Archive | mai, 2015

Comment le pouvoir détourne l’attention de l’opposition

28 Mai

Comment le pouvoir détourne l’attention de l’opposition

Par Fweley Diangitukwa, politiste

http://www.fweley.wordpress.com

À chaque crise majeure, il faut que le pouvoir détourne l’attention de l’opposition pour l’obliger à parler d’autre chose que de la crise en cours. Le pouvoir établi doit faire en sorte que l’opposition dépende totalement de lui et de son plan afin qu’elle ne soit pas maîtresse des enjeux futurs, c’est-à-dire qu’elle ne réfléchisse pas aux actions à mener. Pour cela, il faut la distraire continuellement en lui parlant de concertations nationales, de dialogue, de référendum, de gouvernement de cohésion nationale ou d’union nationale, de révision constitutionnelle, de décentralisation ou encore de réforme administrative, d’enrôlement des électeurs, etc. Autant de sujets polémiques qui divisent les opposants et qui permettent au pouvoir de gagner du temps. Il faut occuper l’esprit des opposants au régime par tout ce qui les éloigne de la conquête réelle du pouvoir. De tels débats les empêchent de s’intéresser à l’essentiel (la lutte pour le pouvoir) de sorte que lorsqu’ils se réveilleront, il leur sera trop tard pour s’organiser. C’est le principe de distraire pour régner qui vient renforcer celui de diviser pour régner.

L’initiative d’initier un dialogue (ou un dossier de lutte contre la corruption qui colle à ce régime comme la crotte d’un chien collée à la chaussure) doit être vue comme une volonté de distraire et de diviser l’opinion publique pour gagner du temps et arriver jusqu’à la fin du mandat sans dégât. Cette idée s’inscrit dans l’intention d’étouffer toute révolte populaire en suscitant quelque espoir. Il faut toujours faire croire à une ouverture là où il y a une fermeture totale. En politique, un bon stratège doit chercher à surprendre son adversaire de manière non violente. C’est lorsqu’il rencontre une résistance féroce et une détermination de son adversaire qu’il opte, en dernière analyse, à recourir à l’épreuve de force, c’est-à-dire à la violence. Jamais avant. Il faut paraître dit Machiavel. Il ne faut pas oublier que la politique est un lieu de grande fourberie, seuls les esprits faibles et naïfs croient à la bonne foi des acteurs politiques.

Depuis la Seconde Guerre mondiale, les méthodes fortes ont reculé car elles ne font plus recette dans la politique interne. Seule la politique étrangère reste un terrain d’exercice de la violence.

Les hommes politiques fourbes savent qu’il suffit de créer les conditions d’un espoir pour que la vigueur de la contestation s’amoindrisse en faisant place au débat. Jetez-leur du riz, ils se querellent entre eux. Faites leur une proposition alléchante, ils détournent leur attention de l’essentiel. Il faut, à chaque étape, occuper l’esprit des opposants par de nouvelles idées alléchantes. Oui, il faut savoir entretenir l’espoir dans le but de durer au pouvoir.

C’est dans la socialisation des citoyens que l’on trouve les méthodes d’endormissement les plus efficaces. La socialisation aide à formater l’esprit des citoyens pour les pousser dès la naissance à se soumettre et à ne pas contester le pouvoir. Qu’elle soit familiale, scolaire ou politique, la socialisation limite les aptitudes à la contestation de l’autorité. Toujours distraire, c’est le maître mot.

Il faut, pour cela, occuper le peuple à se contenter d’autre chose que de l’essentiel. Pour qu’il ne s’intéresse pas au mode d’organisation sociale qui l’opprime, le pouvoir politique doit l’inciter à regarder ailleurs, en l’amenant par l’éducation à penser à la formation et à l’insertion professionnelle, à la vie de famille, aux activités dans le quartier, dans la société, etc. À chaque étape, il faut occuper la pensée du peuple par des débats futiles car un homme occupé a un horizon réduit et, plus il est occupé, plus il s’intéresse à ce qu’il fait et moins il est porté à contester l’ordre établi. Moins il tend à se révolter.

