roi, confère de plus en plus au président congolais le statut d’un allié gênant et encombrant à cause du rejet massif dont il est victime soit à l’intérieur de la RDC soit à l’échelle internationale. 

Pour empêcher le peuple congolais de se soulever ou de prendre sa revanche sur celui qui a décimé six millions de ses enfants et pour garantir leur contrôle sur le sol et sous-sol congolais, Yoweri Museveni et Paul Kagame s’arrangeraient pour provoquer une révolution du palais. Ayant leurs affidés au niveau des services de renseignement et au haut sommet de FARDC dont le rwandais Charles Bisengimana se prépare à être nommé chef d’état-major dans les tout prochains jours.[11]  Ils auront donc le pouvoir de téléguider un coup d’état et éventuellement l’assassinat de 

Des très proches du général Mundos ont livré des confidences ultrasensibles selon lesquelles, pour porter à terme le projet de création d’une républiquette de 300 kilomètres carrés, Kabila « s’appuie sur les efforts de certains généraux corrompus des FARDC dont le général Mundos avec les autres tels que Delphin Kahimbi, Olenga, John Numbi, Gabriel Amisi, Rugahi, Bonane et toute la gamme des officiers rwandophones qui patronnent l’armée congolaise et qui doivent collaborer avec le gouvernement rwandais, le principal pilier de la machination et  bénéficier du soutien des Imbonerakure, la milice du pouvoir en place au Burundi.».[12] 

Même si Kabila a pris la précaution de former un bataillon des zimbabwéens pour sa sécurité rapprochée, ces derniers ne pourront pas lui garantir une protection à cent pour cent en face de ces officiers supérieurs qui verraient dans leur transfert vers les plaines de Ruzizi, un énorme désavantage face à la dolce vita vécue jusque là à Kinshasa, bien loin de zones de conflits. Leur refus de prendre de risque pour Kabila contre leur vie personnelle pourrait bien inspirer la bravoure d’un loup solitaire ou encore d’un groupe de hauts officiers pour éliminer physiquement le Rais. Si personne de ces officiers n’aurait le courage de franchir le Rubicon, il faut mettre en exergue la véritable crainte de Museveni et de Kagame vis-à-vis de l’épée de Damoclès de la CPI suspendue sur la tête de Kabila et donc la possibilité que ce dernier une fois arrêté, livre des secrets accablants pour les deux faiseurs de roi à propos des millions de morts congolais dont ils sont tous comptables. Le faire assassiner avant qu’il ne soit arrêté et ne témoigne, resterait pour eux comme la meilleure des options. 

Ne perdons pas de vue le dépôt d’une double plainte à la CPI le 15 août 2017 dernier par deux partis d’opposition rwandaise et par l’APRODEC respectivement contre Sieur Paul Kagame pour les opposants rwandais et contre Sieurs Paul Kagame,  Yuweri Museveni et Joseph Kabila de la part de l’asbl belge. Les deux parties requérantes ont déposé des dossiers bien fouillés pour que la CPI se saisisse d’innombrables plaintes contre Kagame, Museveni et Kabila qui tous trois portent à leur actif plusieurs guerres ayant occasionné de millions de morts, des nombreux déplacements de populations, des viols des femmes, l’enrôlement des enfants sans parler des pillages inouïs des richesses de la RD Congo. 

Dans pareil contexte explosif où Kabila venait déjà d’être approché par la Procureure Fatou Bensouda lors de son dernier séjour à New York pour pouvoir répondre à une convocation de la CPI en novembre prochain, ses anciens alliés peuvent prendre cet acte comme signe avant-coureur d’une future réaction judiciaire en chaîne qui aura des effets dévastateurs sur les protagonistes de ce système d’occupation. Ainsi donc, précipiter un coup d’état en RDC ou organiser carrément un assassinat de Kabila permettraient au Rwanda tout comme à l’Ouganda de faire une fuite en avant en changeant la donne politique pour modifier le cours des événements. Supprimer ce témoin gênant leur permettra au final de garder la haute main sur la nomination du successeur de Kabila. A la lumière de ce qu’ils avaient fait d’Ernest Wamba Wamba à la présidence du RCD ou de Mzee Kabila à la présidence de la RDC, ils pourraient alors mettre en exécution leur vieille méthode de nommer PROVISOIREMENT un sujet d’origine congolaise avant de l’écarter ou carrément de le tuer pour le remplacer par un frère du sérail tutsi. Le résultat ? Ce sera le retour à la case du départ. Le retour à l’occupation congolaise par une clique étrangère avec un nouveau cheval de Troie. Kabila tomberait mais le système de prédation resterait intact. 

