Archive | avril, 2013

JOSEPH KABILA : RWANDAIS, TANZANIEN OU CONGOLAIS ?

29 Avr

Ecoutez d’abord : https://www.youtube.com/watch?v=np9qXbN8IQ0

La  question ci-haut à laquelle je réponds a été posée par le Compatriote Jean-Pierre Vununu. Son texte est plus bas.

Cher Compatriote Jean-Pierre Vununu,

Je vous remercie sincèrement pour votre réponse qui nous permet d’avancer dans la compréhension de ce qui arrive à notre pays.
Je vous transmets ma connaissance sur cette question.

Lorsqu’une femme donne naissance dans une maternité, il y a un document officiel qui est établi par l’institution qui a assisté à la naissance du nouveau-né. C’est ce document, faisant foi, qui est présenté à la commune lors de l’enregistrement. En revanche, lorsque bébé naît à la maison ou hors de la maternité, l’enregistrement à la commune se fait devant un témoin qui certifie que l’enfant appartient bien à la maman ou aux parents. Dans la culture kôngo, le bébé appartient à la femme et c’est la femme qui reconnaît l’homme avec lequel elle a eu le bébé. Les Ba Kôngo avaient fait ce choix pour éviter toute confusion. Mais cette culture n’est pas partagée par toutes les ethnies du Congo. Chez les Ba Ngala, tout bébé d’une femme officiellement mariée appartient au mari qui a versé la dote (la femme est considérée comme « la propriété du mari » et tout ce qui vient d’elle lui revient). C’est une autre manière de voir la filiation. Quoi qu’il en soit, partout, le bébé est déclaré et enregistré à la commune sur la base du document établi par l’hôpital ou sur la base d’un témoignage. D’autres exemples peuvent être donnés. Je ne connais par pour l’heure une ethnie qui se limite à la simple déclaration, et a fortiori, du père seul. Si l’administration agissait ainsi, que se passerait-il lorsqu’un père qui, après avoir volé ou ramassé un bébé, se présenterait à la commune et déclarerait (sans aucun document) être le géniteur ? Non, si on se limite à la simple déclaration d’un homme on créera une société anarchique. Pouvez-vous citer une société MODERNE qui se limite uniquement à la déclaration d’un homme pour reconnaître la filiation ? Personnellement, je n’en connais pas.

Des situations complexes existent. C’est le cas d’une femme volage qui sort avec deux, trois (voire plus) hommes pendant la période de fécondation. Celle-ci ne peut pas dire avec exactitude qui est le père. A Lausanne, une Congolaise mariée à un Blanc a donné naissance à un enfant noir. Conclusion, le mari officiel blanc n’était pas le géniteur (elle est sortie avec deux hommes pendant la même période en faisant la maligne mais la nature l’a trahie). Du reste, l’homme blanc a divorcé sur-le-champ, à la maternité.

Chez les Bachilele (le nom est certainement mal écrit), la femme peut avoir officiellement plusieurs maris. Leur tradition le permet. La femme qui dort avec ses différents maris pendant la période où elle tombe enceinte éprouve souvent de la peine à établir elle-même la filiation à la naissance. Il arrive qu’elle se trompe. Cette question est donc très complexe. La déclaration d’un homme ne suffit pas (excusez-moi la répétition pour besoin d’insistance). Le sachant, le droit prend toutes les précautions pour établir la filiation d’un enfant afin qu’en cas de besoin, la démonstration se fasse aisément. Cela se passait ainsi même pendant la période coloniale.

