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Appel à tous les intellectuels congolais de souche : l’avenir du Congo est notre responsabilité commune. Agissons ensemble.

21 Avr

 

Appel à tous les intellectuels congolais de souche : l’avenir du Congo est notre responsabilité commune. Agissons ensemble.

Par Fweley Diangitukwa

http://www.fweley.wordpress.com

 

Notre pays est arrivé à un tournant de son histoire qui nécessite l’union de notre intelligence collective. À trois reprises, notre pays a été dominé et sauvagement pillé : d’abord par le roi des Belges, Léopold II, qui avait donné la forme actuelle de notre pays et qui en avait fait sa propriété privée en s’appuyant sur les hommes qu’il envoyait dans sa colonie pour l’exploiter à son compte. Ces derniers en avaient profité pour s’enrichir eux aussi. À partir de 1908, l’État belge avait poursuivi l’œuvre macabre de son Roi ; ensuite, le 24 novembre 1965, le colonel Joseph-Désiré Mobutu avait fait un coup d’État en s’appuyant sur ses « compagnons de la révolution ». L’enrichissement rapide et illicite était la seule préoccupation de différents dirigeants du Mouvement populaire de la Révolution (MPR) ; enfin, depuis 1997, le Congo est tombé entre les mains d’un conglomérat d’aventuriers venus du Rwanda et de l’Ouganda épaulés par des Congolais qui ont vendu leur âme au diable. Tous, sous la conduite de Joseph Kabila, poursuivent les mêmes ambitions que les colons de Léopold II et les « compagnons de la révolution » de Joseph-Désiré Mobutu[1]. À présent, notre aujourd’hui est bloqué et notre avenir commun est incertain.

Depuis 1885, des étrangers de tous bords, se disputent les ressources naturelles du Congo alors que les natifs du pays sont réduits au silence et contraints à courber l’échine. Nous devons mettre fin à ce régime basé sur la loi du plus fort afin de construire une véritable République dans laquelle les dirigeants seront au service du peuple.

Pour mieux illustrer notre situation actuelle, nous rappelons quelques éléments de la Tchécoslovaquie créée sur les ruines de l’empire Habsbourg. Au sortir de la Première Guerre mondiale, la Première République tchécoslovaque est l’un des États qui fit sa première apparition sur la carte de l’Europe wilsonienne, fondée sur le principe du droit des peuples à disposer de leur destin. La Première République tchécoslovaque est née sur les décombres de l’Empire austro-hongrois grâce au concours des intellectuels slovaques et tchèques qui vivaient aux États-Unis et qui avaient peur que leurs territoires soient envahis par les Russes ou plutôt par les Soviets. Pour résister contre ce risque d’invasion, les intellectuels tchèques et slovaques ont décidé d’unir leurs efforts pour créer une République commune. Leur entente depuis des États-Unis a été transmise à leurs compatriotes restés dans les deux territoires afin qu’ils concrétisent leur vision commune d’un espace sécurisé et protégé contre la menace des Soviets. C’est ainsi qu’est née la Tchécoslovaquie. Pour exister au sein de cette Europe remaniée, l’État tchécoslovaque a besoin d’un principe nouveau : le « tchécoslovaquisme ». Un concept national inédit en 1918 mais qui est issu des liens étroits tissés au cours du XIXe siècle entre les mouvements tchèque et slovaque d’émancipation nationale. L’indépendance est proclamée le 28 octobre 1918 et Prague devient la capitale du nouveau pays. Son territoire s’étend des Monts métallifères à l’Ouest, à la Ruthénie subcarpatique, à l’Est. Il s’étend ainsi de l’Allemagne de Weimar à l’Ukraine. La Tchécoslovaquie fut le pays qui a abrité le seul régime démocratique non conservateur d’Europe centrale durant l’entre-deux-guerres.

L’idée de créer un nouvel État, la Tchécoslovaquie, prit naissance en octobre 1918 aux États-Unis grâce aux « minorités tchèque et slovaque se trouvant en nombre important aux États-Unis, notamment les Slovaques. Ce sont ces immigrés issus de plusieurs vagues de migration du XIXe siècle qui ont financé l’action de Masaryk. C’est aux États-Unis que se joua le destin et l’avenir de la Tchécoslovaquie et c’est lors des accords de Cleveland et de Pittsburg que les Tchèques et les Slovaques se mirent autour d’une table pour négocier l’avenir de la Tchécoslovaquie. » Il est important de retenir que l’invention de la nation tchécoslovaque a servi « à renverser la prépondérance des Allemands et des Hongrois au sein du nouvel État ».

La Tchécoslovaquie n’aura pas vécu un siècle. Le dernier chef du gouvernement de la fédération tchèque et slovaque, annonça à la télévision le soir du 31 décembre 1992, la séparation de l’un des États les plus jeunes d’Europe et le 1er janvier 1993, la Tchécoslovaquie se dissocia en deux nouveaux États, la République tchèque et la Slovaquie. Son existence a été en effet très courte et sa fin a coïncidé avec l’éclatement de l’ex-URSS.

Ce rappel de la Tchécoslovaquie doit interpeller les intellectuels congolais que nous sommes. Quel est notre rôle devant le blocage auquel nous assistons impuissants jusqu’à ce jour ? Que devons-nous faire pour sauver notre pays des mains des aventuriers sans mandat qui s’accrochent au sommet de l’État et qui sont prêts à organiser des élections en décembre pour se maintenir au pouvoir ? Qui doit dire au peuple souverain ce qu’il doit faire pour sortir le pays de la domination des pilleurs qui changent au cours de l’histoire mais qui recourent toujours aux mêmes pratiques ? Si les immigrés tchèques et slovaques s’étaient unis d’accord sur l’idée nationale tchécoslovaque pour faire entendre leurs revendications territoriales et créer l’un des rares États européens qui a proposé, à l’heure des fascismes et des totalitarismes dont il fut par ailleurs l’une des premières victimes, un modèle de société multiculturelle et démocratique, quel travail les intellectuels congolais éparpillés à travers le monde doivent-ils accomplir pour construire au cœur de cette Afrique centrale, dominée par des régimes autocratiques, un Congo libre et démocratique et qui doit rapidement devenir un exemple de développement et de stabilité ? Telle est la question que nous posons aux intellectuels congolais[2] de la diaspora et à ceux de l’intérieur.

