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Lu pour vous : CINQ SCENARIOS POLITIQUES AU MATIN DU 1er JANVIER 2018 EN RDC…

5 Oct

CINQ SCENARIOS POLITIQUES AU MATIN DU 1er JANVIER 2018 EN RDC…

Ce samedi 30 septembre 2017 était la date prévue par l’Accord de la Saint Sylvestre pour convoquer officiellement les élections si du moins les congolais voulaient réellement la passation pacifique et démocratique du pouvoir en décembre prochain. Sur le terrain la réalité a été bien différente… Au seuil de ce mois d’octobre 2017, il ne reste plus que trois mois avant l’expiration du délai butoir au-delà duquel le peuple congolais naviguera dans l’illégalité la plus totale, en dehors du cadre constitutionnel et de l’Accord de la Saint Sylvestre, rendant du coup toute institution congolaise illégitime en plus d’être déjà illégale.

En termes clairs, au cas où rien n’est fait selon les dernières prévisions de l’Accord de la dernière chance, celui du 31 décembre 2016, cette étude s’emploiera à explorer anticipativement les différents scénarios que pourra vivre notre peuple dès le 1er janvier de l’année 2018. 

  1. Les élections organisées démocratiquement et un nouveau président pour succéder à J. Kabila. 

Le premier schéma est celui de l’avènement d’un président nouvellement élu conformément aux prescrits de l’Accord de la Saint Sylvestre prévoyant les élections pour avant décembre 2017 prochain. Dans ce cas Kabila, le président sortant, céderait pacifiquement le pouvoir à son successeur qui prendrait les rênes du pays. 

L’on a observé que les tractations de la dernière Assemblée de l’ONU appuyaient ce schéma et ont préconisé la mise sur pied d’un cadre international qui fonctionnerait en appui aux travaux de la CENI. L’organisme américain basé à Washington « Enough Project »  a également proposé le mercredi dernier “un plan pour la conduite d’élections et d’une transition politique conformément à l’accord du 31 décembre et/ou le manifeste récent de la société civile, et où il est admis que Kabila devra quitter ses fonctions avant les élections.”[1] Ce plan prévoit un la nomination d’un médiateur africain idoine et l’implication des groupes des sociétés civiles. 

Toutefois, quand bien même les élections arrivaient à être organisées dans le respect du délai, elles courront immanquablement le risque de se faire dans la grande précipitation. Étant donné qu’il ne reste plus que trois mois sans que l’enrôlement n’ait encore pris fin dans le Kasaï, que  le calendrier ne soit publié et qu’aucun candidat ni aucun programme politique ne soit connu par les électeurs, dans le cas où Kabila acceptera de céder le tablier, le régime de Kinshasa mettra à profit cette précipitation pour pouvoir manœuvrer en vue de placer un élu de la MP très proche de Kabila ou encore un ressortissant du Rassop qui serait en réalité un pion fabriqué de longue date aux fins d’infiltrer l’opposition et de l’asphyxier de l’intérieur lorsque celle-ci cherchera à vouloir imposer une alternative politique. 

Dans un cas comme dans un autre, dans la possibilité d’élection au suffrage universel d’un cadre de la MP ou même d’un de leurs pions du Rassop, un autre danger se pointera à l’horizon : Joseph Kabila, tant qu’il n’est pas mis hors d’état de nuire, agira bel et bien dans l’ombre de ce nouveau pouvoir et pire encore, en gardant mains basses sur tous les leviers de commandement des services de renseignement, des forces militaires et des régies financières à la tête desquels il a placé ses hommes de confiance, il détiendra un immense pouvoir de faire ou de défaire le nouveau magistrat suprême congolais quand bon lui semblera de vouloir réinstaurer son pouvoir avec une nouvelle loi constitutionnelle élaborée à sa guise. 

Avant qu’on y arrive, les congolais sont invités à avoir leurs deux pieds sur terre. Car, malgré l’insistance des uns et des autre Kabila reste vraisemblablement le maître de l’agenda électoral congolais.  Toutes les clefs de solution ou de blocage se trouvent entre ses mains. Et dans sa tête donc, publier le calendrier et organiser des élections équivaudrait à signer son arrêt de mort politique. Voilà pourquoi il a choisi un autre subterfuge de recours à l’art. 220 qui stipule de ne céder le pouvoir qu’à un autre président élu. Sa méthode pour perdurer consistera donc à repousser le plus loin possible l’arrivée de ce nouveau président pour ne pas procéder à la passation du pouvoir. 

Au regard des nombreux facteurs endogènes et exogènes, ce premier scénario est le moins plausible de cinq. Outre l’acharnement de Kabila à s’accrocher au pouvoir, il faut aussi tenir compte des soutiens qu’il reçoit de l’Union Africaine et même des puissances européennes qui nous ont habitués à taper du poing sur la table contre Kabila tout en négociant avec lui en secret.[2] 

C’est suivant cette hypocrisie diplomatique des occidentaux qu’il faut comprendre l’actuelle bataille diplomatique de Kabila via ses émissaires en France, aux USA, en Chine et en Russie pour s’attirer les faveurs de puissants décideurs de ce monde. A ce titre, il est prêt à brader les richesses du pays pour obtenir en échange de garder son pouvoir. Ce n’est donc pas en vain que lors de son séjour aux USA, il a reçu en audience  à huis clos les hommes d’affaires américains, proches de Trump, avec des contrats d’affaire en perspective. 

