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Pour comprendre le nouvel Appel de M. Muanda Nsemi

17 Août

Pour comprendre le nouvel Appel de M. Muanda Nsemi

Dans son allocution, via une vidéo qui circule sur Internet, le député Muanda Nsemi parle au pluriel : « ya mbala oyo, to marquer quatre buts po to gagner ». Il s’adresse non pas aux Bakongo mais au « peuple congolais », « bandeko ba ngayi ». S’adressant aux soldats, il dit : « ya mbala oyo, na match retour, na sengi na bino, bo balola minduki na bino contre Hyppolite Kanambe, soki bosali yango, toko pardonner bino, mais soki bobaloli yango te, … peuple congolais a ko se souvenir na bino ». Et voici son message le plus fort. En s’adressant aux Congolais de toutes les provinces, il dit : « Peuple congolais, mes chers compatriotes, na sengi bino, to s’attaquer na Hyppolite Kanambe na ba Rwandais naye ».

Il demande aux Congolais de se répartir les tâches et d’agir de façon complémentaire. Au milieu de son appel, il prend un ton pathétique et utilise le Si conditionnel : « ya mbala oyo, soki ba abbés pe ba évêques ya CENCO, bobimisi ba croyants te… bino bo zali ko retenir peuple etambola te (comme en décembre 2016, c’est nous qui précisons)…

Levons-nous tous et marchons ensemble « po nako bengana Hyppolite Kanambe naba Tutsi rwandais naye ». Son message est général car il s’adresse aux soldats, aux policiers, aux évêques, aux catholiques, aux membres de la CENCO, aux kimbanguistes, aux protestants, etc. en utilisant les mêmes termes patriotiques. Il affirme : « l’indépendance ya 1960 ezuamaki grâce ya kintuadi ». Pour ceux qui ne parlent pas le kikôngo, le terme « kintuadi » signifie « union ». C’est parce que Bolikango avait fait défection et avait rejoint Kasa-Vubu que l’Union était devenue possible, car Lumumba avait finalement rejoint la lutte pour l’indépendance en se rapprochant définitivement de Kasa-Vubu jusqu’à l’accession du pays à l’indépendance. C’est donc le « kintuadi » qui avait ouvert la voie à l’indépendance. Sans l’entêtement des Bakôngo et l’intransigeance de Nzeza Nlandu, Kasa-Vubu, Diomi, Kingotolo, etc. rejoints plus tard par d’autres Congolais venus d’autres régions géographiques, le Congo n’aurait pas obtenu sa souveraineté internationale le 30 juin 1960. Ceci est une réalité que personne ne peut contester. Kasa-Vubu a gouverné le Congo avec Lumumba, Ileo, Adoula et Tshiombe et il a  laissé un pays uni.

Nous voici devant les mêmes enjeux sinon devant des enjeux semblables. Qu’allons-nous faire collectivement : nous unir ou nous désunir ? Si le choix est cornélien, souvenons-nous de 1959. Sommes-nous prêts à accepter d’autres massacres au Kongo central, dans le grand Kasaï, dans l’Equateur, d’autres viols des femmes congolaises, d’autres égorgements à Bunia, à Ituri, à Butembo, d’autres emprisonnements des innocents, d’autres humiliations publiques, etc. ? Il est temps de revendiquer la véritable indépendance de notre pays. Il suffit pour cela que TOUS les Kinois et tous les Congolais sortent lundi 21 août 2017 avec un objectif précis : exiger le départ de M. Joseph Kabila qui gouverne la République sans légitimité et sans légalité. C’est l’application de la loi du nombre qui a toujours réussi partout où elle a été utilisée.

L’allocution de Muanda Nsemi n’est pas une expression de la haine ou de la xénophobie, mais un appel aux accents nationalistes pour rétablir l’ordre dans la maison Congo afin que les nouveaux dirigeants respectent la Constitution. Cet appel pathétique est donc une invitation à agir collectivement afin de garantir le succès. En le disant, le député Muanda Nsemi place les Congolais devant un choix : soit nous nous levons tous ensemble pour mettre fin à notre esclavage, soit nous restons à contempler les Bakôngo se soulever seuls et nous resterons collectivement sous domination étrangère via le Rwanda. Le message du député Muanda Nsemi est très clair. De ce fait, il ne doit être ni interprété ni dévié de son contexte pour servir les intérêts du pouvoir en place. Il est temps de nous approprier son message et de nous libérer collectivement contre les occupants de notre pays. Si nous agissons ensemble et gagnons ensemble, il sera plus facile de construire l’avenir et d’imposer la démocratie car ce sera la victoire du peuple et pas celle d’un groupe qui imposera son leader et son parti au peuple. Pour enfoncer un clou, il faut marteler plusieurs fois avec une grande détermination. Approprions-nous le message de Muanda Nsemi et occupons une seconde fois les rues de la capitale le 21 août 2017. Si son combat devient notre combat collectif, la victoire sera certaine.