Le Congo n’est pas une monarchie qui appartient à une caste. Il est une res publica, c’est-à-dire un espace public appartenant à tout Congolais de souche. Ceci revient à dire que nous ne devons pas attendre que la minorité qui détient le pouvoir par défi (parce que sans mandat légal) et qui a pris toutes les institutions en otage, rende le pouvoir au peuple de façon civilisée. Cette minorité ne le fera jamais car il conservera le pouvoir aussi longtemps que le peuple ne s’opposera pas de façon radicale et déterminée pour récupérer ce qui lui revient de droit. Nous avons l’obligation de reconnaître que nous sommes collectivement responsables du blocage de nos institutions parce que nous ne parvenons pas à trouver les moyens de défenestrer ceux qui s’accrochent au pouvoir en utilisant l’armée et la police. Nous avons perdu de nombreux braves compatriotes qui ont cru à la lutte pacifique afin de rétablir le Congo dans ses droits, malheureusement nos stratégies ont un côté destructeur car nous n’avons jamais tenu bon en restant debout jusqu’au bout. Jusqu’à présent, nous avons pris la mauvaise habitude d’agir de façon sporadique et d’abandonner la lutte au moment où la victoire est proche. Pire, notre malheur commun réside dans le fait que nous attendons que ceux qui sont dans l’illégitimité et dans l’illégalité cède le pouvoir au peuple alors que nous savons pertinemment bien qu’ils ne le feront jamais. Nous avons l’expérience de 2006 et de 2011 où la victoire de l’opposition a été sciemment et publiquement volée, au su et au vu des observateurs étrangers présents dans le pays et de la communauté internationale. De ce fait, il n’est plus permis de fonder un nouvel espoir sur l’élection présidentielle prévue le 23 décembre 2018. Ceux qui s’inscrivent dans cette logique veulent tout simplement accompagner le PPRD dans la fabrication de sa victoire truquée. Il est permis de penser qu’ils sont des complices. Dans le cas contraire, ce sont des naïfs qui sont incapables de tirer la leçon de notre passé récent.

Il appartient maintenant au peuple lésé par des imposteurs souvent à double nationalité de se réapproprier ce qui lui revient de droit afin de réorganiser la refondation de la République. Concrètement, puisque les anciens gouvernants n’ont plus de mandat légal, nous ne pouvons pas les autoriser à organiser les élections dans une République qui prétend être une démocratie. Le peuple souverain doit arrêter leur folie en mettant en place une équipe de transition qui aura l’obligation d’organiser les élections afin de revenir à une situation normale. Cette équipe doit absolument s’annoncer, se manifester et se mettre au travail en négociant avec les pays qui veulent bien reconnaître la nouvelle donne et accompagner le Congo dans la démolition de sa tyrannie et dans la construction de sa modernité. Oui, nous ne pouvons plus attendre. Nous devons agir au grand jour. Si nous comprenons cela, nous évoluerons et notre réalité collective changera. La question à résoudre – qui reste entière – est celle de savoir comment faire comprendre à l’armée que son rôle est d’empêcher la confiscation du pouvoir par des gouvernants sans mandat, c’est-à-dire comment éviter une guerre inutile contre ceux qui se cramponnent au pouvoir en utilisant la violence ? Un travail titanesque doit être fait pour que les Congolais de souche qui sont dans l’armée œuvrent pour le rétablissement de l’État de droit dans notre pays. En plus, si nous mettons nos intelligences ensemble, nous y parviendrons, certainement. Il est temps de nous accorder sur un leadership collectif, consensuel et transformateur pour aspirer au changement que nous attendons depuis longtemps. Pour y parvenir, nous devons nous appuyer sur une communauté d’intérêt, d’où la nécessité et le sens de cet Appel aux intellectuels congolais. Nous ne devons plus voir la politique sous le prisme de la concurrence entre individus (où chacun voudrait à tout prix être candidat à l’élection présidentielle), entre les partis (où chaque parti cherche à tout prix à aligner son candidat) et entre les provinces (où chacune souhaite à tout prix voir le sien à la tête de l’État dans une logique de « maintenant c’est notre tour » et combat les candidats des autres provinces) mais plutôt sous celui du rassemblement ou d’association de nos intelligences et de nos capacités afin de provoquer des forces centripètes plus grandes. Comme l’a dit notre compatriote Arthur Kalombo, quelle que soit la brillance de l’intelligence d’un individu, celui-ci ne peut se suffire à lui-même sans recourir à d’autres individus qui le dépassent dans d’autres domaines. Dans le même sens, l’auteur de ces lignes s’adresse à vous.

Le Pacte politique scellé à Sun City en Afrique du Sud a échoué à cause de l’amateurisme et de l’aventurisme des dirigeants actuels qui n’ont pas respecté les prescrits de la Constitution, notamment l’article 220. Il devient donc indispensable de reconstruire un nouveau Pacte politique pour refonder la République. Tout ce qu’entreprennent les dirigeants actuels n’a aucun fondement juridique puisqu’ils sont hors mandat et agissent sans légalité et sans légitimité. Les élections qu’ils se préparent à organiser le 23 décembre 2018 ne s’appuient sur aucun cadre juridique et elles sont contestées avant même qu’elles soient organisées non pas uniquement à cause de la machine à voter ou à voler les voix des électeurs ni à cause des doublons et du lieu de résidence du serviteur qui n’est pas connu du public mais d’à peine quelques membres du gouvernement et de la CENI ; elles sont surtout contestées sur le principe de non-respect de l’ordre juridique en vigueur dans le pays. Comme les gouvernants actuels ont été incapables de garantir le respect de la Constitution, c’est aux intellectuels de remettre l’ordre dans le pays.

[1] Lire Fweley Diangitukwa (sous la direction de), Les Congolais rejettent le régime de Joseph Kabila, éditions Monde Nouveau/Afrique Nouvelle, 2015.

[2] Dans cet Appel, il faut comprendre le concept d’« intellectuel » dans le sens de celui qui garde son intellect en éveil, qui manifeste un engagement dans tout ce qu’il entreprend ; celui qui cherche des idées nouvelles ou plutôt neuves pouvant permettre à notre pays de sortir des blocages actuels à différents niveaux de fonctionnement, pas uniquement au sommet de l’Etat mais à tous les niveaux institutionnels, du haut vers le bas ou du bas vers le haut. Le diplôme n’est donc pas le critère principal de sélection, car il y a des intellectuels et des leaders à tous les niveaux de la vie publique. Les intellectuels qui existent dans nos communautés villageoises doivent être pris en compte dans la réflexion générale. Ici, l’intellectuel est celui qui non seulement se donne la peine de comprendre les problèmes de la société dans laquelle il vit mais qui va plus loin en proposant des solutions de sortie. Or, de nombreux individus ont étudié dans le seul but d’obtenir un diplôme (sésame) ouvrant la possibilité d’occuper un poste prestigieux qui donne des facilités matérielles à son détenteur. Ces individus-là ne sont pas des intellectuels car ils ne réfléchissent pas – sinon très peu – après leurs études.

