Archive | novembre, 2013

« La thèse du complot contre l’Afrique. Pourquoi l’Afrique ne se développe pas » : Conférence de Fweley Diangitukwa

16 Nov

Conférence de Fweley Diangitukwa à la bibliothèque municipale de Vevey

http://www.youtube.com/watch?v=zASaO0Mdex0

http://www.youtube.com/watch?v=dAqXQkkg2zc

http://www.youtube.com/watch?v=1qKkzmxZ_A0

http://www.youtube.com/watch?v=DPQh_EPn358

Ecoutez Dr Fweley Diangitukwa commenter son livre intitulé « La thèse du complot contre l’Afrique » pour mieux comprendre le pillage des ressources naturelles en RD Congo et dans les pays africains en général.

Aujourd’hui, ce sont les Africains qui s’entre-tuent (Rwandais et Ougandais contre les Congolais à l’Est de la RDC) pour préserver les intérêts des Occidentaux en Afrique. Et les laudateurs applaudissent, avec leurs deux mains s’il vous plaît, les représentants des Occidentaux placés à la tête des Etats dans le continent pour servir leurs intérêts. Ils ignorent complètement qu’en agissant ainsi ils détruisent leur propre pays et compromettent le destin de l’homme noir sur la terre. Le comportement des laudateurs congolais déchirent profondément le cœur des gens honnêtes. Mais comment leur faire prendre conscience lorsqu’ils ignorent ou semblent ignorer l’Histoire et les enjeux en cours ? Certains parmi eux disent, pince-sans-rire, qu’ils sont prêts à mourir debout pour défendre les intérêts des pilleurs occidentaux, via les bourreaux (affidés) locaux qu’ils soutiennent. Sans conscience, on se ruine et on ruine son pays.

 Fweley Diangitukwa, « La thèse du complot contre l’Afrique. Pourquoi l’Afrique ne se développe pas », éditions L’Harmattan, 2010.

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Nouvelle publication : « COMMENT DEVENIR UN LEADER CHARISMATIQUE ET EFFICACE »

14 Nov

FWELEY DIANGITUKWA & DJAWED SANGDEL

« COMMENT DEVENIR UN LEADER CHARISMATIQUE ET EFFICACE »

Editions Monde Nouveau, Novembre 2013, 328 pages

Prix : 30 francs suisses

Pour commander un exemplaire ou des exemplaires, veuillez nous écrire à :

f.diangitukwa@bluewin.ch

ISBN : 978-2-8399-1268-6

 

Les auteurs

Fweley Diangitukwa, Docteur en sciences économiques et sociales de l’Université de Genève, est professeur de science politique et Directeur de l’École doctorale de SWISS UMEF UNIVERSITY. Il a publié des livres sur la gouvernance, le pouvoir, la méthodologie de recherche, le développement, la géopolitique, la stratégie, etc. qui sont utilisés comme manuels d’enseignement dans plusieurs Universités du monde.

Djawed Sangdel, Docteur en management et en entrepreneuriat, a une expérience pratique d’environ soixante-dix-huit pays dans le domaine de gestion. Il est le président de SWISS UMEF UNIVERSITY qui est active sur trois continents : à Genève en Suisse, à Kaboul en Afghanistan et à Dakar au Sénégal. Son dynamisme et sa détermination sont à l’origine de son succès entrepreneurial.

Contenu

pp. 13-17

Dans une société moderne où les femmes et les hommes sont plus rationnels, plus informés et plus exigeants, comment peut-on justifier la présence d’un leader ? De même, dans une société moderne où les hommes et les femmes exigent le recours à la démocratie qui est le pouvoir du peuple par le peuple et pour le peuple – c’est-à-dire le gouvernement de tous issu du respect de la volonté générale –, comment peut-on justifier la présence d’un meneur dans la société ? Pour le dire différemment, pour quelle raison, dans toutes les formes de régime politique, les foules ont-elles toujours ressenti le besoin d’avoir un chef (leader) pour agir ? Pour quelle raison, livrées à elles-mêmes, les foules ressemblent-elles à des moutons sans maître ?

Tout au long de ce livre, nous tâcherons de répondre à ces questions cruciales qui justifient en quelque sorte la présence d’un leader et le leadership à travers le temps. C’est l’urgence de répondre à ces questions qui nous a conduits à écrire ce livre. Nous proposons des analyses et des réflexions qui permettent aux lecteurs de découvrir progressivement les différents aspects de la problématique.

