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Que nous réservent les mois qui viennent ?

13 Juil

Que nous réservent les mois qui viennent ?

Par Fweley Diangitukwa

24 mai 2017

 L’actuel président, sans légalité et sans légitimité, n’acceptera pas que l’élection présidentielle soit organisée en décembre 2017 et il ne quittera pas le pouvoir sans être contraint par le peuple. Les scènes macabres du Kasaï s’inscrivent dans cette stratégie sordide. Par une réforme constitutionnelle, le PPRD cherchera à organiser l’élection de son autorité morale en recourant au scrutin indirect, précédé d’un référendum, c’est-à-dire en passant par le Parlement où il détient une majorité. Voilà hélas ce qui attend les Congolais si nous ne nous mobilisons pas pour changer cet ordre pprdien.

 À partir du 19 décembre 2016, la RDC est entrée dans l’impasse car la Constitution n’a pas été respectée à cause de la CENCO qui a naïvement décidé d’accorder un bonus d’une année au chef d’Etat sortant. Depuis ce choix anticonstitutionnel, la confusion règne dans notre pays. Les évêques ont voulu trouver à l’amiable une solution de sortie de l’anarchie sans se rendre compte qu’ils plongeaient le pays dans une impasse indescriptible à laquelle ils ne peuvent malheureusement pas remédier. Las d’attendre la nomination d’un Premier ministre issu de leur Accord du 31 décembre 2017, ils ont fini par abandonner le dialogue sans résoudre les dossiers clés : la nomination d’un Premier Ministre sorti du Rassemblement et le calendrier des élections.

En appelant les évêques à piloter le dialogue, le président sortant voulait gagner du temps afin de prolonger son mandat, non plus en s’appuyant sur la Constitution qui ne le lui autorisait plus mais sur un consensus basé sur une simple promesse non signée de sa main. Là, les hommes de Dieu se sont fait avoir. Proprement. Alors que nous les avons prévenus. Avec son nouveau bail gratuit d’une année, le peuple congolais a assisté, complètement médusé, à un théâtre comique, le mercredi 5 avril 2017, au cours duquel un chef d’Etat sans mandat du peuple, donc illégal et illégitime, s’est adressé aux députés sans mandat depuis la fin du mois de février 2017 – et donc eux aussi illégitimes, et aux Sénateurs sans mandat depuis 2012 – eux aussi illégitimes. Malgré cette illégalité et cette illégitimité généralisées, les gouvernants font croire aux citoyens qu’ils agissent dans un contexte légal. Cela s’appelle : « faire du théâtre sur un lieu public : une comédie burlesque ». Il leur arrive même qu’ils évoquent la Constitution [lorsque cela les arrange] qu’ils ont mise de côté en décembre 2016. Au lieu d’avancer, la République marque les pas, comme des élèves devant leur salle de classe. Quel gâchis politique !

Chers Compatriotes, celui qui se dit chef d’Etat de la RDC est sans mandat légal et sans légitimité. La promesse qu’il a reçue d’un groupe apolitique a été signée le 19 décembre 2016, c’est-à-dire 4 jours après la fin du mandat présidentiel. Cette promesse n’est donc pas constitutionnelle. Le peuple congolais ne doit pas se sentir concerné par l’accord de la CENCO qui lui a offert une année supplémentaire sans, au préalable, consulter le peuple que nous sommes. Les discours que le chef d’Etat sans mandat populaire a prononcés à l’Assemblée nationale ou ailleurs ne doivent pas intéresser les Congolais. Nous devons savoir que notre pays est juridiquement sans chef d’Etat depuis le 17 décembre 2016. Voilà pourquoi j’invite mes compatriotes Congolais de souche à ne plus utiliser les termes Excellence et Honorable, car dans la situation actuelle, le chef d’Etat, les députés et les Sénateurs sont tous hors mandat. Le gouvernement actuel n’est pas légitime car il a été formé sans s’appuyer sur un texte légal [la Constitution n’ayant pas été respectée en décembre 2016].

