Lu pour vous : RD Congo : souvent Vital Kamerhe varie…

23 Sep
JUENE AFRIQUE

RD Congo : souvent Vital Kamerhe varie…

Publié le 22 septembre 2016 

Il se voyait déjà leader de l’opposition. Las ! Sentant que Tshisekedi et Katumbi risquaient de l’évincer, il a finalement accepté de prendre part au dialogue avec le pouvoir censé préparer la transition. Cet article d’analyse a été publié le 11 septembre dans le n°2905 de Jeune Afrique.

«Si l’on tente de toucher à la Constitution, je serai le premier à quitter cette salle. » Le 5 septembre, au soir de l’une des premières journées de dialogue avec le pouvoir, Vital Kamerhe continuait de bomber le torse.

On ne se refait pas. Du moins pas aussi vite. Pendant plusieurs années, ce tribun-né a été l’un des opposants les plus critiques au président Joseph Kabila. Mais cette ultime rodomontade ne suffit pas à masquer son revirement : pendant des mois, Kamerhe s’est vigoureusement opposé au dialogue proposé par le chef de l’État, y voyant « un piège ». Non seulement il a finalement accepté d’y participer, mais il le fait en plus en tant que « comodérateur ».

Des positions changeantes

Ce n’est pas la première fois que Vital Kamerhe, 57 ans, change ainsi de posture. Avant de passer à l’opposition, en 2009, il était l’un des principaux soutiens de Kabila : membre cofondateur de son Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) en 2002, il a été un porte-parole du gouvernement très offensif contre l’opposition. Il a ensuite pris la direction du parti, puis la présidence de l’Assemblée nationale.

À ce poste, cet ambitieux se permet une certaine autonomie vis-à-vis du chef de l’État. Jusqu’à oser critiquer deux de ses décisions : une série de contrats signés avec la Chine et l’entrée des troupes rwandaises dans l’est du Congo. Piqué au vif, Kabila le contraint à la démission en 2009. Kamerhe fonde alors son propre parti, l’Union pour la nation congolaise (UNC), et rejoint l’opposition.

Cette propension à retourner sa veste – qu’il partage avec de très nombreux hommes politiques congolais – lui a valu un surnom dans les dîners de La Gombe : le « Kamerhéon ». Lequel décrit tout aussi bien son extra­ordinaire capacité d’adaptation. Natif de Walungu, dans la province du Sud-Kivu, Kamerhe a passé son enfance dans différentes villes du Zaïre, au gré des mutations de son père fonctionnaire.

Résultat, il parle sept langues : le français, l’anglais, le lingala, le swahili, le kikongo, le tshiluba et le mashi. Pratique quand il s’agit de soulever les foules et de toucher les cœurs. Mais Vital Kamerhe sait aussi parler le langage des journalistes, qu’il abreuve de formules chocs, et même celui des diplomates, admiratifs de ses analyses politiques.

Une partie d’entre eux a d’ailleurs discrètement applaudi sa nouvelle stratégie : jouer l’apaisement. Les incertitudes sur la stabilité de cet immense pays inquiètent en effet tous ceux qui y ont des intérêts… Or le redouté scénario du « glissement » est devenu inévitable : la Commission électorale nationale indépendante n’aura pas le temps d’organiser un scrutin présidentiel d’ici à décembre.

C’est pourtant à cette date que doit s’achever, si l’on en croit la Constitution, l’ultime mandat de Joseph Kabila. Du coup, plaide l’entourage de Kamerhe, mieux vaut négocier pour éviter le chaos. Quand l’élection aura-t-elle finalement lieu ? Qui dirigera le pays dans l’intervalle ? et avec qui ? Ce sont ces questions que doit trancher le fameux dialogue national.

L’opposition se sent trahie

Pour le Rassemblement de l’opposition, en revanche, la soudaine ouverture de Vital Kamerhe est vécue comme une trahison. Cette structure regroupe notamment l’opposant historique, Étienne Tshisekedi (83 ans, dont plus de trente passés à lutter contre tous les pouvoirs congolais successifs), et l’ancien gouverneur du Katanga Moïse Katumbi, qui a rompu avec Kabila en 2015.

Pour eux, il n’y a rien à négocier : le prétendu « dialogue » n’est qu’une manœuvre du chef de l’État pour se maintenir au pouvoir ; il doit se retirer et laisser un gouvernement de transition prendre le relais jusqu’au scrutin.

Il y a encore quelques semaines, Kamerhe était du même avis. Il faisait tout pour s’ériger en leader de l’opposition. Jusqu’en 2015, il avait même des raisons d’y croire. Ses deux rivaux d’alors étaient entravés pour des raisons diverses : Tshisekedi était affaibli par l’exil, l’âge et la maladie et Jean-Pierre Bemba, jugé à la Cour pénale inter­nationale, paraissait en mauvaise posture – il a depuis été condamné à dix-huit ans de prison.

Kamerhe était convaincu qu’un boulevard s’ouvrait devant lui et, qui sait, qu’il pourrait le mener jusqu’au palais de la Nation. L’arrivée du populaire Moïse Katumbi dans l’opposition a changé la donne.

Celui-ci a débarqué avec sept partis anciennement membres de la majorité, le « G7 ». Et il dispose d’un atout qui fait cruellement défaut à Kamerhe : la fortune, véritable nerf des batailles politiques congolaises.

Dans un premier temps, Kamerhe semble jouer le jeu de l’unité. On peut encore trouver, sur internet, les vestiges de cette époque révolue : dans une vidéo tournée en février, Katumbi, Kamerhe et Félix Tshisekedi, le fils d’Étienne, s’embrassent à tour de rôle en répétant « pasi na yo, pasi na nga » (« ton souci est le mien », en lingala). Presque un slogan de campagne pour une cause commune.

Mise à distance progressive de l’opposition

Mais lorsque le G7 investit Katumbi pour la présidentielle, Kamerhe voit rouge et critique publiquement cette initiative. En privé, l’entourage de Katumbi s’étrangle : il pensait un accord en bonne voie.

