Vient de paraître : Fweley Diangitukwa, « Le rôle du leader dans l’organisation »

7 Août

Titre : Le rôle du leader dans l’organisation

Auteur : Fweley Diangitukwa, docteur en sciences économiques et sociales, mention : science politique de l’Université de Genève, est professeur de science politique à l’Université Omar Bongo de Libreville au Gabon et visiteur à l’Université panafricaine de Yaoundé II- Soa. Il est l’auteur de plusieurs publications et articles scientifiques qui l’ont fait connaître.

Éditeur : Éditions Universitaires Européennes (EUE)

Nombre de pages : 845 pages

Numéro ISBN : 978-3-8473-8944-6

Prix :98.90 € euros

Pour commander :

Mme Florence Perin
f.perin@editions-ue.com
ÉDITIONS UNIVERSITAIRES EUROPÉENNES
Bahnhofstraße 28

D-66111 Saarbrücken
Germany (Allemagne)

Résumé :

La question de leadership est récurrente dans la plupart des pays, particulièrement dans les pays africains où il suffit souvent de changer la manière de gouverner l’État ou de diriger l’entreprise pour que l’économie décolle. Pour résoudre ce problème, il devient urgent que les citoyens ou les employés placent des femmes et des hommes compétents – de vrais leaders et de vrais managers – à la tête des États et des entreprises.

Décrire le rôle du leader dans l’organisation est une tâche fastidieuse et ardue car ce rôle est mouvant, concurrentiel et surtout incertain, dans l’espace et dans le temps. Il dépend étroitement des circonstances et de l’environnement. Dans cette matière, la compréhension la plus poussée ne peut se faire sans approches théoriques. D’où la nécessité de faire appel non à une théorie mais à des théories des organisations pour mieux comprendre le leadership et le management. En réalité, pour parvenir à bien décrire le rôle du leader dans l’organisation, il faut faire appel à plusieurs disciplines des sciences de gestion, des sciences économiques, sociales, humaines, notamment l’économie, la science politique, la sociologie des organisations et la psychologie.

Les leaders et les managers jouent un rôle important dans le processus de prise de décision. D’où également la nécessité de recourir à l’analyse descriptive du leadership et du management.

Nous observons régulièrement les leaders lorsqu’ils agissent mais nous ignorons souvent leurs modes de raisonnement qui permettent de mieux comprendre les décisions qu’ils prennent et leurs stratégies de communication dans les ensembles organisés. Grâce à l’apport de l’organisation, le leader devient plus efficace et, à son tour, l’organisation s’améliore grâce à la vision du leader qui la pilote.

Ce livre est une réponse à la question préoccupation de leadership et de management. Il décrit les contours des organisations et la place qu’occupent les leaders et les managers qui assurent leur fonctionnement. Il souligne aussi les forces et les faiblesses des organisations afin de comprendre la portée et la fragilité des décisions stratégiques prises par les leaders ainsi que l’influence de l’environnement dans le changement organisationnel. Il est un outil indispensable à tout dirigeant qui cherche à optimiser son leadership, aux chercheurs et aux étudiants qui cherchent à meubler leur culture.

L’avenir immédiat de la RD Congo est en danger

16 Juin

L’avenir immédiat de la RD Congo est en danger

Après avoir refusé d’apporter le soutien de l’État aux femmes congolaises violées à l’Est du Congo et aux habitants de Beni, Masisi, Ituri, Butembo, etc. qui sont régulièrement égorgés comme des animaux sauvages sans protection, le président Joseph Kabila se prépare à ignorer les droits du peuple congolais en initiant la modification de la Constitution via son parti politique – le PPRD – qui convoquera un référendum afin de permettre au chef d’État sortant de demeurer au pouvoir, alors qu’il est présentement à la fin de son second et dernier mandat. Dans cette entreprise très impopulaire, il est encouragé et soutenu par des élites,  sans morale et assoiffées d’argent facile, qui  s’agglutinent autour de lui comme des fourmis pour s’enrichir rapidement et illicitement.

Que les peuples pacifiques du monde assistent le peuple congolais – certes sans s’ingérer dans les affaires intérieures – pour empêcher le président Kabila de réaliser son plan ignoble de modifier la Constitution via l’organisation d’un référendum. Nous n’avons cessé de dire qu’un chef d’État honnête et démocrate ne modifie pas la Constitution à la fin de son mandat. Mais le régime actuel va certainement passer outre pour s’éterniser au pouvoir.

Le plan ignoble du président Kabila risque de relancer une guerre atroce dans ce pays fragile, laquelle guerre augmentera le nombre de morts qui s’élève entre 8 et 10 millions depuis l’entrée de l’FDL sur le territoire congolais. C’est l’équivalent de toute la population de la Suisse qui a été décimé en RD Congo en peu d’années à cause de l’indifférence du pouvoir.

Le peuple congolais est en danger et il a grandement besoin du soutien des peuples pacifiques du monde, peu importe la nature du soutien.

Agissez avant qu’il ne soit trop tard et avant que la guerre congolaise ne s’exporte dans les pays limitrophes et ne crée des réfugiés qui iront partout pour demander l’asile politique.

Un peuple est actuellement en danger en Afrique centrale, à cause de la folie de grandeur du président Joseph Kabila et de son régime.

Fweley Diangitukwa

http://www.fweley.wordpress.com

Le 16 juin 2016

A Genval, en Belgique, l’opposition a refusé le Dialogue politique made in Kabila

10 Juin

À Genval, en Belgique, l’opposition a refusé le Dialogue politique made in Kabila

Je suis très heureux d’apprendre que la « Conférence des forces politiques et sociales acquises au changement – Conférence de Bruxelles », tenue depuis mercredi à Genval près de Bruxelles, a unanimement décidé de rejeter le Dialogue politique tel que convoqué par le président Joseph Kabila par ordonnance du 28 novembre 2015. Je tiens à féliciter tous mes compatriotes de l’opposition qui ont pris cette décision car ils évitent ainsi à notre pays de ne pas tomber dans le piège lui tendu par le régime actuel qui voulait utiliser ce dialogue pour organiser le « glissement ». Comme nous l’avons répété, à maintes reprises, on ne dialogue pas avec une dictature solidement installée.