 

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Il ne faut plus les appeler « Son Excellence » ou « Honorable »

21 Fév

Billet du jour

Dans notre pays, la plupart de ceux qui sont au pouvoir n’ont jamais eu le sens de l’Etat et de sa continuité. Ils y sont pour leur ventre (la politique par le bas, comme l’a théorisé Jean-François Bayart) et à la moindre incertitude, ils sortent l’artillerie pour tuer les paisibles citoyens, sans aucun état d’âme, car ils croient qu’il n’y a personne pour les sanctionner. Désormais, notre réflexion collective doit être menée dans le sens de trouver le mécanisme qui mettra ces gens (ou ces médiocres) dans l’impossibilité de recourir à l’usage abusif de la force. Rawlings avait réussi au Ghana. Mais Rawlings n’était pas un médiocre ou un barbare, il était éduqué et en plus un nationaliste qui avait le sens de l’Etat et de sa continuité. En RDC, nous avons des voyous, des menteurs et des médiocres au pouvoir. L’Eglise catholique est sur la bonne voie car elle dit vrai. Après la grosse faute de décembre 2016 causée par le passage hypocrite de Joseph Kabila au Vatican où il a menti le pape, l’Eglise de Kinshasa mène maintenant le même combat que l’Eglise catholique de Philippines sous le règne tyrannique de Marcos. Pour cette raison, nous devons soutenir ses actions.

Que ceux qui avaient écrasé les chrétiens en 1992 doivent se rendre compte de la lourde faute qu’ils avaient commise, qu’ils fassent amende honorable et se taisent par respect pour les morts de février 1992. Certains d’entre eux se déclarent même père de la résistance après avoir tué des Congolais et nargué les opposants que nous étions au régime de Mobutu. Ils parlent comme s’ils étaient saints parce qu’ils n’ont pas été sanctionnés. Ne commettons plus la même erreur.

J’invite mes compatriotes à la désobéissance civile afin de revenir à l’ordre constitutionnel.

Aujourd’hui, sur toute l’étendue de la République, nous n’avons aucune autorité qui jouit de la légalité ni de la légitimité. La RDC n’est plus gouvernée depuis le 1er janvier 2018. Ne nous laissons pas distraire. Tous nos anciens dirigeants n’ont plus le droit de parler au nom du Congo car ils n’ont reçu l’autorisation de personne. Personne ne peut être appelé « Son Excellence » ou « Honorable ». Mais alors, personne, parce qu’ils ont tous perdu ce titre. Ce sont maintenant des personnes ordinaires, sans pouvoir. Qu’ils dégagent afin de revenir à l’ordre constitutionnel.

Pour la marche pacifique prévue le 25 février 2018 sur toute l’étendu de la RD Congo

18 Fév

Mes sincères félicitations à tous mes compatriotes de la diaspora, qui, en communion spirituelle avec nos compatriotes de l’intérieur, se battent jour et nuit avec les moyens dont ils disposent pour aspirer au changement de paradigme (pas le changement dans le paradigme que nous connaissons jusqu’à présent). Nous sommes les Nzeza Nlandu, Kasa-Vubu, Lumumba, Okito, Mpolo, Iléo, Bamba, Mahamba, etc. d’aujourd’hui. L’avenir du Congo est notre responsabilité. Eux ont lutté contre les colonialistes et nous luttons contre les envahisseurs. Où que nous soyons, restons debout jusqu’à la victoire totale. 

Nous n’avons qu’un seul pays et les étrangers que nous avons accueillis n’ont aucun droit de nous ravir notre beau et riche pays. Que personne ne nous donne des ordres et ne nous fasse taire lorsque nous nous battons pour l’intérêt de notre pays. Ces années d’occupation nous ont permis de découvrir les Congolais qui collaborent avec les ennemis de la République et les laudateurs qui font le lit de la dictature. Collabos et laudateurs soutiennent l’ignominie pour le bonheur de leur ventre. Dressons régulièrement les listes de ces ennemis de la République, car nous en aurons grandement besoin demain.

En février 2017, il y a une année déjà, j’ai publié un livre qui devient incontournable dans notre cheminement vers la libération de notre pays. J’ai recensé l’expérience de beaucoup de pays qui ont vaincu la tyrannie par des moyens non violents, c’est-à-dire pacifiques. Je vous invite à prendre le temps de lire ce livre qui est, du reste court (moins de 130 pages). Beaucoup l’ont déjà lu. Plus nombreux nous serons à connaître son contenu et plus vite nous irons vers la victoire.
Nous sommes parfois incompris, nous sommes combattus par nos propres compatriotes qui soutiennent la tyrannie pour leur ventre (Kabila to tondi nano te) mais puisque nous savons où nous allons, nous ne reculons pas et ne reculerons jamais. L’amour pour son pays ressemble à l’amour que l’on a pour ses parents. Par ses mots, je présence mes remerciements à tous mes compatriotes dans la lutte contre le régime ignoble de « Joseph Kabila ». Soyons courageux et constants afin de léguer aux générations futures un beau et riche pays pour lequel les nôtres donnent leur vie : « Debout Congolais » est notre hymne national. Ne l’oublions pas.
Dans cette lutte, soyons unis car nos ennemis sont partout et ils sont dans nos rangs.
Lire Fweley Diangitukwa, Comment mettre fin à une dictature solidement installée, Paris, L’Harmattan, 2017.
Rendez-vous pris le 25 février. Occupons toutes les rues de la République avec un seul slogan : « Kabila dégage/Kabila out ».
 

Où trouver la force pour continuer à parler de la tyrannie en RDC ?

26 Jan

Où trouver la force pour continuer à parler de la tyrannie en RDC ?