  1. L’implosion des masses populaires congolaises frustrées et désespérées 

Un facteur non moins négligeable dans la future dynamique des événements, c’est bien la réaction de plus en plus incontrôlable des masses populaires à qui vivre ou mourir ne comportent plus beaucoup de différence. Ce ras-le-bol des populations devant l’inertie du pouvoir politique peut engendrer des situations imprévisibles dans un proche avenir. Ce sera alors à l’image d’une marmite mise au feu et dont la pression de l’eau bouillante fait sauter le couvercle… 

La crise économique actuelle conjuguée à un horizon réellement bouché de leur avenir peut le plonger dans un tel désespoir qu’arrivée au 31 décembres sans une solution politique claire et plausible, les masses populaires congolaises implosent dans une réaction de masse pour déboulonner les fondations du système d’occupation mis en place par l’AFDL. 

Se sentant trahi par ses mandataires et abandonné par ses leaders politiques de l’opposition qui auraient démontré leur inefficacité manifeste, le peuple congolais se décide alors de se prendre lui-même en charge grâce aux nombreux appels de pied des leaders de la société civile. 

Faut-il encore que ces masses populaires comprennent ce qui distingue le plus mauvais architecte de l’abeille la plus experte. Le premier a construit la cellule dans sa tête avant de la construire dans la ruche. Le résultat auquel le travail aboutit préexiste idéalement dans l’imagination du travailleur. Ces manifestations populaires ne feront pas long feu  si elles ne naissent pas des convictions solides longuement méditées, discutées et conçues pour être enfin imprimées dans la pensée des protagonistes et qu’elles ne poursuivent un idéal  pour la réalisation duquel  chacun est prêt à donner sa vie. 

Ici, de nombreuses expériences ont démontré dans le passé l’infécondité des manifestations populaires dans les rues. Cette implosion populaire pourra arriver à chasser Kabila et son régime à  la seule condition qu’elle soit préparée et encadrée par des stratèges et portée sur la durée pour semer doute et panique dans le camp adverse. Ce qui demande une grande coordination des forces locales et celles de la diaspora, des moyens financiers conséquents pour nourrir les milliers qui feront le front pendant des semaines. 

Le travail titanesque d’éducation civique amorcé depuis des mois par la Cenco via ses nombreuses commissions Justice et Paix diocésaines et paroissiales pour neutraliser la bande de criminels qui a pris en otage le destin du peuple congolais puis la jonction, tout dernièrement à Bruxelles, de ce travail de la Cenco avec Sindika Dokolo et de nombreux activistes de la société civile ayant mis sur pied l’opération « Debout le Congo » pourra être d’un grand prix dans les jours qui viennent à condition de se donner un seul leader qui coifferait toutes leurs initiatives et leur donnera une coordination et une orientation politiques. Ce serait de bon aloi que cette société civile prenne langue avec Denis Mukwege pour coordonner les forces en vue de rendre leur stratégie plus efficace contre le Léviathan. 

En fin de compte, le peuple congolais se libérera totalement quand à l’issue de cette implosion, il se reconstituera en masse critique repensant son histoire, passant, comme le suggère Achille Mbembe, du paradigme de la réfutation à une parole affirmative, le rendant confiant en lui-même[13]. Il pourra enfin commencer à parler de lui-même, de son bien-être et de celui de générations futures de ses enfants et petits-enfants. Tant qu’il se cantonnera dans la logique du contre-discours, il restera toujours dans la sidération d’un discours dominant et dans la fascination de celui qui a occupé ses pensées depuis l’entrée de forces de l’AFDL. Grâce aux effets collatéraux de cette implosion populaire,  l’heure sera  alors venue de se libérer dans son mental en vue de libérer ses énergies intellectuelles et spirituelles pour  se remettre enfin sur le devant de la scène. 