Notre première hypothèse de travail est simple. Nous postulons que les pays qui ont des leaders de type Leader par défaut, Affectif, Patriarche et Winner ont plus de problèmes que les pays qui ont des leaders de type Chef d’équipe, Créateur ou Sage. Pour se développer, les pays appartenant au premier groupe doivent se donner des leaders qui agissent comme ceux du second groupe.

Notre deuxième hypothèse est l’idée suivante : les styles de leadership appliqués aux entreprises peuvent être appliqués au fonctionnement d’un État car une nation ressemble à une grande entreprise. Si « la valeur d’un dirigeant (manager) doit se mesurer à ses performances économiques, ce qui ne signifie pas nécessairement la création de profits maximaux mais plutôt de profits suffisants pour couvrir les risques pris et éviter des pertes à l’entreprise », la valeur d’un leader politique doit se mesurer au degré de satisfaction des citoyens, ce qui ne signifie pas nécessairement la création de salaires importants mais plutôt de conditions de vie satisfaisantes pour éviter des contestations, des conflits et des guerres à la nation.

Les entreprises, comparables à une nation, remplissent trois rôles essentiels : la production (de l’entreprise) ressemble au rôle rempli par le peuple, le management ressemble aux institutions et le rôle du manager-leader ressemble à celui des dirigeants dans une nation. Le rôle de manager et/ou de leader est absolument crucial dans le développement de l’entreprise ou de la nation.

Dans notre troisième hypothèse, nous postulons que les pays qui promeuvent le leadership participatif assurent leur développement tandis que les pays qui connaissent le leadership autoritaire retardent leur développement. Cette hypothèse nous conduira à prouver que les pays du tiers-monde, en particulier les pays africains, ne se développent pas à cause de leurs leaders. Ces pays ont des leaders qui gouvernent selon le modèle autocratique et tyrannique là où les pays développés s’inspirent du modèle adhocratique et participatif propre aux industries de pointe qui innovent régulièrement et qui réagissent rapidement à des marchés capricieux. Les leaders à l’ancienne, de type Leader par défautPatriarcheWinner, n’aident pas leurs pays à se développer. On peut certes évoquer la mainmise des États étrangers et des firmes transnationales sur la gestion des pays africains, mais les bons leaders sont justement ceux qui savent trouver des solutions aux situations difficiles. Cette excuse ne justifie donc pas le fait que les pays africains sont mal dirigés et mal gouvernés à cause de la qualité des leaders car beaucoup d’entre eux se complaisent dans la soumission aux grandes puissances militaires et aux firmes transnationales qui organisent le pillage des ressources naturelles des pays du tiers-monde et qui procurent le soutien nécessaire à leurs affidés pour les aider à se maintenir au pouvoir.

Nous postulons dans notre quatrième hypothèse que le rôle des femmes est négligeable dans le management et le leadership à cause du poids culturel (l’éducation reçue) et de la place qu’occupent les femmes dans la société.

Si nous avons l’ambition de réunir un certain nombre d’éléments relatifs au concept de leadership, nous n’avons pas la prétention de construire une unité globale du savoir sur ce concept. Il est connu que « entre le réel et le concept, la distance est infinie. Nous ne pouvons donc jamais connaître que des fragments, non point le tout, car le tout est lui-même une espèce de singularité qui défie la somme de toutes les singularités concevables ». Ce sujet ne sera pas épuisé malgré notre volonté de dire l’essentiel sur le leader et le leadership.

En établissant une typologie du charisme, nous faisons la différence entre le leader charismatique et le leader pathologique afin d’éviter toute confusion dans l’analyse. Hitler, Staline, Idi Amin Dada, Mobutu, etc. sont certes des leaders, mais il faut vite préciser en disant qu’ils sont des leaders pathologiques, contrairement à Gandhi, Mandela, Lula, Obama, etc. qui, eux, sont des leaders charismatiques et efficaces. Nous adoptons le profil du chercheur pour comprendre et analyser la conduite de l’homme d’action que la société reconnaît et accepte comme leader.