Il est nécessaire d’affamer le peuple pour l’obliger à s’occuper de sa survie plutôt que de la politique. À chaque fois que la contestation devient pressante, il faut lâcher du lest pour créer un nouvel espoir, diviser les opposants en cooptant certains par la corruption et par la distribution des postes au gouvernement. En procédant ainsi, on réduit leur tension.

Il faut savoir engraisser les esprits simples et naïfs qui vont soutenir le pouvoir même lorsqu’ils ne sont pas convaincus des bienfaits du régime. Un réseau de distribution des deniers publics, efficace et discret, doit être mis en place. Ceux qui combattent le pouvoir doivent être approchés subtilement. Il faut leur proposer de l’argent afin qu’ils se taisent et n’écrivent plus des critiques incendiaires contre le régime. Aux plus têtus, il faut proposer des postes politiques de courte durée afin de les discréditer auprès de leurs et de les détruire politiquement.

L’invitation au dialogue est une façon de contrôler à distance les préoccupations de l’opposition et de canaliser leurs idées. Il faut faire en sorte que les opposants n’aient pas la possibilité de tracer l’avenir de leur nation car ce rôle doit à tout prix revenir aux hommes du pouvoir et à eux seuls. L’opposition doit être réduite à se prononcer sur ce que le pouvoir lui propose pour la contraindre à se positionner : soit elle s’oppose soit elle accepte. On l’empêche de raisonner en occupant son mental. Ainsi, le processus de prise de décision sur l’avenir de la nation ne peut la préoccuper. Il faut faire en sorte que l’accès aux informations devienne de plus en plus difficile voire sélectif et impossible à ceux qui contestent l’ordre établi afin de donner libre cours à la spéculation.

En faisant régulièrement des propositions au peuple et à l’opposition auxquelles le décideur politique est le premier à ne pas croire, le pouvoir établi occupe le mental des gens et il creuse un fossé entre « eux et nous », entre le peuple et les élites du pouvoir. Il faut toujours susciter l’espoir et donner l’impression d’une ouverture réelle là où tout est verrouillé. C’est bien ce que l’on appelle : le marché de dupes. Pendant qu’ils débattent, le pouvoir réfléchit aux stratégies de sortie de la crise ou de l’impasse. Il faut toujours persuader et entretenir l’usure. Ne recourir à la violence qu’en dernière étape. Diviser l’opposition pour que ses acteurs se querellent. Entre-temps, le pouvoir gagne du temps avant de lancer une nouvelle proposition et de susciter un nouvel espoir.

Pendant que le peuple va à gauche, le pouvoir va à droite sans le dire. Pendant que le peuple va à droite, le pouvoir va à gauche sans le dire. La manipulation dans la conduite du peuple demeure le maître mot. Toujours faire croire que le pouvoir va dans la même direction que le peuple.

Pour éviter d’attirer un quelconque soupçon, il faut plus de divertissement émotionnel à la télévision que des débats instructifs car les esprits faibles aiment ce qui est ludique, futile et passionnel. Par tous les moyens, il faut empêcher le peuple de penser à l’essentiel. Son esprit doit être occupé par l’alcool, la musique et le sexe. Ces subterfuges doivent primer sur le reste car sans ces tranquillisants sociaux, le peuple s’intéresse à l’essentiel.

Pour ceux qui ont déjà adhéré au parti au pouvoir, il faut entretenir la peur de sortir du système et de ne plus bénéficier des conditions nécessaires au bonheur et à la vie facile. Ces femmes et ces hommes acquis au pouvoir surveilleront leurs compatriotes, comme un berger surveille son troupeau. Ils les dissuaderont de s’opposer. Il faut tout faire pour endormir la lucidité des opposants et du peuple. Tout ce qui facilite son éveil en mettant en cause le régime doit être étouffé, combattu et puni sévèrement. Sans action il n’y a pas de changement et donc pas d’évolution.