Que faire désormais? 

Conformément à ce que  nous avions annoncé anticipativement il y a deux années via deux études bien fouillées[14], dans le contexte actuel de la région des Grands Lacs, la crise qui secoue le Burundi est un puzzle dont les pièces du conflit sont disséminées dans une stratégie de ruse, qui mêle apparence et réalité pour fixer la force ennemie sur un leurre et pour concentrer ses forces sur son lieu de dispersion. Ainsi donc, derrière la crise burundaise se dessinaient déjà depuis deux ans, de grandes manœuvres politiques qui annonçaient une redistribution des cartes suite aux échéances électorales à venir qui devraient se dérouler au Burundi (2015), au Rwanda (août 2017) et en RD Congo (d’abord prévu en décembre 2016 puis renvoyé plus tard en novembre 2017). Les deux premiers ont déjà franchi le cap. Reste le troisième acteur du club. Que les congolais sachent d’ores et déjà que toute transition concédée à Kabila au-delà de décembre 2017 donnera du temps et des moyens nécessaires pour pérenniser son pouvoir à l’instar de Kagame et de Nkurunzinza. 

Pour tout dire, un simple regard rétrospectif nous enseigne que  le triumvirat Kagame-Nkurunzinza-Kabila avance méthodiquement pour la conservation du pouvoir au-delà des limites constitutionnelles. Ce triumvirat s’adapte aux nouvelles circonstances tant il est vrai que le contexte actuel de la résistance qui a commencé à comprendre son modus opératoire devient plus vigilant et plus alerte. 

La ruse a toujours été la meilleure arme de ces trois hommes politiques. La ruse et la surprise pour être plus complet. Ils s’affairent à ce que l’adversaire ne s’imagine pas quand, où et comment ils vont attaquer. Ils tentent de s’adapter sans hésitation ni distraction de manière flexible au rythme de l’adversaire qui commence à vouloir défendre ses positions. Eux se muent… Ils changent… Chacun de ces trois acteurs acteur joue au caméléon pour prendre les couleurs de son environnement et dissimuler ses intentions profondes. Chacun joue contre la souveraineté de son propre peuple. Au pire, chacun est aussi susceptible de jouer contre les intérêts de ses propres alliés au sein du même club des dictateurs.  Toutefois, si l’adversaire direct de ce club (peuple congolais) ne s’attend pas à leur attaque, alors ils attaqueront. S’il les attend, ils n’attaqueront point. 

Voilà à quoi nous devons veiller les jours qui viennent : ne pas nous laisser distraire dans cette guerre faite de désinformation et de ruse à l’instar des opérations sur terrain qui viennent d’être lancées cette semaine à Uvira mais qui pourront les jours à venir s’étendre jusqu’à Kinshasa[15], le siège des institutions et le symbole de l’imperium du pouvoir en RDC. Le Kivu et l’Ituri étant la poudrière des Grands Lacs et l’axe central de stabilité et de sécurité des états de la région[16], il nous faut voir au-delà des apparences et tracer la véritable trajectoire que suit l’action politique et militaire du triumvirat ci-haut cité pour ne pas nous laisser dicter les règles d’un jeu politique qui nous ôterait l’initiative. De souveraine, notre liberté d’action deviendra piteusement contrainte et imposée du dehors prolongeant ainsi ad vitam notre servitude. 

Voulons-nous, nous peuple congolais, gagner cette guerre ? Voulons-nous vraiment nous débarrasser une fois pour toutes de ce système d’occupation inique et cruel ? Alors prenons en grande considération l’avis d’André Beaufre : « le vainqueur d’un conflit est celui qui sait maitriser l’interaction des volontés des protagonistes, c’est-à-dire son jeu, celui de son adversaire et la confrontation de deux qui s’adaptent au changement de circonstances. C’est à partir de cette dynamique évolutive qu’il conviendrait de concevoir et de conduire toute stratégie… Dans ce face-à-face tactique, l’action de l’un lie celle de l’autre, mais le stratège qui le comprend effectue un premier pas vers la victoire. » 

