Archive | Articles RSS feed for this section

Pour comprendre le nouvel Appel de M. Muanda Nsemi

17 Août

Pour comprendre le nouvel Appel de M. Muanda Nsemi

Dans son allocution, via une vidéo qui circule sur Internet, le député Muanda Nsemi parle au pluriel : « ya mbala oyo, to marquer quatre buts po to gagner ». Il s’adresse non pas aux Bakongo mais au « peuple congolais », « bandeko ba ngayi ». S’adressant aux soldats, il dit : « ya mbala oyo, na match retour, na sengi na bino, bo balola minduki na bino contre Hyppolite Kanambe, soki bosali yango, toko pardonner bino, mais soki bobaloli yango te, … peuple congolais a ko se souvenir na bino ». Et voici son message le plus fort. En s’adressant aux Congolais de toutes les provinces, il dit : « Peuple congolais, mes chers compatriotes, na sengi bino, to s’attaquer na Hyppolite Kanambe na ba Rwandais naye ».

Il demande aux Congolais de se répartir les tâches et d’agir de façon complémentaire. Au milieu de son appel, il prend un ton pathétique et utilise le Si conditionnel : « ya mbala oyo, soki ba abbés pe ba évêques ya CENCO, bobimisi ba croyants te… bino bo zali ko retenir peuple etambola te (comme en décembre 2016, c’est nous qui précisons)…

Levons-nous tous et marchons ensemble « po nako bengana Hyppolite Kanambe naba Tutsi rwandais naye ». Son message est général car il s’adresse aux soldats, aux policiers, aux évêques, aux catholiques, aux membres de la CENCO, aux kimbanguistes, aux protestants, etc. en utilisant les mêmes termes patriotiques. Il affirme : « l’indépendance ya 1960 ezuamaki grâce ya kintuadi ». Pour ceux qui ne parlent pas le kikôngo, le terme « kintuadi » signifie « union ». C’est parce que Bolikango avait fait défection et avait rejoint Kasa-Vubu que l’Union était devenue possible, car Lumumba avait finalement rejoint la lutte pour l’indépendance en se rapprochant définitivement de Kasa-Vubu jusqu’à l’accession du pays à l’indépendance. C’est donc le « kintuadi » qui avait ouvert la voie à l’indépendance. Sans l’entêtement des Bakôngo et l’intransigeance de Nzeza Nlandu, Kasa-Vubu, Diomi, Kingotolo, etc. rejoints plus tard par d’autres Congolais venus d’autres régions géographiques, le Congo n’aurait pas obtenu sa souveraineté internationale le 30 juin 1960. Ceci est une réalité que personne ne peut contester.

Nous voici devant les mêmes enjeux sinon devant des enjeux semblables. Qu’allons-nous faire collectivement : nous unir ou nous désunir ? Si le choix est cornélien, souvenons-nous de 1959. Sommes-nous prêts à accepter d’autres massacres au Kongo central, dans le grand Kasaï, dans l’Equateur, d’autres viols des femmes congolaises, d’autres égorgements à Bunia, à Ituri, à Butembo, d’autres emprisonnements des innocents, d’autres humiliations publiques, etc. ? Il est temps de revendiquer la véritable indépendance de notre pays. Il suffit pour cela que TOUS les Kinois et tous les Congolais sortent lundi 21 août 2017 avec un objectif précis : exiger le départ de M. Joseph Kabila qui gouverne la République sans légitimité et sans légalité. C’est l’application de la loi du nombre qui a toujours réussi partout où elle a été utilisée.

L’allocution de Muanda Nsemi n’est pas une expression de la haine ou de la xénophobie, mais un appel aux accents nationalistes pour rétablir l’ordre dans la maison Congo afin que les nouveaux dirigeants respectent la Constitution. Cet appel pathétique est donc une invitation à agir collectivement afin de garantir le succès. En le disant, le député Muanda Nsemi place les Congolais devant un choix : soit nous nous levons tous ensemble pour mettre fin à notre esclavage, soit nous restons à contempler les Bakôngo se soulever seuls et nous resterons collectivement sous domination étrangère via le Rwanda. Le message du député Muanda Nsemi est très clair. De ce fait, il ne doit être ni interprété ni dévié de son contexte pour servir les intérêts du pouvoir en place. Il est temps de nous approprier son message et de nous libérer collectivement contre les occupants de notre pays. Si nous agissons ensemble et gagnons ensemble, il sera plus facile de construire l’avenir et d’imposer la démocratie car ce sera la victoire du peuple et pas celle d’un groupe qui imposera son leader et son parti au peuple. Pour enfoncer un clou, il faut marteler plusieurs fois avec une grande détermination. Approprions-nous le message de Muanda Nsemi et occupons une seconde fois les rues de la capitale le 21 août 2017. Si son combat devient notre combat collectif, la victoire sera certaine.

Dans son message, il dit clairement : « mboka oyo ezali ya biso nyonso » (le Congo appartient à tous les Congolais de souche ». Si le Congo est notre propriété collective, défendons notre partie pour lui éviter une faillite précipitée à cause de l’occupation et du pillage organisé de nos ressources naturelles et humaines.

Il invite les connaisseurs de nos différentes croyances et pratiques à agir pour l’intérêt de la nation afin de nous sortir de la domination, car notre humiliation publique a trop duré.

Le 7 août 2017, les Bakôngo se sont soulevés partout (Kinshasa, Kasangulu, Inkisi, Mbanza-Ngungu, Kimpese, Matadi, Boma, Muanda, Tshiela, partout dans le Kongo central). Malheureusement, les autres ethnies du Congo n’ont pas emboité le pas aux Bakôngo. Pour la journée du 21 août 2017, le député Muanda Nsemi dit : « Ya mbala oyo, na sengi : trois millions ya ba Congolais ba telema ». Pour exhorter les Congolais à se lever, il utilise un conditionnel : « soki (=si) botelemi te, eke botikeli misala nyonso na Bakôngo, biso toko senga indépendance ya Kongo Central. Biso toko longua na biso na RDC, toko tikela bino mboka na bino ». C’est à ce niveau crucial de son allocution que le député Muanda Nsemi n’a pas été compris par ceux qui ne maîtrisent pas l’analyse du discours et qui ont oublié que Muanda Nsemi a construit sa réflexion en s’appuyant sur une hypothèse solide, en postulant : « C’est en nous mettant ensemble que nous parviendrons à chasser Hyppolite Kanambe ». S’il est suivi et si les Congolais dans leur ensemble parviennent à se libérer de la domination rwandaise, sa deuxième hypothèse (Biso toko longua na biso na RDC, toko tikela bino mboka na bino) devient automatiquement inopérante. Il s’agit donc d’une simple menace qui sert à contrôler l’opérationnalité ou le succès de l’hypothèse principale. Lorsqu’on a bien compris cela, toute interprétation négative de son allocution devient désuète ou obsolète. Il ne faut pas écouter son message en se limitant ou en restant au premier niveau (superficiel) car son auteur est à la fois simple, direct et profond.

Il conclut en disant, si trois millions de Congolais sortent et manifestent, alors vive la RD Congo. Ces propos renforcent son hypothèse principale et font taire tous ceux qui l’accusent de tribaliste ou de régionaliste (n’oublions pas qu’il a déjà demandé publiquement pardon aux Bangala, Baluba et Baswahili) car, affirme-t-il, le désir des Bakôngo est de demeurer dans la République.

