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Nouvelle publication : « COMMENT METTRE FIN À UNE DICTATURE SOLIDEMENT INSTALLÉE »

16 Fév

Vient de paraître aux éditions L’Harmattan

« COMMENT METTRE FIN À UNE DICTATURE SOLIDEMENT INSTALLÉE »

Auteur : Fweley Diangitukwa

Prix : 14 euros

4ème page de couverture :

Ce livre est une réflexion sur la tyrannie. Il s’adresse à tous les citoyens du monde qui cherchent à se débarrasser d’une dictature solidement installée mais qui ne trouvent pas la voie à suivre ou la solution idéale. Il contient plusieurs recettes et certaines d’entre elles ont bien fonctionné dans certains pays. Le contexte étant différent d’un continent à l’autre, d’un pays à l’autre et d’une dictature à l’autre, il est nécessaire de bien choisir la recette sinon les recettes la/les plus adaptée(s) au contexte national. Mais dans toutes les circonstances, trois forces doivent absolument se mettre en mouvement et se rencontrer pour qu’il y ait un véritable changement de système : le nombre de participants qui crée une grande union, l’intelligence qu’on appelle stratégie et la détermination qui permet d’aller jusqu’au bout de la vision commune.

L’auteur nous fait entrer dans les coulisses des recettes qui font tomber les dictatures et qui permettent aux pays fraîchement sortis de la tyrannie de se stabiliser et de se développer.

Ce livre mérite d’être lu par tous les Africains cultivés.

Fweley Diangitukwa est professeur de Science Politique et de Sciences de Gestion. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages et de plusieurs articles publiés dans des revues scientifiques, entre autres : La thèse du complot contre l’Afrique. Pourquoi l’Afrique ne se développe pas ; Le règne du mensonge politique en RD Congo. Qui a tué Kabila ? ; L’Afrique doit renaître ; Quand les Africains se réveilleront, le monde changera ; Comment devenir un leader charismatique ; Le rôle du leader dans l’organisation ; La lointaine origine de la gouvernance en Afrique.

Pour vos commandes :

éditions L’Harmattan

7, rue de l’école Polytechnique

75005 Paris

Tél. : 0033 1 40 46 79 10

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Critique de deux analyses sur les attentats terroristes en France

20 Jan

Critique de deux analyses sur les attentats terroristes en France

Outrés par le nombre grandissant d’attentats dans l’Hexagone, Claude Robert[1] et Caleb Irri[2] ont réfléchi sur les causes desdits attentats et sur les profils des auteurs. De leurs analyses, il ressort que l’islam est l’une des causes du terrorisme. Nulle part ils mettent en cause le comportement de l’État français dans ses rapports avec les pays d’origine des terroristes ou encore la politique française sur l’immigration.

Claude Robert écrit :

« Quand bien même l’exercice s’avère un peu sordide, l’analyse du profil des terroristes peut nous apprendre beaucoup sur l’origine de leurs actes (pour peu que celui-ci soit homogène). Surtout, cette façon de procéder apparaît fondamentalement pragmatique : il s’agit de considérer des faits générateurs, tels qu’ils sont concrètement vérifiables, et non pas de tenter une mise en perspective d’ensemble, a posteriori. Car le profil des terroristes est un fait avéré, tangible, indiscutable. Il devrait être un préalable à toute tentative d’interprétation des actes perpétrés sur le sol français[3]. »

Pour démontrer la solidité de son hypothèse, il a dressé un tableau dans lequel il relate de façon synoptique les profils de douze terroristes dont la participation directe a été démontrée[4].

Son premier argument s’appuie sur l’origine familiale des terroristes :

« Ces terroristes sont tout aussi proches en matière d’origine familiale ou sociologique qu’ethnique. À l’inverse, quasiment aucun d’entre eux n’était un musulman pratiquant. Tous s’étaient convertis de façon aussi récente que radicale, dans des conditions très particulières […] il ne faut pas oublier l’importance de l’Islam dans la trajectoire de ces terroristes : tous ont rencontré des extrémistes religieux, en prison le plus souvent. Ceux-ci leur ont servi des discours en forme de justification à leur passage à l’acte. L’endoctrinement religieux, le culte de la violence et de l’anéantissement des populations impies, tout cela semble facilité par une lecture radicale du Coran. Ce sont tous des hommes jeunes, entre 20 et 31 ans. Ils sont presque tous issus d’importantes fratries. Et ils ont presque tous été élevés dans une relative absence d’autorité paternelle si ce n’est parentale. Ce sont donc des enfants dont l’éducation s’est avérée partiellement défaillante en ce qui concerne ce processus si important que constitue l’édification du Sur-Moi du futur adulte apte à la vie en société. De même que tous proviennent de familles d’Afrique du Nord, tous étant du Maghreb sauf un, issu d’une famille malienne. L’unicité géographique reste donc particulièrement frappante : Tunisie, Algérie, Mali et Maroc sont des pays voisins. La coïncidence ethnique ne tient d’ailleurs pas du hasard : ces quatre pays proviennent d’anciennes colonies ou protectorats français. Aucun Égyptien, Iranien, Indonésien (ou même Vietnamien, Espagnol, Italien ou Portugais) n’a encore frappé chez nous. Il subsiste probablement un ressentiment vis-à-vis de l’ex-colonisateur français, une sorte d’ambivalence amour/haine qui ne peut qu’aider au passage à l’acte lorsqu’un certain nombre de conditions sont réunies par ailleurs »[5].

Son second argument s’appuie sur « la composante immigration [qui] est déterminante dans le terrorisme mais pas là où on pense »[6]. Il écrit :

« Elle est certes déterminante puisqu’aucun de ces terroristes n’était d’une famille française de longue date. Tous, sauf un, étaient issus de la seconde génération de l’immigration (le dernier terroriste était tunisien), cette génération qui, selon les sociologues, peine encore plus que la première à s’intégrer. Aux difficultés rencontrées par les parents, qu’elle a subies pendant toute son enfance, s’ajoutent les siennes propres à l’école puis à l’entrée dans la vie active. Les parents ont choisi l’immigration, ils ont consacré leur énergie à survivre au changement de contexte culturel et ethnique. Mais les enfants ne sont pas mieux lotis pour autant, comme s’ils reprenaient le processus au stade auquel les parents l’on trouvé lorsqu’ils sont arrivés sur le sol français.

» Néanmoins, cette difficulté relative à l’immigration n’est pas celle que l’on croit : pratiquement tous ces terroristes avaient un métier, une formation (certes limitée, sauf pour le dernier d’entre eux) et de quoi vivre ne serait-ce que décemment. Les difficultés de l’intégration sont donc ailleurs, du côté de la possibilité de faire jeu égal avec la population du pays d’accueil, sur fond d’un possible sentiment de rejet ou de désamour de part et d’autre (aspects physiques, accent, activités culturelles, valeurs)…

» Il s’agit certes d’un échec sur le plan de l’intégration, mais celui-ci ne concerne pas directement l’aspect financier. Cet échec se cristallise sur un autre plan, bien plus subtil et prépondérant : celui d’une véritable assimilation. En France, la sélection scolaire puis professionnelle fait apparaître en effet des inégalités criantes entre origines ethniques. Tous les immigrés ne sont pas frappés de la même manière. Les statistiques sont formelles : parmi les différentes ethnies de l’immigration, ce sont les populations en provenance des pays musulmans, maghrébins ou africains (selon les études) qui affichent les taux de réussite scolaire et professionnel les moins bons. Les écarts sont considérables, en ce qui concerne les garçons… »[7].

À partir de ces deux arguments, l’auteur conclut que « le passage à l’acte de ces terroristes semble multi-causal. Il prend son origine dans la combinaison de plusieurs variables. Ces variables sont quasiment identiques d’un terroriste à l’autre au sein de cette liste certes courte, mais exhaustive. Ce qui prouve combien c’est la combinaison de ces variables qui semble détonante, et non quelques-unes d’entre elles prises séparément »[8].

À la fin de son analyse, l’auteur présente un schéma qui résume de façon visuelle la conjonction des différentes causalités très probablement à l’origine du passage à l’acte des terroristes.

Pour deux raisons, les analyses de Claude Robert ne résistent pas au test de la falsification poppérienne.

Primo, il est difficile de soutenir que l’origine familiale musulmane et l’échec sur le plan de l’intégration seraient la cause qui a poussés les terroristes à passer à l’acte. Cet argument est très réducteur car cela reviendrait à faire croire que tous les jeunes immigrés musulmans originaires d’Afrique du Nord (Maghreb) et du Mali, âgés de 20 à 31 ans, convertis de façon aussi récente que radicale, vivant dans des conditions très particulières et ayant échoué sur le plan de l’intégration, plus précisément sur celui d’une véritable assimilation, se conduiraient de la même façon, en France et ailleurs. Or, cela n’est pas le cas. En s’appuyant sur ses analyses, comment justifierait-il les attentats en Belgique, en Espagne, en Grande-Bretagne, en Allemagne et ailleurs ? Le ferait-il en recourant à des justifications ad hoc ?

Secundo, le terrorisme est une longue tradition en France, il ne date pas d’aujourd’hui. Il y a eu de nombreux attentats dans l’histoire de France sans implication des jeunes musulmans originaires d’Afrique du Nord et du Mali. Lorsque les Français s’organisaient pour tuer leur Roi et des hommes politiques de premier rang, voire des patrons d’entreprises, il n’y avait pas de musulmans dans l’Hexagone ; lorsque les Brigades rouges, la Bande à Baader-Meinhof – appellation courante de la Fraction Armée rouge allemande –, l’ITA, l’ETA, etc. se distinguaient dans des actions anarchistes en Europe, il n’y avait pas d’al-Qaida. Les Corses qui posaient des bombes n’étaient pas des musulmans mais avaient des revendications identitaires. Pendant les années de plomb (1970-1980), l’État ismalique n’existait pas alors que les attentats à la bombe étaient nombreux en Allemagne, en Italie et en France.

