Archive | mai, 2012

Le système électoral est en panne en RDC

21 Mai

 La vraie question à poser après les fraudes électorales de novembre 2011 est celle de savoir s’il vaut encore la peine d’organiser des élections lorsque les organisateurs ne respectent pas le choix des électeurs. Pourquoi dépenser inutilement l’argent de l’Etat si les Malu Malu avec sa CEI et Daniel Ngoy Mulunda avec sa CENI ne font qu’à leur tête ? Comment motiver les citoyens, qui ont été trahis, à se rendre encore aux urnes ? Comment recréer la confiance dans le système ? Comment construire l’avenir ensemble lorsque de faux dirigeants ont été placés à la tête des institutions ?

Le « pasteur » Daniel Ngoy Mulunda a hypothéqué l’avenir du Congo. Cet homme est une honte pour notre nation. Comment pouvait-il inverser le choix des électeurs et imposer un si grand écart entre Tshisekedi et Kabila ? Comment pouvait-il accepter de nommer des députés au Parlement ? En tout cas, la confiance a été rompue. Pour combien de temps ? Seul l’avenir nous le dira.

Fweley Diangitukwa

Lire : Fweley Diangitukwa, « Les fraudes électorales. Comment on recolonise la RDC », Paris, éditions L’Harmattan.

A propos du recensement de la population congolaise

16 Mai

Avant les élections de 2006, j’ai personnellement demandé de procéder au recensement de la population congolaise afin de connaître le nombre de Congolais qui ont l’âge de voter (voir mon livre : Fweley Diangitukwa, « Les fraudes électorales. Comment on recolonise la RDC« , Paris, L’Harmattan, 2007). Les détenteurs du pouvoir ont fait la sourde oreille.

A deux reprises, je suis revenu sur la même demande entre 2006 et 2011, mais le pouvoir a encore fait la sourde oreille. La CEI et la CENI ont organisé les élections sur la base d’une estimation farfelue de la population, sans aucune emprise avec la réalité. Combien sommes-nous ? Personne ne le sait. Qui est Congolais et qui ne l’est pas sur le territoire national ? Egalement, personne ne le sait.

Après les faux résultats du « pasteur » Daniel Ngoy Mulunda et de sa CENI, après la déclaration du président rwandais Paul Kagame qui a décidé de refuser la nationalité aux Rwandais vivant à l’extérieur du Rwanda qui ne rentrent pas chez eux avant la date qu’il a fixée (il faut comprendre cette déclaration comme une volonté d’obliger le surplus de la population rwandaise versée à l’Est du Congo à devenir désormais des Congolais – ou des apatrides au Congo – car ayant perdu la nationalité rwandaise), saisissant cette opportunité, Jaynet Kabila, devenue entre-temps députée, a demandé aux députés du PPRD et MP (mouvance présidentielle) de soutenir son interpellation sur la nécessité de procéder au recensement de la population congolaise. On apprend qu’elle a été longuement ovationnée, applaudie.

Non seulement cette demande vient après l’élection présidentielle alors que les Congolais l’attendaient avant mais pire les Rwandais seront recensés comme des Congolais sans qu’ils aient obtenu, préalablement et formellement, la nationalité congolaise. De qui se moque-t-on ?

Voilà à quel point les députés de l’opposition, qui ont préféré siéger au parlement, deviendront des « jouets » de la majorité parlementaire. Des lois indigestes vont passer sous leur barbe et ils n’auront que leur larme pour pleurer et leur salaire de six mille pour avaler le poison qui leur sera présenté comme un poisson. Que feront-ils si demain la majorité décide de réviser la Constitution, de passer le mandat présidentiel de 5 à 7 ans ou de supprimer la clause sur la durée du mandant afin que M. Joseph Kabila règne ad aeternam sur le Congo, pour garantir le bonheur des femmes et des hommes de la majorité présidentielle mais aussi des laudateurs ? Réponse = Rien, car ils (les députés de l’opposition) sont minoritaires. Leurs voix ne pèseront pas dans le vote.

Chers Compatriotes députés de l’opposition, le pire ne fait que commencer. Vous entendrez des vertes et des pas mûres. Vous oreilles souffriront. Vous tenterez parfois de vous opposer mais sans succès car votre nombre est très inférieur par rapport à l’ensemble (PPRD, MP et Cie). A cela s’ajoute l’achat par la corruption de quelques-uns parmi vous. Vous ferez beaucoup de bruit pour rien. Vous protesterez dans le vide. Comme le MLC entre 2006 et 2011. Peine perdue d’avance car la majoritaire présidentielle, qui considère le pouvoir comme leur gâteau privé, ne vous écoutera pas.

Voilà ! La majorité a applaudi Jaynet Kabila qui réclame absurdement le recensement de la population au moment où on en n’a pas besoin, après l’élection présidentielle et les élections législatives, alors qu’on attendait ce recensement avant les élections. Dans quel pays sommes-nous !!!

Ce qui vous reste à faire, c’est de fixer les critères sur la base desquels ce recensement sera fait. J’ai avancé plusieurs propositions qui peuvent être utiles pour notre vie commune. Des éléments sont sur ce blog, dans deux articles : « Projet de loi sur l’acquisition et la perte de la nationalité congolaise » et « Problématique de la nationalité en RD Congo ».

Fweley Diangitukwa

Président du CLD (Le Congo en légitime défense)

www.congolegitimedefense.org

www.fweley.wordpress.com

« QUELLE IDÉOLOGIE POUR LES PARTIS POLITIQUES CONGOLAIS ?» (suite et fin)

15 Mai

Monsieur JP Vununu et Cher Compatriote,

Vous avez posé une question capitale qui doit intéresser les politologues, les sociologues et les juristes congolais, voire africains, à savoir : « QUELLE IDÉOLOGIE POUR LES PARTIS POLITIQUES CONGOLAIS ? ». Hélas, c’est le silence !

 

L’idéologie se nourrit des traditions, des normes et des valeurs dominantes, des croyances de l’organisation, etc. c’est-à-dire tout ce qui la distingue d’une autre et qui insuffle une certaine existence à la structure organisationnelle.

Ne courons pas derrière le pouvoir en cherchant constamment les postes politiques mais privilégions plutôt l’idéologie. Cependant, les partis politiques congolais ont-ils des idéologies précises ?

Le PPRD défend la « social-démocratie ». Donc, idéologiquement, il serait proche de l’UDPS. Mais que constate-t-on ? Le PPRD est de gauche sur papier mais de droite par les faits qu’il pose. En 2006, au second tour, le PPRD s’est rapproché du PALU qui est un parti nationaliste. Les contradictions sont nombreuses.

Est-il possible aujourd’hui de dresser une liste des partis politiques et l’appartenance idéologique de chacun d’eux ? A mon avis, le pari est difficile.

En Occident, les partis politiques ont une histoire, parfois longue mais claire. L’origine d’un parti explique le choix de son idéologie. Des publications existent sur cet aspect. Ce n’est pas le cas chez nous. En Occident, les partis défendent leur idéologie bec et ongle, parfois sans espoir d’occuper la présidence de la République (parti communiste/front de gauche en France et parti libéral en Grande-Bretagne). En revanche, au Congo, les partis poursuivent des postes politiques et rarement l’idéologie. Il arrive même qu’ils soient créés à la veille des élections sinon l’année qui précède l’élection présidentielle. Il est rare de voir un leader qui se présente aux « publics » en mettant en avant l’idéologie de son parti et qui s’appuie sur cette idéologie pour solliciter les votes des électeurs. Ecoutez et re-écoutez les discours des leaders de partis pour vous en convaincre. Lorsqu’ils parlent, ils vous déclinent leurs études et les postes qu’ils ont occupés dans les ministères et dans la vie publique et jamais (sinon rarement) de l’idéologie qui les a poussés à créer leur parti politique.

Parlons franchement, l’UNC existerait-elle aujourd’hui si son leader n’a pas été forcé à la démission du Parlement par Joseph Kabila ? Au Congo, en général, les partis politiques naissent pour occuper des postes politiques et ils s’affaiblissent ou disparaissent lorsque les leaders n’ont pas obtenu les postes qu’ils convoitaient ou encore lorsque les militants se rendent compte que les chefs poursuivaient des objectifs égoïstes. Voilà pour quelle raison, le paysage politique est très instable dans notre pays. Le PALU était la 2ème force politique du pays en 2006 ; comparez sa position en 2011 (les résultats qui nous été présentés sont faux, je m’y réfère uniquement pour le besoin de cette comparaison). L’UREC de Dr Kashiala était la 3ème force politique du pays en 2006 ; comparez sa position en 2011. L’avenir nous réservera bien de surprise.

Les Congolais vont dans les partis où ils espèrent trouver un poste politique sinon là où ils ont quelques affinités, d’où la tendance tribale dans nos partis. Chacun soutient le sien parce que l’idéologie est absente dans le débat. On choisit un homme et pas une Idée (majuscule), autrement on choisit la « mangeoire » et pas l’idéologie.

 Je réponds maintenant à votre texte d’hier.

Je vous invite à l’UNION afin d’avoir la chance de travailler ensemble pour l’intérêt du peuple. Cet appel à l’union, nécessite qu’on ne divise pas l’opposition en voulant à tout prix se positionner pour soi. Si cet appel a été compris, tant mieux. Mais, apparemment, ce n’est pas le cas. Donc, votre parti a la liberté de revendiquer le poste de chef de file de l´opposition constitutionnelle sans négocier avec les partenaires dans l’opposition. Le peuple et les électeurs apprécieront. Je rappelle ce principe simple qui doit – sinon qui devrait – nous guider : « l’union fait la force ». A mon avis, l’UNC doit privilégier l’union avec ses partenaires (voir ci-dessous) qui sont dans l’opposition intra et extra Parlement, autrement elle va se casser la gueule (pardonnez-moi l’expression).

Tout le monde sait que je ne suis pas membre de l’UDPS. Je me définis comme un nationaliste et je soutiens celui qui défend les intérêts du Congo (lire mon article « Pourquoi nous avons créé le CLD » (Le Congo en légitime défense) sur le site de notre plate-forme : www.congolegitimedefense.org). Vous y découvrirez l’idéologie du CLD clairement définie. Je suis également guidé par les valeurs morales que le Congo de Kasa-Vubu a perdues. Notre pays est tombé bas, très bas. L’enfant congolais apprend à corrompre dès la première année primaire. Quelle honte ! Voilà pour quelle raison on ne peut pas s’étonner que l’abbé Malu Malu ait fabriqué des fraudes électorales en 2006 (lire mon livre : Fweley Diangitukwa, « Les fraudes électorales. Comment on recolonise la RDC », Paris, L’Harmattan, 2007. La corruption règne en maîtresse. Voilà pour quelle raison on ne peut pas s’étonner que le « pasteur » Daniel Ngol Mulunda ait fabriqué des fraudes électorales en 2011. On ne peut pas également s’étonner que la Cour suprême de justice ait entériné les faux résultats de la CENI. Voilà où nous a conduit la spirale de la corruption et des mœurs dépravées sous le règne de Mobutu et sous le régime actuel. Notre Congo est humilié sur la scène internationale. Notre pays est pointé du doigt. N’avons-nous pas collectivement honte ?