Ce cas est loin d’être isolé. Les contacts secrets de Frank Paris et Rémi Maréchaux, deux émissaires d’Emmanuel Macron allés rencontrer à Lubumbashi Néhémie Mwilanya et Léonard She Okitundu[3] deux très proches de Kabila puis les récents échanges secrets à Bruxelles des proches collaborateurs de Kabila avec des émissaires du président de la commission européenne et les rumeurs persistantes sur la nomination d’un nouveau premier ministre pour contenter ses partenaires occidentaux, ces trois facteurs mis ensemble doivent mettre un frein à l’immense aspiration béate des congolais à l’exercice de leur droit souverain d’élire un nouveau président. Ce, pour la simple raison que ces faits ci-haut énumérés démontrent que Kabila n’a pas perdu du vent en poupe et que les lobbies euro-américains qui l’ont placé là en 2001 ne sont peut-être pas encore prêts à le lâcher… 

  1. Les élections non organisées et « une transition sans Kabila ». 

Le deuxième schéma est celui dans lequel le peuple congolais atterrit au soir du 31 décembre 2018 sans jamais avoir pu organiser les élections libres et démocratiques. 

C’est le schéma annoncé sans ambages par le Rassemblement de l’opposition à Moussa Faki, le président de la Commission de l’Union Africaine lors de sa visite à Kinshasa le jeudi 28 septembre dernier. En résumé, la délégation du Rassop conduite par Martin Fayulu lui a dit les points ci-après : la démission obligatoire de Kabila de ses fonctions présidentielles avant le 31 décembre 2017, le départ immédiat de Naanga de la CENI ; la dissolution de toutes les institutions à mandat électif et la mise en place d’un gouvernement de transition.[4] 

C’est de cette manière que le Rassop entend mettre en exécution son plan de sauvetage de la Nation  consistant à imposer une transition sans Joseph Kabila pour la simple raison que lui et son exécutif auraient failli à la tâche d’organiser les élections et que pour cette raison, ils auraient perdu toute crédibilité devant l’opinion publique congolaise et devant les partenaires internationaux. 

Si cela se produisait de cette manière, il importera d’envisager deux pistes. 

La première piste verrait le président du Rassop automatiquement investi président de la transition. Ce qui n’ira pas de soi au regard des ambitions démesurées des politiciens congolais et des risques sérieux que les partenaires de cette plate-forme s’empoignent dans une guerre fratricide et intestine portant chacun à vouloir prendre le commande de la transition. Les conséquences collatérales de ce choix, c’est de voir se réveiller les vieux démons de l’opposition congolaise encline à ne jamais porter dans la durée un idéal patriotique commun. C’est en ce moment précis que pourront passer à la contre-attaque, les forces négatives préparées de longue date par Kabila, infiltrées dans le rang de l’opposition et se rendant prêtes à opérer en faveur de leur maître. 

La seconde piste serait d’attribuer la direction de la transition à un homme de la société civile, n’appartenant à aucune famille politique et qui ne nourrit d’aucune ambition politique pour se porter candidat à la magistrature suprême. Ce serait alors l’application du schéma centrafricain avec madame Catherine Samba-Panza qui était tenue de se retirer du pouvoir après la tenue des élections présidentielles. 

Admettons que dans le cas de figure, le choix tombait sur le docteur Denis Mukwege comme le suggèrent beaucoup de stratèges de l’élite intellectuelle congolaise (cfr. Patrick Mbeko) ou de nombreux dirigeants de l’Union européenne ou différentes ONGS nationales et internationales. 

Cet homme jugé intègre et œuvrant au milieu d’un peuple traumatisé dont il panse les plaies et « répare » les femmes violées, s’avère du reste un acteur crédible de la société civile congolaise qui de surplus bénéficie de l’appui de grands de ce monde. Un facteur important qui le rend capable de recueillir l’adhésion tant nationale qu’internationale tout comme un atout de taille pour pouvoir rassembler des moyens financiers suffisants pour la gestion économique du scrutin électoral. De par son expertise, son expérience de terrain et sa maîtrise de la roublardise des rwandais voisins dont il sait contourner les pièges, Denis Mukwege donne mieux que tout autre congolais, toutes les garanties de réussite de la noble et grande mission de la transition qui pourra lui être impartie en vue de porter le Congo de Lumumba vers un État de droit. 

J’attire cependant l’attention des congolaises et des congolais sur le fait que le docteur Denis Mukwege ne pourra réussir cette mission qu’à quatre conditions préalables. 

Primo, qu’il se rende capable de nettoyer les écuries d’Augias de la Ceni qu’il doit commencer par auditer et rendre apolitique et indépendante. 

Deuxième condition : discuter avant tout du statut de l’ex-président Kabila qui risque de constituer une force négative et un danger permanent pour la démocratie en RDC et, par voie de conséquence, exiger le contrôle total des forces policières et militaires durant la transition pour assurer un climat serein et pacifique au processus électoral. 

Troisième condition : commencer dès maintenant à prendre contact avec la matière grise de la société civile de toutes les provinces de la RDC pour avoir le temps de mûrir sa décision et de s’informer sur l’itinéraire de ses éventuels collaborateurs pour parer à toute surprise désagréable. Cette méthodologie lui permettra de former, le moment venu, un gouvernement de transition fort équilibré, ne comportant aucun acteur politique traînant derrière lui des casseroles ou ayant déjà collaboré avec des ennemis du Congo. Le critère de ce gouvernement de transition .devant être uniquement l’aptitude à travailler uniquement pour l’amour de la patrie. 