Les sbires de « Joseph Kabila » « en action » à l’UNIKIN (Université de Kinshasa). Jusqu’à quand les Congolais vont-ils regarder ces soldats voyous répandre la terreur et la mort sans réagir ? A quel moment les grandes puissances abonderont-elles leur soutien au régime de « Joseph Kabila » contre le pillage organisé des ressources naturelles du Congo, entre autres le coltan, la cassitérite, le cobalt, diamant, l’or, etc.

https://www.facebook.com/wetshi.amba/videos/1822506731113472/

 

Voici ci-dessous le premier discours de Kabila aux Nations unies. Il est incapable de lire correctement un chiffre correspondant à une année. Quelle honte ! Comme s’il n’y avait pas de femmes et d’hommes capables dans notre pays pour occuper le poste de chef de l’Etat. Ne tolérons plus de tels décideurs incompétents à la tête de notre nation. La première fois que j’ai suivi cette vidéo, j’ai eu des larmes aux yeux. Merci de partager cette vidéo en guise de rappel de notre passé récent.

https://www.facebook.com/Congosolutionmutimedia/videos/1610901985665375/

Monsieur « Joseph Kabila », il est temps de quitter le pouvoir

22 Jan

Monsieur « Joseph Kabila », il est temps de quitter le pouvoir

Par Fweley Diangitukwa

Le 22 janvier 2018

Cruelles comme toutes les manifestations de protestation voulues pacifiques, celle du hier 21 janvier 2018 a connu son lot de morts. Tuer les Congolais et voler les richesses de notre pays sont le seul travail que vous avez accompli en RDC depuis votre entrée dans notre pays en 1997. Après la querelle des chiffres pour connaître le nombre de Congolais tués lors de la marche pacifique du 31 décembre 2017, nous voici devant une nouvelle querelle des chiffres pour connaître le nombre exact de Congolais tués lors de la marche pacifique du 21 janvier 2018. Que vos soldats aient tué 2, 6, 12 ou 22, peu importe, sachez que vous avez versé le sang des Congolais sans raison, à part votre défi de demeurer au pouvoir sans mandat. Monsieur « Joseph Kabila », vous devez savoir que les Congolais ne sont pas nés pour être massacrés par vos soldats anglophones venus de Tanzanie ou d’on ne sait où. Les Congolais vous ont assez supporté, malgré eux. Ils sont maintenant profondément déçus de vous et de votre règne. Il est temps de quitter le pouvoir, car ils ne vous pardonneront plus.

N’oubliez pas que les Congolais, que vos soldats – payés avec l’argent de notre pays – ont tués, ont eu la même envie de vivre comme vous [qu’ils reposent en paix auprès du Seigneur], comme vos femmes, vos enfants, nos tantes, vos frères et votre mère. Si vous n’acceptez pas que quelqu’un porte atteinte à la vie de vos membres de famille, sachez que les membres de famille de Congolais que vous tuez sans cesse ne souhaitent pas voir les leurs mourir prématurément parce qu’ils ont tout simplement voulu vous rappeler que vous êtes hors mandat et n’avez plus le droit de gouverner le Congo. Vous vous êtes assez moqué de la vie des autres, il est temps de quitter le pouvoir et de rendre compte de vos forfaits devant la justice populaire congolaise et devant la justice internationale, même si celle-ci est en carton. Vous narguez les Congolais, mais pour combien de temps encore ?

De quel droit et avec quel pouvoir, Monsieur « Joseph Kabila », vous autorisez-vous à massacrer les Congolais pendant que vous êtes hors mandat depuis décembre 2016 ? Sachez que vous n’avez plus le droit de trôner à la tête de notre pays parce que vous ne jouissez d’aucune légitimité et d’aucune légalité. Vous êtes « out » et vous vous moquez encore des paisibles Congolais qui, soit dit en passant, vous ont toléré dans notre pays alors que certains parmi eux peuvent vous apprendre un bout sur l’art de gouverner une République moderne parce qu’ils ont plus de compétences que vous.

De quel droit un étranger que vous êtes, placé à la tête du Congo par d’autres étrangers, représentant l’ancienne puissance coloniale (1885-1960), vous permettez-vous de tuer des Congolais dans notre propre pays ? N’avons-nous pas le droit de marcher pacifiquement pour vous rappeler que vous avez cessé d’être le chef d’Etat ? Non. Vous êtes « out », Monsieur « Joseph Kabila », il est temps de quitter le pouvoir. Les Congolais ne vous reconnaissent plus et ne veulent plus de vous comme chef d’Etat parce que vous en n’avez plus le droit.

Votre degré d’irresponsabilité et d’indécence est d’autant plus consternante que vous persévérez à tuer les Congolais, comme vos commanditaires le font sans vergogne et sans aucun état d’âme à l’Est de la RD Congo. Nous savons que vous vous entêtez parce que vous croyez jouir de la protection de ces grandes puissances auxquelles vous vendez non seulement les ressources naturelles mais aussi les entreprises publiques du Congo comme la Gécamines à des prix dérisoires sinon vils et qui, en retour, vous livrent, malgré l’embargo, des armes démodées qui servent à massacrer le courageux peuple congolais. Sachez, Monsieur « Joseph Kabila » que tout soutien a aussi des limites. Le maréchal Mobutu, qui vous a précédé et que vous avez combattu avec opiniâtreté, avait lui aussi bénéficié de soutiens étrangers, mais devant l’horreur de ses cruautés, ses commanditaires l’ont lâché comme vous serez bientôt lâché par ceux-là qui vous poussent à tuer les Congolais. Vos crimes au Congo ne demeureront pas indéfiniment impunis. Le moment vient de rendre compte de vos forfaits ou de vos crimes.

Vous ne pourrez plus nier vos responsabilités devant vos hommes armés qui ont coupé les têtes des Congolais à Beni, à Butembo, à Bunia et ailleurs, devant ceux qui ont massacré les adeptes de Bundu dia Kôngo et du pasteur Mukungubila, devant ceux qui ont tué les jeunes Congolais dans toutes les manifestations publiques de protestation. L’horreur a atteint les sommets et nous ne pouvons et ne voulons plus vous tolérer à la tête de l’Etat congolais. Vous êtes « out », Monsieur « Joseph Kabila », il est temps de quitter le pouvoir, car les Congolais ne veulent plus verser des larmes à cause de vos atrocités, de vos cruautés sans borne.