Par ce refus de l’opposition de ne pas accepter la logique du dialogue made in Kabila, notre pays reste ainsi dans le respect des articles verrouillés de la Constitution, notamment les articles 73 et 220.

Le régime actuel doit être sanctionné par le peuple pour n’avoir pas financé l’organisation des élections et, dans ce contexte, la fin du mois de septembre 2016 doit être le deadline car, conformément à la Constitution, l’élection présidentielle doit être convoquée trois mois avant l’échéance du mandat du président sortant qui est à la fin de son second et dernier mandat. Cette résolution très sage de l’opposition réunie à Genval, près de Bruxelles, met fin au scénario macabre des ennemis de la paix qui voulait s’éterniser au pouvoir.

Mais, ayant en face une mouvance présidentielle formée des vautours qui ne jurent que par le maintien au pouvoir de leur chef, l’opposition doit, dans son ensemble, rester très vigilante car le régime actuel va maintenant sortir toutes ses griffes pour mettre en place une nouvelle stratégie afin de se donner la chance de sauver son chef devenu très impopulaire sur toute l’étendue du territoire national. Nous devons nous opposer avec une très grande fermeté à l’idée saugrenue d’un référendum en vue d’une nouvelle Constitution avancée par le secrétaire général du PPRD, le professeur Henri Mova. On ne change pas une Constitution à la fin d’un mandat. C’est pourquoi nous devons soutenir unanimement le schéma défini par la Résolution 2277 des Nations Unis, en date du 30 mars 2016, qui insiste sur le respect de la Constitution (articles 73 et 220 entre autres).

Désormais, l’opposition doit avancer dans l’unité pour se garantir la chance d’opérer la première transition démocratique depuis l’accession de notre pays à l’indépendance et permettre à l’opposition de gouverner le pays pour la toute première fois de notre histoire. Que chaque leader de l’opposition mette son ego de côté pour privilégier l’intérêt général, car notre peuple a trop souffert. C’est en étant unis que nous vaincrons. Oui, il vaut mieux gagner en étant tous unis que de perdre parce que nous sommes restés divisés à cause de l’égoïsme de nos leaders.

Nous devons veiller à la transparence et à la crédibilité du processus électoral en contraignant la CENI (c’est-à-dire le régime actuel) à créer des conditions propices garantissant la convocation des élections à la fin du mois de septembre 2016, autrement, en cas de la non-organisation de ces élections, le régime actuel devra être mis à hors d’état de nuire, avec le concours du peuple, afin de sauver la Constitution.

Que le président de l’UDPS, M. Etienne Tshisekedi, qui a été proclamé président du Conseil des sages mis en place par les participants, s’active dès aujourd’hui, à côté de l’Organe de coordination des décisions du Conclave, à mettre en place une équipe des Congolais résolus à changer le contexte actuel et des actions devant favoriser l’alternance politique en RDC. Nous sommes nombreux et prêts à vouloir y apporter notre contribution.

Restons, jour et nuit, vigilants car le fauve va maintenant sortir ses dents. Comme des buffles dans la forêt, barrons la route au lion et faisons-le fuir. Il est temps. Nos compatriotes de Beni, d’Ituri, de Butembo et d’ailleurs attendent.

Fweley Diangitukwa

www.fweley.wordpress.com

Le 10 juin 2016

Je m’oppose au Compatriote Albert Kisonga qui souhaite la recolisation des Africains (suite)

17 Mai

Monsieur Nzita na Nzita,

Comme je l’ai déjà dit en répondant à l’aîné Albert Kisonga via Monsieur Mastaki Bayange, nous ne sommes plus en 1960 lorsque Lumumba (et l’ABAKO) réclamait la participation des colons à la construction du Congo qui manquait des cadres du fait de la colonisation. La réalité n’est plus la même en 2016.

Quels que soient les arguments que vous utiliserez, vous ne me convaincrez jamais sur la nécessité d’accepter le retour à la colonisation. À travers l’histoire – puisque vous êtes historien – aucun peuple n’a voulu vivre éternellement dans la colonisation ou qui a réclamé à cor et à cri le retour à la colonisation après y être sorti. Si vous en connaissez un, citez-le pour organiser une discussion (échange) utile, c’est-à-dire sans querelle ni injure volontaire. La colonisation est un système abject qui ne s’améliore pas et elle basée sur l’exploitation servile de l’autre que le colon considère comme un esclave bon à tout faire. Le colonisé travaille pour l’amélioration des conditions de vie du colon et jamais pour l’amélioration de ses propres conditions de vie.

Vous dites : « Monsieur Fweley DIANGITUKWA, Vous êtes un académicien, vous devriez faire une recherche empirique sur ce sujet ».  Mais je vous livre le résultat de mes recherches documentaires, pour quelle raison m’invitez-vous à mener d’autres recherches pendant que vous ne vous êtes pas encore prononcé sur mes précédentes conclusions ? J’ai décrit les méfaits de la colonisation dans notre livre collectif Les Congolais rejettent le régime de Kabila, éditions Monde Nouveau/Afrique Nouvelle, 2015, lisez mon article : « Le roi des Belges Léopold II et l’origine du mal congolais », pages 19-65. Lisez le livre de Mbaya J. Kankwenda, L’économie politique de la prédation au Congo Kinshasa. Des origines à nos jours (1885-2003), 2005.

Je m’oppose à la colonisation, qu’elle soit physique, sociale, psychologique ou mentale car la colonisation nie l’autre en sa qualité d’être humain.

Les Etats-Unis ont été formés par des Européens venants de Grande-Bretagne, en particulier des Irlandais pendant la période de la Grande famine, mais aussi des Anglais, et des Ecossais, des Allemands, des Scandinaves, des Italiens, des Russes, etc. Pour en savoir plus, lisez mon récent livre, Fweley Diangitukwa, L’Afrique doit renaître, éditions Monde Nouveau/Afrique Nouvelle, janvier 2016, pp. 242-ss. Les Américains et les Européens sont, à l’origine, un seul et même peuple. Du reste, les treize colonies à partir desquelles les Etats-Unis ont été formés étaient une colonie britannique. Vous le savez. Donc, en matière de colonisation, vous ne pouvez pas comparer la situation des « Etats membres de l’UE [qui] sont des Etats vassaux des USA (c’est votre expression) » avec ce qu’était la vie des Congolais sous l’administration coloniale belge. Les colons belges coupaient les bras des Congolais qui ne rapportaient pas assez  de caoutchouc, pour ne prendre que cet exemple. Ils prenaient leurs femmes et leurs enfants en otages. Où avez-vous vu de telles atrocités dans l’UE sous l’administration de l’OTAN créé à la suite de Seconde Guerre mondiale ? L’OTAN est une organisation américaine en Europe qui travaille avec des partenaires à qui il impose ses points de vue exigés dans le contexte de rapports de force nés de la guerre froide.