Vous dites : « La mère, porteuse de l´enfant pendant 9 mois, est bien placée pour connaître le géniteur ou c´est l´homme qui, de fois, peut douter dans le cas d´une épouse moins sérieuse ? N´est-ce pas la parole du Père est capitale dans ce genre de situation ? ». Ma réponse est un non catégorique car c’est la femme qui connaît l’homme qui lui a fait un enfant et jamais le contraire. La parole du Père n’est jamais capitale en matière de filiation. Pour cette raison, en cas de doute, les Ba Kôngo demandent toujours à la femme de dire qui est le père de l’enfant. En matière de naissance, la parole de la femme ressemble à la voix de Dieu. Il ne peut en être autrement. La femme peut se protéger en portant par exemple un stérilet pendant que l’homme croit avoir laissé une partie de lui en elle. Le problème devient encore plus complexe avec l’insémination et l’entrée dans l’ère de mères porteuses.

L’homme a l’illusion d’épouser la femme en réalité, c’est la femme qui épouse l’homme car si elle dit non, quel que soit le degré d’amour que l’homme porte à la femme, il ne pourra pas l’épouser. En matière d’amour, le dernier mot revient à la femme. C’est la femme qui reçoit le spermatozoïde et c’est elle et elle seule qui sait de quel homme est venu l’enfant. C’est donc elle qui fait la déclaration officielle car la femme peut dormir avec un homme en se protégeant et celui-ci peut bêtement croire qu’il a laissé une partie de lui-même dans le corps de la femme alors qu’il en est rien.

 Cher Compatriote Jean-Pierre Vununu,

 Faisons maintenant le parallèle pour le besoin de la cause. Détenez-vous une preuve dans laquelle le président Laurent-Désiré Kabila a publiquement renié James Kabarebe qu’il a présenté comme Congolais pur-sang ? Si votre réponse est non, devons-nous considérer cet individu comme notre Compatriote sur la base de la seule déclaration du président Laurent-Désiré Kabila ? Vous avez déjà escamoté cette question. Pouvez-vous maintenant répondre de façon directe et claire ? James Kabarebe n’était pas venu seul (qui l’a accompagné ou qui l’ont accompagné ?) et lorsqu’il a été chassé du Congo après avoir tenté un coup d’Etat (on ne le dit pas souvent), tous les Rwandais n’étaient pas rentrés avec lui. Vous le savez bien. Certains, dans la confusion la plus totale, ont continué à vaquer à leurs occupations une fois les Rwandais rentrés chez-eux.  D’où la confusion actuelle dans la nationalité. Vous dites, « Pour ma part, je me fie uniquement à ses paroles qu´il n´a pas renié jusqu´à sa mort son fils… », vous devez, en restant cohérent avec vous-même, reconnaître James Kabarebe comme Congolais pur-sang  puisque le président Laurent-Désiré Kabila n´a pas renié sa déclaration sur James Kabarebe jusqu´à sa mort. Qui a été dupé dans tout ça ?

Je reste ferme avec moi-même et je répète mes propos : « Faisons très attention à notre  manière d’analyser les faits sociaux. La seule déclaration de filiation n’a jamais été suffisante. Elle doit être appuyée par un acte (extrait d’acte de naissance par exemple) ».

Certes, l´acte de naissance a besoin de tous les renseignements notamment le nom de la mère (d’abord) et celui du père ensuite. La Commune procède ainsi. Il est vrai, et je l’admets, que cet acte ne peut se faire avec du vent.

 Vous dites : « Dans ce dossier, il ne s´agit nullement d´une thèse selon ou d´après Jean-Pierre Vununu. Laurent-Désiré Kabila nous a présenté Joseph Kabila comme son fils et jusqu´à sa mort voire même pendant la période tumultueuse avec le Rwanda, jamais et jamais il est revenu sur sa parole concernant Joseph Kabila.  Vrai ou Faux ? ». Je vous prie d’ajouter ceci qui est très important :  « Laurent-Désiré Kabila nous a présenté James Kabarebe comme Congolais pur-sang  et jusqu´à sa mort voire même pendant la période tumultueuse avec le Rwanda, jamais et jamais il est revenu sur sa parole concernant James Kabarebe.  Vrai ou Faux ? ». Qui est donc responsable de la confusion ?  Qui a menti ?

