Archive | janvier, 2017

Lu pour vous : Charles Onana : « Ce que je craignais pour la RDC est bel et bien arrivé »

27 Jan

 

Charles Onana : « Ce que je craignais pour la RDC est bel et bien arrivé »

Ce que je craignais pour la RDC est bel et bien arrivé. Ils se sont précipités à la soupe. Ils ont couru à la chasse aux sièges ou aux strapontins, humiliant le pays tout entier, foulant au pied la constitution de la RDC, ignorant les millions de morts Congolais, oubliant les sacrifices consentis depuis des années par la jeunesse de ce pays et par les Maï-Maï, que le communauté internationale avait traité de « forces négatives » alors qu’ils luttaient contre l’occupation de leur pays par le Rwanda et l’Ouganda.
 
A Kinshasa, il y a eu de l’effervescence ces derniers temps. On aurait discuté dans le dessein de sortir le pays d’une crise politique aiguë et certains se sont traînés ou ont été traînés dans de pseudo-négociations pour parvenir, au terme de prétendus débats houleux, au maintien de Kabila au pouvoir ; jetant à la poubelle la constitution et piétinant au passage la dignité et la souveraineté de la République Démocratique du Congo.
 
Et la date du 19 décembre qu’ils brandissaient aux Congolais ? « Vous verrez, il partira », martelaient-ils dans les médias et les forums sur internet à propos de Kabila. Il n’est pas parti. Pis, ils se sont tous rués à ses pieds, se battant ou se bousculant, pour le servir ou rester à ses côtés, lâchement, indignement et pitoyablement. Toute honte bue, jusqu’au mépris de soi et à l’aliénation de soi, ils ont affiché ce que l’Afrique a de laid et de servile.
 
Quand rendrez-vous au peuple congolais sa fierté et la justice pour : ses millions de morts, ses centaines de milliers d’enfants traumatisés, ses milliers de femmes violées, ses centaines de réfugiés, ses villages défigurés, ses forêts dévastées ? Quand oserez-vous tutoyer l’occupant qui, chaque jour, vous humilie, vous rabaisse, vous met plus bas que terre et se pavane dans vos rues, cherchant du regard celui ou celle qui osera le défier ? Avez-vous vraiment oublié les propos de Paul Kagame, votre bourreau arrogant ex-maquisard à la culture sommaire, celui qui empêche vos femmes et vos enfants de circuler librement à l’Est du pays, celui qui, depuis 2001, s’attelle au pillage de vos ressources naturelles et qui arrive le jour du cinquantenaire de l’indépendance du Congo avec deux heures de retard avant de s’affaler dans son fauteuil à la tribune pour feuilleter un journal sans intérêt sur son soldat Kabila, question de bien vous faire comprendre que vous n’êtes rien chez vous et que vous ne pouvez rien contre lui ?
 
C’est bien cet homme-là qui a choisi votre président périmé que vous avez indélicatement reconduit et qui vous roule dans la farine depuis 2001. C’est bien celui que vous appelez en privé « le taximan » qui vous épuise ou qui vous fait danser comme des marionnettes et qui a refusé de partir le 19 décembre 2016 (fin de son mandat) alors que vous parliez à qui voulait vous entendre du respect de la constitution.
 
Paul Kagame, dont vous avez peur de prononcer le nom à Kinshasa pousse, avec votre appui direct ou indirect, la RDC au suicide et ne cesse de tenir des propos désobligeants à l’égard des Congolais en soulignant notamment que la classe politique congolaise est incapable de régler ses problèmes ou ceux qu’il cause lui-même à la RDC. Et chaque fois, vous vous taisez, vous pliez, vous baissez le regard, vous lui donner raison.
 
L’ancien Premier ministre rwandais, Faustin Twagiramungu, écœuré de vous voir tourner en rond à la veille de Noël, a dit, à haute voix, que c’est Kagame qui a choisi votre président avant de se demander, en parlant de Kabila, « comment un aide de camp de Kabarebe, l’actuel ministre de la Défense du Rwanda, est devenu multimillionnaire et président de la RDC ».
 