Il est impossible de s’inspirer du modèle d’analyse présenté par les deux auteurs pour l’appliquer dans un cas similaire. Pour quelle raison les jeunes, vivant dans les différents pays européens, qui ont des profils semblables à ceux de France décrits par les deux auteurs ne s’adonnent-ils pas à des attentats terroristes ? L’impossibilité de répondre à cette question basique nous oblige à rejeter carrément leurs analyses, non pas qu’elles sont fausses mais plutôt parce qu’elles sont faibles et incomplètes, car ils ont omis de mettre en exergue le rôle négatif de la politique française dans les pays d’origine des terroristes et dans les pays musulmans où la France intervient militairement, comme les auteurs des attentats l’ont eux-mêmes souligné, notamment Amédy Coulibaly dans son testament (voir supra). Les auteurs des attentats ont eu le sentiment que la France manifeste une haine contre l’islam (islamophobie). Leur perception était-elle fondée ? Il s’agit-là d’un débat que nous n’ouvrons pas ici.

La politique française, sinon occidentale, dans les pays tiers (en Afrique, au Proche et Moyen-Orient) est ce qui explique – sans les justifier – les attentats en France et dans d’autres pays occidentaux. Le pilonnage des positions de Daesh ne suffira pas si la France ne renonce pas d’un côté à sa politique colonialiste en Afrique (soutien aux dictateurs et vente des armes démodées avec lesquelles les régimes tyranniques tabassent, emprisonnent, musellent et tuent ceux qui s’opposent) et si, de l’autre côté, elle ne renonce pas à son soutien à la politique américano-britannique au Proche et Moyen-Orient.

C’est donc dans le temps long de l’histoire du terrorisme dans l’Hexagone qu’il faut chercher et trouver les racines du terrorisme qui frappe actuellement la France et l’Occident et non pas dans l’islamisme radical, car on ne doit pas perdre de vue que le hijad (résistance) lui-même était né entre les XIe et XIIIe siècles à causes de huit croisades menées en terre musulmane par l’Europe, avec la France en tête. C’est encore l’Europe occidentale qui a exporté son terrorisme dans le monde. Il est absurde et dangereux de répondre aux actes terroristes par la haine et le rejet qui caractérisent les auteurs desdits actes et d’aller mener la guerre, en guise de vengeance, contre des populations innocentes (en Irak, en Afghanistan, en Libye, en Syrie ou ailleurs) qui n’ont pas été impliquées, ni directement ni indirectement, dans des actes terroristes en Occident, car, à leur tour, les familles des victimes collatérales et les musulmans radicaux chercheront à se venger. L’escalade de la violence ne mettra jamais fin au terrorisme.

Cet article est extrait d’un livre à paraître. Il ne peut être reproduit sans citer la référence complète.

[1] https://www.contrepoints.org/2017/01/02/261277-vraies-causes-du-terrorisme-islamiste, publié le 2 janvier 2017 dans Terrorisme, consulté le 17 janvier 2017 à 18 heures.

[2] http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/les-terroristes-gagnent-du-terrain-162207, publié le 16 janvier 2017, consulté la même date. Voir aussi le blog de l’auteur sur http://calebirri.unblog.fr

[3] https://www.contrepoints.org/2017/01/02/261277-vraies-causes-du-terrorisme-islamiste

[4] Notamment Mohamad Merah, Amédy Coulibaly, Chérif Kouachi, Saïd Kouachi, Bilad Hadfi, Brahim Abdeslam, Omar Ism. Mostefal, Samy Amimour, Foued Moham. Aggad, Salah Abdeslam, Larossi Abbala, Mohamed Lahouaiej Bouhle.

[5] https://www.contrepoints.org/2017/01/02/261277-vraies-causes-du-terrorisme-islamiste

[6] Ibid.

[7] Ibid.

[8] Ibid.

 

Scrutin direct ou scrutin indirect pour la prochaine élection présidentielle en RD Congo ?

7 Déc

Scrutin direct ou indirect pour la prochaine élection présidentielle en RD Congo ?

La question relative aux modes de scrutin, direct ou indirect, est éminemment juridique et elle mérite d’être traitée par des constitutionnalistes (juristes et politologues). Or, en RD Congo, ce sont des journalistes et des laudateurs du régime qui viennent avec cette question au-devant de la scène. Au lieu d’être juridique et politique, leur approche est plutôt de l’ordre de la propagande pour leur candidat.

Dans le but de fixer l’opinion publique, je partage avec les lecteurs Internautes les points de vue de quelques éminents Constitutionnalistes que j’ai consultés sur cette question brûlante. Il est écrit dans le livre de Guillaume BERNARD, paru aux éditions Studyrama et intitulé : Droit constitutionnel et institutions politiques, au chapitre IV intitulé « Les principaux régimes étrangers occidentaux », à la page 248 :

« Des légitimités politiques en fonction de la forme de l’Etat.

  1. Un scrutin direct pour un Etat unitaire

  2. Un scrutin indirect pour un Etat fédéral. »

En général, le scrutin direct est lié au fonctionnement d’un Etat unitaire car le chef de l’Etat doit être élu au suffrage universel direct par l’ensemble du peuple pour créer sa majorité et obtenir la popularité que le suffrage universel direct lui confère. Le scrutin indirect est lié à la forme d’un Etat fédéral dans lequel il y a un Gouverneur à la tête de chaque Etat fédéré. Les grands électeurs des partis politiques dans chaque Etat élisent le chef d’Etat au scrutin indirect. Celui-ci représente les Etats fédérés dans la politique étrangère de son pays. Ce détail est capital car il détermine le reste de la réflexion sur les modes de scrutin et sur leur déroulement. En effet, il y a plus d’inconvénients dans le scrutin indirect que d’avantages pour l’élection d’un chef d’Etat.

Mais qu’est-ce qu’un scrutin direct ou indirect ? Réponse de Philippe Ardant dans Institutions politiques & Droit constitutionnel, 5e édition, éditions L.G.D.J, page 209 : « Dans le scrutin direct, l’élu est directement désigné par les électeurs sans intermédiaire. Dans le scrutin indirect, l’élu est désigné par des électeurs qui ont été eux-mêmes élus pour procéder à son élection. Ce n’est pas le corps électoral dans son ensemble qui choisit son représentant : un collège électoral restreint – qui peut avoir d’autres attributions – issu d’un premier scrutin choisit à son tour l’élu. On dit aussi que l’élection est à deux, ou à plusieurs degrés (un premier collège électoral en effet, peut en désigner un deuxième, qui lui-même en élira un troisième, qui à son tour… etc.). »

Dans les démocraties modernes, le scrutin indirect est très peu utilisé. Ce mode était « largement utilisé autrefois à une époque où les communications étaient difficiles. L’électeur de base déléguait ainsi son droit de suffrage à quelqu’un qu’il connaissait bien, qui était près de lui » (ibid.).

Quelle est la conséquence sur le choix du mode de scrutin ?

« Selon que l’on adopte un mode de scrutin direct ou indirect, on modifiera l’image de la nation donnée par ses représentants. Le suffrage indirect favorise généralement les candidats modérés, les notables. Le filtrage qu’il opère a pour but de dégager une élite à la fois plus capable et plus pondérée. En même temps, le scrutin indirect ne confère pas autant d’autorité. L’origine du pouvoir est plus lointaine. C’est l’une des faiblesses du Sénat et cela explique que le général de Gaulle ait souhaité en 1962 tenir ses pouvoirs directement du peuple » (ibid.).

Le scrutin indirect favorise les notables qui, par des filtrages, arrivent à retenir l’élite modérée. Il s’écarte donc de l’origine du pouvoir du fait de la présence d’un intermédiaire entre l’électeur et son élu. Ce mode a été utilisé dans certains régimes marxistes (Chine, Cuba jusqu’en 1992) pour désigner des délégués aux assemblées à l’échelon national. Dans l’Occident du XIXe siècle, le recours à l’élection du chef d’Etat au scrutin indirect se justifiait pour certaines raisons, entre autres : la faible formation civique des masses, la volonté de favoriser les notables sûrs.

De nos jours, le scrutin indirect a presque disparu dans le monde et ne subsiste que dans quelques très vieilles démocraties, comme les Etats-Unis d’Amérique pour l’élection du président des Etats confédérés, la Suisse pour l’élection des sept conseillers fédéraux. En France, ce mode a été définitivement abandonné et ne subsiste plus que pour la désignation des sénateurs qui sont choisis par les représentants élus des collectivités locales. C’est ainsi qu’en 1962 le Général de Gaulle a voulu donner au Chef de l’Etat, qui est la clé de voûte du nouveau régime, une plus « grande » légitimité en étant élu « directement » par « tous » les Français et sur « tout » le territoire national. Le pays entier devenait ainsi sa circonscription électorale dans le but de donner une assise populaire plus large que celle de tout autre élu pris individuellement. Tout le monde sait que le Constituant congolais – sinon le Constituant africain en général – s’en est inspiré parce que le régime politique congolais (sinon africain) est presque la copie de la Ve République française. Le passage au scrutin direct fut pour les Français une « modernisation » de la vie politique de leur pays.