 Ne devions pas car il ne s’agit pas de se « prononcer sur la tête de quelqu’un qui plaît ou qui ne plaît pas ». Là n’est pas la question car la tête de tout le monde doit plaire à tout le monde car nous sommes tous une création de Dieu. Il s’agit, dans cet échange, de nous prononcer sur un fait historique et sur votre affirmation disant que « la déclaration du  Père suffit pour établir la filiation ». Je ne partage pas votre affirmation car, pour moi, la parole de la mère est prioritaire et la reconnaissance de l’enfant se fait à la commune sur la base d’un document ou d’un témoignage fiable, pas sur la base d’une simple déclaration.

 Je ne vous apprends rien si je vous dis qu’il existe des situations où des femmes ont fait de faux témoignages moyennant de l’argent et certaines, encore vivantes, n’ont plus le droit de parler en public ni de circuler librement.

 Comme vous, je dis : personne ne reconnaît ou avait vu James Kabarebe pointer l´arme sur Laurent-Désiré Kabila de son vivant  pour se faire accepter de lui ou lui intimer l´ordre de déclarer publiquement qu’il était Congolais pur-sang. Donc, comme vous le dites aussi, « S´il y a mensonge, c´est à mettre sur le dos de Laurent Désiré Kabila ».

 Les Congolais ont grandement besoin de connaître la vérité. Donc, contrairement à votre conclusion, ce débat n’est pas clos. Pour en savoir plus, lire : Fweley Diangitukwa, « Le règne du mensonge politique en RD Congo. Qui a tué Kabila  ? ».

A mon tour, je vous (re)salue fraternellement et patriotiquement.

 Fweley Diangitukwa

www.fweley.wordpress.com

 Cher estimable Prof. Fweley,

 Prière trouver ma réaction en gras dans le corps de votre texte

Les affaires de l’Etat, c’est-à-dire les affaires publiques, sont une question

sérieuse. Vous avez écrit à la fin de votre texte ci-dessous : « Joseph Kabila est Congolais dixit son Père ». Attention,

la cohérence de l’analyse n’aboutit pas nécessairement à la certitude. Selon vous, pour reconnaître la nationalité de

quelqu’un, il suffit de se tenir à la déclaration du père.

Cher Prof.,

Vous dites que je fasse attention car la cohérence de l´analyse n´aboutit pas nécessairement à la certitude. Soit!  Connaissez-vous en dehors de la déclaration des parents, la démarche qui vient avant celle-ci ?  Comment s´effectue l´enregistrement d´un enfant dans nos communes devant l´autorité civile ?  En plus, entre l´homme et la femme qui conteste la paternité soit la filiation après naissance ? La mère porteuse de l´enfant pendant 9 mois bien placée pour connaître le géniteur ou c´est l´homme qui de fois, peut douter dans le cas d´une épouse moins sérieuse ? N´est-ce pas la parole du Père est capitale dans ce genre de situation ?

Le président Laurent-DésiréKabila a présenté JamesKabarebe comme Congolais pur-sang. Dites-nous, sur la base de la déclaration du chef de l’Etat présentant publiquement James Kabarebe comme Congolais pur-sang et l’élevant au rang de chef d’Etat-major de l’armée congolaise sur cette base-là (sa seule déclaration), la RDCongodoit-elle accepter JamesKabarebe comme Congolais ?

Cher Prof.,

Le Feu Laurent Désiré Kabila a accepté publiquement avoir commis l´erreur dans cette alliance de l´AFDL avec les Rwandaisqu´il n´a pas hésité de chasser en RDC. Mais, au nombre de ceux-ci, ne figurait pas celui qu´il considérait toujours comme son fils. Et, ce dernier continua à vaquer à ses occupations une fois les Rwandais rentrés chez-eux.  Pour ma part, je me fie uniquement à ses paroles qu´il n´a pas renié jusqu´à sa mort tandis que pour l´Alliance avec ses alliés, il avait déclaré qu´elle pouvait se défaire lorsqu´il y a danger pour la patrie.