Il est important de dire au peuple congolais que le PPRD est dans une dynamique d’affaiblissement de l’opposition en la désorganisant. Il s’emploie à distraire l’opposition pour qu’elle ne s’occupe pas de son avenir. C’est bien ce qui a toujours motivé l’autorité morale de ce parti. C’est dans ce but que le président Joseph Kabila avait débauché les cadres dirigeants du MLC après l’incarcération de leur chef au CPI. MM. Kamitatu, Mwamba et Thomas Luhaka ont rejoint la mouvance présidentielle. Le premier nommé a fini par la quitter. C’est maintenant au tour de l’UDPS d’être dépecée. L’opération devient facile car M. Étienne Tshisekedi qui était la référence du parti n’est plus de ce monde. Connaissant la légèreté des Congolais et leur amour de l’argent facile par la corruption, le chef d’Etat sans mandat électif débauche maintenant sans état d’âme dans la famille politique de l’UDPS pour semer le désordre et gagner davantage du temps. Le choix de Samy Badibanga et de Bruno Tshibala entre dans la stratégie de distraire l’opposition afin qu’elle ne s’organise pas et ne prépare pas les échéances futures, notamment les élections à tous les niveaux qui n’auront pas lieu en décembre 2017, contrairement au discours officiel. En passant leur temps à se quereller et à attendre d’être nommés par celui qui n’a plus de mandat électif et qui n’est plus constitutionnellement chef d’Etat, les opposants perdent leur chance de gagner les élections futures qui seront, du reste, maquillées si elles ont lieu. En effet, le but principal du PPRD est de distraire continuellement l’opposition en la poussant à passer son temps à protester alors que, pendant ce même temps, le PPRD prépare les prochaines échéances avec l’argent du Trésor public, c’est-à-dire en utilisant les moyens de l’Etat. Les membres de ce parti mènent la propagande à la télévision nationale au vu et au su de tout le monde, pour leur maintien au pouvoir. Il me semble que l’opposition ne voit pas le côté nuisible de cette stratégie pourtant bien visible. À qui appartient la télévision nationale ? Aux seuls membres du PPRD ? Devant un tel scénario macabre, l’opposition qui bénéficie du soutien du peuple doit se distinguer par une contre stratégie qui lui permettra de mettre fin au cynisme actuel. Le pouvoir actuel s’appuie sur les rapports de force qui lui sont favorables car l’armée congolaise a été désarmée au profit des milices présidentielles soutenues par le Rwanda et l’Ouganda. Les moyens financiers sont entre les mains de caciques du régime et ceux qui sont dans l’opposition n’ont rien pour agir et imposer l’alternance au pouvoir.

L’évolution politique dans notre pays montre que l’élection présidentielle n’aura pas lieu en décembre 2017, contrairement à la promesse de la CENCO. Le drame qui se passe dans le Kasaï s’inscrit dans cet objectif. La CENI trouve dans ce désordre affreux le prétexte de ne pas continuer le recensement dans cette province afin de justifier, dans une étape ultime, l’impossibilité d’organiser les élections parlementaires sinon l’élection présidentielle en décembre de cette année [nous l’avons affirmé anticipativement en mai de cette année avant que M. Nangaa ne s’exprime publiquement dans ce même sens].

Après avoir trompé le peuple en 2006 et en 2011, le chef d’Etat sans mandat cherche une autre solution pour se maintenir au pouvoir. Comme il ne peut plus se représenter à un troisième mandat ni organiser de nouvelles concertations nationales ou un nouveau dialogue national, il cherche une autre solution plus douce et plus rassurante. Il me semble que son élection au Parlement par les députés corrompus l’emporte sur les autres scénarios. Vu sous cet angle, il est probable qu’il encourage une élection au suffrage universel indirect en forçant la révision de la Constitution ou en organisant un référendum afin qu’il soit élu au Parlement où il détient déjà une majorité. C’est pour contrer cette stratégie que j’ai affiché, il y a quelques mois, un articlé que j’ai précédemment publié et dans lequel je dis clairement que les Etats unitaires organisent les élections au suffrage universel (scrutin direct) pour permettre au chef d’Etat élu d’avoir une majorité au niveau national et une légitimité populaire  alors qu’il est juridiquement admis que le chef d’Etat soit élu par les députés au Parlement (scrutin indirect) dans les Etats fédéraux. La RDC n’étant pas un Etat fédéral mais unitaire, l’élection présidentielle au suffrage universel direct s’impose. Donc, l’idée d’organiser un référendum sert à autoriser l’actuel chef d’Etat, sans légalité et sans légitimité, à demeurer encore au pouvoir par la voie du scrutin indirect. Nous sommes tous avertis. Comme la Constitution a été mise à l’écart en décembre 2016, ceux qui dirigent notre pays sans mandat n’ont pas le droit d’évoquer cette même Constitution pour organiser un référendum qui conduira au choix du scrutin indirect. Comme ce sont des hommes immoraux, imbus d’eux-mêmes et faibles à l’argent qui sont à la tête de la République, ils sont capables de forcer la note au mépris du peuple en s’appuyant sur les rapports de force en leur faveur. D’où la nécessité que le peuple s’appuie, à son tour, sur le nombre (plus de 70 millions) pour imposer l’alternance. Une minorité gouvernementale sans légitimité ne peut pas s’imposer à une majorité détentrice de la souveraineté populaire. M. Joseph Kabila ne doit pas se moquer du peuple indéfiniment.

En guise de rappel, l’anarchie que nous vivons actuellement ressemble à celle des années 1990, après la Conférence nationale non souveraine. Dans l’intention de bloquer l’alternance démocratique, le maréchal Mobutu a procédé au débauchage des acteurs de l’opposition en les nommant au poste de Premier Ministre sans respecter ce qui a été décidé à la conférence nationale. C’est bien ce que fait l’actuel chef d’Etat sans mandat. On se souvient de la nomination de MM. Birindwa, Mungul Diaka, etc. Ces nominations anarchiques s’inscrivaient dans la volonté de gagner du temps, comme cela se passe actuellement. S’il n’y avait pas eu l’AFDL avec son lot de Rwandais, les Congolais auraient souffert pendant longtemps car, le but de Mobutu était de mourir au pouvoir et de laisser sa place aux ressortissants de son ethnie ngbandi majoritaires dans le MPR, dans l’armée et la DSP. Si vous remplacez les Ngbandi par les Rwandais, vous obtiendrez le même résultat. Nous ne pouvons plus être naïfs une seconde fois.

