Archive | septembre, 2015

Lu pour vous : Obama envisage un conflit mondial

20 Sep
 18 septembre 2015
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Qu’Obama craigne un conflit avec la Chine ou la Russie, ne surprendra pas. Mais avec l’Europe aussi ? Cette amitié, « fondée sur des valeurs » nous dit-on, ne serait pas éternelle ?

6. L’Europe suivra-elle les USA jusqu’en enfer ?

Obama avertit les néocons opposés à l’accord nucléaire avec l’Iran : « Nos plus proches alliés en Europe (n’acceptent plus) les sanctions. Une guerre renforcerait l’Iran et isolerait les Etats-Unis »(1) Un haut diplomate à Washington confirme : « Si le Congrès US rejette l’accord, ce serait un cauchemar et une catastrophe. »(2) Bien sûr ! Immédiatement après l’accord les firmes allemandes se sont ruées à Téhéran pour signer des contrats bloqués par Washington depuis des années ! En fait, le principe «  Les grandes puissances n’ont pas de principes, seulement des intérêts » s’applique aussi aux alliances : une « amitié » éternelle peut vite se transformer en conflit aigu.
Pour contrôler l’Eurasie, Brzezinzki proposait en 1997 de bien contrôler l’Europe : « Le problème central pour l’Amérique est de bâtir une Europe fondée sur les relations franco-allemandes, viable, liée aux Etats-Unis et qui élargisse le système international de coopération démocratique dont dépend l’exercice de l’hégémonie globale de l’Amérique. »(3)
« Démocratique » signifiant « soumis aux USA », Brzezinski emploie l’UE pour empêcher une alliance Berlin – Moscou. La Russie étant un partenaire géographiquement « naturel  » des sociétés allemandes, la politique US sèmera donc la zizanie. L’Ukraine a servi à cela. Quand l’UE obtint à Kiev un accord entre toutes les parties pour des élections anticipées, Washington organisa le lendemain un coup d’Etat en s’appuyant sur des groupes néonazis ! L’envoyée spéciale US Nuland le résumant avec classe : « Fuck the EU ! » (Baisez l’UE !)

Nouveau ? Non, dès 1997, Brzezinski annonçait : «  L’Europe doit être un tremplin pour poursuivre la percée de la démocratie en Eurasie. Entre 2005 et 2010, l’Ukraine doit être prête à des discussions sérieuses avec l’OTAN. » Brzezinski voulait centrer l’Europe sur un axe Paris – Berlin – Varsovie – Kiev. Contre Moscou. Il craignait que l’unification européenne échoue (on y vient ?), et que Berlin se tourne vers l’Est. « Les trois grands impératifs géostratégiques se résumeraient ainsi : éviter les collusions entre les vassaux (sic) et les maintenir dans l’état de dépendance (…), cultiver la docilité (sic) des sujets protégés ; empêcher les barbares (sic) de former des coalitions offensives ».(4)
Stratégie dépassée ? Non. Récemment, l’influent analyste US Georges Friedmann, à qui on demandait « Daesh est-il une menace pour les Etats-Unis ?  », a répondu de façon ahurissante : «  Ce n’est pas une menace existentielle. On doit s’en occuper de manière convenable, mais nous avons d’autres intérêts en politique internationale. L’intérêt principal (…), c’est la relation entre Allemagne et Russie, car unis, ils pourraient nous menacer. Notre but principal est de nous assurer que cela n’arrivera jamais. »(5) Pour empêcher les multinationales européennes de se tourner vers la Nouvelle Route de la Soie proposée par Pékin, la clé est d’empêcher toute entente entre Berlin et Moscou. Et détourner l’UE de l’énergie russe. Bref, derrière les sourires officiels à la télé, les «  amis » occidentaux ne s’aiment pas du tout. L’espionnage NSA l’a confirmé : il n’y a pas d’amis dans le business.

La relation USA – UE a deux aspects : unité et rivalité. Les multinationales européennes ont besoin du gendarme US pour intimider le tiers monde et en tenir la Chine à distance. Mais les multinationales US profitent de chaque guerre pour voler des parts de marché à leurs rivales européennes. Et Washington est très forte pour faire payer par ses « amis » des guerres qui servent ses intérêts au détriment des « amis ».
En fait, derrière l’ennemi direct et déclaré, chaque guerre possède un second niveau de conflit. En 91, Bush attaque l’Irak aussi pour saper les contrats français et russes. En Yougoslavie, Clinton veut neutraliser la France et surtout empêcher la formation d’une Euro-armée. En Libye, Obama (avec Sarkozy) sape les contrats allemands et italiens signés avec Kadhafi. En Syrie, Obama (avec Hollande) travaille encore contre l’Allemagne. En Ukraine, idem. Et toutes ces guerres US créent des chaos qui rejaillissent sur l’Europe « amie » (crise migratoire, attentats terroristes, perte de partenaires économiques).