Ce Kabarebe lui-même s’en était vanté dans la presse en disant : « Joseph a eu les pires difficultés à s’adapter à la vie de soldat. (…) Il ne savait pas quoi faire. Je lui ai donc tout appris ». Il ajoutait : « Joseph Kabila est incapable de regarder les gens en face. Je n’ai jamais perçu chez lui, une quelconque aptitude au commandement ». Pourtant, ce Joseph, votre « taximan », vous commande et dirige la RDC depuis 15 ans. Le peuple n’en veut plus mais vous le supportez en acceptant gloutonnement ce qu’il vous fait avaler. Vous avez frénétiquement relayé l’appel du 19 décembre 2016 du parlement européen avec le slogan « Kabila doit partir ». Il est toujours là et vous allez peut-être bientôt l’applaudir. Votre slogan est-il mort le 19 décembre ou l’avez-vous enterré ? La montagne a-t-elle accouché d’une souris au point que vous préférez cajoler cette bête disgracieuse ? Et les promesses au peuple congolais après le 19 décembre ? Que sont-elles devenues ? Et l’espoir de la jeunesse qui a manifesté dans la diaspora croyant que Kabila partira, vous en faites quoi ?
 
Et tous ces jeunes « combattants » qui, à Londres, Paris, Montréal, Bruxelles, essayent avec des moyens dérisoires de redresser l’honneur du Congo et de rendre à leur façon la dignité aux Congolais, vous en faîtes quoi ? Ils sont fichés les uns et autres à Kinshasa et ne peuvent rentrer passer des vacances chez eux. Avez-vous plaidé leur cause dans vos négociations ?
 
A Kinshasa, vous êtes « fiers » d’avoir négocié, un peu comme à Sun City, Naïrobi, Kampala, Lusaka, Addis-Abeba, … pour finalement gouverner avec Joseph, qui ne part pas, et avec Azarias & Co. Vous avez mobilisé la jeunesse congolaise sur internet, dans les associations et meeting pour rester finalement avec Joseph, le troisième œil de Kigali, et bredouiller aujourd’hui quelques phrases incohérentes ? Vous avez donc accepté que le dictateur rwandais et son réseau congolais vous dominent à nouveau et vous humilient chez vous en leur disant merci : tête baissée, visage bosselé et apeuré ? Non ! Vous n’allez tout même pas faire ça ? Vous n’allez pas vous constituer en esclaves volontaires à ce point et marcher piteusement sur vos millions de cadavres parce que vous pensez que l’occupant est « plus fort » que vous ? Vous n’allez pas infliger une telle infamie à votre peuple qui endure déjà beaucoup depuis la période coloniale ?
 
De toutes façons, si vous préférez courber l’échine au point de ne plus en avoir parce que vous croyez que ceux qui terrorisent votre peuple sont « plus forts » que vous, nul ne peut vous en dissuader ! Si vous êtes convaincus que vous avez bien « négocié » avec votre Joseph, nul ne peut prétendre que vous vous êtes peut-être trompés ; même s’il est établi que les multiples « négociations » de dupes sur la RDC depuis plus de dix ans participent de votre asservissement. Si vous croyez dur vraiment que vous avez raison, nul ne peut vous susurrer que vous manquez de cran.
 
Que n’avez-vous pas dit du maréchal Mobutu ? Qu’il était le serviteur des colons belges et américains, qu’il était le laquais de l’impérialisme, etc. Et vous, vous êtes les serviteurs et les laquais de qui pour ramper de la sorte et depuis (1998) tant d’années ?
 
Non ! Je crois sincèrement que le maréchal, avec tous ses défauts, n’aurait jamais accepté ce que vous acceptez actuellement en RDC et ce depuis Sun City. Même Laurent-Désiré, que les Rwandais avaient porté au pouvoir, avait refusé d’être traité comme un chien chez lui par Kagame et ses hommes. Il a dit Non et s’est battu comme un lion. Quant à Patrice Lumumba, il doit se retourner dans tous les sens là où il est en se demandant ce qui s’est passé pour que son Congo tombe si bas. Patrice, pardonne leur, « ils ne savent pas ce qu’ils font », peut-être qu’ils sont trop faibles pour porter très haut la flamme que tu as si noblement porté pour le Congo et pour l’Afrique jusqu’à accepter dans la dignité le sacrifice suprême. Que dire de Mgr Munzihirwa, l’archevêque de Bukavu, lâchement assassiné par les hommes de Kagame ? Il a vaillamment défendu son peuple et vous n’osez même plus prononcer son nom ! Vous avez peur de quoi ? Vous craignez qui pour demander vérité et justice sur sa mort ? Avec de si grands hommes morts pour le Congo et défendant le peuple congolais, votre capitulation et votre défaite souillent leur mémoire et trahissent leurs espoirs.
 