Pour toutes ces raisons, je demande aux membres de l’opposition de ne pas s’attendre à ce que l’un de leurs soit nommé Premier Ministre par un chef d’Etat illégal et illégitime (car c’est un non-sens écœurant) qui, de plus, n’a jamais respecté ses promesses. La conservation du pouvoir – quel qu’en soit le prix – est sa seule ambition. Préparons-nous autrement pour assurer la transition avec un personnel politique autre que celui qui a trahi la nation en acceptant de composer avec un chef d’Etat sans mandat populaire.

Depuis son arrivée au Congo dans les bagages de l’AFDL, Monsieur Joseph Kabila a toujours pensé que les Congolais sont incapables de se libérer par eux-mêmes, car, ne cesse-t-il de dire, sans les Rwandais, les Zaïrois seraient encore sous la domination du MPR. Nous avons l’obligation de démentir cela et de lui prouver que nous voulons avoir des dirigeants qui participent au développement de notre pays et pas ceux qui utilisent le pouvoir pour leur enrichissement personnel.

En tout cas, M. Bruno Tshibala n’a pas les mains libres et ne gouverne pas le pays. Il est malheureusement devenu un otage au service de celui qui l’a nommé à la Primature. S’il n’a pas obtenu la possibilité de composer librement son gouvernement, que pourra-t-il faire d’autre, à part se contenter de son salaire ? D’un côté le pouvoir nomme des ressortissants du Kasaï à la Primature et de l’autre le même pouvoir tue sans répit dans leur province d’origine. Quel cynisme !

Peuple congolais, préparons-nous car les mois qui viennent seront incertains, voire très incertains.

 

Fweley Diangitukwa

www.fweley.wordpress.com

Dernière publication : « Comment mettre fin à une dictature solidement installée », Paris, éditions L’Harmattan, février 2017.

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Il est temps de prendre place dans la locomotive

14 Mai

Il est temps de prendre place dans la locomotive

La seule réflexion qui vaille la peine à l’heure actuelle est la question suivante : comment faire en sorte que l’opposition soit dans un rapport de forces équivalent à celui du pouvoir, si pas militairement mais au moins contextuellement ? Cette question prioritaire est jusqu’à présent négligée par cette partie de l’opposition qui accepte d’aller à un dialogue déjà boutiqué dans lequel le pouvoir en place connaît déjà l’issue ou, en d’autres termes, a déjà anticipé ce que sera l’issue du dialogue.

En guise de rappel, le maréchal Mobutu avait tout simplement ignoré les conclusions de la CNS qu’il a fermée lorsqu’elle a commencé à traiter des dossiers qui ne lui plaisait pas (question de rapport de forces) et l’opposition de l’époque n’avait pu rien faire au-delà des protestations. Il a fallu attendre l’arrivée de l’AFDL pour changer, hélas en mal, l’avenir du Congo. De la même façon, M. Joseph Kabila et l’équipe qui l’entoure ont simplement ignoré les conclusions des concertations nationales et l’opposition actuelle n’a rien fait pour imposer l’exécution des conclusions desdites concertations (question de rapport de forces).

Le pouvoir actuel a ignoré l’appel au dialogue lancé en 2012 par l’UDPS et il a fallu attendre la fin du mandat présidentiel pour que le même pouvoir accepte, en 2015, l’idée du dialogue non pas avec la feuille de route de l’UDPS mais avec sa propre feuille de route. Comme je l’ai déjà dit à maintes reprises, le pouvoir de M. Kabila a voulu utiliser le dialogue pour organiser le glissement en entraînant l’UDPS, à  son insu, dans son choix de demeurer au pouvoir au-delà du mandat présidentiel. La direction de l’UDPS a mordu, malgré nos multiples appels à la prudence, parce qu’elle croyait qu’il était possible d’utiliser ce dialogue pour imposer ses points de vue et récupérer le pouvoir qu’elle n’a pas eu en 2011. L’espoir a duré l’espace d’un jour. Entre-temps, un médiateur a été désigné non pas par la Communauté internationale comme le souhaitait l’UDPS mais par l’Union Africaine (UA). Néanmoins, l’espoir a été entretenu jusqu’au milieu de la journée. Puis, dans l’après-midi, l’ONU est venue avec sa résolution 2277 imposant l’élection présidentielle dans le respect de la Constitution.  Depuis la publication de cette résolution, on a vu la mouvance présidentielle accélérer à plus de 180 km l’heure jusqu’ à obtenir à l’arrachée la décidions inique de la Cour constitutionnelle (nommée par le chef de l’Etat lui-même) qui permet au président en exercice de rester au pouvoir aussi longtemps qu’il refusera d’organiser l’élection présidentielle pour se voir remplacé par le président élu. L’article 220 de la Constitution est tout simplement ignoré car le pouvoir en place s’appuie sur sa force pour dicter et imposer sa volonté à l’opposition et au peuple qu’il croit être à genoux. Il a y a là une violation flagrante de l’ordre constitutionnel, malgré l’épée de Damoclès qui pèse désormais sur le pouvoir car le droit international public s’impose au droit national (résolution 2277 de l’ONU versus décision de la Cour constitutionnelle).