Quatrième condition : La manière dont Denis Mukwege aura à gérer le rapport avec les puissants de ce monde qui lui ont décerné des prix  à travers les grandes capitales de l’Occident afin de ne pas se laisser instrumentaliser par eux. C’est d’ailleurs avec raison que Jean-Pierre Mbelu émettait ses réserves à ce sujet et attirait l’attention de Denis Mukwege sur les pièges des ultralibéraux mondialistes qui ont l’art de se servir des états comme proxies (…) ou des individus en qui une frange importante de la population place sa confiance[5]. Ces avertissements valent leur pesant d’or. Le conseil que je peux prodiguer à Denis Mukwege, c’est de savoir et de pouvoir jouer au plus malin pour se rendre capable de défendre l’intérêt supérieur de la Nation envers et contre tout. 

Vu qu’au stade actuel, aucun congolais  ne peut avoir un début de contrôle du destin de ce grand pays (qui a fonctionné comme une colonie internationale depuis 1885) sans des alliances solides parmi les antiques décideurs sur le sort de ce pays, le problème résiderait dans la capacité de celui qui préside aux destinées du Congo de savoir identifier clairement les intérêts vitaux de ce pays à moyen et à long terme et de savoir manœuvrer au milieu des caïmans pour faire avancer le navire Congo. Cette question sera cruciale et pour le président sensé conduire la transition et pour celui qui sera élu dans la suite au suffrage universel. Pour ce faire, les deux acteurs-clé de l’avenir du Congo-Kinshasa auront tout intérêt à s’entourer des services précieux d’un Think Tank aguerri en géopolitique, travaillant en synergie avec les services de renseignement qui lui fourniraient des informations précises en temps réel pour devenir véritablement une officine de stratèges commis à conseiller les mandataires de l’État et à les aider à prendre la bonne direction. 

  1. Les élections non organisées mais assorties d’un glissement sous Kabila 

Il s’agit à ce stade du refus de Kabila pour une passation pacifique du pouvoir et de l’application en territoire congolais, du schéma de Nkurunzinza au Burundi. 

Le constat actuel est que les nombreuses promesses de Kabila en vue d’organiser les élections en RDC ressemblent à un enfumage parce que le concerné refuse catégoriquement de se soumettre à l’article 220 de la Constitution qui lui interdit d’aller au-delà de deux mandats constitutionnels. Ayant essayé par tous les moyens de contourner la loi, Kabila se sent coincé de toute part. Ses grandes réticences à se prononcer là-dessus tout comme son refus de nommer un dauphin pour représenter sa famille politique au prochain scrutin présidentiel conforte les craintes d’ Herman Cohen qui lui a rendu visite à New York (sur invitation de Kabila) et à qui il a fait comprendre, entre les lignes, sa volonté de glissement pour longtemps[6]. 

Dans ce contexte, deux voies  plausibles s’ouvrent. 

Soit Joseph Kabila se décide de diriger la RDC par défi selon le schéma qui a été appliqué au Burundi soit alors, dans une stratégie consistant à couper l’Est de l’Ouest, il se résoudrait à créer une zone-tampon tant pour y créer un petit état indépendant avec l’option de reconquérir la RDC que pour s’en servir comme une base-arrière en vue de relancer le projet cynique de la reconquête du Congo de Lumumba. C’est aussi dans ce contexte qu’il faut comprendre les efforts diplomatiques de Kabila pour s’attirer les faveurs de la France moyennant des grandes concessions à caractère économique[7] et ce, en vue de pouvoir diviser les cinq membres du Conseil de Sécurité de l’ONU vis-à-vis de son futur projet politique. 

L’analyste politique, Christophe Habonimana, nous informe qu’au mois de février 2017, le patron du Service de Renseignement (SNR en sigle) au Burundi a apposé sa signature sur un mémorandum d’entente entre le mouvement rebelle des maï-maï Yakutumba et l’État du Burundi afin de collaborer ensemble en s’accaparant tout l’Est de la RDC quitte à mettre des bâtons dans les roues de tout mouvement rebelle burundais.[8] 

Les Maï-Maï s’en mordront bien les doigts quand ils s’apercevront que l’État burundais joue un double jeu avec Kinshasa. Il y a comme une conspiration entre eux ou l’exécution en cours d’un plan macabre qui permettrait au Président Joseph Kabila de demeurer dans son fauteuil présidentiel. Cette connivence de longue date entre Kabila et Nkurunzinza, entre Bujumbura et Kinshasa pourra donner une tournure inattendue à la crise congolaise dans le prochain avenir. 

Dans cette première hypothèse où Kabila se serait décidé de diriger le Congo par défi, les congolais devront s’attendre à découvrir un Kabila doublement plus cruel que dans le passé. Tous les préparatifs en termes d’achat des armes sophistiquées, des alliances avec des nombreuses milices étrangères déjà en place au Congo, des forces spéciales sans parler de l’installation des bataillons rwandais dans les zones chaudes et réfractaires à son pouvoir, allaient dans le sens de parer à pareille  éventualité. Tous ces gros moyens sont prêts pour perpétrer des massacres en masse pour pouvoir bâillonner les velléités de libération de tout un peuple. Mais cette violence extrême peut devenir pour Kabila un couteau à double tranchant.  Elle peut tourner en sa faveur tout comme en sa défaveur au point où l’opinion internationale s’y mêlait et l’accusait de crimes contre l’humanité. 