En juin, l’opposition se réunit à Genval, dans la banlieue de Bruxelles, pour lancer son « Rassemblement ».

Kamerhe est invité, mais flaire une initiative des réseaux katumbistes pour sceller une alliance avec Tshisekedi. Il ne vient pas. Dès lors, cet homme habituellement très volubile évite les médias. Sans doute commence-t-il à mûrir son changement de stratégie. Le retour triomphal de Tshisekedi à Kinshasa, le 27 juillet, ne peut que le convaincre de sauter le pas.

Le « vieux » se révèle en effet en meilleure forme que ce que beaucoup pensaient. Surtout, il est accueilli par des centaines de milliers de partisans. Un bain de foule comme le pays n’en avait plus connu depuis des années, peut-être même des décennies. Cruel pour Kamerhe, qui, malgré ses efforts, n’a jamais réussi à se forger une popularité comparable à Kinshasa. C’est désormais une évidence : dans l’opposition, il sera cantonné aux seconds rôles.

Perte de soutiens

Et dans la majorité ? Le gouvernement lui fait des appels du pied. Le 19 août, sa chaîne de télévision, Canal Futur, est de nouveau autorisée à émettre (celle de Jean-Pierre Bemba aussi, mais pas celles de Moïse Katumbi). Kamerhe accepte de participer au dialogue.

À Kinshasa, l’image des drapeaux de son parti, l’UNC, accolés à ceux du PPRD, détruit en quelques heures une réputation d’opposant bâtie durant des années. Ses deux principaux lieutenants, Jean-Bertrand Ewanga et André-Claudel Lubaya, quittent leur poste.

Une grande partie de son fief du Sud-Kivu continue malgré tout de le soutenir. Le 23 août, Bukavu n’a pas suivi l’appel de l’opposition à une journée « ville morte » dans tout le pays. Reste que Kamerhe, qui n’a pas souhaité répondre à nos questions, se retrouve un peu seul à la table de dialogue…

Pierre Boisselet

Lu pour vous : Théâtralisation du complot anti-RDC du quatuor Kabila/Kodjo/Tambwe Mwamba/Kamerhe…