Devant une telle mauvaise foi du partenaire dans le futur dialogue, faut-il vraiment  se donner tant de peine d’à aller à un dialogue dont l’issue est déjà connue pour les membres du pouvoir actuel qui montrent clairement qu’ils vont rester au pouvoir en violant explicitement la Constitution ? Ma réponse à cette question est éternellement la même : on ne dialogue pas avec une dictature. Il faut mettre en place une stratégie bien réfléchie qui obligera le pouvoir en place de freiner son élan  pour ne pas cogner le mur que l’opposition va placer en face de lui. Voilà la solution. Et si maintenant on nous écoutait un peu ! Oui, il est temps de prendre place dans la locomotive. Il n’y a plus rien à attendre de ce pouvoir qui a bien montré son mépris pour le peuple.

Pour mieux connaître ma pensée sur cette question, j’invite les lecteurs à lire mon livre publié sur Internet en version PDF  et intitulé : « Comment mettre fin à une dictature solidement installée » : www. http://www.editions-mondenouveau.com/#!boutique/kzdtu

Fweley Diangitukwa

http://www.editions-mondenouveau.com

Le 14 mai 2016.

Comment le pouvoir détourne l’attention de l’opposition

28 Mai

Comment le pouvoir détourne l’attention de l’opposition

Par Fweley Diangitukwa, politiste

http://www.fweley.wordpress.com

À chaque crise majeure, il faut que le pouvoir détourne l’attention de l’opposition pour l’obliger à parler d’autre chose que de la crise en cours. Le pouvoir établi doit faire en sorte que l’opposition dépende totalement de lui et de son plan afin qu’elle ne soit pas maîtresse des enjeux futurs, c’est-à-dire qu’elle ne réfléchisse pas aux actions à mener. Pour cela, il faut la distraire continuellement en lui parlant de concertations nationales, de dialogue, de référendum, de gouvernement de cohésion nationale ou d’union nationale, de révision constitutionnelle, de décentralisation ou encore de réforme administrative, d’enrôlement des électeurs, etc. Autant de sujets polémiques qui divisent les opposants et qui permettent au pouvoir de gagner du temps. Il faut occuper l’esprit des opposants au régime par tout ce qui les éloigne de la conquête réelle du pouvoir. De tels débats les empêchent de s’intéresser à l’essentiel (la lutte pour le pouvoir) de sorte que lorsqu’ils se réveilleront, il leur sera trop tard pour s’organiser. C’est le principe de distraire pour régner qui vient renforcer celui de diviser pour régner.

L’initiative d’initier un dialogue (ou un dossier de lutte contre la corruption qui colle à ce régime comme la crotte d’un chien collée à la chaussure) doit être vue comme une volonté de distraire et de diviser l’opinion publique pour gagner du temps et arriver jusqu’à la fin du mandat sans dégât. Cette idée s’inscrit dans l’intention d’étouffer toute révolte populaire en suscitant quelque espoir. Il faut toujours faire croire à une ouverture là où il y a une fermeture totale. En politique, un bon stratège doit chercher à surprendre son adversaire de manière non violente. C’est lorsqu’il rencontre une résistance féroce et une détermination de son adversaire qu’il opte, en dernière analyse, à recourir à l’épreuve de force, c’est-à-dire à la violence. Jamais avant. Il faut paraître dit Machiavel. Il ne faut pas oublier que la politique est un lieu de grande fourberie, seuls les esprits faibles et naïfs croient à la bonne foi des acteurs politiques.

Depuis la Seconde Guerre mondiale, les méthodes fortes ont reculé car elles ne font plus recette dans la politique interne. Seule la politique étrangère reste un terrain d’exercice de la violence.

Les hommes politiques fourbes savent qu’il suffit de créer les conditions d’un espoir pour que la vigueur de la contestation s’amoindrisse en faisant place au débat. Jetez-leur du riz, ils se querellent entre eux. Faites leur une proposition alléchante, ils détournent leur attention de l’essentiel. Il faut, à chaque étape, occuper l’esprit des opposants par de nouvelles idées alléchantes. Oui, il faut savoir entretenir l’espoir dans le but de durer au pouvoir.

C’est dans la socialisation des citoyens que l’on trouve les méthodes d’endormissement les plus efficaces. La socialisation aide à formater l’esprit des citoyens pour les pousser dès la naissance à se soumettre et à ne pas contester le pouvoir. Qu’elle soit familiale, scolaire ou politique, la socialisation limite les aptitudes à la contestation de l’autorité. Toujours distraire, c’est le maître mot.

Il faut, pour cela, occuper le peuple à se contenter d’autre chose que de l’essentiel. Pour qu’il ne s’intéresse pas au mode d’organisation sociale qui l’opprime, le pouvoir politique doit l’inciter à regarder ailleurs, en l’amenant par l’éducation à penser à la formation et à l’insertion professionnelle, à la vie de famille, aux activités dans le quartier, dans la société, etc. À chaque étape, il faut occuper la pensée du peuple par des débats futiles car un homme occupé a un horizon réduit et, plus il est occupé, plus il s’intéresse à ce qu’il fait et moins il est porté à contester l’ordre établi. Moins il tend à se révolter.