A terme, l’Otan est pour l’Europe un suicide. Suivra-t-elle les USA jusqu’en enfer ? L’avenir du monde en dépend.

POUR SUIVRE : « It’s the economy, stupid ! »

1) www.washingtonpost.com/news/post-politics/wp/2015/08/05
2) Politico,com 6 août 2015.
3) Le Grand Echiquier, p. 103, 107, 108.
4) Le Grand Echiquier, p. 68.
5) Conférence au Chicago Council, 4 février, traduction Arrêt sur info,https://youtu.be/u1a0FD6iiek à 2’.

Source : Investig’Action

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Congolais : évitons le piège qui nous est tendu…

1 Sep

Congolais : évitons le piège qui nous est tendu…

Par Fweley Diangitukwa.

La lucidité et le sens de responsabilité doivent guider nos actions.

Je lance un appel à tous les Congolais de souche. Ne tombons pas bêtement dans le piège nous tendu par le pouvoir. J’invite mes Compatriotes congolais de souche à se ressaisir rapidement afin de ne pas rester prisonniers du piège que le pouvoir nous a tendu. M. Tshisekedi accepte le dialogue alors que les concertations nationales n’ont rien produit, alors que c’est le pouvoir en place qui le convoque et non la communauté internationale qui, du reste, peine à résoudre le problème congolais. L’idée du dialogue n’est pas mauvaise mais il faut chercher à découvrir les intentions de celui qui l’a initié pour s’en éloigner aussitôt. M. Ngbanda s’attaque à M. Tshisekedi sinon aux Tshisekedi (père et fils) sans vraiment se rendre compte qu’il ouvre ainsi une crise voulue par le pouvoir afin de gagner du temps et de rendre les Congolais responsables de la mauvaise gouvernance du pays. M. Muanda Nsemi s’en prend aux ba Ngala, ba Luba, ba Swahili qui « peuplent » la ville de Kinshasa sans vraiment se rendre compte que la capitale du pays doit être habitée par tous les Congolais sans exception car c’est le centre de la vie publique (politique et économique) nationale. Toutes ces querelles entre véritables fils du pays font désordre et ouvrent la porte aux stratèges étrangers qui cherchent à maintenir leurs affidés au pouvoir car, disent- ils : « les Congolais sont incapables de s’entendre, il faut s’appuyer sur un Rwandais devenu Congolais sans au préalable obtenir formellement la nationalité pour avoir notre mainmise sur les ressources du Congo ». Entre-temps, des Congolais d’origine étrangère (excusez cette expression qui ne vient pas de moi) s’emparent du débat et nous laissent croire qu’eux seuls peuvent Unir la Nation Congolaise pendant que les hommes au pouvoir se frottent les mains : heureux d’avoir réussi leur coup. Tout cela fait désordre et nous éloigne du but à atteindre. J’invite les Compatriotes congolais à plus de lucidité, à plus de raison et à ne pas tomber dans le piège que nous tend ceux qui dirigent le Congo pour leurs propres comptes et qui ne veulent pas organiser les futures élections. Je m’oppose fermement au culte de la personnalité car l’expérience avec Mobutu a été très négative. Nous devons nous appuyer sur un leadership collectif, collégial ou encore consensuel, sur les idées de progrès et jamais sur des hommes miracles qui ont déjà causé beaucoup de torts aux Congolais dans un passé récent. Sortons rapidement de cette mauvaise passe. Le dialogue – comme les concertations nationales et la décentralisation – est une longue distraction qui sert à nous diviser, à gagner du temps et à ne pas organiser les élections dans le délai prévu. Ne nous laissons pas duper par les plus cyniques. Mais soyons des femmes et des hommes responsables prêts à gérer le destin du Congo dans la transparence et dans l’intérêt de tous les Congolais. Les petits calculs égoïstes des uns et des autres et le culte de la personnalité tuent l’avenir de notre nation.

Fweley Diangitukwa

Cet article vient d’être publié dans le Journal « Ingeta » de Septembre 2015 Numéro 8, Vol. 2 .