J’admets qu’ « il y a plusieurs formes de colonisation et recolonisation » mais je rejette toutes les formes car aucune n’est humainement bonne. Lisez Franz Fanon, Les damnés de la terre ou encore Peau noire, masques blancs, Albert Memmi, Portrait du colonisé, Aimé Césaire, Discours sur le colonialisme, pour vous laisser convaincre ou encore la préface de Jean-Paul Sartre Orphée noir, le titre de la belle préface que Jean-Paul Sartre donna à l’Anthologie de la nouvelle poésie sur la Négritude de Senghor, Césaire et Cie. Lisez le livre de Walter Rodney, Et l’Europe sous-développa l’Afrique, éditions Caribéennes, Paris, 1972.

Je défends le point de vue selon lequel l’aîné Albert Kisonga Mazakala n’a pas raison lorsqu’il dit : « Ce n’est qu’avec les Blancs de bonne volonté que nous pourrons construire notre pays. Nous-mêmes, nous n’en avons pas la capacité ». Son idée n’est pas défendable parce qu’elle est abjecte, saugrenue. Pour lui, il y a des Blancs de bonne volonté mais il n’y a pas de Noirs de bonne volonté, c’est-à-dire que même lui-même ne se définit pas comme un homme de bonne volonté (il faut donc supposer qu’il ne l’est effectivement pas).

C’est le degré de connaissance et l’état d’esprit qui expliquent la soumission des uns et l’insoumission des autres (Simon Kimbangu, Mandela, Lumumba, etc.). Je suis donc très surpris que vous défendiez bec et ongle la résistance de Kimpa Vita soyez arrangé aux côtés de l’aîné Albert Kisonga pour souhaiter la recolonisation des Africains.

À votre question : « Qui a protégé les terres africaines contre la prédation et la spéculation ? », je vous réponds que ce sont les Africains eux-mêmes qui doivent protéger leurs terres (et leur esprit) contre la prédation et la spéculation. Oui, je suis très choqué par la proposition de M. Albert Kisonga Mazakala parce que toutes les recherches empiriques ont déjà montré et démontré le côté négatif de la colonisation, autrement, il n’y aurait pas eu des mouvements d’indépendance à travers le monde, en Amérique latine, en Asie et en Afrique. Le rejet de la colonisation n’est plus à prouver. Il est un fait historique déjà abondamment falsifié ou validé.

Je ne discute pas les propos de Donald Trump mais l’assertion de mon aîné Albert Kisonga qui confond les époques car la situation de 1960 et l’état mental des Congolais d’aujourd’hui ne sont pas comparables.

Je vous transmets mes salutations en vous invitant à ne jamais soutenir le retour à la colonisation au Congo car vous ne mesurez pas les effets négatifs dont les pillages de nos ressources à l’Est et les assassinats à Beni, Ituri, Butembo et ailleurs sont des préludes.

Pour finir, je vous suggère la lecture de mon plus récent livre, Quand les Africains se réveilleront, le monde changera, éditions Monde Nouveau/Afrique Nouvelle, janvier 2016, 277 pages, avec une préface de l’éminent professeur camerounais Charles Binam Bikoi qui dirige le CERDOTOLA à Yaoundé.
Fweley Diangitukwa

www.editions-mondenouveau.com

http://www.fweley.wordpress.com

le 18 mai 2016.

Je m’oppose au Compatriote Albert Kisonga qui souhaite la recolonisation du Congo

17 Mai

Monsieur Mastaki Bayange,

Vous avez été très clair et très précis car votre pensée est fluide.

J’en veux à l’aîné Albert Kisonga parce qu’il confond les époques et les individus. Je m’explique : en 1960, le Congo venait d’acquérir son indépendance et il n’y avait pas suffisamment de cadres pour contribuer au développement du pays. D’où le souhait de Lumumba de collaborer avec les cadres étrangers afin de former les nationaux. En 2016, le contexte n’est plus le même, le Congo a ses cadres bien formés qui sont capables de redresser l’économie du pays. Au sortir de l’apartheid en Afrique du Sud, le pays s’est retrouvé dans le même contexte que le Congo de 1960. D’où le souhait de Mandela de collaborer avec les cadres étrangers afin de former les nationaux. Plusieurs Congolais sont allés travailler en Afrique du Sud : des maçons, des médecins, des professeurs d’universités, etc. Lumumba et Mandela qui avaient lutté pour l’indépendance ne pouvaient jamais souhaiter le retour de la recolonisation, comme le souhaite l’aîné Albert Kisonga qui est, dans son raisonnement, toujours dans le contexte de 1960. Puisqu’il n’a pas évolué, il devient dangereux.

La volonté de dialoguer commence par l’ouverture, or, l’aîné Albert Kisonga refuse de s’ouvrir, il reste figé dans son idée de la supériorité blanche et de l’infériorité nègre, un peu comme dans la logique de Léopold Sédar Senghor qui disait que la raison est hellène tandis que l’émotion est nègre. En le disant, Senghor oubliait qu’il était lui-même un Nègre. Aussi, l’aîné Albert Kisonga oublie qu’il est un Nègre mais pour lui seuls ses compatriotes sont des Nègres à recoloniser. Je ne partage donc pas l’idée que « nous ne serions pris que dans nos propres perceptions projetées chez l’autre, notre interlocuteur ». C’est parce que nous voulons la participation pleine de l’un et de l’autre dans un contexte de réciprocité que je refuse de « tomber dans des monologues improductifs et calomniateurs ». Je rejette les propos abjects de notre aîné car j’aimerais amorcer un dialogue sincère (en diades ou triades) et constructif.

C’est parce que je ne suis pas proche de l’aîné Kisonga que je refuse de croire dans sa manière de raisonner car il est – sous cet angle-là – à l’opposé du monde tel que je le pense dans mon for intérieur.