Pour parvenir à casser la corruption et le clientélisme afin de redresser la société et de redonner confiance aux citoyens, il nous faut un sursaut moral. Tshisekedi a parlé de l’Etat de droit. Je l’ai appuyé sans être de son parti. Vous comprenez maintenant le sens de mon choix. Voilà, pour moi, le sens de l’UNION pour sauver le Congo. Mon choix relève du bon sens et du patriotisme. Je cherche d’abord le bien de mon pays, le poste est secondaire là où d’autres mettent la recherche du poste en avant. Là où ils se précipitent à occuper tel poste parce qu’il est vacant alors qu’il y a possibilité de négocier avec les partis partenaires qui s’opposent au pouvoir tyrannique de M. Kabila.

Dernièrement, en France, M. Hollande a répondu à M. Sarkozy qui, voulant le détruire, a été fouillé dans le règne de Mitterrand (socialiste comme Hollande), en ces termes : Je (Hollande) vous (Sarkozy) parle de maintenant, d’aujourd’hui. Le peuple français a tranché. Moi aussi, à mon tour, Cher Compatriote Vununu, je vous parle de maintenant et de demain, pas de la politique d’il y a 20 ou 30 ans. Inutile d’aller fouiller si loin. Vous faites des reproches à M. Tshisekedi (c’est votre droit) mais êtes-vous vraiment sûr que votre leader n’a rien à se reprocher. Si, comme vous dites, « Tshisekedi, à son époque, fut le ‘faiseur’ de Mobutu », qui a été le ‘faiseur’ de Joseph Kabila en 2006 ? Voyez-vous, sortons de ce débat. Je ne suis pas du genre inutilement polémique. Je respecte M. Kamerhe, mais reconnaissons qu’il a soutenu M. Joseph Kabila jusqu’à lui consacrer tout un livre : « Pourquoi j’ai choisi Kabila ». Alors, s’il vous plaît, sortons des critiques stériles et posons la question essentielle : « Que voulons-nous de notre Congo ? ». Tournons le regard vers l’avenir.

Vous avez parfaitement raison de dire que « qu´en 2006, le PPRD a signé un accord écrit avant les élections avec le PALU, accord qu´il a respecté jusqu´au mois d´avril 2012 avec la démission du gouvernement Muzito ». Mais vous avez volontairement oublié de rappeler que cet accord a été signé APRES le premier tour et pas avant. Dans les pays qui pratiquent le multipartisme, les alliances entre partis politiques sont officiellement nouées APRES le premier tour sur base du poids politique de chaque parti (regardez au Sénégal et en France pour prendre deux exemples récents).

Evitons tout amalgame. Le Congo est passé de deux tours prévus dans la Constitution à un seul tour pour des raisons que nous avons toujours évoquées (éviter que M. Kabila affronte son challenger au cours d’un débat télévisé). M. Tshisekedi, qui est juriste avait donc raison de demander aux autres leaders d’attendre et de se déterminer sur base du poids politique de chaque parti APRES l’unique tour de l’élection présidentielle. Comment pouvait-il en être autrement ? Comment pouvait-on négocier les postes politiques sans connaître les résultats de l’élection ? Réfléchissons un peu en toute logique, en étant rationnels. Voici deux hypothèses (l’une négative et l’autre positive).

1.       Si M. Tshisekedi avait proposé le poste de Premier ministre à M. Kamerhe, comme celui-ci le souhaite, que se serait-il passé si son parti était classé, par exemple, dixième ?

2.       Ou, pour vous contenter, si son parti était sorti premier de tous les partis, c’est-à-dire majoritaire, avant le PPRD. Pensez-vous vraiment que M. Kamerhe aurait demandé à M. Tshisekedi de devenir Président de la République et lui, conformément à l’engagement pris avant l’élection, accepterait de rester son Premier ministre ? La réponse est NON.

J’avance ces deux hypothèses pour souligner le degré d’aberration de singer des alliances sans connaître le poids politique de chaque parti.

Le Congo n’est pas un gâteau à partager selon les préférences de chacun et, comme on dit, on ne vend pas la peau d’un ours avant de l’avoir tué. Donc, M. Tshisekeedi a eu raison. Il est resté cohérent. On ne dit pas à quelqu’un : « Tu m’as cocufié et demain on devient son ami ». Un peu de sérieux, tout de même.

J’ai sans cesse répété que quelles que le soient les stratégies des opposants, à part celle de présenter un SEUL candidat face à M. Kabila, le « pasteur » Daniel Ngoy Mulunda donnerait la victoire à son nourricier. Je l’ai écrit déjà en avril 2011 (lire ma réponse sur mon blog : « www.fweley.wordprress.com » au journaliste Joachim Diana du journal l’Avenir) intitulée : « Il faut dire la vérité aux Congolais III ». Je suis allé jusqu’à affirmer anticipativement que le « pasteur » Daniel Ngoy Mulunda donnera une majorité parlementaire à son nourricier. Ma prédiction s’est accomplie. Qui dira mieux !

Cher Compatriote Vununu, je vous parle d’aujourd’hui et de demain. Voulez-vous (UNC) faire cavalier seul ou travailler avec les autres ? This is the big question. Avons-nous réellement tiré la leçon du Sénégal ?

Le Congo, notre pays, est à un tournant difficile de son Histoire immédiate. Il nous faut de bons stratèges et le sens de sacrifice pour sauver la nation. Nous ne devons pas nous faire des illusions. M. Boshab avec son PPRD et les laudateurs de ce pari ne vont pas lâcher le pouvoir pour plaire à l’UNC ni à un autre parti politique. Demain, M. Joseph Kabila qui a été profondément humilié par les fraudes de Daniel Ngoy Mulunda et par le refus de TOUS les chefs d’Etat du monde (sauf un seul) de venir à sa prestation de serment, prendra certainement sa retraite plus tôt que prévu. Il faut être très mal élu et avoir une très mauvaise presse au niveau international pour subir un tel sort détestable. Tout le monde – même les plus proches collaborateurs – vous regarde avec la tête de tricheur avant de vous saluer et de vous dire au revoir. C’est très pénible à supporter. Partout où vous passez, le public vous dévisage en disant : « Ah, celui qui a triché aux élections ou c’est pour lui qu’on a organisé les fraudes électorales ! ». Même les enfants de rue savent qu’il y a un chef d’Etat tricheur à la tête du pays qui gouverne la « République » par défi. C’est très honteux. Seuls quelques individus au monde sont capables de supporter cela, car on perd toute sa dignité et sa fierté.

Après retrait de M. Joseph Kabila, les héritiers du PPRD et de la MP ne lâcheront pas le morceau pour parler vulgairement. A moins que l’UNC fasse, sans état d’âme, alliance avec le PPRD, un retour au bercail, en quelque sorte. Si tel n’est pas le cas, et si l’UNC est de l’opposition (aussi dans l’opposition), il est temps de s’arrêter et de construire ensemble ce qui nous permettra de sauver demain le Congo et de l’arracher des mains des vautours. Ils sont nombreux, à l’intérieur comme à l’extérieur. C’est à ce combat que je vous invite, vous et votre parti.

Il y a des compatriotes, pour lesquels j’ai beaucoup d’admiration et de respect, qui ont fait le choix de rejoindre le Parlement. Ils sont libres. Je leur dis simplement qu’ils seront minorés comme l’ont été les députés du MLC entre 2006 et 2011. Qu’ils profitent de leur présence au Parlement pour développer leur terroir, comme vous dites ! C’est tant mieux mais avec une telle logique, qui va développer les terroirs qui n’ont pas de députés, là où l’Etat a démissionné de ses responsabilités ?

Monsieur Vununu et Cher Compatriote, Lumumba, Kasa-Vubu, Bolikango et les autres ne sont plus là. La responsabilité du Congo nous incombe. C’est notre affaire, c’est l’affaire de notre génération. Je répète, soyons UNIS pour sauver le Congo.

Ai-je été entendu ? Je vous parle d’aujourd’hui, de maintenant et de demain. Pas du passé. J’ai dit l’essentiel et je m’arrête là.

Je vous remercie et vous souhaite une bonne journée.

Votre compatriote,
Fweley Diangitukwa
Président du CLD (Le Congo en légitime défense)
http://www.congolegitimedefense.com
http://www.fweley.wordpress.com

Prof. Fweley,

En lisant merveilleusement votre réplique, j´ai remarqué que nous faisons la même lutte et nous condamnons aussi les mêmes maux mais différemment.

Suivons l´essentiel de votre réaction :

1. Vous dites  » Lorsqu’un système politique est pourri dans un pays, il faut s’attaquer au système lui-même mais pas aux victimes. Le peuple congolais – sinon l’opposition congolaise, – doit se liguer, dans son ensemble, contre le pouvoir ignoble. D’où l’inutilité de vouloir placer l’UNC à
la tête de l’opposition car, en le faisant, vous renforcez la division de l’opposition. C’est dans ce sens que j’ai dit que vous faites le jeu malin du pouvoir.  »

Je m´attaque au système raison pour laquelle je vous ai dit que depuis un certain temps- Il est bien souligné dans mon article- , j´ai cessé de tirer les flèches uniquement vers Kabila qui, sans l´appui de ses acolytes (système) ne peut rien faire. En outre, je m´attaque aussi aux victimes que nous sommes pour une prise de conscience collective afin de prendre nos responsabilités et d´inoculer dans nos veines l´esprit patriotique.  Il n´y a pas 70 millions de Kabila en RDC qui s´est multiplié à tous les niveaux pour  se soutenir. Kabila ne tuera pas tous  les 500 députés et les 120 sénateurs congolais si ces derniers se décidaient de ne plus tailler sur mesure la Constitution de la République qui doit demeurer impersonnelle.

Pour ce qui est de vouloir placer l´UNC à la tête de l´opposition, vous savez pertinemment bien que la Constitution stipule à ce que l´opposition ait un Chef de file qui aura le même rang qu´un vice-premier ministre et, pendant la mandature passée, ce poste est resté inoccupé. Actuellement, la crainte sera la même pour des raisons  déjà évoquées dans mon  précédent courriel. Le but n´est pas de placer l´UNC à la tête de l´opposition mais il s´agit bien d´un chef de file de l´opposition constitutionnelle tout en sachant que votre soutient, le leader Maximo et vous même aussi, ne reconnaissent pas ce gouvernement. Comment voulez-vous garder ce poste à un leader qui a décidé de rester en dehors des institutions ?