En résumé, non seulement le pays doit être une très vieille démocratie mais en plus il doit avoir la forme de l’Etat fédéral pour pratiquer aisément le scrutin indirect (la démocratie helvétique date du XIIIe siècle et sa Constitution date de 1845 tandis que la démocratie américaine date de 1787 et l’année 1824 est généralement considérée comme le début de l’élection présidentielle moderne). En d’autres termes, le scrutin indirect est favorable dans les démocraties fédérales. Ce sont les Pères fondateurs (les Etats aux Etats-Unis) qui se gardent de faire du président l’élu du peuple. Ils créent un collège électoral chargé d’élire un président. Avec le scrutin indirect, les candidats à l’élection présidentielle ont, généralement, d’abord été des gouverneurs dans un Etat. Contrairement à ce que pensent les laudateurs du régime congolais qui prônent maintenant le recours au scrutin indirect, ce mode est non seulement très complexe mais aussi coûteux. Il faut naître dans le pays, être citoyen de ce pays et avoir été résident. Les Etats-Unis exigent quatorze ans de résidence sur le sol américain. Le scrutin indirect est surtout favorable dans le système bipartite qu’il préserve ainsi et défavorable dans le système multipartite car le scrutin indirect discrimine les petits partis.

Alors mes questions suivantes :

  1. Pour quelle raison la question du mode de scrutin n’est-elle pas posée par les députés qui ont en charge le pouvoir législatif ? Pourquoi ce sont quelques « troubadours » du pouvoir exécutif et des journalistes directement chargés de la propagande du chef de l’Etat qui la posent ?

  2. Quels sont les Etats unitaires, dans les vieilles démocraties, qui pratiquent le scrutin indirect pour l’élection du chef de l’Etat ?

  3. La RD Congo est-elle devenue un Etat fédéral dans la tête des membres de la majorité (PPRD et alliés) ?

  4. Sommes-nous en RD Congo dans un régime parlementaire classique, comme en Italie (ce pays possède maintenant un statut quasi-fédéral), l’Allemagne (Etat fédéral), Israël, etc. qui pratiquent l’élection du Chef de l’Etat au suffrage universel indirect ?

  5. Ceux qui proposent le mode de scrutin indirect pensent-ils que les Congolais en général ont une faible formation civique ? Si cela est vrai, à qui la faute ? Qui donc n’a pas rempli correctement son travail de formation des masses en matière d’éducation civique [allusion à la crise entre le président Joseph Kasa-Vubu (élu au suffrage indirect) et Patrice Lumumba (premier ministre et député élu au suffrage universel direct)] ?

  6. Un chef d’Etat élu au scrutin indirect par l’Assemblée nationale et le Sénat réunis, composé d’un corps électoral d’environ 608 parlementaires, sans culture démocratique, habitués à la corruption, à l’immoralité et à la cupidité, qui ont déjà révisé la Constitution à plusieurs reprises en faveur de M. Joseph Kabila, serait-il crédible ?

  7. Quel est le but poursuivi par ceux qui proposent le scrutin indirect en fin mandat du régime actuel ? Pour quelle raison ont-il pris la vilaine habitude, depuis 2006, de réviser la Constitution à la veille de l’élection présidentielle [voit infra] ?

La discussion sur les modes de scrutin (direct et indirect) est inutile et superflue ?

Cette discussion sur le mode de scrutin pour l’élection présidentielle a été ouverte en RD Congo, avant l’allocution du chef de l’Etat lui-même, par la déclaration intempestive et irresponsable de l’actuel ministre congolais des relations avec le Parlement et président de l’association « Kabila Désir » ou « Kabila, totondi nano te », M. Tryphon Kin Key Mulumba, dans l’Hebdomadaire Jeune Afrique.

Dans le numéro 2846 de Jeune Afrique du 26 juillet 2015, il y est repris à la page 34, et bien mise en exergue en caractère gras, la tapageuse déclaration de Kin Key Mulumba : «Je plaide pour l’instauration du scrutin indirect pour l’élection du président de la République. Ce mode de scrutin aura le mérite de réduire sensiblement la contestation à l’issue de la publication des résultats des élections » ou encore « l’actuel président de la République devrait se représenter à la prochaine élection car il possède des qualités exceptionnelles – qu’aucun autre Congolais, ni dans sa famille politique ni dans l’opposition ni dans la société civile, n’en est pourvu – dont le pays ne peut se priver, et que celui-ci sombrerait, se ‘somaliserait’ à l’hypothèse de son départ. »

Selon M. Kin Key Mulumba, rien ne se fera, aujourd’hui comme demain, sans Joseph Kabila, « tout se fera par lui et rien ne sera sans lui ni contre lui ». Selon M. Kin Key Mulumba, celui qui le protège et le nourrit doit rester au pouvoir malgré l’interdit constitutionnel qui l’exclut de la prochaine compétition électorale pour la présidence de la République. En tout cas, aucun Congolais patriote et soucieux de l’avenir de notre pays ne saurait se taire devant de telles inepties. Aucun dirigeant au monde n’est irremplaçable. Tout chef Etat est remplacé s’il meurt dans un accident ou d’un arrêt cardiaque.

Selon Béchir Ben Yahmed, éditorialiste et fondateur de Jeune Afrique, la véritable raison des habituelles chicaneries électorales en Afrique se trouve dans ce qu’il a dit dans son « Ce que je crois » du 16 avril 2010 : « Ce qui empoisonne les élections africaines et les ternit au point de leur ôter leur signification est, en vérité, la volonté des candidats qui sont déjà au pouvoir de s’assurer, à tout prix, un résultat favorable. Ils estiment nécessaire d’écarter le risque de perdre ce pouvoir et s’autorisent à tout faire – y compris à fausser le vote et son résultat – pour éloigner ce risque, car, à leurs yeux, la défaite est la catastrophe suprême et l’alternance une option inconcevable ». Le président Omar Bongo disait de son vivant : « En Afrique, un chef d’Etat n’organise pas les élections pour les perdre ». Comme l’a déjà dit le Compatriote Wina Lokondo : « le problème n’est donc pas le mode de scrutin à suffrage universel direct, mais la mauvaise volonté de ceux qui détiennent le pouvoir, leur obsession de garder – le plus longtemps possible – les privilèges que leur procurent leurs fonctions ».

Après avoir réduit l’âge du candidat chef d’Etat, passant de 40 ans à 30 ans parce que M. Kabila n’avait que 30 ans à l’époque, le peuple congolais avait été privé du débat contradictoire du 2ème tour des élections de 2006. En 2011, le second tour de l’élection présidentielle a tout simplement été supprimé. Que vous-veulent-ils trafiquer maintenant ?

Monsieur Tryphon Kin Key Mulumba, minister des relations avec le Parlement

À cause de votre légèreté, de votre manque de rigueur, de votre complaisance et de votre degré avancé de flatterie pour vous maintenir au pouvoir, vous faites la honte de tous les Congolais qui portent le titre de docteur en science politique car ceux qui vous écoutent et vous lisent pensent que tous les docteurs en science politique vous ressemblent et raisonnent comme vous. Mais regardez les personnes qui ont un doctorat en science politique ou en sciences politiques (ancienne formule), lisez leurs publications et leurs déclarations et admettez qu’ils ne sont jamais tombés aussi bas que vous, admettez aussi en silence et en privé devant le miroir que vous êtes une exception dans le domaine de la flatterie de bas étage. Honte à vous ! Comme l’a déjà dit le compatriote Wina Lokondo, « ils (les docteurs en science politique) ne se fourvoient pas comme vous dans des contradictions intellectuelles, dans la basse flatterie, dans un panégyrique sans consistance, à la « djalelo » d’une époque révolue ». Et il a ajouté à votre endroit : « En tant que professeur, vous devez, pendant des années, avoir certainement répété à vos étudiants – je l’espère – qu’un Etat de droit est celui où la Constitution et toutes les règles inférieures s’imposent au respect de tous et, surtout, de ceux qui détiennent le pouvoir. Mais quelle explication leur donnez-vous aujourd’hui quand vous déclarez que Kabila doit demeurer au pouvoir au-delà de 2016, et ce malgré l’interdiction lui faite par la Constitution ? Réalisez-vous l’image négative que vous donnez – auprès de notre jeunesse – de votre personne en particulier et, de façon générale, de la politique et de tous ses acteurs ? Vous entrez sinistrement, monsieur le Ministre, dans l’histoire de notre pays en étant cité parmi les fossoyeurs de notre démocratie. En êtes-vous conscient ? ».

Je refuse de vous ressembler car notre discipline qui est très rigoureuse insiste beaucoup sur la méthodologie et sur la rationalité que vous avez décidé d’oublier afin de vous vendre au plus offrant.

En tout cas, sous d’autres cieux, un docteur en science politique qui tomberait à un niveau si bas de flatterie aurait été tellement critiqué et que, couvert de honte, il démissionnerait et refuserait de se présenter devant un auditoire. Mais en RD Congo, la honte n’existe pas. Les compétents et incompétents ont droit à la parole sur tous les sujets, même les plus techniques et les plus ardus. Lorsque les incompétents n’ont pas de réponse, ils spéculent sans s’appuyer sur des références pour faire la démonstration de leurs arguments. Les troubadours sont devenus une référence. Il est temps de mettre de l’ordre dans la maison commune.