Ces homélies des catholiques et des protestants ainsi que ces immenses foules qui bravent la brutalité, la férocité, la sauvagerie, la barbarie, la bestialité, etc. de vos soldats ne vous troublent pas, ne vous arrachent aucun remords, et vous voudriez qu’on vous accepte encore à la tête de l’Etat congolais ! Non, Monsieur « Joseph Kabila », vous avez trop abusé, les Congolais ne veulent plus de vous. Quittez le pouvoir et rendez compte au peuple congolais de votre gestion calamiteuse de la République depuis 2001. Votre bilan sera jugé sur la place publique.

À cause de vous, le drame congolais a fait des millions de victimes innocentes. Ce bain de sang n’a que trop duré et il est maintenant temps de trouver une solution politique en éliminant le conglomérat des aventuriers qui gesticulent et s’agglutinent autour de votre personne. Vous semez l’horreur et la terreur, tout le monde le sait. Lorsque vous persévérez à tuer les Congolais comme des animaux, que cherchez-vous au juste ? Nous voir nous mettre à genoux devant vous afin que vous régniez sur nous comme des soumis ou vous voudriez plutôt nous exterminer tous pour céder notre payer à ceux avec qui vous pillez le Congo notre pays ou encore vous souhaiteriez que nous utilisions les mêmes moyens utilisés par l’AFDL en 1997 ou les mêmes moyens utilisés par ceux qui ont assassiné votre père nourricier ?

Malgré les horreurs semées par vos militaires venus de la Tanzanie et d’on ne sait où encore, la détermination des Congolais est encore plus grande, les défenseurs des droits de l’homme dénoncent les violences exercées par vos soldats étrangers sur le peuple congolais et leurs rapports se multiplient. Ils viennent alourdir le Rapport Mapping qui pèse sur votre tête depuis sa publication. Vous payerez bientôt tout le mal que vous avez fait aux Congolais. Un chef d’Etat ne peut gouverner que lorsqu’un peuple se soumet et lui obéit. Or, dans le cas du Congo, votre politique d’une « révolution de la modernité » a fait long feu. Le peuple congolais a compris que vous êtes un menteur, car vous n’avez jamais réalisé tout ce que vous avez publiquement promis depuis 2001. Il ne se soumettra plus et ne vous obéira plus. Il est temps de dire adieu à votre aventure qui a trop duré.

Tout ce que votre parti entreprendra ne servira à rien car le peuple congolais vous a déjà rejeté. Trop tard. Vous ne pourrez briguer un troisième mandat. Tout ce que vous entreprendrez ou tout ce que le PPRD entreprendra en votre faveur sera illégal et illégitime car vous êtes hors mandat. Faire croire que vous avez le droit et les capacités de diriger encore la RD Congo revient à tordre le cou à la réalité, à se moquer des Congolais qui ont déjà tourné la page et qui vous conjuguent déjà au passé. Cessez, Monsieur « Joseph Kabila », de vous croire encore Président de la RD Congo, car vous avez cessé de l’être dans la tête des Congolais. Mais qui en porte la responsabilité, sinon ceux qui veulent vous imposer au pouvoir que vous avez déjà perdu.

Si votre gouvernement avait le souci de protéger le peuple congolais et de travailler pour le développement de notre pays, cela se saurait. La brutalité – sinon la bestialité – avec laquelle vous avez toujours massacré le peuple congolais depuis votre installation au pouvoir ne le démontre guère, pas plus que les comportements de vos soldats dans le grand Kasaï où deux experts des Nations unies ont été sauvagement tués.

Le peuple congolais ne pense plus à vous, il ne croit plus en vos capacités à diriger encore la RD Congo, parce que vous être hors mandat, et c’est l’essentiel. Après de longues années d’attente, une zone de liberté d’expression a été enfin franchie d’abord par l’église catholique et ensuite par l’église protestante qui, toutes les deux, apparaissent comme la seule force capable de rétablir l’ordre dans notre pays. J’en suis fier. Les Congolais viennent de s’y installer, l’espoir renaît et la vie reprend, malgré la mort que vous semez dans nos rangs. Tout ce que votre gouvernement entreprendra ne changera rien. Il est certain que le peuple congolais ne parlera plus bientôt de vous, sinon en rappelant vos cruautés à leurs enfants. Vous pouvez encore pérorer si vous le voulez, mais sachez d’ores et déjà que plus personne ne vous écoutera. Et c’est tant mieux ainsi. En voulant tuer incessamment les Congolais qui ont toujours voulu marcher pacifiquement, vous vous êtes mis bêtement hors-jeu.

Quittez le pouvoir, Monsieur « Joseph Kabila », vous êtes déjà « out ».

Vous moquant des Congolais, vous avez un jour proféré cette accusation gravissime à l’encontre des jeunes kinois (que vous avez qualifiés de chômeurs invétérés) qui restent sous le toit de leurs parents jusqu’à 40 ans, alors que vous n’avez pas créé des emplois malgré les énormes ressources naturelles que regorge notre pays. À la place, vous avez préféré vous enrichir rapidement et illicitement en plaçant votre fortune à l’abri, dans des paradis fiscaux.

Je répète : tout ce que vous entreprendrez est une perte de temps. Les Congolais ne veulent plus de vous. Partez. C’est fini. Adieu.

Fweley Diangitukwa

22 janvier 2018

www.fweley.wordpress.com

Auteur du livre : « Comment mettre fin à une dictature solidement installée », Paris, L’Harmattan, 2017.

Qui doit diriger la période de transition ouverte depuis le 1er janvier 2018 ?

10 Jan

Qui doit diriger la période transitoire ouverte depuis le 1er janvier 2018 ?

Par Fweley Diangitukwa

Politiste

Le gouvernement du président Joseph Kabila est hors mandat depuis décembre 2016 déjà. Le non-respect de l’Accord de la St-Sylvestre du 31 décembre 2017 et la répression sanglante des marches pacifiques organisées par le Comité Laïc de Coordination (CLC) pour réclamer le départ du présent « Kabila » du pouvoir ont enlevé aux gouvernants actuels toute possibilité de diriger encore les institutions de la République.

Notre pays traverse une situation chaotique car, depuis le 31 décembre 2017 à minuit, il a cessé d’être gouverné. Aucune autorité ne jouit de la légalité ni de la légitimité. Les Sénateurs et les députés provinciaux les ont perdues en 2012, les députés nationaux les ont perdues en février 2017 et le chef de l’Etat, qui a bénéficié d’une rallonge gratuite grâce l’Accord de la St-Sylvestre, les a perdues le 31 décembre 2017. Le pouvoir est donc présentement dans la rue. Il appartient aux plus organisés sinon aux plus braves de le ramasser.

