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Le président Donald Trump s’est lourdement trompé

8 Déc

En date du 6 décembre 2017, Donald Trump a annoncé au cours d’un discours public le transfert de l’ambassade des États-Unis en Israël à Jérusalem qu’il a reconnu comme la capitale officielle d’Israël. Cette annonce a été une surprise générale car cette annonce n’a pas été faite par Israël lui-même qui est un État souverain mais par le président américain. Tout au long de son discours, Donald Trump a parlé plus d’Israël et moins de Palestine qui a toujours revendiqué Jérusalem comme la capitale de son futur État. Donald Trump n’a eu aucune pensée positiver pour les Palestiniens car il n’a donné aucune contrepartie aux Palestiniens de s’exprimer sur le choix de Jérusalem. Cette décision unilatérale contrevient au droit international et aux résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU. Au-delà, elle freine la possibilité d’une paix négociée entre Israéliens et Palestiniens, entre Juifs et musulmans. Mais pour quelle raison Donald Trump a-t-il oublié que depuis 1948 Jérusalem n’appartient à personne, que cette ville n’appartient ni aux juifs ni aux chrétiens ni aux musulmans, qu’elle est ouverte à tous ?

Après l’annonce de Donald Trump, un torrent de critiques a afflué. La seule réaction positive est venue du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, qui a salué le discours de Donald Trump comme étant un « jour historique ». Dans un enregistrement vidéo, il a publiquement dit : « Le peuple juif et l’État juif seront à jamais reconnaissants », et il a ajouté : [Cette décision] « est un important pas vers la paix ». L’une des voix discordantes est venue d’Emmanuel Macron qui a qualifié de « regrettable » cette décision et qui a appelé à « éviter à tout prix les violences ». Il a souligné « l’attachement de la France et de l’Europe à la solution de deux États, Israël et la Palestine vivant côte à côte en paix et en sécurité dans des frontières internationalement reconnues avec Jérusalem comme capitale des deux États »[1].

En recevant à Paris le premier ministre israélien, le président Macron a demandé à celui-ci de faire un geste en direction des Palestiniens. Mais en réalité, à la place de faire un geste aux Palestiniens, c’est le respect du droit international envers le peuple palestinien et des résolutions des Nations unies qu’Israël a toujours violées que le président Macron aurait dû exiger mais il ne l’a pas fait. Comme le président Trump, le président Macron a publiquement manifesté sa soumission au représentant du peuple israélien et son mépris, par le silence, au représentant du peuple palestinien qu’il n’a pas simultanément reçu à Paris. De ce fait, la demande publique du président Macron au premier ministre Benjamin Netanyahu n’a pas été à la hauteur des attentes des pacifistes du monde entier, car elle relève d’une hypocrisie pour flouer les Palestiniens et pour faire croire que la France a une position neutre dans le conflit entre Israël et la Palestinien.

En effet, il appartient aux Palestiniens et aux Israéliens de se mettre d’accord sur le statut de Jérusalem. Toute ingérence étrangère sur la gestion de Jérusalem ne fera que mettre l’huile sur le feu.

En s’appuyant sur des données historiques, il est permis de dire que cette décision relève d’une provocation inutile car le peuple palestinien et les musulmans ne peuvent pas accepter la solution du président Donald Trump. Avec cette décision, la ville de Jérusalem sort du statu quo qui a été observé depuis de 1967. Donald Trump a davantage divisé les deux peuples car, désormais, pour les Palestiniens, Washington ne peut plus jouer son rôle de médiateur au Proche Orient, même si les Israéliens, par la voix de Netanyahu, ont salué ce discours sur Jérusalem comme étant une journée historique.

[1] https://www.lexpress.fr/actualite/monde/proche-moyen-orient/jerusalem-capitale-d-israel-trois-questions-sur-la-decision-historique-de-trump_1966885.html

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L’humiliation publique des Africains noirs en Libye

7 Déc

L’humiliation publique des Africains noirs en Libye

Pour lutter contre le régime du colonel Kadhafi, la France et l’OTAN ont recruté, par l’intermédiaire des opposants libyens au régime de Kadhafi, des mercenaires arabes dans différents pays musulmans. Ce sont ces soldats qui ont mené la guerre en Libye pour le compte des Occidentaux. Après l’assassinat de Kadhafi et la chute de son régime, la plupart des mercenaires sont restés en Libye pour assurer la sécurité. Ces soldats, recrutés par l’intermédiaire des opposants libyens, qualifiés de « tueurs sans pitié » ont été formés par l’Union européenne comme des « gardes-côtes libyens » pour empêcher les migrants venus d’Afrique subsaharienne de traverser de la mer Méditerranée pour gagner l’Europe via l’Italie. Les crimes commis par les « soldats libyens » sur les migrants d’Afrique noire et les violences sexuelles sur les négresses, filmés et diffusés à profusion, sont une stratégie bien réfléchie des pays européens pour décourager définitivement les Africains noirs à « envahir » l’Europe, selon une expression utilisée par les Européens racistes. C’est dans ce but que les vidéos de ces crimes odieux circulent dans les réseaux sociaux. Les soldats qui commettent ces actes horribles sans aucun état d’âme sont au service de l’Union européenne qui les ont formés et qui leur paie un salaire mensuelle pour surveiller les côtes libyennes.

Auparavant, au cours d’une émission télévisée, un Français a eu l’audace de prononcer ouvertement ces paroles malheureuses et choquantes pour s’opposer à l’arrivée des Noirs africains dans l’Hexagone. Il a publiquement dit : « Nous (pays européens) n’irons pas jusqu’à bombarder les pays africains pour mettre fin à l’immigration des Noirs en Europe, mais presque, car leur arrivée met en danger la civilisation européenne qui risque de disparaître si nous ne faisons rien »[1]. La réponse à cette inquiétude, l’Europe l’a trouvée en formant des gardes-côtes libyens qui « bombardent » sans pitié les jeunes Africains noirs pour les empêcher de traverser de mer Méditerranée et surtout pour décourager à distance d’autres jeunes qui ont l’intention de se rendre en Libye pour tenter leur aventure d’atteindre l’Europe.

Le racisme contre les Noirs dans le Maghreb est une très vieille tradition qui a été longuement étouffée pendant le régime de Kadhafi car ce dernier se faisait passer pour un panafricaniste. Sa mort et le refus de l’Union européenne de voir les Africains noirs utiliser les côtes libyennes pour arriver en Europe ont été l’occasion d’étaler ouvertement ce racisme anti noir qui existe depuis l’occupation de l’Afrique du Nord par les Arabes venus d’Asie qui avaient jadis chassé les Noirs de cette partie du continent (de l’Égypte au Maroc) qui leur appartenait.

Lorsqu’on prend en considération la répartition entre nations du monde des ressources naturelles faite par le Créateur, on conclut que les Africains n’ont pas besoin d’Europe pour exister (là où l’Europe a grandement besoin d’Afrique pour son existence, là où sans l’Afrique, l’Europe n’est presque rien). Les Africains possèdent tout chez eux. L’histoire montre que depuis les guerres puniques passant par la traite négrière et la colonisation, ce sont les Européens qui ont toujours ressenti le besoin d’Afrique. C’est pourquoi ils avaient mené des guerres de conquête en Afrique et avaient envahi l’Afrique où ils avaient pratiqué la traite négrière pour leur enrichissement rapide et illicite, avant de coloniser l’Afrique tout entière[2]. Si les Africains au sud du Sahara s’organisent et s’ils se dotent d’une armée, semblable à celle de l’OTAN, pour se protéger du pillage de leurs ressources naturelles et halieutiques, s’ils créent une banque unique et un marché commun, s’ils pacifient et modernisent leurs pays, ils n’auront aucunement besoin d’aller risquer leur vie dans le Maghreb pour gagner l’Europe qui ne leur réserve aucune considération. C’est une question de prise de conscience et de manque d’organisation. Ce sont ces deux facteurs qui retardent le développement de l’Afrique subsaharienne. Si les Africains gagnent en confiance, en dignité et en richesse, les jeunes africains noirs comprendront qu’ils n’ont rien à gagner à se rendre en Europe sinon à se faire régulièrement humilier.

L’Europe qui n’est pas plus riche que l’Afrique n’a jamais été tendre dans ses relations avec l’Afrique. Dans leur volonté atavique de domination, les Européens n’ont jamais épargné les Africains. Si l’Afrique a tout, il lui manque les armes sophistiquées et la détention du savoir diffusé en Occident dans les grandes universités. En vérité, à armes égales, les Africains l’emporteront sur les Occidentaux mais ils ne sont pas encore capables de réunir ce qui leur manque. La nature a doté l’Afrique des ressources naturelles et humaines incommensurables qui ne servent pas au développement de l’Afrique.

Fweley Diangituikwa, le 1 décembre 2017.

[1] Le fait même de le penser et de l’exprimer publiquement montre clairement jusqu’où pourront aller les Occidentaux s’ils entrent en conflit majeur avec les pays d’Afrique subsaharienne. S’ils avaient bombardé les villes de Nagasaki et d’Hiroshima au Japon, on ne voit pas pour quelle raison ils hésiteraient à agir de la même façon contre l’Afrique noire.

[2] À l’exception de l’Éthiopie.