Ne tâtonnons plus.

1) Si nous avions des patriotes bien formés à la tête du pays, qui mettaient la sécurité du Congo et le développement au-dessous de tout, la ville de Bukavu que le compatriote Kisonga avait connue n’aurait pas subi de destruction car dès la première invasion rwandaise l’Etat aurait envoyé rapidement des bataillons de soldats le long de la frontière et aurait éparpillé les Hutu (qualifiés tous de FDLR) à travers le pays pour enlever tout prétexte à Kagame de s’installer à l’Est de notre pays pour piller nos ressources naturelles. La beauté de cette ville serait toujours là et le peuple serait joyeux et reconnaissant envers l’autorité étatique. Notre pays n’aurait pas connu les 8 à 10 millions de morts et les bébés, les filles et les femmes ne seraient pas violées. Ce sont l’indifférence, la complicité avec les puissances ennemies et l’inaction des dirigeants congolais qui expliquent la situation actuelle. Il faut nommer clairement les responsables et ne pas culpabiliser tous les Congolais. Si les dirigeants luttaient contre l’impunité, Bukavu et l’Est de notre pays n’auraient pas connu autant de destructions accomplies parfois par des Congolais, « souvent parmi les plus formés», à la recherche d’un enrichissement rapide et illicite. L’impunité explique en grande partie la dérive que nous connaissons, déplorons et condamnons. À cause de cette impunité, l’aîné Albert Kisonga « a côtoyé la barbarie inimaginable du Noir congolais qui a même bouffé son premier Premier ministre élu… ». Voilà pour quelle raison, « Aujourd’hui, nous parlons de plus de 6 millions de morts et d’un nombre très élevé de violence sexuelle à l’encontre de nos enfants, nos mères et sœurs, etc. ». Nous devons dire clairement que ce ne sont pas les Congolais dans leur ensemble qui sont responsables, mais ceux qui commandent la force du feu, ceux qui sont payés pour assurer l’intégrité du territoire. Comme vous le savez, notre pays est dirigé par un conglomérat d’aventuriers et d’opportunistes. Ce n’est pas moi qui le dis mais Laurent-Désiré Kabila qui l’a dit. Or, ce conglomérat se soucie plus de son enrichissement rapide et illicite que de la sécurité des Congolais. Il ne cherche pas à unir l’« intelligence nationale » mais à la désunir en s’inscrivant dans la logique de diviser pour régner. La preuve, le Gouvernement qui a accepté l’idée du dialogue est incapable de passer à l’action plusieurs mois après sa convocation. C’est tout simplement honteux.

2) Nous avons des cadres peu utilisés, mal utilisés ou tout simplement pas du tout utilisés. Pour citer deux exemples : Combien d’ingénieurs sont sans travail ou ont un travail très précaire qui ne les nourrit pas ? Combien de fois notre pays a-t-il fait appel à l’expertise de la diaspora pour contribuer au développement du pays, comme d’autres pays le font régulièrement, en commençant par citer la Chine (lire mon livre Fweley Diangitukwa, Les migrations internationales, Paris, L’Harmattan, 2008, 290 pages) ?

3) L’intelligence est-elle la faculté la mieux partagée parmi les Congolais ? Chez nous, les moins formés sont plus riches que les plus formés. Prenez les cas de Joseph Kabila, Jaynet, Zoé, etc. Ils sont mieux payés que les professeurs d’universités qui rédigent leurs travaux. Au Congo, il faut être un voyou ou un seigneur de guerre pour prétendre à l’enrichissement lorsqu’on a rien reçu par héritage. Le décideur politique n’accorde aucune importance à « l’autre facteur (qui) est le plus déterminent : l’acquis (social) ». Il est vrai que « si Mozart était né au Congo ben, il ne serait pas le Mozart qu’on connaît ! ». Mais cela n’aurait pas été la faute des Congolais mais de ceux qui avaient organisé la traite négrière et la colonisation. Cela, il fallait le rappeler au frère mariste, Alvouet Roger qui aimait citer l’exemple de Mozart à Nyangezi où vous, compatriote Mastaki Bayange, avez étudié. Toutefois, le Congo a produit ses Lomami, Mudimbe, Ngal, Kadima Nzuji, Lomomba Emongo, etc. Certes, nous devons faire plus mais il faut avant tout sécuriser et stabiliser le pays car il n’y a pas de développement sans l’accomplissement de ces facteurs. Il faut en plus distribuer l’eau et l’électricité et entretenir les routes pour faciliter le développement par le transport.

4) Vous dites : « Oui, c’est connu : plusieurs cadres rdcongolais évoluant à l’étranger sont les clés de succès de leurs milieux professionnels ! Oui, mais, ôtez-les de ces cadres d’action conçus ailleurs, ramenez-les en RDCongo, et vous les verrez échouer… ». Vous avez raison, mais puisque nous le savons, nous devons créer ces cadres manquants dans notre pays. Si Katumba Mwanke, Joseph Kabila, Jaynet, Zoé, et d’autres ont pu réunir des milliards de dollars en peu d’années en pillant les ressources du Congo, cela signifie qu’il est possible de créer des cadres de travail favorables dans notre pays. Il suffit pour cela de mettre des dirigeants probes et compétents dans les postes clés, de lutter contre la corruption et l’impunité, de stabiliser le secteur bancaire, de créer des emplois, etc. Le développement du Congo est avant tout une question de volonté politique. Pourquoi le Botswana – qui est un pays africain comme nous – réussit et nous échouons ? Donc, « ce n’est pas l’intelligence des individus qui manque dans notre pays », mais la volonté de bien faire pour mettre en place l’intelligence-cadre, bien pensée et supervisée par un système de gouvernance basée sur une surveillance mutuelle : public/privé et privé/public. Dans notre pays, la collaboration du secteur privé dans l’action publique est complètement ignorée et l’action de la société civile est également ignorée par les décideurs politiques.