Il y a vingt ans, j’ai écrit dans mon livre « Qui gouverne le Zaïre, la Républicains des copains », Paris, L’Harmattan, 1997, que les Congolais (Zaïrois à l’époque) savent discuter longuement sur les problèmes de leur pays mais ils peinent à trouver des réponses qui imposent un changement de paradigme. Au Congo, le changement dans le paradigme a toujours triomphé dans la gestion des affaires publiques depuis le coup d’Etat de Mobutu et de ses compagnons de la révolution. Laurent-Désiré Kabila, qui est venu en 1997 avec sa révolution-pardon, a accepté le retour des Mobutistes au pouvoir sans les punir pour les fautes qu’ils ont commises. Celui qui se fait appeler « Joseph Kabila » a gouverné avec les mêmes Mobutistes jusqu’en décembre 2017.

Depuis la fin du second et dernier mandat du président sortant et depuis les massacres du 31 décembre 2017, la Cour constitutionnelle ne s’est pas prononcée sur la vacance au sommet de l’Etat. Le ministre de la Justice n’a pas publiquement condamné les forces disproportionnées qui ont été utilisées pour contrer des manifestants sans arme. Tous ces éléments montrent clairement que nous sommes en présence d’un Gouvernement qui ne protège pas le peuple mais qui agit contre le peuple.

Certains Etats occidentaux ont pris des sanctions contre les entreprises liées à Joseph « Kabila », à Zoé « Kabila », à Jeannette « Kabila » et contre certains gouvernants de la République mais la justice congolaise ne s’est jamais prononcée sur ces dossiers. Aucune enquête n’a été menée pour établir la vérité sur les causes à l’origine des sanctions prises par les Etats étrangers contre certaines autorités congolaises accusées de détournement des fonds publics (fonds placés dans des paradis fiscaux ou dans des banques des pays étrangers). Tout montre que le Congo est un Etat failli – sinon une République des copains qui se soutiennent pour leur propre épanouissement. En tout cas, ce silence prouve, si besoin en était, que nous avons affaire à une justice complaisante dans notre pays.

Que devons-nous faire pour changer de régime face à une équipe de médiocres et des barbares qui s’appuient sur la force militaire pour mâter le peuple et se maintenir au pouvoir ? Telle est la question que chaque Congolais doit absolument se poser, car si nous ne nous la posons pas en vue de trouver une réponse immédiate, ceux qui dirigent notre République par défi vont s’imposer à nous et continuer à diriger notre pays comme s’ils en avaient encore le droit. Nous devons absolument les empêcher pour montrer au monde entier leur état d’illégalité et d’illégitimité. Dans cet ordre d’idée, je propose à mes compatriotes de prendre publiquement position. Comme nous ne pouvons pas tous gouverner la République en même temps, nous devons mettre en place un gouvernement d’union nationale composé de Congolais résolus et compétents ayant chacun d’eux une formation reconnue et un métier précis (méfions-nous de politiciens sans formation accomplie et sans métier parce qu’ils refusent généralement de quitter le pouvoir). Pendant cette courte période de transition, ce sont ceux-là qui mèneront notre combat collectif auprès des Etats et des gouvernements étrangers, auprès des Organisations internationales et auprès des Nations unis. Ce sont encore eux qui feront fonctionner les institutions pendant la période transitoire qui a débuté le 1er janvier 2018. Ne faisons pas semblants, nous devons être décidés et déterminés, comme nous l’avons fait le 31 décembre 2017 en marchant malgré les soldats d’artillerie plantés devant des foules en colère.

Or, pour éviter ce vide juridique, un groupe de Congolais a déjà organisé une élection au niveau international et national. J’invite mes Compatriotes à accepter d’être administrés par cette équipe qui sera épaulée par des technocrates hautement qualifiés. Cette équipe doit se mettre au travail dès aujourd’hui. Si elle n’agit pas dans le sens de se faire connaître et se faire accepter par les instances internationales, plus personne ne parlera d’eux demain. Ces élections organisées par les Congolais de la diaspora auront vécu.

La durée de la transition sera courte (entre six et 12 mois, pas plus) et cette équipe n’aura que trois missions : (1) remplir le vide politique laissé par ceux qui ont saboté la Constitution, (2) organiser les élections qui permettront à notre pays de reprendre une vie normale et (3) mettre sur pied les fondements d’une armée nationale et républicaine composée uniquement de dignes fils du pays.

Il n’est plus nécessaire d’attendre une déclaration publique du Président sortant dans laquelle il dira qu’il ne sera pas candidat à sa propre succession conformément à la Constitution, car il a déjà prouvé par sa mauvaise fois qu’il ne le fera jamais. Cette équipe mettra en application les mesures ci-après : « a. La libération de tous les prisonniers politiques ; b. La fin de l’exil des opposants menacés d’arrestation à leur retour au pays ; c. La fin du dédoublement des partis politiques ; d. La libéralisation des espaces médiatiques et particulièrement de la RTNC ; e. La réouverture des médias injustement fermés ; f. La restructuration de la CENI afin de recréer la confiance entre l’électorat et l’institution organisatrice des élections ; g. L’utilisation du calendrier récemment proposé par la CENI comme outil de travail pour l’élaboration d’un calendrier consensuel ; h. Le libre exercice des activités politiques par tous ».

Tout en demandant à la justice internationale, notamment la Cour Pénale Internationale (CPI) de s’autosaisir des cas de violation des droits humains en RD Congo, nous ne devons pas attendre qu’une puissance étrangère vienne chasser M. « Joseph Kabila » du pouvoir. Aucune n’est vraiment prête à le faire à notre place parce que les grandes puissances ont des intérêts incommensurables dans notre pays, d’autres travaillent en étroite collaboration avec les dirigeants actuels et pillent notre pays ensemble. Le changement de paradigme doit être l’œuvre des Congolais afin que nous jouissions réellement de notre indépendance et de notre souveraineté. Un challenge est devant nous. Montrons-nous collectivement capables de le relever. Si nous y parvenons, nous laisserons un exemple de fierté et de grandeur aux générations futures. Soyons debout et restons debout jusqu’à la victoire finale.