Lu pour vous : CINQ SCENARIOS POLITIQUES AU MATIN DU 1er JANVIER 2018 EN RDC…

5 Oct

CINQ SCENARIOS POLITIQUES AU MATIN DU 1er JANVIER 2018 EN RDC…

Ce samedi 30 septembre 2017 était la date prévue par l’Accord de la Saint Sylvestre pour convoquer officiellement les élections si du moins les congolais voulaient réellement la passation pacifique et démocratique du pouvoir en décembre prochain. Sur le terrain la réalité a été bien différente… Au seuil de ce mois d’octobre 2017, il ne reste plus que trois mois avant l’expiration du délai butoir au-delà duquel le peuple congolais naviguera dans l’illégalité la plus totale, en dehors du cadre constitutionnel et de l’Accord de la Saint Sylvestre, rendant du coup toute institution congolaise illégitime en plus d’être déjà illégale.

En termes clairs, au cas où rien n’est fait selon les dernières prévisions de l’Accord de la dernière chance, celui du 31 décembre 2016, cette étude s’emploiera à explorer anticipativement les différents scénarios que pourra vivre notre peuple dès le 1er janvier de l’année 2018. 

  1. Les élections organisées démocratiquement et un nouveau président pour succéder à J. Kabila. 

Le premier schéma est celui de l’avènement d’un président nouvellement élu conformément aux prescrits de l’Accord de la Saint Sylvestre prévoyant les élections pour avant décembre 2017 prochain. Dans ce cas Kabila, le président sortant, céderait pacifiquement le pouvoir à son successeur qui prendrait les rênes du pays. 

L’on a observé que les tractations de la dernière Assemblée de l’ONU appuyaient ce schéma et ont préconisé la mise sur pied d’un cadre international qui fonctionnerait en appui aux travaux de la CENI. L’organisme américain basé à Washington « Enough Project »  a également proposé le mercredi dernier “un plan pour la conduite d’élections et d’une transition politique conformément à l’accord du 31 décembre et/ou le manifeste récent de la société civile, et où il est admis que Kabila devra quitter ses fonctions avant les élections.”[1] Ce plan prévoit un la nomination d’un médiateur africain idoine et l’implication des groupes des sociétés civiles. 

Toutefois, quand bien même les élections arrivaient à être organisées dans le respect du délai, elles courront immanquablement le risque de se faire dans la grande précipitation. Étant donné qu’il ne reste plus que trois mois sans que l’enrôlement n’ait encore pris fin dans le Kasaï, que  le calendrier ne soit publié et qu’aucun candidat ni aucun programme politique ne soit connu par les électeurs, dans le cas où Kabila acceptera de céder le tablier, le régime de Kinshasa mettra à profit cette précipitation pour pouvoir manœuvrer en vue de placer un élu de la MP très proche de Kabila ou encore un ressortissant du Rassop qui serait en réalité un pion fabriqué de longue date aux fins d’infiltrer l’opposition et de l’asphyxier de l’intérieur lorsque celle-ci cherchera à vouloir imposer une alternative politique. 

Dans un cas comme dans un autre, dans la possibilité d’élection au suffrage universel d’un cadre de la MP ou même d’un de leurs pions du Rassop, un autre danger se pointera à l’horizon : Joseph Kabila, tant qu’il n’est pas mis hors d’état de nuire, agira bel et bien dans l’ombre de ce nouveau pouvoir et pire encore, en gardant mains basses sur tous les leviers de commandement des services de renseignement, des forces militaires et des régies financières à la tête desquels il a placé ses hommes de confiance, il détiendra un immense pouvoir de faire ou de défaire le nouveau magistrat suprême congolais quand bon lui semblera de vouloir réinstaurer son pouvoir avec une nouvelle loi constitutionnelle élaborée à sa guise. 

Avant qu’on y arrive, les congolais sont invités à avoir leurs deux pieds sur terre. Car, malgré l’insistance des uns et des autre Kabila reste vraisemblablement le maître de l’agenda électoral congolais.  Toutes les clefs de solution ou de blocage se trouvent entre ses mains. Et dans sa tête donc, publier le calendrier et organiser des élections équivaudrait à signer son arrêt de mort politique. Voilà pourquoi il a choisi un autre subterfuge de recours à l’art. 220 qui stipule de ne céder le pouvoir qu’à un autre président élu. Sa méthode pour perdurer consistera donc à repousser le plus loin possible l’arrivée de ce nouveau président pour ne pas procéder à la passation du pouvoir. 

Au regard des nombreux facteurs endogènes et exogènes, ce premier scénario est le moins plausible de cinq. Outre l’acharnement de Kabila à s’accrocher au pouvoir, il faut aussi tenir compte des soutiens qu’il reçoit de l’Union Africaine et même des puissances européennes qui nous ont habitués à taper du poing sur la table contre Kabila tout en négociant avec lui en secret.[2] 

C’est suivant cette hypocrisie diplomatique des occidentaux qu’il faut comprendre l’actuelle bataille diplomatique de Kabila via ses émissaires en France, aux USA, en Chine et en Russie pour s’attirer les faveurs de puissants décideurs de ce monde. A ce titre, il est prêt à brader les richesses du pays pour obtenir en échange de garder son pouvoir. Ce n’est donc pas en vain que lors de son séjour aux USA, il a reçu en audience  à huis clos les hommes d’affaires américains, proches de Trump, avec des contrats d’affaire en perspective. 

Ce cas est loin d’être isolé. Les contacts secrets de Frank Paris et Rémi Maréchaux, deux émissaires d’Emmanuel Macron allés rencontrer à Lubumbashi Néhémie Mwilanya et Léonard She Okitundu[3] deux très proches de Kabila puis les récents échanges secrets à Bruxelles des proches collaborateurs de Kabila avec des émissaires du président de la commission européenne et les rumeurs persistantes sur la nomination d’un nouveau premier ministre pour contenter ses partenaires occidentaux, ces trois facteurs mis ensemble doivent mettre un frein à l’immense aspiration béate des congolais à l’exercice de leur droit souverain d’élire un nouveau président. Ce, pour la simple raison que ces faits ci-haut énumérés démontrent que Kabila n’a pas perdu du vent en poupe et que les lobbies euro-américains qui l’ont placé là en 2001 ne sont peut-être pas encore prêts à le lâcher… 

  1. Les élections non organisées et « une transition sans Kabila ». 

Le deuxième schéma est celui dans lequel le peuple congolais atterrit au soir du 31 décembre 2018 sans jamais avoir pu organiser les élections libres et démocratiques. 

C’est le schéma annoncé sans ambages par le Rassemblement de l’opposition à Moussa Faki, le président de la Commission de l’Union Africaine lors de sa visite à Kinshasa le jeudi 28 septembre dernier. En résumé, la délégation du Rassop conduite par Martin Fayulu lui a dit les points ci-après : la démission obligatoire de Kabila de ses fonctions présidentielles avant le 31 décembre 2017, le départ immédiat de Naanga de la CENI ; la dissolution de toutes les institutions à mandat électif et la mise en place d’un gouvernement de transition.[4] 

C’est de cette manière que le Rassop entend mettre en exécution son plan de sauvetage de la Nation  consistant à imposer une transition sans Joseph Kabila pour la simple raison que lui et son exécutif auraient failli à la tâche d’organiser les élections et que pour cette raison, ils auraient perdu toute crédibilité devant l’opinion publique congolaise et devant les partenaires internationaux. 

Si cela se produisait de cette manière, il importera d’envisager deux pistes. 

La première piste verrait le président du Rassop automatiquement investi président de la transition. Ce qui n’ira pas de soi au regard des ambitions démesurées des politiciens congolais et des risques sérieux que les partenaires de cette plate-forme s’empoignent dans une guerre fratricide et intestine portant chacun à vouloir prendre le commande de la transition. Les conséquences collatérales de ce choix, c’est de voir se réveiller les vieux démons de l’opposition congolaise encline à ne jamais porter dans la durée un idéal patriotique commun. C’est en ce moment précis que pourront passer à la contre-attaque, les forces négatives préparées de longue date par Kabila, infiltrées dans le rang de l’opposition et se rendant prêtes à opérer en faveur de leur maître. 

La seconde piste serait d’attribuer la direction de la transition à un homme de la société civile, n’appartenant à aucune famille politique et qui ne nourrit d’aucune ambition politique pour se porter candidat à la magistrature suprême. Ce serait alors l’application du schéma centrafricain avec madame Catherine Samba-Panza qui était tenue de se retirer du pouvoir après la tenue des élections présidentielles. 

Admettons que dans le cas de figure, le choix tombait sur le docteur Denis Mukwege comme le suggèrent beaucoup de stratèges de l’élite intellectuelle congolaise (cfr. Patrick Mbeko) ou de nombreux dirigeants de l’Union européenne ou différentes ONGS nationales et internationales. 

Cet homme jugé intègre et œuvrant au milieu d’un peuple traumatisé dont il panse les plaies et « répare » les femmes violées, s’avère du reste un acteur crédible de la société civile congolaise qui de surplus bénéficie de l’appui de grands de ce monde. Un facteur important qui le rend capable de recueillir l’adhésion tant nationale qu’internationale tout comme un atout de taille pour pouvoir rassembler des moyens financiers suffisants pour la gestion économique du scrutin électoral. De par son expertise, son expérience de terrain et sa maîtrise de la roublardise des rwandais voisins dont il sait contourner les pièges, Denis Mukwege donne mieux que tout autre congolais, toutes les garanties de réussite de la noble et grande mission de la transition qui pourra lui être impartie en vue de porter le Congo de Lumumba vers un État de droit. 