Ce propos que certains jugeront précipitamment comme un réquisitoire n’en est pas un. C’est un simple appel à vos consciences ou ce qu’il en reste, un encouragement à assumer vos responsabilités dans la dignité pour ceux qui pensent en avoir, un recours à l’imagination pour ceux qui pourraient encore la réveiller. La RDC ne doit pas tomber si facilement alors que de dignes fils et filles de ce pays continuent de mourir, à la suite de Munzihirwa, comme Chebeya et Tungulu et des milliers d’autres à l’Est pour que la RDC reste debout. Et elle est debout depuis 1998 par la force, la volonté et le courage de millions de Congolais que Kinshasa ne respecte pas. Cette résistance congolaise doit continuer partout car ce pays mérite mieux que ce qui s’y passe en ce moment. C’est ce que pense d’ailleurs l’ancien Premier ministre rwandais lorsqu’il lance dans un tweet du 26 décembre : « il est temps que les jeunes Congolais de l’intérieur et de l’extérieur se mobilisent pour sauver leur beau pays du néocolonialisme ». Il connaît votre bourreau, il l’a côtoyé de près et vous invite au combat pas à la résignation.
 
Bonne année au peuple Congolais qui, en cette période trouble et pleine d’incertitudes, doit continuer à chanter « indépendance Tcha Tcha » pour signifier qu’il comprend le sens du retour d’Azarias Ruberwa au premier plan et les prolongations non constitutionnelles de Joseph après la défaite des Clinton aux USA. Seuls les aveugles ne voient pas et seuls les sourds n’entendent pas. Si l’on décide d’être à la fois sourd, aveugle et muet, par dessus tout, il est préférable de quitter Kinshasa et de s’exiler au Rwanda, on y sera bien reçu.
 
Charles Onana
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Critique de deux analyses sur les attentats terroristes en France

20 Jan

Critique de deux analyses sur les attentats terroristes en France

Outrés par le nombre grandissant d’attentats dans l’Hexagone, Claude Robert[1] et Caleb Irri[2] ont réfléchi sur les causes desdits attentats et sur les profils des auteurs. De leurs analyses, il ressort que l’islam est l’une des causes du terrorisme. Nulle part ils mettent en cause le comportement de l’État français dans ses rapports avec les pays d’origine des terroristes ou encore la politique française sur l’immigration.

Claude Robert écrit :

« Quand bien même l’exercice s’avère un peu sordide, l’analyse du profil des terroristes peut nous apprendre beaucoup sur l’origine de leurs actes (pour peu que celui-ci soit homogène). Surtout, cette façon de procéder apparaît fondamentalement pragmatique : il s’agit de considérer des faits générateurs, tels qu’ils sont concrètement vérifiables, et non pas de tenter une mise en perspective d’ensemble, a posteriori. Car le profil des terroristes est un fait avéré, tangible, indiscutable. Il devrait être un préalable à toute tentative d’interprétation des actes perpétrés sur le sol français[3]. »

Pour démontrer la solidité de son hypothèse, il a dressé un tableau dans lequel il relate de façon synoptique les profils de douze terroristes dont la participation directe a été démontrée[4].

Son premier argument s’appuie sur l’origine familiale des terroristes :

« Ces terroristes sont tout aussi proches en matière d’origine familiale ou sociologique qu’ethnique. À l’inverse, quasiment aucun d’entre eux n’était un musulman pratiquant. Tous s’étaient convertis de façon aussi récente que radicale, dans des conditions très particulières […] il ne faut pas oublier l’importance de l’Islam dans la trajectoire de ces terroristes : tous ont rencontré des extrémistes religieux, en prison le plus souvent. Ceux-ci leur ont servi des discours en forme de justification à leur passage à l’acte. L’endoctrinement religieux, le culte de la violence et de l’anéantissement des populations impies, tout cela semble facilité par une lecture radicale du Coran. Ce sont tous des hommes jeunes, entre 20 et 31 ans. Ils sont presque tous issus d’importantes fratries. Et ils ont presque tous été élevés dans une relative absence d’autorité paternelle si ce n’est parentale. Ce sont donc des enfants dont l’éducation s’est avérée partiellement défaillante en ce qui concerne ce processus si important que constitue l’édification du Sur-Moi du futur adulte apte à la vie en société. De même que tous proviennent de familles d’Afrique du Nord, tous étant du Maghreb sauf un, issu d’une famille malienne. L’unicité géographique reste donc particulièrement frappante : Tunisie, Algérie, Mali et Maroc sont des pays voisins. La coïncidence ethnique ne tient d’ailleurs pas du hasard : ces quatre pays proviennent d’anciennes colonies ou protectorats français. Aucun Égyptien, Iranien, Indonésien (ou même Vietnamien, Espagnol, Italien ou Portugais) n’a encore frappé chez nous. Il subsiste probablement un ressentiment vis-à-vis de l’ex-colonisateur français, une sorte d’ambivalence amour/haine qui ne peut qu’aider au passage à l’acte lorsqu’un certain nombre de conditions sont réunies par ailleurs »[5].