Le sixième stratagème chinois consistant à faire beaucoup de bruit à l’Est pour attaquer à l’Ouest est en voie d’exécution. Des signes avant-coureurs s’accumulent à l’Est qui nous indiquent la direction des efforts déployés par le triumvirat aux fins d’entraîner notre désintégration politique et de nous faire accepter l’inacceptable, à savoir les nouvelles conditions de gouvernance qu’il veut nous imposer. D’où l’urgence continuelle du monitoring de l’esprit adverse pour pouvoir nous élever au-dessus de ses desseins et nous rendre capables de lui dicter notre initiative à nous et de parvenir enfin à la victoire de l’instauration d’un État de droit. Voulons-nous réellement commencer la nouvelle année 2018 dans la liberté ou dans la servitude ? A chaque congolais de donner sa réponse…

Lu pour vous : Les Etats-Unis ont décidé de bloquer les biens de certains décideurs congolais

23 Juil

La situation qui prévaut au Congo considérée comme une grave menace pour les USA.  Conformément à la Loi sur les Pouvoirs Economiques d’Urgence Internationale (50 USC 1701 et suiv.) (IEEPA), je déclare par la présente que j’ai signé un

Décret prenant des mesures supplémentaires par rapport à la situation d’urgence nationale déclarée dans le décret 13413 du 27 Octobre 2006 (E.O. 13413).

Il avait été déterminé dans le décret 13413 que la situation en rapport avec la République Démocratique du Congo a été marquée par une violence généralisée et des atrocités qui continuent de menacer la stabilité régionale. Elle avait été examinée par le Conseil de Sécurité des Nations Unies dans la résolution 1596 du 18 Avril 2005 et la Résolution 1649 du 21 Décembre 2005, la Résolution 1698 du 31Juillet 2006, et constitue une grave menace pour les Etats-Unis. Pour faire face à cette menace, le décret 13413 bloque les biens et les intérêts des personnes visées à l’Annexe du décret 13413 ou fixé par le Secrétaire au Trésor, en consultation avec le Secrétaire d’Etat, pour répondre aux critères spécifiés dans le Décret 13413.

Considérant plusieurs Résolutions antérieures du Conseil de Sécurité des Nations Unies incluant, plus récemment, la Résolution 2136 du 30 Janvier 2014, je donne l’ordre de prendre des mesures conservatoires pour faire face à la situation d’urgence nationale déclarée dans le Décret 13413, et d’examiner la question du prolongement des activités qui menacent la paix, la sécurité ou la stabilité de la République Démocratique du Congo et de la région environnante, y compris les opérations des groupes armés, la violence généralisée et les atrocités, les violations des droits humains, le recrutement et l’utilisation d’enfants soldats, les attaques contre les soldats de la paix, l’obstruction des opérations humanitaires et l’exploitation des ressources naturelles pour financer des personnes engagées dans ces activités.