J’attire cependant l’attention des congolaises et des congolais sur le fait que le docteur Denis Mukwege ne pourra réussir cette mission qu’à quatre conditions préalables. 

Primo, qu’il se rende capable de nettoyer les écuries d’Augias de la Ceni qu’il doit commencer par auditer et rendre apolitique et indépendante. 

Deuxième condition : discuter avant tout du statut de l’ex-président Kabila qui risque de constituer une force négative et un danger permanent pour la démocratie en RDC et, par voie de conséquence, exiger le contrôle total des forces policières et militaires durant la transition pour assurer un climat serein et pacifique au processus électoral. 

Troisième condition : commencer dès maintenant à prendre contact avec la matière grise de la société civile de toutes les provinces de la RDC pour avoir le temps de mûrir sa décision et de s’informer sur l’itinéraire de ses éventuels collaborateurs pour parer à toute surprise désagréable. Cette méthodologie lui permettra de former, le moment venu, un gouvernement de transition fort équilibré, ne comportant aucun acteur politique traînant derrière lui des casseroles ou ayant déjà collaboré avec des ennemis du Congo. Le critère de ce gouvernement de transition .devant être uniquement l’aptitude à travailler uniquement pour l’amour de la patrie. 

Quatrième condition : La manière dont Denis Mukwege aura à gérer le rapport avec les puissants de ce monde qui lui ont décerné des prix  à travers les grandes capitales de l’Occident afin de ne pas se laisser instrumentaliser par eux. C’est d’ailleurs avec raison que Jean-Pierre Mbelu émettait ses réserves à ce sujet et attirait l’attention de Denis Mukwege sur les pièges des ultralibéraux mondialistes qui ont l’art de se servir des états comme proxies (…) ou des individus en qui une frange importante de la population place sa confiance[5]. Ces avertissements valent leur pesant d’or. Le conseil que je peux prodiguer à Denis Mukwege, c’est de savoir et de pouvoir jouer au plus malin pour se rendre capable de défendre l’intérêt supérieur de la Nation envers et contre tout. 

Vu qu’au stade actuel, aucun congolais  ne peut avoir un début de contrôle du destin de ce grand pays (qui a fonctionné comme une colonie internationale depuis 1885) sans des alliances solides parmi les antiques décideurs sur le sort de ce pays, le problème résiderait dans la capacité de celui qui préside aux destinées du Congo de savoir identifier clairement les intérêts vitaux de ce pays à moyen et à long terme et de savoir manœuvrer au milieu des caïmans pour faire avancer le navire Congo. Cette question sera cruciale et pour le président sensé conduire la transition et pour celui qui sera élu dans la suite au suffrage universel. Pour ce faire, les deux acteurs-clé de l’avenir du Congo-Kinshasa auront tout intérêt à s’entourer des services précieux d’un Think Tank aguerri en géopolitique, travaillant en synergie avec les services de renseignement qui lui fourniraient des informations précises en temps réel pour devenir véritablement une officine de stratèges commis à conseiller les mandataires de l’État et à les aider à prendre la bonne direction. 

  1. Les élections non organisées mais assorties d’un glissement sous Kabila 

Il s’agit à ce stade du refus de Kabila pour une passation pacifique du pouvoir et de l’application en territoire congolais, du schéma de Nkurunzinza au Burundi. 

Le constat actuel est que les nombreuses promesses de Kabila en vue d’organiser les élections en RDC ressemblent à un enfumage parce que le concerné refuse catégoriquement de se soumettre à l’article 220 de la Constitution qui lui interdit d’aller au-delà de deux mandats constitutionnels. Ayant essayé par tous les moyens de contourner la loi, Kabila se sent coincé de toute part. Ses grandes réticences à se prononcer là-dessus tout comme son refus de nommer un dauphin pour représenter sa famille politique au prochain scrutin présidentiel conforte les craintes d’ Herman Cohen qui lui a rendu visite à New York (sur invitation de Kabila) et à qui il a fait comprendre, entre les lignes, sa volonté de glissement pour longtemps[6]. 

Dans ce contexte, deux voies  plausibles s’ouvrent. 

Soit Joseph Kabila se décide de diriger la RDC par défi selon le schéma qui a été appliqué au Burundi soit alors, dans une stratégie consistant à couper l’Est de l’Ouest, il se résoudrait à créer une zone-tampon tant pour y créer un petit état indépendant avec l’option de reconquérir la RDC que pour s’en servir comme une base-arrière en vue de relancer le projet cynique de la reconquête du Congo de Lumumba. C’est aussi dans ce contexte qu’il faut comprendre les efforts diplomatiques de Kabila pour s’attirer les faveurs de la France moyennant des grandes concessions à caractère économique[7] et ce, en vue de pouvoir diviser les cinq membres du Conseil de Sécurité de l’ONU vis-à-vis de son futur projet politique. 

L’analyste politique, Christophe Habonimana, nous informe qu’au mois de février 2017, le patron du Service de Renseignement (SNR en sigle) au Burundi a apposé sa signature sur un mémorandum d’entente entre le mouvement rebelle des maï-maï Yakutumba et l’État du Burundi afin de collaborer ensemble en s’accaparant tout l’Est de la RDC quitte à mettre des bâtons dans les roues de tout mouvement rebelle burundais.[8] 

Les Maï-Maï s’en mordront bien les doigts quand ils s’apercevront que l’État burundais joue un double jeu avec Kinshasa. Il y a comme une conspiration entre eux ou l’exécution en cours d’un plan macabre qui permettrait au Président Joseph Kabila de demeurer dans son fauteuil présidentiel. Cette connivence de longue date entre Kabila et Nkurunzinza, entre Bujumbura et Kinshasa pourra donner une tournure inattendue à la crise congolaise dans le prochain avenir. 

Dans cette première hypothèse où Kabila se serait décidé de diriger le Congo par défi, les congolais devront s’attendre à découvrir un Kabila doublement plus cruel que dans le passé. Tous les préparatifs en termes d’achat des armes sophistiquées, des alliances avec des nombreuses milices étrangères déjà en place au Congo, des forces spéciales sans parler de l’installation des bataillons rwandais dans les zones chaudes et réfractaires à son pouvoir, allaient dans le sens de parer à pareille  éventualité. Tous ces gros moyens sont prêts pour perpétrer des massacres en masse pour pouvoir bâillonner les velléités de libération de tout un peuple. Mais cette violence extrême peut devenir pour Kabila un couteau à double tranchant.  Elle peut tourner en sa faveur tout comme en sa défaveur au point où l’opinion internationale s’y mêlait et l’accusait de crimes contre l’humanité. 

Dans la deuxième hypothèse de créer une zone-tampon, des informations persistantes venant des sources fiables donnent à Kabila le projet de délimiter sur le Sud Kivu via la plaine de Ruzizi, Uvira et Fizi, un territoire de plus de 300 kilomètres carrés à l’Est du Congo. Territoire où il compte s’établir comme président, y emportant les 15.000 militaires de sa Garde Républicaine. 

C’est dans cette optique qu’il faille inscrire les récentes gesticulations de la fausse rébellion du Mai Mai Yakutumba. Dans la vidéo diffusée sur la toile à partir de Makobola,  le colonel porte-parole nomme cette rébellion comme le Coalition AA64, à savoir la Coalition de l’Alliance pour l’Article 64 ayant pignon sur rue à Uvira, à Rutsuru, à Masisi et à Beni, cette aire géographique là même où justement se profile la délimitation de cette nouvelle républiquette. 

D’autre part, il faut bien se méfier des déclarations incendiaires de ce colonel contre Kabila dont il promet de renverser le pouvoir. Le Mouvement du 23 mars, en sigle M23, (remarquez des similitudes dans la dénomination) prétendait lui aussi en 2012 « rétablir la vérité des urnes en faveur du candidat Etienne Tshisekedi alors que l’ex-CNDP dont ses combattants étaient issus avait fusionné avec la plate-forme politique de Joseph Kabila et l’avaient fortement soutenu pendant ces mêmes élections contre le même Tshisekedi »[9] qu’ils prétendaient soutenir. 

Les événements militaires d’Uvira font étalage de la stratégie de mensonge et de diversion propre aux rwandais et aux héritiers de l’AFDL en poste à Kinshasa. Tenez ! Le meneur de mouvement AA64, répondant au nom de William Amuri Yakutumba est un un ex-officier des FARDC et, bien curieusement, il n’est personne d’autre que le cousin de Néhémie Mwilanya, l’actuel Directeur de cabinet de  Kabila en  même temps qu’il s’avère être un très proche du président Kabila et de Kalev Mutond. Au dire de plusieurs sources, cet officier supérieur aurait été chargé par la kabilie d’infiltrer les milieux Mai Mai et donc dans ces conditions, l’on n’ a pas besoin d’être intelligent pour comprendre que cet officier agit « en service commandé » à Uvira. 