Il est nécessaire d’affamer le peuple pour l’obliger à s’occuper de sa survie plutôt que de la politique. À chaque fois que la contestation devient pressante, il faut lâcher du lest pour créer un nouvel espoir, diviser les opposants en cooptant certains par la corruption et par la distribution des postes au gouvernement. En procédant ainsi, on réduit leur tension.

Il faut savoir engraisser les esprits simples et naïfs qui vont soutenir le pouvoir même lorsqu’ils ne sont pas convaincus des bienfaits du régime. Un réseau de distribution des deniers publics, efficace et discret, doit être mis en place. Ceux qui combattent le pouvoir doivent être approchés subtilement. Il faut leur proposer de l’argent afin qu’ils se taisent et n’écrivent plus des critiques incendiaires contre le régime. Aux plus têtus, il faut proposer des postes politiques de courte durée afin de les discréditer auprès de leurs et de les détruire politiquement.

L’invitation au dialogue est une façon de contrôler à distance les préoccupations de l’opposition et de canaliser leurs idées. Il faut faire en sorte que les opposants n’aient pas la possibilité de tracer l’avenir de leur nation car ce rôle doit à tout prix revenir aux hommes du pouvoir et à eux seuls. L’opposition doit être réduite à se prononcer sur ce que le pouvoir lui propose pour la contraindre à se positionner : soit elle s’oppose soit elle accepte. On l’empêche de raisonner en occupant son mental. Ainsi, le processus de prise de décision sur l’avenir de la nation ne peut la préoccuper. Il faut faire en sorte que l’accès aux informations devienne de plus en plus difficile voire sélectif et impossible à ceux qui contestent l’ordre établi afin de donner libre cours à la spéculation.

En faisant régulièrement des propositions au peuple et à l’opposition auxquelles le décideur politique est le premier à ne pas croire, le pouvoir établi occupe le mental des gens et il creuse un fossé entre « eux et nous », entre le peuple et les élites du pouvoir. Il faut toujours susciter l’espoir et donner l’impression d’une ouverture réelle là où tout est verrouillé. C’est bien ce que l’on appelle : le marché de dupes. Pendant qu’ils débattent, le pouvoir réfléchit aux stratégies de sortie de la crise ou de l’impasse. Il faut toujours persuader et entretenir l’usure. Ne recourir à la violence qu’en dernière étape. Diviser l’opposition pour que ses acteurs se querellent. Entre-temps, le pouvoir gagne du temps avant de lancer une nouvelle proposition et de susciter un nouvel espoir.

Pendant que le peuple va à gauche, le pouvoir va à droite sans le dire. Pendant que le peuple va à droite, le pouvoir va à gauche sans le dire. La manipulation dans la conduite du peuple demeure le maître mot. Toujours faire croire que le pouvoir va dans la même direction que le peuple.

Pour éviter d’attirer un quelconque soupçon, il faut plus de divertissement émotionnel à la télévision que des débats instructifs car les esprits faibles aiment ce qui est ludique, futile et passionnel. Par tous les moyens, il faut empêcher le peuple de penser à l’essentiel. Son esprit doit être occupé par l’alcool, la musique et le sexe. Ces subterfuges doivent primer sur le reste car sans ces tranquillisants sociaux, le peuple s’intéresse à l’essentiel.

Pour ceux qui ont déjà adhéré au parti au pouvoir, il faut entretenir la peur de sortir du système et de ne plus bénéficier des conditions nécessaires au bonheur et à la vie facile. Ces femmes et ces hommes acquis au pouvoir surveilleront leurs compatriotes, comme un berger surveille son troupeau. Ils les dissuaderont de s’opposer. Il faut tout faire pour endormir la lucidité des opposants et du peuple. Tout ce qui facilite son éveil en mettant en cause le régime doit être étouffé, combattu et puni sévèrement. Sans action il n’y a pas de changement et donc pas d’évolution.

Le recours au dialogue ou au référendum sert à détourner l’attention de l’opposition et à gagner du temps en imposant à l’opposition et aux Citoyens les points de vue des gouvernants.

Fweley Diangitukwa, politiste

http://www.fweley.wordpress.com

Dans le même sens

Günther Anders dans son livre : « Die Antiquiertheit des Menschen » (L’obsolescence de l’homme) qu’il publie en 1956, écrit à la page 122 ceci :

« Pour étouffer par avance toute révolte, il ne faut pas s’y prendre de manière violente. Les méthodes du genre de celles d’Hitler sont dépassées. Il suffit de créer un conditionnement collectif si puissant que l’idée même de révolte ne viendra même plus à l’esprit des hommes. L’idéal serait de formater les individus dès la naissance en limitant leurs aptitudes biologiques innées.