La RDC devient ingouvernable parce que le peuple congolais ne se reconnaît pas dans les autorités actuelles qui n’ont plus de mandat. Les risques à venir sont considérables. Sans une autorité acceptée par le peuple congolais, notre pays risque de connaître de nouveaux conflits locaux, semblables à ceux du Kasaï, qui déstabiliseront d’autres régions entières, qui engendreront des millions de déplacés et placeront de très nombreuses personnes dans une situation de risque de famine. Un tel chaos sera un prétexte pour ne pas organiser les élections en décembre 2018 si nous laissons l’équipe actuelle au pouvoir. Nous ne pouvons pas accepter que ceci nous arrive encore. Voilà pour quelle raison, je demande aux dirigeants de toutes les sociétés civiles (ONG) de s’engager publiquement – par une déclaration – à soutenir les Administrateurs publics qui ont été élus au suffrage universel direct organisé par la diaspora. Mettons nos egos de côté pour défendre l’intérêt de la nation. C’est une situation particulière et inédite mais qui a sa raison d’être pour combler le vide politique. Nous n’avons pas le droit de laisser des dirigeants sans légitimité ni légalité nous gouverner. Nous avons connu le coup d’Etat de 1965, le coup d’Etat de 1997, le coup d’Etat de 2001. Nous devons refuser cet autre coup d’Etat constitutionnel qui se dessine devant nous, aujourd’hui et maintenant. Aspirons à devenir un peuple souverain et mature.

Notre pays n’est plus gouverné depuis le 1er janvier 2018. Ne nous laissons pas distraire et sortons vite de nos émotions et de notre traumatisme sinon le pire nous arrivera si nous ne mettons pas définitivement fin à ce régime ignoble et irresponsable. Reprenons notre destin en main et mettons-nous à organiser l’avenir immédiat de notre nation. Tout en poursuivant les actions qui conduiront à « dégager les médiocres » qui ne travaillent pas pour la nation et qui ne sécurisent pas les populations, nous devons rapidement fédérer nos forces et nos intelligences, réunir nos moyens sous une seule direction qui posera des actes au nom du peuple afin que le Congo redevienne un pays où règne la paix et la justice.

J’invite le peuple congolais dans son ensemble à adhérer à cette solution salutaire pour la République.

 

Le 10 janvier 2018.

 

Fweley Diangitukwa

Politiste et essayiste

Auteur de « Comment mettre fin à une dictature solidement installée », Paris, L’Harmattan, 2017.

http://www.fweley.wordpress.com

Lu pour vous : « Je mourrai d’une balle dans la tête. »

20 Déc

A la cour du roi Kabila, les barons sont à la fois puissants et révocables

En RDC, un an après la fin de son mandat, le président se maintient grâce à un système clientéliste construit par vingt années de guerres et d’affaires.

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Le président congolais, Joseph Kabila, lors d’un discours à la nation, au palais du Peuple, siège du Parlement, le 5 avril 2017, à Kinshasa.

« Je mourrai d’une balle dans la tête. » Joseph Kabila aime confier à certains de ses visiteurs qu’il pense sa destinée déjà écrite. A 46 ans, le président de la République démocratique du Congo (RDC) n’aurait rien à perdrecar, feint-il de penser, sa fin sera tragique. Comme celle de son père et prédécesseur, Laurent-Désiré Kabila, assassiné en 2001. Pour se détendre, il se plonge dans les jeux vidéo ou enfourche sa moto. Pour se protéger, il porte un gilet pare-balles sous son costume et change d’itinéraire au dernier moment.

Situation unique au monde, le président congolais est toujours en poste malgré la fin de son deuxième et dernier mandat, le 19 décembre 2016. Reportée de nombreuses fois, l’élection présidentielle doit se tenir le 23 décembre 2018. Des sanctions économiques des Etats-Unis et de l’Union européenne visent actuellement 17 proches de Joseph Kabila.

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Lui voyage rarement et on lui prête une fortune dont une partie serait à l’abri en Afrique du Sud ou dans des paradis fiscaux, sous des prête-noms. Pour protéger son pouvoir, Kabila orchestre une cour singulière, composée de personnalités dont la destinée s’est confondue avec la sienne. Et c’est par ce système clientéliste qu’il se maintient aux commandes. « Kabila est un homme seul, entouré de groupes qui se font la guerre plus qu’ils ne convergent vers une seule stratégie, observe un diplomate africain familier du pouvoir congolais. Ils n’essaient pas de le sortir de l’impasse. Ils ont peur et exécutent sa volonté, si tant est qu’il l’exprime. »

Le jeune homme inexpérimenté des débuts, moqué pour son français aussi approximatif que son lingala (la langue parlée dans l’ouest de la RDC), ne demande plus les conseils de l’entourage de son père mais donne des ordres à un microcosme de courtisans qui veulent lui plaire. Pour eux, la moindre route, le moindre centre de santé relèvent de « l’initiative personnelle du chef de l’Etat ». Nombreux sont ceux qui ont fait les frais de leurs excès de zèle ou de leur indolence. Jusqu’au-boutiste dans la répression des opposants, l’ancien ministre de l’intérieur, Evariste Boshab, a ainsi fini par être écarté. « Même ses conseillers ont peur de le conseiller », croit savoir un haut cadre des Nations unies.

Des conseillers plus puissants que des ministres

En cette période d’incertitude politique, le premier homme de cette cour est un austère professeur de droit de 40 ans : Néhémie Wilondja. Directeur de cabinet de Kabila depuis 2015, ce technocrate discret est considéré par ses collègues comme « le vrai premier ministre de la RDC »« Tout ce que le président doit signer passe par Néhémie », assurent avec une pointe de jalousie des membres de l’entourage présidentiel. « Je sers le chef de l’Etat et la stabilité du pays, menacée par des opposants futiles », confiait l’intéressé, d’une voix assurée, en décembre 2016, alors qu’il feignait de négocier pour mieux manipuler l’opposition. Comme Kabila, Wilondja est un homme de secrets et d’intrigues.

A ses autres hommes de main, le chef de l’Etat délègue des missions précises, sans dévoiler l’intégralité de son plan. C’est le cas pour Alexis Thambwe, une ancienne figure du mobutisme muée en chef de rébellion et visée par une plainte pour crimes contre l’humanité déposée en Belgique. Kabila a fait de ce juriste de 74 ans son ministre de la justice. « Thambwe formalise les vagues d’arrestations de manifestants et de militants pour les justifier par le droit », confie l’un de ses proches.