Cette masse d’informations sur l’identité de cet officier supérieur illustre la complexité dudit dossier dès lors que l’on sait que ce groupe Mai Mai dont se réclame William Yakutumba, possède, tout comme Joseph Kabila, sa base-arrière au Burundi. Bref, et les Mai Mai et Kabila traitent avec un seul et même allié burundais. Trop de convergences parallèles pour ne pas y voir une énième rébellion fabriquée juste pour ruser l’opinion congolaise qui louerait le sens patriotique de ces faux rebelles là où le commanditaire de ce derniers qui tire les ficelles vise simplement à bloquer les élans congolais à leur libération à l’approche du délai butoir du régime de Kinshasa. 

Devant le refus catégorique du peuple congolais de le voir rempiler, d’autres sources concordantes basées à l’Est affirment que « Joseph Kabila tiendrait en réserve des troupes dans la région de Bujumbura, au Burundi, pour attaquer l’est de la RDC et qu’il aurait choisi le pays de Nkurunziza (le Burundi) comme arrière-base de l’invasion à partir de laquelle il envisage lancer  des attaques sur le Sud-Kivu via la plaine de Ruzizi, Uvira et Fizi pour en faire un état indépendant. Ce qui du coup nous fournit un faisceau de lumière sur le déplacement au mois d’août dernier à Bujumbura, de la jeunesse PPRD dans le cadre d’échange stratégique avec la milice du pouvoir Burundais nommée « Imbonerakure »[10] et sur d’éventuels préparatifs en cours avant le jour J. 

  1. Une révolution de palais ou un coup d’état militaire 

La courbe descendante de Joseph Kabila, pourtant resté loyal avec le système de prédation du Tutsi Power qui l’a fabriqué et fait roi, confère de plus en plus au président congolais le statut d’un allié gênant et encombrant à cause du rejet massif dont il est victime soit à l’intérieur de la RDC soit à l’échelle internationale. 

Pour empêcher le peuple congolais de se soulever ou de prendre sa revanche sur celui qui a décimé six millions de ses enfants et pour garantir leur contrôle sur le sol et sous-sol congolais, Yoweri Museveni et Paul Kagame s’arrangeraient pour provoquer une révolution du palais. Ayant leurs affidés au niveau des services de renseignement et au haut sommet de FARDC dont le rwandais Charles Bisengimana se prépare à être nommé chef d’état-major dans les tout prochains jours.[11]  Ils auront donc le pouvoir de téléguider un coup d’état et éventuellement l’assassinat de 

Des très proches du général Mundos ont livré des confidences ultrasensibles selon lesquelles, pour porter à terme le projet de création d’une républiquette de 300 kilomètres carrés, Kabila « s’appuie sur les efforts de certains généraux corrompus des FARDC dont le général Mundos avec les autres tels que Delphin Kahimbi, Olenga, John Numbi, Gabriel Amisi, Rugahi, Bonane et toute la gamme des officiers rwandophones qui patronnent l’armée congolaise et qui doivent collaborer avec le gouvernement rwandais, le principal pilier de la machination et  bénéficier du soutien des Imbonerakure, la milice du pouvoir en place au Burundi.».[12] 

Même si Kabila a pris la précaution de former un bataillon des zimbabwéens pour sa sécurité rapprochée, ces derniers ne pourront pas lui garantir une protection à cent pour cent en face de ces officiers supérieurs qui verraient dans leur transfert vers les plaines de Ruzizi, un énorme désavantage face à la dolce vita vécue jusque là à Kinshasa, bien loin de zones de conflits. Leur refus de prendre de risque pour Kabila contre leur vie personnelle pourrait bien inspirer la bravoure d’un loup solitaire ou encore d’un groupe de hauts officiers pour éliminer physiquement le Rais. Si personne de ces officiers n’aurait le courage de franchir le Rubicon, il faut mettre en exergue la véritable crainte de Museveni et de Kagame vis-à-vis de l’épée de Damoclès de la CPI suspendue sur la tête de Kabila et donc la possibilité que ce dernier une fois arrêté, livre des secrets accablants pour les deux faiseurs de roi à propos des millions de morts congolais dont ils sont tous comptables. Le faire assassiner avant qu’il ne soit arrêté et ne témoigne, resterait pour eux comme la meilleure des options. 

Ne perdons pas de vue le dépôt d’une double plainte à la CPI le 15 août 2017 dernier par deux partis d’opposition rwandaise et par l’APRODEC respectivement contre Sieur Paul Kagame pour les opposants rwandais et contre Sieurs Paul Kagame,  Yuweri Museveni et Joseph Kabila de la part de l’asbl belge. Les deux parties requérantes ont déposé des dossiers bien fouillés pour que la CPI se saisisse d’innombrables plaintes contre Kagame, Museveni et Kabila qui tous trois portent à leur actif plusieurs guerres ayant occasionné de millions de morts, des nombreux déplacements de populations, des viols des femmes, l’enrôlement des enfants sans parler des pillages inouïs des richesses de la RD Congo. 

Dans pareil contexte explosif où Kabila venait déjà d’être approché par la Procureure Fatou Bensouda lors de son dernier séjour à New York pour pouvoir répondre à une convocation de la CPI en novembre prochain, ses anciens alliés peuvent prendre cet acte comme signe avant-coureur d’une future réaction judiciaire en chaîne qui aura des effets dévastateurs sur les protagonistes de ce système d’occupation. Ainsi donc, précipiter un coup d’état en RDC ou organiser carrément un assassinat de Kabila permettraient au Rwanda tout comme à l’Ouganda de faire une fuite en avant en changeant la donne politique pour modifier le cours des événements. Supprimer ce témoin gênant leur permettra au final de garder la haute main sur la nomination du successeur de Kabila. A la lumière de ce qu’ils avaient fait d’Ernest Wamba Wamba à la présidence du RCD ou de Mzee Kabila à la présidence de la RDC, ils pourraient alors mettre en exécution leur vieille méthode de nommer PROVISOIREMENT un sujet d’origine congolaise avant de l’écarter ou carrément de le tuer pour le remplacer par un frère du sérail tutsi. Le résultat ? Ce sera le retour à la case du départ. Le retour à l’occupation congolaise par une clique étrangère avec un nouveau cheval de Troie. Kabila tomberait mais le système de prédation resterait intact. 

  1. L’implosion des masses populaires congolaises frustrées et désespérées 

Un facteur non moins négligeable dans la future dynamique des événements, c’est bien la réaction de plus en plus incontrôlable des masses populaires à qui vivre ou mourir ne comportent plus beaucoup de différence. Ce ras-le-bol des populations devant l’inertie du pouvoir politique peut engendrer des situations imprévisibles dans un proche avenir. Ce sera alors à l’image d’une marmite mise au feu et dont la pression de l’eau bouillante fait sauter le couvercle… 

La crise économique actuelle conjuguée à un horizon réellement bouché de leur avenir peut le plonger dans un tel désespoir qu’arrivée au 31 décembres sans une solution politique claire et plausible, les masses populaires congolaises implosent dans une réaction de masse pour déboulonner les fondations du système d’occupation mis en place par l’AFDL. 

Se sentant trahi par ses mandataires et abandonné par ses leaders politiques de l’opposition qui auraient démontré leur inefficacité manifeste, le peuple congolais se décide alors de se prendre lui-même en charge grâce aux nombreux appels de pied des leaders de la société civile. 

Faut-il encore que ces masses populaires comprennent ce qui distingue le plus mauvais architecte de l’abeille la plus experte. Le premier a construit la cellule dans sa tête avant de la construire dans la ruche. Le résultat auquel le travail aboutit préexiste idéalement dans l’imagination du travailleur. Ces manifestations populaires ne feront pas long feu  si elles ne naissent pas des convictions solides longuement méditées, discutées et conçues pour être enfin imprimées dans la pensée des protagonistes et qu’elles ne poursuivent un idéal  pour la réalisation duquel  chacun est prêt à donner sa vie. 

Ici, de nombreuses expériences ont démontré dans le passé l’infécondité des manifestations populaires dans les rues. Cette implosion populaire pourra arriver à chasser Kabila et son régime à  la seule condition qu’elle soit préparée et encadrée par des stratèges et portée sur la durée pour semer doute et panique dans le camp adverse. Ce qui demande une grande coordination des forces locales et celles de la diaspora, des moyens financiers conséquents pour nourrir les milliers qui feront le front pendant des semaines. 

Le travail titanesque d’éducation civique amorcé depuis des mois par la Cenco via ses nombreuses commissions Justice et Paix diocésaines et paroissiales pour neutraliser la bande de criminels qui a pris en otage le destin du peuple congolais puis la jonction, tout dernièrement à Bruxelles, de ce travail de la Cenco avec Sindika Dokolo et de nombreux activistes de la société civile ayant mis sur pied l’opération « Debout le Congo » pourra être d’un grand prix dans les jours qui viennent à condition de se donner un seul leader qui coifferait toutes leurs initiatives et leur donnera une coordination et une orientation politiques. Ce serait de bon aloi que cette société civile prenne langue avec Denis Mukwege pour coordonner les forces en vue de rendre leur stratégie plus efficace contre le Léviathan. 