Tel que spécifié par l’Ordonnance, le Décret 13413 prévoit la désignation de personnes déterminées par le Secrétaire au Trésor, en consultation avec le Secrétaire d’Etat :
• être un leader politique ou militaire d’un groupe armé étranger opérant en République Démocratique du Congo qui entrave le processus de désarmement, démobilisation, rapatriement volontaire, réinstallation, ou réinsertion des combattants;
• être un leader politique ou militaire d’un groupe armé congolais qui entrave le désarmement, la démobilisation, le rapatriement volontaire, la réinstallation, ou la réinsertion des combattants;
• être responsable ou complice ou avoir participé, directement ou indirectement, à une des opérations suivantes en République Démocratique du Congo:
• actions ou politiques qui menacent la paix, la sécurité ou la stabilité de la République Démocratique du Congo:
• actions ou politiques qui minent les processus démocratiques ou les institutions de la République Démocratique du Congo;
• le ciblage des femmes, des enfants ou des civils en commettant des actes de violence (y compris les meurtres, les mutilations, la torture ou le viol ou d’autres violences sexuelles), l’enlèvement, le déplacement forcé, ou les attaques contre les écoles, les hôpitaux, les sites religieux, ou les endroits où des civils ont trouvé refuge, ou par une conduite qui constituerait un grave abus ou une violation des droits humains ou une violation du droit international humanitaire;
• l’utilisation ou le recrutement d’enfants par des groupes armés ou des forces armées dans lé contexte de conflit en République Démocratique du Congo:
• l’obstruction de la livraison ou la distribution, ou l’accès à l’aide humanitaire;
• les attaques contre les missions des Nations Unies, les forces internationales de sécurité, ou d’autres opérations de maintien de la paix; ou le soutien aux personnes, y compris les groupes armés impliqués dans des activités qui menacent la paix, la sécurité ou la stabilité de la République Démocratique du Congo ou qui sapent les processus démocratiques ou des institutions de la République Démocratique du Congo, à travers le commerce illicite des ressources naturelles de la République Démocratique du Congo; sauf si destiné à l’appui autorisé des activités humanitaires ou l’utilisation autorisée par les forces internationales de maintien de la paix, gouvernementales, d’avoir directement ou indirectement fourni, vendu ou transféré à la République Démocratique du Congo, où avoir été le destinataire sur le territoire de la République Démocratique du Congo des armes et matériels connexes, y compris les aéronefs militaires et de l’équipement, ou avoir conseillé, formé ou apporté de l’aide, y compris le financement et l’aide financière liée aux activités militaires;
• être un leader d’(i) une entité, incluant tout groupe armé, qui a, ou dont les membres sont engagés dans l’une des activités décrites ci-dessus ou (ii) une entité dont les biens et les intérêts sont bloqués en vertu du Décret 13413;
• avoir aidé matériellement, sponsorisé, ou fourni un soutien financier, matériel, logistique ou un appui technique, ou des biens ou services à l’appui de (i) l’une des activités décrites ci-dessus ou (ii) toute personne dont les biens et intérêts sont bloqués au titre du Décret 13413; ou être détenue ou contrôlée pour avoir agi ou prétendu agir pour le compte directement ou indirectement, de toute personne dont les biens et intérêts dans des biens sont bloqués en vertu du Décret 13413.
J’ai délégué au Secrétaire au Trésor, en consultation avec le Secrétaire d’Eta, le pouvoir de prendre de telles mesures, y compris la promulgation des règles et des règlements, et d’utiliser tous les pouvoirs conférés au Président par 1EEPAet la Loi sur la participation des Nations Unies qui peuvent être nécessaires à la réalisation des buts de l’Ordonnance. Toutes les agences du gouvernement des – Etats-Unis sont invitées à prendre toutes les mesures appropriées relevant de leur compétence pour appliquer les dispositions de l’ordonnance.
Je joins une copie du décret que j’ai publié.
BARACK OBAMA

Ma réaction aux trois documents signés à Nairobi faisant suite aux pourparlers de Kampala

22 Juin

u6

À la communauté internationale

Nous prenons à témoin Dieu, les Organisations internationales à travers les Nations unies, les Gouvernements et les Parlements des pays souverains du monde entier, pour dénoncer publiquement le projet de balkanisation de notre pays voulue par les États, les firmes transnationales et les lobbies qui exploitent les ressources naturelles à l’Est de la RD Congo.

Les solutions proposées aux Congolais dans chaque « Texte final » de Nairobi, sanctionnant les pourparlers de Kampala (à savoir (Déclaration du Gouvernement de la République démocratique du Congo, Déclaration sur les engagements du Mouvement du 23 Mars au terme du Dialogue de Kampala et Communiqué Final CIRGL-SADC sur les pourparlers de Kampala), sont iniques car elles n’ont pris en considération qu’une partie du problème.

En intimant l’ordre au Gouvernement congolais de réintégrer les soldats du M23 dans l’armée nationale congolaise, la communauté internationale a oublié que les soldats du M23 ne sont pas tous Congolais, qu’ils ont été soutenus par le Rwanda et l’Ouganda. Les preuves de leur appartenance à ces deux pays ont été fournies par les Experts des Nations Unies dans les différents rapports qu’ils ont rédigés, notamment le Rapport Mapping.

La Communauté internationale, via les Nations unies, sait que le CNDP et le M23 ont toujours été dirigés par des officiers rwandais, notamment par Laurent Nkunda Batware Mihigo qui vit tranquillement au Rwanda depuis sa fuite de l’Est de la RDC. Bosco Ntaganda est également Rwandais et c’est par le Rwanda qu’il est passé avant d’être arrêté et envoyé à la CPI (La Haye).