13 Sep
Am 13.09.2016 um 13:22 schrieb Kiantede Nzogu kiantede_p_nzogu@yahoo.com [CONGOCULTURES]:
Cher(e)s Congolais(es),
Cher(e)s ami(e)s de la RD Congo,
1. Sachez que cette « suspension de participation » au « dialogue » non inclusif n’est qu’un acte tactique. C’est une séquence manipulatoire du scenario pré-écrit par Joseph Kabila et ses complices (nationaux et étrangers, et parmi ces derniers Edem Kodjo et certains membres de la communauté internationale qui veulent juste « geler »  la situation de la RDC autour d’une présidence Kabila même devenue illégale et d’un condominium rwando-ougandais en coulisses).
2. La séquence actuelle vise à essayer de redonner une crédibilité « médiatique » à celui que la « coalition » anti-congolaise utilise comme pion – consentant – à savoir Vital Kamerhe, tout en mettant au point les  mesures sécuritaires « d’ingénierie sociale » (on utilise  la terminologie qu’utilisaient les racistes Boers durant l’Apartheid en Afrique du Sud) contre l’insurrection prévisible des populations face à la forfaiture politique qui se cuisine à la Cité de l’OUA.
3. En effet, c’est à Vital Kamerhe qu’il est donné d’essayer de faire avaler à notre nation une prolongation illégitime et illégale de la présidence de Joseph Kabila, soi-disant par souci de « paix » (cf. les déclarations très médiatisées de Vital Kamerhe à ce sujet, en se référant à la situation de la Colombie, qu’il ne connaît manifestement pas – mais en RDC il suffit de bien parler français et de sembler sûr de soi, même si on profère des approximations grossières voire des bêtises).
4. Le premier pan de la manipulation a été de soustraire les débats au contrôle populaire. Ainsi, afin que le complot se déroule « entre gens de bonne compagnie », on a mis le huis clos sur ce qui se déroule comme « dialogue » (non inclusif) dans cette cité de l’OUA militarisée, « bunkerisée ». Pendant ce temps, pour des motifs clairs, on maintien fermés les médias locaux de l’opposition, dans la capitale comme en provinces, afin que ce soit les mêmes mensonges sur les raisons « techniques » de la non-organisation des élections prévues en 2016 qui soient débités à la fois par les médias officiels,
qui ont monopole de parole publique, et par les « co-modérateurs » (Tambwe Mwamba, originaire du Maniema, et Vital Kamerhe, du Sud-Kivu) et  autres « porte-parole » (She Okitndu, MP, co-organisatuer des équipées de « négociations » dans ces cités de la villégiature bourgeoise et de divers autres vices que sont Venise, en Italie, et Ibiza, en Espagne).
5. Le deuxième pan de la manipulation est donc dans le choix de ces deux « co -modérateurs ». Les deux sont des originaires du « Grand-Kivu ». Celui-ci issu de la « majorité », M. Alexis Tambwe Mwamba, est un fils du Maniema, où il n’a pas été réélu lors des élections de 2011, mais sa proximité avec Joseph Kabila en qualité de conseiller, et avec le Rwanda en qualité d’ancien cadre du RCD/Goma, lui a valu le poste régalien de Ministre de la Justice. L’autre, qui se proclame « opposant » depuis sa démission du PPRD et de son poste de président de la Chambre basse du parlement, est du Sud-Kivu, et n’a plus de poste électif depuis 2011. Que Joseph Kabila ait choisi   de jouer sa partition de « prolongation de mandat présidentiel sans élection » avec ces deux personnalités du  « Grand Kivu », s’explique par le fait que le tyran venu de Tanzanie vit divers  problèmes avec les populations et plusieurs politiciens de sa province d’origine paternelle,  l’ex-Katanga. Il se tourne donc, « naturellement », vers ses « oncles », les ressortissants de la province duz Maniema, et ceux mobilisent, par « géopolitique » négative (et attentatoire à la cohésion nationale que l’ôn dit rechercher) vers leurs « frères et sœurs » de l’ex-Kivu, soit le Sud-Kivu (capitale: Bukavu) et le Nord-Kivu (capitale: Goma), qui forment ensemble le  « Grand-Kivu ».
6. Cet ensemble  géopolitique de notre pays qu’est le « Grand-Kivu » constitue aussi le lien géographique, vu les frontières, avec le Rwanda et l’Ouganda, dont j’ai signalé le rôle plus haut, et où, en prévision de son projet, à haut risque de troubles, de « prolongation de mandat présidentiel sans élection », Joseph Kabila est parti en concertations « sécuritaire » dernièrement, avec ses homologues et « maîtres » (car ce sont eux qui ont permis à l’AFDL, et donc à Joseph Kabi la de conquérir le pouvoir politique dans notre RD Congo) Kaguta Yoweri dit Museveni et Paul Kagamé. C’est là un des pans du complot anti-congolais en cours!
7. La fragilisation de la cohésion nationale congolaise via cette cooptation de politiciens du « Grand Kivu » (dont je suis moi-même originaire, donc je ne parle pas à la légère ou par esprit de discrimination car ce serait contre moi-même), s’est d’ailleurs poursuivi par la nomination des responsables des 3 Commissions thématiques. L’une, celle sur les « élections »,   est présidée par M. Emmanuel Shadari Ramazani, député PPRD du Maniema, assisté par Mme Elysée Dimandja , du Sankuru voisin mais mariée à un de mes jeunes frères du Maniema). L’autre, celle chargée de traiter de la sécurité, est présidée par M. Mashamba Shako, munyaruanda (Hutu) de Rutshuru au Nord-Kivu, et vice-présidée par M. Moïse Nyarugabo, « Munyamulenge » c’est-à-dire munyarunda (Tutsi) du Sud-Kivu. Ces deux derniers animateurs de la question sécuritaire montre que la sécurité de l’Est de notre pays continue à être lue selon les prismes des conflits et intérêts des seuls Banyaruanda, et derrière eux, du Rwanda de Paul Kagamé.
8. L’actuelle « suspension de participation » de « l’opposition » du « dialogue » non inclusif qui se tient, à huis clos, sous la protection de militaires et sans compte-rendus pluralistes possibles dans les médias, n’est donc qu’une distraction. Ceci, sans ignorer bien sûr les  tactiques de négociations de postes au cours de la transition par le groupe de comploteurs menés par M. Vital Kamerhe. Ce dernier est un politicien ambitieux. Il a vu, avec l’irruption de M. Moïse Katumbi qui a plus de moyens financiers,  se fermer pour lui la perspective, qu’il a caressée pendant longtemps, de remplacer M. Etienne Tshisekedi comme « opposant de référence en RDC ».  Il a donc décidé de rentrer  dans sa famnille politique « naturelle », le PPRD, et de jouer la partition qui a été souvent la sienne, soit le rapprochement avec le Rwanda (sa phrase fétiche reste: « Nous sommes tous des enfants du Rwanda! », outre sa fumeuse théorie de « partage de richesses du Congo avec les voisins » – au lieu d’un commerce équitable comme cela se fait dans toutes les régions frontalières apaisées du monde!). 
9. A propos de M. Vital Kamerhe,  il convient de placer le terme « d’ambition »  dans son sens négatif, celui d’intrigues, de jeux de l’ombre, de manipulations d’esprit faibles par un verbe tonitruant (bien que souvent dénué de logique), et de mises en scène devant des médias médiocres et stipendiés, etc. Remarquez les tics et répétitions de son discours public,  qui relèvent de s logans à essayer de faire pénétrer  dans nos caboches et qui sont aussi des « éléments de langage  » du complot anti congolais: on insiste sur les adjectifs « infecté » / « pourri » / « Inapproprié » pour parler du fichier, mais sans nullement se poser la qu estion, fondamentale, de la responsabilité de ce regrettable é tat de fait, et des sanctions (politiques et judiciaires) à prendre suite aux fautes commises par des institutions (Président, parlement, gouvernement, justice et CENI) qui ne se réveillent et ne commencent leur travail qu’en 2016 alors tous leurs animateurs sont payés – et grassement – chaque mois depuis des années!
10.  Suivons donc ce « théâtre de chez nous » (car cela  nous concerne!), mais avec attention et esprit critique. Ne nous laissons pas berner par la manipulation des médias RDCiens et étrangers acquis aux intérêts d’une vassalisation continue de notre nation, et de son ma intien dans la misère et la violence sous la houlette d’un « dirigeant »  falot comme Joseph Kabila, un politicien  incompétent (incapable d’organiser des élections, tout comme de simplement doter les citoyennes et citoyens de documents d’identité) et cruel (prise de dizaines de politiciens comme « otages » dans les prisons – alors que sont « amnistiés » des criminels de sang issus des  CNDP, M23 et autres milices créées au Rwanda et en Ouganda; ; indifférence aux massacres à répétition à  Beni et ailleurs en RDC; répression tous azimuts de l’expression démocratique légitime; etc.)!
10. Courage à nous toutes et tous, et salutat ions patriotiques!
Nzogu bin Kyantedfe P R,
Lumumbiste et Panfaricain
et porte-parole du « dialogue »A la sortie de chaque journée

Pour quelle raison M. Vital Kamerhe a-t-il choisi de se brûler dans un dialogue non inclusif ?

12 Sep

Pour quelle raison Monsieur Vital Kamerhe a-t-il choisi de se brûler dans un dialogue non inclusif ?

En Science politique, la constance est une vertu cardinale. Ceux qui s’engagent dans ce domaine très exigeant sont appelés à être rationnels et à s’inscrire non pas dans une rationalité absolue – car elle est difficile voire impossible, faute de moyens matériels et de temps, – mais dans une rationalité limitée (voir théorie de Herbert A. Simon). En politique, la réflexion et le choix précèdent l’engagement et lorsque l’acteur a choisi son camp, il doit rester cohérent et constant, après avoir mûrement réfléchi.