Le recours au dialogue ou au référendum sert à détourner l’attention de l’opposition et à gagner du temps en imposant à l’opposition et aux Citoyens les points de vue des gouvernants.

Fweley Diangitukwa, politiste

http://www.fweley.wordpress.com

Dans le même sens

Günther Anders dans son livre : « Die Antiquiertheit des Menschen » (L’obsolescence de l’homme) qu’il publie en 1956, écrit à la page 122 ceci :

« Pour étouffer par avance toute révolte, il ne faut pas s’y prendre de manière violente. Les méthodes du genre de celles d’Hitler sont dépassées. Il suffit de créer un conditionnement collectif si puissant que l’idée même de révolte ne viendra même plus à l’esprit des hommes. L’idéal serait de formater les individus dès la naissance en limitant leurs aptitudes biologiques innées.

Ensuite, on poursuivrait le conditionnement en réduisant de manière drastique l’éducation, pour la ramener à une forme d’insertion professionnelle. Un individu inculte n’a qu’un horizon de pensée limité et plus sa pensée est bornée à des préoccupations médiocres, moins il peut se révolter. Il faut faire en sorte que l’accès au savoir devienne de plus en plus difficile et élitiste.

Que le fossé se creuse entre le peuple et la science, que l’information destinée au grand public soit anesthésiée de tout contenu à caractère subversif. Surtout pas de philosophie. Là encore, il faut user de persuasion et non de violence directe : on diffusera massivement, via la télévision, des divertissements flattant toujours l’émotionnel ou l’instinctif.

On occupera les esprits avec ce qui est futile et ludique. Il est bon, dans un bavardage et une musique incessante, d’empêcher l’esprit de penser.

On mettra la sexualité au premier rang des intérêts humains. Comme tranquillisant social, il n’y a rien de mieux. En général, on fera en sorte de bannir le sérieux de l’existence, de tourner en dérision tout ce qui a une valeur élevée, d’entretenir une constante apologie de la légèreté ; de sorte que l’euphorie de la publicité devienne le standard du bonheur humain et le modèle de la liberté.

Le conditionnement produira ainsi de lui-même une telle intégration, que la seule peur (qu’il faudra entretenir) sera celle d’être exclus du système et donc de ne plus pouvoir accéder aux conditions nécessaires au bonheur. L’homme de masse, ainsi produit, doit être traité comme ce qu’il est : un veau, et il doit être surveillé comme doit l’être un troupeau. Tout ce qui permet d’endormir sa lucidité est bon socialement, ce qui menacerait de l’éveiller doit être ridiculisé, étouffé, combattu.

Toute doctrine mettant en cause le système doit d’abord être désignée comme subversive et terroriste et ceux qui la soutienne devront ensuite être traités comme tels. On observe cependant, qu’il est très facile de corrompre un individu subversif : il suffit de lui proposer de l’argent et du pouvoir. »

Günther Anders dans son livre : « Die Antiquiertheit des Menschen » 1956 – p.122.

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Ils veulent trahir le peuple congolais par un faux dialogue

18 Mai

RD CONGO : Ils veulent trahir le peuple congolais par un faux dialogue

Au peuple congolais,
Aux partis politiques de l’opposition,
A la société civile congolaise,

Chers compatriotes,

La situation sécuritaire au Nord-Kivu et au Sud-Kivu est très préoccupante. Tous les observateurs avisés s’accordent à dire qu’il y a péril dans la demeure. Pour cette raison, chaque Congolaise et chaque Congolais et digne de ce nom doit s’engager corps et âme pour sauver la Mère Patrie en danger.