En remontant plus haut dans l’histoire, nous rappelons que le RCD-Goma, qui a donné naissance au CNDP et au M23, est lui-même issu de l’AFDL. Or, l’AFDL avait été créée de toutes pièces par le Rwanda de M. Paul Kagame, alors Premier ministre de ce pays, pour pourchasser les Hutus (FDLR) sur le territoire congolais. Résoudre la question du M23 revient à résoudre simultanément la question des FDLR à l’Est du Congo.

Ceux-ci doivent être intégrés dans l’armée rwandaise. Résoudre la question du M23 revient à résoudre également la question des rebelles ougandais, qui occupent une partie du territoire congolais. Ceux-ci doivent eux aussi être intégrés dans l’armée ougandaise. La Communauté internationale ne peut pas violer la souveraineté du Congo en s’ingérant dans les affaires intérieures de ce pays et respecter la souveraineté des pays qui sont à l’origine des conflits dans les Grands Lacs.

Il s’agit là qu’un comportement inique que nous dénonçons devant Dieu, les Organisations internationales à travers les Nations unies, les Gouvernements et les Parlements des pays souverains du monde entier. Pour espérer un retour d’une paix réelle dans la région des Grands Lacs, la question des conflits doit être traitée globalement. Or, dans chaque « Texte final » signé à Nairobi, il n’y a qu’une partie du problème qui a été traitée, celle de la réintégration du M23 dans l’armée congolaise.

S’agissant du retour des réfugiés, il est plus équitable et plus juste de demander le retour de tous les réfugiés vivant dans la région, y compris les FDLR, dans leur pays d’origine, après un recensement fait par une Commission neutre afin d’éviter la création de nouveaux conflits identitaires.

Pour tous les crimes commis sur le territoire congolais, nous réclamant la mise en place rapide d’un Tribunal pénal pour le Congo, comme dans les cas de l’ex-Yougoslavie et du Rwanda.

Nous dénonçons publiquement le contenu de trois déclarations faites dernièrement à Nairobi parce que seule la présidence de la République et le Gouvernement y ont été associés. Le Parlement et la Société civile de notre pays ont été superbement ignorés. Or, le président de la RD Congo, M. Joseph Kabila, est un sujet rwandais venu au Congo dans les bagages de l’AFDL et ce dernier travaille pour la sauvegarde des intérêts rwandais, ougandais et des milieux internationaux qui l’ont placé à la tête de notre pays.

Si la Communauté internationale s’entête et impose la balkanisation du Congo par l’indifférence et/ou par la force, le traitement inique de ce dossier sera à l’origine de la Troisième Guerre mondiale car le peuple congolais dans son ensemble ne l’acceptera pas et tous les peuples soumis et dominés du monde entier s’y opposeront, en commençant par les pays africains dont la souveraineté est régulièrement bafouée par les États qui l’ont instituée.

Dr. Fweley Diangitukwa http://www.fweley.wordpress.com

Au peuple congolais dans son ensemble

Commentaire sur la Déclaration du Gouvernement de la République démocratique du Congo signée à Nairobi par M Raymond Tshibanda Ntungamulongo [Les passages tirés du texte officiel sont en italique]

Dans le document signé par le Ministre des Affaires étrangères de la RD Congo, il est demandé en substance à l’État congolais « d’écouter le M23. D’évaluer ses doléances et de répondre à celles qui s’avéreraient légitimes ».

Nulle part, dans les trois documents, il est demandé au M23 d’écouter les exigences du peuple congolais qui a subi la violence de ses armes, qui a perdu les siens, dont les femmes ont été violées, dont les biens des hommes d’affaires ont été spoliés et dont les ressources naturelles ont été sauvagement pillées pour les livrer aux firmes transnationales.

Aujourd’hui, ce sont les victimes congolaises qui doivent se soumettre aux exigences du M23.

Dans quel pays au monde a-t-on déjà assisté à une telle résolution des conflits ? Personne n’a osé sanctionner le M23 pour les crimes commis sur le territoire congolais pendant le temps de son occupation d’une partie du territoire national.