Les compatriotes, qui suivent avec intérêt l’évolution de la situation politique dans notre pays, observent, avec regret, l’inconstance de M. Vital Kamerhe. Sans vouloir remonter loin dans le passé, tous les Congolais savent qu’en 2006 ce dernier a « vendu » au prix le plus fort la candidature de M. Joseph Kabila qui l’a très bien remercié, financièrement et politiquement car il a fait de lui le président de l’Assemblée nationale, même si lui-même s’attendait à être nommé Premier ministre. Pour pousser les Congolais à voter pour son candidat, il a non seulement écrit tout un livre intitulé « Pourquoi j’ai choisi Kabila », mais il est allé plus loin jusqu’à faire croire à l’opinion publique que ce dernier était porteur d’un diplôme universitaire obtenu dans une université privée américaine, alors que, selon les enquêtes menées par les compatriotes vivant aux États-Unis, il n’en était rien. Tout le monde sait que M. Kamerhe a servi le régime avec zèle pendant qu’il a été président de l’Assemblée nationale et c’est pendant cette période que l’idée de se positionner comme futur candidat à l’élection présidentielle est née en lui. Tout le monde sait qu’il serait resté à l’Assemblée nationale s’il n’a pas été défenestré de ce poste.

En quittant M. Kabila, il s’est déclaré, très rapidement, opposant au régime qu’il venait à peine de quitter. Cela a créé un doute et des soupçons, c’est pourquoi beaucoup de Congolais ont préféré l’observer avant de se prononcer non seulement sur la cohérence de son choix mais surtout sur sa constance.

Tout le monde sait que M. Vital Kamerhe s’est rapproché de M. Étienne Tshisekedi pendant les élections de 2011, en espérant qu’il prendrait la direction de l’opposition. Mais lorsqu’il a réalisé qu’il n’avait aucune chance de le convaincre, il a pris la résolution de s’éloigner de lui pour aller frapper à la porte de M. Léon Kengo wa Dondo tout en gardant le même espoir de le dribbler pour prendre la tête de l’autre aille de l’opposition. Là aussi, il a essuyé un autre échec. Faisant cavalier seul, il s’est mis à convaincre certains Congolais de l’accompagner dans sa lutte pour un Congo nouveau. Beaucoup ont cru en lui mais beaucoup d’autres ont continué à marquer des doutes, attendant le long terme pour trancher sur sa constance.

Au début de 2016, M. Vital Kamerhe a pris position contre le dialogue convoqué par le président Kabila, le qualifiant de dialogue-piège. Des Congolais ont applaudi et l’ont suivi car M. Vital Kamerhe a clairement épousé le choix des Congolais dans leur majorité. La vidéo suivante reprend les propos fermes qu’il a tenus pour refuser d’aller à un dialogue dont l’issue était connue d’avance. Suivez :

https://www.facebook.com/bulakatyndongala.somosomo/videos/vb.100000824542843/1089616664409141/?type=2&theater

Alors qu’il prônait l’union de l’opposition pour vaincre la tyrannie actuelle, à la grande surprise de tous, M. Vital Kamerhe a refusé d’aller à Genval en Belgique où les opposants s’étaient réunis en « Conclave » pour construire ensemble l’union de l’opposition qui faisait toujours défaut.

Alors que beaucoup de Congolais croyaient que celui qui se dit être l’homme le plus populaire à l’Est était toujours cohérent avec son refus de dialoguer avec le régime dictatorial, M. Vital Kamerhe a surpris les Congolais et le staff de son parti – l’UNC – en acceptant le même dialogue qu’il refusait auparavant, dirigé par le même facilitateur – Edem Kodjo – qu’il récusait auparavant. Que s’est-il passé dans sa tête ? Quelle promesse lui a-t-on faite ? Répondant aux questions de M. Christian Lusakweno, M. Vital Kamerhe, oubliant complètement les propos qu’il a tenus auparavant pour refuser le dialogue, et devenu subitement second modérateur du dialogue, a demandé et obtenu la suspension des travaux après le 1er jour d’ouverture afin de convaincre le camp de M. Étienne Tshisekedi de rejoindre le dialogue. La vidéo suivante reprend les propos fermes qu’il a tenus pour appeler les opposants restés en dehors du dialogue de le rejoindre. Suivez :

https://www.youtube.com/watch?v=piqa4A2sx_w&spfreload=10

Malheureusement, personne n’a répondu à son appel. Comment expliquer que M. Vital Kamerhe a préféré poursuivre ses travaux à la Cité de l’OUA, sans démissionner pour rester cohérent avec lui-même et prouver à l’opposition qui refuse le dialogue qu’il est de cœur avec elle ? A-t-il cessé de se considérer opposant ou préfère-t-il rejoindre le camp de « l’opposition républicaine » chère au président du Sénat, M. Léon Kengo wa Dondo ou la mouvance présidentielle ? La question reste ouverte.

En tout cas, ce qui parait vraisemblablement être de l’incohérence lui a fait perdre le numéro 1 (Jean-Bertrand Ewanga) et le numéro 2 (André-Claudel Lubaya) de son parti ainsi que le professeur de droit constitutionnel, André Mbata, de l’UNIKIN. En un mot, à cause de son inconstance, il s’est brûlé car il lui deviendra difficile de convaincre les Congolais de son appartenance à l’opposition. Si en 2006, M. Kamerhe a choisi ouvertement le candidat Kabila en menant sa campagne électorale (voir son livre cité plus haut), il vient de (re)choisir son ancien patron en défendant publiquement le glissement. Comment comprendre qu’il fasse ce choix alors que la Constitution est claire en matière du nombre de mandats présidentiels ? M. Vital Kamerhe a choisi de « déchirer » publiquement la Constitution (article 220) et de narguer ouvertement le peuple congolais qui ne veut pas d’un dialoguer qui ouvrirait les portes du glissement et/ou d’un troisième mandant par le vote du scrutin indirect en lieu et place du scrutin direct. Devant ce qui semblait être un choix cornélien, pour quelle raison M. Vital Kamerhe a-t-il préféré, sans aucun état d’âme, rejoindre le dialogue ? Que va-t-il devenir ? Si, après le dialogue, il accepte d’être nommé Premier ministre (ou nommé à un poste important), il confirmera ce que tout le monde pensait, c’est-à-dire qu’il était un espion dans l’opposition. Si le dialogue échoue à cause de son manque d’inclusivité, ne risquera-t-il pas de rencontrer beaucoup de peine à réussir son come back dans l’opposition ? Les ressortissants de l’Est (dans les deux Kivu), qui comptaient sur lui, ne risqueraient-ils pas de le honnir voire de le rejeter pour avoir choisi le camp des dirigeants véreux qui n’ont jamais organisé leur protection contre leurs bourreaux rwandais et ougandais qui les massacrent en les égorgeant comme de simples bêtes sauvages ?