Son second argument s’appuie sur « la composante immigration [qui] est déterminante dans le terrorisme mais pas là où on pense »[6]. Il écrit :

« Elle est certes déterminante puisqu’aucun de ces terroristes n’était d’une famille française de longue date. Tous, sauf un, étaient issus de la seconde génération de l’immigration (le dernier terroriste était tunisien), cette génération qui, selon les sociologues, peine encore plus que la première à s’intégrer. Aux difficultés rencontrées par les parents, qu’elle a subies pendant toute son enfance, s’ajoutent les siennes propres à l’école puis à l’entrée dans la vie active. Les parents ont choisi l’immigration, ils ont consacré leur énergie à survivre au changement de contexte culturel et ethnique. Mais les enfants ne sont pas mieux lotis pour autant, comme s’ils reprenaient le processus au stade auquel les parents l’on trouvé lorsqu’ils sont arrivés sur le sol français.

» Néanmoins, cette difficulté relative à l’immigration n’est pas celle que l’on croit : pratiquement tous ces terroristes avaient un métier, une formation (certes limitée, sauf pour le dernier d’entre eux) et de quoi vivre ne serait-ce que décemment. Les difficultés de l’intégration sont donc ailleurs, du côté de la possibilité de faire jeu égal avec la population du pays d’accueil, sur fond d’un possible sentiment de rejet ou de désamour de part et d’autre (aspects physiques, accent, activités culturelles, valeurs)…

» Il s’agit certes d’un échec sur le plan de l’intégration, mais celui-ci ne concerne pas directement l’aspect financier. Cet échec se cristallise sur un autre plan, bien plus subtil et prépondérant : celui d’une véritable assimilation. En France, la sélection scolaire puis professionnelle fait apparaître en effet des inégalités criantes entre origines ethniques. Tous les immigrés ne sont pas frappés de la même manière. Les statistiques sont formelles : parmi les différentes ethnies de l’immigration, ce sont les populations en provenance des pays musulmans, maghrébins ou africains (selon les études) qui affichent les taux de réussite scolaire et professionnel les moins bons. Les écarts sont considérables, en ce qui concerne les garçons… »[7].

À partir de ces deux arguments, l’auteur conclut que « le passage à l’acte de ces terroristes semble multi-causal. Il prend son origine dans la combinaison de plusieurs variables. Ces variables sont quasiment identiques d’un terroriste à l’autre au sein de cette liste certes courte, mais exhaustive. Ce qui prouve combien c’est la combinaison de ces variables qui semble détonante, et non quelques-unes d’entre elles prises séparément »[8].

À la fin de son analyse, l’auteur présente un schéma qui résume de façon visuelle la conjonction des différentes causalités très probablement à l’origine du passage à l’acte des terroristes.

Pour deux raisons, les analyses de Claude Robert ne résistent pas au test de la falsification poppérienne.

Primo, il est difficile de soutenir que l’origine familiale musulmane et l’échec sur le plan de l’intégration seraient la cause qui a poussés les terroristes à passer à l’acte. Cet argument est très réducteur car cela reviendrait à faire croire que tous les jeunes immigrés musulmans originaires d’Afrique du Nord (Maghreb) et du Mali, âgés de 20 à 31 ans, convertis de façon aussi récente que radicale, vivant dans des conditions très particulières et ayant échoué sur le plan de l’intégration, plus précisément sur celui d’une véritable assimilation, se conduiraient de la même façon, en France et ailleurs. Or, cela n’est pas le cas. En s’appuyant sur ses analyses, comment justifierait-il les attentats en Belgique, en Espagne, en Grande-Bretagne, en Allemagne et ailleurs ? Le ferait-il en recourant à des justifications ad hoc ?