Au contraire, le Secrétaire Général des Nations unies, Ban Ki Moon, et le président Museveni ont rappelé la demande introduite par le président Joseph Kabila « d’aider à trouver une solution politique au conflit entre le Gouvernement de la RDC et le M23 ». Cette demande du président Joseph Kabila montre clairement que la faiblesse dans le traitement du dossier vient directement de lui. Or, c’est lui qui avait autrefois retiré la plainte de la RD Congo à la CPI contre le Rwanda. Ce comportement à répétition conforte la thèse de complicité avec l’ennemi. Pour quelle raison n’a-t-il pas exigé la mise en place d’un Tribunal pénal pour le Congo que nous avons toujours réclamé ? Ce même document demande au gouvernement congolais « de faciliter le retour dans la paix des ex-combattants du M23 et à mener à bonne fin le processus de leur démobilisation ».

Où vont-ils rentrer : dans les lieux mêmes où ils ont commis des crimes. Ils rentreront donc en vainqueurs puisqu’ils n’ont pas été sanctionnés. Quelle sera leur attitude vis-à-vis des autochtones et quelle sera celle des autochtones à leur égard ?

Dans ce document, il est écrit : « Le Gouvernement (congolais) s’engage à accorder l’amnistie aux membres du M23 pour faits de guerre et d’insurrection ». Si l’armée congolais a vaincu les soldats du M23, comment explique-t-on maintenant que le Gouvernement congolais s’engage à accorder l’amnistie aux membres du M23 ?

Il est également écrit : « Le Gouvernement (congolais) s’engage à répondre favorablement à une éventuelle demande des membres du M23 de se constituer en parti politique ». Avant même que le M23 n’introduise une telle demande et sans qu’on ait pris le temps de recenser ses soldats pour connaître la nature et la composition de ce groupe ainsi que l’origine de chaque soldat, l’État congolais lui déroule déjà le tapis comme cela s’était passé avec le CNDP afin que le M23 devienne un parti allié au PPRD.

Une telle attitude ne décourage pas les seigneurs de guerre à prendre les armes contre l’État congolais, car l’histoire immédiate montre qu’ils sont toujours bien récompensés à la fin des pourparlers, comme cela a été le cas du RCD-Goma, du RCD-Kisangani, du MLC, etc.

C’est une preuve évidente qu’il y a complicité au sommet et que l’État a été mis à genou par les États voisins, notamment le Rwanda et l’Ouganda, qui bénéficient du soutien de quelques grandes puissances occidentales et des firmes transnationales.

Quant à la question des réfugiés, le texte signé à Nairobi par notre Ministre des Affaires étrangères dit : « Le Gouvernement s’engage à œuvrer pour une mise en œuvre rapide des Accords triparties sur le rapatriement des réfugiés signés avec les États voisins et le Haut commissariat des Nations unies pour les Réfugiés ainsi que pour la réinsertion des personnes déplacées ». Voilà ouverte la brèche qu’avait toujours cherchée le Rwanda pour verser le surplus de sa population sur l’Est du Congo. M. Joseph Kabila vient de réussir la mission qui lui avait été confiée par son mentor Kagamé : la balkanisation du Congo. Non seulement il a suffisamment contribué à l’affaiblissement de l’armée nationale congolaise en plaçant des officiers rwandais dans les postes les plus stratégiques et les névralgiques, mais aussi en prenant en otage des institutions nationales. Voilà que maintenant les Rwandais, sous étiquette des réfugiés, peuvent s’introduire à l’Est du Congo en masse, librement et sans aucune formalité administrative et sans aucune inquiétude.

Ce qui est pire dans tout cela, c’est le fait que « le Gouvernement (congolais) s’engage à inclure des représentants de l’ex-M23 dans la structure nationale chargée des questions des réfugiés ». En signant ce document, le Ministre des Affaires étrangères, M Raymond Tshibanda Ntungamulongo, était-il ivre ou non, avait-il subi de menaces de mort au cas où il ne le signait pas ou non ? Où sont passés son patriotisme et son nationalisme ? Pour quelle raison le Parlement congolais, après avoir pris connaissance dudit document, ne le suspend-il pas afin de le soumettre au peuple congolais ? Dans quelle logique le Gouvernement actuel nous emballe-t-il et jusqu’à quand durera ce cirque ?