Vers l’échec du dialogue ?

Pour qu’une négociation réussisse, il faut réunir les principaux acteurs en conflit, sans laisser un dehors. C’est un principe cardinal [j’y reviendrai dans un prochain article consacré exclusivement sur ce thème]. Je peux penser que MM. Edem Kodjo, Tambwe Mwamba et Vital Kamerhe le savent. Mais pour quelle raison préfèrent-ils passer outre tout en sachant qu’ils perdent leur temps car les résolutions de ce dialogue seront refusées par le peuple ? En tout cas, le Nonce Apostolique de l’Église catholique en RDC (c’est-à-dire l’ambassadeur permanent du Vatican auprès du Gouvernement congolais) le leur a rappelé dans la vidéo suivante dans laquelle il dit clairement que le dialogue actuel est un échec car « il ne peut y avoir un dialogue inclusif sans Tshisekedi et Katumbi ». Et il a pleinement raison. Suivez cette vidéo :

https://www.youtube.com/watch?v=SSHl6m2mn1c&feature=youtu.be

L’avant-dialogue ressemblera-t-il à l’après-dialogue comme pour les concertations nationales ? Il faut attendre l’issue des travaux pour répondre avec objectivité. En tout cas, ce qui choque le plus lorsqu’on se penche sur l’organisation du dialogue, c’est de savoir que le « contenu » ou le programme des travaux qui se tiennent à la Cité de l’OUA a été boutiqué avant la convocation dudit dialogue et les délégués ne font qu’accompagner et confirmer les différents choix déjà faits par le régime en place. C’est M. Léonard (She) Okitundu qui l’explique dans la vidéo suivante à partir de la 12ème minute :

https://www.youtube.com/watch?v=ERuxk9fQXPk

Mais pourquoi avoir dépensé tant d’argent du Trésor Public dans des rencontres secrètes en Italie, en Espagne et à Paris si le contenu du dialogue a déjà été défini en l’absence des représentants du peuple ? La preuve de cette affirmation se trouve dans les revendications des membres du Rassemblement (dirigé par Étienne Tshisekedi) qui ne se reconnaissent pas dans le contenu du dialogue défini par le facilitateur. Ils l’ont fait savoir en envoyant leur cahier des charges aux autorités des Nations unies et de l’Union Africaine. Mais de quel droit le facilitateur s’est-il autorisé de convoquer des personnalités politiques pro pouvoir sur sa liste privée ? A-t-il agi ainsi dans le but de fabriquer un courant majoritaire en faveur du pouvoir sortant pour le favoriser ? Il faut le penser. Lorsque des Congolais le qualifient de partial, ils peuvent avoir raison, car M. Edem Kodjo ne joue pas franc jeu.

Gouverner c’est prévoir, dit-on. Pour quelle raison les dirigeants actuels n’ont-ils pas prévu au début de leur mandat ou à mi-mandat qu’il leur sera impossible d’organiser les élections en 2016 ? Pourquoi ont-ils attendu la fin pour le faire savoir ? Ce choix volontaire de leur part confirme ce que nous avons toujours soutenu, à savoir : leur volonté d’organiser le glissement pour se maintenir au pouvoir. Ainsi, les arguments avancés par M. Léonard Okitundu relèvent du colmatage pour camoufler les vraies intentions. Si les hommes du pouvoir reconnaissent l’impossibilité d’organiser les élections dans le respect des articles de la Constitution, ils doivent accepter de démissionner en bloc pour permettre à une nouvelle équipe, plus compétente et plus respectueuse de la Constitution, de relever le défi. Nous ne pouvons pas soutenir une République dans laquelle tous les dirigeants sont sans mandat électif, du chef de l’État jusqu’aux députés provinciaux. C’est du jamais vu dans une République qui se dit démocratique. Le régime actuel est arrivé à la fin de son second et dernier mandat, le temps est venu d’établir un ordre républicain nouveau pour sauver la Constitution. C’est l’unique moyen d’éviter l’anarchie généralisée. Dans le cas contraire, ce sera une porte ouverte à la révolte populaire que personne ne sera capable de gérer. Jouer au malin n’est plus possible, surtout lorsque le premier concerné se cache derrière un mutisme déroutant, rendant ceux qui s’expriment en son nom responsables à part entière de leur prise de position publique. Il faut que ceux-ci réfléchissent au risque qu’ils prennent inutilement en foulant publiquement au pied les prescrits (articles verrouillés) de la Constitution.