Conclusion

J’espère qu’avec ces éléments documentés sur les modes de scrutin (direct ou indirect), le débat est définitivement clos car j’ai fait la démonstration suivante : le scrutin indirect pour l’élection présidentielle a été définitivement abandonné dans les vieilles démocraties à cause de nombreux inconvénients qu’il renferme, entre autres, l’impopularité du chef de l’Etat que cette forme de scrutin entraîne parce que celui-ci n’est pas élu au suffrage universelle direct. Le scrutin indirect ne subsiste que dans quelques démocraties fédérales. Or, la RD Congo n’est ni une démocratie ni un Etat fédéral, même la décentralisation est encore un mythe dans notre pays. Pourquoi donc changer le mode de scrutin lorsque nous sommes incapables de résoudre les problèmes présents et urgents, comme l’insalubrité dans la ville de Kinshasa, le chômage, la criminalité, etc. ?

Que celui qui voudrait relancer ce débat sur la nécessité d’un scrutin indirect vienne avec des arguments solides et documentés. Le folklore et la spéculation ne permettent pas à notre pays d’avancer.

Fweley Diangitukwa

www.fweley.wordpress.com

Références :

  • Bernard Chantebout, Droit constitutionnel et science politique, Paris, neuvième édition, Armand Collection – collection U, 1989.
  • Guillaume BERNARD, Droit constitutionnel et institutions politiques, éditions Studyrama, 2009.
  • Philippe Ardant dans Institutions politiques & Droit constitutionnel, 5e édition, éditions L.G.D.J, 1993.
  • Marie-France Toinet, La présidence américaine, Montchrestien, 1991.

Le pourquoi du terrorisme dans le monde

24 Nov

Le pourquoi du terrorisme dans le monde

Par Fweley Diangitukwa[1]

L’article complet est maintenant disponible à l’adresse suivante :

http://www.editions-mondenouveau.com/#!shop/c1dng

Une tentative d’explication

Définir le concept de terrorisme n’est pas aisé. En effet, il n’existe pas une définition universellement admis par la communauté des chercheurs, car ce terme est trop complexe pour être clairement défini. Il embrasse plusieurs aspects selon la cause défendue par les auteurs de violences ou si cette cause est qualifiée d’illégitime. Néanmoins, il peut être défini comme un ensemble d’actes de violence (attentats, prises d’otages, etc.) commis par une organisation pour créer un climat d’insécurité, exercer un chantage sur un gouvernement, faire pression sur l’État, médiatiser une cause, promouvoir une idéologie, satisfaire une haine à l’égard d’une communauté, d’un pays, d’un système.
Ce terme, qui vient du latin terror et du verbe latin terrere, a été utilisé pour la première fois au XVIIIe siècle, en novembre 1794, pendant la Révolution française, pour désigner la « doctrine des partisans de la Terreur ». À cette époque, la terreur venait généralement d’en haut. L’État, pour faire régner l’ordre et assurer la sécurité des individus, n’hésitait pas à utiliser la force et à « terroriser » la population. Ce recours à la violence contre la population est resté présent dans les pays non démocratiques. Le suffixe « isme » a été ajouté à la fin du XIXe siècle et le terme « terrorisme » est devenu synonyme de stratégie violente utilisée contre l’État ou des membres du gouvernement, afin de stabiliser les structures du pays ou d’affaiblir un système. Depuis ce temps, les individus qui utilisent des moyens violents pour exprimer leur point de vue sont souvent qualifiés de terroristes[2]. L’origine de ce terme montre clairement que le terrorisme est éminemment politique.
Il existe des situations très confuses qui rendent difficile la détermination de savoir qui est le terroriste de l’autre car le même concept de terrorisme oppose deux camps aux perceptions et interprétations radicalement opposées. C’est par exemple le cas du conflit israélo-palestinien mais aussi le cas de l’opposition entre le terrorisme d’État dans les pays faibles ou pauvres et la réplique des victimes. Dans cette situation très particulière, de quel côté doivent se trouver les perceptions majoritaires de l’opinion publique ?

Pour déterminer le degré de terrorisme et ses conséquences, il faut prendre en considération la nature des actes de violences, le choix des cibles et les objectifs poursuivis par les auteurs. Le terrorisme est donc une forme de violence politique d’un État contre un autre État ou d’un individu (ou groupe d’individus) contre un État ou contre un autre groupe d’individus. Il peut prendre la forme d’attentats, d’assassinats, d’enlèvements, de sabotages, d’actes d’intimidation. Par ses actes, le terroriste cherche à frapper l’opinion publique pour atteindre ses objectifs, en intimidant, en semant la peur, bref en terrorisant. Les terroristes sont toujours clandestins parce qu’ils maintiennent leur caractère de petit groupe secret et font tout en cachette avant d’agir. Ils frappent sans justification, loin de leur habitation. Ils se donnent la mission ou le rôle de redresseur de tort au bénéfice des opprimés. « Les actes de terrorisme sont considérés très généralement comme des actes grossièrement contraires au droit »[3].

[…]

Cet article qui a déjà été publié dans Fweley Diangitukwa, Quand les Africains se réveilleront, le monde changera, éditions Monde Nouveau/Afrique Nouvelle, 2016, pp. 225-248, est maintenant disponible à l’adresse suivante :

http://www.editions-mondenouveau.com/#!shop/c1dng

Lu pour vous : Obama envisage un conflit mondial

20 Sep
 18 septembre 2015
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Qu’Obama craigne un conflit avec la Chine ou la Russie, ne surprendra pas. Mais avec l’Europe aussi ? Cette amitié, « fondée sur des valeurs » nous dit-on, ne serait pas éternelle ?

6. L’Europe suivra-elle les USA jusqu’en enfer ?

Obama avertit les néocons opposés à l’accord nucléaire avec l’Iran : « Nos plus proches alliés en Europe (n’acceptent plus) les sanctions. Une guerre renforcerait l’Iran et isolerait les Etats-Unis »(1) Un haut diplomate à Washington confirme : « Si le Congrès US rejette l’accord, ce serait un cauchemar et une catastrophe. »(2) Bien sûr ! Immédiatement après l’accord les firmes allemandes se sont ruées à Téhéran pour signer des contrats bloqués par Washington depuis des années ! En fait, le principe «  Les grandes puissances n’ont pas de principes, seulement des intérêts » s’applique aussi aux alliances : une « amitié » éternelle peut vite se transformer en conflit aigu.
Pour contrôler l’Eurasie, Brzezinzki proposait en 1997 de bien contrôler l’Europe : « Le problème central pour l’Amérique est de bâtir une Europe fondée sur les relations franco-allemandes, viable, liée aux Etats-Unis et qui élargisse le système international de coopération démocratique dont dépend l’exercice de l’hégémonie globale de l’Amérique. »(3)
« Démocratique » signifiant « soumis aux USA », Brzezinski emploie l’UE pour empêcher une alliance Berlin – Moscou. La Russie étant un partenaire géographiquement « naturel  » des sociétés allemandes, la politique US sèmera donc la zizanie. L’Ukraine a servi à cela. Quand l’UE obtint à Kiev un accord entre toutes les parties pour des élections anticipées, Washington organisa le lendemain un coup d’Etat en s’appuyant sur des groupes néonazis ! L’envoyée spéciale US Nuland le résumant avec classe : « Fuck the EU ! » (Baisez l’UE !)

Nouveau ? Non, dès 1997, Brzezinski annonçait : «  L’Europe doit être un tremplin pour poursuivre la percée de la démocratie en Eurasie. Entre 2005 et 2010, l’Ukraine doit être prête à des discussions sérieuses avec l’OTAN. » Brzezinski voulait centrer l’Europe sur un axe Paris – Berlin – Varsovie – Kiev. Contre Moscou. Il craignait que l’unification européenne échoue (on y vient ?), et que Berlin se tourne vers l’Est. « Les trois grands impératifs géostratégiques se résumeraient ainsi : éviter les collusions entre les vassaux (sic) et les maintenir dans l’état de dépendance (…), cultiver la docilité (sic) des sujets protégés ; empêcher les barbares (sic) de former des coalitions offensives ».(4)
Stratégie dépassée ? Non. Récemment, l’influent analyste US Georges Friedmann, à qui on demandait « Daesh est-il une menace pour les Etats-Unis ?  », a répondu de façon ahurissante : «  Ce n’est pas une menace existentielle. On doit s’en occuper de manière convenable, mais nous avons d’autres intérêts en politique internationale. L’intérêt principal (…), c’est la relation entre Allemagne et Russie, car unis, ils pourraient nous menacer. Notre but principal est de nous assurer que cela n’arrivera jamais. »(5) Pour empêcher les multinationales européennes de se tourner vers la Nouvelle Route de la Soie proposée par Pékin, la clé est d’empêcher toute entente entre Berlin et Moscou. Et détourner l’UE de l’énergie russe. Bref, derrière les sourires officiels à la télé, les «  amis » occidentaux ne s’aiment pas du tout. L’espionnage NSA l’a confirmé : il n’y a pas d’amis dans le business.

La relation USA – UE a deux aspects : unité et rivalité. Les multinationales européennes ont besoin du gendarme US pour intimider le tiers monde et en tenir la Chine à distance. Mais les multinationales US profitent de chaque guerre pour voler des parts de marché à leurs rivales européennes. Et Washington est très forte pour faire payer par ses « amis » des guerres qui servent ses intérêts au détriment des « amis ».
En fait, derrière l’ennemi direct et déclaré, chaque guerre possède un second niveau de conflit. En 91, Bush attaque l’Irak aussi pour saper les contrats français et russes. En Yougoslavie, Clinton veut neutraliser la France et surtout empêcher la formation d’une Euro-armée. En Libye, Obama (avec Sarkozy) sape les contrats allemands et italiens signés avec Kadhafi. En Syrie, Obama (avec Hollande) travaille encore contre l’Allemagne. En Ukraine, idem. Et toutes ces guerres US créent des chaos qui rejaillissent sur l’Europe « amie » (crise migratoire, attentats terroristes, perte de partenaires économiques).