Oui, vous avez raison de dire : « Et là, nous n’y sommes pas encore et ma crainte est que nous ne puissions pas y arriver parce que beaucoup ne voient pas ce vide béat qui risque de nous engloutir toutes et tous : le manque éternel de cadres d’action ». Seuls ceux qui sont conscients peuvent être capables de combler les lacunes, dans le cas contraire, on réfléchit comme l’aîné Albert Kisonga qui démissionne et qui fait appel aux Blancs pour recoloniser le Congo car il se sait incapable de réunir les intelligences nécessaires et susceptibles de doper ou de booster le pays. Ceux qui ont bien compris les arcanes du pouvoir ne peuvent pas « en tout temps faire et défaire le principal cadre (qui est) la constitution du pays ». Ceux-là évoluent en mettant des garde-fous et en se projetant constamment dans le futur, en mettant un accent particulier dans les secteurs promoteurs de formation, en refusant de s’établir dans le provisoire.

5) Peut-on prétendre être un grand patriote lorsqu’on méprise ses propres compatriotes et qu’on s’émerveille devant les étrangers – uniquement parce qu’ils sont Blancs, comme le dit régulièrement le compatriote Kisonga ? Je me pose la question.

Non, le jour où j’aurai une parcelle de responsabilité, je ne me fierai jamais à « des intelligences qui, hors de cadres établis d’actions, sont plus barbares que quiconque », mais je chercherai des cadres compétents et responsables. Je réfléchirai toujours deux fois avant d’agir. Je punirai ceux qui seront fautifs et j’accepterai d’être puni si je suis fautif. Au lieu que l’élite détruise le Congo-Zaïre, je la pousserai à mettre ses talents au service de la nation pour ne pas donner raison à l’aîné Albert Kisonga qui prône la recolonisation de notre pays. Alors, à ce niveau, nous aurons tout à exhiber fièrement.

Oui, je partage le fait qu’: « il faudrait qu’une infime minorité en son sein arrive à créer un CADRE DE PRODUCTION où toutes ces intelligences pourraient éclore positivement pour l’intérêt supérieur de la Nation ». Or, ce cadre existe déjà au Congo et dans la diaspora. Il suffit que de véritables hommes d’Etat accèdent au pouvoir pour que tout change. Le Congo d’aujourd’hui n’a plus besoin d’une expertise étrangère pour gouverner la République car l’expertise locale est suffisante. Le Congo fera appel à l’expertise étrangère uniquement dans des domaines où cette présence est indispensable.

Ce sont les Congolais bien formés, compétents, consciencieux et probes et qui ont longuement réfléchi à l’avenir de notre pays avant d’accéder aux postes de décisions qui changeront bénéfiquement le destin du Congo. Nous ne pourrons pas agir autrement. Demain, nous placerons la bonne personne à la bonne place pour ne pas échouer.

J’ai cherché à être clair et direct, sans fioritures. Je vous remercie.

Fweley Diangitukwa

www.editions-mondenouveau.com

http://www.fweley.wordpress.com

 

Gesendet: Dienstag, 17. Mai 2016 um 03:04 Uhr
Von: « MastakiBayange via Congokin-tribune » <congokin-tribune@congokingroupes.com>
An: « mukanya jean-marie » <mukanyambjm@yahoo.fr>, « afriquenouvelle@bluewin.ch » <afriquenouvelle@bluewin.ch>, « Forum Lumumbiste des Patriotes Congolais » <congokin-tribune@congokingroupes.com>, « Forum Lumumbiste des Patriotes Congolais » <congokin-tribune@congokingroupes.com>
Cc: MastakiBayange <buinja@yahoo.com>, « Hinterland1 Hinterland1 » <hinterland1-owner@yahoogroupes.fr>, « Hinterland1 Yahoogroupes » <hinterland1@yahoogroupes.fr>
Betreff: [Congokin-tribune] Monsieur Albert Kisonga souhaite la recolonisation du Congo par les Blancs

Et si nous ne serions pris que dans nos propres perceptions projetées chez l’autre, notre interlocuteur? Nous tomberions dans des monologues improductifs et calomniateurs au lieu de dialogues (en diades et triades) constructifs…

 

Les Prof. Fweley Diangitukwa et le frère JM Mukanya seraient, c’est ma perception, aussi proches de l’aîné Kisonga qu’ils ne le croiraient.

 

Tâtonnons!

 

1) Kisonga a connu Bukavu, sa ville de naissance, enfant. Il a vu la beauté de cette ville que j’essaie difficilement de m’imaginer sur photo… Il l’a connu plus tard avec autant de destructions aux mains des congolais, souvent les plus formés.

Il a côtoyé la férocité des cadres blancs — « Ntalumanga » ou « simba ya Ulaya » pour ne citer que cela –, mais aussi la barbarie inimaginable du Noir congolais qui a même bouffé son premier Premier ministre élu… Aujourd’hui, nous parlons de plus de 6 millions de morts et un nombre très élevé de violence sexuelle à l’encontre de nos enfants, nos mères et soeurs, etc. On me dira, certes, ce que je connais mieux: il y en a des étrangers! Mais, ceux-ci ont-ils fait face à une intelligence nationale unie ou à un agrégat d’opportunistes mal en point?

 

2) Prétendre que nous avons des cadres serait loin de répondre à ce constat bien cru, je crois.

 

3) Le Prof. Fweley Diangitukwa a également un peu raison. L’intelligence, je le crois aussi, est la faculté la mieux partagée parmi les êtres humains. Seulement, cette assertion ne tiendrait qu’à une seule des deux composantes qui déterminent que devient une personne: l’innée. Or, c’est prouvé, l’autre facteur est le plus déterminent: l’acquis (social). À Nyangezi, le frère mariste, Alvouet Roger aimait nous dire: « Eh ben, si Mozart était né ici ben, il ne serait pas le Mozart qu’on connais ben! »

 

4) Oui, c’est connu: plusieurs cadres rdcongolais évoluant à l’étranger sont les clés de succès de leurs milieux professionnels! Oui, mais, ôtez-le de ces cadres d’action conçus ailleurs, ramenez-le en RDCongo, et vous les verrez échouer… Pour dire que ce qui manque ici n’est pas l’intelligence des individus, mais l’intelligence-cadre, bien souvent pensée et supervisée par peu de personnes, mieux par un système.

 

Et là, nous n’y sommes pas encore et ma crainte est que nous ne puissions pas y arriver parce que beaucoup ne voient pas ce vide béat qui risque de nous engloutir toutes et tous: le manque éternel de cadres d’action. Et comment y arriverions-nous si nous devons en tout temps faire et défaire le principal cadre, la constitution du pays. Comment peut-on évoluer si jamais on s’est établi un tremplin, une fondation, etc.?