Lorsque les autorités gouvernementales ne respectent pas la Constitution ou lorsque M. Vital Kamerhe appelle publiquement les opposants à le rejoindre à la Cité de l’OUA pour organiser ensemble le glissement au mépris de l’article 220 de la Constitution, que peut-on attendre ? N’est-ce pas l’occupation des rues par le peuple qui rappellera avec raison le non-respect de la Constitution ? À qui incombera la faute ? N’est-ce pas à ceux qui s’expriment au nom du chef de l’État ? En tout cas, personne ne reprochera ce choix au peuple, car le pouvoir a déjà tout verrouillé et l’a trahi en ne respectant pas l’article 220. Devant l’impasse actuelle, les jeunes disent ceci : http://congomikili.com/frappe-ya-le-19-septembre-population-atomboki-alobi-kabila-il-faut-akende-kaka/

Comme le peuple congolais a toujours été pacifique et silencieux, le président Kabila s’est permis de déclarer qu’il ne se passera rien le 19 décembre 2016. Il faut croire qu’il s’est lourdement trompé car, si le peuple est déterminé à occuper la rue pendant longtemps, il vaincra et ceux qui bloquent l’ordre constitutionnel seront honnis, conspués, vilipendés à jamais. Le peuple en a marre d’être désabusé. Suivez les propos qui annoncent ce qui arrivera :

https://www.facebook.com/bulakatyndongala.somosomo/videos/1089616664409141/

C’est en bloquant la voie à l’alternance que les cadres du MPR avaient ouvert la voie à l’entrée de l’AFDL. Ce qui a été un bénéfice en 1997 risque de se retourner contre elle à cause de l’entêtement des dirigeants actuels issus de l’AFDL venue du Rwanda, avec, dans ses bagages, l’actuel chef de l’État, Joseph Kabila.

La trahison et l’abandon ont des limites. Le peuple congolais ne peut plus attendre. L’avenir du Congo est très incertain à cause des autorités qui défendent leurs propres intérêts en se coalisant contre le peuple congolais pour le maintenir dans la soumission. Ils sont aidés par un réseau occulte qui vole à leur secours, comme le montrent les images de cette vidéo :

https://richzhh.bluewin.ch/cp/ps/main/richui/main_swisscom#

Peuple congolais, mettons-nous en marche pour préparer notre avenir en nous débarrassant du tyran et de ses suppôts.

Fweley Diangitukwa

www.fweley.wordpress.com

Le 13 septembre 2016

Ma dernière publication, Le rôle du leader dans l’organisation, éditions universitaires européennes (EUE), 692 pages, août 2016.

Vient de paraître : Fweley Diangitukwa, « Le rôle du leader dans l’organisation »

7 Août

Titre : Le rôle du leader dans l’organisation

Auteur : Fweley Diangitukwa, docteur en sciences économiques et sociales, mention : science politique de l’Université de Genève, est professeur de science politique à l’Université Omar Bongo de Libreville au Gabon et visiteur à l’Université panafricaine de Yaoundé II- Soa. Il est l’auteur de plusieurs publications et articles scientifiques qui l’ont fait connaître.

Éditeur : Éditions Universitaires Européennes (EUE)

Nombre de pages : 692 pages

Numéro ISBN : 978-3-8473-8944-6

Prix :98.90 € euros

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Mme Florence Perin
f.perin@editions-ue.com
ÉDITIONS UNIVERSITAIRES EUROPÉENNES
Bahnhofstraße 28

D-66111 Saarbrücken
Germany (Allemagne)

Résumé :

La question de leadership est récurrente dans la plupart des pays, particulièrement dans les pays africains où il suffit souvent de changer la manière de gouverner l’État ou de diriger l’entreprise pour que l’économie décolle. Pour résoudre ce problème, il devient urgent que les citoyens ou les employés placent des femmes et des hommes compétents – de vrais leaders et de vrais managers – à la tête des États et des entreprises.

Décrire le rôle du leader dans l’organisation est une tâche fastidieuse et ardue car ce rôle est mouvant, concurrentiel et surtout incertain, dans l’espace et dans le temps. Il dépend étroitement des circonstances et de l’environnement. Dans cette matière, la compréhension la plus poussée ne peut se faire sans approches théoriques. D’où la nécessité de faire appel non à une théorie mais à des théories des organisations pour mieux comprendre le leadership et le management. En réalité, pour parvenir à bien décrire le rôle du leader dans l’organisation, il faut faire appel à plusieurs disciplines des sciences de gestion, des sciences économiques, sociales, humaines, notamment l’économie, la science politique, la sociologie des organisations et la psychologie.

Les leaders et les managers jouent un rôle important dans le processus de prise de décision. D’où également la nécessité de recourir à l’analyse descriptive du leadership et du management.

Nous observons régulièrement les leaders lorsqu’ils agissent mais nous ignorons souvent leurs modes de raisonnement qui permettent de mieux comprendre les décisions qu’ils prennent et leurs stratégies de communication dans les ensembles organisés. Grâce à l’apport de l’organisation, le leader devient plus efficace et, à son tour, l’organisation s’améliore grâce à la vision du leader qui la pilote.

Ce livre est une réponse à la question préoccupation de leadership et de management. Il décrit les contours des organisations et la place qu’occupent les leaders et les managers qui assurent leur fonctionnement. Il souligne aussi les forces et les faiblesses des organisations afin de comprendre la portée et la fragilité des décisions stratégiques prises par les leaders ainsi que l’influence de l’environnement dans le changement organisationnel. Il est un outil indispensable à tout dirigeant qui cherche à optimiser son leadership, aux chercheurs et aux étudiants qui cherchent à meubler leur culture.

L’avenir immédiat de la RD Congo est en danger

16 Juin

L’avenir immédiat de la RD Congo est en danger

Après avoir refusé d’apporter le soutien de l’État aux femmes congolaises violées à l’Est du Congo et aux habitants de Beni, Masisi, Ituri, Butembo, etc. qui sont régulièrement égorgés comme des animaux sauvages sans protection, le président Joseph Kabila se prépare à ignorer les droits du peuple congolais en initiant la modification de la Constitution via son parti politique – le PPRD – qui convoquera un référendum afin de permettre au chef d’État sortant de demeurer au pouvoir, alors qu’il est présentement à la fin de son second et dernier mandat. Dans cette entreprise très impopulaire, il est encouragé et soutenu par des élites,  sans morale et assoiffées d’argent facile, qui  s’agglutinent autour de lui comme des fourmis pour s’enrichir rapidement et illicitement.

Que les peuples pacifiques du monde assistent le peuple congolais – certes sans s’ingérer dans les affaires intérieures – pour empêcher le président Kabila de réaliser son plan ignoble de modifier la Constitution via l’organisation d’un référendum. Nous n’avons cessé de dire qu’un chef d’État honnête et démocrate ne modifie pas la Constitution à la fin de son mandat. Mais le régime actuel va certainement passer outre pour s’éterniser au pouvoir.