Notons que le député Muanda Nsemi a choisi de s’exprimer en lingala qui est la langue parlée à Kinshasa. Ce choix n’est pas anodin.

Peuple congolais, levons-nous le 21 août 2017 et mettons fin à notre assujettissement. Déjà 14 millions de morts, c’est plus que sous la colonisation de Léopold II qui a fait 10 millions de morts. Alors, s’il vous plaît, il n’est plus possible d’attendre. Libérons-nous le 21 août 2017. Que les militants de l’UDPS, du PALU, du MLC et de tous les partis politiques qui ont pignon sur rue se lèvent et marchent le 21 août 2017. Que TOUS les Congolais se lèvent. Ensemble.

Notre compatriote, professeur au Canada, Augustin Ramazani Bishwende, nous dit : « Notre révolution doit être collective et non ethnique. De ce fait, il revient à tous les Congolais de s’unir pour le départ immédiat et sans condition de Monsieur Joseph Kabila ».

Pour vous laisser convaincre, écoutez :

https://www.youtube.com/watch?v=9y4c_avb194

Fweley Diangitukwa

www.wordpress.com

Le 16 août 2017

Pour comprendre le nouvel Appel de M. Muanda Nsemi

16 Août

Pour comprendre le nouvel Appel de M. Muanda Nsemi

Dans son allocution, via une vidéo qui circule sur Internet, le député Muanda Nsemi parle au pluriel : « ya mbala oyo, to marquer quatre buts po to gagner ». Il s’adresse non pas aux Bakongo mais au « peuple congolais », « bandeko ba ngayi ». S’adressant aux soldats, il dit : « ya mbala oyo, na match retour, na sengi na bino, bo balola minduki na bino contre Hyppolite Kanambe, soki bosali yango, toko pardonner bino, mais soki bobaloli yango te, … peuple congolais a ko se souvenir na bino ». Et voici son message le plus fort. En s’adressant aux Congolais de toutes les provinces, il dit : « Peuple congolais, mes chers compatriotes, na sengi bino, to s’attaquer na Hyppolite Kanambe na ba Rwandais naye ».

Il demande aux Congolais de se répartir les tâches et d’agir de façon complémentaire. Au milieu de son appel, il prend un ton pathétique et utilise le Si conditionnel : « ya mbala oyo, soki ba abbés pe ba évêques ya CENCO, bobimisi ba croyants te… bino bo zali ko retenir peuple etambola te (comme en décembre 2016, c’est nous qui précisons)…

Levons-nous tous et marchons ensemble « po nako bengana Hyppolite Kanambe naba Tutsi rwandais naye ». Son message est général car il s’adresse aux soldats, aux policiers, aux évêques, aux catholiques, aux membres de la CENCO, aux kimbanguistes, aux protestants, etc. en utilisant les mêmes termes patriotiques. Il affirme : « l’indépendance ya 1960 ezuamaki grâce ya kintuadi ». Pour ceux qui ne parlent pas le kikôngo, le terme « kintuadi » signifie « union ». C’est parce que Bolikango avait fait défection et avait rejoint Kasa-Vubu que l’Union était devenue possible, car Lumumba avait finalement rejoint la lutte pour l’indépendance en se rapprochant définitivement de Kasa-Vubu jusqu’à l’accession du pays à l’indépendance. C’est donc le « kintuadi » qui avait ouvert la voie à l’indépendance. Sans l’entêtement des Bakôngo et l’intransigeance de Nzeza Nlandu, Kasa-Vubu, Diomi, Kingotolo, etc. rejoints plus tard par d’autres Congolais venus d’autres régions géographiques, le Congo n’aurait pas obtenu sa souveraineté internationale le 30 juin 1960. Ceci est une réalité que personne ne peut contester.

Nous voici devant les mêmes enjeux sinon devant des enjeux semblables. Qu’allons-nous faire collectivement : nous unir ou nous désunir ? Si le choix est cornélien, souvenons-nous de 1959. Sommes-nous prêts à accepter d’autres massacres aux Kongo central, dans le grand Kasaï, dans l’Equateur, d’autres viols des femmes congolaises, d’autres égorgements à Bunia, à Ituri, à Butembo, d’autres emprisonnements des innocents, d’autres humiliations publiques, etc. ? Il est temps de revendiquer la véritable indépendance de notre pays. Il suffit pour cela que TOUS les Kinois et tous les Congolais sortent lundi 21 août 2017 avec un objectif précis : exiger le départ de M. Joseph Kabila qui gouverne la République sans légitimité et sans légalité. C’est l’application de la loi du nombre qui a toujours réussi partout où elle a été utilisée.

L’allocution de Muanda Nsemi n’est pas une expression de la haine ou de la xénophobie, mais un appel aux accents nationalistes pour rétablir l’ordre dans la maison Congo afin que les nouveaux dirigeants respectent la Constitution. Cet appel pathétique est donc une invitation à agir collectivement afin de garantir le succès. En le disant, le député Muanda Nsemi place les Congolais devant un choix : soit nous nous levons tous ensemble pour mettre fin à notre esclavage, soit nous restons à contempler les Bakôngo se soulever seuls et nous resterons collectivement sous domination étrangère via le Rwanda. Le message du député Muanda Nsemi est très clair. De ce fait, il ne doit être ni interprété ni dévié de son contexte pour servir les intérêts du pouvoir en place. Il est temps de nous approprier son message et de nous libérer collectivement contre les occupants de notre pays. Si nous agissons ensemble et gagnons ensemble, il sera plus facile de construire l’avenir et d’imposer la démocratie car ce sera la victoire du peuple et pas celle d’un groupe qui imposera son leader et son parti au peuple. Pour enfoncer un clou, il faut marteler plusieurs fois avec une grande détermination. Approprions-nous le message de Muanda Nsemi et occupons une seconde fois les rues de la capitale le 21 août 2017. Si son combat devient notre combat collectif, la victoire sera certaine.

Dans son message, il dit clairement : « mboka oyo ezali ya biso nyonso » (le Congo appartient à tous les Congolais de souche ». Si le Congo est notre propriété collective, défendons notre partie pour lui éviter une faillite précipitée à cause de l’occupation et du pillage organisé de nos ressources naturelles et humaines.

Il invite les connaisseurs de nos différentes croyances et pratiques à agir pour l’intérêt de la nation afin de nous sortir de la domination, car notre humiliation publique a trop duré.

Le 7 août 2017, les Bakôngo se sont soulevés partout (Kinshasa, Kasangulu, Inkisi, Mbanza-Ngungu, Kimpese, Matadi, Boma, Muanda, Tshiela, partout dans le Kongo central). Malheureusement, les autres ethnies du Congo n’ont pas emboité le pas aux Bakôngo. Pour la journée du 21 août 2017, le député Muanda Nsemi dit : « Ya mbala oyo, na sengi : trois millions ya ba Congolais ba telema na Kinshasa ». Pour exhorter les Congolais à se lever, il utilise un conditionnel : « soki (=si) botelemi te, eke botikeli misala nyonso na Bakôngo, biso toko senga indépendance ya Kongo Central. Biso toko longua na biso na RDC, toko tikela bino mboka na bino ». C’est à ce niveau crucial de son allocution que le député Muanda Nsemi n’a pas été compris par ceux qui ne maîtrisent pas l’analyse du discours et qui ont oublié que Muanda Nsemi a construit sa réflexion en s’appuyant sur une hypothèse solide, en postulant : « C’est en nous mettant ensemble que nous parviendrons à chasser Hyppolite Kanambe ». S’il est suivi et si les Congolais dans leur ensemble parviennent à se libérer de la domination rwandaise, sa deuxième hypothèse (Biso toko longua na biso na RDC, toko tikela bino mboka na bino) devient automatiquement inopérante. Il s’agit donc d’une simple menace qui sert à imposer la confirmation ou le succès de l’hypothèse principale. Lorsqu’on a bien compris cela, toute interprétation négative de son allocution devient désuète ou obsolète. Il ne faut pas écouter son message en se limitant ou en restant au premier niveau (superficiel) car son auteur est à la fois simple, direct et profond.