 

5) Enfin, Kisonga et Fweley Diangitukwa sont des grands patriotes, fiers et complémentaires à mon avis. Pendant que le Prof risquerait de se fier à des intelligences qui, hors de cadres établis d’actions, sont plus barbares que quiconque, l’Aîné Kisonga l’amènerait à y penser deux fois avant de foncer. Ce qui a détruit le Congo-Zaïre, c’est son élite avant tout… Alors, à ce niveau, nous n’avons rien à exhiber fièrement.

Cependant, il faudrait qu’une infime minorité en son sein arrive à créer un CADRE DE PRODUCTION où toutes ces intelligences pourraient éclore positivement pour l’intérêt supérieur de la Nation. C’est ce cadre qui devra préexister avant d’amener des assistants d’ailleurs.

Est-ce le CET? Mieux, pourrait-il être le CET révisé?

Je vous remercie tout en m’en voulant  de n’avoir pas su être clair. Toutes mes excuses!

Mastaki

 

From: mukanya jean-marie via Congokin-tribune <congokin-tribune@congokingroupes.com>
To: « afriquenouvelle@bluewin.ch » <afriquenouvelle@bluewin.ch>; Forum Lumumbiste des Patriotes Congolais <congokin-tribune@congokingroupes.com>
Cc: mukanya jean-marie <mukanyambjm@yahoo.fr>
Sent: Monday, May 16, 2016 7:42 PM
Subject: Re: [Congokin-tribune] Monsieur Albert Kisonga souhaite la recolonisation du Congo par les Blancs

 

Kisonga est coutumier des constructions bancales. Il ne faut pas s’en étonner. Il continue à pratiquer un raisonnement qu’il croit et proclame lumumbisme. Mais en réalité, il a plutôt un gros problème de préjugé politique, voir de rancoeur envers ses compatriotes qu’il catégorise par rapport à leurs origines, leurs parentèles, leurs fréquentations, leurs visions idéologiques etc.

D’où sa drôle d’idées de faire « re-coloniser le pays par les blancs ».

Kisonga ne se demande même pas pourquoi et comment les blancs de mauvaise foi devraient aider les congolais à progresser.

Le pauvre Lumumba était pourtant plus subtil, lui qui, à l’époque où nous étions sans techniciens, voulait garder les blancs. Maintenant que nous en avons en grand nombre, il faut se poser la question de savoir si ce n’est pas l’ignorance et l’extrémisme des maoïstes et trotskistes, ainsi que des machiavéliques qui nous conduit dans cette impasse.

Cela explique qu’il n’arrive pas à s’expliquer que son rejet des siens, avec en tête ses ennemis balubakas (comme il aime bien les distinguer des autres lubas) le conduit à un raisonnement biaisé.

Kisonga,

Lorsque tu toléreras les tiens, tu dépenseras moins en salaires payés à l’étranger, et tu construiras ton Congo plus vite.

 

JM Mukanya
Le Mardi 17 mai 2016 1h11, afriquenouvelle— via Congokin-tribune <congokin-tribune@congokingroupes.com> a écrit :

 

Monsieur Albert Kisonga Mazakala dit aux Congolais : « Il n’y a aucun Congolais de bonne volonté qui peut contribuer à reconstruire le Congo car nous en avons pas la capacité« . Ceci signifie que lui-même, en premier, n’a pas cette bonne volonté et il n’en a pas la capacité. Sur plus de 70 millions de Congolais que nous sommes, il ne trouve aucun Congolais compétent avec la capacité et la bonne foi pour contribuer au développement de notre pays. Pour cette raison, à la suite de Donald Trump, il souhaite la recolonisation de notre pays par les Blancs. Voici sa phrase fétiche :    « Ce n’est qu’avec les Blancs de bonne volonté que nous pourrons construire notre pays. Nous mêmes, nous n’en avons pas la capacité ». Lisez son texte entier ci-dessous.

Pardonnez-moi de vous poser une question brutale parce que je suis profondément choqué par vos propos.   Monsieur Albert Kisonga Mazakala,   êtes-vous un homme normal et jouissez-vous toujours de toutes vos facultés ?

Fweley Diangitukwa

www.editions-mondenouveau.com

www.fweley.wordpress.com

  1. Donald Trump n’a jamais manifesté une grande considération pour ses compatriotes Noir. Cependant, la
    vérité peut aussi sortir de la bouche du diable en personne. En effet, si l’on cherche à savoir ce que les peuples noirs ont gagné avec l’indépendance, on peut se trouver devant la difficulté d’énumérer les bénéfices qu’ils ont engrangés. Pour parler de notre pays la RDC, avant l’indépendance, les soins médicaux
    étaient gratuits. De tous les pays voisins, on venait se faire soigner au Congo. Or, 1973 où le Président Mobutu voulut créer une ceinture verte autour de Kinshasa, les experts chinois (déjà) en sa compagnie dans l’hélicoptère, lui posèrent la question de savoir ce qu’était l’étendue qu’ils survolaient (le
    cimétière de Kimbanseke). A la réponse du Chef de l’Etat, les Chinois posèrent la question de savoir s’il y avait eu une guerre atomique au Zaïre. Cela veut dire que 13ans après l’indépendance, les Congolais mouraient comme des mouches. Qu’en est-il aujourd’hui? Des régions entières sont complètement abandonnées à leur sort, sans la moindre infrastructure médicale. Celles qui ont survécu sont devenues
    des mouroirs. Dans le communiqué qu’il a diffusé pour
    annoncer la mort de son collègue Banza Mukalay, le Mnistre
    de l’Information a annoncé que son collègue était décédé alors que le gouvernement s’apprêtait à l’évacuer à l’étranger par un avion médicalisé, sans doute pour un coût d’au moins 1 million $. Pendant ce temps, plus de 90 % des citoyens congolais ne disposent pas d’un budget de 10 $ pour se faire soigner.
    Avant l’indépendance, si la nourriture (en qualité et quantité) semblait quelque peu poser problème à Kinshasa, ce n’était pas le cas à l’intérieur. Dans les villes du Kivu, les gens mangeaient tous les jours de la viande. D’ailleurs à Bukavu, les clercs ne consommaient que la viande du Kenya importée par Elakat. Quelle est la situation aujourd’hui?