Ensuite, on poursuivrait le conditionnement en réduisant de manière drastique l’éducation, pour la ramener à une forme d’insertion professionnelle. Un individu inculte n’a qu’un horizon de pensée limité et plus sa pensée est bornée à des préoccupations médiocres, moins il peut se révolter. Il faut faire en sorte que l’accès au savoir devienne de plus en plus difficile et élitiste.

Que le fossé se creuse entre le peuple et la science, que l’information destinée au grand public soit anesthésiée de tout contenu à caractère subversif. Surtout pas de philosophie. Là encore, il faut user de persuasion et non de violence directe : on diffusera massivement, via la télévision, des divertissements flattant toujours l’émotionnel ou l’instinctif.

On occupera les esprits avec ce qui est futile et ludique. Il est bon, dans un bavardage et une musique incessante, d’empêcher l’esprit de penser.

On mettra la sexualité au premier rang des intérêts humains. Comme tranquillisant social, il n’y a rien de mieux. En général, on fera en sorte de bannir le sérieux de l’existence, de tourner en dérision tout ce qui a une valeur élevée, d’entretenir une constante apologie de la légèreté ; de sorte que l’euphorie de la publicité devienne le standard du bonheur humain et le modèle de la liberté.

Le conditionnement produira ainsi de lui-même une telle intégration, que la seule peur (qu’il faudra entretenir) sera celle d’être exclus du système et donc de ne plus pouvoir accéder aux conditions nécessaires au bonheur. L’homme de masse, ainsi produit, doit être traité comme ce qu’il est : un veau, et il doit être surveillé comme doit l’être un troupeau. Tout ce qui permet d’endormir sa lucidité est bon socialement, ce qui menacerait de l’éveiller doit être ridiculisé, étouffé, combattu.

Toute doctrine mettant en cause le système doit d’abord être désignée comme subversive et terroriste et ceux qui la soutienne devront ensuite être traités comme tels. On observe cependant, qu’il est très facile de corrompre un individu subversif : il suffit de lui proposer de l’argent et du pouvoir. »

Günther Anders dans son livre : « Die Antiquiertheit des Menschen » 1956 – p.122.

Les élections de 2016 ne rassurent personne

19 Fév

Les élections de 2016 ne rassurent personne

Il faut être sourd, myope analphabète ou illettré pour croire que l’abbé Malu Malu mis en place par le chef de l’Etat actuel pourrait organiser des élections libres et transparentes. Le croire revient à oublier le but pour lequel cet abbé a été placé à la tête de la CENI. En 2006, cet homme a tellement excellé dans l’organisation des fraudes électorales[1] qu’en guise de récompense ou de remerciement, le régime lui a confié une seconde mission pour réitérer avec brio ses exploits antérieurs. En parlant de trois penalties dont deux ont été validés en 2006 et en 2011, le Gouverneur du Katanga, Moïse Katumbi, a attiré l’attention du peuple sur ce qui était déjà bien connu. Peuple congolais, sommes-nous prêts à valider encore – bêtement et naïvement – un troisième penalty pour que ceux qui vont organiser la compétition se réapproprient le pouvoir alors qu’ils ont tué et emprisonné les Congolais, ils ont fermé les yeux devant les Congolaises violées, ils ont organisé le pillage de nos ressources du sol et du sous-sol, ils ont détourné les deniers publics, bref ils ont lamentablement échoué dans leur politique de développement ? Nous devons refuser d’être amnésiques.

Avec sa configuration actuelle, la CENI ne pourra pas organiser des élections transparentes au suffrage universel. Celles de 2016 seront encore truquées, remplies de tricheries. Elles seront une nouvelle source des disputes et des conflits. L’élection présentielle de 2016 servira à valider l’homme et/ou le régime qui va l’organiser. Souvenons-nous de ce qu’a dit l’ancien président du Gabon, Omar Bongo : « En Afrique, on n’organise pas les élections pour les perdre ». Cela se vérifie en RDC. Ce n’est pas en 2016 que cela changera avec un président de la CENI mis en place par le pouvoir tyrannique.

En 2016, la majorité présidentielle continuera à corrompre les surveillants des opérations de vote, de dépouillement et de compilation en leur proposant des enveloppes pour acheter leur silence et leur conscience face aux fraudes, comme cela s’est passé en 2006 et en 2011. Il est facile d’acheter des femmes et des hommes affamés sans revenu. Les urnes seront de nouveau bourrées et les résultats correspondront aux desiderata des riches au pouvoir et à ceux de leurs commanditaires. Comme par le passé, les procès-verbaux seront falsifiés sans la moindre crainte d’être sanctionnés[2], les bureaux de vote afficheront un nombre de votants différent de celui qui a réellement participé au vote. Quelles que soient les dispositions que les candidats de l’opposition prendront pour placer des témoins dans tous les bureaux de vote et de dépouillement, à l’intérieur du pays et à Kinshasa, rien ne changera car en RD Congo la volonté de tricher précède l’organisation des élections et les surveillants des bureaux de vote sont trop pauvres pour résister aux différentes tentations de corruption. Cette culture honteuse fait malheureusement partie du vécu congolais. Pour les détenteurs actuels du pouvoir, l’alternance signifie simplement mettre en place les mécanismes de leur maintien au pouvoir. Si leur raïs devra nécessairement quitter le navire, ils s’arrangeront pour passer le flambeau à un autre membre de leur groupe. Au cas où, accidentellement, ils seront contraints à céder la présidence à quelqu’un de l’opposition, ils s’organiseront pour se donner une majorité au Parlement afin de mettre le nouveau président de la République en minorité et l’obliger à choisir un Premier ministre dans leur camp. La cohabitation précoce rendra vite le nouveau président inutile voire impopulaire, car il n’aura pas d’emprise sur le Gouvernement. On entrevoit déjà en filigrane la confirmation des Mobutistes qui se sont mis au service de Joseph Kabila pour faire oublier leur passé nauséabond avec le maréchal Mobutu et se refaire ainsi une nouvelle virginité. Tout montre que l’espoir d’un changement tant espéré par le peuple va se transformer en un véritable cauchemar ou en une amère déception.