Secundo, le terrorisme est une longue tradition en France, il ne date pas d’aujourd’hui. Il y a eu de nombreux attentats dans l’histoire de France sans implication des jeunes musulmans originaires d’Afrique du Nord et du Mali. Lorsque les Français s’organisaient pour tuer leur Roi et des hommes politiques de premier rang, voire des patrons d’entreprises, il n’y avait pas de musulmans dans l’Hexagone ; lorsque les Brigades rouges, la Bande à Baader-Meinhof – appellation courante de la Fraction Armée rouge allemande –, l’ITA, l’ETA, etc. se distinguaient dans des actions anarchistes en Europe, il n’y avait pas d’al-Qaida. Les Corses qui posaient des bombes n’étaient pas des musulmans mais avaient des revendications identitaires. Pendant les années de plomb (1970-1980), l’État ismalique n’existait pas alors que les attentats à la bombe étaient nombreux en Allemagne, en Italie et en France.

Il est impossible de s’inspirer du modèle d’analyse présenté par les deux auteurs pour l’appliquer dans un cas similaire. Pour quelle raison les jeunes, vivant dans les différents pays européens, qui ont des profils semblables à ceux de France décrits par les deux auteurs ne s’adonnent-ils pas à des attentats terroristes ? L’impossibilité de répondre à cette question basique nous oblige à rejeter carrément leurs analyses, non pas qu’elles sont fausses mais plutôt parce qu’elles sont faibles et incomplètes, car ils ont omis de mettre en exergue le rôle négatif de la politique française dans les pays d’origine des terroristes et dans les pays musulmans où la France intervient militairement, comme les auteurs des attentats l’ont eux-mêmes souligné, notamment Amédy Coulibaly dans son testament (voir supra). Les auteurs des attentats ont eu le sentiment que la France manifeste une haine contre l’islam (islamophobie). Leur perception était-elle fondée ? Il s’agit-là d’un débat que nous n’ouvrons pas ici.

La politique française, sinon occidentale, dans les pays tiers (en Afrique, au Proche et Moyen-Orient) est ce qui explique – sans les justifier – les attentats en France et dans d’autres pays occidentaux. Le pilonnage des positions de Daesh ne suffira pas si la France ne renonce pas d’un côté à sa politique colonialiste en Afrique (soutien aux dictateurs et vente des armes démodées avec lesquelles les régimes tyranniques tabassent, emprisonnent, musellent et tuent ceux qui s’opposent) et si, de l’autre côté, elle ne renonce pas à son soutien à la politique américano-britannique au Proche et Moyen-Orient.

C’est donc dans le temps long de l’histoire du terrorisme dans l’Hexagone qu’il faut chercher et trouver les racines du terrorisme qui frappe actuellement la France et l’Occident et non pas dans l’islamisme radical, car on ne doit pas perdre de vue que le hijad (résistance) lui-même était né entre les XIe et XIIIe siècles à causes de huit croisades menées en terre musulmane par l’Europe, avec la France en tête. C’est encore l’Europe occidentale qui a exporté son terrorisme dans le monde. Il est absurde et dangereux de répondre aux actes terroristes par la haine et le rejet qui caractérisent les auteurs desdits actes et d’aller mener la guerre, en guise de vengeance, contre des populations innocentes (en Irak, en Afghanistan, en Libye, en Syrie ou ailleurs) qui n’ont pas été impliquées, ni directement ni indirectement, dans des actes terroristes en Occident, car, à leur tour, les familles des victimes collatérales et les musulmans radicaux chercheront à se venger. L’escalade de la violence ne mettra jamais fin au terrorisme.

Cet article est extrait d’un livre à paraître. Il ne peut être reproduit sans citer la référence complète.

[1] https://www.contrepoints.org/2017/01/02/261277-vraies-causes-du-terrorisme-islamiste, publié le 2 janvier 2017 dans Terrorisme, consulté le 17 janvier 2017 à 18 heures.

[2] http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/les-terroristes-gagnent-du-terrain-162207, publié le 16 janvier 2017, consulté la même date. Voir aussi le blog de l’auteur sur http://calebirri.unblog.fr

[3] https://www.contrepoints.org/2017/01/02/261277-vraies-causes-du-terrorisme-islamiste

[4] Notamment Mohamad Merah, Amédy Coulibaly, Chérif Kouachi, Saïd Kouachi, Bilad Hadfi, Brahim Abdeslam, Omar Ism. Mostefal, Samy Amimour, Foued Moham. Aggad, Salah Abdeslam, Larossi Abbala, Mohamed Lahouaiej Bouhle.

[5] https://www.contrepoints.org/2017/01/02/261277-vraies-causes-du-terrorisme-islamiste

[6] Ibid.

[7] Ibid.

[8] Ibid.