Même sur le délicat chapitre des droits de l’homme, je ne me
trompe pas si je dis qu’en 1959, le Congolais jouissait de plus de libertés qu’aujourd’hui, dans un régime colonial évidemment en fin de parcours. Toujours en 1973, mon petit frère le Procureur général Simansi me fit visiter, en compagnie d’un ami, le cachot du parquet à Matonge. Il nous expliqua clairement que les détenus qui n’avaient pas de familles mourraient souvent de famine.
Notre conclusion fut que personne n’accepterait d’enfermer sa chèvre dans ces cachots.  Pour ce qui me concerne, même si j’ai mis des décennies à bien comprendre son discours, ma conviction, d’ailleurs largement partagée par les Congolais à ce jour, est que Patrice Lumumba avait raison lorsqu’il avait dit à ses camarades à Bukavu :  » Ce n’est qu’avec les Blancs de bonne volonté que nous pourrons construire notre pays. Nous-mêmes, nous n’en avons pas la capacité ». J’ai répété le même discours au Président Kabila à Bruxelles il y a 15 ans, en lui recommandant de faire comme Mandela. On connaît la suite.

La réalité est donc que dans certains pays comme le nôtre,
le citoyen vit comme un esclave, à la merci de l’arbitraire de ses dirigeants dont l’unique intérêt consiste à chercher l’enrichissement rapide, tout en produisant un discours pour entuber la population.
Albert Kisonga Mazakala

Il est temps de prendre place dans la locomotive

14 Mai

Il est temps de prendre place dans la locomotive

La seule réflexion qui vaille la peine à l’heure actuelle est la question suivante : comment faire en sorte que l’opposition soit dans un rapport de forces équivalent à celui du pouvoir, si pas militairement mais au moins contextuellement ? Cette question prioritaire est jusqu’à présent négligée par cette partie de l’opposition qui accepte d’aller à un dialogue déjà boutiqué dans lequel le pouvoir en place connaît déjà l’issue ou, en d’autres termes, a déjà anticipé ce que sera l’issue du dialogue.

En guise de rappel, le maréchal Mobutu avait tout simplement ignoré les conclusions de la CNS qu’il a fermée lorsqu’elle a commencé à traiter des dossiers qui ne lui plaisait pas (question de rapport de forces) et l’opposition de l’époque n’avait pu rien faire au-delà des protestations. Il a fallu attendre l’arrivée de l’AFDL pour changer, hélas en mal, l’avenir du Congo. De la même façon, M. Joseph Kabila et l’équipe qui l’entoure ont simplement ignoré les conclusions des concertations nationales et l’opposition actuelle n’a rien fait pour imposer l’exécution des conclusions desdites concertations (question de rapport de forces).

Le pouvoir actuel a ignoré l’appel au dialogue lancé en 2012 par l’UDPS et il a fallu attendre la fin du mandat présidentiel pour que le même pouvoir accepte, en 2015, l’idée du dialogue non pas avec la feuille de route de l’UDPS mais avec sa propre feuille de route. Comme je l’ai déjà dit à maintes reprises, le pouvoir de M. Kabila a voulu utiliser le dialogue pour organiser le glissement en entraînant l’UDPS, à  son insu, dans son choix de demeurer au pouvoir au-delà du mandat présidentiel. La direction de l’UDPS a mordu, malgré nos multiples appels à la prudence, parce qu’elle croyait qu’il était possible d’utiliser ce dialogue pour imposer ses points de vue et récupérer le pouvoir qu’elle n’a pas eu en 2011. L’espoir a duré l’espace d’un jour. Entre-temps, un médiateur a été désigné non pas par la Communauté internationale comme le souhaitait l’UDPS mais par l’Union Africaine (UA). Néanmoins, l’espoir a été entretenu jusqu’au milieu de la journée. Puis, dans l’après-midi, l’ONU est venue avec sa résolution 2277 imposant l’élection présidentielle dans le respect de la Constitution.  Depuis la publication de cette résolution, on a vu la mouvance présidentielle accélérer à plus de 180 km l’heure jusqu’ à obtenir à l’arrachée la décidions inique de la Cour constitutionnelle (nommée par le chef de l’Etat lui-même) qui permet au président en exercice de rester au pouvoir aussi longtemps qu’il refusera d’organiser l’élection présidentielle pour se voir remplacé par le président élu. L’article 220 de la Constitution est tout simplement ignoré car le pouvoir en place s’appuie sur sa force pour dicter et imposer sa volonté à l’opposition et au peuple qu’il croit être à genoux. Il a y a là une violation flagrante de l’ordre constitutionnel, malgré l’épée de Damoclès qui pèse désormais sur le pouvoir car le droit international public s’impose au droit national (résolution 2277 de l’ONU versus décision de la Cour constitutionnelle).

Devant une telle mauvaise foi du partenaire dans le futur dialogue, faut-il vraiment  se donner tant de peine d’à aller à un dialogue dont l’issue est déjà connue pour les membres du pouvoir actuel qui montrent clairement qu’ils vont rester au pouvoir en violant explicitement la Constitution ? Ma réponse à cette question est éternellement la même : on ne dialogue pas avec une dictature. Il faut mettre en place une stratégie bien réfléchie qui obligera le pouvoir en place de freiner son élan  pour ne pas cogner le mur que l’opposition va placer en face de lui. Voilà la solution. Et si maintenant on nous écoutait un peu ! Oui, il est temps de prendre place dans la locomotive. Il n’y a plus rien à attendre de ce pouvoir qui a bien montré son mépris pour le peuple.

Pour mieux connaître ma pensée sur cette question, j’invite les lecteurs à lire mon livre publié sur Internet en version PDF  et intitulé : « Comment mettre fin à une dictature solidement installée » : www. http://www.editions-mondenouveau.com/#!boutique/kzdtu

Fweley Diangitukwa

http://www.editions-mondenouveau.com

Le 14 mai 2016.

Lu pour vous : « Présidentielle dans le délai constitutionnel – Washington et Paris accentuent la pression »

14 Mai
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POLITIQUE 13 MAI 2016

Présidentielle dans le délai constitutionnel – Washington et Paris accentuent la pression

L’arrêt rendu, le mercredi 11 mai 2016, par la Cour constitutionnelle autorisant le chef de l’Etat à exercer les fonctions de président de la République au-delà du délai constitutionnel, n’a pas ébranlé la détermination des gouvernements américain et français. Si Washington appelle à prendre la bonne décision dans la tenue d’élections, Paris, plus tranchant, note que « la priorité doit aller à la préparation active et de bonne foi des élections, seule source de légitimité populaire ». La pression s’accentue.