Le Président Joseph Kabila, qui est très impopulaire et qui ne pourra pas convaincre les électeurs pour se faire réélire après les fraudes électorales de 2006 et 2011, sera probablement imposé malgré les tueries et les arrestations arbitraires des Congolais. Si sa famille politique se trouve dans l’impossibilité d’imposer le président sortant, elle choisira un autre candidat. Il cherchera par tous les moyens à conserver le pouvoir pour contrôler de nouveau le Gouvernement et le Parlement et surtout pour échapper aux sanctions du peuple à cause de sa mauvaise gestion de la res publica. Pour les gouvernants actuels, la corruption reste l’unique moyen de conserver le pouvoir. C’est pourquoi les élections de 2016 ne rassurent personne. Elles ressembleront aux élections précédentes. Déjà, en pleine campagne électorale précédant l’élection présidentielle de 2011, M. Joseph Kabila a dit en parlant de membres de l’opposition : « Unis ou pas, je les battrai ». Il comptait sur le pasteur Daniel Ngoy Mulunda qui allait organiser des fraudes en sa faveur. Déjà, les Sénateurs, les Gouverneurs de provinces, les députés provinciaux sont sans légitimité depuis les 28 novembre 2011 mais ils fonctionnent comme s’ils étaient normalement élus. La RDC vit dans le règne de l’anarchie. Comment, dans ces conditions, pouvons-nous espérer des élections transparentes ?

Aubin Minaku, président de l’Assemblée nationale, s’est déjà exprimé en ces termes : « En 2016, nous garderons le pouvoir comme nous l’avons fait en 2006 et 2011 ». Tout un programme. Le ministre Kin-Kiey Mulumba a dit : Kabila totondi yo nano te et pour mieux soutenir la tyrannie il a créé l’association Kabila désir ; Sammy Basongo a souhaité voir Joseph Kabila au pouvoir pendant 30 ans pour réaliser sa « révolution de la modernité » ; après la révolte populaire des 19, 20 et 21 janviers 2015 à Kinshasa, Yvon Ramazani a insinué que le peuple congolais aurait dû contester le pouvoir de Joseph Kabila au moins après 27 ans de règne comme Blaise Compaoré ; Jean-Pierre Vununu a rendu public son plan de voir Joseph Kabila au pouvoir jusqu’à 2023, etc. Avec de tels propos des membres du PPRD, de la majorité ou des laudateurs, comment peut-on croire qu’ils vont accepter l’idée d’une transition apaisée en faveur de l’opposition ? Non. Un tel état d’esprit montre clairement qu’il n’y a aucune volonté de céder le pouvoir en cas d’échec, comme cela s’est passé en 2006 et en 2011. La RDC n’est pas encore à l’heure de l’alternance pacifique comme au Sénégal. Vivant dans leur propre pays, les Congolais doivent refuser de devenir de simples porteurs des valises des étrangers ou des affidés qu’ils aident à accéder au pouvoir et à s’y maintenir. C’est horriblement inacceptable.

La seule chance de l’opposition reviendrait à présenter un candidat et un seul. Mais le succès de ce seul candidat ne sera pas garanti car la majorité va aligner quelques-uns de ses caciques qui feront croire qu’ils se sont brouillés avec M. Kabila ou avec la majorité afin d’éparpiller les voix du seul vrai candidat de l’opposition et de le contraindre à accepter « démocratiquement » son échec, comme la majorité sortante l’a fait en 2011 en alignant Kengo wa Dondo et consorts. Cette stratégie est déjà en marche avec quelques ténors de la majorité qui font croire qu’ils sont en désaccord avec le régime qu’ils ont gracieusement servi depuis le début.

N’oublions pas que nous sommes dans le contexte d’une élection à un seul tour. Cela signifie qu’un candidat peut être élu avec 20 % voire moins. Quelle que soit la stratégie que mettra en place l’opposition, elle perdra l’élection présidentielle de 2016 en faveur du candidat de la majorité. En s’appuyant sur leur expert ès fraudes électorales – l’abbé Malu Malu –,  la majorité s’arrangera pour conserver le pouvoir qu’elle a appris à chérir. Les élections futures ressembleront donc aux élections précédentes. Le peuple congolais ne doit y accorder aucun crédit, à moins que la CENI soit dissoute et que le PPRD soit contrainte à ne présenter aucun candidat à cause de sa gestion calamiteuse. Or, ces deux scénarios sont loin de se réaliser.