Il conclut en disant, si trois millions de Congolais sortent et manifestent, alors vive la RD Congo. Ces propos renforcent son hypothèse principale et font taire tous ceux qui l’accusent de tribaliste ou de régionaliste (n’oublions pas qu’il a déjà demandé publiquement pardon aux Bangala, Baluba et Baswahili) car, affirme-t-il, le désir des Bakôngo est de demeurer dans la République.

Notons que le député Muanda Nsemi a choisi de s’exprimer en lingala qui est la langue parlée à Kinshasa. Ce choix n’est pas anodin.

Peuple congolais, levons-nous le 21 août 2017 et mettons fin à notre assujettissement. Déjà 14 millions de morts, c’est plus que sous la colonisation de Léopold II qui a fait 10 millions de morts. Alors, s’il vous plaît, il n’est plus possible d’attendre. Libérons-nous le 21 août 2017.

Notre compatriote, professeur au Canada, Augustin Ramazani Bishwende nous dit : « Notre révolution doit être collective et non ethnique. De ce fait, il revient à tous les Congolais de s’unir pour le départ immédiat et sans condition de Monsieur Joseph Kabila ».

Pour vous laisser convaincre, écoutez :

https://www.youtube.com/watch?v=9y4c_avb194

Fweley Diangitukwa

www.wordpress.com

Le 16 août 2017

« Il n’est plus permis d’attendre » suite à « L’opération ‘ville morte’ prévue les 8 et 9 août 2017 est inopportune »

2 Août

Il n’est plus permis d’attendre

Je voudrais lever un malentendu, sinon une équivoque, suite à la réaction de mon compatriote et ami, le Dr (psychiatre) Pascal Nzogu Bin Kyantede, qui, en répondant à mon message dans lequel j’ai dit que l’opération « ville morte » prévue les 8 et 9 août 2017 est un mauvais choix car elle est inopportune, c’est-à-dire mal placée, a écrit : « Contrairement à mon ami le professeur Fweley Diangituka, je suis convaincu que, face A UNE DICTATURE VIOLENTE ET PREDATRICE comme celle qu’a mise en place dans notre RDC Joseph Kabila, TOUTES les formes d’actions, non violentes et violentes, désobéissance civile et lutte armée, sont à la fois légitimes ». Je voudrais l’assurer que son raisonnement épouse pleinement le mien car nous disons tous les deux la même chose. Je n’ai pas écrit que l’opération « ville morte » prévue les 8 et 9 août 2017 est inappropriée mais plutôt « inopportune, c’est-à-dire mal placée ». L’action de s’opposer à une dictature solidement installée (voir le contenu de ma dernière publication sur ce thème aux éditions L’Harmattan en février 2017) doit s’inscrire dans la durée. Il est difficile voire impossible d’anéantir une dictature en un seul jour. En pareille situation, l’expérience universelle montre que l’on connaît le début mais pas la fin qui dépend de la détermination et de la constance des acteurs engagés à mettre fin à la tyrannie. Il est donc malsain de venir stopper sinon casser dans le vif l’ardeur qui animera les compatriotes qui descendront dans les rues de Kinshasa le 07 août 2017 par une opération « ville morte » le lendemain et le surlendemain. Une telle opération aurait dû être prévue à une date plus éloignée afin d’unir le 07 août 2017 toutes les forces dans une action commune pour le salut public. Nulle part au monde, parmi les expériences sous nos yeux, je n’ai vu une telle attitude. Parmi les peuples qui ont réussi à chasser leur tyran et son équipe du pouvoir, il y a eu une union des actions de toutes les forces des partis dans l’opposition. Pourquoi devons-nous faire exception ? Je répète : on ne met jamais fin à une dictature par une telle procédure. Les Philippins, les Tunisiens, les Égyptiens, les Burkina-bè, etc. n’auraient jamais réussi à faire partir leur tyran par des opérations « ville morte ». Nous-mêmes, à l’époque du Zaïre, nous n’avons pas réussi à chasser Mobutu et Cie par les mêmes opérations. Pourquoi répéter la même erreur alors qu’il existe d’autres moyens plus efficaces pour mettre fin à une dictature ? Donc, l’opération « ville morte » prévue les 8 et 9 août 2017 est en contradiction avec l’appel du 7 août 2017 lancé par le député Muanda Nsemi, qui a déjà dépassé la vision tribale pour aborder une vision nationale et qui demande l’unification de toutes les forces militaires (qui doivent tourner leurs fusils contre la tyrannie) et qui, en même temps, demande à tous les Congolais de se mettre ensemble pour libérer notre pays contre les envahisseurs rwandais. Je répète : au lieu de se combattre et de se neutraliser bêtement en empêchant le succès de l’autre, il est souhaitable que les Congolais dans l’opposition mènent des actions complémentaires pour être plus efficaces, car notre malheur a trop duré. Soyons solidaires dans la lutte contre nos ennemis intérieurs et extérieurs. Mon compatriote et ami, le Dr Pascal Nzogu Bin Kyantede, le dit clairement dans le point 5 de son posting : « dans notre RDC, utilisons toutes les méthodes, en recherchant la synergie des divers groupes plutôt que la division ».

Quant aux élections à venir, rappelons que l’abbé Malu Malu a organisé les fraudes électorales en 2006 après avoir appelé les Congolais à s’enrôler ; en 2011, le pasteur Ngoyi Mulunda a également organisé les fraudes électorales après avoir appelé les Congolais à s’enrôler. Que ferons ceux qui s’enrôlent cette année lorsqu’ils découvriront que le PPRD a encore organisé des fraudes électorales en faisant élire un membre de son parti (parce que ce parti n’a pas été sanctionné pour sa mauvaise gestion du pays). Dois-je rappeler que les acteurs qui avaient organisé les fraudes en 2006 sont toujours aux commandes de la CEI, muée en CENI, parmi lesquels se trouve M. Corneille Nangaa qui, visiblement, obéit aux ordres de son nourricier ? Ceux qui s’enrôlent cette année vont-ils se mettre à crier aux fraudes après avoir fait perdre du temps à tout un peuple ? Non. Devenons collectivement lucides après deux expériences négatives qui ont compromis le destin immédiat de votre pays. Nous devons apprendre à anticiper les événements. Pour cela, nous avons l’obligation de lier notre rationalité à notre intelligence émotionnelle. Dois-je répéter à l’envi que l’opération « ville morte » prévue les 8 et 9 août 2017 est un mauvais choix car elle est inopportune, c’est-à-dire mal placée ?