Dans la deuxième hypothèse de créer une zone-tampon, des informations persistantes venant des sources fiables donnent à Kabila le projet de délimiter sur le Sud Kivu via la plaine de Ruzizi, Uvira et Fizi, un territoire de plus de 300 kilomètres carrés à l’Est du Congo. Territoire où il compte s’établir comme président, y emportant les 15.000 militaires de sa Garde Républicaine. 

C’est dans cette optique qu’il faille inscrire les récentes gesticulations de la fausse rébellion du Mai Mai Yakutumba. Dans la vidéo diffusée sur la toile à partir de Makobola,  le colonel porte-parole nomme cette rébellion comme le Coalition AA64, à savoir la Coalition de l’Alliance pour l’Article 64 ayant pignon sur rue à Uvira, à Rutsuru, à Masisi et à Beni, cette aire géographique là même où justement se profile la délimitation de cette nouvelle républiquette. 

D’autre part, il faut bien se méfier des déclarations incendiaires de ce colonel contre Kabila dont il promet de renverser le pouvoir. Le Mouvement du 23 mars, en sigle M23, (remarquez des similitudes dans la dénomination) prétendait lui aussi en 2012 « rétablir la vérité des urnes en faveur du candidat Etienne Tshisekedi alors que l’ex-CNDP dont ses combattants étaient issus avait fusionné avec la plate-forme politique de Joseph Kabila et l’avaient fortement soutenu pendant ces mêmes élections contre le même Tshisekedi »[9] qu’ils prétendaient soutenir. 

Les événements militaires d’Uvira font étalage de la stratégie de mensonge et de diversion propre aux rwandais et aux héritiers de l’AFDL en poste à Kinshasa. Tenez ! Le meneur de mouvement AA64, répondant au nom de William Amuri Yakutumba est un un ex-officier des FARDC et, bien curieusement, il n’est personne d’autre que le cousin de Néhémie Mwilanya, l’actuel Directeur de cabinet de  Kabila en  même temps qu’il s’avère être un très proche du président Kabila et de Kalev Mutond. Au dire de plusieurs sources, cet officier supérieur aurait été chargé par la kabilie d’infiltrer les milieux Mai Mai et donc dans ces conditions, l’on n’ a pas besoin d’être intelligent pour comprendre que cet officier agit « en service commandé » à Uvira. 

Cette masse d’informations sur l’identité de cet officier supérieur illustre la complexité dudit dossier dès lors que l’on sait que ce groupe Mai Mai dont se réclame William Yakutumba, possède, tout comme Joseph Kabila, sa base-arrière au Burundi. Bref, et les Mai Mai et Kabila traitent avec un seul et même allié burundais. Trop de convergences parallèles pour ne pas y voir une énième rébellion fabriquée juste pour ruser l’opinion congolaise qui louerait le sens patriotique de ces faux rebelles là où le commanditaire de ce derniers qui tire les ficelles vise simplement à bloquer les élans congolais à leur libération à l’approche du délai butoir du régime de Kinshasa. 

Devant le refus catégorique du peuple congolais de le voir rempiler, d’autres sources concordantes basées à l’Est affirment que « Joseph Kabila tiendrait en réserve des troupes dans la région de Bujumbura, au Burundi, pour attaquer l’est de la RDC et qu’il aurait choisi le pays de Nkurunziza (le Burundi) comme arrière-base de l’invasion à partir de laquelle il envisage lancer  des attaques sur le Sud-Kivu via la plaine de Ruzizi, Uvira et Fizi pour en faire un état indépendant. Ce qui du coup nous fournit un faisceau de lumière sur le déplacement au mois d’août dernier à Bujumbura, de la jeunesse PPRD dans le cadre d’échange stratégique avec la milice du pouvoir Burundais nommée « Imbonerakure »[10] et sur d’éventuels préparatifs en cours avant le jour J. 

  1. Une révolution de palais ou un coup d’état militaire 

La courbe descendante de Joseph Kabila, pourtant resté loyal avec le système de prédation du Tutsi Power qui l’a fabriqué et fait roi, confère de plus en plus au président congolais le statut d’un allié gênant et encombrant à cause du rejet massif dont il est victime soit à l’intérieur de la RDC soit à l’échelle internationale. 

Pour empêcher le peuple congolais de se soulever ou de prendre sa revanche sur celui qui a décimé six millions de ses enfants et pour garantir leur contrôle sur le sol et sous-sol congolais, Yoweri Museveni et Paul Kagame s’arrangeraient pour provoquer une révolution du palais. Ayant leurs affidés au niveau des services de renseignement et au haut sommet de FARDC dont le rwandais Charles Bisengimana se prépare à être nommé chef d’état-major dans les tout prochains jours.[11]  Ils auront donc le pouvoir de téléguider un coup d’état et éventuellement l’assassinat de 

Des très proches du général Mundos ont livré des confidences ultrasensibles selon lesquelles, pour porter à terme le projet de création d’une républiquette de 300 kilomètres carrés, Kabila « s’appuie sur les efforts de certains généraux corrompus des FARDC dont le général Mundos avec les autres tels que Delphin Kahimbi, Olenga, John Numbi, Gabriel Amisi, Rugahi, Bonane et toute la gamme des officiers rwandophones qui patronnent l’armée congolaise et qui doivent collaborer avec le gouvernement rwandais, le principal pilier de la machination et  bénéficier du soutien des Imbonerakure, la milice du pouvoir en place au Burundi.».[12] 