4ème page de couverture

Contrairement à la tradition largement répandue, le leadership n’est pas inné. Il est le résultat d’un travail de longue haleine sur soi et sur son rapport aux autres. Certes, il faut avoir des prédispositions et des capacités qui facilitent le parcours mais elles ne servent à rien si elles ne sont pas soutenues par l’engagement et la persévérance du candidat au leadership. Pour briller et se distinguer en se plaçant au-dessus des autres, il faut beaucoup travailler. Le coup de chance n’existe pas dans ce domaine. Il faut connaître et appliquer un certain nombre de règles que les leaders les plus charismatiques du monde ont utilisées depuis la nuit des temps. Ce livre décrit les plus importantes et les plus indispensables.

Si le leadership vous intéresse ou vous préoccupe et si vous voulez devenir un leader charismatique et efficace, lisez ce livre. Il vous sera d’une très grande utilité. Vous comprendrez pour quelle raison beaucoup de pays ne se développent pas ou se développent mal. Les causes fondamentales de l’échec cuisant de beaucoup d’entreprises commerciales et des sociétés humaines se trouvent dans le leadership et le management.

Vous découvrirez les erreurs des managers qui échouent et des leaders qui n’atteignent pas leurs objectifs. Ce livre trace la voie royale qui conduit au succès.

Pour commander :

Fweley Diangitukwa

éditions Monde Nouveau/Afrique Nouvelle

1, avenue Rolliez

1800 Vevey

Suisse

 

Publications de Fweley Diangitukwa

Aux éditions L’Harmattan

–   Notre vie est un mystère. Cette chambre-là, May (récit), Préface Éric Sellin, Temple University, Philadelphia, USA, Paris, 2013.

–   La thèse du complot contre l’Afrique. Pourquoi l’Afrique ne se développe pas (essai), Paris, 2010.

–   Les grandes puissances et le pétrole africain. États-Unis – Chine : une compétition larvée pour l’hégémonie planétaire (essai), Paris, 2009.

–   Migrations internationales, codéveloppement et coopération décentralisée (essai), Paris, 2008. Préface de Mohamed Sahnoun, ancien envoyé spécial du Secrétaire Général des Nations Unies dans les Grands Lacs.

–   Les fraudes électorales. Comment on recolonise la RDC, Paris, 2007.

–   Le règne du mensonge politique en RDCongo. Qui a tué L.-D. Kabila ?, Paris, 2006.

–   Géopolitique, intégration régionale et mondialisation (essai), Paris, 2006.

–   Qu’est-ce que le pouvoir ? (essai), Paris, 2004.

–   Pouvoir et clientélisme au Congo-Zaïre-RDC (essai), Paris, 2001.

–   Qui gouverne le Zaïre ? La République des copains (essai), Paris, 1997. Préface de Jean-Claude Willame, Université catholique de Louvain, Belgique.

Chez d’autres éditeurs

–   Méthodologie du mémoire et de la thèse, Presses Académiques Francophones, Saarbrücken, Germany, 2012, 144 pages (grand format).

–   Stratégies pour la conquête, l’exercice et la conservation du pouvoir, Saint-Légier (Suisse), Monde Nouveau/Afrique Nouvelle, 2011, 236 pages.

–   Gouvernanceaction publique et démocratie participative, Dictus Publishing Saarbrücken, Germany, 2e édition 2012.

–   Gouvernanceaction publique et démocratie participative, Saint-Légier (Suisse), Monde Nouveau/Afrique Nouvelle, 2011, 270 pages.

–   Lettre à tous les Congolais. Savoir gouverner et servir la République, Saint-Légier (Suisse), Afrique Nouvelle, 2003.

–   L’exercice du pouvoir au Japon et en Afrique, Saint-Légier (Suisse), Afrique Nouvelle, 2001.

–   Le Paradis violé (roman), Saint-Légier (Suisse), Afrique Nouvelle, 1996.

–   Quelle solution pour l’Afrique ? (théâtre), Saint-Légier (Suisse), Afrique Nouvelle, 1993.

–   Maréchal Mobutu, je vous parle (pamphlet), Saint-Légier (Suisse), Afrique Nouvelle, 1990.

–   Couronne d’épines (poèmes), Paris, Saint-Germain-des-Prés, 1985.