A terme, l’Otan est pour l’Europe un suicide. Suivra-t-elle les USA jusqu’en enfer ? L’avenir du monde en dépend.

POUR SUIVRE : « It’s the economy, stupid ! »

1) www.washingtonpost.com/news/post-politics/wp/2015/08/05
2) Politico,com 6 août 2015.
3) Le Grand Echiquier, p. 103, 107, 108.
4) Le Grand Echiquier, p. 68.
5) Conférence au Chicago Council, 4 février, traduction Arrêt sur info,https://youtu.be/u1a0FD6iiek à 2’.

Source : Investig’Action

Comment le pouvoir détourne l’attention de l’opposition

28 Mai

Comment le pouvoir détourne l’attention de l’opposition

Par Fweley Diangitukwa, politiste

http://www.fweley.wordpress.com

À chaque crise majeure, il faut que le pouvoir détourne l’attention de l’opposition pour l’obliger à parler d’autre chose que de la crise en cours. Le pouvoir établi doit faire en sorte que l’opposition dépende totalement de lui et de son plan afin qu’elle ne soit pas maîtresse des enjeux futurs, c’est-à-dire qu’elle ne réfléchisse pas aux actions à mener. Pour cela, il faut la distraire continuellement en lui parlant de concertations nationales, de dialogue, de référendum, de gouvernement de cohésion nationale ou d’union nationale, de révision constitutionnelle, de décentralisation ou encore de réforme administrative, d’enrôlement des électeurs, etc. Autant de sujets polémiques qui divisent les opposants et qui permettent au pouvoir de gagner du temps. Il faut occuper l’esprit des opposants au régime par tout ce qui les éloigne de la conquête réelle du pouvoir. De tels débats les empêchent de s’intéresser à l’essentiel (la lutte pour le pouvoir) de sorte que lorsqu’ils se réveilleront, il leur sera trop tard pour s’organiser. C’est le principe de distraire pour régner qui vient renforcer celui de diviser pour régner.

L’initiative d’initier un dialogue (ou un dossier de lutte contre la corruption qui colle à ce régime comme la crotte d’un chien collée à la chaussure) doit être vue comme une volonté de distraire et de diviser l’opinion publique pour gagner du temps et arriver jusqu’à la fin du mandat sans dégât. Cette idée s’inscrit dans l’intention d’étouffer toute révolte populaire en suscitant quelque espoir. Il faut toujours faire croire à une ouverture là où il y a une fermeture totale. En politique, un bon stratège doit chercher à surprendre son adversaire de manière non violente. C’est lorsqu’il rencontre une résistance féroce et une détermination de son adversaire qu’il opte, en dernière analyse, à recourir à l’épreuve de force, c’est-à-dire à la violence. Jamais avant. Il faut paraître dit Machiavel. Il ne faut pas oublier que la politique est un lieu de grande fourberie, seuls les esprits faibles et naïfs croient à la bonne foi des acteurs politiques.

Depuis la Seconde Guerre mondiale, les méthodes fortes ont reculé car elles ne font plus recette dans la politique interne. Seule la politique étrangère reste un terrain d’exercice de la violence.

Les hommes politiques fourbes savent qu’il suffit de créer les conditions d’un espoir pour que la vigueur de la contestation s’amoindrisse en faisant place au débat. Jetez-leur du riz, ils se querellent entre eux. Faites leur une proposition alléchante, ils détournent leur attention de l’essentiel. Il faut, à chaque étape, occuper l’esprit des opposants par de nouvelles idées alléchantes. Oui, il faut savoir entretenir l’espoir dans le but de durer au pouvoir.

C’est dans la socialisation des citoyens que l’on trouve les méthodes d’endormissement les plus efficaces. La socialisation aide à formater l’esprit des citoyens pour les pousser dès la naissance à se soumettre et à ne pas contester le pouvoir. Qu’elle soit familiale, scolaire ou politique, la socialisation limite les aptitudes à la contestation de l’autorité. Toujours distraire, c’est le maître mot.

Il faut, pour cela, occuper le peuple à se contenter d’autre chose que de l’essentiel. Pour qu’il ne s’intéresse pas au mode d’organisation sociale qui l’opprime, le pouvoir politique doit l’inciter à regarder ailleurs, en l’amenant par l’éducation à penser à la formation et à l’insertion professionnelle, à la vie de famille, aux activités dans le quartier, dans la société, etc. À chaque étape, il faut occuper la pensée du peuple par des débats futiles car un homme occupé a un horizon réduit et, plus il est occupé, plus il s’intéresse à ce qu’il fait et moins il est porté à contester l’ordre établi. Moins il tend à se révolter.

Il est nécessaire d’affamer le peuple pour l’obliger à s’occuper de sa survie plutôt que de la politique. À chaque fois que la contestation devient pressante, il faut lâcher du lest pour créer un nouvel espoir, diviser les opposants en cooptant certains par la corruption et par la distribution des postes au gouvernement. En procédant ainsi, on réduit leur tension.

Il faut savoir engraisser les esprits simples et naïfs qui vont soutenir le pouvoir même lorsqu’ils ne sont pas convaincus des bienfaits du régime. Un réseau de distribution des deniers publics, efficace et discret, doit être mis en place. Ceux qui combattent le pouvoir doivent être approchés subtilement. Il faut leur proposer de l’argent afin qu’ils se taisent et n’écrivent plus des critiques incendiaires contre le régime. Aux plus têtus, il faut proposer des postes politiques de courte durée afin de les discréditer auprès de leurs et de les détruire politiquement.

L’invitation au dialogue est une façon de contrôler à distance les préoccupations de l’opposition et de canaliser leurs idées. Il faut faire en sorte que les opposants n’aient pas la possibilité de tracer l’avenir de leur nation car ce rôle doit à tout prix revenir aux hommes du pouvoir et à eux seuls. L’opposition doit être réduite à se prononcer sur ce que le pouvoir lui propose pour la contraindre à se positionner : soit elle s’oppose soit elle accepte. On l’empêche de raisonner en occupant son mental. Ainsi, le processus de prise de décision sur l’avenir de la nation ne peut la préoccuper. Il faut faire en sorte que l’accès aux informations devienne de plus en plus difficile voire sélectif et impossible à ceux qui contestent l’ordre établi afin de donner libre cours à la spéculation.

En faisant régulièrement des propositions au peuple et à l’opposition auxquelles le décideur politique est le premier à ne pas croire, le pouvoir établi occupe le mental des gens et il creuse un fossé entre « eux et nous », entre le peuple et les élites du pouvoir. Il faut toujours susciter l’espoir et donner l’impression d’une ouverture réelle là où tout est verrouillé. C’est bien ce que l’on appelle : le marché de dupes. Pendant qu’ils débattent, le pouvoir réfléchit aux stratégies de sortie de la crise ou de l’impasse. Il faut toujours persuader et entretenir l’usure. Ne recourir à la violence qu’en dernière étape. Diviser l’opposition pour que ses acteurs se querellent. Entre-temps, le pouvoir gagne du temps avant de lancer une nouvelle proposition et de susciter un nouvel espoir.

Pendant que le peuple va à gauche, le pouvoir va à droite sans le dire. Pendant que le peuple va à droite, le pouvoir va à gauche sans le dire. La manipulation dans la conduite du peuple demeure le maître mot. Toujours faire croire que le pouvoir va dans la même direction que le peuple.

Pour éviter d’attirer un quelconque soupçon, il faut plus de divertissement émotionnel à la télévision que des débats instructifs car les esprits faibles aiment ce qui est ludique, futile et passionnel. Par tous les moyens, il faut empêcher le peuple de penser à l’essentiel. Son esprit doit être occupé par l’alcool, la musique et le sexe. Ces subterfuges doivent primer sur le reste car sans ces tranquillisants sociaux, le peuple s’intéresse à l’essentiel.

Pour ceux qui ont déjà adhéré au parti au pouvoir, il faut entretenir la peur de sortir du système et de ne plus bénéficier des conditions nécessaires au bonheur et à la vie facile. Ces femmes et ces hommes acquis au pouvoir surveilleront leurs compatriotes, comme un berger surveille son troupeau. Ils les dissuaderont de s’opposer. Il faut tout faire pour endormir la lucidité des opposants et du peuple. Tout ce qui facilite son éveil en mettant en cause le régime doit être étouffé, combattu et puni sévèrement. Sans action il n’y a pas de changement et donc pas d’évolution.

Le recours au dialogue ou au référendum sert à détourner l’attention de l’opposition et à gagner du temps en imposant à l’opposition et aux Citoyens les points de vue des gouvernants.

Fweley Diangitukwa, politiste

http://www.fweley.wordpress.com

Femmes africaines et leadership : mettre fin à la domination masculine

22 Nov

« Femmes africaines et leadership : mettre fin à la domination masculine »

 f.diangitukwa@bluewin.ch

Attention : cet article vient d’être publié par Thinking Africa et ne peut être reproduit sans son autorisation : http://www.thinkingafrica.org/V2/wp-content/uploads/2014/11/NDR-13.pdf

 L’auteur

 Fweley Diangitukwa, docteur en sciences économiques et sociales de l’Université de Genève, mention science politique, a enseigné au département de science politique de l’Université de Genève, à Schiller International University à Leysin (Suisse), à l’Université Omar Bongo au Gabon (Afrique).