Même si Kabila a pris la précaution de former un bataillon des zimbabwéens pour sa sécurité rapprochée, ces derniers ne pourront pas lui garantir une protection à cent pour cent en face de ces officiers supérieurs qui verraient dans leur transfert vers les plaines de Ruzizi, un énorme désavantage face à la dolce vita vécue jusque là à Kinshasa, bien loin de zones de conflits. Leur refus de prendre de risque pour Kabila contre leur vie personnelle pourrait bien inspirer la bravoure d’un loup solitaire ou encore d’un groupe de hauts officiers pour éliminer physiquement le Rais. Si personne de ces officiers n’aurait le courage de franchir le Rubicon, il faut mettre en exergue la véritable crainte de Museveni et de Kagame vis-à-vis de l’épée de Damoclès de la CPI suspendue sur la tête de Kabila et donc la possibilité que ce dernier une fois arrêté, livre des secrets accablants pour les deux faiseurs de roi à propos des millions de morts congolais dont ils sont tous comptables. Le faire assassiner avant qu’il ne soit arrêté et ne témoigne, resterait pour eux comme la meilleure des options. 

Ne perdons pas de vue le dépôt d’une double plainte à la CPI le 15 août 2017 dernier par deux partis d’opposition rwandaise et par l’APRODEC respectivement contre Sieur Paul Kagame pour les opposants rwandais et contre Sieurs Paul Kagame,  Yuweri Museveni et Joseph Kabila de la part de l’asbl belge. Les deux parties requérantes ont déposé des dossiers bien fouillés pour que la CPI se saisisse d’innombrables plaintes contre Kagame, Museveni et Kabila qui tous trois portent à leur actif plusieurs guerres ayant occasionné de millions de morts, des nombreux déplacements de populations, des viols des femmes, l’enrôlement des enfants sans parler des pillages inouïs des richesses de la RD Congo. 

Dans pareil contexte explosif où Kabila venait déjà d’être approché par la Procureure Fatou Bensouda lors de son dernier séjour à New York pour pouvoir répondre à une convocation de la CPI en novembre prochain, ses anciens alliés peuvent prendre cet acte comme signe avant-coureur d’une future réaction judiciaire en chaîne qui aura des effets dévastateurs sur les protagonistes de ce système d’occupation. Ainsi donc, précipiter un coup d’état en RDC ou organiser carrément un assassinat de Kabila permettraient au Rwanda tout comme à l’Ouganda de faire une fuite en avant en changeant la donne politique pour modifier le cours des événements. Supprimer ce témoin gênant leur permettra au final de garder la haute main sur la nomination du successeur de Kabila. A la lumière de ce qu’ils avaient fait d’Ernest Wamba Wamba à la présidence du RCD ou de Mzee Kabila à la présidence de la RDC, ils pourraient alors mettre en exécution leur vieille méthode de nommer PROVISOIREMENT un sujet d’origine congolaise avant de l’écarter ou carrément de le tuer pour le remplacer par un frère du sérail tutsi. Le résultat ? Ce sera le retour à la case du départ. Le retour à l’occupation congolaise par une clique étrangère avec un nouveau cheval de Troie. Kabila tomberait mais le système de prédation resterait intact. 

  1. L’implosion des masses populaires congolaises frustrées et désespérées 

Un facteur non moins négligeable dans la future dynamique des événements, c’est bien la réaction de plus en plus incontrôlable des masses populaires à qui vivre ou mourir ne comportent plus beaucoup de différence. Ce ras-le-bol des populations devant l’inertie du pouvoir politique peut engendrer des situations imprévisibles dans un proche avenir. Ce sera alors à l’image d’une marmite mise au feu et dont la pression de l’eau bouillante fait sauter le couvercle… 

La crise économique actuelle conjuguée à un horizon réellement bouché de leur avenir peut le plonger dans un tel désespoir qu’arrivée au 31 décembres sans une solution politique claire et plausible, les masses populaires congolaises implosent dans une réaction de masse pour déboulonner les fondations du système d’occupation mis en place par l’AFDL. 

Se sentant trahi par ses mandataires et abandonné par ses leaders politiques de l’opposition qui auraient démontré leur inefficacité manifeste, le peuple congolais se décide alors de se prendre lui-même en charge grâce aux nombreux appels de pied des leaders de la société civile. 

Faut-il encore que ces masses populaires comprennent ce qui distingue le plus mauvais architecte de l’abeille la plus experte. Le premier a construit la cellule dans sa tête avant de la construire dans la ruche. Le résultat auquel le travail aboutit préexiste idéalement dans l’imagination du travailleur. Ces manifestations populaires ne feront pas long feu  si elles ne naissent pas des convictions solides longuement méditées, discutées et conçues pour être enfin imprimées dans la pensée des protagonistes et qu’elles ne poursuivent un idéal  pour la réalisation duquel  chacun est prêt à donner sa vie. 

Ici, de nombreuses expériences ont démontré dans le passé l’infécondité des manifestations populaires dans les rues. Cette implosion populaire pourra arriver à chasser Kabila et son régime à  la seule condition qu’elle soit préparée et encadrée par des stratèges et portée sur la durée pour semer doute et panique dans le camp adverse. Ce qui demande une grande coordination des forces locales et celles de la diaspora, des moyens financiers conséquents pour nourrir les milliers qui feront le front pendant des semaines. 