–   Cette chambre-là, May (récit), Matadi, CEZ, 1985 et Saint-Légier (Suisse), Afrique Nouvelle, 1990. Préface Éric Sellin, Temple University, Philadelphia, USA.

Lu pour vous : Le Cardinal Monsengwo rejette les concertations nationales

6 Nov

 

Monsengwo rejette les concertations nationales.

MARDI, 05 NOVEMBRE 2013 11:52

Laurent Monsengwo Pasinya n’a toujours pas sa langue dans sa poche quand il faut soutenir la voie de la justice et de la vérité. Quand il a été question de réviser la constitution en 2011, Monsengwo était parmi les premiers à s’inscrire contre la démarche de l’ex AMP -Alliance de la Majorité présidentielle. De même, à l’annonce de la victoire de Joseph Kabila au terme des élections du 28 novembre 2011, le Cardinal n’a pas manqué de dénoncer avec toute vigueur les irrégularités qui avaient caractérisées le processus électoral. Il est allé jusqu’à confirmer que les résultats de Daniel Ngoy Mulunda Nyanga, donnant Joseph Kabila gagnant, ne reflétaient ni la vérité des urnes ni la justice. L’Eglise catholique ne s’était pas encore exprimée sur les concertations nationales.
Les déclarations faites par le Cardinal Archevêque de Kinshasa, le samedi 02 novembre au centre Lindonge, contre le prolongement du mandat politique, reflète en faite la position de l’Eglise sur les résolutions issues des concertations nationales. Avec cette position, l’Eglise ne souscrit pas à la démarche des concertateurs qui envisagent l’organisation du recensement général de la population avant les élections présidentielle et législatives nationales. 

Revoilà, Monsengwo au devant de la scène pour contrer toutes manœuvres du régime en place visant la prolongation du mandat de l’actuel président de la République, Joseph Kabila, au-delà de 2016. L’Archevêque s’est prononcé sur cette question, à l’occasion de la messe de célébration de ses 50 ans de sacerdoce. Il était devant des milliers des fidèles catholiques, réunies devant le Sanctuaire de Centre Lindonge dans la commune de Limete. Le chef de l’Eglise Catholique de Kinshasa a soutenu à haute voix que les dirigeants politiques et même religieux doivent cultiver le sens de l’humilité dans les services. Ils sont tenus d’exercer leur mandat, suivant les normes, textes et lois établis.

«Nous devons avoir le courage de respecter le mandat prescrit par les autres, car Dieu n’aime pas les dictateurs», a exhorté le Cardinal.

Monsengwo dans son prêche, a insisté sur le fait que les hommes politiques devraient éviter de s’éterniser inutilement au pouvoir ou chercher à consolider leur position au sommet de l’Etat, via des voies peu démocratiques. Il conseille que tout dirigeant ayant rempli son mandat en bonne et du forme ou n’étant plus en mesure d’exercer, ait le courage de partir ou de céder le fauteuil en toute sportivité et légalement.

Monsengwo relève l’exemple de l’ancien Pape Benoit XVI, qui suite à son indisponibilité liée au poids de l’âge a fini par jeter l’éponge. Ce cas de Benoit XVI, a-t-il dit, doit servir d’exemple, au sein de l’Eglise tout comme chez les responsables politiques ; puisque servir son peuple n’exige pas nécessairement d’être aux Affaires. «On peut être au service de la nation même en dehors de la chose publique», a indiqué le Cardinal.

A travers ce discours, très accueilli par les milliers des fidèles catholiques et dans des états-majors politiques, Monsengwo vient donc de battre en brèche certaines résolutions issues des concertations nationales dont la nature profonde n’a de finalité que de prolonger le mandat des quelques institutions de la République au-delà de 2016. Par exemple la résolution sur le recensement et celle envisageant les élections locales avant les législatives nationales et la présidentielle.

Le modérateur de la cérémonie de 50 ans de sacerdoce de Monsengwo et le président de la Légion de Marie, tout en saluant les propos du Cardinal, ont promis d’accompagner ce dernier dans ses activités pro-démocratie.