En fin de compte, le peuple congolais se libérera totalement quand à l’issue de cette implosion, il se reconstituera en masse critique repensant son histoire, passant, comme le suggère Achille Mbembe, du paradigme de la réfutation à une parole affirmative, le rendant confiant en lui-même[13]. Il pourra enfin commencer à parler de lui-même, de son bien-être et de celui de générations futures de ses enfants et petits-enfants. Tant qu’il se cantonnera dans la logique du contre-discours, il restera toujours dans la sidération d’un discours dominant et dans la fascination de celui qui a occupé ses pensées depuis l’entrée de forces de l’AFDL. Grâce aux effets collatéraux de cette implosion populaire,  l’heure sera  alors venue de se libérer dans son mental en vue de libérer ses énergies intellectuelles et spirituelles pour  se remettre enfin sur le devant de la scène. 

Que faire désormais? 

Conformément à ce que  nous avions annoncé anticipativement il y a deux années via deux études bien fouillées[14], dans le contexte actuel de la région des Grands Lacs, la crise qui secoue le Burundi est un puzzle dont les pièces du conflit sont disséminées dans une stratégie de ruse, qui mêle apparence et réalité pour fixer la force ennemie sur un leurre et pour concentrer ses forces sur son lieu de dispersion. Ainsi donc, derrière la crise burundaise se dessinaient déjà depuis deux ans, de grandes manœuvres politiques qui annonçaient une redistribution des cartes suite aux échéances électorales à venir qui devraient se dérouler au Burundi (2015), au Rwanda (août 2017) et en RD Congo (d’abord prévu en décembre 2016 puis renvoyé plus tard en novembre 2017). Les deux premiers ont déjà franchi le cap. Reste le troisième acteur du club. Que les congolais sachent d’ores et déjà que toute transition concédée à Kabila au-delà de décembre 2017 donnera du temps et des moyens nécessaires pour pérenniser son pouvoir à l’instar de Kagame et de Nkurunzinza. 

Pour tout dire, un simple regard rétrospectif nous enseigne que  le triumvirat Kagame-Nkurunzinza-Kabila avance méthodiquement pour la conservation du pouvoir au-delà des limites constitutionnelles. Ce triumvirat s’adapte aux nouvelles circonstances tant il est vrai que le contexte actuel de la résistance qui a commencé à comprendre son modus opératoire devient plus vigilant et plus alerte. 

La ruse a toujours été la meilleure arme de ces trois hommes politiques. La ruse et la surprise pour être plus complet. Ils s’affairent à ce que l’adversaire ne s’imagine pas quand, où et comment ils vont attaquer. Ils tentent de s’adapter sans hésitation ni distraction de manière flexible au rythme de l’adversaire qui commence à vouloir défendre ses positions. Eux se muent… Ils changent… Chacun de ces trois acteurs acteur joue au caméléon pour prendre les couleurs de son environnement et dissimuler ses intentions profondes. Chacun joue contre la souveraineté de son propre peuple. Au pire, chacun est aussi susceptible de jouer contre les intérêts de ses propres alliés au sein du même club des dictateurs.  Toutefois, si l’adversaire direct de ce club (peuple congolais) ne s’attend pas à leur attaque, alors ils attaqueront. S’il les attend, ils n’attaqueront point. 

Voilà à quoi nous devons veiller les jours qui viennent : ne pas nous laisser distraire dans cette guerre faite de désinformation et de ruse à l’instar des opérations sur terrain qui viennent d’être lancées cette semaine à Uvira mais qui pourront les jours à venir s’étendre jusqu’à Kinshasa[15], le siège des institutions et le symbole de l’imperium du pouvoir en RDC. Le Kivu et l’Ituri étant la poudrière des Grands Lacs et l’axe central de stabilité et de sécurité des états de la région[16], il nous faut voir au-delà des apparences et tracer la véritable trajectoire que suit l’action politique et militaire du triumvirat ci-haut cité pour ne pas nous laisser dicter les règles d’un jeu politique qui nous ôterait l’initiative. De souveraine, notre liberté d’action deviendra piteusement contrainte et imposée du dehors prolongeant ainsi ad vitam notre servitude. 

Voulons-nous, nous peuple congolais, gagner cette guerre ? Voulons-nous vraiment nous débarrasser une fois pour toutes de ce système d’occupation inique et cruel ? Alors prenons en grande considération l’avis d’André Beaufre : « le vainqueur d’un conflit est celui qui sait maitriser l’interaction des volontés des protagonistes, c’est-à-dire son jeu, celui de son adversaire et la confrontation de deux qui s’adaptent au changement de circonstances. C’est à partir de cette dynamique évolutive qu’il conviendrait de concevoir et de conduire toute stratégie… Dans ce face-à-face tactique, l’action de l’un lie celle de l’autre, mais le stratège qui le comprend effectue un premier pas vers la victoire. » 

Le sixième stratagème chinois consistant à faire beaucoup de bruit à l’Est pour attaquer à l’Ouest est en voie d’exécution. Des signes avant-coureurs s’accumulent à l’Est qui nous indiquent la direction des efforts déployés par le triumvirat aux fins d’entraîner notre désintégration politique et de nous faire accepter l’inacceptable, à savoir les nouvelles conditions de gouvernance qu’il veut nous imposer. D’où l’urgence continuelle du monitoring de l’esprit adverse pour pouvoir nous élever au-dessus de ses desseins et nous rendre capables de lui dicter notre initiative à nous et de parvenir enfin à la victoire de l’instauration d’un État de droit. Voulons-nous réellement commencer la nouvelle année 2018 dans la liberté ou dans la servitude ? A chaque congolais de donner sa réponse…

Je m’interroge

1 Oct

Je m’interroge

Les crimes commis sous le régime ignoble du président de la RDC, sans mandat, illégal et illégitime, le nommé Joseph Kabila, sont nombreux. La liste est si longue qu’il est pratiquement impossible de les citer tous. Le Rapport Mapping, publié par les Experts des Nations unies, a inscrit certains pour l’éternité. Néanmoins, il est permis de rappeler rapidement les événements sur les femmes enterrées vivantes, les massacres de Tingi-Tingi, de Kisangani, de Makobola, les corps jetés dans le fleuve à Mbandaka, les différentes guerres dans les deux Kivu, les femmes violées, les compatriotes égorgés comme des animaux sauvages à Butembo, Beni, Bunia, Ituri par les soldats rwandais intégrés dans les FARDC, les massacres des adeptes de Bundu dia Kongo dans le Kongo Central et des adeptes de Mukungubila à Kinshasa, les enfants et les étudiants révoltés lors des manifestations de rue des 19, 20, 21 22, 23 janvier 2015 à Kinshasa, transformés en indigents par les autorités congolaises et entassés dans des fosses communes dans la périphérie de Kinshasa, etc. et dernièrement les massacres dans le grand Kasaï.

A chacun de ses événements tristes et douloureux de notre vie nationale, des vidéos très choquantes et déchirantes ont circulé sur nos réseaux sociaux mais ils n’ont jamais suscité autant d’émotions de la part de laudateurs que la triste scène de cette maman obligée de forniquer avec son fils en public en guise de punition pour avoir dénoncé les Kamwina Nsapu selon la version des laudateurs du régime (je ne peux pas me prononcer sur la véracité de cette version car je ne comprends pas le tshiluba et je ne connais pas les circonstances réelles de cette tragédie ; aucune enquête sociologique n’a accompagné la vidéo sur l’origine de la scène immonde).

Tous les actes ignobles doivent mériter notre indignation collective mais pour quelle raison les laudateurs sont-ils si sélectifs dans leur indignation ? Je m’interroge. Dans la discussion qui épuise l’énergie des pro et des anti du régime actuel par défi, il faut rappeler que cette discussion a été amenée sur la scène publique après l’échec cuisant du discours du président de la RDC, sans mandat, illégal et illégitime, le nommé Joseph Kabila, à l’Assemblée Générale des Nations unies. Dois-je penser que ce débat sur cette maman obligée de forniquer avec son fils en public en guise de punition a été amené sur nos réseaux sociaux pour nous éloigner de cet autre débat utile sur la place et le rôle de notre pays sur la scène internationale, après l’échec cuisant de notre diplomatie à New York ? Je suis tenté de le croire. Sinon, comment expliquer cette coïncidence ?

En répondant au Compatriote Bin Mudia qui m’a violemment et inutilement contrarié, j’ai répondu en disant que devant une crise majeure, l’homme intelligent réfléchit prioritairement à la cause et pas à l’effet car en supprimant la cause on supprime ipso facto l’effet. Ai-je été compris ? Si la réponse est OUI, il devient possible d’aller de l’avant ; dans le cas contraire, nous perdrons encore de l’énergie plutôt utile à réfléchir aux solutions susceptibles de stabiliser notre pays.

Ne soyons pas sélectifs mais cohérents et rationnels. Reconnaissons que l’Etat congolais est totalement en panne et mérite d’être rapidement redressé par ses citoyens engagés dans un sursaut patriotique, avant qu’il ne soit trop tard. Nos querelles nous épuisent et nous éloignent de l’essentiel : la renaissance d’un Etat de droit.

Pour l’amour du Congo.

Bon dimanche et paix chez vous.

Fweley Diangitukwa

www.fweley.wordpress.com

Le 1er octobre 2017.

Oui, c’est la rue qui fabrique la démocratie

30 Sep

Oui, c’est la rue qui fabrique la démocratie

in https://www.legrandsoir.info/oui-c-est-la-rue-qui-fabrique-la-democratie.html

 

Fabrice AUBERT

Il était une fois dans le Pays aux 5 Révolutions (1), un Président monarque, très mal élu (2), et qui sur terre, se faisait appeler Jupiter.