En effet, le gouverneur Julien Paluku vient de confirmer une nième incursion des soldats rwandais sur nos terres, dans le territoire de Nyiragongo, tandis que l’armée ougandaise s’est invitée à son tour en secteur de Rwenzori.

Au Sud-Kivu, plusieurs réfugiés venant du Burundi écument le territoire et font des pressions inacceptables sur nos populations autochtones. Leur présence massive et suspecte cache insidieusement des intentions bellicistes à peine voilées. Comme d’habitude, ces incursions récurrentes sont rendues possibles par la complicité du régime illégitime et illégal qui dirige notre pays par défi. Les populations kivutiennes vivent en permanence dans la crainte de revivre les affres de la guerre d’occupation de triste mémoire menée par l’AFDL : œuvre diabolique d’extermination du peuple congolais initiée par le triumvirat Rwanda, Ouganda et Burundi dans les années 1996-1997. Entre-temps, à Kinshasa, le pouvoir d’occupation et son opposition dansent le tango. Plutôt que de prendre des positions formelles contre le danger permanent qui menace l’intégrité de notre territoire national, les acteurs du système travaillent à sécuriser l’insécurité pour pérenniser le chaos et ainsi justifier leur maintien à la tête du pays et, par voie de conséquence, maximiser leurs profits.

On se rappelle que les manifestations des 19, 20 et 21 janvier 2015 menées vaillamment par notre jeunesse ont eu pour but d’empêcher le régime de se maintenir au pouvoir pour éviter de nombreuses arrestations et son cortège des morts. Cet objectif noble et patriotique de l’opposition, qui en a été l’artisan et qui a demandé à la population de Kinshasa de descendre dans la rue, semble s’éloigner du but à atteindre dans un futur proche. Dans le registre des horreurs qui ont suivi les dates macabres de janvier, on a compté le 19 mars 2015 les corps de 425 de nos Concitoyens tués et jetés sans ménagement à Maluku – dans la banlieue kinoise – dans une fosse commune au mépris de la dignité due aux morts. Cet événement très révoltant, qui aurait dû permettre à notre peuple d’en finir avec le régime répressif et de tourner ainsi définitivement la page de l’imposture, semble également s’éloigner de la préoccupation immédiate de l’opposition qui préfère s’occuper des débats électoralistes, en sollicitant un dialogue afin de partager le pouvoir avec les tricheurs patentés qui ont rendu notre pays ingouvernable.

Face aux multiples atermoiements d’une partie de l’opposition congolaise qui, au moment des événements tragiques qui frappent nos populations, évite de qualifier le régime totalitaire de Joseph Kabila de pouvoir d’occupation et de le sanctionner en conséquence, des résistants congolais résidant en Suisse et en Allemagne accusent et taxent de collaborationnistes ces femmes et ces hommes qui travaillent avec ce régime qui opprime et humilie le peuple congolais. Le moment venu, les Congolais jugeront et détermineront qui sont ceux qui combattent réellement l’occupation étrangère. Il y a mille raisons d’en finir avec ce régime d’un autre âge qui a planifié dans son projet funeste l’implosion du Congo dans sa forme actuelle et l’extermination des Congolais en tant que Peuple historique. Plusieurs faits illustrent aisément cette stratégie. Aux millions de Congolais sacrifiés depuis l’agression du Congo par l’AFDL, il faut ajouter le nombre de femmes violées, les assassinats crapuleux des adeptes de Bundu dia Kôngo dans le Bas-Congo, les tueries des adeptes de Joseph Mukungubila le 31 décembre 2013 à Kinshasa, à Lubumbashi et à Kindu, les tueries des militants de l’UDPS le 20 décembre 2011, les assassinats de Chebeya Bahizire et Fidèle Bazana, Armand Tungulu, Bapwa Mwamba, Franck Ngicke, Kabungulu et son épouse, Marius Gangale (MLC), Député Boteti (MLC), Colonnel Mamadou Ndala, Félicien Bahuma, Général Bunza Mabe, Monseigneur Kataliko. Cette liste, qui est loin d’être exhaustive, s’allonge avec les récentes tueries dans la ville de Muanda (Bas-Congo). Ces tueries sont l’œuvre criminelle des soldats rwandais mutés à Kitona avec la mission d’exterminer des Congolais dans cette partie de la République.