Le travail titanesque d’éducation civique amorcé depuis des mois par la Cenco via ses nombreuses commissions Justice et Paix diocésaines et paroissiales pour neutraliser la bande de criminels qui a pris en otage le destin du peuple congolais puis la jonction, tout dernièrement à Bruxelles, de ce travail de la Cenco avec Sindika Dokolo et de nombreux activistes de la société civile ayant mis sur pied l’opération « Debout le Congo » pourra être d’un grand prix dans les jours qui viennent à condition de se donner un seul leader qui coifferait toutes leurs initiatives et leur donnera une coordination et une orientation politiques. Ce serait de bon aloi que cette société civile prenne langue avec Denis Mukwege pour coordonner les forces en vue de rendre leur stratégie plus efficace contre le Léviathan. 

En fin de compte, le peuple congolais se libérera totalement quand à l’issue de cette implosion, il se reconstituera en masse critique repensant son histoire, passant, comme le suggère Achille Mbembe, du paradigme de la réfutation à une parole affirmative, le rendant confiant en lui-même[13]. Il pourra enfin commencer à parler de lui-même, de son bien-être et de celui de générations futures de ses enfants et petits-enfants. Tant qu’il se cantonnera dans la logique du contre-discours, il restera toujours dans la sidération d’un discours dominant et dans la fascination de celui qui a occupé ses pensées depuis l’entrée de forces de l’AFDL. Grâce aux effets collatéraux de cette implosion populaire,  l’heure sera  alors venue de se libérer dans son mental en vue de libérer ses énergies intellectuelles et spirituelles pour  se remettre enfin sur le devant de la scène. 

Que faire désormais? 

Conformément à ce que  nous avions annoncé anticipativement il y a deux années via deux études bien fouillées[14], dans le contexte actuel de la région des Grands Lacs, la crise qui secoue le Burundi est un puzzle dont les pièces du conflit sont disséminées dans une stratégie de ruse, qui mêle apparence et réalité pour fixer la force ennemie sur un leurre et pour concentrer ses forces sur son lieu de dispersion. Ainsi donc, derrière la crise burundaise se dessinaient déjà depuis deux ans, de grandes manœuvres politiques qui annonçaient une redistribution des cartes suite aux échéances électorales à venir qui devraient se dérouler au Burundi (2015), au Rwanda (août 2017) et en RD Congo (d’abord prévu en décembre 2016 puis renvoyé plus tard en novembre 2017). Les deux premiers ont déjà franchi le cap. Reste le troisième acteur du club. Que les congolais sachent d’ores et déjà que toute transition concédée à Kabila au-delà de décembre 2017 donnera du temps et des moyens nécessaires pour pérenniser son pouvoir à l’instar de Kagame et de Nkurunzinza. 

Pour tout dire, un simple regard rétrospectif nous enseigne que  le triumvirat Kagame-Nkurunzinza-Kabila avance méthodiquement pour la conservation du pouvoir au-delà des limites constitutionnelles. Ce triumvirat s’adapte aux nouvelles circonstances tant il est vrai que le contexte actuel de la résistance qui a commencé à comprendre son modus opératoire devient plus vigilant et plus alerte. 

La ruse a toujours été la meilleure arme de ces trois hommes politiques. La ruse et la surprise pour être plus complet. Ils s’affairent à ce que l’adversaire ne s’imagine pas quand, où et comment ils vont attaquer. Ils tentent de s’adapter sans hésitation ni distraction de manière flexible au rythme de l’adversaire qui commence à vouloir défendre ses positions. Eux se muent… Ils changent… Chacun de ces trois acteurs acteur joue au caméléon pour prendre les couleurs de son environnement et dissimuler ses intentions profondes. Chacun joue contre la souveraineté de son propre peuple. Au pire, chacun est aussi susceptible de jouer contre les intérêts de ses propres alliés au sein du même club des dictateurs.  Toutefois, si l’adversaire direct de ce club (peuple congolais) ne s’attend pas à leur attaque, alors ils attaqueront. S’il les attend, ils n’attaqueront point. 

Voilà à quoi nous devons veiller les jours qui viennent : ne pas nous laisser distraire dans cette guerre faite de désinformation et de ruse à l’instar des opérations sur terrain qui viennent d’être lancées cette semaine à Uvira mais qui pourront les jours à venir s’étendre jusqu’à Kinshasa[15], le siège des institutions et le symbole de l’imperium du pouvoir en RDC. Le Kivu et l’Ituri étant la poudrière des Grands Lacs et l’axe central de stabilité et de sécurité des états de la région[16], il nous faut voir au-delà des apparences et tracer la véritable trajectoire que suit l’action politique et militaire du triumvirat ci-haut cité pour ne pas nous laisser dicter les règles d’un jeu politique qui nous ôterait l’initiative. De souveraine, notre liberté d’action deviendra piteusement contrainte et imposée du dehors prolongeant ainsi ad vitam notre servitude. 

Voulons-nous, nous peuple congolais, gagner cette guerre ? Voulons-nous vraiment nous débarrasser une fois pour toutes de ce système d’occupation inique et cruel ? Alors prenons en grande considération l’avis d’André Beaufre : « le vainqueur d’un conflit est celui qui sait maitriser l’interaction des volontés des protagonistes, c’est-à-dire son jeu, celui de son adversaire et la confrontation de deux qui s’adaptent au changement de circonstances. C’est à partir de cette dynamique évolutive qu’il conviendrait de concevoir et de conduire toute stratégie… Dans ce face-à-face tactique, l’action de l’un lie celle de l’autre, mais le stratège qui le comprend effectue un premier pas vers la victoire. » 