Il voulut imposer des « ordonnances » tueuses de droits, dénonçant les « manifestations de rue », présentées comme non démocratiques.

Faut-il rappeler à la médiacratie que sans les « manifestations de rue », la démocratie n’aurait jamais émergé dans aucun Pays au monde…

Ce sont les révoltes d’esclaves de Spartacus, qui pour la première fois dans l’Histoire, ont posé les jalons de l’Histoire de l’émancipation humaine,

C’est le 16 Décembre 1773, que le « tea party » de Boston refusant la taxation anglaise, déclencha la Révolution américaine, boutant les colonisateurs,

C’est le peuple en arme, qui le 14 Juillet, en s’emparant de la Bastille, engendra la « Grande Révolution », symbole universel de démocratie,

Ce sont les paysans armés de fourches qui attaquant les châteaux en Province, obligèrent les nobles à abolir leurs privilèges dans la nuit du 4 Aout,

C’est la « marche des femmes », le 5 Octobre 1789 qui ramena le Roi à Paris, pour l’obliger de régler le problème de la disette du peuple,

Confronté à la restauration, c’est encore le « peuple des barricades » qui en 1830, permis le retour de la démocratie et de la république,

Le tableau de Delacroix « la liberté guidant le peuple » est l’œuvre indélébile de cette irruption du peuple comme acteur, structurant l’Histoire,

Il fallut une fois encore, que le peuple se remette à l’ouvrage lors de la Révolution de 1848, dont K.Marx, fut le rédacteur précieux et incontournable (3)

C’est aussi en 1871, que le « peuple de Paris » imagina une société sans classe, développant le concept d’égalité, Révolution réprimée dans le sang,

Ce sont les « suffragettes des rues » qui dès 1903, manifestent, troublant l’ordre public pour obtenir le droit de vote, droit enfin reconnu en 1918,

C’est encore et toujours la rue, qui en 1906 (4), imposa au pouvoir, la création d’un ministère du travail débouchant sur le code du travail de 1910,

C’est en bloquant les usines et en manifestant dans les rues, que les premiers congés payés pour les prolétaires furent obtenus, en 1936,

C’est encore le « peuple en armes » qui rentra en Résistance insurrectionnelle, en 1945, sous la bannière éclatante « Les jours heureux ».

Dès les années 50, ce sont les « manifestations des femmes » qui ont obligé le pouvoir à faire adopter une loi légalisant le droit à l’avortement,

Ce sont les manifestations noires des années 60 qui permirent de déboucher sur un début d’égalité des droits aux Etats-Unis, « I have a dream » (5)

En 1968, c’est toujours le peuple en mouvement, qui obligea la bourgeoise à signer les accords de progrès social, dont tout le monde bénéficia,

En 1989, ce sont les « manifestations des peuples » qui, pierre par pierre, détruisent le mur de Berlin, favorisant la réunification de l’Allemagne,

A contrario, c’est quand le « poids de la rue » est insuffisant que reculs sociaux et politiques se matérialisent, car la démocratie est « lutte de classes »

Sur les retraites, l’emploi, les salaires, le code du travail, tant de reculs sociaux favorables à l’oligarchie, portant atteinte à la démocratie du peuple.

Alors, à tous ces bourgeois frileux qui ne voient la démocratie que dans le cadre des lois votées dans un parlement feutré « d’élus des apparences »,

Rappelons l’idée de Montesqieu : « Il n’y a point de plus cruelle tyrannie que celle que l’on exerce à l’ombre des lois et avec les couleurs de la justice »,

Oui, au-delà des apparences trompeuses de la propagande médiatique, c’est bien la rue qui fabrique la démocratie et défends la République,

Le 25 Septembre 2017

Fabrice

militant U.G.I.C.T-C.G.T

Un chef d’Etat par province afin de dépassionner le débat politique (suite)

17 Sep

Cher Compatriote Arthur Kalombo Kabengu,

Débat sur la proportionnalité.

Je vous remercie pour votre message faisant suite au mien sur le sujet en débat.

Je comprends parfaitement que vous soyez difficilement convaincu par mon article car vous n’avez pris en considération qu’un seul élément au lieu de l’ensemble. Notre compatriote Evariste Mpwo a clairement indiqué les points principaux que j’ai soulignés, à savoir qu’il y a des préalables à mettre en place avant de procéder à ma proposer d’ « un chef d’Etat par province afin de dépassionner le débat politique et de lutter contre le tribalisme et l’ethnicisme ». Parmi ces préalables, il y a la proportionnalité, la réduction de la durée du mandat présidentiel, le transfert des compétences vers les provinces, etc. Si ces éléments ne sont pas pris en compte, la compréhension de mon texte restera hélas tronquée. En plus, cette proposition n’est qu’un extrait isolé d’une série de propositions contenues dans mon livre intitulé : Les fraudes électorales. Comment on recolonise la RDC, Paris, L’Harmattan, 2007.

La proportionnalité est la relation dans laquelle se trouvent des quantités proportionnelles entre elles. En d’autres termes, elle est le fait de répartir (quelque chose) selon une juste proportion ou encore la capacité voire la nécessité d’intégrer des éléments dans un groupe ou dans un Gouvernement selon une juste proportion. On peut dire par exemple que le nombre de ministres ou de soldats ou d’agents dans les services de sécurité ou de renseignement doit être proportionnel à la population de chaque province. Ce nombre peut être fixé en pourcentage. On agirait de la même façon au niveau de chaque province face à la représentativité des grandes composantes tribales. Une telle contrainte évite tout sentiment de tribalisme, de népotisme et de favoritisme. C’est bien ce qu’on appelle trivialement « équilibre régional ». Les Suisses pratiquent la proportionnalité avec bonheur.

Lorsque l’autre est en nous ou lorsque l’autre devient une partie de nous et que nous nous sentons obligés de composer avec lui, nous ne pouvons plus le rejeter sans être sanctionné (lorsque la proportionnalité est imposée par la loi). Au contraire, nous apprenons à vivre en harmonie avec lui.

Je pense que les Etats-Unis ne sont pas le bon choix pour comparer le contexte de notre pays pour trois raisons principales : l’origine de la création de ce pays, la Constitution de ce pays et l’unilinguisme des Etats-Unis. Pour avoir étudié la Constitution des Etats-Unis et la Constitution suisse mais aussi pour avoir vécu pendant une courte période dans votre pays, je peux dire que la Suisse est le meilleur exemple à suivre pour établir la comparaison avec la RDC. Les Suisses parlent quatre langues nationales comme les Congolais en RDC. Il y a en Suisse des groupes ethniques d’origine comme en RDC alors que les Etats ne pratiquent qu’une langue et ses habitants sont venus d’ailleurs (à part les Indiens qui ont été massacrés par les premiers colons). Aux Etats-Unis, c’est la possession de la fortune et l’appartenance à l’un de deux grands partis qui déterminent le choix du Président alors qu’en Suisse c’est l’origine ethnique et linguistique qui définit l’alternance au pouvoir en tant président de la Confédération. Vous pouvez voyager à travers les Etats-Unis en parlant une seule langue (l’anglais) et être compris partout, ce qui n’est pas le cas en Suisse et en RDC où il faut connaître et parler plus d’une langue. Si les pères fondateurs des Etats-Unis ont « joué » sur la méritocratie, il faut vite préciser que cette méritocratie est à coupler avec la fortune du candidat à l’élection présidentielle ainsi que l’origine blanche et britannique du candidat (vrai jusqu’à l’élection d’Obama) alors qu’en Suisse, c’est l’appartenance linguistique et partisane qui est prioritaire. Je peux multiplier les exemples pour prouver que les Etats-Unis ne sont pas le bon exemple qui peut nous servir de source d’inspiration pour le Congo.

J’admets que Mobutu a tué la formation universitaire avec son système de quota qui n’a fait qu’accentuer le tribalisme et la corruption. Mobutu n’a pas promis le déluge, il l’avait volontairement préparé. Lorsqu’il disait : « Après moi le déluge », il ne faisait que confirmer la conséquence de sa mauvais politique.

Moïse Tshombe n’est pas le bon exemple car une fois au pouvoir, il s’est partagé les postes clés du Gouvernement avec Munongo. On a accusé Kasa-Vubu d’être tribaliste alors qu’il a sauvé l’unité du Congo. En revanche, Moïse Tshombe était celui que les Belges avaient utilisé pour créer la sécession du Katanga et il avait mordu par égoïsme et régionalisme.

Je partage ce que vous dites sur l’inutilité du dialogue dans le contexte actuel. Vous vous souvenez que je m’étais catégoriquement opposé à l’idée de dialoguer avec le régime actuel et j’ai soutenu la raison pour laquelle on ne doit pas dialoguer pas avec un tyran. J’ai été très mal compris au point où quelques compatriotes rappelaient dans les échanges que Fweley était contre le dialogue et qu’il ne fallait pas l’associer à la réflexion à tenir. Le dialogue a eu lieu après plusieurs rencontres dans des pays étrangers. Qu’avons-nous obtenu ? Ai-je eu raison ou pas ?