Soyons tous unis dans l’action collective. Regardez dans le lien suivant ce qui se passe au Venezuela où l’opposition ne se marche pas sens dessus sens dessous mais appelle ensemble à de nouvelles manifestations cette semaine :

http://www.msn.com/fr-ch/video/regarder/venezuela-l%E2%80%99opposition-appelle-%C3%A0-de-nouvelles-manifestations-cette-semaine/vp-AAp8GCh

Si nous voulons devenir indépendants, c’est-à-dire souverains, nous ne devons pas attendre qu’une puissance étrangère vienne mettre fin à la tyrannie dans notre pays. C’est notre devoir, notre responsabilité collective, car c’est notre peuple que le pouvoir en place tue nuit et jour, c’est notre peuple que le pouvoir en place viole et violente, c’est notre peuple que le pouvoir en place égorge comme des animaux sauvages, c’est notre peuple que le pouvoir en place entasse dans des fosses communes dans le Bas Congo, dans la périphérie de Kinshasa et dans le grand Kasaï, c’est notre peuple que le pouvoir en place enferme dans des prisons bondées, c’est notre peuple que le pouvoir appauvrit pour mieux se servir. À Kinshasa, chaque député a un salaire de 6000 dollars (avec tous les autres avantages sociaux liés à la fonction) pendant que le salaire des fonctionnaires dépasse difficilement 100 dollars. Les policiers et les infirmiers ont moins de 100 dollars par mois.

Nous avons assez souffert, il est temps de mettre fin à notre servitude involontaire. Notre pays est le moteur de l’Afrique, il est aussi le moteur du monde. Ne l’oublions jamais. Mais pour le devenir pleinement, nous devons nous débarrasser de la tyrannie, c’est-à-dire du pouvoir de M. Joseph Kabila qui n’est que le prolongement du pouvoir à base ethnique de Paul Kagame, via l’AFDL, les CPP et le PPRD. Ceux qui travaillent dans ces structures sont au service de nos ennemis et s’enrichissent eux-mêmes, rapidement et illicitement. Nous sommes devant un dilemme : ou nous agissons ou nous nous laissons encore exploiter, sans savoir à quelle date nous sortirons de notre esclavage collectif (=kinkole). Puisque nous préférons la liberté, choisissons le bon côté. Oui, il est temps d’agir. Nous ne pouvons plus attendre.

Peuple congolais, nous devons agir maintenant car la nation est gravement en danger. Ce qui se passe dans notre pays est d’une gravité incommensurable : un chef d’Etat sans légalité, sans légitimité et sans mandat depuis décembre 2016 se permet de poser régulièrement des actes qui ne relèvent plus de sa compétence. Ce qui se passe dans notre pays est plus d’un théâtre tragique et surréaliste : un chef d’Etat sans légalité, sans légitimité et sans mandat depuis décembre 2016, se permet de s’adresser aux députés sans mandat depuis février 2017 et aux Sénateurs également sans mandat depuis 2012. En plus, il s’autorise à former des gouvernements successifs alors qu’il n’en a plus le droit. C’est du jamais vu. Si tout ceci se passe ainsi dans notre pays, c’est notre faute commune car nous n’agissons pas avec détermination pour faire partir l’imposteur du pouvoir. Nous avons trop attendu et trop espéré que les Occidentaux viendront résoudre nos problèmes – nous avons compté sur l’implication du président Hollande après la Francophonie à Kinshasa, nous avons compté sur les envoyés du président Obama, nous avons compte sur l’implication des Nations unies avec leur résolution 2277 et sur le dialogue national mené successivement par Edem Kodjo et par les évêques de la CENCO. Tout cela n’était que perte de temps. Maintenant, nous le savons tous avec plus de clarté, car, malgré nos différents avertissements sur la non-nécessité de dialoguer avec un tyran, beaucoup de Congolais espéreraient trouver une issue de sortie de la crise postélectorale par la négociation. Maintenant que nous avons tout essayé, il n’y a plus rien à attendre. Le pouvoir de Monsieur Joseph Kabila a choisi de narguer les Congolais en les manipulant et en les terrorisant. Nos jeunes sont morts. Ils ont donné de leur vie pour sauver la République. Nous avons l’obligation de leur rendre honneur en sauvant notre avenir afin de vivre dans la paix et la prospérité.

 

Fweley Diangitukwa

Dernière publication : « Comment mettre fin à une dictature solidement installée », Paris, L’Harmattan, février 2017.

http://www.fweley.wordpress.com

 

« L’opération « ville morte » prévue les 8 et 9 août 2017 est inopportune »

Publié le 27 juillet sur les réseaux sociaux et sur mon blog

  1. Contrairement à mon ami le professeur Fweley Diangituka, je suis convaincu que, face A UNE DICTATURE VIOLENTE ET PREDATRICE comme celle qu’a mise en place dans notre RDC Joseph Kabila, TOUTES les formes d’actions, non violentes et violentes, déobéissance civile et lutte armée, sont à la fois légitimes (« c’est loppresseur qui dicte à l’opprimé la forme de la lutte, violente ou non violente », dixit Nelson Mandela) et à la longue efficaces. Leurs effets sont cumulatifs!
  1. Il est nécessaire d’affaiblir progressivement, avant de l’abattre (par soulevemnet violent, armé national ou international, ou par actes mieux pensés de désobéissance civile), un régime tel celui de Joseph Kabila. Ce régime est celui des crimes de sang et de crimes économiques qui ont lui ont enlevé déjà la légitimité, avant que le dépassement de sa fin de mandat nelui enlève en su toute légalité. C’est un pouvoir honni à l’interne et isolé au plan international. Il jouit encore de soutiens régionaux de la part de régimes voyous et tyranniques comme lui. Cependant, même ces soutiens régionaux sont fragiles. En effet, si une action de force enlevait aujourd’hui la capitale au contrôle de Joseph Kabila, soyons sûrs que même dans la région on ne va plus le reconnâitre comme Président de notre pays. Son sort serait comme celui du putschiste tribaliste Bozizé suite à la prise de la capitale Bangui par l’insurrection de la Seleka!
  1. L’Histoire nous offre une panoplie de méthodes de luttes qui ont amené à la chute de régimes devenus impopulaires. A titre d’exemples:

3a) La royauté française, n’étant plus en phase avec l’opinion publique éclairée, bourgeoise, du pays (elle le fut auparavant, à l’époque de consolidation de l’Etat par le sytème féodal), il a fallu un soulèvement populaire, qui avait été préparé par un siècle d’écrits des ceux que l’a appelé les philosophes des Lumières (Voltaire, Diderot, Montesquieu, Jean-Jacques Rousseau, etc.). La restauration de régimes autoritaires (mais très nationalistes et bâtisseurs) par les deux Napoléon (oncle et neveu), n’a été que transitoire; elle n’a pas empêché que les semences idéologiques et historiques n’abouttisent à la naissance d’une République française. C’est ainsi que cette nation moins peuplée aujourd’hui que la nôtre peut contnuer à rayonner à travers le monde. La France a eu un effet d’entraînement dans une Europe qui a été peu à peu acquise à l’idée républicaine, y compris dans des royautés de façade (Royaume Uni, Belgique, Hollande, pays scandinaves).

3b) C’est par une guerre que les Etats-Unis d’Amérique, aidés par la France encore sous pouvoir d’un roi mais déjà gagnée à l’idée de liberté (cf. le statue offerte aux USA, qui trône à New-York), s’est débarrassée de la tutelle coloniale britannique.