Il est n’est plus possible de mettre en doute les intentions machiavéliques de ce pouvoir catapulté à la tête de la RDC par la mafia internationale.
La Résistance congolaise demande avec insistance aux citoyens Congolais de ne jamais négocier et composer avec ce pouvoir prédateur et usurpateur. Elle demande à ceux qui soutiennent encore ce régime de quitter le navire pendant qu’il est encore temps pour rejoindre le bon côté de l’Histoire, car, si demain, notre peuple sera le seul Juge et le seul Souverain, déjà aujourd’hui, nous les considérons comme des ennemis de notre peuple et les traiterons comme tels partout où ils se rendront.

Notre prise de position

Depuis la liquidation du premier gouvernement démocratiquement élu en 1960, notre pays est dans une crise politique profonde. Le Congo a déjà connu un nombre impressionnant de dialogues. Mais toutes les concertations n’ont abouti qu’à l’impasse. Elles se sont révélées être un marché de dupes.

Donc, depuis 1960, une multitude de recommandations issues d’innombrables dialogues et rapports des Nations Unies sur la crise congolaise n’ont jamais été appliquées. A cela s’ajoutent les résolutions de la Conférence nationale souveraine, les résolutions du Conseil de Sécurité des Nations Unies (depuis l’ONUC jusqu’à la MONUSCO) ainsi que les résolutions des dialogues précédents  et des dernières concertations nationales.

Ces dialogues et concertations n’ont abouti à aucune mise en application sérieuse et conforme aux attentes des Congolaises et des Congolais. Ils n’ont apporté aucune solution efficace à la tragédie que subit notre peuple. Au contraire, ils ont enfoncé notre pays dans un gouffre sans fond.
L’expérience montre clairement que le recours à ce genre de dialogue n’a plus de raison d’être.

Un Congolais raisonnable et rationnel ne peut pas négocier avec un gouvernement illégitime issu d’un pouvoir usurpé. Certes, après le hold-up électoral qui a suivi l’élection présidentielle du 28 novembre 2011, le président élu au suffrage universel direct par le peuple, Etienne Tshisekedi wa Mulumba, a exigé un dialogue, non pas avec l’actuel régime illégitime, mais avec les représentants des institutions nationales et internationale tout en prenant le peuple congolais à témoin. Mais les circonstances ne sont plus les mêmes et ce dialogue-là a déjà perdu tout son sens.

Nous fondant sur l’expérience du passé, au nom de la diaspora congolaise dispersée à travers le monde, nous demandons au peuple congolais de refuser toute forme de dialogue avec ce pouvoir usurpateur et illégitime qui gouverne notre pays par défi. Nous appelons le peuple congolais à se soulever de manière résolue, indépendamment des appartenances politiques, philosophiques ou religieuses, contre le pouvoir de Joseph Kabila pour le mettre hors d’état de nuire. Suivons l’exemple d’autres peuples qui ont recouvré la liberté, car notre avenir se trouve dans nos mains et dans nos seules mains. Nous prenons à témoin la Communauté internationale contre toute atteinte au droit et à la liberté de manifester et à l’intégrité physique des manifestants par la soldatesque du régime tyrannique de Kinshasa. Toute vie retranchée à la nation congolaise devra conduire les commanditaires et les exécutants devant la Cour Pénale Internationale de la Haye.

Fait à Lausanne le 17 mai 2015

Les soussignés :
Paul Kahumbu Ntumba, Jeanne-Marie Sindani, Roger Buangi Puati, Fweley Diangitukwa