A l’unisson, ils ont noté que le combat politique, Monsengwo ne l’a pas commencé aujourd’hui. C’est depuis sa tendre jeunesse, qu’il est au devant de la scène politique pour promouvoir la vérité, la justice, la démocratie et le bien-être de la population. Ses actions ont marqué l’histoire politique de l’Afrique centrale. Quoi de plus normal à Dieu d’accorder encore quelques années à celui que les catholiques de la Capitale appellent affectueusement «Tata Episcopo wa Lokumu».  SAMUEL MBUTA/FADI LENDO

Nécessité d’élire les juges de la Cour suprême de justice ou de la Cour constitutionnelle au suffrage universel

1 Nov

Nécessité d’élire les juges de la Cour suprême de justice ou de la Cour constitutionnelle au suffrage universel

La « science électorale » cherche à expliquer le comportement électoral et le choix électoral, mais elle a également pour objet de réprimer les pratiques frauduleuses et les actes de corruption qui accompagnent les opérations électorales. Elle exige la désignation des gardiens impartiaux, par lesquels se transmet et s’enrichit la connaissance des scrutins, qui privilégient l’intérêt supérieur de la nation, comme le Parlement de l’Ukraine l’a fait en décembre 2004 au moment où ce pays traversait les fraudes électorales les plus graves de son histoire, en rétablissant la vérité. Il faut, qu’en Afrique, des républiques bananières cessent de nommer des magistrats partiaux qui ne travaillent que pour les intérêts de celui qui les a nommés ?

À qui le peuple doit-il s’adresser s’il découvre que les magistrats de la Cour suprême de Justice de leur pays sont immoraux et iniques, qu’ils ne disent pas le droit, qu’ils travaillent pour les intérêts d’une coterie là où ils doivent garantir le respect de l’intérêt collectif qui trouve son fondement dans la volonté générale ? Que doit faire un peuple, lorsqu’il découvre que les juges de la Cour constitutionnelle sont inféodés au pouvoir exécutif et au chef de l’État et ne défendent pas les intérêts des citoyens ? Doit-il se faire justice très librement tout en sachant qu’il risque de se faire écraser par les chars de l’armée, que personne ne le protégera ni ne le défendra, ou doit-il s’adresser à la justice communautaire, c’est-à-dire au Tribunal international de La Haye tout en sachant que même cette instance internationale de justice peut être pervertie et poussée par les grandes puissances (qui financent son existence) à protéger leurs affidés dans le continent ?[1] Que doit faire un peuple lorsqu’il découvre que les intérêts supérieurs de la nation ne sont protégés ni par la justice nationale et ni par la justice internationale ? Devant une telle réalité, peut-on reprocher à un peuple d’utiliser la rue ou un autre moyen pour se faire justice si les acteurs qui, par principe, doivent garantir et défendre les pratiques démocratiques, se mettent au service des intérêts partisans ? La gouvernance et la démocratie participative sont-elles des bonnes réponses à ces fléaux ?

Pour éviter les fraudes, le favoritisme et l’impunité, le peuple exige de plus en plus que les juges, à tous les niveaux, soient élus au suffrage universel sur la base de leur moralité[2], parce que le système de nomination qui favorise largement le clientélisme a déjà montré ses limites ? Dans un système de nomination, les juges ont tendance à décider en faveur de la personne qui les a nommés. La RD Congo est un cas effarant en la matière.

Pierre Rosanvallon écrit : « Ces juges ordinaires sont aujourd’hui nommés par le pouvoir exécutif dans la plupart des pays. Face à la montée en puissance de leur pouvoir, qui est, lui aussi, critiqué par beaucoup comme irresponsable et non démocratique, parce que non élu, faudrait-il donc envisager de le soumettre à l’épreuve des urnes pour lui donner un fondement plus incontestable ? »[3]

Les pays à tradition démocratique répondent affirmativement à cette question, seuls les pays où règne la dictature refusent que les juges de la Cour constitutionnelle soient élus au suffrage universel direct car le pouvoir en place préfère des juges qui lui obéissent que ceux qui obéissent au peuple, c’est-à-dire aux lois de la République.

Fweley Diangitukwa

Le 01 novembre 2013


[1] Sur cet aspect de la question, lire le livre de Florence Hartman, Paix et châtiment. Les guerres secrètes de la politique et de la justice internationales, Paris, Flammarion, 2007.

[2] Cette question est discutée par Pierre Rosanvallon, La légitimité démocratique, Paris, éditions du Seul, 2008, pp. 245-ss.

[3] Ibid., pp. 245-246.