3c) La révolution russe, dont on fête cette année le centenaire de son aboutissement au pouvoir des Soviets en octobre 1917 (retour de Vladimir Oulianov dit Lénine dans son pays, en train plombé, depuis la Suisse), résulte du travail sur le terrain d’une multitude de partis politiques se déchirant entre eux (comme chez nous) mais tous opposés au Tsar. Cette révolution s’est faite en connection avec la diaspora, et sous la houlette d’idéologies socialistes (marxistes et non marxistes) élaborées dans d’autres pays européens, et qui prédisaient ce type de révolution dans d’autres pays plutôt (Allemagne et Grande-Bratgane, qui ont efectué des réformes, pour éviter la révolution des ouvriers locaux organisés dans des partis socilaistes tenus par des intellectuels radicaux).

3d) C’est le rapport des forces sorti de la deuxième Guerre dite Mondial qui, avec la montée en puissance de deux superpuissances que sont devenus les USA et l’URSS, qui a permis aux luttes anticoloniales, certaines armées et d’autres pacifiques, de mettre à bas des bastions coliniaux qu’on pensait inexpugnables, en Afrique et dans les pays asiatiques (les pays latino-américains s’étaient déjà émancipés de la tutelle d’une Espagne en déclin un siècle auparavant).

3e) Le contexte de l’après Guerre Froide a permis à ce que, chez nous, le régime dictatorial du Maréchal Mobutu soit balayé facilement, en 1996-1997, par la coalition mise en place par les USA et la Grande-Bretagne, supervisant les régimes à base ethnique du Rwanda et de l’Ouganda (avec l’arrière pensée à peine camouflée de destruction pure et simple de notre nation). Mais le régime de Mobutu, qui reposait sur un homme attient par une maladie mortelle à court terme, avait déjà été affaiblie par les actions de toutes sortes des oppositions, armées et surtout non armées (UDPS et cie).

3f) Quant aux régimes des dictateurs kleptocrates Ben Ali en Tunisie et Moubarak en Egypte, ils sont tombés comme des fruits mûrs, car ils étaient déjà idéologiquement délégitimés par la propagande islamiste, idéologie dont la popularité a grandi face aux échecs économiques, au manque de toute politique sociale, et à une prédation financière choqunate des familles présidentieles (à l’image de chez nous, sous Mobutu, comme sous les Kabila).

3g) Kadhaffi lui, autocrate à fibre plus sociale et généreux financier de l’Afrique, il a été aveuglé par son fils. Ce dernier voulait être son successeur et lui a fait rompre des alliances antérieures avec les deux puissances socialistes que sont la Russie et la Chine, croyant naïvement que l’Occident allait l’adouber. Face à la révolte armée d’une partie de son peuple, Moamar Kadhafi s’est ainsi retrouvé seul, tel un animal isolé de la meute, face à la puissance de feu des chasseurs de l’OTAN, France (où le félon Sarkozy tenait à faire disparaître un témoin gênant de ses actes de corruption électorale) et Grande-Bretagne en tête. Le contexte régional et la géopolitique mondiale ont joué contre un homme fatigué et sourd au désir de liberté des siens, malgré sa politique sociale et son projet panafricain qui sont regrettés.

3g) Au Burkina Faso, le tyran Blaise Compaoré, à l’image « maudite » dès sa prise de pouvoir en 1986 par l’assasinat du héros africain qu’était Thomas Sankara et qui avait déjà joui de prolongations de mandats non constitutionnelles, n’a pu compter, face à un soulèvement populaire annoncé et organisé par des mouvements citoyens, ni sur le soutien de son armée (divisée entre sa Garde présidentielle et le reste des troupes) ni sur ses collaborateurs politiques antérieurs qui avaient fait défection (Roch Kaboré, Salif Diallo, etc.) ni surtout sur sa marraine habituelle la France. Cette dernière jugea qu’il était géopolitiquement plus prudent de soutenir les dissidents du régime et la ppulation en révolte.

  1. Je pourrais ainsi multipleir les exemeples de reneversemnts de régimes tyrannqiues (Chine avec le PCC qui a eu le dessus sur Chankaichek, Iran avec Khomeini, l’Afrique du sud avec Mandela, etc.) pour montrer à la fois la multiplicité des méthodes de luttes et surtout le méange qui a été fait de ces différentes méthodes, selon les groupes et selon les moments.
  1. dans notre RDC, utilisons toutes le sméthodes, en recherchant la synergie des divers groupes plutôt que la dibvision. Malheureusemnt devenu vieux et lâché par son entourage qui nel’a pas protégé, feu R Etienne TShisekedi a eu cette démarche d’unification des oppositions. On n’a ttenidra jamis l’unité ttale, il faut juste favoriser une dynamique de mise en commun des forces, afin de faire imploser ce régime qui, lui, veise à faire imploser notre pays.
  1. Nous autres dans la diaspora pour nous divers rôles à jouer:

– relayer au niveau international les luttes qui se déroulent  sur le terrain national;

– réclamer notre droit de vote et nos autres droits de citoyens, notammnet via des actions collectives auprès d’instnaces internationales (je vais prochainement faire une proposition à réaliser à Genève, en Suisse, auprès de l’ONU);

– aider les opposants non violents à mieux penser et organiser leurs actes de désobéissance civile sur le terrain au Congo, surtout à Kinshasa qui doit être enlevé aux forces du tyran, et à nouer des contacts aux niveaux régional (pays voisins ainsi que UA, SADC, CEEC, CIRGL, etc.) et international (ONU, Francophonie, UE, BD, FMI, etc.);

– appeler les membres des forces de sécurité (police, services de renseignemnts, armées) à se désolidariser avec ce régime qui veut détruire notre nation, et les fait vivre dans la misère tout en pillant les ressources d’un pays peu à peu jeté dans le chaos;

– aider ces groupes armés du genre Maï-Maï, Raï Mutomboki, Bundu dia Kongo ou Kamwina Nsapu, etc. à mieux se structurer, et surtout à quitter l’organisation tribale pour aborder une vision nationale, et donc d’unification progressives de leurs forces militaires, en tournant tous les fusils contre le tyran; etc.

  1. Que Dieu et les Ancêtres nous donnent le courage, la lucidité, la persévérance et l’esprit d’unité pour combattre le mal qui, sous le visage de Joseph Kabila, s’est emparé de notre pays et tient à le détruire!

NZOGU BIN KYANTEDE P R

Lumumbiste et Panafricain

Ma réponse aux propos du président français, Emmanuel Macron, sur le nombre d’enfants par couple en Afrique

26 Juil

Ma réponse aux propos du président français, Emmanuel Macron, sur le nombre d’enfants par couple en Afrique