2.  Vous soutenez  » Pendant la campagne électorale, j’ai personnellement entrepris des efforts pour rapprocher votre parti – l’UNC – de l’UDPS afin de parler d’une seule et même voix. Des témoins existent. L’UNC a refusé parce que ce parti imaginait devenir la deuxième force politique du pays (c’est bien ce que vous souhaitez
encore en voulant devenir le porte-parole de l’opposition au Parlement). Qu’avons-nous gagné collectivement en allant en ordre dispersé à l’élection présidentielle de novembre 2011 ? L’opposition sénégalaise a été mieux organisée que nous. Avons-nous tiré la leçon ? Nos petits calculs malins nous tuent. Chacun voudrait voir son leader jouer le rôle-clé dans l’opposition et nous oublions un principe simple : « l’union fait la force ». »

Archi-faux ! Une contrevérité !

-Primo, au niveau de Kin, tous les partis de l´opposition avaient souhaité se réunir d´abord pour trouver un consensus sur la personne qui devait représenter l´opposition mais le Leader Maximo s´est déclaré candidat de tous avant qu´il ait concertation avec les autres. C´est cette attitude du Sphinx qui a fait capoter la rencontre de FATIMA 1 car lorsque l´UNC, le MLC, et les autres partis sont arrivés sur place, l´UDPS et ses alliés -80 autres partis- ont plébiscité le Leader Maximo, ce, avant de connaître la position des autres partis conviés à cette rencontre.

-Secundo, SULTANI a vu le jour avec ceux qui ne partageaient pas cette manière unilatérale du Sphinx et alliés au niveau de FATIMA 1. Dommage au niveau de SULTANI, Kengo est venu piéger le groupe alors que le consensus se formait déjà autour de Kamerhe. La suite est connue,  ces trois figures de proue de la politique congolaise avaient annoncé simultanément leur candidature à la présidentielle.

-Tertio, par après, ayant compris la nécessité d´aller en bloc face à Kabila, Kengo et Kamerhe ont tenté vainement d´obtenir un accord avec le Sphinx. Ici, je vous épargne les passages de Collette Braeckmann sur ce que Tshisekedi pensait  et disait sur ces deux leaders politiques. Pour Kamerhe, connaissant le caractère versatile du leader Maximo, il ne voulait pas un accord tacite sans rien au retour. Il voulait un accord écrit à la hauteur de son poids politique d´où personne n´ignorait ses ambitions au poste de Premier ministre. Vous connaissez bien la réponse de Tshisekedi sur ce point. il le clamait haut et fort, pour lui, c´était NIET, il fallait attendre les élections pour connaître le poids politique de chacun. C´est cette position catégorique de Tshisekedi qui est la base de la désunion de l´opposition et pas le contraire. Je vous confirme que si comme vous le dites, l´UNC aurait refusé la main tendue de Tshisekedi, dites-nous alors, ce qui était contenu dans cet accord ?  Kamerhe a une base, il est arrivé troisième au niveau de la présidentielle et, l´UNC son parti en -seulement- une année  d´existence,  est arrivé en 3ème  position au niveau de l´opposition. Actuellement, au niveau du parlement, l´UNC et alliés comptent 34 députés. Si aux yeux de Tshisekedi les alliances politiques ne peuvent êtres que postélectorales, Kabila lui, a une avance sur ce point puisqu´en 2006, il a signé un accord écrit avant les élections avec le PALU, accord qu´il a respecté jusqu´au mois d´avril 2012 avec la démission du gouvernement Muzito.

Quartio, pouvez-vous nous citer un accord voire une alliance politique que Tshisekedi aurait conclu et respecté du début jusqu´à la fin ?  Les autres devant lui sont toujours moins méritants , méprisés si pas considérés des traîtres !!! Combien de co-fondateurs vivants sont encore dans son parti ? Tous ont toujours torts de partir ? Pourquoi sont -ils partis ?

Est-il apte dans la signature des alliances ou négociations ? Cfr Conflit Mobutu-Tshisekedi,  Conclave du palais du peuple,- Tshisekedi-Monsengwo sur la composition de son gouvernement, Tshisekedi-Laurent Désiré Kabila. Sun-City.- Le PAD avec le RCD-Goma, etc….

Vous connaissez la suite après son vote historique à la CNS, il a méprisé ceux qui l´ont soutenu avec la formation d´un gouvernement non représentatif, ce, en pensant qu´il n´y a que lui seul et son parti qui seraient capables de sortir la RDC du gouffre.

Au Sénégal, au premier tour, chacun y est allé de sa manière mais au deuxième tour, il y a eu coalition avec des accords qui ont culminé après la victoire de Macky SALL par la participation de ses soutiens au gouvernement. Youssu N´Dour en est l´exemple.

En RDC, avec un seul tour, Tshisekedi a courru le risque d´attendre les résultats des urnes. Peut être, était-il trop sûr de lui ? Il a confirmé lors d´une interview avec CB qu´il n´avait pas besoin des leaders qui ne peuvent pas réunir plus de 50 personnes devant eux, il faisait allusion à Kamerhe et Kengo. La suite lui a donné tort. Regardez les voix de Kengo à l´Équateur et de Kamerhe au Kivu, vous vous rendrez compte qu´il avait joué avec le feu. A vous de répondre, s´il s´est brûlé.

Ensuite, vous avez entendu de lui même qu´il aurait subi des pressions au niveau de sa propre famille et de l´extérieur pour faire alliance aux autres. Malgré cela,  il ne s´exécuta pas campant toujours sur sa propre logique qui ne l´amène nulle part sauf dans des conflits interminables avec tous, ce, même au sein de son parti. Je me demande si un politicien avisé doit attendre sa famille et l´extérieur pour comprendre l´avantage et le rôle d´une alliance dans une telle circonstance ?

3. Vous soutenez  « Nous avons demandé à tous les partis politiques de l’opposition de ne pas siéger au Parlement, là encore, votre parti a préféré y aller. Pour récolter quoi, à part les salaires de 6 mille distribué aux députés et l’honneur dû à leur rang. Et encore quel honneur !!! Par ce choix (responsable pour vous, irresponsable pour moi), vous affaiblissez l’opposition et ne travaillez pas
dans le sens de « l’union fait la force ». Imaginez si tous les députés de l’opposition (simple hypothèse) ont refusé de siéger au Parlement pour protester contre les fraudes électorales (présidentielles et législatives), qui serait en
difficulté aujourd’hui ? N’est-ce pas ceux qui se sont emparés du pouvoir ? N’est-ce pas que l’opposition dans son ensemble aurait mis le pouvoir tyrannique à nu ? Admettons avec courage qu’il nous manque de stratégies ou, pour le dire autrement, nos stratégies de courte vue compromettent l’avenir du pays. Les Congolais cherchent à être élus députés pour gagner six mille dollars et bénéficier de plusieurs avantages liés à cette fonction. Jamais les députés ne
songent à améliorer les conditions de vie (salaire) de ceux qui les… »

La plupart des leaders qui ont soutenu Tshisekedi à FATIMA 1 comme Jean-Claude M´vuemba Luzamba, Martin Fayulu Madidi et Roger Lumbala pour ne citer que ces trois, ont accepté de siéger au Parlement contrairement à la décision de leur candidat à la présidentielle, E. Tshisekedi. Ceux qui connaissent ces trois personnes, refuserons de vous croire qu´ils sont partis au parlement uniquement à cause de 6 250, dollars de salaire. Je vous dispense des exemples de nos députés, ceci pour vous dire, même dans votre camp, il n´y a pas eu concertation puis consensus sur ce point. Tshisekedi lance ses prises de position à partir de sa résidence de Limeté sans consulter les autres. Trouver un terme pour qualifier cette attitude. Pour ma part, c´est pas une attitude démocratique.

Du reste, il est connu de tous que les deux Présidents qui ont exercé au perchoir de notre Assemblée nationale étaient unanimes que sur les 500 députés,  certains parmi eux, si pas la moitié, étaient des simples touristes. Les autres, qu´ils soient de la mouvance au pouvoir si bien de l´opposition constitutionnelle, ont  pu à leur manière, contribuer à quelque chose malgré un bilan mitigé dans l´ensemble. En prenant l´exemple de Jean-Claude M´vuemba, j´ai surfé sur le site officiel de son parti, j´ai découvert qu´il a à son actif, plusieurs réalisations dans son fief de Kasangulu raison pour laquelle il est indetrônable dans ce coin du pays. Même sous mandat de Kabila au quinquennat passé, ce député de l´opposition n´a pas manqué de faire du bien à sa base. François Mwamba dont je regrette la défaite au détriment d´un candidat de l´UDPS, a réalisé plusieurs projets dans son fief, et, les exemples sont légions. Tous, n´ont pas été empêchés par Kabila pour faire du bien à leurs concitoyens. Et, ceux qui ont bénéficié ces biens ne sont pas de la famille de Kabila. Ceci, pour vous dire que la politique de la chaise vide ne paie pas, au contraire cette technique propre à Tshisekedi n´a jamais porté des fruits à sa lutte et même pas au peuple congolais. En outre, les institutions congolaises bien qu´inféodées au pouvoir en place n´appartiennent pas à Kabila. Ne dit-on pas les hommes passent mais les institutions demeurent ?

Au Zimbabwe, le Challenger du Président Mugabe, comprenant le rapport de forces en sa défaveur, a accepté le partage du pouvoir pour être dans le système en vue de le palper de l´intérieur en apportant sa contribution pour le bien être de son pays.

Au Kenya, mêmement. En RDC, depuis le début des années 90, Tshisekedi se comporte toujours ainsi avec sa politique de la chaise vide et villes mortes. Aujourd´hui en 2012, soit 22 ans après, il faut se demander à quoi aurait servi sa stratégie ?

Alors que le fer était chaud et qu´il fallait le battre juste après les élections avec  l´appui de la communauté internationale qui faisait pression sur Kabila pour qu´il  partage le pouvoir et au moment où celui-ci fut fin prêt à s´exécuter, il eut un refus catégorique  de la part de Tshisekedi.

Alors que le fer était chaud et qu´il fallait le battre juste après les élections profitant de la condamnation unanime et universelle de la CENI, que cela soit du côté  tant du pouvoir,  de l´opposition que du monde entier sur cette catastrophe électorale, moment crucial pour demander la démission de toute l´équipe de la CENI, Tshisekedi a fait tirer les choses en longueur. Il comptait sur la pression populaire qui n´a pas donné des résultats escomptés. A l´heure actuelle, on dirait que la pilule est passée. L´actualité n´est plus le remplacement de l´équipe de la CENI. Entre temps,  Kabila lui, a joué avec le temps. Petit à petit, lui qui s´est retranché pour se faire oublier  en attendant la suite des tractations, est ressorti de son silence bien décidé à faire le contraire de la ligne qu´il défendait lors de son discours d´investiture, l´ouverture à l´opposition. La suite est connue.