Le Potentiel

         « Victoire ! », a crié mercredi la Majorité présidentielle (MP) après que la Cour constitutionnelle a rendu son arrêt qui permet à son autorité morale de contourner momentanément le verrou de l’article 220 de la Constitution. Pour l’essentiel, la MP croit avoir obtenu par sa requête en interprétation de l’article 70 de la Constitution, la pérennité au pouvoir de Joseph Kabila. Subtilement, la haute Cour a donné à ce dernier des assurances d’exercer ses fonctions présidentielles au-delà du délai que lui impose la Constitution.

« Bravo ! », a rétorqué avec un sourire en coin, quelques leaders de l’Opposition qui n’entendent pas baisser les bras quant à la bataille pour la tenue d’élections dans les délais prévus par la Constitution. L’Opposition continue à croire que la guerre pour le triomphe de la démocratie devrait se poursuivre jusqu’à la victoire finale, mais alors la vraie, celle qui s’obtient par la voie des urnes. « Le peuple congolais attend de se choisir ses dirigeants pour la prochaine législature », a déclaré sous le sceau de l’anonymat un leader de l’Opposition en soulignant que le dernier mot revient toujours au souverain primaire.

Dans son arrêt rendu le mercredi 11 mai 2016, la Cour constitutionnelle, statuant sur la requête des députés nationaux de la MP, a estimé que pour assurer la continuité de l’Etat, le président Kabila reste en fonction jusqu’à l’installation effective du nouveau président élu. Alors que la Majorité jubile, l’Opposition promet d’organiser la résistance pour éviter ce qu’elle qualifie déjà d’un « coup d’Etat » constitutionnel. Bref, la classe politique congolaise est en ébullition. D’autant que, complice de la MP, la Céni (Commission électorale nationale indépendante) prend tout son temps et s’arrange pour ne pas convoquer le corps électoral 90 jours avant la fin de mandat de l’actuel président de la République.

Paris tonne…

Au moment où la justice s’acharne à Lubumbashi sur Moïse Katumbi Chapwe, l’arrêt de la Cour constitutionnelle n’a pas laissé indifférentes certaines capitales occidentales.

Dans un langage diplomatique à l’accent sibyllin, Paris a invité, hier jeudi, Kinshasa à faire preuve de « bonne foi » pour la tenue des élections dans les délais constitutionnels. « La priorité doit aller à la préparation active et de bonne foi des élections, seule source de légitimité populaire », a dit Romain Nadal, porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, dans un communiqué diffusé depuis le Quai d’Orsay à Paris.

Ce dernier note qu’ « il appartient aux autorités congolaises d’assumer leurs responsabilités à cet égard », exprimant de vives inquiétudes sur « la dégradation de l’environnement politique et sécuritaire » en RDC.

En réalité, Paris a fait d’une pierre deux coups. Il réagit à la fois à l’arrêt du 11 mai 2016 de la Cour constitutionnelle qui consacre le glissement, mais aussi à l’audition tumultueuse à Lubumbashi de l’opposant Moïse Katumbi, candidat déclaré à la présidentielle 2016.

En lisant entre les lignes, l’on se rend bien compte que Paris ne s’inscrit pas dans la démarche de Kinshasa. D’où, son invitation aux autorités congolaises à faire montre de « bonne foi » en laissant évoluer en toute sérénité le processus électoral.

…Washington presse Kabila

Venant à la suite de Paris, Washington n’est pas non plus allé par le dos de la cuillère. Dans une déclaration relayée sur le site IB Times, qui cite l’ambassadeur des Etats-Unis en RDC, Washington serait prêt à envisager des sanctions au cas où le président Kabila se maintiendrait au pouvoir au-delà des limites constitutionnelles, autrement dit après 2016. Le diplomate américain a réitéré la position des Etats-Unis, maintes fois répercutée par des officiels américains chaque fois qu’ils ont l’occasion de rencontrer le président Kabila.

Il est revenu, à ce propos, sur l’entretien que le président Kabila venait d’avoir à New York avec le secrétaire d’Etat américain, John Kerry. A cette occasion, le chef de la diplomatie américaine, qui avait à ses côtés Thomas Perriello, envoyé spécial des Etats-Unis dans les Grands Lacs, est revenu sur la position de l’administration américaine, laquelle n’a pas changé d’un seul iota. Il s’agit de la tenue impérative des élections, essentiellement présidentielle, dans les délais constitutionnels, c’est-à-dire pas au-delà de 2016.

« Nous espérons toujours que nous pouvons obtenir du gouvernement de la RDC et du président Kabila à prendre la bonne décision. La Constitution de la RDC est très claire que le mandat du président se termine en décembre, et ils doivent organiser les élections. Nous avons transmis cela au président Kabila. Nous travaillons également en étroite collaboration avec nos partenaires internationaux pour assurer que nous sommes en phase sur la question des sanctions », a dit en substance le diplomate américain, toujours cité par IB Times. Pour les Etats-Unis, la RDC est « à un carrefour historique ».

Pour Paris et Washington, l’arrêt de la Cour constitutionnelle est un non-événement qui ne peut nullement obstruer la voie qui mène à la tenue de la présidentielle dans le délai constitutionnel.  Les couleurs sont annoncées !

Communiqué du ministère français des Affaires étrangères sur la RDC

La France est préoccupée par la dégradation de l’environnement politique et sécuritaire en République démocratique du Congo.

La priorité doit aller à la préparation active et de bonne foi des élections, seule source de légitimité populaire. Il appartient aux autorités congolaises d’assumer leurs responsabilités à cet égard.

La France appelle également au respect de l’État de droit afin qu’un débat serein s’engage dans la perspective des élections.

La recrudescence des exactions au Nord-est du pays, que la France condamne avec la plus grande fermeté, doit inciter les forces de sécurité du pays, avec le soutien de la mission de l’organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo, à concentrer leurs efforts sur la protection des populations civiles, notamment les plus vulnérables.

Paris, le 12 mai 2016

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