Il est l’auteur de nombreuses publications et de plusieurs articles scientifiques, entre autres un livre sur la gouvernance : « Gouvernance, action publique et démocratie participative », éditions Monde Nouveau/Afrique Nouvelle, 2011 pour la 1ère édition et Dictus Publishing (Allemagne), 2012, pour la 2e édition. Dans ce livre, il présente l’origine de la gouvernance et les principales idées développées par les théoriciens qui travaillent sur ce concept. Il est aussi l’auteur d’un autre livre : « Comment devenir un leader charismatique et efficace », Monde Nouveau, 2013. Les arguments présentés succinctement dans cet article sont bien étayés dans ce livre.

 Mots clés : femme, charisme, leadership, gouvernance, démocratie participative, égalité, parité, éthique, droits civiques, droit de vote, collaboration, coordination.

 Résumé

 Cet article décrit la place de la femme dans la société, à partir des concepts de leadership et de gouvernance. Tout en montrant que les femmes qui sont plus nombreuses que les hommes sur la planète n’occupent pas une place envieuse, l’auteur cherche à décrire les causes qui empêchent la gent féminine à émerger et à être véritablement égale de l’homme. Pour y parvenir, il considère la place de la femme non seulement en Afrique mais aussi dans le monde. Il démontre que dans la plupart des pays, au Nord comme au Sud, à l’Ouest comme à l’Est, dans les pays dits démocratiques et dans les pays tyranniques, les femmes ont longtemps été exclues de la jouissance des droits politiques qui ne remontent pour elles qu’au début du XXe siècle. Parmi les raisons qui expliquent cette absence des femmes dans le domaine du leadership, il s’attarde sur le modèle patriarcal de l’autorité vécue dans l’enfance, le poids des traditions ancestrales portées sur le primat du masculin. Il y a aussi le poids des religions à travers le temps où le prophète a toujours été un homme, sans oublier les rapports de force à cause du caractère phallocentrique qui domine dans l’arène politique et le poids de la langue qui est plus au service de l’homme que de la femme. La femme a toujours été associée au sexe faible alors que c’est elle qui donne la vie. Cet article se limite à la sphère publique, c’est-à-dire au leadership politique et n’aborde pas la problématique du management du secteur privé où les femmes ont une influence certaine. Les difficultés que rencontrent les femmes africaines en matière de leadership sont aussi rencontrées par les femmes occidentales. À quelques exceptions, toutes les sociétés ont été et continuent d’être régies par les mêmes assignations de genre[1]. En Afrique, les études approfondies sur la littérature féministe sont rares. Cet article est un début d’exploration du sujet. Il se limite sur le général et n’analyse pas le cas spécifique de chaque pays. Pour conclure, l’auteur s’interroge sur les moyens de sortir la société de la perpétuation d’« un ordre sexué asymétrique ».

 Le cœur de l’investigation empirique

 Il existe plusieurs définitions du terme leadership et chacune présente le point de vue que l’on cherche à défendre ou à privilégier. Il s’agit d’une capacité d’orienter et de mobiliser durablement un groupe d’individus vers l’accomplissement de buts précis. L’origine de cette influence peut être formelle lorsque c’est la hiérarchie qui confie la fonction managériale à quelqu’un au sein de l’organisation mais elle peut aussi être informelle lorsque la capacité d’influencer le comportement des gens ne vient pas de la structure formelle de l’organisation. Les théories modernes basées sur le leadership distribué considèrent le leadership comme un phénomène pluriel, car il a cessé d’être une qualité incarnée par un seul individu. En réalité, le leadership n’a jamais été un phénomène individuel car même auparavant le leader était toujours entouré de conseillers occultes ou officiels, de mandarins en Chine. Justice est faite car les individus qui agissaient dans l’ombre et ceux qui contribuaient au processus global du leadership sont maintenant pris en compte. Malgré cette évolution, les hommes africains ont beaucoup de mal à se laisser influencer par le charisme féminin. Les femmes africaines elles-mêmes éprouvent beaucoup de mal à se soumettre au leadership d’une femme. Mais le leadership qu’elles n’ont pas sur la place publique, elles le manifestent ailleurs. Soit. Dans la réalité, elles n’ont pas autant de pouvoir que les hommes. La parité Hommes-Femmes est quasiment inexistante.

Si le monde comptait plus de femmes leaders, sa face changerait-elle ? Parce que la femme donne la vie, pourrait-on penser et croire qu’elle aurait une politique plus équilibrée et plus égalitaire ? En matière de leadership, existe-t-il un style qui convient aux femmes et dans lequel elles s’identifient mieux ?

Lorsque l’on jette un coup d’œil sur la liste des leaders politiques africains, on se rend vite compte que les femmes sont rares, elles sont plutôt sur la liste des abonnées absentes or la gouvernance est basée sur la collaboration et la coordination des acteurs venant de différents horizons. Une étude comparative en matière de leadership montre qu’en Afrique il y a plus d’hommes que de femmes qui occupent les hauts postes de commandement.

Mais cette situation ne concerne pas que le continent africain même si la situation de la femme est plus dramatique en Afrique et en Asie. Dans la plupart des pays dits démocratiques, les femmes ont longtemps été exclues de la jouissance des droits politiques qui ne remontent pour la gent féminine qu’au début du XXe siècle[2]. En Suisse, par exemple, le droit de vote et d’éligibilité des femmes a été imposé dans le canton d’Appenzell Rhodes-Intérieures en 1990 par une décision du Tribunal fédéral. Dans ce canton, les femmes n’ont eu le droit de vote que très tardivement, c’est-à-dire longtemps après les femmes des pays du tiers-monde.

 La place de la femme dans la société n’est pas envieuse

 Le sort des femmes est triste en matière de leadership. Le monde ne compte actuellement que sept femmes[3] chefs d’État sur les 243 pays et territoires dans le monde (dont 193 pays indépendants sont représentés à l’ONU) et, en Afrique, une seule femme sut les 54 pays du continent ; c’est dire clairement que le pouvoir est un domaine réservé uniquement aux hommes. Ce qui surprend le plus en matière de leadership au féminin est le fait que l’exemple en la matière n’est pas venu des pays dits démocratiques mais de la Mongolie où Sühbaataryn Yanjmaa (née Nemendeyen Yanjmaa) était Présidente de la République Populaire du 23 septembre 1953 au 7 juillet 1954. Elle était la toute première femme cheffe d’État sans être membre d’une famille royale ou impériale. Avec ce choix, la Mongolie est devenue le tout premier pays du monde à avoir eu une femme cheffe d’État républicain. Elle était aussi la première femme cheffe d’État en Asie et la Mongolie était le premier pays d’Asie à avoir une femme cheffe d’État républicain. Contrairement à ce que pouvait croire le commun des mortels, l’autre exemple des femmes leaders n’est pas venu des pays d’Europe mais d’Argentine où María Estela Martínez (dite ‘Isabelle’) de Péron, était présidente de la République du 1 juillet 1974 au 24 mars 1976. Elle était la première femme cheffe d’État républicain en Amérique et l’Argentine était devenue le premier pays d’Amérique à avoir une femme cheffe d’État républicain. Cet exemple fut suivi par la Bolivie où Lidia Gueiler Tejada était Présidente du 17 novembre 1979 au 18 juillet 1980. C’est seulement dans les années 1980 que les pays d’Europe ont commencé à avoir des femmes cheffes d’État, avec l’arrivée de Vigdis Finnbogadottir qui était Présidente de l’Islande du 1 août 1980 au 1 août 1996. C’est elle qui était la première femme cheffe d’État républicain en Europe et l’Islande est le premier pays d’Europe à avoir une femme cheffe d’État républicain. Puis, il y a eu Agatha Barbara, Présidente de Malte, du 15 février 1982 au 15 février 1987. En matière d’élévation de femmes, l’exemple n’est donc pas venu d’Europe. San Marin (Saint Marin) est une exception dans la mesure où il est l’un des rares pays au monde qui encouragent le leadership des femmes. Plusieurs d’entre elles ont été Co-Capitaine-Régente dans ce petit pays des Caraïbes.

Le constat est navrant : il y a plus de leaders politiques hommes que femmes[4]. Certes, dans l’Histoire universelle, il y a eu des femmes leaders très emblématiques comme Jeanne d’Arc en France, Kimpa Vita (Dona Béatrice) dans le Royaume du Kongo, etc. mais leur nombre est insignifiant face à la quantité écrasante d’hommes leaders qui ont traversé l’Histoire de l’Humanité depuis la nuit des temps. Parmi les leaders les plus connus dans l’Histoire universelle, nous avons : Moïse, Confucius, Louis XIV, Auguste, Napoléon Ier, Richelieu, Mahatma Gandhi, Simon Kimbangu, Charles de Gaulle, Mao Zedong, Lumumba, Martin Luther King, Simon Bolivar, Ernesto Guevara (Che), Lech Walesa, Nelson Mandela, Barak Obama, etc. Les noms de femmes n’apparaissent pas.

En Afrique, les femmes sont rares voire très rares dans le leadership. Sur ce continent, les femmes politiques et les cheffes d’entreprise sont comptées sur les bouts de doigts. En remontant très loin dans l’Histoire, Cléopâtre VII Théa Philopator  fut la première femme cheffe d’État. Elle était la Reine souveraine d’Égypte, entre 51 et 30 avant JC. L’histoire récente des femmes cheffe d’État a commencé avec Carmen Pereira qui fut présidente de Guinée-Bissau pendant deux jours, du 14 au 16 mai 1984[5]. Elle fut la première femme cheffe d’État en Afrique et la Guinée-Bissau est le premier pays d’Afrique à avoir une femme à la tête de l’État.