Faisons très attention à notre  manière d’analyser les faits sociaux.  La seule déclaration de filiation n’a jamais été suffisante. Elle doit être appuyée par un acte (extrait d’acte de naissance par exemple).

Cher Prof.,

Vous êtes mieux placé et bien outillé pour savoir qu´avant d´arriver au niveau d´extrait de naissance , la première étape, reste d´abord la reconnaissance par les parents surtout le Papa donc le fécondateur de la femme. Il doit  être d´accord sur la paternité sans quoi, comme ici, l´enfant sera considéré comme sans père et portera seulement le nom de sa maman.  cfr cas de RachidaDati avec Dominique Desseigne. Pour vous dire que l´acte de naissance a besoin de tous les renseignements notamment le nom du père. Cet acte ne peut se faire avec du vent.

Il vous faut trouver d’autres arguments plus crédibles pour étayer votre thèse car votre argumentation ci-dessous est non seulement mince mais en plus elle est vite détruite, comme le démontre le cas de JamesKabarebe. Les Congolais ont grandement besoin de votre réponse. Donc, contrairement à votre conclusion, ce débat n’est pas clos. Pour en savoir plus, lire : FweleyDiangitukwa, « Le règne du mensonge politique en RDCongo. Qui a tué Kabila ? », Paris, éditions L’Harmattan.

Cher Prof.,

Dans ce dossier, il ne s´agit nullement d´une thèse selon ou d´après Jean-Pierre Vununu. Laurent Désiré Kabila nous a présenté Joseph Kabila comme son fils et jusqu´à sa mort voire même pendant la période tumultueuse avec le Rwanda, jamais et jamais il est revenu sur sa parole concernant Joseph Kabila.  Vrai ou Faux ?

Comment  ses paroles peuvent devenir la thèse de JP-Vununu et là, vous allez jusqu´à prendre les Congolais pour témoins comme si Laurent Désiré Kabila fut un astronaute en allant déclarer ces paroles exclusivement sur la planète mars alors qu´il avait fait devant ceux dont vous prenez comme témoins ? Ils n´avaient plus entendu cela avec leurs oreilles ? C´est une invention de ma part ?  Doit-on à titre posthume, refuser la parole de quelqu´un parce que la tête de son fils ne plaît pas certains parmi les vivants que nous sommes ?

S´il y a mensonge, c´est à mettre sur le dos de Laurent Désiré Kabila et pas sur moi encore moins sur son fils. Car personne ne reconnaît ou avait vu Joseph Kabila pointé l´arme sur son Père de son vivant  pour se faire accepter de lui ou lui intimer l´ordre de déclarer publiquement sa filiation à son père.  En plus, pourquoi ne l´a t-il pas chassé de sa cour lorsque les Rwandais furent chassés ?

Mes salutations fraternelles et patriotiques

JP-Vununu

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Nouvelle loi modifiant la CENI : une fuite en avant irresponsable

29 Avr

Nouvelle loi modifiant la CENI : une fuite en avant irresponsable

Fweley Diangitukwa

http://www.fweley.wordpress.com

 Le groupe qui, après les fraudes électorales du 28 novembre 2011, s’était attribué une majorité de force et qui gouverne la République par défi, vient d’ouvrir une nouvelle page qui lui permet, par une opération de fuite en avant, de préparer les échéances prochaines. Depuis 2006, je ne cesse d’attirer l’attention de mes compatriotes afin de ne pas tomber aveuglément dans la stratégie cynique du camp dit de la « majorité présidentielle ». Depuis le règne du maréchal Mobutu, la logique est restée la même : le gouvernement ne résout pas les problèmes de fond mais préfère anticiper pour obliger l’opposition à se positionner suivant le choix qu’il lui impose. Entre 1990 et 1996, l’entêtement de la « mouvance présidentielle » sous le règne du maréchal Mobutu, le blocage de la Conférence nationale et des institutions avaient ouvert la voie à la guerre menée par l’AFDL. A-t-on déjà oublié cela ? La nouvelle loi modifiant la Céni est un piège dans lequel l’opposition ne doit pas tomber bêtement. Cette loi obéit au principe suivant : diviser pour régner.