Le sixième stratagème chinois consistant à faire beaucoup de bruit à l’Est pour attaquer à l’Ouest est en voie d’exécution. Des signes avant-coureurs s’accumulent à l’Est qui nous indiquent la direction des efforts déployés par le triumvirat aux fins d’entraîner notre désintégration politique et de nous faire accepter l’inacceptable, à savoir les nouvelles conditions de gouvernance qu’il veut nous imposer. D’où l’urgence continuelle du monitoring de l’esprit adverse pour pouvoir nous élever au-dessus de ses desseins et nous rendre capables de lui dicter notre initiative à nous et de parvenir enfin à la victoire de l’instauration d’un État de droit. Voulons-nous réellement commencer la nouvelle année 2018 dans la liberté ou dans la servitude ? A chaque congolais de donner sa réponse…

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27 Jan

 

Charles Onana : « Ce que je craignais pour la RDC est bel et bien arrivé »

Ce que je craignais pour la RDC est bel et bien arrivé. Ils se sont précipités à la soupe. Ils ont couru à la chasse aux sièges ou aux strapontins, humiliant le pays tout entier, foulant au pied la constitution de la RDC, ignorant les millions de morts Congolais, oubliant les sacrifices consentis depuis des années par la jeunesse de ce pays et par les Maï-Maï, que le communauté internationale avait traité de « forces négatives » alors qu’ils luttaient contre l’occupation de leur pays par le Rwanda et l’Ouganda.
 
A Kinshasa, il y a eu de l’effervescence ces derniers temps. On aurait discuté dans le dessein de sortir le pays d’une crise politique aiguë et certains se sont traînés ou ont été traînés dans de pseudo-négociations pour parvenir, au terme de prétendus débats houleux, au maintien de Kabila au pouvoir ; jetant à la poubelle la constitution et piétinant au passage la dignité et la souveraineté de la République Démocratique du Congo.
 
Et la date du 19 décembre qu’ils brandissaient aux Congolais ? « Vous verrez, il partira », martelaient-ils dans les médias et les forums sur internet à propos de Kabila. Il n’est pas parti. Pis, ils se sont tous rués à ses pieds, se battant ou se bousculant, pour le servir ou rester à ses côtés, lâchement, indignement et pitoyablement. Toute honte bue, jusqu’au mépris de soi et à l’aliénation de soi, ils ont affiché ce que l’Afrique a de laid et de servile.
 
Quand rendrez-vous au peuple congolais sa fierté et la justice pour : ses millions de morts, ses centaines de milliers d’enfants traumatisés, ses milliers de femmes violées, ses centaines de réfugiés, ses villages défigurés, ses forêts dévastées ? Quand oserez-vous tutoyer l’occupant qui, chaque jour, vous humilie, vous rabaisse, vous met plus bas que terre et se pavane dans vos rues, cherchant du regard celui ou celle qui osera le défier ? Avez-vous vraiment oublié les propos de Paul Kagame, votre bourreau arrogant ex-maquisard à la culture sommaire, celui qui empêche vos femmes et vos enfants de circuler librement à l’Est du pays, celui qui, depuis 2001, s’attelle au pillage de vos ressources naturelles et qui arrive le jour du cinquantenaire de l’indépendance du Congo avec deux heures de retard avant de s’affaler dans son fauteuil à la tribune pour feuilleter un journal sans intérêt sur son soldat Kabila, question de bien vous faire comprendre que vous n’êtes rien chez vous et que vous ne pouvez rien contre lui ?
 
C’est bien cet homme-là qui a choisi votre président périmé que vous avez indélicatement reconduit et qui vous roule dans la farine depuis 2001. C’est bien celui que vous appelez en privé « le taximan » qui vous épuise ou qui vous fait danser comme des marionnettes et qui a refusé de partir le 19 décembre 2016 (fin de son mandat) alors que vous parliez à qui voulait vous entendre du respect de la constitution.
 
Paul Kagame, dont vous avez peur de prononcer le nom à Kinshasa pousse, avec votre appui direct ou indirect, la RDC au suicide et ne cesse de tenir des propos désobligeants à l’égard des Congolais en soulignant notamment que la classe politique congolaise est incapable de régler ses problèmes ou ceux qu’il cause lui-même à la RDC. Et chaque fois, vous vous taisez, vous pliez, vous baissez le regard, vous lui donner raison.
 
L’ancien Premier ministre rwandais, Faustin Twagiramungu, écœuré de vous voir tourner en rond à la veille de Noël, a dit, à haute voix, que c’est Kagame qui a choisi votre président avant de se demander, en parlant de Kabila, « comment un aide de camp de Kabarebe, l’actuel ministre de la Défense du Rwanda, est devenu multimillionnaire et président de la RDC ».
 
Ce Kabarebe lui-même s’en était vanté dans la presse en disant : « Joseph a eu les pires difficultés à s’adapter à la vie de soldat. (…) Il ne savait pas quoi faire. Je lui ai donc tout appris ». Il ajoutait : « Joseph Kabila est incapable de regarder les gens en face. Je n’ai jamais perçu chez lui, une quelconque aptitude au commandement ». Pourtant, ce Joseph, votre « taximan », vous commande et dirige la RDC depuis 15 ans. Le peuple n’en veut plus mais vous le supportez en acceptant gloutonnement ce qu’il vous fait avaler. Vous avez frénétiquement relayé l’appel du 19 décembre 2016 du parlement européen avec le slogan « Kabila doit partir ». Il est toujours là et vous allez peut-être bientôt l’applaudir. Votre slogan est-il mort le 19 décembre ou l’avez-vous enterré ? La montagne a-t-elle accouché d’une souris au point que vous préférez cajoler cette bête disgracieuse ? Et les promesses au peuple congolais après le 19 décembre ? Que sont-elles devenues ? Et l’espoir de la jeunesse qui a manifesté dans la diaspora croyant que Kabila partira, vous en faites quoi ?
 