A présent, l´on nous raconte que Tshisekedi attend l´imperium chez lui à Limeté et peut-être lui aussi nommera son gouvernement si pas son parlement, pour quel impact et incidence ?  Avez-vous cerné le rapport de forces  au niveau national et international ? Avez-vous tiré des leçons sur ce qui fut le dédoublement des institutions toujours par le même Tshisekedi pendant l´époque de Mobutu ? Si non pourquoi ? Si oui, quel était le résultat à l´époque ?

« Il ne s’agit pas de savoir si « Tshisekedi sera rétabli comme Président de la RDC » ou
non, il s’agit de savoir si nous acceptons collectivement que les fraudes soient reconnues comme source de légitimité ou non. Si vous, vous dites « oui » et vous allez au Parlement, moi je refuse que les fraudes et les fraudeurs me
gouvernent. Notre différence se trouve là et elle est de taille. »

Sous Mobutu, olinga olinga te, mayi ya pondu. Ozali na libumu ya mama na yo nainu obotami te, ozali déjà membre ya MPR-Parti-État. Pour autant, nous n´avons pas abandonné la lutte. Et, cette attitude ou disposition dictatoriale n´avait pas avoisiné ou rencontré l´assentiment des gens qui pourtant n´avaient pas le choix, nous étions tous membres du MPR sans en faire la demande. Et, certains étaient dans nos institutions. La lutte pour l´instauration d´un État de droit n´est pas une exclusivité de l´opposition institutionnelle ou non institutionnelle. Elle est, l´affaire de tous, tant mieux la différence des méthodes. Les députés de l´opposition qui ont accepté de siéger au parlement ne le font pas pour légitimer les fraudes. Ils ont été élus par leur base respective. C´est pas Kabila qui les a élus, ne confondons pas les choses. Le fils de Tshisekedi qui a été massivement élu à Mbuji-Mayi a trahi sa base en suivant la décision de son père. Car il aurait du être le porte-voix de sa base au parlement  comme les  Jean-Claude M´vuemba , François Mwamba, etc…il pouvait aussi pendant sont mandat, résoudre quelque difficultés de sa base. Avec la politique de la chaise vide, il s´éloignera de plus en plus de sa base et ne pourra résoudre aucune difficulté de sa base au cours de cette mandature. Le perdant, c´est le peuple puisque Tshisekedi a au cours de sa vie politique,  a engrangé des moyens que le minable congolais n´a pas. A se que je sache, il mange bien à Limeté et le jour où sa santé se détériora, il montera facilement dans un avion pour Bruxelles afin de se faire soigner. Tel est le cas de la majorité du peuple congolais et de sa base à Kabeya-Kamwanga ?

Vous verrez,  dans un proche avenir, vous me donnerez raison, l´impérium tant attendu ne viendra pas. Et, le vieux se retranchera encore à Bruxelles. Là, tous ceux qui  attendraient encore son retour comme s´il n y avait pas d´alternative avec nos 70 millions d´âmes, prendrons leur mal en patience et cela fera du temps pour qu´ils reprennent du poil de la bête. Comme nous comptons  seulement sur des hommes providentiels, prions Dieu pour qu´il nous ressuscite Kimbangu ou Lumumba. Nous ne pouvant pas seulement compter sur un homme qui durant toute sa vie politique n´a confiance à personne sauf à lui même.

-Avant d´aller siéger au Parlement, le doyen des députés, Kombo Kisi l´a rencontré pour lui expliquer sa position, il l´a simplement répondu qu´il avait pris bonne note, c´est tout. Est-ce c´est une réponse positive ou négative ? Pourquoi pas convoquer une commission du parti qui y siégera pour débattre de la question ?

Prof. Fweley,

Vous vivez actuellement dans un pays de droit qu´est la Suisse, en plus, vous avez beucoup écrit sur la vie sociale, politique et économique de la RDC, en vous lisant je crois savoir que vous faites partie de la sommité qui soutient Etienne Tshisekedi. Si vous n´êtes pas en mesure de vous rendre compte sur les manières unilatérales de Tshisekedi sur ses prises de position alors je regrette et vous dit, qu´a son époque, il fut le  » faiseur » de Mobutu et vous et les autres, vous serez des faiseurs de la dictature de Tshisekedi. Est-ce qu´en Suisse la politique se fait de cette manière ?

Mes salutations patriotiques et fraternelles

JP-Vununu

QUELLE IDÉOLOGIE POUR LES PARTIS POLITIQUES CONGOLAIS ?

11 Mai

Deux réponses à M. JP Vununu

Monsieur JP Vununu et Cher Compatriote,

Je vais droit à l’essentiel.

Lorsqu’un système politique est pourri dans un pays, il faut s’attaquer au système lui-même mais pas aux victimes. Le peuple congolais – sinon l’opposition congolaise, – doit se liguer, dans son ensemble, contre le pouvoir ignoble. D’où l’inutilité de vouloir placer l’UNC à la tête de l’opposition car, en le faisant, vous renforcez la division de l’opposition. C’est dans ce sens que j’ai dit que vous faites le jeu malin du pouvoir.

Pendant la campagne électorale, j’ai personnellement entrepris des efforts pour rapprocher votre parti – l’UNC – de l’UDPS afin de parler d’une seule et même voix. Des témoins existent. L’UNC a refusé parce que ce parti imaginait devenir la deuxième force politique du pays (c’est bien ce que vous souhaitez  encore en voulant devenir le porte-parole de l’opposition au Parlement). Qu’avons-nous gagné collectivement en allant en ordre dispersé à l’élection présidentielle de novembre 2011 ? L’opposition sénégalaise a été mieux organisée que nous. Avons-nous tiré la leçon ? Nos petits calculs malins nous tuent. Chacun voudrait voir son leader jouer le rôle-clé dans l’opposition et nous oublions un principe simple : « l’union fait la force ». Nous avons demandé à tous les partis politiques de l’opposition de ne pas siéger au Parlement, là encore, votre parti a préféré y aller. Pour récolter quoi, à part les salaires de 6 mille dollars distribués aux députés et l’honneur dû à leur rang. Et encore quel honneur ! Par ce choix (responsable pour vous, irresponsable pour moi), vous affaiblissez l’opposition et ne travaillez pas dans le sens de « l’union fait la force ». Imaginez si tous les députés de l’opposition (simple hypothèse) ont refusé de siéger au Parlement pour protester contre les fraudes électorales (présidentielles et législatives), qui seraient en difficulté aujourd’hui ? N’est-ce pas ceux qui se sont emparés du pouvoir ? N’est-ce pas que l’opposition dans son ensemble aurait mis le pouvoir tyrannique à nu ? Admettons avec courage qu’il nous manque de stratégies ou, pour le dire autrement, nos stratégies de courte vue compromettent l’avenir du pays.

La plupart des Congolais cherchent à être élus députés pour gagner six mille dollars et bénéficier de plusieurs avantages liés à cette fonction. Jamais les députés ne songent à améliorer les conditions de vie (salaire) de ceux qui les ont élus. N’est-ce pas aberrant ? Avez-vous entendu une seule interpellation ou une motion allant dans le sens d’appliquer les accords de Mbudi ? Beaucoup de compatriotes veulent le pouvoir pour eux-mêmes mais pas pour améliorer les conditions de vie du peuple. Combien d’emplois le Congo a-t-il créés depuis que Kabila est au pouvoir ? Quelles sont les mesures qui ont été prises pour lutter contre le chômage ? L’argent payé aux enseignants tanzaniens par le pouvoir de Kabila, n’aurait-il pas servi à créer des emplois dans l’enseignement primaire au Congo ? L’argent détourné par Katumba Mwanke et Cie n’aurait-il pas servi à créer des emplois ou à payer les soldats et les fonctionnaires ? Nous avons des dirigeants irresponsables et égoïstes. Moi, j’ai le courage de le dire et de le dire à haute voix. Ce que l’UNC ne fait pas et ne dit pas. L’attitude de complaisance envers ceux qui gouvernent la République n’aide pas notre pays et ne nous garantit pas un avenir meilleur. OK. L’UNC a choisi d’être au parlement, mais que fait-elle et que fera-t-elle ? Nous ferons le bilan le moment venu.

Pour moi, et contrairement à vous, on n’a pas trompé le peuple congolais en lui disant que « Mobutu fut l´incarnation du mal congolais », car il l’était (en 1990, j’ai publié un livre dans lequel je le disais : voir Fweley Diangitukwa, « Maréchal Mobutu, je vous parle ». De la même façon, celui qui imite sinon qui singe aveuglément Mobutu est aujourd’hui l’incarnation du mal dans notre pays. Le maréchal Mobutu était pointé du doigt parce qu’il était à la tête du pays, parce qu’il organisait et tolérait le pillage de l’économie nationale par les siens ; de la même façon, Kabila est pointé du doigt parce qu’il incarne le mal congolais et parce qu’il organise et tolère le pillage de l’économie nationale par les siens.

A votre question : « Pourquoi ce mal congolais demeure ou perdure encore ? », je réponds : un pays qui a des mauvais dirigeants ne se développe pas. C’est pourquoi nous devons, par tous les moyens, condamner les fraudes électorales. Au lieu de demander à M. Tshisekedi d’attendre 2016 pour se représenter à l’élection présidentielle, nous devons lutter contre le mal, aujourd’hui et maintenant. Pour soigner une maladie, il faut combattre la cause ab ovo (à la racine) en commençant par le symptôme.

J’invite votre parti, s’il est vraiment de l’opposition et dans l’opposition, à ne pas commettre de nouvelles erreurs, à moins qu’il choisisse d’agir uniquement pour ses propres intérêts égoïstes et non pour l’intérêt du peuple congolais.

Oui, je suis d’accord avec vous, « il faut extirper le vers dans le fruit ». Mais que faites-vous lorsque le vers a fait pourrir le fruit tout entier ? Ne doit-on pas, dans ce cas, jeter le fruit car, en le jetant, on jette aussi le vers qui est dedans ?

Vous dites : « le mode occidental n´est pas mauvais puisque eux, réussissent pourquoi pas nous ? ». Comme vous le savez, il n’y a pas un mode (ou système) occidental mais des modes (ou des systèmes) occidentaux de gouvernance. J’ai cité le système suisse qui est complètement différent du système français et anglo-saxon. En Suisse, avec la démocratie de concordance, tous les partis politiques sont au pouvoir. Le Congo n’a pas retenu ce modèle dans sa Constitution. Hélas !