Tout au long de ma vie et de mes publications, j’ai détruit l’une des plus célèbres citations du premier président sénégalais, Léopold Sédar Senghor qui a dit que « l’émotion est nègre, la raison est hellène« . En réalité, l’émotion se trouve chez tous les peuples et chez toutes les races, c’est la façon de l’exprimer qui diffère. Elle n’est donc pas nègre. Senghor, qui était lui-même un nègre l’oubliait et s’arrangeait du côté de la raison. Ceux qui veulent en savoir plus peuvent lire mon ouvrage « Quand les Africains se réveilleront, le monde changera« , éditions Monde Nouveau/Afrique Nouvelle, janvier 2016. Le plan Marshall n’est pas à confondre avec le concept d’aide au développement. Lorsque les Etats-Unis mettaient en place le plan Marshall au sortir de la Seconde Guerre mondiale, ils cherchaient des partenaires pour relancer l’économie mondiale. Les Européens ne demandaient pas de l’aide auprès des Américains mais des échanges économiques. Les Africains ne nient pas l’existence du problème démographique dans leur continent et ils sont en train de le résoudre eux-mêmes. Dans les années 1950, nos parents avaient entre 6 et 8 enfants, cela n’est plus le cas aujourd’hui car cette moyenne a baissé. Les chiffres des démographes africains sont là pour le confirmer. Il n’est donc pas du devoir du chef de l’Etat français d’humilier publiquement les Africains alors que la question posée concernait le plan Marshall, c’est-à-dire la possibilité de créer un partenariat économique entre l’Occident et l’Afrique pour donner un nouvel élan à l’économie africaine, comme dans le contexte de la Seconde Guerre mondiale. Notez que l’Europe a aussi son propre problème démographique, qui est à l’opposé mais les chefs d’Etat africains n’humilient pas les Occidentaux sur la place publique en se moquant d’eux. Nous avons besoin que les Occidentaux nous respectent après avoir nous dénigré depuis le XVe siècle. Soit nous le savons soit l’ignorons. Quant au reste, je vous renvoie à ce que j’ai écrit hier qui résume ma pensée sur la réponse donnée par le président Emmanuel Macron.

Pour développer les treize colonies britanniques, l’Occident avait recouru à la traite négrière, c’est-à-dire qu’il avait eu besoin d’enfants nés des ventres de femmes africaines. Pour développer l’Europe pendant la colonisation, la métropole avait besoin de bras des Africains en grand nombre, c’est-à-dire des ventres de femmes africaines. Lorsque Adolph Hitler avec les nazis ont envahi l’Europe pendant les deux guerres mondiales, la France a sollicité les soldats nègres sortis des ventres de femmes africaines pour sauver l’Europe. Pour construire des métros en France, en Grande Bretagne, aux Etats-Unis et ailleurs, l’Occident s’est appuyé sur la main-d’œuvre noire sortie des ventres de femmes africaines, etc. Oui, les ventres de femmes africaines ont tout donné à l’Europe pour contribuer à son développement. Mais, après avoir tout reçu, le président Macron, dans une ingratitude déroutante, nous donne une réponse méprisante pour humilier publiquement l’Afrique. Il nous dit que le problème africain est d’ordre « civilisationnel ». Mais d’où est venue la civilisation en Occident, n’est-ce pas de la Grèce antique qui avait pillé la culture de l’Egypte antique ? N’est-ce pas du soldat Alexandre de Macédoine qui avait pillé la bibliothèque des savants égyptiens qu’il confia à son ami Aristote qui publia cette sagesse égyptienne en son nom ? Soit on ignore l’histoire et on se permet de dire n’importe quoi, soit on connaît l’histoire et on respecte les races et les femmes africaines. Je ne vois pas une race qui se régénère en refusant de procéder. Pour se développer, une entreprise ou un pays a toujours besoin de bras. C’est l’intelligence des hommes qui fabrique des machines et pas l’inverse. Quant à la limitation du nombre d’enfants, c’est une question privée qui regarde chaque couple et chaque peuple. Or, aucun couple africain (même pas le journaliste qui lui a posé la question) n’a écrit au président français pour lui demander de l’argent afin de subvenir aux besoins de ses enfants. le journaliste a posé la question sur un possible partenariat entre l’Europe et l’Afrique (plan Marshall). Au lieu de répondre à la question, le président Macron en a profité pour humilier publiquement les Africains. Enfin, nous devons dire que la France n’a jamais aidé l’Afrique. Alors jamais. Elle renvoie une partie du bénéfice qu’elle réalise sur le pillage des ressources naturelles de ce continent. L’aide au développement consentie par les pays occidentaux est un grand mensonge car elle n’a jamais existé. Ce concept est un slogan creux, sinon où l’Occident trouve-t-il l’argent avec lequel il prétend aider l’Afrique ? A travers l’histoire, c’est l’Occident qui a toujours eu besoin de l’Afrique, depuis les guerres puniques, et jamais le contraire car l’Afrique se suffit à elle-même. Les Africains doivent refuser de se laisser humilier sur la place publique car ils ont déjà assez subi. Sarkozy a dit au Sénégal que l’Afrique n’est jamais sortie de l’Histoire alors que l’Histoire de l’Humanité vient justement de l’Afrique. Qui donc est un ignorant ? Je demande aux Occidentaux de construire l’avenir avec les Africains, car le développement n’est pas une question « civilisationnnelle », comme le pense par ignorance le président Macron, il est cyclique. Après l’Occident (du XVe siècle au XXIe siècle), ce sera l’Asie (de la fin du XXIe siècle à ???), puis, ce sera le tour de l’Afrique. C’est écrit. Ne l’oublions pas.

Le problème de l’Afrique n’est pas « civilisationnel » comme le prétend Macron, il est d’abord d’ordre culturel (c’est-à-dire l’ignorance des autres cultures et les stratégies des grandes puissances) et il est ensuite d’ordre stratégique (c’est-à-dire comment renverser les rapports de force entre dominants et dominés). Il appartient aux Africains de poursuivre le travail commencé par N’Krumah, Cheik Anta Diop, poursuivi par Obenga et les autres. C’est notre « intelligence collective » et notre constance qui libéreront l’Afrique. Malheureusement, de nombreux Africains vivent sans comprendre qu’ils ont une mission à remplir pendant leur séjour sur terre.

Fweley Diangitukwa

24 juillet 2017

La logique de faire perdre du temps à l’opposition

25 Juil

À mes compatriotes Congolais de souche,

Je vous informe que tout ce que le pouvoir actuel fait s’inscrit dans la logique de gagner du temps. J’ai commencé à le dire depuis l’annonce des concertations nationales. Je me suis énergiquement opposé à la nécessité de participer au dialogue national du facilitateur Edem Kondjo, sans être écouté. Les dirigeants actuels anticipent les événements pour contraindre l’opposition à perdre son temps à rouspéter et à ne pas faire des propositions en sa faveur. Les deux dialogues ainsi que la nomination de M. Tshibala et celle de M. Olenga Nkoy s’inscrivent dans cette logique de distraction et de division pour conserver le pouvoir et régner. C’est du machiavélisme. L’avons-nous finalement compris ? Je doute fort.

Nous sommes au mois de juillet, nous serons bientôt en décembre et les hommes du pouvoir diront à l’opposition que la République a perdu du temps (alors que ce sont eux qui font volontairement perdre du temps à l’opposition), ils doivent continuer à gouverner. Le pouvoir actuel est capable de nommer un autre Premier ministre avant fin décembre pour obliger l’opposition à continuer de discuter inutilement. Un vrai leader est celui qui prend de l’avance et qui anticipe les événements. Nous ne sommes pas collectivement dans cette logique malgré nos différents appels. À cause de notre distraction collective, nous avons maintenant des autorités illégitimes et illégales à tous les niveaux des institutions. Les évêques de la CENCO se sont laissé entraîner dans la même logique de distraction en accordant gracieusement une année à un candidat qui n’avait plus de mandat. Ceci ne se passe que dans une République bananière comme la nôtre. Et dire que nous avons des juristes et de surcroît constitutionnalistes dans ce pays ! Quelle honte !