Économiste confirmée et formée aux États-Unis, Ellen Johnson-Sirleaf a été élue présidente du Libéria le 16 janvier 2006 en battant le ballon d’or africain Georges Weah. Elle est ainsi devenue la première femme élue au suffrage universel à la tête d’un État africain. En 2011, elle a été co-récipiendaire du Prix Nobel de la Paix avec sa compatriote Leymah Gbowee. L’année 2011 correspondait avec sa réélection à la tête de l’État. Elle est l’une des femmes africaines à avoir occupé des fonctions ministérielles dans les années 70 avant d’aller vivre aux États-Unis après un coup d’état auquel elle a survécu. Elle y a alors occupé des fonctions financières de haut niveau allant même jusqu’à diriger le Programme des Nations Unies pour le développement africain. Ellen Johnson-Sirleaf est la deuxième femme à présider aux destinées du Liberia car une autre avant elle, Ruth Perry, était présidente de la République par intérim du 3 septembre 1996 au 2 août 1997.

Joyce Banda  a été élue Présidente de la République du Malawi le 6 avril 2012[6] à la suite du décès du président Bingu wa Mutharika. Cette femme politique malawienne est devenue vice-présidente du pays en 2009, après avoir occupé le poste de ministre des Affaires étrangères, et celui de ministre de la Femme et l’Enfance. Militante de la cause féministe et éducatrice confirmée, elle a créé une Fondation « Joyce Banda » dont la mission est de promouvoir l’égalité entre les sexes. C’était l’un des thèmes de son combat politique. Elle est la cinquième femme Présidente de la République en Afrique, après Carmen Pereira de la Guinée-Bissau (Présidente du 14 mai 1984 au 16 mai 1984), Sylvie Kinigi de Burundi[7] (Présidente par intérim du 27 octobre 1993 au 5 février 1994), Ruth Perry de Liberia (Présidente par intérim du 3 septembre 1996 au 2 août 1997), Ellen Johnson-Sirleaf de Liberia (Présidente élue depuis le 16 janvier 2006).

Nkosazana Dlamini-Zuma, présidente de la Commission de l’Union africaine, est un membre convaincu de l’ANC (African National Congress/Congrès national africain), forgée politiquement par la lutte anti-apartheid et l’exil. Âgée de 63 ans, elle est considérée comme la femme la plus influente d’Afrique du Sud[8].

Quelques femmes ont émergé pendant la période de conflit comme c’est le cas de Catherine Samba-Panza qui a été élue à la tête du gouvernement de la République Centrafricaine. C’est un fait rarissime dans cette République où le pouvoir politique a toujours été détenu par des hommes à poigne au service de la France. Catherine Samba-Panza est en quelque sorte une réussite dans le domaine de leadership puisqu’elle est avant tout une femme d’affaires qui a fondé et dirigé une société de courtage en assurances tout en étant en plus une militante des droits des femmes.

Il y en a d’autres qui évoluent dans les organisations et institutions internationales comme la Gambienne Fatou Bensouda qui est devenue procureure de la Cour pénale internationale (CPI) en juin 2012 en succédant à l’Argentin Luis Moreno-Ocampo à ce poste.

Ngozi Okonjo-Iweala, ministre des Finances du Nigeria, est une économiste reconnue qui a été la première femme africaine à se porter candidate à la direction générale de la Banque mondiale en 2011. Au-delà de cette liste, les noms à évoquer deviennent rares.

Nous aimerions comprendre les raisons qui expliquent cette absence des femmes dans le domaine de leadership à l’heure où l’on met le concept de gouvernance en avant dans toutes les formes d’organisations et à différents niveaux : local, régional, continental et international.

Le modèle patriarcal et phallocentrique de l’autorité vécue dans l’enfance explique-t-il l’omniprésence des leaders hommes et l’absence des leaders femmes ? Pourquoi y a-t-il un primat implicite ou explicite accordé au sexe masculin ? Cette domination du mâle dans l’exercice du pouvoir se traduit par la longue exclusion des femmes de la sphère civique, affirme Jean-Claude Monod[9].

 La domination masculine

 Dans les monarchies, c’est le roi qui représente le pouvoir de droit divin. On voit dans l’Histoire que lorsqu’il y a une révolte dans la société, c’est le mâle qui évince un autre mâle. Ce sont les hommes qui ont mené les guerres, qui ont décapité le Roi en France et qui ont pris son pouvoir. « Les acteurs révolutionnaires et républicains, qui se désignent entre eux comme frères et camarades, succèdent au ‘père’ royal, instaurent une ère plus égalitaire, fondée sur le contrat et la reconnaissance de la triade liberté, égalité, fraternité, mais ils relèguent toujours la mère, la femme, la sœur, etc., au second plan »[10]. Le primat du masculin est présent partout. La figure du père, sinon celui du frère, affleure dans toutes les organisations du pouvoir, dans les communautés religieuses comme les frères musulmans. Chez les Tibétains, le leader spirituel a toujours été, du moins jusqu’à présent, un homme.

Dans toutes les religions, le prophète est toujours un homme. Au sein de l’Église catholique, le Pape est toujours un homme et la femme est exclue de toutes les hautes fonctions ecclésiales de décision. En Occident et en Asie, on parle plus de confrérie mais jamais de « consœurie ». Dans l’armée, le Général est généralement un homme et la femme est souvent exclue des hautes fonctions militaires. Il est très étrange de rencontrer une femme « Général » d’armée. La question de la place de la femme dans la société est préoccupante et cette exclusion se confirme dans le livre de Pierre Bourdieu consacré à la domination masculine[11]. Ce sociologue démontre comment Kant compare la dépendance de la femme à son mari et la dépendance de la foule (peuple) à un leader.

En Afrique, la figure du frère est partout privilégiée ; c’est l’homme qui est mis en avant plutôt que la femme, la mère, l’épouse, la fille, la sœur ou n’importe quelle personne de sexe féminin. Mais alors, doit-on penser que le pouvoir est devenu une question de rapports de force à cause du caractère phallocentrique qui domine dans l’arène politique ou est-ce parce que ce sont les mâles qui font la guerre pour protéger le territoire ? Quelle est la vraie raison de l’exclusion de la femme africaine dans l’espace politique à travers les âges ? Comment expliquer et comprendre cette fâcheuse tendance à vouloir occulter la place des femmes alors qu’elles jouent des rôles-clés dans toutes les sociétés et dans toutes les guerres ? Il n’y a pas de guerre où les femmes ne sont présentes. Elles sont utilisées dans les services de renseignement, comme agents secrets, espions, pour fournir la nourriture aux soldats et, pire, pour servir d’esclaves sexuelles (cas des Coréennes pendant la guerre du Japon), etc. Les quelques rares femmes qui sont mises en évidence comme Jeanne d’Arc qui s’était battue en France pour protéger sa terre ou comme Kimpa Vita (Dona Béatrice) qui s’était battue dans le Royaume du Kongo pour la même cause, forment des exceptions. Certes on peut citer d’autres incarnations féminines en Occident, comme Catherine de Médecis, Louise Michel, Rose Luxembourg ou plus récemment Margaret Tchatcher mais leur nombre ne suffit pas pour renverser la tendance. Dans les sociétés traditionnelles africaines, la place de la femme est à la cuisine au-delà de la maternité. C’est elle qui cultive le champ et qui nourrit l’homme.

La figure du père est si évidente et omniprésente que les chefs d’État, surtout dans des pays tyranniques ou dictatoriaux se proclament souvent « pères de la patrie » ou « pères de la révolution » en s’identifiant à la représentation sociale du mâle. Les chefs d’État qui s’instituent pères de la patrie et qui se comportent ainsi considèrent-ils leurs concitoyens – les femmes en particulier – comme des enfants qui ont réellement besoin de la protection d’un « père » ou pensent-ils que « le peuple est condamné pour son propre bien à une tutelle permanente »[12] ?

Comment doit-on aider la femme à bénéficier des mêmes atouts que l’homme et comment peut-elle revendiquer la même reconnaissance que l’homme en matière de leadership et des droits civiques ?

Tout au long de l’Histoire universelle, l’unité du peuple et la cohésion sociale ont prétendument été maintenues grâce à la domination d’un mâle – le chef – sur tous les autres. L’omniprésence du mâle a poussé Jacques Derrida à mettre en cause « la prévalence (grecque, abrahamique, juive, mais surtout chrétienne et islamique) de la figure du frère dans le droit, l’éthique et le politique, en particulier et non seulement dans un certain modèle démocratique. Fraternalisme, confrérie, communauté confraternelle et fraternisante, on y privilégie à la fois l’autorité masculine du frère (qui est aussi un fils, un mari, un père), le généalogique, le familial, la naissance, l’autochtonie et la nation »[13].

Dans toutes les sociétés africaines, l’identification directe au meneur est plus liée à la virilité, au mâle, qu’à la féminité et on imagine que « la foule déplace vers lui des investissements libidinaux jadis investis dans d’autres ‘autorités’, l’autorité paternelle en premier lieu, voire une superposition d’une figure paternelle et maternelle »[14].

Peut-on penser que la peur de l’ennemi pousse la foule à chercher protection derrière celui qui représente la force comme les enfants d’une famille qui, en cas de danger majeur, se protègent plus derrière le père que derrière la mère ?

 La démocratie est une illusion

 La soumission du peuple – comme celle de la femme – est une attitude très surprenante car la démocratie postule que le pouvoir vient du peuple et il est exercé par le peuple pour le peuple. Comment dès lors comprendre que ce même peuple refuse de jouir de sa liberté et accepte de se soumettre au leadership d’un homme et rarement à celui d’une femme ?