En 2011, au lendemain des élections présidentielles, M. Joseph Kabila a parlé d’ « irrégularités » à la place des fraudes électorales. Tout le monde sait ce qui s’était passé (il est inutile d’y revenir aujourd’hui, voir les images dans le lien suivant : http://www.youtube.com/watch?v=41pUT-cSImk&feature=youtu.be). Au lieu de sanctionner ceux qui ont organisé lesdites « irrégularités » afin de garantir la paix sociale, le pouvoir actuel préfère se projeter dans le futur sans résoudre les problèmes du passé. La politique de l’impunité est très dangereuse pour la paix sociale. En effet, avec la nouvelle loi électorale, le camp du président Kabila oblige les Congolais à ne plus parler de fraudes et à se positionner désormais sur les enjeux futurs.

Cette présente loi est la première étape avant la révision de la Constitution qui conduira le Parlement à supprimer l’article qui empêche le président actuel de briguer un troisième mandat. Il faut supposer que le pouvoir s’achemine vers ce choix et les Congolais seront de nouveau surpris. Tout va certainement se décider cette année et l’année prochaine. Cette loi n’est donc qu’un début qui annonce les mauvaises couleurs.

J’invite les Congolais, qui ont déploré le recours aux fraudes électorales en 2006 et en 2011, à ne pas tomber dans le piège, à ne pas suivre la voie ainsi tracée par le pouvoir car nous nous retrouverons bientôt dans la même logique que la Céni d’avant 2011, c’est-à-dire dans une situation de déséquilibre qui, en définitive, désavantagera l’opposition et créera de nouvelles tensions auxquelles nous ne pensons pas aujourd’hui. Avant 2011, la composition de la Céni était en faveur du pouvoir. J’avais proposé, à l’époque, que les élections soient organisées par la société civile et par elle uniquement. Aujourd’hui, par un exercice de trompe-l’œil, le pouvoir intègre la société civile dans la composition de la future Commission électorale afin de faire croire à une ouverture de l’espace politique. En réalité, par ce choix, le pouvoir cherche à créer le déséquilibre qui lui sera bénéfique. Les hommes du pouvoir auront ainsi la liberté de mettre en place la stratégie à laquelle ils ont déjà réfléchi : la révision de la Constitution et les élections de 2016 avec leur même candidat ou avec un autre candidat du PPRD qui facilitera la sortie en douceur du candidat actuel. De cette façon, ce dernier ne rendra pas des compte au peuple congolais car il sera protégé par le nouvel élu.

Lisons très attentivement ce qu’a écrit le panégyriste du pouvoir :

« Constitué de 13 membres dont six issus de la majorité (avec deux postes pour le Genre), 4 de l’opposition (avec un poste pour le Genre) et 3 autres de la société civile – le bureau de la Commission est présidé par la dernière composante. Les postes de vice-président, de rapporteur-adjoint et de questeur reviennent à la majorité ; ceux de rapporteur et de questeur adjoint à l’opposition. »

 Toute la stratégie du pouvoir est contenue dans cette composition. Sur les 13 membres, il y a 6 issus de la majorité, 4 de l’opposition et 3 autres de la société civile. Avec le recours à la corruption à laquelle nous assistons depuis 2006, il faut dire que le pouvoir choisira uniquement des membres de la société civile proches de ses opinions et défendant ses choix. Cela signifie qu’en définitive, la future Commission électorale sera composée de 9 membres (6+3) pro « majorité présidentielle » et 4 de l’opposition. Que fera l’opposition dans un tel contexte ? Le camp au pouvoir mise sur ce déséquilibre pour imposer ses points de vue et orienter le futur selon  ses seules attentes, c’est-à-dire la révision de la Constitution et l’organisation de futures élections présidentielles pendant que les élections locales n’ont jamais préoccupé le pouvoir et pendant que les Sénateurs et la plupart des gouverneurs sont sans mandat. L’anarchie actuelle n’indigne pas le camp de ceux qui gouvernent la République par défi.