Vous dites : « notre mentalité en est la cause ». A mon avis, ce n’est pas elle qui en est la cause de notre malheur mais plutôt notre Histoire (avec majuscule). La corruption, ou le matabiche, a été chérie par les colons belges. Et Dieu seul sait à quel point ce fléau a détruit notre société ! Le roi des Belges L éopold II a massacré plus de dix millions de Congolais, Lumumba a été sauvagement assassiné, Mobutu a publiquement pendu des Congolais au Pont Gaby (actuel Kasa-Vuvu), Laurent-Désiré Kabila a été sauvagement assassiné par ceux qui l’ont placé au pouvoir, plus de six millions de Congolais ont été massacrés à l’est de notre pays, des jeunes filles et des femmes  congolaises sont qutotidiennement violées sans que le pouvoir les protège, les bénéficiaires des fraudes du 28 novembre 2011 ont été imposés au pouvoir, etc. Dieu seul sait à quel point le peuple congolais a été traumatisé à chaque étape de notre Histoire commune.

Je condamne l’attitude irresponsable de l´Ambassadeur honoraire Albert Kisonga, qui a demandé dans une lettre ouverte adressée au Président Kabila de ne pas hésiter à nommer des ministres et PDG blancs en RDC. Je pense que M. Albert Kisonga n’a jamais lu le livre d’Adam Hochschild : « Les fantômes du roi Léopold II » ni celui de Jean Stengers : « Congo. Mythes et réalités. 100 ans d’histoire ». Je n’aime pas ceux qui soutiennent le complexe d’infériorité. L’homme blanc n’est pas supérieur au Congolais ni plus intelligent ni plus organisateur. Il est au aussi un fouteur de merde (nous devons le reconnaître) mais il sait respecter les lois lorsqu’il vit dans un Etat de droit. Dans un Etat anarchique comme le Congo, le Blanc profite du désordre. Est-ce sont les Congolais pauvres ou les firmes transnationales qui corrompent (captation) l’Etat congolais ? On le voit avec Forrest et compagnie. Ce qu’il faut instaurer, c’est le respect des normes, c’est l’Etat de droit, c’est la lutte contre la corruption, contre l’impunité. Ce qu’il nous faut au Congo, c’est placer des femmes et des hommes compétents et probes à la tête de l’Etat, pas ceux qui détournent l’argent payé par le Congo-Brazzaville à la SNEL.

Après Kasa-Vubu, le Congo a toujours été gouverné par des voyous qui viennent au pouvoir pour se remplir les poches. Nous sommes gouvernés par ceux qui ont toujours pillé l’économie congolaise, que vous dénoncez justement : c’est-à-dire les mobutistes et les kabilistes.

Les Chinois, les Japonais, les Malais, etc. n’ont pas nommé des Blancs à la tête de leurs entreprises nationales pour se développer. Ils ont trouvé la réponse dans leur culture, dans leurs traditions. Si vous m’indiquez votre adresse, je vous enverrai un exemplaire de mon livre : Fweley Diangitukwa, « L’exercice du pouvoir au Japon et en Afrique » (2001). Après Kasa-Vubu qui a laissé des millions dans les caisses de l’Etat, le Congo a toujours eu des chefs d’Etat incompétents et cupides qui n’ont jamais eu le courage de punir parce qu’ils volaient et volent eux-mêmes l’Etat. Voilà la vérité. Si le Botswana (en Afrique australe) est un exemple de probité, ce n’est pas grâce aux Blancs. Ce pays est moins corrompu que la plupart des pays occidentaux. « Corruption, pot-de-vin, dessous de table, captation de l’Etat, etc. » sont des termes qui viennent de l’Occident. Nous avons nos propres maux mais ne pensons pas que l’homme blanc est plus saint que le Congolais. Pourquoi l’Europe a-t-elle colonisé, n’est-ce pas pour piller les ressources naturelles dans les colonies et s’enrichir aux dépens des autres ? Soyons des femmes et des hommes probes et apprenons à punir. C’est tout. Ca marche en Occident parce que tout le monde (patron et ouvrier, riche et pauvre) est soumis aux mêmes lois qui doivent être respectées. Ce n’est pas le cas chez nous où le culte de la personnalité est total.

Je suis d’accord avec vous lorsque vous dites que « le mal est en nous » mais j’ajoute que le pouvoir actuel ne fait rien pour le combattre, d’où la nécessité d’agir contre ce pouvoir-là afin, par ricochet, de combattre le mal congolais. Voilà la solution. Le jour où le Congo aura des dirigeants compétents qui combattront la corruption, l’impunité et le chômage en créant des emplois décents, le Congo se développera rapidement car notre pays, béni par Dieu Créateur, a toutes les potentialités. Notre pays souffre parce que nous avons un problème d’hommes. Oui, un problème d’hommes. Les convoitises extérieures peuvent être résolues en ayant des leaders lucides et bons stratèges à la tête de l’Etat. Aujourd’hui, nous avons plutôt de petits stratèges – des affidés – qui travaillent pour eux-mêmes, pour le Rwanda et pour les Etats étrangers et les firmes transnationales qui les protègent. Je vous enverrai mon livre : Fweley Diangitukwa, « Stratégies pour la conquête, l’exercice et la conservation du pouvoir » (2011).
Vous dites : « Je refuse de croire que vous êtes moins intelligent que vos amis européens qui ont les mêmes diplômes que vous. Mais pourquoi avec la même matière étudiée, eux, parviennent à l´appliquer positivement pour le bien de leur société et que nous, nous n´y parvenons pas ou soit nous l´appliquons négativement ? ». A mon avis, nous ne parvenons pas pour les raisons que je viens d’évoquer ci-dessus. En un mot, c’est parce que nous sommes complaisants et parce que nous nous laissons diriger par les incompétents et les plus cupides d’entre nous, parce que nous n’avons pas de personnalité. Certains Congolais acceptent, sans état d’âme, de partager le pouvoir avec ceux qu’ils ont accusés hier d’avoir organisé des fraudes électorales. Sont-ils vraiment sérieux ? Ils ne sont guidés et motivés que par l’argent. Tenez, les députés sont plus intéressés par les six mille dollars de salaire que par les valeurs morales, que par leurs électeurs pour qui ils ne trouvent pas de solution, du moins jusqu’à présent.

Je suis parfaitement d’accord avec vous lorsque vous dites que « nous sommes incapables à l´innovation sans l´éradication ce qui nous enchaîne, notre mentalité ». Voilà pour quelle raison, Cher Compatriote JP Vununu, je vous invite à construite un autre Congo et à ne pas soutenir celui dans lequel il y a déjà un ver de terre cancéreux qui a fait pourrir le fruit. Les résultats de la métastase ont donné six millions de morts, des assassinats à l’infini, des emprisonnements (le Congolais Kuthino, qui n’a tué personne, est toujours en prison alors que les Rwandais Nkunda Batware et Bosco Ntaganda, qui ont semé la mort à l’Est, sont en liberté au Rwanda), des arrestations, des fraudes électorales, des surfactures pour les travaux publics, etc.

L’opposition à l’intérieur du Parlement actuel ne changera rien. Elle aura l’illusion de vouloir changer mais elle n’y parviendra pas. Elle sera continuellement écrasée. Le président de l’UNC pourra devenir le porte-parole de l’opposition, rien ne changera sauf peut-être à saisir cette position pour préparer ses chances pour l’élection présidentielle de 2016. C’est probablement la stratégie que votre parti poursuit. Nul n’est dupe. Mais là, vous vous trompez. Permettez-moi de vous le dire d’ores et déjà. Ce qu’il nous faut, c’est l’union de toute l’opposition face à un pouvoir criminel. Si l’UNC ne le comprend pas aujourd’hui, elle divisera demain les Congolais en faisant encore le jeu du pouvoir.

Vous dites : « Kabila est resté Président de la République malgré les irrégularités avérées aux élections de 2011. Il est reconnu par les institutions congolaises ». Evitons l’amalgame, Kabila est reconnu par les institutions que son pouvoir a mis en place. Donc, il est reconnu par ses institutions et non par les Congolaises comme vous le dites. De même, Mobutu était reconnu par les institutions que son pouvoir avait mises en place.  Il était reconnu par ses propres institutions (MPR, Tata bo moko, mama bo moko… Miso nga … Soki olingi koyiba Leta, yiba moke, etc.).

Pour moi, et cela n’engage que moi, le Congo est en transition depuis le 24 novembre 1965 et non depuis 1990 ni à partir de 1997.

Il ne s’agit pas de savoir si « Tshisekedi sera rétabli comme Président de la RDC » ou non, il s’agit de savoir si nous acceptons collectivement que les fraudes soient reconnues comme source de légitimité ou non. Si vous, vous dites « oui » et vous allez au Parlement, moi je refuse que les fraudes et les fraudeurs me gouvernent. Notre différence se trouve là et elle est de taille.

Notre pays compte sur votre intelligence pour construire un autre Congo, plus beau qu’avant comme l’ont souhaité les Pères de notre indépendance. Vous êtes un penseur très utile pour l’avenir de notre pays. Je vous invite à rester cohérent et à fondre votre intelligence dans l’intérêt général. N’oubliez pas chaque jour que le Congo a besoin de vous.

Je vous salue et vous souhaite une excellence journée.

Votre compatriote,

Fweley Diangitukwa

Président du CLD (Le Congo en légitime défense)

http://www.congolegitimedefense.com
http://www.fweley.wordpress.com

—-Message d’origine—-
De: jpvununu@yahoo.de
Date: 11.05.2012 06:33
À:
« lecridesopprimes@yahoogroupes.fr

Objet: [lecridesopprimes] QUELLE IDÉOLOGIE POUR LES PARTIS POLITIQUES CONGOLAIS ?

Monsieur le Prof. Fweley,

Je commencerais d´abord par vous remercier pour les compliments concernant mes analyses.
Mais je voudrais ici,  retourner l´ascenseur vers votre personne car pour moi et, sans doute pour plusieurs forumeurs et forumeuses, vous êtes l´un des intellectuels congolais qui est présent dans nos foras par le biais de vos interventions très pertinentes en ajoutant ici, vos multiples publications sur la vie politique, sociale et économique de la RDC.

Avant de revenir à vos questionnements, permettez-moi de faire  brièvement une petite rétrospectives ur la situation politique de la RDC.

A l´époque du MPR-Parti-État, Mokonzi bo moko, Parti moko, l´on a mis dans la tête des congolais que Mobutu fut l´incarnation du mal congolais. Et, nous avons cru en cela sans faire des analyses profondes sur les causes endogènes et exogènes de cette période.