La seule façon de rendre la CENI crédible consiste à remplacer les responsables actuels par d’autres personnes neutres sans passé politique et sans appartenance partisane. L’abbé Malu Malu a des accointances politiques et il utilise la CENI pour servir les intérêts des siens et, au passage, pour s’enrichir rapidement et illicitement. Pour s’en rendre compte, il suffit de voir la facture qu’il a présentée pour les prochaines élections. Elle dépasse le milliard. Cette somme colossale est aussi une façon voilée de ne pas vouloir organiser les élections car elle sera difficile, voire très difficile, à réunir. Sans argent, le président, le Gouvernement, la CENI, etc. vont continuer à fonctionner dans l’illégalité. Mais l’illégalité et l’illégitimité n’ont jamais dérangé les gouvernants congolais !

Aspirer à vivre dans la paix

Les Congolais aspirent à vivre dans un pays où l’éthique de conviction et de responsabilité prévaut, où l’alternance au pouvoir devient une réalité mécanique, où les puissances étrangères ne se mêlent pas de ses affaires intérieures, où les droits humains sont respectés, où les enfants vont étudier dans de bonnes écoles, où l’État crée des emplois et lutte contre le chômage et où les citoyens ont la liberté de choisir eux-mêmes leurs dirigeants.

La paix et l’équilibre régional reviendront en RD Congo lorsque les élections seront organisées par une institution apolitique et lorsque le pouvoir s’appuiera sur la proportionnalité dans la composition du Gouvernement central, dans le fonctionnement des institutions, dans le choix des magistrats, dans la composition du Parlement et dans tous les autres services de l’État central.

Comme le Burkina-Faso, la RDC est dans un mouvement graduel qui aboutira à la victoire du peuple sur la tyrannie. Cela prendra du temps mais il y parviendra. Tous les peuples du monde sont passés par ce temps long. Les Congolais ne doivent pas désespérer mais lutter continuellement et fermement contre les antivaleurs.

S’inspirer des institutions suisses pour sortir la RDC de ses sempiternels conflits

Il existe plusieurs styles de leadership et de management. Certains posent des problèmes et d’autres sont appréciés par les bénéficiaires, c’est-à-dire par le peuple. La Suisse est un bel exemple[3] de new public management qui doit inspirer les futurs dirigeants de la RD Congo. Notre pays a choisi le modèle français de la Ve République, au lendemain de son indépendance, à l’instar de beaucoup d’autres pays africains francophones. Or, l’expérience montre que la politique congolaise est faite de conflits. La dictature a toujours rendu le pays ingouvernable. Pour sortir le pays d’une succession d’antagonismes, il devient urgent de s’inspirer du modèle suisse dans lequel tous les partis politiques sont au pouvoir, même l’opposition. Chaque parti est représenté au Parlement en fonction de son taux de popularité aux élections ou, en d’autres termes, d’après le nombre de suffrages qu’il a obtenus. La présidence de la République est tournante. En Suisse, le président gouverne le pays pendant une année. Les affaires publiques sont dirigées par l’administration publique et le chef de l’État a une fonction protocolaire dans les relations de la Suisse avec les États étrangers. Tout en étant chef de l’État, le président suisse dirige un département, c’est-à-dire un ministère. Il n’a pas plus de pouvoir que les autres membres de l’exécutif. Les trois formes de pouvoir (législatif, exécutif et judiciaire) jouissent de leur totale indépendance tout en s’influençant et en se complétant mutuellement. C’est ce modèle qui convient à la RD Congo pour sortir de ses sempiternels conflits. Il est temps que notre pays fasse un autre choix de son modèle de gouvernance pour consolider la paix et amorcer le développement du Congo. Plus que les règles, c’est le jeu qu’il faut changer dans notre pays.

Fweley Diangitukwa

Président du CLD (Le Congo en légitime défense)

[1] Lire Fweley Diangitukwa, Les fraudes électorales. Comment on recolonise la RDC, Paris, L’Harmattan, 2007.

[2] L’impunité règne en maîtresse en RD Congo.

[3] Lire Fweley Diangitukwa, Leadership et management. L’exemple suisse, éditions Presses académiques francophones, Allemagne, 2015.

 

 

Le journaliste américain d’investigation Richard Miniter confirme : Joseph Kabila possède bel et bien 15 milliards de dollars.

9 Août

Le journaliste américain d’investigation Richard Miniter confirme : Joseph Kabila possède bel et bien 15 milliards de dollars. Ecoutez l’intégralité de ses propos.

http://www.voiceofcongo.net/exclusivite-le-journaliste-dinvestigation-richard-miniter-confirme-joseph-kabila-possede-15-milliards-integralite

Les Africains doivent apprendre à s’assumer

Le journaliste Lanciné Camara parle de l’Afrique et surtout de la monnaie africaine :

http://www.voiceofcongo.net/sommet-a-paris-le-journaliste-africain-lancine-camara-attaque-joseph-kabila-sur-son-imposture