Dans son message, il dit clairement : « mboka oyo ezali ya biso nyonso » (le Congo appartient à tous les Congolais de souche ». Si le Congo est notre propriété collective, défendons notre partie pour lui éviter une faillite précipitée à cause de l’occupation et du pillage organisé de nos ressources naturelles et humaines.

Il invite les connaisseurs de nos différentes croyances et pratiques à agir pour l’intérêt de la nation afin de nous sortir de la domination, car notre humiliation publique a trop duré.

Le 7 août 2017, les Bakôngo se sont soulevés partout (Kinshasa, Kasangulu, Inkisi, Mbanza-Ngungu, Kimpese, Matadi, Boma, Muanda, Tshiela, partout dans le Kongo central). Malheureusement, les autres ethnies du Congo n’ont pas emboité le pas aux Bakôngo. Pour la journée du 21 août 2017, le député Muanda Nsemi dit : « Ya mbala oyo, na sengi : trois millions ya ba Congolais ba telema ». Pour exhorter les Congolais à se lever, il utilise un conditionnel : « soki (=si) botelemi te, eke botikeli misala nyonso na Bakôngo, biso toko senga indépendance ya Kongo Central. Biso toko longua na biso na RDC, toko tikela bino mboka na bino ». C’est à ce niveau crucial de son allocution que le député Muanda Nsemi n’a pas été compris par ceux qui ne maîtrisent pas l’analyse du discours et qui ont oublié que Muanda Nsemi a construit sa réflexion en s’appuyant sur une hypothèse solide, en postulant : « C’est en nous mettant ensemble que nous parviendrons à chasser Hyppolite Kanambe ». S’il est suivi et si les Congolais dans leur ensemble parviennent à se libérer de la domination rwandaise, sa deuxième hypothèse (Biso toko longua na biso na RDC, toko tikela bino mboka na bino) devient automatiquement inopérante. Il s’agit donc d’une simple menace qui sert à contrôler l’opérationnalité ou le succès de l’hypothèse principale. Lorsqu’on a bien compris cela, toute interprétation négative de son allocution devient désuète ou obsolète. Il ne faut pas écouter son message en se limitant ou en restant au premier niveau (superficiel) car son auteur est à la fois simple, direct et profond.

Il conclut en disant, si trois millions de Congolais sortent et manifestent, alors vive la RD Congo. Ces propos renforcent son hypothèse principale et font taire tous ceux qui l’accusent de tribaliste ou de régionaliste (n’oublions pas qu’il a déjà demandé publiquement pardon aux Bangala, Baluba et Baswahili) car, affirme-t-il, le désir des Bakôngo est de demeurer dans la République.

Notons que le député Muanda Nsemi a choisi de s’exprimer en lingala qui est la langue parlée à Kinshasa. Ce choix n’est pas anodin.

Peuple congolais, levons-nous le 21 août 2017 et mettons fin à notre assujettissement. Déjà 14 millions de morts, c’est plus que sous la colonisation de Léopold II qui a fait 10 millions de morts. Alors, s’il vous plaît, il n’est plus possible d’attendre. Libérons-nous le 21 août 2017. Que les militants de l’UDPS, du PALU, du MLC et de tous les partis politiques qui ont pignon sur rue se lèvent et marchent le 21 août 2017. Que TOUS les Congolais se lèvent. Ensemble.

Notre compatriote, professeur au Canada, Augustin Ramazani Bishwende, nous dit : « Notre révolution doit être collective et non ethnique. De ce fait, il revient à tous les Congolais de s’unir pour le départ immédiat et sans condition de Monsieur Joseph Kabila ».

Pour vous laisser convaincre, écoutez :

https://www.youtube.com/watch?v=9y4c_avb194

Fweley Diangitukwa

www.fweley.wordpress.com

Le 16 août 2017

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