Au fait, Mobutu avait institué tout un système sur lequel il régnait en maître incontestable. Vous conviendrez avec moi qu´avant de compter sur des appuis extérieurs, tout dictateur tire sa force sur ses appuis intérieurs qui font partie du système. Maintenant, il faut se poser la vraie question, qui sont ces appuis intérieurs dont je fais allusion ?  C´est toutes les institutions qui furent idéologiquement et politiquement inféodées au Chef suprême qu´il fut. Mais dans toutes ces institutions il n´y avait pas plusieurs Mobutu qui se multipliait en autant des congolais pour se soutenir et se donner la gloire. A l´époque de son règne, si je m´abuse entre 40 et  50 millions des congolais étaient pris en otage de ce système composé aussi des congolais proches de Mobutu qui constituèrent en grande partie sa force interne. Parmi eux, plusieurs intellectuels qui n´ont pas hésité à maintes reprises à modifier la Constitution pour l´intérêt d´une personne. Tant mieux, si c´est Mobutu qui a inoculé le virus des anti-valeurs aux congolais. Sera que pendant son règne il n´y avait pas des honnêtes congolais ? Je ne le confirme pas.

Voici bientôt 15 ans après le décès de Mobutu, nous constatons qu´on a trompé le peuple congolais en lui disant que Mobutu fut  l´incarnation du mal congolais. Or, jusqu´à présent,  l´espoir du peuple s´estompe du jour au jour. Malgré le scandale géologique, le peuple croupit dans la misère indescriptible. Pourquoi ce mal congolais demeure ou perdure encore ?

A l´heure actuelle, Kabila dont la mouvance présidentielle est constituée par les caciques de l´ancien régime est considéré comme étant l´incarnation du mal congolais. Entre-temps, ceux qu´on ne pointe pas du doigts, membres du système, se frottent les mains au moment où toutes les flèches sont orientées et dirigées vers une seule personne. A la fin, l´on remarquera que Kabila qui n´est pas éternel s´en ira mais le mal congolais, lui, restera. Et, ainsi de suite jusqu´à la venue du Messie. Voilà pourquoi depuis un certain temps, ayant compris cela, j´ai opté de lutter non pas contre une personne mais contre tout un système en me disant sans l´appui du système Kabila seul n´y peut rien. Il faut extirper le vers dans le fruit sinon…peine perdue.

Pour ce qui est de vos quatre questions, je veux essayer d´y répondre comme suit.

1. Vos critiques s’adressent-elles d’abord à votre propre parti UNC que vous connaissez mieux avant de s’adresser aux autres partis ? Ou, en d’autres termes, l’UNC fonctionne-t-il comme tous les partis de l’opposition que vous décriez ? Si oui, pourquoi y êtes- vous encore ?

Dans mon article, je parle de la classe politique congolaise sans exception. Et, vous savez que dans une société, l´on parle souvent sur une généralité que sur une particularité. L´UNC est un parti des congolais, de  là, si les maux qui rongent notre société proviennent de nous même les congolais, vous comprenez que je parle de tous le monde. Vous dites pourquoi j´y suis encore ? Simplement parce qu´avant d´adhérer dans ce parti je suis tout  d´abord un penseur libre qui a des convictions à défendre. Et, dans un parti démocratique ou soit dans une société, une autocritique est permise pour rectifier le tir. Je ne sais pas pour votre cas en Suisse, si ceux qui ont un avis critique sur les moeurs  de leurs concitoyens ou sur la manière dont la Suisse est gouvernée, doivent quitter leurs partis ? Et, laissez-moi vous dire que jusque là, celui qui dirige le parti UNC est un homme qui aime la confrontation d´idées. Vous le connaissez bien, il n´a jamais fui le débat et il n ´est pas hystérique à la contradiction voire à une remise en cause. Je le qualifie de démocrate qui a une vision claire et définie, voilà pourquoi j´y suis encore.

2. Profitez-vous de cet article pour faire la promotion de votre parti afin qu’il devienne la deuxième force du pays en faisant du président de l’UNC le porte-parole de l’opposition alors que l’UNC a moins de députés que le MLC ? Est-ce cohérent ?

Je ne crois pas que vous faites semblant de ne pas comprendre le fond et la forme de ma réflexion. Si du début jusqu´à la fin de mon article vous avez vu des éloges sur l´UNC, alors il faut redéfinir le mot promotion. Pour ce qui est du choix du porte parole de l´opposition, selon la Constitution ce poste doit revenir à la deuxième force politique du pays. Vous savez bien la position de l´UDPS sur ce point. Il reste le MLC qui vient avant l´UNC. Dans mon article, j´ai évoqué la mainmise qu´a Bemba sur ses lieutenants qui ont toujours peur de manifester leurs ambitions au sein de ce parti. Vous avez vu, 5 années se sont écoulées sans que ce poste soit  occupé… pas parce qu´au  MLC il n´y avait pas des gens capables. Vous savez pourquoi ou vous faites semblant. Donc, l´opposition ne doit toujours pas attendre la sortie de Bemba du CPI pour venir occuper ce poste. L´UNC est le troisième parti, après l´UDPS et le MLC, en plus, le Président  National de ce parti, M. Vital Kamerhe est arrivé troisième à l´élection présidentielle. Si vous faites bien la lecture de toutes les difficultés pour les deux premiers partis cités, vous trouverez qu´il y a bien une cohérence dans ma réflexion en souhaitant que ce poste soit occupé par l´UNC pour une opposition républicaine. Je n´ai pas inventé le refus de Tshisekedi qui ne reconnaît pas le gouvernement actuel et autant sur l´équation du MLC de se  détacher du Chairman. Vrai ou faux ?

3. Les Africains doivent-ils à tout prix singer les Occidentaux en ayant des partis de gauche, d’extrême gauche, de droite et d’extrême droite, du centre, du centre gauche et du centre droit ? N’y a-t-il pas lieu de suggérer d’autres alternatives ? Comment fonctionnait la démocratie africaine sous l’arbre à palabre ? Sommes-nous incapables d’innover en matière d’institutions politiques ?

Sur ce point, la balle est dans votre cas  camp en tant que politologue de proposer aux congolais  une alternative sur un nouveau mode de fonctionnement de notre démocratie. A mon avis, le mode occidental n´est pas mauvais puisque eux, réussissent pourquoi pas nous ? Et, je crois qu´il s´agit bien de notre mentalité qui en est la cause. Ce mode occidental n´est pas la cause de notre décadence. Un, jour j´ai lu la lettre ouverte de l´Ambassadeur honoraire AlbertKisonga, lettre adressée au Président Kabila en lui demandant de ne pas hésiter de nommer des ministres et PDG blancs en RDC. Certains ont tiqué et crié au scandale en condamnant le recours au néocolonialisme, mais en allant sur le fond de sa pensée, c´est suite a un constat d´échec qu´il est arrivé à cette conclusion. A t-il tort ou raison ?

Tenez, en RDC avec le même taux d´inflation, les entreprises étrangères comme Celtel, Tigo, Zain etc.. arrivent à se faire des millions tandis que nos propres entreprises n ´y arrivent  pas. Là aussi, pour vous il faut trouver un autre mode à l´africaine ?  Les Libanais, les Chinois, les Sénégalais etc.. qui tiennent des affaires chez nous réussissent sauf les congolais qui vivent dans un autre monde ne réussissent pas chez eux. Si les autres se font du fric chez-nous avec des travailleurs congolais et vous dites quoi ? Mobutu a « zaïrianisé  » les entreprises tenues par les blancs, une fois entre les mains des congolais, toutes ces entreprises ont disparu… La société Air-Zaire était florissante, une fois un PDG congolais à sa tête, l´on nous dit que mêmes les papiers hygiéniques manquaient aux toilettes de sa flotte ?  L´Onatra avec Mr. Palinckx n´avait pas des arriérés de salaire, une fois Lukusa Mwengula et les autres  congolais qui se sont succédés à sa tête, l´Onatra est devenu un canard boiteux ! La CMZ avait 10 bateaux, il faut demander les détails à Mon Commandant Évariste Mpwo. Les exemples sont légions.

Je refuse de croire que vous êtes moins intelligent que vos amis européens qui ont les mêmes
diplômes que vous. Mais pourquoi avec la même matière étudiée, eux, parviennent à l´appliquer positivement pour le bien de leur société et que nous, nous n´y parvenons pas ou soit nous l´appliquons négativement ? La comptabilité des blancs ne recommande pas le vol au trésor public !! Qui aurait étudié dans une université européenne où on lui aurait enseigné le vol dans la caisse de l´État ou  peut être on lui a recommandé de violer et tuer ses propres frères lorsqu´il deviendra une autorité politique ou militaire en Afrique et en RDC ? En se posant ce genre des questions, vous arriverez à comprendre que réellement nous sommes incapables à l´innovation sans l´éradication ce qui nous enchaîne, notre mentalité.

4. Vous demandez à M. Tshisekedi d’imiter le parcours de Mitterrand et de se préparer aux prochaines élections présidentielles. Est-ce que la France organisait des fraudes électorales ? Y a-t-il eu des Malu Malu et Daniel Ngoy Mulunda en France ? La Cour constitutionnelle française s’est-elle conduite comme la Cour suprême de justice du Congo ? Comparons ce qui est comparable.

Kabila est resté Président de la République malgré les irrégularités avérées aux élections de 2011. Il est reconnu par les institutions congolaises ainsi que la  communauté internationale . C´est pas moi qui l´a intronisé. Il s´est maintenu au pouvoir et se succède à lui même. Nous ne sommes pas parvenus à le  faire partir. Une autre réalité sur le terrain est que les institutions ont été installées. Certains refusent de reconnaître son autorité, c´est leur droit. Mais d´autres, trouvent qu´il faut continuer le combat en étant au sein du parlement, ils ont aussi raison. Si vous êtes dans la première catégorie, moi, je suis dans la seconde qui accepte que l´opposition siège au Parlement. Nous avons vécu une longue transition (1990-1997) qui a aboutit à rien. Le bras de fer actuel du contentieux électoral n´aboutira à rien lorsque l´on étudie les forces en présence sur le terrain en RDC et au niveau international. Je ne sais pas  si de votre part,  vous avez une autre lecture des faits et que pendant cette mandature, Tshisekedi sera rétabli comme Président de la RDC, c´est votre droit et j´attends.