Il est temps de mettre en place une stratégie qui permet au peuple d’entrer dans la transition et d’avoir ensuite un gouvernement dans lequel notre pays aura un président qui ne mentira pas sur son identité et ne pillera pas les ressources du pays avec l’appui de sa fratrie. Il faut dire que les dirigeants actuels (militaires et civils) sont complices de toutes les tractations malhonnêtes (magouilles) car ils ont fermé les yeux sur toutes les malversations commises par la famille Kabila et Cie. Beaucoup d’entre eux en ont profité. Ils sont donc responsables et devront s’expliquer demain.

Fweley Diangitukwa

http://www.fweley.wordpress.com

Que nous réservent les mois qui viennent ?

13 Juil

Que nous réservent les mois qui viennent ?

Par Fweley Diangitukwa

24 mai 2017

 L’actuel président, sans légalité et sans légitimité, n’acceptera pas que l’élection présidentielle soit organisée en décembre 2017 et il ne quittera pas le pouvoir sans être contraint par le peuple. Les scènes macabres du Kasaï s’inscrivent dans cette stratégie sordide. Par une réforme constitutionnelle, le PPRD cherchera à organiser l’élection de son autorité morale en recourant au scrutin indirect, précédé d’un référendum, c’est-à-dire en passant par le Parlement où il détient une majorité. Voilà hélas ce qui attend les Congolais si nous ne nous mobilisons pas pour changer cet ordre pprdien.

 À partir du 19 décembre 2016, la RDC est entrée dans l’impasse car la Constitution n’a pas été respectée à cause de la CENCO qui a naïvement décidé d’accorder un bonus d’une année au chef d’Etat sortant. Depuis ce choix anticonstitutionnel, la confusion règne dans notre pays. Les évêques ont voulu trouver à l’amiable une solution de sortie de l’anarchie sans se rendre compte qu’ils plongeaient le pays dans une impasse indescriptible à laquelle ils ne peuvent malheureusement pas remédier. Las d’attendre la nomination d’un Premier ministre issu de leur Accord du 31 décembre 2017, ils ont fini par abandonner le dialogue sans résoudre les dossiers clés : la nomination d’un Premier Ministre sorti du Rassemblement et le calendrier des élections.

En appelant les évêques à piloter le dialogue, le président sortant voulait gagner du temps afin de prolonger son mandat, non plus en s’appuyant sur la Constitution qui ne le lui autorisait plus mais sur un consensus basé sur une simple promesse non signée de sa main. Là, les hommes de Dieu se sont fait avoir. Proprement. Alors que nous les avons prévenus. Avec son nouveau bail gratuit d’une année, le peuple congolais a assisté, complètement médusé, à un théâtre comique, le mercredi 5 avril 2017, au cours duquel un chef d’Etat sans mandat du peuple, donc illégal et illégitime, s’est adressé aux députés sans mandat depuis la fin du mois de février 2017 – et donc eux aussi illégitimes, et aux Sénateurs sans mandat depuis 2012 – eux aussi illégitimes. Malgré cette illégalité et cette illégitimité généralisées, les gouvernants font croire aux citoyens qu’ils agissent dans un contexte légal. Cela s’appelle : « faire du théâtre sur un lieu public : une comédie burlesque ». Il leur arrive même qu’ils évoquent la Constitution [lorsque cela les arrange] qu’ils ont mise de côté en décembre 2016. Au lieu d’avancer, la République marque les pas, comme des élèves devant leur salle de classe. Quel gâchis politique !

Chers Compatriotes, celui qui se dit chef d’Etat de la RDC est sans mandat légal et sans légitimité. La promesse qu’il a reçue d’un groupe apolitique a été signée le 19 décembre 2016, c’est-à-dire 4 jours après la fin du mandat présidentiel. Cette promesse n’est donc pas constitutionnelle. Le peuple congolais ne doit pas se sentir concerné par l’accord de la CENCO qui lui a offert une année supplémentaire sans, au préalable, consulter le peuple que nous sommes. Les discours que le chef d’Etat sans mandat populaire a prononcés à l’Assemblée nationale ou ailleurs ne doivent pas intéresser les Congolais. Nous devons savoir que notre pays est juridiquement sans chef d’Etat depuis le 17 décembre 2016. Voilà pourquoi j’invite mes compatriotes Congolais de souche à ne plus utiliser les termes Excellence et Honorable, car dans la situation actuelle, le chef d’Etat, les députés et les Sénateurs sont tous hors mandat. Le gouvernement actuel n’est pas légitime car il a été formé sans s’appuyer sur un texte légal [la Constitution n’ayant pas été respectée en décembre 2016].

Il est important de dire au peuple congolais que le PPRD est dans une dynamique d’affaiblissement de l’opposition en la désorganisant. Il s’emploie à distraire l’opposition pour qu’elle ne s’occupe pas de son avenir. C’est bien ce qui a toujours motivé l’autorité morale de ce parti. C’est dans ce but que le président Joseph Kabila avait débauché les cadres dirigeants du MLC après l’incarcération de leur chef au CPI. MM. Kamitatu, Mwamba et Thomas Luhaka ont rejoint la mouvance présidentielle. Le premier nommé a fini par la quitter. C’est maintenant au tour de l’UDPS d’être dépecée. L’opération devient facile car M. Étienne Tshisekedi qui était la référence du parti n’est plus de ce monde. Connaissant la légèreté des Congolais et leur amour de l’argent facile par la corruption, le chef d’Etat sans mandat électif débauche maintenant sans état d’âme dans la famille politique de l’UDPS pour semer le désordre et gagner davantage du temps. Le choix de Samy Badibanga et de Bruno Tshibala entre dans la stratégie de distraire l’opposition afin qu’elle ne s’organise pas et ne prépare pas les échéances futures, notamment les élections à tous les niveaux qui n’auront pas lieu en décembre 2017, contrairement au discours officiel. En passant leur temps à se quereller et à attendre d’être nommés par celui qui n’a plus de mandat électif et qui n’est plus constitutionnellement chef d’Etat, les opposants perdent leur chance de gagner les élections futures qui seront, du reste, maquillées si elles ont lieu. En effet, le but principal du PPRD est de distraire continuellement l’opposition en la poussant à passer son temps à protester alors que, pendant ce même temps, le PPRD prépare les prochaines échéances avec l’argent du Trésor public, c’est-à-dire en utilisant les moyens de l’Etat. Les membres de ce parti mènent la propagande à la télévision nationale au vu et au su de tout le monde, pour leur maintien au pouvoir. Il me semble que l’opposition ne voit pas le côté nuisible de cette stratégie pourtant bien visible. À qui appartient la télévision nationale ? Aux seuls membres du PPRD ? Devant un tel scénario macabre, l’opposition qui bénéficie du soutien du peuple doit se distinguer par une contre stratégie qui lui permettra de mettre fin au cynisme actuel. Le pouvoir actuel s’appuie sur les rapports de force qui lui sont favorables car l’armée congolaise a été désarmée au profit des milices présidentielles soutenues par le Rwanda et l’Ouganda. Les moyens financiers sont entre les mains de caciques du régime et ceux qui sont dans l’opposition n’ont rien pour agir et imposer l’alternance au pouvoir.

L’évolution politique dans notre pays montre que l’élection présidentielle n’aura pas lieu en décembre 2017, contrairement à la promesse de la CENCO. Le drame qui se passe dans le Kasaï s’inscrit dans cet objectif. La CENI trouve dans ce désordre affreux le prétexte de ne pas continuer le recensement dans cette province afin de justifier, dans une étape ultime, l’impossibilité d’organiser les élections parlementaires sinon l’élection présidentielle en décembre de cette année [nous l’avons affirmé anticipativement en mai de cette année avant que M. Nangaa ne s’exprime publiquement dans ce même sens].