Le plan ignoble du président Kabila risque de relancer une guerre atroce dans ce pays fragile, laquelle guerre augmentera le nombre de morts qui s’élève entre 8 et 10 millions depuis l’entrée de l’FDL sur le territoire congolais. C’est l’équivalent de toute la population de la Suisse qui a été décimé en RD Congo en peu d’années à cause de l’indifférence du pouvoir.

Le peuple congolais est en danger et il a grandement besoin du soutien des peuples pacifiques du monde, peu importe la nature du soutien.

Agissez avant qu’il ne soit trop tard et avant que la guerre congolaise ne s’exporte dans les pays limitrophes et ne crée des réfugiés qui iront partout pour demander l’asile politique.

Un peuple est actuellement en danger en Afrique centrale, à cause de la folie de grandeur du président Joseph Kabila et de son régime.

Fweley Diangitukwa

http://www.fweley.wordpress.com

Le 16 juin 2016

A Genval, en Belgique, l’opposition a refusé le Dialogue politique made in Kabila

10 Juin

À Genval, en Belgique, l’opposition a refusé le Dialogue politique made in Kabila

Je suis très heureux d’apprendre que la « Conférence des forces politiques et sociales acquises au changement – Conférence de Bruxelles », tenue depuis mercredi à Genval près de Bruxelles, a unanimement décidé de rejeter le Dialogue politique tel que convoqué par le président Joseph Kabila par ordonnance du 28 novembre 2015. Je tiens à féliciter tous mes compatriotes de l’opposition qui ont pris cette décision car ils évitent ainsi à notre pays de ne pas tomber dans le piège lui tendu par le régime actuel qui voulait utiliser ce dialogue pour organiser le « glissement ». Comme nous l’avons répété, à maintes reprises, on ne dialogue pas avec une dictature solidement installée.

Par ce refus de l’opposition de ne pas accepter la logique du dialogue made in Kabila, notre pays reste ainsi dans le respect des articles verrouillés de la Constitution, notamment les articles 73 et 220.

Le régime actuel doit être sanctionné par le peuple pour n’avoir pas financé l’organisation des élections et, dans ce contexte, la fin du mois de septembre 2016 doit être le deadline car, conformément à la Constitution, l’élection présidentielle doit être convoquée trois mois avant l’échéance du mandat du président sortant qui est à la fin de son second et dernier mandat. Cette résolution très sage de l’opposition réunie à Genval, près de Bruxelles, met fin au scénario macabre des ennemis de la paix qui voulait s’éterniser au pouvoir.

Mais, ayant en face une mouvance présidentielle formée des vautours qui ne jurent que par le maintien au pouvoir de leur chef, l’opposition doit, dans son ensemble, rester très vigilante car le régime actuel va maintenant sortir toutes ses griffes pour mettre en place une nouvelle stratégie afin de se donner la chance de sauver son chef devenu très impopulaire sur toute l’étendue du territoire national. Nous devons nous opposer avec une très grande fermeté à l’idée saugrenue d’un référendum en vue d’une nouvelle Constitution avancée par le secrétaire général du PPRD, le professeur Henri Mova. On ne change pas une Constitution à la fin d’un mandat. C’est pourquoi nous devons soutenir unanimement le schéma défini par la Résolution 2277 des Nations Unis, en date du 30 mars 2016, qui insiste sur le respect de la Constitution (articles 73 et 220 entre autres).

Désormais, l’opposition doit avancer dans l’unité pour se garantir la chance d’opérer la première transition démocratique depuis l’accession de notre pays à l’indépendance et permettre à l’opposition de gouverner le pays pour la toute première fois de notre histoire. Que chaque leader de l’opposition mette son ego de côté pour privilégier l’intérêt général, car notre peuple a trop souffert. C’est en étant unis que nous vaincrons. Oui, il vaut mieux gagner en étant tous unis que de perdre parce que nous sommes restés divisés à cause de l’égoïsme de nos leaders.

Nous devons veiller à la transparence et à la crédibilité du processus électoral en contraignant la CENI (c’est-à-dire le régime actuel) à créer des conditions propices garantissant la convocation des élections à la fin du mois de septembre 2016, autrement, en cas de la non-organisation de ces élections, le régime actuel devra être mis à hors d’état de nuire, avec le concours du peuple, afin de sauver la Constitution.

Que le président de l’UDPS, M. Etienne Tshisekedi, qui a été proclamé président du Conseil des sages mis en place par les participants, s’active dès aujourd’hui, à côté de l’Organe de coordination des décisions du Conclave, à mettre en place une équipe des Congolais résolus à changer le contexte actuel et des actions devant favoriser l’alternance politique en RDC. Nous sommes nombreux et prêts à vouloir y apporter notre contribution.

Restons, jour et nuit, vigilants car le fauve va maintenant sortir ses dents. Comme des buffles dans la forêt, barrons la route au lion et faisons-le fuir. Il est temps. Nos compatriotes de Beni, d’Ituri, de Butembo et d’ailleurs attendent.

Fweley Diangitukwa

www.fweley.wordpress.com

Le 10 juin 2016

Je m’oppose au Compatriote Albert Kisonga qui souhaite la recolisation des Africains (suite)

17 Mai

Monsieur Nzita na Nzita,

Comme je l’ai déjà dit en répondant à l’aîné Albert Kisonga via Monsieur Mastaki Bayange, nous ne sommes plus en 1960 lorsque Lumumba (et l’ABAKO) réclamait la participation des colons à la construction du Congo qui manquait des cadres du fait de la colonisation. La réalité n’est plus la même en 2016.