L’omniprésence du mâle, la manipulation du peuple par l’homme le plus rusé et parfois le plus violent conduisent à relativiser la notion d’intelligence collective, de rationalité, d’égalité[15] et d’éthique qui repose sur la démocratie participative et sur la gouvernance. La démocratie peut-elle être le pouvoir du peuple lorsqu’une catégorie du peuple – les femmes – en est exclue ou réduite à jouer des rôles mineurs ? Sandrine Dauphin, Réjane Sénac disent : « La parité avance, en politique et dans le monde du travail. Mais si l’on observe finement la société, les inégalités femmes-hommes n’ont pas disparu ».

Dans la vie sociale, c’est généralement l’homme qui est le chef de famille. Il y a plus de chefs de cuisine que de cheffes de cuisine. Il est même surprenant et étrange de mettre le nom chef au féminin, car en règle générale, le pouvoir est un domaine réservé aux mâles. Il y a plus de ministres que des femmes ministres ; il y a plus de professeurs que des professeures d’universités, etc. La Bible dit que la femme quittera ses parents lors du mariage pour rejoindre la résidence de l’homme – le contraire est vu comme une source d’humiliation. Dans certaines cultures, c’est l’homme qui autorise ou non sa femme à travailler. La place de la femme est réservée à la maison pour s’occuper des enfants et remplir ses obligations conjugales.

Pendant longtemps, c’est l’homme – chef de famille – qui dirigeait la vie de couple. La notion de parité a de la peine à être acceptée par les hommes habitués à se sentir supérieurs aux femmes. Certains métiers réservés uniquement aux hommes, pendant longtemps, n’ont pas le genre féminin, comme : médecin, professeur, maçon, charpentier, chauffeur, etc. D’autres métiers sont exclusivement réservés aux femmes, comme « dame de ménage, femme de chambre, baby-sitter », etc. La réalité de la vie sociale montre l’entrée tardive des femmes dans la vie publique et la rareté des femmes leaders. Or, les femmes sont majoritaires sur la planète. Il faut penser que, dans l’avenir, les femmes revendiqueront de plus en plus une féminisation du leadership politique et des postes de décision. La question du charisme politique des femmes est pleinement ouverte et elle ne saurait être évitée à l’avenir dans la perspective de la « démocratisation de la démocratie » et pour une meilleure gouvernance planétaire.

La gouvernance cherche à faire interagir des citoyens (femmes et hommes) venus d’horizons différents (public, privé et associatif) avant toute décision politique d’intérêt public. L’exigence d’interaction de différents membres de la société permet de passer des figures du Père à celles des réseaux, au sens de groupes organisés dirigés non par un chef mais par des chefs, c’est-à-dire par un collectif souple qui influence le choix collectif. Le rôle du supérieur hiérarchique est plus masqué car moins visible. C’est le porte-parole qui est mis en avant et le chef s’efface, du moins en apparence. Le réseau entretient ainsi les structures de décisions collectives. Malgré ce climat d’apparence décontractée et post-autoritaire qui contribue à l’évolution du concept de démocratie, la nécessité d’avoir un chef mâle est toujours ressenti par les membres de la société tandis que le rôle de la femme reste mineur.

 Placer la question de la parité au centre des débats

 Il est urgent de penser à la parité, à l’équilibre entre les sexes afin d’éviter que les postes de commandement soient exclusivement réservés aux hommes. Mais comment procéder pour une meilleure gouvernance en la matière ? Comment changer cette réalité ? Les femmes africaines finiront-elles un jour par « couper » les têtes des mâles comme les Français l’avaient fait en coupant la tête de leur Roi ? Quelle relation doit-on établir entre femmes, leadership et gouvernance ?[16] Renate Mayntz a dit « qu’un des défis contemporains majeurs est celui de la governability »[17]. Il a montré qu’aujourd’hui les circuits décisionnels sont de plus en plus spécialisés et compartimentés et qu’à ce titre les systèmes de décision publique qui se multiplient et qui deviennent interdépendants sont difficilement pilotables. Cette complexité conduit à la recherche des moyens concrets du pilotage de l’action publique qu’il trouve dans la coordination empirique entre acteurs et dans la mise en cohérence de leurs initiatives. C’est donc par la mise en place d’un partenariat public-privé et des négociations multiniveaux que la société peut parvenir à sortir de la crise de gouvernabilité. Mais pour quelle raison ne cherche-t-on pas à inclure, dans le partenariat et dans les négociations multiniveaux, la question liée à la parité entre les hommes et les femmes afin de réduire toutes les entraves à une égalité réelle tout en tenant compte de l’influence des évolutions du droit international sur la problématique de l’égalité femmes-hommes ? Comment sortir la société africaine de la perpétuation d’« un ordre sexué asymétrique » ?

Toutes ces questions doivent générer le plus grand nombre possible de réponses concrètes et innovantes pouvant aider les décideurs politiques et administratifs qui travaillent en permanence à améliorer la qualité de la gouvernance, dans la société en général et dans les entreprises en particulier. Le but final de cet article est d’évaluer le rôle des femmes dans la société en général et dans la société africaine en particulier afin de sortir ce thème de l’isolement académique dans lequel il se trouve. Cela pourrait-il susciter un peu plus d’intérêt et de mobilisation d’une grande partie des hommes et des femmes pour la réduction des inégalités ? Il faut l’espérer et surtout le souhaiter.

[1] Sur cet aspect, lire l’anthologie de Thanh-Huyen Ballmer-Cao, Véronique Mottier et Lea Siger, Genre et politique. Débats et perspectives, Paris, Gallimard, « Folio », 2000.

[2] Finlande en 1906, Islande et Danemark en 1915, Irlande en 1918, État-Unis en 1920, France en 1944, Italie 1945.

[3] Le monde compte seulement sept femmes présidentes : Cristina Kirchner (Argentine), Dilma Rousseff (Brésil), Laura Chinchilla Miranda (Costa Rica), Dalia Grybauskaité (Lituanie), Pratibha Patil (Inde), Atifete Jahjaga (Kosovo), Ellen Johnson Sirleaf (Liberia).

[4] Toutefois, l’adage dit que derrière chaque grand homme (leader) se cache une femme. Si les femmes ne sont pas souvent sur l’avant-scène, elles dirigent cachées derrière le rideau.

[5] Les deux jours de sa Présidence furent la première fois dans l’histoire du monde où il y avait quatre femmes cheffes d’État en même temps.

[6] Joyce Banda a été présidente du Malawi du 6 avril 2012 au 31 mai 2014. Elle était la vice-présidente du Democratic progressive party (DPP), le parti du défunt Président Bingu Wa Mutharika. Aussitôt investie, elle a appelé à l’unité et à la réconciliation.

[7] Sylvie Kinigi était Présidente de facto de Burundi, du 27 octobre 1993 au 5 février 1994 après l’assassinat du Président et son remplacement par le Parlement. Cela a pris 15 semaines. Elle était Premier ministre avant l’assassinat. Comme elle, Rose-Francine Rogombé  était présidente de la République du Gabon par intérim du 10 juin au 16 octobre 2009 et Monique Ohsan Bellepeau a été présidente par intérim de la République d’île Maurice, du 31 mars au 21 juillet 2012.

[8] « Gravissant les échelons au sein du parti, elle a partagé son temps entre le Royaume-Uni et l’Afrique australe, en œuvrant activement aux intérêts de son peuple. C’est au Swaziland, où elle était pédiatre dans un hôpital, qu’elle a rencontré Jacob Zuma. Elle est devenue sa troisième épouse en 1982 et ce jusqu’en 1998, date de leur divorce. Cette position d’épouse ou d’ex-femme d’un leader de taille ne l’a jamais empêché de jouer un rôle politique de premier plan. Puisqu’en 1994, Nelson Mandela, à son arrivée au pouvoir, lui confia le portefeuille de la Santé. Une nomination difficile, avec la tâche ardue de refonder un système de santé publique fondé sur le principe de la ségrégation raciale. Après cinq ans au Ministère de la Santé, elle en effectuera dix autres aux Affaires étrangères et trois à l’Intérieur. Partout où elle est passée, madame Dlamini-Zuma a laissé l’image d’une femme austère, sérieuse, efficace et parfois frondeuse », in http://www. Afrik.com/article26248.html

[9] Jean-Claude Monod, Qu’est-ce qu’un chef en démocratie ?, Paris, Seuil, 2012, p. 226.

[10] Ibid., pp. 227-228.

[11] Pierre Bourdieu, La Domination masculine, Paris, Seuil, « Liber », 1998.

[12] Kant, Anthropologie d’un point de vue pragmatique, trad. fr. Michel Foucault, Paris, Vrin, 5e éd. 1988.

[13] Jacques Derrida, Voyous, Paris, Galilée, 2003, pp. 87-88.

[14] Jean-Claude Monod, Qu’est-ce qu’un chef en démocratie ? Politique du charisme, op. cit., pp. 234-235.

[15] Parmi plusieurs livres sur ce thème, il y a à retenir celui de Sandrine Dauphin, Réjane Sénac (dir.), Femmes-hommes : penser l’égalité, Paris, La Documentation Française, coll. « Études de la Documentation française », 2012, 201 p.

[16] Lire Les femmes et la lutte des places, par Noelline Castagnez (a/s de Sylvie Pionchon et Grégory Derville, in Les Femmes et la politique, Presses universitaires de Grenoble, 2004, 215 p.)

[17] Jean-Pierre Gaudin, Pourquoi la gouvernance ?, Paris, Presses de science Po, 2002, p. 55.