Quant aux biens spoliés, extorqués, volés, pillés et détruits, une logique semblable aux questions des réfugiés est reprise dans le traitement de ce dossier.

Le Gouvernement (congolais) associe les spoliateurs, les voleurs, les pilleurs et les destructeurs dans la recherche de la solution comme si l’État congolais est incapable d’établir les faits et de sanctionner les coupables. Le texte signé à Nairobi par notre Ministre des Affaires étrangères, M Raymond Tshibanda Ntungamulongo, dit : « Cette Commission sera composée de manière représentative et inclusive, compte dûment tenu des principales parties prenantes, dont des représentants de l’ex-M23 ».

Nous sommes obligés de nous répéter pour dire qu’une telle attitude ne décourage pas les seigneurs de guerre à prendre les armes contre l’État congolais, car ils sont toujours bien récompensés à la fin des pourparlers comme cela a été le cas du RCD-Goma, du RCD-Kisangani, du MLC, etc.

C’est une preuve évidente qu’il y a complicité au sommet et que notre pays a été mis à genou par les États voisins, notamment le Rwanda et l’Ouganda, qui bénéficient du soutien de quelques grandes puissances occidentales et des firmes transnationales.

Après avoir convoqué les concertations nationales qui n’ont servi à rien sinon à dépenser inutilement l’argent de l’État, voilà « le Gouvernement (congolais) s’engage (maintenant) à mettre en place une Commission de réconciliation nationale ». Ah si le ridicule pouvait tuer !

En tout cas seuls les laudateurs peuvent comprendre une telle logique contradictoire. La science politique que nous avons étudiée à l’Université de Genève ne nous donne pas des outils pour analyser l’incompréhensible et une telle bêtise humaine.

De la même façon, « La Commission nationale de réconciliation sera constituée de personnes intègres et représentatives, sélectionnées dans le respect des principes d’équité, d’inclusion et d’égalité. Des représentants de l’ex-M23 en feront partie ».

Pour le Gouvernement congolais, les soldats du M-23 qui ont mené une guerre atroce contre l’État congolais sont rapidement devenus des « personnes intègres » qui respectent les principes d’équité. Comme pour les concertations nationales où le Parlement a été dépouillé de ses fonctions et de ses responsabilités (alors que c’était son job d’organiser lesdites concertations nationales, car c’est au Parlement que l’on trouve les représentants du peuple en concertation), « La Commission nationale de réconciliation sera placée sous l’autorité suprême du Président de la République et sous la supervision du Premier Ministre ».

Quel est alors le travail du Parlement : juste pour inaugurer les chrysanthèmes ? Et pour quelle raison, le président Kabila refuse-t-il d’associer le Parlement dans une question d’intérêt national ?

En tout cas, les trois documents signés à Nairobi montrent clairement que depuis la création du CNDP, la logique n’a pas changé et les revendications sont restées les mêmes. Ce n’est pas nous qui le disons mais le texte signé par notre Ministre des Affaires étrangères qui dit au point 10 : « Le Gouvernement réaffirme sa détermination à finaliser la mise en œuvre des engagements qui avaient été pris dans le cadre de l’Accord du 23 mars 2009 signé avec le CNDP et qui, tels que stipulés dans les conclusions de la réévaluation dudit Accord (voir Annexe C) n’ont pas été réalisés ou l’ont été partiellement qui sont encore d’actualité et… ».

A-t-on envoyé des Congolais de souche à Nairobi qui se soucient de la souveraineté de leur État ou des traîtres vendus à la cause défendue par les États voisins (le Rwanda et l’Ouganda) et par les puissances étrangères ? C’est à notre tour de nous interroger.

Chers Compatriotes composant le peuple congolais dans son ensemble, si vous n’avez toujours pas compris, malgré nos cris d’alarme à répétition, il est temps de prendre conscience et de réagir collectivement. Notre pays est en danger. La balkanisation est devant nos portes. Demain, il sera trop tard. À chacun de remplir son devoir patriotique. La postérité nous en sera reconnaissante.

 

Fweley Diangitukwahttp://www.fweley.wordpress.comPrésident du CLD (Le Congo en Légitime Défense)Le 16 décembre 2013.