Après avoir trompé le peuple en 2006 et en 2011, le chef d’Etat sans mandat cherche une autre solution pour se maintenir au pouvoir. Comme il ne peut plus se représenter à un troisième mandat ni organiser de nouvelles concertations nationales ou un nouveau dialogue national, il cherche une autre solution plus douce et plus rassurante. Il me semble que son élection au Parlement par les députés corrompus l’emporte sur les autres scénarios. Vu sous cet angle, il est probable qu’il encourage une élection au suffrage universel indirect en forçant la révision de la Constitution ou en organisant un référendum afin qu’il soit élu au Parlement où il détient déjà une majorité. C’est pour contrer cette stratégie que j’ai affiché, il y a quelques mois, un articlé que j’ai précédemment publié et dans lequel je dis clairement que les Etats unitaires organisent les élections au suffrage universel (scrutin direct) pour permettre au chef d’Etat élu d’avoir une majorité au niveau national et une légitimité populaire  alors qu’il est juridiquement admis que le chef d’Etat soit élu par les députés au Parlement (scrutin indirect) dans les Etats fédéraux. La RDC n’étant pas un Etat fédéral mais unitaire, l’élection présidentielle au suffrage universel direct s’impose. Donc, l’idée d’organiser un référendum sert à autoriser l’actuel chef d’Etat, sans légalité et sans légitimité, à demeurer encore au pouvoir par la voie du scrutin indirect. Nous sommes tous avertis. Comme la Constitution a été mise à l’écart en décembre 2016, ceux qui dirigent notre pays sans mandat n’ont pas le droit d’évoquer cette même Constitution pour organiser un référendum qui conduira au choix du scrutin indirect. Comme ce sont des hommes immoraux, imbus d’eux-mêmes et faibles à l’argent qui sont à la tête de la République, ils sont capables de forcer la note au mépris du peuple en s’appuyant sur les rapports de force en leur faveur. D’où la nécessité que le peuple s’appuie, à son tour, sur le nombre (plus de 70 millions) pour imposer l’alternance. Une minorité gouvernementale sans légitimité ne peut pas s’imposer à une majorité détentrice de la souveraineté populaire. M. Joseph Kabila ne doit pas se moquer du peuple indéfiniment.

En guise de rappel, l’anarchie que nous vivons actuellement ressemble à celle des années 1990, après la Conférence nationale non souveraine. Dans l’intention de bloquer l’alternance démocratique, le maréchal Mobutu a procédé au débauchage des acteurs de l’opposition en les nommant au poste de Premier Ministre sans respecter ce qui a été décidé à la conférence nationale. C’est bien ce que fait l’actuel chef d’Etat sans mandat. On se souvient de la nomination de MM. Birindwa, Mungul Diaka, etc. Ces nominations anarchiques s’inscrivaient dans la volonté de gagner du temps, comme cela se passe actuellement. S’il n’y avait pas eu l’AFDL avec son lot de Rwandais, les Congolais auraient souffert pendant longtemps car, le but de Mobutu était de mourir au pouvoir et de laisser sa place aux ressortissants de son ethnie ngbandi majoritaires dans le MPR, dans l’armée et la DSP. Si vous remplacez les Ngbandi par les Rwandais, vous obtiendrez le même résultat. Nous ne pouvons plus être naïfs une seconde fois.

Pour toutes ces raisons, je demande aux membres de l’opposition de ne pas s’attendre à ce que l’un de leurs soit nommé Premier Ministre par un chef d’Etat illégal et illégitime (car c’est un non-sens écœurant) qui, de plus, n’a jamais respecté ses promesses. La conservation du pouvoir – quel qu’en soit le prix – est sa seule ambition. Préparons-nous autrement pour assurer la transition avec un personnel politique autre que celui qui a trahi la nation en acceptant de composer avec un chef d’Etat sans mandat populaire.

Depuis son arrivée au Congo dans les bagages de l’AFDL, Monsieur Joseph Kabila a toujours pensé que les Congolais sont incapables de se libérer par eux-mêmes, car, ne cesse-t-il de dire, sans les Rwandais, les Zaïrois seraient encore sous la domination du MPR. Nous avons l’obligation de démentir cela et de lui prouver que nous voulons avoir des dirigeants qui participent au développement de notre pays et pas ceux qui utilisent le pouvoir pour leur enrichissement personnel.

En tout cas, M. Bruno Tshibala n’a pas les mains libres et ne gouverne pas le pays. Il est malheureusement devenu un otage au service de celui qui l’a nommé à la Primature. S’il n’a pas obtenu la possibilité de composer librement son gouvernement, que pourra-t-il faire d’autre, à part se contenter de son salaire ? D’un côté le pouvoir nomme des ressortissants du Kasaï à la Primature et de l’autre le même pouvoir tue sans répit dans leur province d’origine. Quel cynisme !

Peuple congolais, préparons-nous car les mois qui viennent seront incertains, voire très incertains.

 

Fweley Diangitukwa

www.fweley.wordpress.com

Dernière publication : « Comment mettre fin à une dictature solidement installée », Paris, éditions L’Harmattan, février 2017.

Ils se disent « intellectuels » mais ils sont incapables de respecter la Constitution

10 Juil

Ils se disent « intellectuels » mais ils sont incapables de respecter la Constitution

Certains « intellectuels » congolais, qui ont inscrit leur vie dans la logique de la politique du ventre (lire Jean-François Bayart, « L’Etat en Afrique : la politique du ventre », Fayard 1989 et « La politique par le bas en Afrique noire », Karthala, 2008), sont incapables de faire une lecture correcte de la Constitution parce qu’ils excellent dans le culte de la personnalité. Tout ce qu’ils font et écrivent se limite à « la politique du ventre ». Ils ne se projettent jamais dans le futur mais passent leur temps à dénigrer l’opposition parce qu’ils pensent que c’est la meilleure façon d’assurer des lendemains qui chantent à leur régime. Erreur !, c’est par l’observation des textes légaux qu’un régime se fait respecter.

Ils nous disent qu’ils ne peuvent pas organiser les élections à cause de la situation dans le Kasaï alors qu’ils disaient en 2016 que le pays manquait d’argent pour les élections.

Nous savions depuis longtemps que les élections ne seront pas organisées en 2016 et en 2017 car nous l’avons dit en 2015 dans notre livre collectif Fweley Diangitukwa (sous la direction de) « Les Congolais rejettent le régime de Kabila », éditions Monde Nouveau/Afrique Nouvelle, 2015. Tout le monde sait que les massacres dans le Grand Kasaï n’est qu’un prétexte pour justifier la volonté de ne pas organiser les élections afin de s’enrichir davantage en tirant en longueur la présence des décideurs au pouvoir et des organisateurs de la CENI en charge des élections, face à un peuple démuni et sans défense.

Ils sont au pouvoir depuis 2011 et ils ne cessent de radoter car ils croient qu’ils ont à faire à un peuple crédule. Ils se mettent à réunir des arguments pour justifier leur incapacité à respecter ce que dit la Constitution (article 220). Et ils ont le culot de se dire « intellectuels ». Ils font pitié ! Demain, le peuple les regardera droit dans les yeux. C’est alors qu’ils comprendront leur tort. La roue de l’histoire tourne. Personne n’est capable de l’arrêter.

 

Fweley Diangitukwa

http://www.fweley.wordpress.com