Pour conclure, je ne vous dirais pas de relire mon texte simplement parce qu´à votre niveau, vous êtes à même de lire un texte une seule fois pour y arriver à décortiquer les conclusions qui s´imposent. Moi même en relisant mon texte, je trouve que vous me faites un faux procès -de ne pas être trop critique au pouvoir en place-  car j´y ai consacré  tout un paragraphe. Je n´ai jamais mis des gants pour défendre mes convictions. J´ai beaucoup écris sur la toile, le point commun de mes réflexions, c´est la remise en cause des maux qui rongent notre société, une sorte de prise de conscience pour le bien être du peuple congolais. J´ai toujours mis le peuple et la patrie au centre de mes réflexions. Si ceux  qui ne me comprennent pas pensent pour que je sois compris de leur part je dois comme eux, matin et soir, injurier Kabilaet ses collaborateurs, eh ben, c´est pas mon style. Je n´ai pas l´injure facile. Pour moi, comme fut Mobutu, Kabila partira un jour tandis que si nous ne nous attelons pas à s´attaquer  à la racine des vraies causes qui empestent notre société, nous n´y parviendrons jamais. A ce que je sache, il n´y  a pas 70 millions de Kabila en RDC.  Kabila est minoritaire par rapport aux 70 millions des congolais. Même si Kabila l´appui de sa mouvance, ensemble, ils sont minoritaires par rapport au restant des congolais, admettez que c´est la faiblesse et autres défauts des congolais qui fait la force de ceux qui nous manipule. Eux, ont compris ce que les congolais sont et, ils jouent sur cet aspect tandis que nous, nous refusons de reconnaître ce que nous sommes.

Mes salutations patriotiques.

JP-Vununu

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Von: « afriquenouvelle@bluewin.ch » <afriquenouvelle@bluewin.ch>
An: kivu-
avenir@yahoogroupes.fr
CC: lecridesopprimes@yahoogroupes.fr

19:54 Donnerstag, 10.Mai 2012
Betreff: [lecridesopprimes] RE: [KIVU-AVENIR] QUELLE IDÉOLOGIE POUR LES PARTIS
POLITIQUES CONGOLAIS ?

Monsieur J-P Vununu,

Votre texte me pousse à plusieurs observations :

1. Vos critiques s’adressent-elles d’abord à votre propre parti UNC que vous connaissez mieux avant de s’adresser aux autres partis ? Ou, en d’autres termes, l’UNC fonctionne-t-il comme tous les partis de l’opposition que vous décriez ? Si oui, pourquoi y êtes- vous encore ?

2. Profitez-vous de cet article pour faire la promotion de votre parti afin qu’il devienne la deuxième force du pays en faisant du président de l’UNC le porte-parole de l’opposition alors que l’UNC a moins de députés que le MLC ? Est-ce cohérent ?

3. Les Africains doivent-ils à tout prix singer les Occidentaux en ayant des partis de gauche, d’extrême gauche, de droite et d’extrême droite, du centre, du centre gauche et du centre droit ? N’y a-t-il pas lieu de suggérer d’autres alternatives ? Comment fonctionnait la démocratie africaine sous l’arbre à palabre ? Sommes-nous incapables d’innover en matière d’institutions politiques ?

4. Vous demandez à M. Tshisekedi d’imiter le parcours de Mitterrand et de se préparer aux prochaines élections présidentielles. Est-ce que la France organisait des fraudes électorales ? Y a-t-il eu des MaluMalu et Daniel NgoyMulunda en France ? La Cour constitutionnelle française s’est-elle conduite comme la Cour suprême de justice du Congo ? Comparons ce qui est comparable.

La Suisse a toujours refusé l’alternance au pouvoir comme cela se passe en France et dans les pays anglo-saxons où le parti qui gagne avec 51 % (majorité relative) ignore complètement celui qui a perdu avec 49 %). C’est cruel. En Suisse, avec la démocratie de concordance ou consensuelle, tous les partis sont au pouvoir. Les plus populaires ont plus de sièges que les autres. L’opposition se fait à l’intérieur du système. Ce modèle n’est-il pas mieux indiqué pour les Africains, et en particulier pour les Congolais ?

J’admire vos analyses mais j’avoue que j’ai quelquefois beaucoup de peine à vous suivre. Pour vous, les Congolais doivent fermer les yeux et accepter les fraudes électorales. Quelle est votre logique, votre éthique ? Est-il possible de construire l’avenir d’un pays en fermant les yeux sur les injustices ? Vous demandez aux partis dans l’opposition de se préparer aux prochaines échéances, notamment aux élections sénatoriales. Avec un tel raisonnement, vous n’aidez pas notre société à se « civiliser » et vous avez peur de condamner les fraudeurs. Les Congolais honnêtes ne vous comprennent pas. Ils ont le droit de penser que vous faites le jeu du pouvoir – qui est un jeu dangereux pour l’avenir de notre pays. On ne peut pas construire des lendemains qui chantent en fermant les yeux sur les fraudes, sur les crimes et sur les injustices. En Allemagne où vivez, les Nazis qui avaient commis des crimes pendant les deux guerres – et en particulier pendant la Seconde guerre – sont recherchés jusqu’à présent. L’Europe cherche à donner une leçon et à empêcher la répétition de mêmes crimes dans l’avenir.

Vous critiquez sévèrement l’opposition dans sa généralité mais le courage vous manque de critiquer ceux qui se sont emparés du pouvoir et qui gouvernent le pays par défi. Entre les deux camps, lequel est plus condamnable ?

Je partage votre critique du slogan : « Révolution de la modernité », car il est creux. C’est un non sens déroutant parce qu’il s’agit d’une tautologie. Qui a pu sortir une telle sornette ?

Monsieur J-P Vununu, vous êtes un intellectuel, je vous invite à le demeurer malgré les vicissitudes.
C’est par la cohérence et la constance que l’on change l’avenir d’un pays. On ne badine pas avec les fraudes électorales. Un fraudeur reste un fraudeur. Ce n’est pas en devenant complaisant ou gentil avec lui qu’il changera.

Votre compatriote,
FweleyDiangitukwa
Président du CLD (Le Congo en
légitime défense)
http://www.congolegitimedefense.com
http://www.fweley.wordpress.com

—-Message d’origine—-
De: ntacikiny@hotmail.com
Date: 10.05.2012 17:57
À: « kivu- groupes avenir »<kivu-avenir@yahoogroupes.fr>, « lecridesopprimés yahoogroupes »<lecridesopprimes@yahoogroupes.fr>
Copie:

<diasporacongolaise-allemagne@googlegroups.com>
Objet: RE: [KIVU-AVENIR] QUELLE IDÉOLOGIE POUR LES PARTIS POLITIQUES CONGOLAIS ?

En RDCongo , les partis n’ont pas d’idéologie politique, ils ont des noms évocateurs et rien de plus. Les partis sont considérés comme des sociétés privées constituées d’un certain nombre d’individus tournant autour du grand financier qui est le plus souvent appelé président du parti ou fondateur. La seule idéologie qui existe est : prendre le pouvoir pour gouverner et s’en ettre les poches. Tout ce qui est écrit dans leurs statuts fondateurs n’est que lettres mortes et trompe l’oeil pour l’extérieur chez qui ils quémandent encore de l’argent. NYK

From: jpvununu@yahoo.de

Date: Wed, 9 May 2012 18:57:48 +0100
Subject: [KIVU-AVENIR] QUELLE IDÉOLOGIE POUR LES PARTIS POLITIQUES CONGOLAIS ?

QUELLE IDÉOLOGIE POUR LES PARTIS POLITIQUES CONGOLAIS ?

Au lendemain de l´élection de M. François Hollande comme 7ème Président de la 5ème République Française et 2ème Président socialiste après M. François Mitterrand, la presse audiovisuelle française a montré la liesse qui était en son comble dans plusieurs capitales européennes notamment en Allemagne voisin, où les partisans du parti socialiste Allemand, le SPD du Président (Parteivorsitzender), M. Sigmar Gabriel, attendaient le résultat en direct en vivant le même moment d´émotion que les partisans du parti socialiste Français lors de la découverte du visage du prochain Président Français à 20 Heures précises. Est-ce qu´en Afrique, l´on peut saluer l´élection du Président d´un pays limitrophe du même courant politique ? La réponse est non. Parce que depuis la fin de la guerre froide, la majorité des partis politiques africains sont devenus des partis de la mouvance au pouvoir pour bouffer, si c´est pas dans l´opposition pour faire du bruit en espérant d´être appelés à leur tour au festin pour le partage du gâteau. Et, ainsi de suite. Si en Europe, la ligne idéologique des partis est bien définie, ce, en gardant la tendance connue soit, à gauche, à droite, au centre-gauche, au centre-droit, à l´extrême gauche et à l´extrême droite, il est bien rare en Afrique en général et en RDC en particulier, de connaître l´idéologie et la tendance de nos partis pour la seule est simple raison que, ceux-ci dans leur lutte ne font que la quête des postes ministériels et dans les institutions du pays pour se servir. En d´autre termes, ce qui prime, c´est l´idéologie du ventre pour participer à la mangeoire en ne défendant aucune couleur idéologique. Ceci, loin des débats d´idées qui sont à la base de la méritocratie comme dans la majorité des partis occidentaux et de leurs leaders politiques. L´on vient de le vivre en France, l´austérité et la précarité dans ce pays ont joué un grand rôle dans le choix du nouveau Président qui sera bien jugé sur base de ses promesses électorales d´ici 100 jours. Tel est le cas en RDC ? Qu´il ait austérité, précarité, mort d´hommes, crise politique et autres calamités, ce qui compte, c´est pas la recherche de solutions, c´est se servir d´abord. Moi d´abord, le peuple après. Du reste, si la plupart de nos partis au pouvoir manquent de vision sur l´orientation politique à donner à notre pays, il faut aussi signaler que les partis de l´opposition , eux aussi, ne proposent rien comme alternative dans les dossiers importants, lesquels, le pouvoir en place aurait échoué, ceci, au nom de l´amour de la patrie et le progrès de la nation. Ce qui est déplorable dans tous, et que, nos partis ne peuvent pas se départir de la mentalité congolaise bardée des vices à éradiquer. Normalement, c´est le plus grand chantier car sans une lutte très engagée contre les anti-valeurs en RDC, tous les efforts consentis dans chaque secteur seront vains.

L´homme congolais étant ce qu´il est, dans nos partis et nos institutions, il est rarissime de faire une différence entre la fonction et l´institution ou la fonction et le parti. Dans plusieurs cas, l´institution et le parti deviennent personnalisés voire confondus aux humeurs et caprices de celui ou ceux qui sont à la tête en foulant aux pieds, la Constitution pour le premier cas et les statuts du parti pour le second cas. De ce fait, c´est pas la loi voire les textes qui déterminent la ligne à adopter pour le bon fonctionnement du pays, de l´institution et du parti. Au contraire, c´est bien la volonté personnelle et les humeurs de ceux qui dirigent nos institutions et nos partis qui priment. Le débat contradictoire, l´autocritique et la contre-expertise sont des ennemis de la politique congolaise. Ce qui sous-entend que, les congolais doivent inventer leur propre manière de faire la politique car on serait loin de qualifier ce qui se passe chez-nous comme étant faire la politique. Plusieurs leaders des partis congolais s´époumonent non pas pour défendre leurs idées ou l´ idéologie de leurs partis, mais ils
parlent pour plaire au Président en exercice dans le but de mériter sa confiance pour des fins personnelles. Rien d´autres. L´intérêt de la nation et la souffrance du peuple ne sont pas prioritaires.