Et tous ces jeunes « combattants » qui, à Londres, Paris, Montréal, Bruxelles, essayent avec des moyens dérisoires de redresser l’honneur du Congo et de rendre à leur façon la dignité aux Congolais, vous en faîtes quoi ? Ils sont fichés les uns et autres à Kinshasa et ne peuvent rentrer passer des vacances chez eux. Avez-vous plaidé leur cause dans vos négociations ?
 
A Kinshasa, vous êtes « fiers » d’avoir négocié, un peu comme à Sun City, Naïrobi, Kampala, Lusaka, Addis-Abeba, … pour finalement gouverner avec Joseph, qui ne part pas, et avec Azarias & Co. Vous avez mobilisé la jeunesse congolaise sur internet, dans les associations et meeting pour rester finalement avec Joseph, le troisième œil de Kigali, et bredouiller aujourd’hui quelques phrases incohérentes ? Vous avez donc accepté que le dictateur rwandais et son réseau congolais vous dominent à nouveau et vous humilient chez vous en leur disant merci : tête baissée, visage bosselé et apeuré ? Non ! Vous n’allez tout même pas faire ça ? Vous n’allez pas vous constituer en esclaves volontaires à ce point et marcher piteusement sur vos millions de cadavres parce que vous pensez que l’occupant est « plus fort » que vous ? Vous n’allez pas infliger une telle infamie à votre peuple qui endure déjà beaucoup depuis la période coloniale ?
 
De toutes façons, si vous préférez courber l’échine au point de ne plus en avoir parce que vous croyez que ceux qui terrorisent votre peuple sont « plus forts » que vous, nul ne peut vous en dissuader ! Si vous êtes convaincus que vous avez bien « négocié » avec votre Joseph, nul ne peut prétendre que vous vous êtes peut-être trompés ; même s’il est établi que les multiples « négociations » de dupes sur la RDC depuis plus de dix ans participent de votre asservissement. Si vous croyez dur vraiment que vous avez raison, nul ne peut vous susurrer que vous manquez de cran.
 
Que n’avez-vous pas dit du maréchal Mobutu ? Qu’il était le serviteur des colons belges et américains, qu’il était le laquais de l’impérialisme, etc. Et vous, vous êtes les serviteurs et les laquais de qui pour ramper de la sorte et depuis (1998) tant d’années ?
 
Non ! Je crois sincèrement que le maréchal, avec tous ses défauts, n’aurait jamais accepté ce que vous acceptez actuellement en RDC et ce depuis Sun City. Même Laurent-Désiré, que les Rwandais avaient porté au pouvoir, avait refusé d’être traité comme un chien chez lui par Kagame et ses hommes. Il a dit Non et s’est battu comme un lion. Quant à Patrice Lumumba, il doit se retourner dans tous les sens là où il est en se demandant ce qui s’est passé pour que son Congo tombe si bas. Patrice, pardonne leur, « ils ne savent pas ce qu’ils font », peut-être qu’ils sont trop faibles pour porter très haut la flamme que tu as si noblement porté pour le Congo et pour l’Afrique jusqu’à accepter dans la dignité le sacrifice suprême. Que dire de Mgr Munzihirwa, l’archevêque de Bukavu, lâchement assassiné par les hommes de Kagame ? Il a vaillamment défendu son peuple et vous n’osez même plus prononcer son nom ! Vous avez peur de quoi ? Vous craignez qui pour demander vérité et justice sur sa mort ? Avec de si grands hommes morts pour le Congo et défendant le peuple congolais, votre capitulation et votre défaite souillent leur mémoire et trahissent leurs espoirs.
 
Ce propos que certains jugeront précipitamment comme un réquisitoire n’en est pas un. C’est un simple appel à vos consciences ou ce qu’il en reste, un encouragement à assumer vos responsabilités dans la dignité pour ceux qui pensent en avoir, un recours à l’imagination pour ceux qui pourraient encore la réveiller. La RDC ne doit pas tomber si facilement alors que de dignes fils et filles de ce pays continuent de mourir, à la suite de Munzihirwa, comme Chebeya et Tungulu et des milliers d’autres à l’Est pour que la RDC reste debout. Et elle est debout depuis 1998 par la force, la volonté et le courage de millions de Congolais que Kinshasa ne respecte pas. Cette résistance congolaise doit continuer partout car ce pays mérite mieux que ce qui s’y passe en ce moment. C’est ce que pense d’ailleurs l’ancien Premier ministre rwandais lorsqu’il lance dans un tweet du 26 décembre : « il est temps que les jeunes Congolais de l’intérieur et de l’extérieur se mobilisent pour sauver leur beau pays du néocolonialisme ». Il connaît votre bourreau, il l’a côtoyé de près et vous invite au combat pas à la résignation.
 
Bonne année au peuple Congolais qui, en cette période trouble et pleine d’incertitudes, doit continuer à chanter « indépendance Tcha Tcha » pour signifier qu’il comprend le sens du retour d’Azarias Ruberwa au premier plan et les prolongations non constitutionnelles de Joseph après la défaite des Clinton aux USA. Seuls les aveugles ne voient pas et seuls les sourds n’entendent pas. Si l’on décide d’être à la fois sourd, aveugle et muet, par dessus tout, il est préférable de quitter Kinshasa et de s’exiler au Rwanda, on y sera bien reçu.
 
Charles Onana