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Plus discret encore, l’avocat Norbert Nkulu, 71 ans, ambassadeur à Kigali depuis 2009, a été le maître d’œuvre de l’exploitation des failles de la Constitution congolaise pour le maintien au pouvoir. « Certains conseillers de Kabila sont bien plus puissants que des ministres au-dessus d’eux selon l’organigramme, remarque un négociateur. Mais que valent les organigrammes en RDC ? »

Aux hommes de main les petits coups bas contre l’opposition et la communauté internationale, au « raïs » les décisions qui portent sur l’avenir immédiat d’un pays grand comme l’Europe de l’Ouest, fragilisé par des conflits internes permanents et convoité pour ses ressources minières. En l’absence d’une alternative politique crédible ou d’un dirigeant plus respecté, ils maintiennent au pouvoir celui qui les a fait vivre.

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Ce système volontairement déstructuré règle les problèmes au coup par coup. « Ce qu’ils réussissent à faire n’est jamais calculé à l’avance, raconte un diplomate africain. Ils ressemblent à un aveugle qui marche avec sa canne, ne voyant pas le ravin au bout du chemin. » La cour de Kabila fonctionne par cercles concentriques, où la valeur de chacun augmente à mesure de sa proximité momentanée avec le sommet.

Rompu aux méthodes clandestines depuis la lutte de son père contre Mobutu Sese Seko et son exil en Tanzanie, le président surveille ses obligés. Leur impopularité est compensée par des avantages financiers et l’assurance d’une protection. Comme n’importe quel habitant de Kinshasa, ils vivent au jour le jour, mais avec une extravagance qui leur fait oublier qu’ils peuvent finir assassinés, lynchés ou jugés.

« Ils ne savent pas où ils seront dans cinq ans »

New York, le 23 septembre. Les hommes de Kabila, réunis à l’hôtel Intercontinental, préparent le discours présidentiel à l’assemblée générale des Nations unies. Ils multiplient aussi les rencontres informelles avec des diplomates et des lobbyistes grassement payés pour contrer les sanctions occidentales. « Ils ont pris goût au style de vie qu’offre le pouvoir, dit un diplomate européen. Mais ils ne savent pas où ils seront dans cinq ans. » Ce jour-là, Joseph Kabila prononce son discours devant une salle vide. Eux se donnent une image détendue et sereine, comme si leur pouvoir était bien parti pour durer.

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Ils ont en vu d’autres. La plupart, originaires de l’est de la RDC, se sont connus durant la guerre menée par Laurent-Désiré Kabila contre ses anciens alliés ougandais et rwandais à partir de 1998. Ils y ont aussi croisé Joseph Kabila, nommé chef d’état-major par son père à la place de son mentor rwandais James Kabarebe. Vingt ans plus tard, le président congolais vit toujours dans une atmosphère de paranoïa où, comme pendant la guerre, le pouvoir comme la vie peuvent lui échapper en un instant.

Un tel héritage mène à travailler étroitement avec des hommes en armes. Plus que les ministres de l’intérieur et de la défense, le patron de l’Agence nationale de renseignements, Kalev Mutond, peut ainsi « faire et défairen’importe quelle histoire », reconnaissent des conseillers du président. Loin d’être un personnage de l’ombre, ce natif du Katanga, la province d’origine de la famille Kabila, se révèle omniprésent. Les rencontres et les négociations politiques se déroulent même parfois sous sa houlette.

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Verrouillée par un système qui réprime la moindre manifestation publique et traque les opposants qu’il n’a pas réussi à « acheter », la scène politique intérieure est un champ de bataille au-dessus duquel plane Joseph Kabila. Une partie du noyautage de l’opposition a pris forme au cours des derniers jours de l’année 2016, dans un appartement luxueux du complexe immobilier Utex-Africa, dans le centre de Kinshasa. Alors que les évêques congolais s’épuisaient à obtenir un accord prévoyant des élections en 2017, le régime et l’opposition discutaient des postes et des contreparties sur la terrasse, sous le regard du président de l’Assemblée nationale, Aubin Minaku, également secrétaire général de la majorité présidentielle.

« Les débauchages de membres de l’opposition se font par l’argent, car beaucoup ne se contentent pas de leur salaire d’élus », précise un député. Les gouverneurs de province, maintenus à leur poste malgré l’expiration de leur mandat – à l’instar des députés et des sénateurs –, sont acquis au régime, tout comme une partie des chefs coutumiers, auprès desquels Kabila dépêche des émissaires. « Tout le monde est achetable », admet l’un des leaders traditionnels du Kasaï (centre).

La course à la succession est ouverte

A Kinshasa, le swahili est resté la langue des affaires de la cour Kabila depuis l’ère d’Augustin Katumba Mwanke. Banquier en Afrique du Sud, gouverneur du Katanga sous Laurent-Désiré Kabila puis directeur du cabinet de son fils, il fut, jusqu’à sa mort dans un accident d’avion en 2012, le plus influent conseiller de Joseph Kabila et l’homme des contrats miniers. « Dans les années 2000, raconte Barnabé Kikaya, actuel conseiller diplomatique de Joseph Kabila, nous étions un groupe restreint de cinq, six personnes, mené par Katumba Mwanke. Puis il y a eu un renouvellement des conseillers de confiance. On est passé des affaires au droit comme compétence prioritaire du premier cercle du président. »

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Mais certaines affaires continuent dans la cour et alimentent une diplomatie économique fondée sur des commissions personnelles. « Si Katumba Mwanke a un héritier, c’est bien moi ! », plastronne Moïse Ekanga dans ses bureaux de Kinshasa, au bord du fleuve Congo. Ce pasteur de l’Eglise du Sang précieux est surtout le patron du conglomérat minier Sicomines. En 2008, il a été chargé du partenariat sino-congolais, qui possède le monopole de la construction d’infrastructures. Et ce en harmonie avec l’autre homme fort des affaires de Joseph Kabila, Albert Yuma, patron des patrons congolais, également à la tête de la société minière Gécamines.

Kabila l’enfant de la guerre a pris goût à l’argent, qui, avec les armes, le renseignement et la manipulation du droit, renforce un pouvoir qu’il ne voulait pas et qu’il ne semble plus vouloir quitter. En théorie, un an sépare la RDC de l’investiture de son prochain président. Entre-temps, la course à la succession est ouverte au sein de la cour, qui n’a pas fini de s’interroger sur les intentions de son chef. « Quelle est la principale vertu que vous a léguée votre père ? », demandait un journaliste en 2001. Joseph Kabila répondait alors : « La détermination. Savoir ce que l’on veut. S’en donner les moyens. Ne pas dévierAller jusqu’au bout. »

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