En prenant l´exemple palpable du nombre de sièges à l´assemblée nationale, qui pourra nous donner exactement la configuration politique sur la répartition des sièges en les classifiant par courant politique et idéologique ? Sur 500 députés congolais, il y a combien des députés de gauche ? De droite ? De l´extrême gauche ? De l´extrême droite ? Du centre-gauche ? Du centre-droit ? Chose grave, l´on aura pas froid aux yeux de conclure ici que certains de nos élus ne savent mêmes pas se définir par rapport à un courant. Pour les uns, ils sont simplement devenus politiciens tandis que pour d´autres, ils sont carrément politiciens de carrière depuis longtemps, ce, sans savoir leur courant politique. Et, plusieurs sont déjà partis à la retraite sans qu´on sache vraiment ce qu´ils défendaient comme idéologie ou orientation politique. Un jour viendra où l´on écrira le dictionnaire politique congolais, tous seront qualifiés de politicien sans tendance alors que sous d´autres cieux, lorsqu´on cite le nom d´un politicien Allemand, Français etc. …l´on accole à son nom, son courant politique. En RDC, ce qui importe c´est de devenir politicien, ensuite, concourir pour être ministre ou soit obtenir un poste dans les institutions du pays, le reste comme défendre les idées de son courant politique n´a pas assez d´importance. Ici, ce sont les paroles du chef qui deviennent une sorte d´orientation politique sans courant sauf que les points communs pour la défense des idées du chef seraient bien l´argent, la survie politique et humaine, donc personnelle. L´idéologie du parti n´est pas l´apanage du chef. Là où le bât blesse, c´est lorsque tout un grand pays comme la RDC est dirigé rien que sur base d´un slogan comme les 5 chantiers sans que le parti propriétaire du slogan puisse en donner une connotation sociale et économique en transformant ce slogan comme un programme gouvernemental ou un projet de société dont il faudrait évaluer dans le temps, court , moyen et long terme. Voici 5 ans après le lancement du slogan cité ci-dessus, le laboratoire politique de la mouvance au pouvoir nous a trouvé un autre terme, la révolution de la modernité, ce, sans tirer les conclusions qui s´imposent sur le slogan du premier quinquennat, les 5 chantiers. Lorsque l´on lit la presse congolaise et regarde les interviews réalisées par les défenseurs de la politique gouvernementale, l´on entend souvent ces mots :  » La révolution de la modernité ” sans savoir au fond, s´il s´agit d´un slogan qui va donner l´impulsion au premier slogan – programme gouvernemental, les 5 chantiers ou en soi, il s´agit d´un tout nouveau programme de l´actuel quinquennat en remplacement du premier slogan. De là, à se demander si le premier programme est bel et bien terminé, il y a un pas vite franchi dans l´expectative.

Cependant, dans cet imbroglio de courant politique ou d´orientation politique, l´opposition aussi n´a pas des mains propres. Rappelons que pour la mandature passée, l´opposition constitutionnelle était incapable de mieux s´organiser en vue de trouver un consensus sur le poste de chef de file le réservant toujours à M. Bemba qui pourtant l´on savait, son procès au CPI ne présageait pas une éminente relaxation. Cinq (5) années sont passées sans que ce poste prévu dans la constitution soit occupé par l´un des lieutenants de M. Bemba au MLC considéré comme deuxième force politique du quinquennat passé. Il parait que dans le dossier de sa défense, M. Bemba misait sur ce poste pour faire valoir son poids politique en RDC en croyant que cet aspect allait concourir positivement à sa libération. Ce qui ne fut pas le cas. Alors, pourquoi n´y a-t-il pas eu d´autres noms comme alternatives ? Ici, l´on renseigne la peur – d´être traité de traître par le Chairman et ses fidèles – qui planait sur les têtes de M. François Mwamba et M. ThomasLuhaka. Ce qui prouve que nos partis sont inféodés à leurs Présidents Fondateurs à vie. Si hier, l´opposition était l´otage des caprices de M. Bemba bien que se trouvant encore dans sa geôle de la CPI, aujourd´hui, la situation est presque similaire avec la deuxième force politique d´après les urnes, qu´est l´UDPS. Ce parti aussi est devenu otage des caprices de son Président, M. Etienne Tshisekedi. Je sais, comme avec mon dernier article intitulé “Et si Kabila n´était pas ce que les combattant congolais pensent de lui ? « Je veux me faire houspiller par les sceptiques fanatiques du Sphinx de Limeté. Mais cela vaut la peine car il n´y a que Dieu qui est parfait. Et, le leader maximo n´est pas un « dieu  » exempt à la critique surtout lorsque celle-ci est constructive. 33 députés de L´UDPS sont manumilitari exclus du parti sans qu´on ait le temps d´écouter leurs explications concernant leur choix de siéger au Parlement. L´on dit qu´ils ont trahi le parti et Tshisekedi sans même tenir compte de leurs électeurs voire du peuple qui les a choisi. L´on nous renseigne qu´à l´UDPS, la voix de M. Tshisekedi vient de ce que l´on entend et ce que l´on entend vient de lui, ses paroles et décisions ne font pas l´objet d´un débat, d´une discussion, elles sont carrément irrévocables. Niet. Le chef a décidé, fini pas de recours, pas de convocation d´une commission disciplinaire. Le chef a toujours raison, il ne se trompe jamais. Lui et le parti font un, le parti lui appartient. Tout celui qui a un avis contraire au chef est qualifié de traître sans ménagement. Mais voyons, comment appelez-vous ce comportement du chef ?

C´est de la démocratie ou la dictature ? Il n ´y a que deux possibilités. Ou alors, inventons une démocratie à la congolaise où la voix de nos chefs des partis sera paroles d´évangile. Même au sein de l´église, le Christ appelle les chrétiens à sonder les écritures de manière à ne pas être les bénis oui-oui pour suivre n´importe quel pasteur ou serviteur de Dieu qui s´en écarterait dans l´interprétation de la parole sainte. Oui, à l´UDPS, le congrès, les statuts et le règlement d´ordre intérieur sont un, ils sont dans l´esprit et l´agissement du Chef suprême qui n´écoute que son aura.

En outre, comme le Chef n´est pas devenu Président de la République, tout doit s´arrêter, tous ceux de l´opposition qui veulent siéger aux institutions de la République sont devenus des traîtres. Le peuple congolais doit se rappeler de l´époque du Maréchal Mobutu, époque que lui-même Tshisekedi avec ses 12 compatriotes formant le groupe des irréductibles 13 parlementaires du Parti-État, ont bravé la peur en confrontant M. Mobutu face à face. Ils ont été à la base de la date historique du 24 avril 1990, date où M. Mobutu a reconnu le multipartisme tandis que dans ses meetings emphatiques, il ne cessait de clamer Mokonzi bo moko, parti bo moko. MPR-Parti-État. Il jurait: Moi vivant, il n´y aura qu´un seul parti, le MPR en RDC, ex-Zaire.

A mon humble avis, notre parlement actuel a 10 fois plus ce nombre de 13 comme fut à l´époque de M. Mobutu. Dire aux gens que le parlement sera une caisse de résonance de Kabila serait minimiser toutes les personnalités politiques de l´opposition qui y siégeraient. Au contraire, il n´y a jamais eu 2 sans 1 et 13 sans 10, si 13 parlementaires dignes et patriotes ont fait trembler M. Mobutu à combien plus forte raison ne le feront pas les 130 députés de l´opposition face à M. Kabila ? Si Tshisekedi comme il se raconte, nommera son gouvernement à lui, donc ne reconnaît pas ce gouvernement, tant mieux. Du moins que l´opposition institutionnelle, celle issue des urnes, s´organise pour trouver un chef de file afin de former une vraie opposition républicaine. Or, en se basant sur les résultats des élections, bien que le MLC ait plus des députés que l´UNC, à l´absence de M. Bemba, le leader de l´UNC, M. Vital Kamerhe qui est arrivé troisième à la présidentielle a des atouts pour organiser cette opposition républicaine.

Que du temps perdu dans les querelles intestines et le manque d´esprit de consensus. Ainsi, petit à petit, la mandature actuelle ressemblera à la mandature précédente, c´est à dire, sans un vrai chef de file de l´opposition. Ce qui est triste, M. Tshisekedi ne reconnaît pas les législatives mais reconnaît uniquement la présidentielle qui lui a donné la victoire. Pourtant, les deux élections étaient organisées simultanément. Comme qui dirait, les irrégularités n´étaient qu´aux législatives. Pire, certains députés élus, bien qu´acceptant de siéger au Parlement, une des institutions de la République dont M. Kabila fut proclamé Président, déclarent la main sur le cœur que pour eux, leur Président c´est toujours Tshisekedi ! Quelle confusion ? Dans ce cas, qu´ils attendent le Parlement qui sera institué par le gouvernement Tshisekedi, en sus, avec quelle crédibilité et incidence ?

Quoi qu´on se le dise, cela va de l´avenir de ce grand parti qu´est L´UDPS et de toute l´opposition congolaise. Mine de rien, la posture du Président de ce parti, chamboule tout et cela fait désordre. Que ça soit du côté du pouvoir tant du côté de l´opposition, il joue le trouble-fête. Un match de football se termine mais une bataille politique ne se termine jamais ! Le match des élections s´est déjà clôturé, ce, malgré l´injustice de l´arbitre. L´équipe UDPS doit être comme une équipe corporative de Football, c´est dire, elle doit se concentrer sur les prochaines échéances électorales comme les sénatoriales, les municipales et les locales au lieu de se résigner et se recroqueviller sur elle-même parce que la fonction du Président de la République a échappé à son Président. En politique, il faut savoir attendre son tour et son destin. Mitterrand en sait quelque chose pour sa patience et sa ténacité. Dans sa carrière politique, Tshisekedi n´a jamais été candidat président de la république à l´époque de M. Mobutu, 2011 était sa première fois.

S´il trouve qu´il ne peut pas aller à la retraite, il a le plein droit de continuer mais en se remettant en cause pour se poser la question pourquoi malgré le soutien total du peuple, l´occident ne l´a pas soutenu ?En plus, qu´il s´attelle à démocratiser son parti et, au besoin, choisir son dauphin qui au cas de son indisponibilité, continuera son œuvre. Ce qui est difficile dans le cas de nos partis en RDC qui ne sont pas loin des biens privés de leurs Présidents fondateurs. Oui, la vérité blesse mais elle affranchit pour le bien tandis que le mensonge conduit vers l´abîme. La vérité étant similaire au bien et le mensonge au mal, dans la vie, nous n´avons que ces deux choix, pas plus. Qui dit mieux ?

JP-Vununu