Dans mon livre intitulé « Pouvoir et clientélisme au Congo-Zaïre-RDC », éditions L’Harmattan 2001, je me suis attardé sur les différents dialogues et conclaves qui ont jalonné l’histoire de notre pays jusqu’à la conférence nationale non souveraine. Nous connaissons les résultats. C’est sur la base de cette longue expérience que je me suis opposé aux concertations nationales en disant au Compatriote Omer Songo die Lema, avant leur convocation, qu’ : « avant les concertations nationales = après concertations ». Comme il ne m’a pas cru, il s’est lancé dans des explications. Mais il s’est vite tu lorsqu’il a vu les résultats. Depuis, il n’est plus revenu sur ce sujet et ne cite plus mon nom dans ses articles. Les résolutions prises à l’issue des concertations nationales n’ont jamais connu un début d’application. L’argent du pays a été jeté par les fenêtres. Pareil pour les deux dialogues qui ont suivi. Nous n’arrivons pas à nous en sortir à cause tout simplement d’une question de rapports de force. Notre opposition est trop divisée et chacun de nous a tendance à soutenir son leader de tribu (ou de région) au lieu de soutenir l’un des Congolais parmi les plus compétents qui, en plus, sait anticiper.

A mon avis, le tribalisme cessera non pas avec « l’avènement d’un pouvoir fort » comme vous le dites, mais avec le recours à la proportionnalité. C’est un concept que nous devons comprendre et intégrer dans la Constitution et dans notre manière d’agir, car il a fait ses preuves dans les pays qui le pratiquent, comme la Suisse.

Pour lutter contre le tribalisme, nous devons agir au niveau culturel (permettre aux enfants de chaque groupe ethnique d’apprendre la langue des autres groupes ethniques dès l’école primaire comme les Suisses le font), il faut en plus favoriser les échanges (les élèves d’une province vont étudier pendant une année ou deux dans une autre province pour améliorer leurs acquis linguistiques de la langue parlé dans ladite province). La question est complexe mais les solutions existent et j’y réfléchis régulièrement à titre personnel. Nos quatre langues nationales (swahili, tshiluba, kikôngo et lingala) sont un atout, malheureusement, nous en faisons un frein. Je suis convaincu que nous finirons par trouver une voie commune à forcer de commettre des fautes, car, on apprend aussi par essais et erreurs. Le régime de Kabila a organisé des fraudes électorales en 2006 et en 2011. Maintenant le peuple congolais refuse catégoriquement de se laisser avoir. « Chat échaudé craint l’eau froide », dit-on. Il est question d’avoir des femmes et des hommes avertis au pouvoir : eux qui ont longuement réfléchi et qui ont en plus pensé à des solutions avant d’arriver au pouvoir.

Il y a au Congo, des compatriotes qui n’ont jamais soutenu un leader qui n’est pas un membre de leur communauté tribale ou régionale. Quelles que soient les compétences que possèdent un tel leader, un tribaliste le rejette automatiquement pour privilégier le sien. Vouloir voir à tout prix le sien parvenir à la tête de l’Etat, même lorsque cet individu ne remplit pas toutes les conditions est ce qui tue notre pays. Comment pouvons-nous construire l’unité nationale avec un tel comportement ? Les méfaits du vote tribal sont incommensurables.

J’ai toujours été du même avis que vous en matière de constituer l’union pour l’opposition. J’ai même fait une longue proposition sur cette question bien avant la rencontre de Genval. « L’Union fait la force », selon la devise des Belges. Le chacun pour soi risque de tuer le Congo qui est l’unique puissance de l’Afrique au sud du Sahara. Malheureusement, nous Congolais ne l’avons pas encore compris.

C’est par la loi et la proportionnalité que nous parviendrons à vaincre progressivement le tribalisme tout en gardant la tribu.

Cher Compatriote Arthur Kalombo, il n’est pas nécessaire de mettre des gants lorsqu’on débat sur une question aussi délicate que l’avenir d’une nation. Je vous remercie pour les propos que vous avez tenus car ils nous aident à aller de l’avant. C’est en tenant des débats sans état d’âme et sans injure que nous éviterons de tourner en rond. La construction du Congo et le maintien de son unité est notre responsabilité commune.

Avec mes meilleures pensées. Aimons le Congo comme nous aimons notre être.

Fweley Diangitukwa

www.fweley.wordpress.com

le 17 septembre 2017

Lire sur le tribalisme :

  • Jean-Loup Amselle, Elikia M’Bokolo (sous la direction de), Au cœur de l’ethnie. Ethnies, tribalisme et État en Afrique, Paris, La Découverte, 1985.
  • Mabika Kalanda, La remise en question. Base de la décolonisation mentale, Bruxelles, éditions Remarques Africaines, 1967.
  • Jean-Pierre Chrétien et Gérard Prunier, Les ethnies ont une histoire. Paris, Ed. Karthala, 2003.

 

Message de M. Arthur Kalombo Kabengu

Cher Professeur Diangitukwa,

Je suis difficilement convaincu par votre article sur le partage de la poire en deux pour depassionner le debat politique en proposant l’echelonnement des chefs de l’Etat par province. La raison pour laquelle je m’oppose a cette idee est qu’elle n’est ni plus ni moins la CONSTITUTIONALISATION DU TRIBALISME qu’on veut combattre. Le tribalisme est fonde sur les origines tribales et depuis, l’independance, toutes les peripeties politiques au Congo en sont entachees.

Je vais passer par des exemples aux Etats-Unis ou je vis, pays qui existe depuis deja plus de deux siecles. L’Amerique a 50 Etats que nous pouvons interpreter comme provinces chez nous et n’a pas encore totalise 50 presidents. On sait que certains.  Etats ont deja eu plus de trois Presidents. Au Texas ou je vis, je connais trois presidents: Lindon B.Johnson, George H. Bush et George W.Bush. Ces deux derniers sont pere et fils et originaires non pas du Texas mais du Maine dans le nord du pays vers la frontiere avec le Canada!

Rienque cet exemple peut expliquer la vision des peres fondateurs de ce pays qui ont joue sur la meritocratie.

Revenons au Congo notre pays. Si le tribalisme peut etre resolu au niveau des Chefs d’Etat a tour de role par province, nous pouvons pousser la logique plus loin que la province en question epuise ses tribus en ayant chacune un Chef de l’Etat avant de passer a l’autre province. Voyez-vous le topo?

Il est vrai que le tribalisme existe et qu’il nous derrange serieusement. Comment s’en defaire?Retablir l’ESPRIT DE COMPTETITION que Mobutu avait detruit par son tribalisme institutionalize par la Politique des Quotas Regionaux avec comme argument aussi enfantin qu’il fallait favoriser ceux qui n’avaient pas reussi depuis l’epoque coloniale a se rattraper tandis que les autres devraient s’arreter. Au fait, dans la tete de Mobutu, on pouvait arreter le progress. Et pardi, il l’a arrete, raison pour laquelle le Congo est dans cette petaudiere politique. Et pourtant, la Premiere Republique s’etait lance, malgre les difficulties de depart, a preserver les acquis de la colonisation. Je laisse a ceux qui pensent que la colonisation n’a ete que le deluge, se conforter dans leurs analyses. Mais je pense que Mobutu, en promettant le deluge aux Zairois, sa memoire ne semble pas avoir ete trahie.

Laissons le tribalisme a cote et etablissons les normes. A quoi bon s’epoumonner a ecrire des constitutions qu’on ne respecte pas? A quoi bon multiplier des dialogues a n’en pas finir. Vous etes un grand auteur, donc une personne particulierement documentee. Faites un peu le decompte des dialogues, conclaves, consultations, conferences sur le Congo depuis l’independance, vous serez etonne de voir le nombre incalculable de ces rencontres. Tous les points de discorde ont en filigranne, comme point de depart, la coloration tribale. On peut analyser par province et trouver qu’a l’interieur meme d’une province , les violons ne s’accordent pas entre differents clans voire familles. Souvenez-vous, a titre d’example, que Lumumba avait impose, au gouvernement, Thomas Kanza a Kasavubu qui n’en voulait pas du tout a cause de son inimitie pour le Mbuta Kanza.

Le probleme de tribalisme cessera avec l’avenement d’un pouvoir fort pour decourager toute velleite de retour a l’ordre ancien des faveurs au detriment de la meritocratie. Que vous soyez Muyombe, Muyaka, Mungando ou Muluba, si votre concept de la Nation peut convaincre tout le monde comme Tchombe l’avait reussi en 1964 a la tete de la CONACO, il n’y a pas de raison qu’onvous empeche de prendre la tete du pays. N’eut ete le faux coup d’Etat de Mobutu, les elections de 1965 auraient ete remportees haut la main par Tchiombe sur toute l’etendue du Congo. Et ce, malgre la Constitution de Luluabourg preconisee par les Nations Unies, justement pour favoriser le tribalisme dont on etait  sur de porter les germes de la paix entre tribus!

Donc, le tribalisme devra etre detruit au niveau culturel par l’education et de la nouvelle generation

et des masses.

Et ce travail peut etre fait par des technocrates qui ne soient pas tentes par la representation regionale mais par la meritocratie.

Aujourd’hui, nous avons des inombrables groupes aux pensees politiques diverses, autant des partis politiques et des societies politiques sans compter de ceux qui se cramponnent au pouvoir. Pensez-vous honnetement , que sans l’esprit du veritable rassemblement des peuples du Congo comme je l’ai ecrit a plusieures reprises, on arrive a faire le meme chemin? Pas du tout. Force est de reconnaitre que ce sera du Chacun pour soi et Dieu pour tous.