Quels que soient les arguments que vous utiliserez, vous ne me convaincrez jamais sur la nécessité d’accepter le retour à la colonisation. À travers l’histoire – puisque vous êtes historien – aucun peuple n’a voulu vivre éternellement dans la colonisation ou qui a réclamé à cor et à cri le retour à la colonisation après y être sorti. Si vous en connaissez un, citez-le pour organiser une discussion (échange) utile, c’est-à-dire sans querelle ni injure volontaire. La colonisation est un système abject qui ne s’améliore pas et elle basée sur l’exploitation servile de l’autre que le colon considère comme un esclave bon à tout faire. Le colonisé travaille pour l’amélioration des conditions de vie du colon et jamais pour l’amélioration de ses propres conditions de vie.

Vous dites : « Monsieur Fweley DIANGITUKWA, Vous êtes un académicien, vous devriez faire une recherche empirique sur ce sujet ».  Mais je vous livre le résultat de mes recherches documentaires, pour quelle raison m’invitez-vous à mener d’autres recherches pendant que vous ne vous êtes pas encore prononcé sur mes précédentes conclusions ? J’ai décrit les méfaits de la colonisation dans notre livre collectif Les Congolais rejettent le régime de Kabila, éditions Monde Nouveau/Afrique Nouvelle, 2015, lisez mon article : « Le roi des Belges Léopold II et l’origine du mal congolais », pages 19-65. Lisez le livre de Mbaya J. Kankwenda, L’économie politique de la prédation au Congo Kinshasa. Des origines à nos jours (1885-2003), 2005.

Je m’oppose à la colonisation, qu’elle soit physique, sociale, psychologique ou mentale car la colonisation nie l’autre en sa qualité d’être humain.

Les Etats-Unis ont été formés par des Européens venants de Grande-Bretagne, en particulier des Irlandais pendant la période de la Grande famine, mais aussi des Anglais, et des Ecossais, des Allemands, des Scandinaves, des Italiens, des Russes, etc. Pour en savoir plus, lisez mon récent livre, Fweley Diangitukwa, L’Afrique doit renaître, éditions Monde Nouveau/Afrique Nouvelle, janvier 2016, pp. 242-ss. Les Américains et les Européens sont, à l’origine, un seul et même peuple. Du reste, les treize colonies à partir desquelles les Etats-Unis ont été formés étaient une colonie britannique. Vous le savez. Donc, en matière de colonisation, vous ne pouvez pas comparer la situation des « Etats membres de l’UE [qui] sont des Etats vassaux des USA (c’est votre expression) » avec ce qu’était la vie des Congolais sous l’administration coloniale belge. Les colons belges coupaient les bras des Congolais qui ne rapportaient pas assez  de caoutchouc, pour ne prendre que cet exemple. Ils prenaient leurs femmes et leurs enfants en otages. Où avez-vous vu de telles atrocités dans l’UE sous l’administration de l’OTAN créé à la suite de Seconde Guerre mondiale ? L’OTAN est une organisation américaine en Europe qui travaille avec des partenaires à qui il impose ses points de vue exigés dans le contexte de rapports de force nés de la guerre froide.

J’admets qu’ « il y a plusieurs formes de colonisation et recolonisation » mais je rejette toutes les formes car aucune n’est humainement bonne. Lisez Franz Fanon, Les damnés de la terre ou encore Peau noire, masques blancs, Albert Memmi, Portrait du colonisé, Aimé Césaire, Discours sur le colonialisme, pour vous laisser convaincre ou encore la préface de Jean-Paul Sartre Orphée noir, le titre de la belle préface que Jean-Paul Sartre donna à l’Anthologie de la nouvelle poésie sur la Négritude de Senghor, Césaire et Cie. Lisez le livre de Walter Rodney, Et l’Europe sous-développa l’Afrique, éditions Caribéennes, Paris, 1972.

Je défends le point de vue selon lequel l’aîné Albert Kisonga Mazakala n’a pas raison lorsqu’il dit : « Ce n’est qu’avec les Blancs de bonne volonté que nous pourrons construire notre pays. Nous-mêmes, nous n’en avons pas la capacité ». Son idée n’est pas défendable parce qu’elle est abjecte, saugrenue. Pour lui, il y a des Blancs de bonne volonté mais il n’y a pas de Noirs de bonne volonté, c’est-à-dire que même lui-même ne se définit pas comme un homme de bonne volonté (il faut donc supposer qu’il ne l’est effectivement pas).

C’est le degré de connaissance et l’état d’esprit qui expliquent la soumission des uns et l’insoumission des autres (Simon Kimbangu, Mandela, Lumumba, etc.). Je suis donc très surpris que vous défendiez bec et ongle la résistance de Kimpa Vita soyez arrangé aux côtés de l’aîné Albert Kisonga pour souhaiter la recolonisation des Africains.

À votre question : « Qui a protégé les terres africaines contre la prédation et la spéculation ? », je vous réponds que ce sont les Africains eux-mêmes qui doivent protéger leurs terres (et leur esprit) contre la prédation et la spéculation. Oui, je suis très choqué par la proposition de M. Albert Kisonga Mazakala parce que toutes les recherches empiriques ont déjà montré et démontré le côté négatif de la colonisation, autrement, il n’y aurait pas eu des mouvements d’indépendance à travers le monde, en Amérique latine, en Asie et en Afrique. Le rejet de la colonisation n’est plus à prouver. Il est un fait historique déjà abondamment falsifié ou validé.

Je ne discute pas les propos de Donald Trump mais l’assertion de mon aîné Albert Kisonga qui confond les époques car la situation de 1960 et l’état mental des Congolais d’aujourd’hui ne sont pas comparables.

Je vous transmets mes salutations en vous invitant à ne jamais soutenir le retour à la colonisation au Congo car vous ne mesurez pas les effets négatifs dont les pillages de nos ressources à l’Est et les assassinats à Beni, Ituri, Butembo et ailleurs sont des préludes.

Pour finir, je vous suggère la lecture de mon plus récent livre, Quand les Africains se réveilleront, le monde changera, éditions Monde Nouveau/Afrique Nouvelle, janvier 2016, 277 pages, avec une préface de l’éminent professeur camerounais Charles Binam Bikoi qui dirige le CERDOTOLA à Yaoundé.
Fweley Diangitukwa

www.editions-mondenouveau.com

http://www.fweley.wordpress.com

le 18 mai 2016.