 Pour éviter des tensions à notre pays, je propose – car il n’est jamais trop tard pour mieux faire – que le pouvoir en place, l’opposition et la société civile ouvrent une discussion sincère sur notre futur immédiat, comme le prévoit la théorie sur la gouvernance. Autrement, il nous faut rapidement adopter la voie suisse, en acceptant tous les partis politiques au pouvoir. Le pays a aujourd’hui besoin d’une véritable conférence nationale souveraine pour nous éviter l’impasse car la politique de courte vue n’assure aucune stabilité. Au contraire, elle crée des frustrations et compromet l’avenir immédiat.

Pour ma part, j’invite les membres de l’opposition à ne pas commettre l’erreur de monter dans le train mis en marche par la « majorité présidentielle » car il est sur une mauvaise voie. Je les invite plutôt à réunir rapidement les pièces d’un autre train dans lequel ils auront la maîtrise de la direction à suivre. Un travail pédagogique auprès du peuple congolais doit être mené dans ce sens.

J’avais précédemment demandé aux députés de l’opposition de ne pas entrer dans un Parlement dans lequel leurs voix seraient inaudibles. Ils ont fait ce qui leur convenait et nous nous rendons maintenant compte qu’ils passent leur temps à assister, comme des enfants, aux décisions prises par le camp qui prétend avoir la « majorité ». Ils sont incapables de défendre les points de vue de leurs électeurs et de respecter leurs promesses électorales. Leur présence au Parlement est un passe-temps et il en sera ainsi jusqu’à la fin de cette législature. Que vont-ils dire demain auprès de leurs électeurs ?

Dans les pays qui respectent les citoyens, la commission électorale procède au recomptage des voix lorsqu’il y a des fraudes ou tout simplement lorsque les doutes sont persistants dans l’opposition. Pour quelle raison ceux qui gouvernent la République par défi n’ont-ils pas procéder ainsi ?

Tout le monde sait que la Céni a fait disparaître et a détruit de nombreuses preuves de fraudes. Au lieu de demander à l’opposition de présenter des preuves, il appartenait et appartient aux organisateurs et aux bénéficiaires desdites fraudes de présenter, par besoin de transparence, les preuves et de procéder au contrôle des voix : bureau par bureau. Sachant qu’ils sont incapables de procéder ainsi, ils accablent l’opposition de présenter lesdites preuves. N’est-ce pas un manque d’honnêteté et une preuve de cynisme de la part du pouvoir en place qui, dans sa fuite en avant, préfère promulguer une nouvelle loi ?

En droit, un procès « irrégulier » est contesté puis annulé. M. Joseph Kabila, bénéficiaire de fraudes électorales, a lui-même reconnu publiquement les « irrégularités » qui ont entaché les élections du 28 novembre 2011. Ces élections devaient être annulées dès la déclaration publique du candidat sortant. Quoi qu’il en soit, le peuple est témoin. Il parle et il parlera encore demain.

L’opposition doit choisir une nouvelle voie utile à notre pays. Elle ne doit surtout suivre ceux qui ne travaillent que pour eux-mêmes. Le but de tout homme lucide est non seulement de prédire,  de prévoir, mais aussi de prévenir. Je viens de remplir le mien.

Aux membres de l’opposition, je dis et je répète : ne tombons pas dans le piège que le pouvoir actuel nous tend car il est très dangereux pour l’avenir immédiat de notre nation.