Que ceux qui ont la chance de se trouver des atomes crochus pour se mettre ensemble, foncent s’ils sont convaincus de la droiture de leur pensee. C’est peut-etre, lorsqu’au bout du rouleau, ils s’apperceverront qu’ils s’etaient trompes en ne se mettant avec les autres pour creer une force qui provient de l’union, ils feront la marche arriere. Aussi faut-il qu’ils se fassent accepter dans le cercle solide qui se serait forme.

Respectons les normes, ayons des personnes qui voient le pays et non leurs tribus et qui soient a la tete de la Justice. Le tribalisme tombera de lui-meme comme un fruit mur.

Les Etats-Unis est un pays ou vivent toutes les tribus du monde entier. Il n’y a jamais des troubles a causes de cela. Parce  la loi est d’application pour tous. Lorsqu’il y a des manifestations, meme raciales, vous trouvez des Blancs, des Noirs et des Jaunes, des Hindous, Pakistanais comme dans ce qui se passe a St Louis, Missouri parce qu’un policier qui avait tue un Noir a ete acquitte!

Le tribalisme est pour les gens qui ne se sentent pas capables d’AFFRONTER LA COMPETITION parce que paresseux par essence ne voulant que vivre par la loi du moindre effort. Le tribalisme permet de detecter les faibles d’esprit.

Professeur Diangitukwa, je regrette que je ne sois pas vetu de gants comme vous pour exprimer mes opinions. Je suis arrive a m’enerver de fois comment nous tournons en rond.

Paix chex vous

Kalombo Kabengu

2017-09-16 17:49 GMT-05:00 afriquenouvelle@bluewin.ch <afriquenouvelle@bluewin.ch>:

Dans mon livre intitulé Fweley Diangitukwa, « Les fraudes électorales. Comment on recolonise la RDC » paru en 2007 aux éditions L’Harmattan à Paris, j’ai proposé, aux pages 180 et 181, une présidence par province et à tour de rôle pour dépassionner le débat politique.

Voici précisément ce que j’ai écrit :

« Avec un peu de clairvoyance, il est possible de dépassionner le débat politique, en proposant des solutions démocratiques révolutionnaires mais idéales. On peut par exemple échelonner le choix du chef de l’Etat par province (successivement), en commençant par les provinces qui n’ont jamais eu de chef de l’Etat. En réduisant le mandat présidentiel à trois ans voire à deux ans, toutes les provinces pourront avoir la certitude de gouverner la République en l’espace de 48 ans sinon 36 ans. Cette durée est raisonnable et elle correspond à l’âge moyen du Congolais. D’aucuns trouveront cette durée trop longue, mais c’est oublier d’avance qu’une seule province a déjà gouverné le pays pendant plus de 30 ans (1965-1997). [Je dois rappeler que le président actuel, sans mandat, sans légalité et sans légitimité a dirigé la République de 2001 à 2016] Le chef de l’Etat qui dirigera la République sur la base d’un programme prédéfini par la Chambre haute et par la Chambre basse (Sénat et Assemblée nationale) s’appuiera sur un gouvernement et une armée composée de représentants (proportionnalité) de toutes les provinces. Si une telle volonté politique est clairement inscrite dans nos institutions, en l’occurrence dans la Constitutions, le débat politique deviendra moins passionnel et chaque province aura l’espoir de gouverner le pays. Mais il faut dire qu’une telle modification doit s’accompagner d’un transfert important des compétences vers le gouvernement provincial et local, afin que les attentes prioritaires des citoyens trouvent rapidement des réponses. Il faut par ailleurs réduire les prérogatives du chef de l’Etat comme les Suisses l’avaient institutionnellement fait. En Suisse, le président de la Confédération ne dirige le pays que pendant une année. En RD Congo, la réduction du mandat présidentiel évitera des abus en cas d’élection d’un chef d’Etat notoirement incompétent ».

Ces idées proposées il y a dix ans sont toujours d’actualité. C’est le mérite de savoir anticiper lorsqu’on réfléchit sur l’avenir de notre pays. Le tribalisme est un fléau et le recours à la loi est la meilleure façon de le combattre.

Le président Mobutu était un tribaliste notoire et Kabila l’est aussi. Dans tous les gouvernements mis en place par ce dernier, certaines provinces (et souvent les mêmes) sont surreprésentées au détriment d’autres. Le recours à la proportionnalité est la seule solution pour sortir la République du tribalisme et de l’ethnicisme.

Vous l’avez compris, je suis un défenseur de l’Etat unitaire au niveau national et d’un Etat fédéral au niveau continental. Ceux qui le souhaitent peuvent se référer à mes publications sur ces questions et plus précisément aux livres ci-dessous :

Sur l’Etat unitaire :

Fweley Diangitukwa, Les fraudes électorales. Comment on recolonise la RDC, Paris, éditions L’Harmattan, 2007.

Sur le fédéralisme africain :

Fweley Diangitukwa, L’Afrique doit renaître, éditions Monde Nouveau/Afrique Nouvelle, 2016.

Sur le développement de notre continent :

Fweley Diangitukwa, Quand les Africains se réveilleront, le monde changera, éditions Monde Nouveau/Afrique Nouvelle, 2016.

Pour commander :

Fweley Diangitukwa

1, Avenue Rolliez

CH-1800 Vevey

SUISSE

E-mail :

afriquenouvelle@bluewin.ch

ou

editions.mondenouveau@gmail.com

Notre site Internet :

https://www.editions-mondenouveau.com/nous-contacter

Notre blog :

www.fweley.wordpress.com

Il est possible de dépassionner le débat politique

16 Sep

Dans mon livre intitulé Fweley Diangitukwa, « Les fraudes électorales. Comment on recolonise la RDC » paru en 2007 aux éditions L’Harmattan à Paris, j’ai proposé, aux pages 180 et 181, une présidence par province et à tour de rôle pour dépassionner le débat politique.

Voici précisément ce que j’ai écrit :

« Avec un peu de clairvoyance, il est possible de dépassionner le débat politique, en proposant des solutions démocratiques révolutionnaires mais idéales. On peut par exemple échelonner le choix du chef de l’Etat par province (successivement), en commençant par les provinces qui n’ont jamais eu de chef de l’Etat. En réduisant le mandat présidentiel à trois ans voire à deux ans, toutes les provinces pourront avoir la certitude de gouverner la République en l’espace de 48 ans sinon 36 ans. Cette durée est raisonnable et elle correspond à l’âge moyen du Congolais. D’aucuns trouveront cette durée trop longue, mais c’est oublier d’avance qu’une seule province a déjà gouverné le pays pendant plus de 30 ans (1965-1997). [Je dois rappeler que le président actuel, sans mandat, sans légalité et sans légitimité a dirigé la République de 2001 à 2016] Le chef de l’Etat qui dirigera la République sur la base d’un programme prédéfini par la Chambre haute et par la Chambre basse (Sénat et Assemblée nationale) s’appuiera sur un gouvernement et une armée composée de représentants (proportionnalité) de toutes les provinces. Si une telle volonté politique est clairement inscrite dans nos institutions, en l’occurrence dans la Constitutions, le débat politique deviendra moins passionnel et chaque province aura l’espoir de gouverner le pays. Mais il faut dire qu’une telle modification doit s’accompagner d’un transfert important des compétences vers le gouvernement provincial et local, afin que les attentes prioritaires des citoyens trouvent rapidement des réponses. Il faut par ailleurs réduire les prérogatives du chef de l’Etat comme les Suisses l’avaient institutionnellement fait. En Suisse, le président de la Confédération ne dirige le pays que pendant une année. En RD Congo, la réduction du mandat présidentiel évitera des abus en cas d’élection d’un chef d’Etat notoirement incompétent ».

Ces idées proposées il y a dix ans sont toujours d’actualité. C’est le mérite de savoir anticiper lorsqu’on réfléchit sur l’avenir de notre pays. Le tribalisme est un fléau et le recours à la loi est la meilleure façon de le combattre.

Le président Mobutu était un tribaliste notoire et Kabila l’est aussi. Dans tous les gouvernements mis en place par ce dernier, certaines provinces (et souvent les mêmes) sont surreprésentées au détriment d’autres. Le recours à la proportionnalité est la seule solution pour sortir la République du tribalisme et de l’ethnicisme.

Vous l’avez compris, je suis un défenseur de l’Etat unitaire au niveau national et d’un Etat fédéral au niveau continental. Ceux qui le souhaitent peuvent se référer à mes publications sur ces questions et plus précisément aux livres ci-dessous :

Sur l’Etat unitaire :

Fweley Diangitukwa, Les fraudes électorales. Comment on recolonise la RDC, Paris, éditions L’Harmattan, 2007.

Sur le fédéralisme africain :

Fweley Diangitukwa, L’Afrique doit renaître, éditions Monde Nouveau/Afrique Nouvelle, 2016.

Sur le développement de notre continent :

Fweley Diangitukwa, Quand les Africains se réveilleront, le monde changera, éditions Monde Nouveau/Afrique Nouvelle, 2016.

Pour commander :

Fweley Diangitukwa

1, Avenue Rolliez

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